Le Quatorzième arrondissement de Paris

31 mai 2017

 

 
Introduction

Sur 5,64 km², le 14e arrondissement était habité en 2011 par 140 317 citoyens. Le pic de population fut atteint en 1954; on y comptait alors 181 414 habitants.

Ce diaporama en présente un aperçu de trois des quatre quartiers du 14e aondissement :
• le quartier de Plaisance (à l’ouest),
• le quartier du Montparnasse (au nord) et
• le quartier du Parc de Montsouris (à l’est).

Le quartier de Plaisance

De 1844 à 1900, Paris accueillit six expositions universelles dont les quatre dernières eurent lieu au Champ-de-Mars (là où se trouve la tour Eiffel).

Afin de loger les ouvriers chargés d’œuvrer à ces manifestations, des milliers de petites maisons misérables furent construites dans le sud de la capitale.

À l’ouest de ce qui est devenu le 14e arrondissement, une petite chapelle de bois est élevée vers 1845. En 1850, elle était déjà fréquentée par 2 000 paroissiens. Cinq ans plus tard, c’est cinq fois plus. Et en 1897, c’est 35 000 paroissiens.

À partir de 1872, pour répondre aux besoins d’une population ouvrière pauvre, la paroisse distribue jusqu’à deux-mille repas par jour, ouvre une garderie pouvant accueillir cent enfants, fonde un patronage pour recevoir les enfants abandonnés, crée une société de secours mutuel et une coopérative de consommation, et organise à domicile le travail des femmes d’ouvriers, leur offrant ainsi une nouvelle source de revenus.

C’est pour ces travailleurs que fut construite l’église Notre-Dame-du-Travail de 1899 à 1901 (de 0:07 à 0:28).

Œuvre de l’architecte Jules-Godefroy Astruc, l’église oppose une façade néoromane austère à un intérieur dégagé où se révèle sa charpente métallique.

Dans les chapelles latérales, des motifs au pochoir inspirés du mouvement Arts & Craft rehaussent des toiles — de Giuseppe Uberti et d’Émile Desouches — qui honorent les saints patrons des travailleurs et des opprimés.

Propice à une gare ou à un dessous de viaduc, l’usage du fer apparent fera scandale à l’époque car jugé incompatible avec le caractère sacré du lieu. Pour d’autres, l’église se rapproche des ouvriers en leur offrant un cadre familier, proche de celui qu’ils connaissent dans le monde du travail, et tente ainsi de recréer un lien privilégié entre les travailleurs et la foi catholique.

Vers l’extrémité sud de la rue Raymond-Losserand, on atteint l’église Notre-Dame-du-Rosaire (de 0:40 à 0:55).

En l’apercevant, on a peine à croire qu’un édifice aussi moderne fut construit dans la première décennie du XXe siècle. En réalité, cette église de style florentin fut construite par l’architecte Pierre Sardou de 1909 à 1911. Mais sa façade, conçue par Bernard Delaye, date de 1977 à 1980.

À gauche de la sortie, la fabrique de l’église affiche les états financiers de la paroisse (à 0:54).

Le quartier du Montparnasse

Notre aperçu de Montparnasse débute par son cimetière (vu de la tour Montparnasse).

Mis en service en 1824, il occupe le sixième du quartier. C’est le deuxième plus grand cimetière du Paris intramuros, avec 42% de la superficie du cimetière du Père-Lachaise. Près de 300 000 personnes y sont inhumées, dont Guy de Maupassant, Charles Baudelaire, Camille Saint-Saëns, Simone de Beauvoir et Serge Gainsbourg.

La tour qu’on y voit à 1:00 est ce qui reste d’un moulin du XIVe ou XVe siècle.

De 1:02 à 1:46, il s’agit de la Fondation Cartier pour l’art contemporain. L’édifice fut construit en 1994 par l’architecte Jean Nouvel. Le cèdre du Liban au milieu de sa façade a été planté par Chateaubriand en 1823.

Au moment de ma visite, ce musée présentait l’exposition Beauté Congo.

À 1:56, nous voyons l’Observatoire de Paris, le plus ancien d’Europe, édifié en 1667.

Devant lui se dresse la statue de l’astronome et mathématicien Urbain Le Verrier. Celui-ci découvrit Neptune et fonda la météorologie moderne française.

À 1:58, c’est la cour intérieure de l’abbaye de Port-Royal, haut lieu du jansénisme sous Louis XIV. D’une grande sobriété, l’édifice a été construit de 1566 à 1569, puis remanié vers 1626.

Le quartier du Parc de Montsouris

C’est sur des carrières désaffectées de Montsouris qu’on créa le parc de Montsouris de 1867 à 1878. Il s’étend sur 0,15 km².

Au sud du parc se trouve la Cité internationale universitaire de Paris. Celle-ci est un groupe des résidences construites pour accueillir des étudiants du monde entier.

Références :
Notre-Dame-du-Travail (Paris), une église au tournant du XIXe siècle et du XXe siècle.


Détails techniques : Le diaporama contient 81 photos prises à l’aide d’un appareil OM-D e-m5, et deux photos prises à l’aide d’un appareil Panasonic GH1 transformé pour prendre des photos infrarouges.

En ordre décroissant d’utilisation, les objectifs furent le M.Zuiko 12-40 mm F/2,8 (49 photos), le PanLeica 25 mm F/1,4 (20 photos), le M.Zuiko 7-14 mm F/2,8 et le M.Zuiko 75 mm F/1,8 (6 photos chacun), le Lumix 7-14 mm F/4,0 et le Lumix 14-42 mm (2 photos chacun).


Voir aussi : Liste des diaporamas de Paris

Le Quatorzième arrondissement de Paris
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Écrit par Jean-Pierre Martel


Délocalisation et sécurité nationale

30 mai 2017

L’histoire d’Ad Lib Inc.

Les premiers microordinateurs IBM-PC sont nés en 1981.

Il s’agissait de gros boitiers métalliques renfermant principalement une carte maitresse.

Cette dernière était dotée de fentes de connexion permettant d’insérer des cartes-filles; une carte vidéo pour connecter l’écran cathodique, une autre carte pour le modem, etc.

En 1987, un ancien vice-doyen de la faculté de musique de l’université Laval se passionne pour la micro-informatique. Il fonde la firme Ad Lib Inc. dont le but est d’améliorer la reproduction sonore des ordinateurs du temps, limités alors à un petit hautparleur de qualité médiocre.

Sa première carte est nommée Ad Lib Personal Computer System, conçue autour de la puce YM3812 de la japonaise Yamaha.

Après des débuts difficiles, cette carte rencontre une immense popularité après que les amateurs de jeux vidéos découvrent que celle-ci améliore considérablement le réalisme des séances du jeu King’s Quest IV.

En moins de deux ans, la carte Ad Lib devient indispensable aux yeux de millions de joueurs.

Mais son créateur, le professeur Martin Prevel, voit grand. Il conçoit une nouvelle carte beaucoup plus performante, l’Ad Lib Gold, conçue autour d’un nouveau microprocesseur, le YMF262 de Yamaha.

Mais ce fournisseur approvisionne également un rival de la compagnie québécoise, soit Créative Labs. Ce rival est japonais, tout comme Yamaha.

Pendant que ce rival expérimente et teste un produit concurrent de l’Ad Lib Gold, Yamaha expédie des puces défectueuses à la compagnie québécois, ce qui retarde le développement de son nouveau produit.

En 1990, Creative Labs sort sa carte Sound Blaster avec des mois d’avance. Quand la québécoise met finalement en marché sa nouvelle carte Ad Lib Gold, celle-ci n’intéresse plus personne et la compagnie doit déclarer faillite deux ans plus tard.

L’informatique de British Airways

En 2016, le nouveau patron de British Airways décidait de délocaliser vers l’Inde la programmation du système informatique de ce transporteur aérien.

L’Inde est reconnue pour la compétence de ses programmeurs. À l’époque du ‘bogue de l’an 2000’, ce sont les programmeurs de ce pays qui ont réécrit de nombreux programmes informatiques.

La fin de semaine dernière, en Angleterre, les avions de la British Airways ont été cloués au sol en raison d’une panne informatique qui a affecté mille vols.

Pour le transporteur, les pertes sont évaluées à 170 millions de dollars canadiens.

Selon le transporteur, la cause serait un pic de courant électrique qui aurait endommagé les principaux ordinateurs utilisés pour les opérations de la compagnie.

La corruption

Alors que rien ne le laisse supposer dans le cas de la British Airways, imaginons le scénario hypothétique suivant.

Une compagnie internationale décide de délocaliser sa programmation informatique. Cette compagnie joue un rôle stratégique dans l’économie d’un pays occidental.

Situé dans le Tiers-Monde, le contractuel est une compagnie fiable qui possède une longue expérience de bons et loyaux services.

Le prix de ses services est très avantageux parce que ses programmeurs coutent beaucoup moins cher. Mais justement pour cette raison, ils sont plus sujets à la corruption.

Si une puissance étrangère veut nuire à l’économie de ce pays occidental, il lui suffit de corrompre non pas les dirigeants de la firme informatique mais n’importe quel employé qui a accès au code source du logiciel élaboré pour la compagnie internationale.

Tout comme Creative Labs a mené Ad Lib Inc. à la faillite.

J’imagine que le jour où un tel scénario se produira, on prendra conscience de ce qui est déjà évident; la délocalisation — qu’il s’agisse d’un logiciel, d’une pièce maitresse ou un composant essentiel à la fabrication d’un produit industriel — peut entrer en conflit avec la sécurité nationale.

Références :
Ad Lib, Inc.
British Airways CEO will not resign despite ‘catastrophic’ IT failure
Author of Sound Blaster: The Official Book talks about the early days of PC audio

Délocalisation et sécurité nationale
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Écrit par Jean-Pierre Martel


Souvenirs de la Journée des musées 2017

29 mai 2017

Si la plupart des musées montréalais sont gratuits lors de la Nuit blanche du festival Montréal en lumière, la véritable journée de gratuité est la Journée des musées. Cette année, elle avait lieu hier.

Pour faciliter la tâche des visiteurs, la Société de transport de Montréal offrait cinq circuits faisant la navette gratuitement entre la cinquantaine de musées participants.

Tout comme l’Open Tour de Paris, on descendait et on embarquait à notre guise le long de ces circuits. Leur terminus était sur le boulevard de Maisonneuve, derrière la Place des Arts.

Avant d’entreprendre ma visite, je m’étais fixé un programme très ambitieux dont finalement je n’ai réalisé que le quart.

Le tout devait débuter au quatrième arrêt du Circuit bleu, au Studio Nincheri (du peintre et verrier Guido Nincheri), où je me suis rendu à pied puisqu’il est situé près de chez moi.

Mais un problème technique de dernière minute a fait que ce musée n’a pu participer à l’évènement.

J’ai donc pris la navette en direction du Centre d’exposition La Prison-des-Patriotes.

Prison des patriotes
Aperçu de l’exposition

Ce musée compte bien quelques objets et documents d’époque, mais il est basé sur les panneaux explicatifs qui résument très justement les enjeux de la rébellion de 1837-1838. En raison de l’achalandage exceptionnel du musée en cette journée, l’exposé admirable de notre guide a duré la moitié du temps habituel.

Bref, un musée très intéressant. La seule déception : on n’y voit pas de cellule de patriote, ce qui nous montrerait les conditions de leur détention.

Écomusée du fier monde
Aperçu de l’exposition

Le prochain arrêt du Circuit bleu était l’Écomusée du fier monde.

Situé dans un ancien bain public, ce musée nous présente la vie des habitants du Faubourg à m’lasse, un quartier appelé ainsi en raison des effluves qui se dégageaient des usines à la mélasse qui s’y trouvaient autrefois.

Puisque ce quartier a débuté par la construction de triplex à la fin du XIXe siècle et a été en bonne partie détruit par la construction de la Place Radio-Canada en 1963, le musée couvre essentiellement la période entre les deux.

Probablement dans le but d’éviter tout misérabilisme, le musée présente de manière positive la vie des Montréalais francophones de l’époque en gommant donc la profonde misère à laquelle les habitants du Faubourg à m’lasse étaient réduits.

Ceci étant dit, on appréciera d’autant plus ce musée qu’on prendra le temps de lire les panneaux descriptifs très intéressants qu’on y trouve.

Marché Saint-Jacques

Achetés à la fromagerie du marché Saint-Jacques situé en face de l’Écomusée du fier monde, des tranches jambon et un petit fromage artisanal ont fait office de repas du midi. Ils ont été mangés sur le pouce en attendant l’autobus.

J’ai sauté l’arrêt de la Cinémathèque québécoise pour terminer le circuit au Musée d’art contemporain.
 

 
Une fanfare jouait à cet arrêt qui était également le terminus de tous les circuits.

Police et manifestants

En me dirigeant vers le Musée d’art contemporain, je rencontre une manifestation anticapitaliste.

Musée d’art contemporain
Sans titre de Dominique Blain (1987-9)
Observateurs de The Sleepers de Bill Viola (1992)
Terre de Sylvia Safdie (1977-2004)

Voici quelques photos rapportées de ce musée spécialisé dans les installations et les vidéos d’art. Oui, je sais, l’une d’elles est floue (mais, que voulez-vous, je l’aime).

Copper burger

Mes petites tranches de jambon n’ayant pas empêché l’apparition de ma faim vers 14h, je m’achète un hambourgeois chez Copper Branch.

Il s’agit d’un restaurant végétarien. Ce qui semble être de la viande crue est une rondelle constituée de betteraves, de riz brun biologique, d’ognons caramélisés, nappée d’une sauce à la dijonnaise et à l’érable, sur de la laitue, le tout dans un pain au kamut.

Ma journée s’est terminée à la basilique Saint-Patrick de Montréal. Les photos que j’en ai rapportées feront l’objet d’un texte publié ultérieurement.

En conclusion, la Journée des musées est un grand exercice démocratique au cours duquel le patrimoine muséal de la ville devient soudainement accessible à tous.

Il nous est alors possible de créer un programme taillé sur mesure en fonction de nos gouts et de nos affinités. Libre à nous d’en profiter.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, hypergone M.Zuiko 8 mm F/1,8 (2e et 4e photos), objectifs M.Zuiko 7-14 mm F/2,8 (1re photo), M.Zuiko 25 mm F/1,2 (8e, 9e et 10e photos) et M.Zuiko 12-40 mm F/2,8 (les autres photos)
  1re photo : 1/4000 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 7 mm
  2e  photo : 1/60 sec. — F/1,8 — ISO 640 — 8 mm
  3e  photo : 1/1600 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 12 mm
  4e  photo : 1/200 sec. — F/1,8 — ISO 200 — 8 mm
  5e  photo : 1/4000 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 12 mm
  6e  photo : 1/2000 sec. — F/2,8 — ISO 640 — 27 mm
  7e  photo : 1/2500 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 13 mm
  8e  photo : 1/80 sec. — F/1,2 — ISO 1250 — 25 mm
  9e  photo : 1/80 sec. — F/1,2 — ISO 6400 — 25 mm
10e  photo : 1/60 sec. — F/1,2 — ISO 250 — 25 mm
11e  photo : 1/1600 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 17 mm

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Trois pommetiers en fleurs

27 mai 2017
Pommetier ‘Maybride’
Pommetier ‘David’
Pommetier ‘Brandywine’

Mercredi dernier, en revenant de la partie du Jardin botanique consacré aux rhododendrons, j’ai fait un détour par l’arboretum, cette vaste plantation forestière destinée à l’étude des arbres.

Les pommetiers y étaient en fleurs.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectifs Lumix Leica 42,5 mm F/1,2 + filtre Hoya à densité neutre ND8 (1re et 2e photos) et M.Zuiko 40-150 mm F2,8 + multiplicateur de focale M.Zuiko MC-14 (3e photo)
1re photo : 1/320 sec. — F/1,2 — ISO 200 — 42,5 mm
2e  photo : 1/2500 sec. — F/1,2 — ISO 200 — 42,5 mm
3e  photo : 1/1000 sec. — F/4,0 — ISO 200 — 210 mm

Trois pommetiers en fleurs
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L’anémone de Grèce

26 mai 2017
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Semblables à celles des marguerites, les fleurs de ces anémones s’en distinguent par leurs étamines en cercle autour d’un ‘piton’ ovarien vert tendre.

Originaire de Grèce et de Turquie, l’anémone de Grèce (ou Anemone blanda) est une plante tubéreuse qui possède des feuilles trilobées et des pétales bleus, roses ou blancs.

D’une hauteur d’à peine 15 à 20 cm, ces plantes rustiques raffolent des sous-bois. Leurs fleurs ont un diamètre de 3,5 cm.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectif Lumix Leica 42,5mm F/1,2 + filtre Hoya à densité neutre ND8
1re photo : 1/400 sec. — F/1,2 — ISO 200 — 42,5 mm
2e  photo : 1/400 sec. — F/1,2 — ISO 200 — 42,5 mm

L’anémone de Grèce
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Doubler les dépenses militaires et la dénaturation du Canada

25 mai 2017
Le ministre canadien de la Défense, M. Harjit Sajjan

Introduction

Depuis l’élection de Donald Trump, les États-Unis accusent les autres membres de l’OTAN de ne pas faire leur juste part dans la défense du monde occidental en raison de l’insuffisance de leur budget militaire.

En réalité, ce reproche n’est pas nouveau mais le nouveau chef d’État américain s’est fait beaucoup plus instant que son prédécesseur à ce sujet.

Qu’en est-il ?

Les dépenses militaires des membres de l’OTAN

En septembre 2014, les pays membres de l’OTAN se sont entendus pour augmenter leurs budgets militaires de manière à ce qu’en 2024, le niveau de leurs dépenses atteigne un minimum de 2% de leur produit intérieur brut (PIB).

Les motifs d’un tel engagement sont obscurs.

D’une part, il est vrai que depuis plusieurs années, la Russie et la Chine augmentent leurs dépenses militaires.

Si on exclut le cas particulier du nombre d’ogives nucléaires (dont la Russie possède un stock vieillissant mais toujours supérieure à celui des États-Unis), la supériorité américaine est écrasante; on estime que la force militaire américaine est de cinq à dix fois supérieure à celle de la Russie.

Conséquemment, même au taux d’augmentation actuel, ni la Russie ni la Chine ne sont en train de rattraper leur retard sur les États-Unis.


 
En 2016, des 28 membres de l’OTAN, seuls six respectaient déjà l’engagement pris pour 2024 : ce sont Les États-Unis, la Grèce, l’Estonie, le Royaume-Uni et la Pologne.

En montants absolus, leurs budgets militaires ne sont pas nécessairement les plus élevés mais ils sont les plus importants relativement à la taille de leur économie.

À 3,6% du PIB, le budget militaire américain est le plus élevé en raison d’une politique étrangère belliqueuse qui les amène utiliser la force militaire et à déclencher des guerres prédatrices sous n’importe quel prétexte. Par la même occasion, cela leur permet de tester l’efficacité et la fiabilité de leur matériel de pointe.

Pourquoi la Grèce, si endettée, est-elle en deuxième position avec 2,4% ? Parce qu’elle inclut le cout de la défense de ses frontières dans le calcul de ses dépenses militaires. Or la Grèce est à l’avant-scène de la crise migratoire européenne.

Ex-république soviétique et pays voisin de la Russie, l’Estonie vit dans la hantise d’un envahissement russe et de la déstabilisation de son économie par des agitateurs à la solde de Moscou. Son budget militaire (2,2%) en est le reflet.

De la troisième place en 2015, le Royaume-Uni occupe maintenant la quatrième en 2016 (avec 2,2%) puisque ce pays n’a plus les moyens de continuer d’être le fidèle accompagnateur des États-Unis dans leurs entreprises guerrières.

De 1990 à 2013, la Pologne a réduit ses dépenses militaires de 2,4% à 1,8%. Elles ont remonté à 2,0% depuis pour une raison précise; ce pays ambitionne de devenir un exportateur d’armement et, entretemps, subventionne massivement le développement d’un complexe militaro-industriel national.

Le cas canadien

Le Canada n’a que quatre voisins : la Russie, les États-Unis, les iles Saint-Pierre et Miquelon, et le Groenland.

La Russie ne se risquerait pas à envahir le Canada puisque cela mettrait en péril l’approvisionnement des États-Unis en matières premières et provoquerait immédiatement l’entrée de ce pays en guerre.

Si devenir un champ de bataille n’est jamais une perspective intéressante pour aucun pays, il est illusoire de penser que doubler nos dépenses militaires changerait l’issue d’un conflit.

Pour ce qui est des Américains, on voit mal pourquoi ils utiliseraient la force afin de s’emparer de ressources qu’ils obtiennent déjà pacifiquement.

Quant à la menace d’une attaque par les milices de Saint-Pierre et Miquelon ou par les Esquimaux du Groenland, notre budget militaire actuel devrait suffire à nos protéger de cette redoutable menace.

La dénaturation du Canada

Ce dont il est question ici, ce n’est pas de hausser de 1% le budget fédéral consacré aux dépenses militaires mais de consacrer à ce poste budgétaire une somme supplémentaire équivalent à 1% du PIB.

Le PIB du Canada est de 1 551 milliards$. Il s’agit donc de dépenser quinze-milliards$ de plus par année à ce sujet.

C’est l’équivalent de l’important contrat de blindés canadiens achetés par l’Arabie saoudite. Sauf qu’il ne s’agira pas d’une dépense étalée sur plus d’une décennie, mais répétée annuellement par le Canada.

De plus, comme le contrat défunt des chasseurs F-35, il est à prévoir qu’il s’agira en bonne partie pour le Canada d’achats d’armements américains pour lesquels notre pays n’obtiendra que très peu de retombées économiques.

Les différents postes budgétaires de l’État sont des vases communicants. Dans la perspective où les États-Unis s’apprêtent à réduire substantiellement l’impôt des entreprises, où donc l’État canadien trouvera-t-il l’argent supplémentaire pour la Défense nationale sinon en diminuant le filet de protection sociale qui constitue une caractéristique fondamentale du pays ?

En somme, que les Canadiens élisent un gouvernement de gauche ou de droite, il suffit de doubler les dépenses militaires canadiennes pour forcer le gouvernement fédéral à virer à Droite, peu importe la volonté exprimée démocratiquement par les citoyens du pays.

Et toute réduction appréciable du taux d’imposition aux entreprises décrété par Washington rendra encore plus inévitable et dramatique le démantèlement du filet de protection sociale canadien, devenu trop onéreux.

Sur les 250 milliards$ de dépenses fédérales, la majorité de cette somme est incompressible. Pour accroitre les dépenses militaires de quinze-milliards$, le choix de l’État fédéral sera entre hausser de beaucoup la fiscalité des particuliers ou effectuer des coupures draconiennes dans les postes budgétaires autres que celui de la Défense nationale.

Sous les motifs obscurs d’engagements internationaux, ce dont il est question est d’obliger le Canada à revêtir volontairement une camisole de force budgétaire qui le condamne à appauvrir son propre peuple pour engraisser le complexe militaro-industriel américain.

Références :
Le Canada prêt à doubler son budget de défense d’ici 2024
Les dépenses de défense des pays de l’OTAN (2009-2016)
Les pays de l’Otan dépensent toujours moins en matière de défense
Les 25 ans de l’OTAN
Ottawa tente de comptabiliser différemment ses dépenses militaires
Sommet de l’OTAN sous pression pour Justin Trudeau
Trump qualifie l’OTAN d’organisation «obsolète»
Quels pays ont le plus augmenté leur budget militaire? La réponse en carte

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectif M.Zuiko 75mm F/1,8 — 1/160 sec. — F/1,8 — ISO 6400 — 75 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


La Violette odorante et la saison des amours

24 mai 2017
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Ces jours-ci, alors que partout les pissenlits crient leur jaune pour attirer l’attention des passants, les modestes Violettes odorantes (Viola odorata) soupirent leur parfum délicat dans l’espoir de se faire remarquer.

En Europe, ces fleurs abondantes et peu dispendieuses ont été très populaires à une l’époque où, pour quelques centimes, elles étaient vendues en gerbe sur la voie publique.

Et il arrivait parfois qu’on les achetait impulsivement après avoir croisé le sourire de la vendeuse…

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectif M.Zuiko 75mm F/1,8 — 1/160 sec. — F/5,6 — ISO 200 — 75 mm

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Une troisième murale dans la série consacrée aux quatre éléments

23 mai 2017
Terre d’accueil (2015)

Au reportage de 2014 au sujet des murales des Habitations Jeanne-Mance, il faut ajouter celle-ci, peinte l’année suivante.

Après L’air du temps (2012) et Au fil de l’eau (2013), Phillip Adams a peint Terre d’accueil (2015), dans cette série consacrée aux quatre éléments.

Pour l’instant, cette série comprend donc l’air, l’eau et la terre. Il ne manque plus que le feu.

Ici, le point de vue est celui du mont Royal. De part et d’autre d’un arbre décoré d’un cœur — qui fait écho à celui, bien réel, devant la murale — deux clairières montrent la terre unissant la nature (à gauche) à la ville (à droite).

L’air du temps (2012)
Au fil de l’eau (2013)

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectif M.Zuiko 12-40mm F/2,8 —
1re photo : 1/400 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 15 mm
2e  photo : 1/1250 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 28 mm
3e  photo : 1/1000 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 12 mm

Une troisième murale dans la série consacrée aux quatre éléments
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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le défilé des Géants

22 mai 2017

 

 

Parmi tous les évènements célébrant le 375e anniversaire de Montréal, celui qui a dominé la fin de semaine fut le défilé des Géants.

Création de la compagnie nantaise Royal de Luxe, le défilé des Géants mettait en scène trois personnages surdimensionnés : un scaphandrier, la Petite Géante et le chien mexicain Xolo, animés respectivement par 45, 28 et 25 techniciens-acrobates.

À la fin du défilé, un canon à confettis pulvérisait des cartes postales créées spécialement pour l’occasion et dont de diaporama présente quatre modèles.

Référence :
Des géants en ville pour le 375e de Montréal

Le défilé des Géants
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Écrit par Jean-Pierre Martel


Déjà un million de requêtes…

20 mai 2017

Depuis ce matin, le cap de la millionième requête adressée à ce blogue a été franchi.

En réalité, il s’agit de la millionième depuis le 11 février 2016 : ce jour-là, le compteur s’était remis à zéro en raison d’un changement d’hébergeur.

Si on tient compte du nombre de requêtes précédentes, on doit ajouter 587 330 requêtes supplémentaires (celles entre le 8 décembre 2009 et le 11 février 2016).

Ces jours-ci, il faut un peu moins de six jours pour égaler le nombre de requêtes qui furent adressées à ce blogue au cours des douze premiers mois de son existence.

Bref, je me sens honoré par l’intérêt croissant que vous, lecteurs, portez à mes écrits et je vous en remercie.

À l’avenir, j’espère être à la hauteur de vos attentes. Merci encore.

Déjà un million de requêtes…
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Écrit par Jean-Pierre Martel


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