Le ramadan

Publié le 17 mai 2018 | Temps de lecture : 3 minutes
Sourate فاطر (le Créateur), extraite du Coran (copie du XIIIe siècle)

C’est aujourd’hui que débute le ramadan. Ce nom désigne à la fois le neuvième mois du calendrier lunaire musulman et le jeûne auquel le fidèle se soumet au cours de cette période.

Durant le ramadan, le fidèle ne peut ni boire ni manger ni fumer du lever au coucher du soleil. Même pas une gorgée d’eau.

Au début du ramadan, tous les jeuneurs ressentent un mal de tête et une légère nausée. Cela est caractéristique de l’accumulation de corps cétoniques dans le sang causée par le jeûne. Après quelques jours, on s’y habitue.

Paradoxalement, le budget alimentaire des fidèles augmente durant le mois du ramadan puisqu’à chaque tombée du jour et peu avant la levée du soleil, une bonne partie d’entre eux s’empiffrent pour être certains d’être capables de passer à travers la journée…

Tout en étant différent, ce jeûne n’est pas sans rappeler le carême institué par le Christianisme au IVe siècle de notre ère. Chez les Musulmans, il dure vingt-neuf ou trente jours et non quarante comme c’est le cas du carême.

Le calendrier lunaire sur lequel il est basé dure annuellement 354 ou 355 jours, soit une dizaine de jours de moins que le calendrier grégorien. En conséquence, le mois du ramadan se décale d’environ dix jours par année.

Ce qui le rend particulièrement pénible lorsqu’il tombe en été. Non seulement en raison de la chaleur, mais aussi à cause de la durée du jour.

À cette occasion, certaines personnes modifient leur cycle veille-sommeil sans toutefois chercher éviter totalement les désagréments du ramadan puisque ceux-ci sont nécessaires aux yeux du croyant.

Alors pourquoi les Musulmans jeûnent-ils ainsi ? Pour deux raisons :
• pour purifier l’esprit et le corps, et
• pour aider les fidèles à comprendre le sort des plus pauvres en partageant avec eux le sentiment de faim et de soif.

Avec la profession de foi, la prière, l’aumône et le pèlerinage à la Mecque, le ramadan est qualifié de pilier de l’Islam. Dès la puberté, tout Musulman en bonne santé s’y soumet.

Ce jeûne peut être différé plus tard dans l’année par le malade, le voyageur, et la femme enceinte, de même que celle qui allaite.

La fin du ramadan est une fête aussi célébrée par les Musulmans que Noël chez les Chrétiens.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectif PanLeica 25mm F/1,4 — 1/60 sec. — F/1,4 — ISO 400 — 25 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


L’appartenance inutile du Canada à l’OTAN

Publié le 16 mai 2018 | Temps de lecture : 5 minutes
Le ministre canadien de la Défense, M. Harjit Sajjan

Une promesse non tenue

Le 25 juin 1968, Pierre-Elliott Trudeau — de père de l’actuel premier ministre du Canada — était élu pour la première fois à la tête du gouvernement canadien.

Les deux engagements qui avaient dominé sa campagne électorale furent ses promesses de faire du Canada une société juste et de retirer le Canada de l’OTAN.

Grâce aux 155 députés libéraux élus sur les 263 que comptait alors la Chambre des Communes, M. Trudeau Père avait toute la latitude pour réaliser ses promesses.

Ce deuxième grand engagement n’eut jamais de suite. On présuma à l’époque que cela faisait partie d’une stratégie de négociation dont on ignorait les dessous.

Mais techniquement, ce scrutin était une élection référendaire. Même cinquante ans plus tard, le gouvernement canadien est toujours lié par le mandat qu’il a reçu des Canadiens (même si la majorité d’entre eux sont morts entretemps).

Doubler les dépenses militaires

En septembre 2014, les pays membres de l’OTAN se sont entendus pour augmenter leurs budgets militaires de manière à ce qu’en 2024, le niveau de leurs dépenses atteigne un minimum de deux pour cent de leur produit intérieur brut (PIB).

Par conséquent, lorsqu’on laisse entendre que le Canada est tenu de respecter ses engagements internationaux, on dit n’importe quoi.

Il ne s’agit pas d’un critère d’appartenance à l’OTAN, mais d’un engagement volontaire du Canada. Un engagement auquel notre pays pourrait renoncer aussi facilement que Donald Trump se retire de l’Accord de Paris sur le climat ou qu’il remet en question l’ALÉNA.

Conséquences économiques

Présentement, le risque de guerre mondiale est nul. Il l’est à court et à moyen terme. La force militaire des États-Unis est de cinq à dix fois plus puissante que celle de la Russie.

L’an dernier, le produit intérieur brut de la Russie était de quatre-trillions$. Celui des États-Unis était de 19,36 trillions$. Presque cinq fois plus.

L’OTAN a tendance à exagérer la menace russe pour justifier son existence.

De la même manière, les gazouillis belliqueux de Donald Trump servent à entretenir une psychose qui a pour but de promouvoir la vente d’armement américain.

Sur les 250 milliards$ de dépenses fédérales, la majorité de cette somme est incompressible.

Pour accroitre les dépenses militaires de quinze-milliards$ — un pour cent du PIB de plus — le choix de l’État fédéral sera entre :
• hausser de beaucoup la fiscalité des particuliers (puisqu’entretemps on aura diminué celle des entreprises) ou
• effectuer des coupures draconiennes dans les postes budgétaires autres que celui de la Défense nationale.

Pensez que quinze-milliards$, c’est environ cinq-cents dollars de plus d’impôts à payer pour chaque homme, femme et enfant du pays. Ou deux-mille dollars pour une famille moyenne de quatre personnes. Et ce, chaque année, tant et aussi longtemps que le Canada fait partie de l’OTAN.

Ce qui incitera la droite canadienne à soutenir que les contribuables sont trop taxés et qu’on doit mettre fin à un État-providence ruineux…

La machine invisible de l’État canadien

Augmenter les dépenses militaires, peu importe le contexte, cela est typique d’un gouvernement de droite.

Il est donc normal que le gouvernement Harper ait pris cet engagement en 2014.

Mais pourquoi est-il maintenu par un gouvernement libéral qui se veut de centre-gauche ?

Parce que ce gouvernement élu n’est que l’interface ministérielle d’une machine étatique qui est la véritable détentrice du pouvoir.

La direction militaire du pays est formée d’experts, de meneurs d’hommes et de gens déterminés.

Ceux-ci rédigent les rapports qui guident les ‘décideurs’ publics. Ce sont eux qui, en coulisse, menacent de démissionner si on ne tient pas compte de leur point de vue. Et quand on les remplace, c’est du pareil au même.

Bref, en dépit des orientations politiques des différents partis politiques qui se sont succédé à la tête de l’État depuis cinquante ans, ceux-ci semblent se comporter comme à la belle époque où ils étaient financés par une caisse occulte à laquelle le complexe militaro-industriel pouvait contribuer significativement.

La permanence des orientations de l’État est une preuve supplémentaire que la machine de l’État fédéral est formée de grands mandarins qui exercent le pouvoir dans l’ombre, animés par leur propre conception de l’intérêt national.

Références :
Doubler les dépenses militaires et la dénaturation du Canada
Être payé pour apprendre le français, puis démissionner
Les États-Unis et la Corée du Nord
Russia
Service et OTAN: Mélenchon détaille son programme de défense
Un fonctionnaire fédéral défend son droit de travailler en français
United States

Paru depuis :
Trump Discussed Pulling U.S. From NATO, Aides Say Amid New Concerns Over Russia (2019-01-14)

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectif M.Zuiko 75mm F/1,8 — 1/160 sec. — F/1,8 — ISO 6400 — 75 mm.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Les Chaises au TNM

Publié le 15 mai 2018 | Temps de lecture : 2 minutes
Monique Miller et Gilles Renaud

Jusqu’au 2 juin 2018, le Théâtre du Nouveau Monde (TNM) présente la pièce ‘Les Chaises’ d’Eugène Ionesco.

Écrite en 1951 et créée l’année suivante, cette pièce raconte l’histoire d’un couple qui, à la fin d’une vie devenue routinière et sans but, décide de livrer au monde un message d’une extrême profondeur qui est tout ce que la vie leur a appris.

Cette production est un tour de force. Pour deux raisons.

D’abord l’auteur réussit à rendre intéressante une pièce dont le thème récurrent est le néant. Eh oui.

Le bilan de la vie de ce couple est nul. La foule incommensurable des invités est virtuelle puisque personne ne répondra à l’invitation de venir entendre leur message. Tout le temps à assurer l’ordre, à assoir les gens en rang, à les faire patienter est futile. Le message grandiloquent adressé l’empereur est ridicule. Quant au message final, il résume tout.

La seule chose qui existe dans cette pièce est l’amour mutuel de ces deux vieux. C’est cet amour charmant qui, au fond, triomphe de l’absurdité de la vie.

Le deuxième tour de force est celui des deux acteurs principaux qui doivent retenir plus de quatre-vingt-dix minutes du texte bavard d’Ionesco, ses redites, et son humour au second degré.

Bref, on ne s’ennuie pas une minute en présence de Mme Miller et de M. Renaud, deux géants du théâtre québécois.

Bref, je vous recommande cette production du TNM.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectif M.Zuiko 12-40mm F/2,8 — 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 1000 — 40 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Histoire de chenille (1re partie)

Publié le 13 mai 2018 | Temps de lecture : 9 minutes

Préambule

‘Papillons en liberté’ est un évènement que le Jardin botanique de Montréal organise chaque printemps dans sa serre d’exposition.

L’an dernier, il m’arrivait parfois d’éplucher une orange et de me rendre au Jardin botanique sans me laver les mains dans le but d’inciter des papillons à se poser sur mes doigts.

À une occasion, un papillon s’était plutôt posé sur mon appareil photo et, titubant du haut de ses longues pattes, y avait pondu un œuf.

Comment réagit-on lorsqu’on vous confie un petit être vivant ? Sans doute de la même manière que la fille du Pharaon a réagi en trouvant un bébé, Moïse, flottant sur le Nil dans un panier d’osier.

Arrivé à la maison, j’ai transféré cet œuf dans la soucoupe d’une tasse à café.

Originellement, cet œuf était jaune pâle. Après quelques jours, il était devenu presque noir. Ce qui annonçait son éclosion imminente.

J’ai alors sorti de mon congélateur un assortiment de légumes coupés — carotte, cèleri, haricot vert, navet et ognion — que j’ai disposé au centre de la soucoupe.

Après l’éclosion, la jeune chenille s’était approchée de ce buffet, n’avait rien gouté, et s’était mise à tourner tristement pendant des heures sur le pourtour de la soucoupe.

De toute évidence, cette chenille préférait mourir de faim plutôt que de gouter mes légumes.

Je me suis alors rappelé que le papillon qui avait pondu cet œuf appartenait à une espèce qui ne se nourrit que de feuilles de citrus, ces plantes qui produisent des agrumes.

Puisque les extrémités des pattes de papillon servent d’organes gustatifs qui permettent à la femelle de pondre sur des plantes que ses chenilles pourront manger, cette femelle papillon avait sans doute été trompée par l’odeur d’orange que mes mains avaient répandue sur mon appareil photo.

À chaque tour de soucoupe, je sentais plus pressant le besoin de faire quelque chose.

Afin d’éviter que ma chenille ne meure de faim, je me suis aussitôt rendu dans un magasin de variétés asiatiques situé près de chez moi. Celui-ci vendait des plants de limettiers.

Dès que j’ai transféré la chenille sur une de ses feuilles, la chenille en a gouté une petite partie puis s’est arrêtée net.

Le lendemain, je l’avais retrouvée la tête plongée dans une goutte de liquide, le corps dressé en l’air.

C’est alors que j’ai réalisé que le limettier avait été traité par des insecticides. Cette chenille avait probablement décidé de se suicider par noyade afin d’échapper aux douleurs causées par le poison qui l’affligeait.

Un deuxième essai

Afin d’éviter qu’une telle chose ne se reproduise cette année, je me suis pris d’avance.

Dès l’automne, à ce même magasin de variétés asiatiques, j’ai acheté un oranger à défaut d’y trouver un limettier.

Sur la documentation qui accompagnait ce plant, on précisait que le traitement venait à échéance en février. C’était un peu avant l’évènement ‘Papillons en liberté’.

Quelques semaines après le début de cet événement, je rapportais enfin chez moi un premier œuf.

Une fois éclose, la chenille gouta de cet oranger, s’arrêta et disparut de la plante quelques heures plus tard en se laissant probablement tomber au sol.

Même si le producteur suggérait un second traitement insecticide en février, cela ne signifiait pas que l’ancien traitement était complètement dépourvu d’effets résiduels.

Ma dernière chance

Quelques jours avant la fin de ‘Papillons en liberté’, j’obtenais un autre œuf.

Cette fois-ci, si j’échouais encore, il me faudrait sans doute attendre à l’an prochain pour tenter une nouvelle expérience.

Mon seul espoir était que les jeunes feuilles d’oranger qui se sont développées depuis l’achat soient saines.

Les branches de cette plante avaient été taillées deux fois. Une première fois chez le producteur afin de favoriser leur ramification. Et une deuxième fois chez moi, lorsque les branches se sont mises à être trop longues à mon gout.

Toute branche née au-delà de la deuxième coupe représentait une pousse survenue après le traitement insecticide et conséquemment dépourvue de toxicité. C’est du moins ce que j’espérais.

Œuf à trois jours de l’éclosion

Le moment de vérité arriva lorsque mon dernier œuf vint à éclosion. J’avais placé l’oeuf sur une petite feuille vert tendre, fraichement apparue à l’extrémité d’une branche.

La première chose que fit la chenille fut de dévorer la coquille de son œuf.

Puis elle se dirigea au bord de la feuille gorgée d’eau et s’en régala.

Les heures qui allaient suivre étaient cruciales; si cette chenille se mettait à jeuner ou adoptait un comportement étrange, cela voulait dire que toute la plante était encore toxique et qu’il me fallait remettre mes projets à l’an prochain.

Un bon départ

Chenille au jour No 2

Deux jours après l’éclosion, la chenille était en parfaite santé. Elle terminait alors de dévorer sa première feuille dont elle n’avait laissé que la nervure centrale, sans doute trop coriace pour ses petites mâchoires.

Durant ces deux jours, la chenille mangeait brièvement puis se dirigeait vers une feuille à proximité pour digérer son repas pendant de longues heures.

Son petit monde se limitait à un deux-pièces : sa salle à manger et sa chambre à coucher.

Lorsque sa première feuille fut presque complètement dévorée, elle entama une nouvelle feuille, se réfugiant dans sa chambre à coucher habituelle pour passer le reste de la journée.

Une première mue

Au neuvième jour, après avoir mangé plusieurs feuilles, la chenille entama un périple vers le début de l’embranchement sécuritaire.

Ne pouvant courir le risque qu’elle aille au-delà et se mette à dévorer une feuille toxique, je pris l’initiative de la délocaliser à la cime d’une nouvelle branche, plus précisément sur une feuille adjacente à un bourgeon de fleur.

Mon but était de vérifier si la chenille aimait non seulement les feuilles d’oranger mais également les pétales de ses fleurs. Si c’était le cas, cela permettait de varier sa diète.

Chenille au jour No 9

C’est alors que le mystère de cette fuite soudaine vers le bas trouva son explication; la chenille avait voulu y muer.

De mignonne chenille décorée d’aiguilles inoffensives, l’insecte prenait dorénavant l’aspect d’un taureau bossu orné de papules brillantes.

Quel prédateur aurait envie de s’attaquer à une proie aussi répugnante ? Mais pour moi, il s’agissait d’un magnifique bibelot de jade vivant.

Après l’éclosion d’une fleur de cet oranger, ses pétales empiétaient sur la feuille que dévorait la chenille.

Non seulement celle-ci ne manifesta aucun intérêt pour manger de la fleur, mais elle refusa d’enjamber ses pétales, laissant inachevée cette feuille pour débuter la consommation d’une autre.

Dans les jours qui suivirent, une bonne partie des feuilles de cet embranchement fleuri furent dévorées par la chenille. Si bien qu’elle adopta une nouvelle chambre à coucher située plus bas. Malheureusement, il s’agissait d’une feuille toxique.

Devais-je intervenir de nouveau ? Puisque ma première intervention avait peut-être été injustifiée, je décidai de laisser-faire tout en renforçant ma surveillance.

J’étais parfaitement conscient que ce choix était risqué. Il suffisait d’un moment d’inattention (lors d’un repas, en prenant ma douche, ou en allant acheter des vivres), pour retrouver ma chenille agonisante.

Durant un jour ou deux, la chenille faisait l’aller-retour entre sa chambre à coucher toxique et les feuilles saines qu’elle dévorait.

Au dixième jour, je réalisai quelque chose d’évident mais qui ne m’avait pas traversé l’esprit; les chenilles font des crottes.

Au début, elles avaient la taille de têtes d’épingle. Pour cette raison, elles n’avaient pas attiré mon attention. Mais avec la croissance de la taille de ma chenille, elles devenaient plus évidentes.

Au dixième jour, je décidai de placer une boite de conserve vide sous la chambre à coucher de la chenille, là où elle passait la majorité du temps.

Je me sentais devenu comme ces médecins de Louis XIV qui analysaient les selles du monarque afin d’évaluer son état de santé.

Après 24 heures (de midi à midi), on y trouvait cinquante-huit crottes. Mais à midi le douzième jour, il n’y en avait plus que trois nouvelles. Autre sujet d’inquiétude; cela faisait vingt-neuf heures que la chenille jeunait.

Que s’était-il passé ? Au total, combien de temps m’étais-je absenté ?

Pendant que dans ma tête tourbillonnaient toutes les possibilités — des plus anodines aux plus inquiétantes — et pendant que croissait un vague sentiment de culpabilité, l’explication apparut soudainement…

La suite de cette histoire :
Histoire de chenille (2e partie)
Histoire de chenille (3e et dernière partie)
Histoire de chenille (épilogue).

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectif M.Zuiko 60mm Macro F/2,8
1re photo : 1/125 sec. — F/11,0 — ISO 5000 — 60 mm
2e  photo : 1/100 sec. — F/8,0 — ISO 6400 — 60 mm
3e  photo : 1/160 sec. — F/9,0 — ISO 2500 — 60 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


La tour de Babel de la laïcité libérale

Publié le 10 mai 2018 | Temps de lecture : 6 minutes

Introduction

La ministre de la Justice du Québec dévoilait hier les lignes directrices destinées à encadrer les demandes d’accommodement pour un motif religieux. Ces lignes directrices entreront en vigueur le 1er juillet 2018.

Le propre d’une loi bien écrite, c’est d’être facile d’application.

Vous roulez au-delà de la limite de vitesse : vous commettez une infraction. Vous cultivez plus de quatre plants de cannabis : vous violez le Code criminel.

Même la Loi de la Relativité d’Einstein — destinée à expliquer toutes les forces de l’univers — peut se résumer simplement par l’équation E = mc².

Hélas, la laïcité libérale est beaucoup plus complexe. En résumé, tout dépend de tout. Ou plus exactement, tout dépend de tout et vice-versa… à moins du contraire.

L’avenir appartient aux répondants

« Chaque demande d’accommodement pour un motif religieux sera étudiée au cas par cas, et ce, en fonction du contexte au moment où la demande est formulée » selon la ministre.

Chaque municipalité et chaque organisme public ou parapublic devra désigner un ou plusieurs ‘répondants’. Ceux-ci auront à traiter les demandes d’accommodement pour motif religieux.

« Ce n’est pas chaque chauffeur, ce n’est pas chaque employé qui est responsable de (traiter) la demande. Ce seront les répondants » précise la ministre.

Par conséquent, une entreprise comme la Société de transport de Montréal ne peut pas émettre une directive pour expliquer à ses employés ce qu’ils doivent faire s’ils se retrouvent dans une situation précise. Tout peut varier.

Un cas concret

Dans le métro, vous êtes dans la file d’attente pour acheter un titre de transport.

Au début de la file, une personne demande un accommodement raisonnable. Le préposé contacte aussitôt un répondant. Mais la ligne n’est pas libre.

Le répondant est occupé à peser et à sous-peser un cas qui s’est présenté quelques minutes plus tôt ailleurs sur le réseau, voire à contacter les avocats de la STM à ce sujet.

L’attente au bout du fil sera brève puisque les lignes directrices de la ministre sont simples.

Selon la ministre, « le demandeur doit croire sincèrement qu’il est obligé de se conformer à cette conviction ou cette pratique dans le cadre de sa foi.»

La première tâche du répondant est donc d’analyser la sincérité du demandeur auquel il ne peut pas parler directement.

Ensuite, l’accommodement demandé ne doit pas entrer en conflit ni avec le droit à l’égalité entre les femmes et les hommes ni avec le droit de toute personne d’être traitée sans discrimination. Autrement dit, les autres usagers ou les employés ne doivent pas subir de discrimination fondée sur leur sexe, leur race, leur identité de genre, leur orientation sexuelle ou tout autre motif interdit par la Charte des droits et libertés de la personne.

Selon la ministre, on doit aussi avoir en tête les principes de sécurité, de communication et d’identification lorsqu’une personne voudra recevoir service public tout en demeurant masquée.

Tout cela est bien vague. Cela veut dire quoi concrètement ? Le répondant jugera.

D’autre part, le demandeur devra collaborer à la recherche d’une solution satisfaisante et raisonnable en faisant des compromis pour limiter les contraintes que sa demande peut causer.

En particulier, l’accommodement demandé ne doit pas imposer une contrainte excessive à l’organisme visé, c’est-à-dire nuire de façon importante à sa prestation de services, à sa mission et à la qualité de ses services.

Un demandeur qui essuie un refus pourra interjeter appel devant la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse. Ce qui prend des mois.

Est-il utile de rappeler que vous êtes toujours dans votre file d’attente dans le métro…

Conclusion

En matière de laïcité, le plus petit dénominateur qui unit toutes les formations politiques québécoises, c’est leur volonté commune qu’au moment d’une interaction entre le prestataire de service gouvernemental et la personne qui le reçoit, il soit obligatoire que les deux interagissent à visage découvert.

Une telle obligation est parfaitement conforme à la constitution de nombreux pays — notamment en Allemagne, en Belgique, au Danemark et en France — et une telle exigence est même reconnue valide par la Cour européenne des droits de la personne.

Et pourtant, cela est contraire à la Canadian Constitution. Cette constitution ethnique a été adoptée en 1982 par l’ethnie dominante du Canada à l’issue d’une ultime séance de négociation à laquelle le Québec n’a pas été invité.

Pour s’y soustraire, le Québec n’a qu’à invoquer sa clause dérogatoire. Mais le Parti libéral du Québec est le parti de la soumission à cette camisole de force constitutionnelle qui oblige le Québec d’être constamment en deçà de ce qu’il aspire à être.

À défaut d’invoquer la clause dérogatoire, le gouvernement Couillard se voit dans l’obligation d’ériger un écran de fumée qui masque son impuissance.

D’où l’adoption de cette loi inutile. Inutile dans la mesure où elle ne permet rien de plus que ce qui est déjà permis. Et elle n’interdit rien de plus que ce qui est déjà interdit.

Cet écran de fumée est couteux; il nécessitera la création de nombreux postes de ‘répondants’ là où une simple directive aurait fait l’affaire.

C’est le prix du fédéralisme niais du gouvernement Couillard…

Références :
Accommodement raisonnable: la règle du cas par cas s’appliquera
La CEDH juge «nécessaire» l’interdiction du voile intégral dans l’espace public
L’uniforme laïque des forces de l’ordre
Québec présente les lignes directrices pour les accommodements religieux
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Écrit par Jean-Pierre Martel


Couillard à Lac-Mégantic : acheter des votes avec l’argent des contribuables

Publié le 8 mai 2018 | Temps de lecture : 3 minutes

C’est vendredi prochain que le premier ministre Justin Trudeau annoncera un investissement de 133 millions$ destiné à construire une voie ferroviaire de contournement à Lac-Mégantic.

Il s’agit d’un projet conjoint du gouvernement fédéral et du gouvernement du Québec : Ottawa paiera 80 millions$ tandis que Québec paiera les 53 millions$ restants.

Au moment où ces lignes sont écrites, il n’est pas clair s’il s’agit d’un don public au transporteur ferroviaire qui a pris la relève de la défunte MMA ou si la voie de contournement sera de propriété étatique.

Dans ce dernier cas, s’agit-il d’une propriété conjointe des deux gouvernements ? Et si c’est le cas, le transporteur ferroviaire aura-t-il à payer des droits de passage pour l’emprunter ?

La dérèglementation du transport ferroviaire — amorcée par les gouvernements libéraux fédéraux et poussée jusqu’à l’absurde par les conservateurs — consistait, entre autres, à remettre la sécurité des Canadiens entre les mains d’aventuriers. Avec le résultat qu’on sait.

Bref, après la MMA, le fédéral est, au second degré, le responsable de la catastrophe humaine et environnementale de Lac-Mégantic.

Dans tous les déraillements antérieurs à celui de Lac-Mégantic, le fédéral payait la totalité des frais lorsque le transporteur ferroviaire était inapte à le faire.

Mais à Lac-Mégantic, le fédéral a décidé de refiler 50 % de la facture à Québec (qui, pourtant, n’y était pour rien). Nos règles ont changé, disait Stephen Harper.

Les Québécois ont donc payé le 50 % refilé au provincial, en plus du 12 % de leur part du fédéral, soit 62 % de la facture.

Maintenant, pour la voie de contournement, Québec investira 53 millions$ dans un domaine de compétence exclusive du fédéral.

Indépendamment de l’opportunité de cette voie de contournement, il est clair que ce n’est pas à Québec de payer pour réparer les pots cassés du fédéral.

Durant les trois premières années au pouvoir, Philippe Couillard a saigné à blanc partout dans les champs de compétence du Québec. Et en cette année du père Noël, le voilà qui ne sait plus où il pourrait semer au vent nos dollars.

Sa générosité comble jusqu’au gouvernement fédéral. Qui en a tellement besoin.

Ces 53 millions$ que le fédéral épargne grâce à la bonté servile du gouvernement Couillard, il pourra les investir au développement économique du reste du pays.

Et inversement, c’est autant d’argent que le gouvernement du Québec n’aura pas pour s’acquitter de ses responsabilités.

C’est ce qui arrive lorsqu’on n’a pas de stratégie industrielle; on ne sait pas où dépenser.

Référence :
La voie de contournement de Lac-Mégantic sera annoncée vendredi

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Tensions à l’approche de la légalisation du cannabis

Publié le 7 mai 2018 | Temps de lecture : 10 minutes

Introduction

D’ici l’automne qui vient, la consommation du cannabis sera égalisée au Canada.

À l’approche de cette légalisation, le gouvernement Couillard, réticent à cette légalisation, n’a pas fait grand-chose pour calmer les appréhensions des Québécois à ce sujet.

Voici les réponses à quelques questions qu’on pourrait se poser.

Comment éviter les dangers de la fumée secondaire ?

Les dangers de la fumée secondaire n’ont été prouvés que dans des endroits clos, c’est-à-dire dans les cas où la fumée est expirée dans une voiture ou dans une pièce non aérée.

On n’a jamais prouvé ce danger à l’extérieur. Et il est improbable qu’une telle preuve apparaisse un jour. Pourquoi ?

Le contenu de deux poumons pleins de fumée de cannabis, dilué dans les centaines de litres d’air séparant le fumeur de toute autre personne, donnera une concentration de fumée insignifiante, variable selon la direction du vent.

D’autant plus que la fumée a tendance à s’élever, comme tout gaz chaud.

Pour des raisons liées à la survie de l’espèce, les humains sont sensibles à l’odeur de la fumée. Il est donc facile de sentir la puanteur de la fumée de cannabis, même à des concentrations trop faibles pour avoir un effet pharmacologique.

Voilà pourquoi l’espoir d’obtenir un trip gratuit simplement en suivant sur la rue un inconnu en train de fumer un joint est plus du domaine du fantasme que celui de la réalité.

Devrait-on bannir la consommation de cannabis à l’intérieur des immeubles ?

En légalisant la consommation de cannabis, cette activité tombe sous la protection de la Charte canadienne des droits et libertés.

Par conséquent, les propriétaires qui voudraient interdire à leurs locataires de fumer du cannabis dans leur logis n’ont pas de base légale pour ce faire.

Dans son logement, un locataire est chez lui. Comme s’il en était propriétaire.

Toutefois, la fumée du cannabis est légèrement plus cancérigène que celle du tabac. Sur cette base, on peut instaurer des interdits qui se justifient par le gros bon sens.

La consommation de cannabis dans les ascenseurs (un lieu clos) et dans les aires communes d’un immeuble peut donc être interdite comme elle l’est déjà pour le tabac.

Cette légalisation, compromet-elle la sécurité de nos routes ?

Dans les États américains qui ont légalisé l’usage de la marijuana, cette légalisation a entraîné une légère diminution de la consommation chez les jeunes après quelques mois.

Au Québec, la consommation de cannabis est tolérée depuis des décennies. Sa légalisation ne représente qu’un changement de fournisseur pour l’utilisateur.

On ne voit pas pourquoi, de manière générale, les automobilistes prendraient soudain l’habitude de fumer un joint avant de prendre le volant. S’ils ne le font pas déjà, pourquoi se mettraient-ils à le faire ?

Ceci étant dit, des milliers de Canadiens sont blessés annuellement dans des accidents de la route — causant des dizaines de morts — en raison de la conduite automobile avec facultés affaiblis, principalement chez les jeunes. Et ce, en partie causée par la consommation de cannabis.

Ce qui prouve que la prohibition, malheureusement, n’est pas un substitut à l’éducation pour combattre les mauvaises habitudes.

Comment les policiers peuvent-ils savoir que quelqu’un est stone ?

Il n’existe pas de test fiable qui permettrait de connaitre les taux sanguins des ingrédients actifs du cannabis à partir d’un prélèvement de salive.

Puisque les policiers n’ont pas le droit d’effectuer des prélèvements sanguins et ne sont pas compétents pour en faire, comment peuvent-ils prouver qu’une personne est intoxiquée ?

Dans le cas des benzodiazépines et les autres psychotropes, il n’existe pas non plus de tests qui soient aussi simples et aussi faciles que ceux pour l’alcool.

Ce qui n’empêche pas les policiers d’être en mesure de vérifier la coordination motrice du conducteur intercepté; le toucher du bout du nez, la marche en ligne droite, et ainsi de suite.

Dans le cas du cannabis, les policiers feront ce qu’ils font déjà en présence de quelqu’un qui leur semble intoxiqué par des médicaments.

Pourquoi s’oppose-t-on à la culture domestique de quatre plants de cannabis ?

Selon le gouvernement Couillard, « ce type de production serait difficile à contrôler, contribuerait à banaliser la substance et pourrait augmenter l’accès du produit aux enfants et adolescents présents au domicile.»

Il n’est pas question pour les policiers de ‘contrôler’ la production domestique de cannabis, pas plus qu’ils le font pour le vin.

Toutefois, la limite de quatre plants facilite l’application de la loi. Lors d’une perquisition pour différentes raisons, cette limite permettra aux policiers de distinguer entre la production domestique et la production industrielle.

Tout comme la limite de 100 km/h au-delà de laquelle il y a excès de vitesse, la limite de quatre plants est arbitraire. Il faut une limite claire et la voilà.

Est-ce que les policiers vont arrêter celui dont un des quatre plants se sera ramifié pour donner naissance à un cinquième plant embryonnaire ? C’est possible. Tout comme il est possible pour un policier de donner une contravention à celui qui dépasse la limite de vitesse par 0,5 km/h.

Le fédéral aurait fixé une autre limite, qu’on aurait la même discussion byzantine.

Y a-t-il danger d’empoisonnement quand le cannabis est cultivé à domicile ?

À la différence des bébés des animaux herbivores, il est rare qu’un bébé humain mange les plantes d’intérieur de ses parents.

C’est une chance puisque le muguet est mortel alors que le cannabis ne l’est pas.

De plus, la teneur en fibre du cannabis est telle qu’il est désagréable d’en brouter les feuilles.

L’argument du gouvernement Couillard à ce sujet est irrationnel et dépourvu de fondement scientifique.

Comment expliquer la fermeté de Justin Trudeau ?

Au cours de la dernière campagne électorale fédérale, Justin Trudeau a promis de légaliser la consommation du cannabis. Ce n’était pas sa promesse la plus importante mais c’en est une qui a beaucoup attiré l’attention.

En tant que chef d’État, Justin Trudeau a toute la latitude pour se couvrir personnellement de ridicule. Mais il n’a pas la liberté de porter atteinte à la crédibilité de l’État fédéral.

Comme l’a démontré le texte La façade ministérielle du gouvernement fédéral, les grands mandarins sont ceux qui exercent le véritable pouvoir au sein de la machine de l’État fédéral.

Si Justin Trudeau entrait en conflit avec eux, ceux-ci auraient tôt fait (par des fuites compromettantes) se saper son autorité et de discréditer son gouvernement dans l’opinion publique.

Bref, ces grands serviteurs de l’État n’hésiteraient pas à rappeler à l’ordre Justin Trudeau s’il avait la tentation de céder à Philippe Couillard.

Dans une meute, le loup dominant doit toujours apparaitre comme invulnérable. C’est une loi universelle en politique.

Bref, dans le rapport de vassalité dans lequel le fédéral maintient les gouvernements provinciaux, on doit croire que le fédéral finit toujours par l’emporter. Ce qui dissuade les provinces d’entrer en conflit avec lui.

À l’approche des élections, Philippe Couillard semble espérer que son grand frère libéral l’aidera à gagner des votes en cédant à des demandes futiles. Cela est très téméraire de sa part.

Conclusion

La population québécoise a longtemps souhaité la légalisation de la consommation du cannabis. Les sondages récents prouvent que ce n’est plus le cas; de ces temps-ci, 54 % des Québécois y sont plutôt défavorables ou très défavorables.

À des degrés divers, les trois principaux partis politiques du Québec ont décidé de courtiser cet électorat.

Le gouvernement Couillard a demandé qu’on retarde l’entrée en vigueur de la loi fédérale et s’oppose à toute culture domestique de plants de cannabis. La CAQ s’oppose bec et ongles à cette légalisation. Le PQ a réservé ses reproches sur la manière choisie par le gouvernement pour encadrer la distribution de cannabis au Québec.

Beaucoup de citoyens espèrent que le gouvernement québécois (ou, à défaut, les municipalités) interdira la consommation de cannabis sur la voie publique sous le prétexte du danger de la fumée secondaire (qui n’est dangereuse que dans des endroits clos).

Et on compte sur les propriétaires pour interdire de fumer à l’intérieur pour d’autres raisons qui seraient toutes aussi valables si on les appliquait au tabac.

Bref, hypocritement, on veut que nulle part le fumeur de cannabis ne puisse se prévaloir de la légalisation. Dit autrement, on veut rendre impossible ce que le fédéral veut permettre.

En réalité, le droit criminel est un domaine de compétence exclusive du fédéral. Et son application relève des provinces. En d’autres mots, les provinces peuvent appliquer (mollement ou non) une loi fédérale. Mais elles ne peuvent pas créer d’offenses criminelles là où il n’y en a pas.

En conséquence, dans ce cas-ci, toute tentative de s’opposer au fédéral est vouée à l’échec. Et toute contestation juridique serait un gaspillage des fonds publics.

Philippe Couillard prêche les vertus de l’appartenance du Québec au Canada. Pour être cohérent, il doit apprendre à en respecter les règles. Donc, se soumettre à un ordre constitutionnel qui fait de lui un intendant régional du gouvernement canadien.

Références :
Cannabis au volant: la tolérance zéro serait impossible
Culture du Cannabis: Couillard demande à Ottawa de lui laisser les coudées franches
La légalisation de la marijuana fait-elle augmenter la consommation chez les ados?
Le fédéralisme de guerre
Légalisation du cannabis : les Canadiens divisés, les Québécois contre
Pour la déclaration obligatoire des investissements des élus dans les paradis fiscaux
Sondage CROP-Radio-Canada : Les Canadiens et la légalisation du cannabis
Trudeau tient aux quatre plants de marijuana à domicile

Paru depuis :
Les risques de la fumée secondaire du cannabis sont minimes (2018-10-22)
 
 
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Écrit par Jean-Pierre Martel


Quelques fleurs au Jardin alpin

Publié le 6 mai 2018 | Temps de lecture : 1 minute
Jacinthe d’Orient ‘Miss Saigon’
Anémone hépatique
Une pulsatille
Gesse de printemps
Anémone de Grèce ‘White Splendor’
Primevère de Siebold

Voici quelques photos prises hier et ce matin au Jardin alpin, le plus précoce des parties du Jardin botanique de Montréal.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectif M.Zuiko 40-150mm F/2,8
1re photo : 1/1600 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 150 mm
2e  photo : 1/400 sec. — F/7,1 — ISO 200 — 150 mm
3e  photo : 1/2500 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 150 mm
4e  photo : 1/2000 sec. — F/3,5 — ISO 200 — 85 mm
5e  photo : 1/8000 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 95 mm
6e  photo : 1/500 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 150 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Une floraison précoce

Publié le 5 mai 2018 | Temps de lecture : 1 minute
Primula x Arctotis
Tulipe Acuminata
Primevère élevée

De toutes les parties du Jardin botanique de Montréal, la première à fleurir est le Jardin alpin.

Les fleurs ci-dessus y ont été prises tandis que la délicate fleur ci-dessous provient du Coin du Québec.

Sanguinaire du Canada

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectif M.Zuiko 40-150mm (1re, 3e et 4e photos) + multiplicateur de focale MC-14 (2e photo)
1re photo : 1/3200 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 150 mm
2e  photo : 1/1250 sec. — F/4,0 — ISO 200 — 170 mm
3e  photo : 1/320 sec. — F/7,1 — ISO 200 — 150 mm
4e  photo : 1/1000 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 64 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le transport aérien d’urgence d’enfants autochtones malades : la cruauté de l’État québécois

Publié le 4 mai 2018 | Temps de lecture : 5 minutes

Introduction

En 1981, le gouvernement du Québec mettrait sur pied un programme de transport aérien d’urgence appelé Évacuations automédicales au Québec (ÉVAQ).

Ce service transporte 3 700 patients par an, soit environ dix par jour.

Financé par le ministère de la Santé, l’ÉVAQ couvre toutes les régions éloignées du Québec, dont le Grand Nord.

Afin de s’acquitter de son mandat, l’ÉVAQ possède ses propres aéronefs équipés d’instruments médicaux puisque ce sont des ambulances volantes. Dans un cas, il s’agit même d’un avion-hôpital.

Chaque vol de celui-ci coute environ sept-mille dollars. En comparaison, le transport aérien d’un cas ‘ordinaire’ coute en moyenne deux-mille dollars.

En 1985, le Québec inaugurait un hôpital dans le Grand Nord (à Puvirnituq). Parmi les services offerts, on y effectue des chirurgies d’un jour. Son centre de santé dessert sept communautés dispersées le long du littoral de la Baie d’Hudson.

Ailleurs, les soins de santé sont assurés par des infirmières à l’emploi de dispensaires dispersés à quelques endroits sur ce vaste territoire.

Toutefois, les cas urgents et lourds doivent être transférés vers les centres hospitaliers du Sud, situés à quatre heures d’avion.

À cette fin, l’ÉVAQ effectue des vols à partir des quatorze aéroports régionaux créés le long du littoral du Nouveau-Québec (le Nunavik).

Les enfants séparés de leur mère

Lorsqu’un enfant autochtone tombe à ce point malade qu’il faut d’urgence le transporter par avion à un hôpital situé dans le Sud, le Québec est la seule province canadienne qui refuse que l’enfant soit accompagné de sa mère.

Imaginez le contexte. Un enfant blessé ou susceptible de mourir — dont la langue maternelle n’est ni le français ni l’anglais — est arraché à son village afin de prendre l’avion pour la première fois de sa vie sans la présence rassurante de sa mère.

Dans certains cas, on prendra en charge un enfant qui sanglotera durant tout le vol et ne cessera de pleurer que sous anesthésie générale.

Pour l’hôpital de Montréal ou de Québec, cette séparation occasionne des difficultés à obtenir le consentement éclairé des parents.

De plus, ces derniers doivent — à leurs propres frais sur des vols commerciaux — se rendre à l’hôpital et y arriver après leur enfant. Parfois, après que tout soit terminé.

Depuis les années 1970, certains groupes de pression ont organisé un boycottage international de la vente de fourrure par les Inuits canadiens.

Puisqu’il s’agissait essentiellement de leur seule source de revenus, ce boycottage a ruiné les communautés inuits du Québec, poussant les taux de suicide à des sommets historiques.

Conséquemment, le cout d’un vol aérien est prohibitif pour une bonne partie d’entre eux. Et dans les rares cas où leur enfant décède dans le Sud, ils n’ont même pas les moyens financiers de rapatrier son corps.

Aveuglement partisan

Il y a trois mois, après avoir essuyé de sévères critiques, le ministre de la Santé du Québec avait annoncé sa décision de permettre qu’un parent accompagne son enfant lors du transport d’urgence dans le Sud. Comme cela se fait déjà partout ailleurs au Canada.

Mais on apprend aujourd’hui que rien n’a été fait.

Depuis ce temps, il ne se passe pas une journée à l’Assemblée nationale sans que le ministre de la Santé reproche à la Coalition Avenir Québec d’être un parti d’extrême droite.

Mais qu’est-ce qu’un parti de droite ? C’est un parti du côté des possédants plutôt que du côté du peuple.

Ces partis assèchent les finances de l’État par des réductions d’impôts qui profitent aux riches, ce qui oblige l’État à couper dans le filet de protection sociale. Et surtout, ils s’acharnent contre les citoyens les plus pauvres avec une cruauté proportionnelle à leur vulnérabilité.

Or, ce dont on parle ici, c’est d’humains qui font souffrir d’autres humains sous le principe de la rigueur budgétaire.

Si le ministre se croit à gauche, j’ai vu mieux…

Références :
Avion-ambulance: de jeunes patients sont encore évacués du Nunavik sans leurs parents
Évacuations automédicales au Québec
Notre (véritable) position sur la chasse au phoque

Parus depuis :
Sur la trace des enfants autochtones disparus (2021-05-25)
Transport aéromédical : deux coroners pressent Québec d’améliorer le service (2023-08-21)
Évacuations aéromédicales : un avion du gouvernement prend la poussière (2025-11-20)

Compléments de lecture :
Une femme algonquine et crie dénonce une stérilisation sans son consentement (2021-05-13)
Les Inuit « systématiquement privés » d’indemnités allouées aux victimes de violence (2021-08-01)

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Écrit par Jean-Pierre Martel