Le prince saoudien trafiquant de drogue

30 juin 2016

La fénétylline est une amphétamine connue sous le nom commercial de Captagon. C’est la drogue des djihadistes; ce stimulant supprime la fatigue et crée une sorte d’euphorie qui supprime la douleur tout en coupant la faim.

Jusqu’en 2011, les principaux pays producteurs étaient la Libye et le Liban. Avec le chaos qui règne en Syrie, ce pays est devenu le premier producteur en 2011.

Facile à produire, elle sert de monnaie d’échange aux milices islamistes qui combattent en Syrie. Ceux-ci l’exportent en échange d’armes.

En Arabie saoudite, cette drogue est très populaire; 55 millions de comprimés de Captagon sont saisis annuellement, ce qui donne une idée de l’importance de sa consommation.

Même si son trafic est passible de la peine de mort, les membres de la dictature saoudienne sont parfois impliqués dans sa contrebande en raison de leur impunité.

C’est ainsi que le 26 octobre 2015, on a effectué une saisie record de drogue à l’aéroport de Beyrouth (au Liban) soit deux tonnes de comprimés de Captagon et une quantité non précisée de cocaïne. Le tout d’une valeur de 327 millions$ (227 millions d’euros).

La marchandise se trouvait à bord de l’avion privé du jeune prince Abdel Mohsen ben Walid ben Abdelaziz al Saoud qui devait partir en direction de la capitale saoudienne. Le prince a été arrêté au moment de l’embarquement.

Le 25 février dernier, celui-ci était toujours en prison, dans l’attente de son procès.

Drogue saisie à Beyrouth

La drogue se trouvait dans une quarantaine de caisses de carton scellées par du ruban gommé transparent qui laissait bien visible le sceau de la dictature saoudienne; un palmier vert au-dessus de deux sabres croisés.

Si le prince possédait un statut diplomatique reconnu au Liban, il n’aurait pas été arrêté sans créer un incident protocolaire. Conséquemment, il est douteux que son avocat puisse invoquer l’argument que cette marchandise était du matériel diplomatique.

Toutefois en raison des généreuses subventions de l’Arabie saoudite au Liban, les observateurs s’attendent à ce qu’un prétexte soit trouvé pour justifier sa libération.

Références :
Fénétylline
Le prince saoudien accusé de trafic de drogue au Liban restera en détention jusqu’à son procès
Saudi Prince Arrested At Beirut Airport With 2 Tons Of Drugs
Un prince royal saoudien arrêté avec 2 tonnes de Captagon, la drogue des djihadistes. Silence radio!

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Cacouna et les 880 bélugas

29 juin 2016
Habitat du béluga du Saint-Laurent

Cacouna est une municipalité québécoise d’environ deux-mille habitants située à 225km à l’Est de la ville de Québec. Cette ville portuaire est juste en face de l’embouchure de la rivière Saguenay.

Afin d’en favoriser le développement économique, le gouvernement du Québec y a implanté un port en eau profonde, inauguré en 1981. On y transborde principalement du ciment brésilien et des produits forestiers québécois.

Depuis trente ans, les biologistes ont accumulé une importante documentation prouvant que c’est précisément autour de la jonction du fleuve Saint-Laurent et de la rivière Saguenay que se trouve l’habitat des bélugas du Saint-Laurent.

Appelé également baleine blanche, dauphin blanc ou marsouin blanc, le béluga vit normalement dans l’océan Arctique. Sa population y est estimée à 100 000 individus.

L’habitat des bélugas s’est modifié en fonction de la couverture des glaces, s’accroissant lors des périodes glaciaires et rétrécissant au cours des périodes de réchauffement.

Il y a des milliers d’années, la fonte des glaces qui recouvraient l’Amérique du Nord a isolé une petite population dans l’estuaire du Saint-Laurent.

Celle-ci s’est déplacée à l’embouchure du Saguenay, là où les couches profondes d’eau glaciale de cette rivière s’écoulent dans le fleuve.

Victime de la pollution fluviale, c’est au Québec une espèce en voie de disparition et considérée officiellement comme telle depuis décembre 2014. De nos jours, on en compte environ 880 spécimens sur les cinq à dix-mille dénombrés au XIXe siècle.

Dans le cadre de la construction du pipeline Énergie-Est, la pétrolière Trans-Canada prévoyait créer un port pétrolier à Cacouna où devaient accoster annuellement 175 cargos de type Panamax.

Ce terminal se serait retrouvé en pleine zone de reproduction des bélugas.

Considérant qu’elle n’était redevable qu’au gouvernement canadien, la pétrolière TransCanada refusait même de signer un engagement écrit stipulant que les travaux ne causeront pas de préjudice aux mammifères marins.

En dépit de ce refus, en 2014, le ministre libéral de l’Environnement du Québec, David Heurtel — qualifié de ‘paillasson’ de TransCanada — a accordé à la pétrolière un certificat d’autorisation lui permettant de commencer les travaux de forages de son port pétrolier à Cacouna.

Quelques semaines plus tard, devant la capitulation du ministre, une coalition de groupes environnementalistes a obtenu une injonction interdisant les travaux de forages entrepris à Cacouna, forçant Trans-Canada à renoncer à ses projets à Cacouna.

Petite parenthèse : Il y a moins d’une semaine, le gouvernement fédéral a stoppé partiellement un développement domiciliaire dans la ville de La Prairie afin d’y protéger la Rainette Faux-grillon (une espèce menacée), alors que le ministre Heurtel (toujours lui) avait autorisé le projet contre l’avis de plusieurs experts. Fin de cette parenthèse.

Dans l’édition de ce matin du Devoir, on apprend que le gouvernement Couillard se propose de dépenser une somme de 125 000$ (87 000 euros) pour mener des études de faisabilité de l’implantation d’une zone industrialoportuaire à Cacouna.

Le fleuve Saint-Laurent s’écoule sur 1 140km. C’est un des plus longs fleuves du monde. Quelle est cette idée de s’acharner à développer à Cacouna, très précisément, des activités portuaires qu’on pourrait très facilement installer ailleurs.

Je comprends que le gouvernement du Québec a déjà dépensé des dizaines de millions au port de Cacuna à l’époque où on ignorait qu’il s’agissait-là d’une erreur.

Mais maintenant qu’on connait les dommages environnementaux d’une telle activité au cœur de la zone de reproduction du béluga, qu’est-ce qui justifie qu’on s’entête à gaspiller les fonds publics ?

Déjà, depuis deux ans, la population québécoise subit une politique d’austérité destinée à assainir les finances du Québec. Cet assainissement se justifie après une décennie de pillage du trésor public par le gouvernement Charest.

Et voilà encore un autre exemple criant de la mauvaise gestion du budget de l’État par les Libéraux.

C’en est presque désespérant…

Références :
Béluga (baleine)
Béluga du Saint-Laurent
Cacouna
Décision de la Cour Supérieure au sujet des bélugas du Saint-Laurent
Décret fédéral sur la rainette: Heurtel dénonce une «intrusion» d’Ottawa
La petite grenouille qui tient tête aux promoteurs
Le ministère de l’Environnement pourrait évaluer la zone de Cacouna
Les bélugas moins nombreux que jamais dans le Saint-Laurent
Pourquoi le béluga du Saint-Laurent est-il en voie de disparition?
Un rapport sur les bélugas force l’arrêt des travaux à Cacouna

Parus depuis :
L’adoption ou la mort pour un jeune béluga orphelin (2016-07-02)
Merci de prendre soin de Delphi et Leucas… (2016-07-28)
Le béluga est officiellement en voie de disparition (2016-09-01)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Imprimer ses pilules : mythe ou réalité ?

28 juin 2016

Lévétiracétam est le nom commun d’un médicament antiépileptique commercialisé au Canada depuis 2003 sous la marque Keppra™.

Le 3 aout 2015, les autorités américaines ont autorisé la société Aprecia Pharmaceuticals à commercialiser la vente de comprimés de ce médicament fabriqués en usine à l’aide d’une imprimante 3D.

Il n’en fallait pas plus pour que des chroniqueurs scientifiques prédisent la fabrication à domicile de tous les médicaments dont nous pourrions avoir besoin.

Dans l’influent quotidien Le Devoir, Karl Rettino-Parazelli imagine le scénario suivant : « Vous habitez dans une région reculée et votre enfant malade se réveille dans la nuit, en pleurs. Il a besoin d’un médicament rapidement et la pharmacie la plus proche se trouve à plusieurs dizaines de kilomètres. Pas de problème : vous pouvez créer le comprimé qu’il vous faut grâce à votre imprimante 3D.»

En réalité, on peut tout faire avec une imprimante 3D, y compris des pilules. Mais pour être actives, celles-ci doivent contenir une substance pharmacologique.

En d’autres mots, pour fabriquer de vrais médicaments — et non seulement des objets qui épousent leur forme — une imprimante 3D doit être dotée d’un réservoir (contenant un produit actif) et dont le rôle est d’alimenter l’imprimante lors de la fabrication des comprimés.

Pour fabriquer ses médicaments à la maison, le patient doit donc non seulement posséder une imprimante 3D mais aussi se procurer des concentrés de produits actifs (de la poudre pure, par exemple) pour chacun des médicaments dont il a besoin.

De plus, l’utilisateur doit prendre soin d’effectuer une vidange complète des circuits d’alimentation, afin d’éviter que les comprimés d’un médicament inoffensif destiné à un enfant ne soient contaminés par des traces d’un médicament toxique fabriqué antérieurement pour un autre membre de la famille.

En somme, les pharmaciens peuvent dormir en paix… pour l’instant.

Références :
Lévétiracétam
Le premier médicament conçu par une imprimante 3D autorisé aux Etats-Unis
L’impression de médicaments est à nos portes

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Festival Montréal Baroque 2016 : Jour 4 (la fin)

27 juin 2016

En plus des concerts gratuits offerts de 12h à 17h au centre-ville — plus précisément au square Phillips — le programme du festival comprenait aujourd’hui quatre concerts payants.

Les deux premiers étant à guichets fermés, je n’ai assisté qu’aux deux derniers.

Lina Tur-Bonet

À 16h, la violoniste Lina Tur-Bonet complétait la présentation de son intégrale des Sonates et partitas pour violon seul de Bach.

Ce troisième volet avait lieu dans le hall d’entrée du pavillon des Arts de l’université McGill.

Tout en marbre, cet endroit n’est pas suffisamment vaste pour produite de l’écho. Toutefois, ses dimensions amplifient considérablement la puissance du violon et sa réverbération se manifeste par l’augmentation de l’épaisseur du son.

Des trois volets présentés par Mme Tur-Bonet, celui-ci fut mon préféré. Au-delà d’une exécution entachée de quelques fausses notes, la petitesse des lieux et son acoustique particulière contribuaient à la vive impression que la violoniste jouait pour chacun d’entre nous.

C’est également dans les œuvres présentés aujourd’hui que Mme Tur-Bonnet a le mieux réussi à isoler les différentes voix de la partition et à les présenter comme probablement Bach les imaginait.

Eric Milnes et Jesse Blumberg

Entre la Sonate pour violon seul No 3 et la Partita pour violon seul No 3, le baryton Jesse Blumberg, accompagné du claveciniste Eric Milnes, interprétait l’air BWV 515a, tiré d’un petit livre de notes d’Anna-Magdalena Bach (l’épouse du compositeur).

Orchestre Montréal baroque

Le festival se terminait par la présentation de trois cantates de Bach.

Tous ceux qui se sont attelés à la tâche colossale d’en présenter l’intégrale — qui peut facilement occuper plus d’une cinquantaine de disques compacts — l’ont fait sur plusieurs années.

Montréal est une des trois seules villes au monde où une telle intégrale est en cours de présentation et d’enregistrement.

Si le chœur d’introduction de la cantate BWV 76, pris d’un pas alerte, manquait de cohésion, le reste de l’exécution fut impeccable.

À juste titre, on avait réservé l’éclatante cantate BWV 79 à la fin du concert.

Avec ses trompettes et sa percussion retentissante, et surtout grâce à l’enthousiasme de ses artisans, cette exécution a fait paraitre bien sages les forces réunies au disque par Gustav Leonhardt.

C’est donc sur une apothéose qui s’est conclue cette 14e édition du Festival Montréal Baroque.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectif M.Zuiko 40-150mm F/2,8
1re photo : 1/125 sec. — F/2,8 — ISO 6400 — 150 mm
2e  photo : 1/125 sec. — F/2,8 — ISO 4000 — 52 mm
3e  photo : 1/100 sec. — F/2,8 — ISO 500 — 40 mm


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Écrit par Jean-Pierre Martel


Festival Montréal Baroque 2016 : Jour 3

26 juin 2016

La troisième journée du Festival de musique Montréal Baroque débutait par deux concerts (à 11h et à 14h) auxquels je n’ai pas assisté.

David Jacques et Ziya Tabassian

C’est à l’étage du Musée Redpath (le musée privé d’histoire naturelle de Montréal) que deux membres de l’Ensemble Caprice, le guitariste David Jacques et percussionniste Ziya Tabassian, faisaient équipe afin de présenter à 16h des œuvres baroques espagnoles leur permettant d’exprimer leurs talents respectifs.

La Veuve Rebel
La Veuve Rebel

À 19h, dans la salle Redpath (à distinguer du musée homonyme), le festival présentait un spectacle basé sur des extraits du répertoire comique du XVIIIe siècle.

Mariant la comédie, la danse baroque et accessoirement le chant, cette production franco-québécoise raconte les difficultés rencontrées par les théâtres alternatifs à obtenir des dérogations aux privilèges royaux accordés aux institutions officielles parisiennes.

Lina Tur-Bonet

À 21h, la violoniste espagnole Lina Tur-Bonet exécutait le deuxième volet de son intégrale des Sonates et partitas pour violons seul de Johann-Sebastian Bach.

Durant la pause entre la sonate et la partita, le musicologue Gilles Cantagrel, toujours aussi brillant, est venu parler de l’architecture musicale qui confère aux constituants de cette somme son unité et sa logique, et qui fournit également les indices qui permettent d’en comprendre le sens.

Eric Milnes et Jesse Blumberg

Également au cours de cette pause, le baryton Jesse Blumberg, accompagné du claveciniste Eric Milnes, a interprété l’air BWV 514, tiré d’un petit livre de notes d’Anna-Magdalena Bach (l’épouse du compositeur).

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectif M.Zuiko 40-150mm F/2,8
1re photo : 1/160 sec. — F/2,8 — ISO 1600 — 75 mm
2e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 800 — 40 mm
3e  photo : 1/200 sec. — F/2,8 — ISO 640 — 82 mm
4e  photo : 1/250 sec. — F/2,8 — ISO 6400 — 150 mm
5e  photo : 1/125 sec. — F/2,8 — ISO 3200 — 64 mm


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Écrit par Jean-Pierre Martel


Festival Montréal Baroque 2016 : Jour 2

25 juin 2016
Martin Robidoux et Odéi Bilodeau-Bergeron

À 11h, le programme du 24 juin débutait par un récital d’airs baroques français exécutés par la soprano Odéi Bilodeau-Bergeron, accompagnée du claveciniste Martin Robidoux.

Odéi Bilodeau-Bergeron

Originaire de Sainte-Louise-des-Aulnaies (entre Saint-Jean-Port-Joli et La Pocatière), la chanteuse montréalaise est lauréate du Concours Mathieu-Duguay du Festival international de musique baroque de Lamèque (une ville du nord-est du Nouveau-Brunswick).

Le texte des airs est prononcé en français moderne. La diction de Mme Bilodeau-Bergeron est exemplaire et m’a rappelé l’âge d’or de la troupe française Les Arts florissants, c’est-à-dire à l’époque où on n’avait pas besoin de suivre le livret pour savoir ce qui se chante.

En deux mots, Mme Bilodeau-Bergeron est une artiste plutôt sensationnelle en raison de cette diction et de la justesse de sa voix.

Une pause non prévue au programme — lorsqu’un téléphone portable s’est mis à sonner — fut la seule distraction d’une assistance parfaitement silencieuse, demeurée jusque là suspendue aux lèvres de la soprano.

Lina Tur-Bonet

Dans le cadre du festival, la violoniste espagnole Lina Tur-Bonet interprètera l’intégrale des sonates pour violon de Bach.

C’est à la mezzanine de la salle où Mme Bilodeau-Bergeron s’était produite trois heures plus tôt que Mme Lina Tur-Bonet exécuta le premier des trois volets de cette intégrale.

Cet endroit mal éclairé n’étant pas propice à la photographie, la photo ci-dessus a été prise sur la rue, après ce concert, alors que l’artiste était entourée d’admirateurs.

Gilles Cantagrel

Après la Sonate pour violon seul No 1 — pendant que Mme Tur-Bonet reprenait des forces en vue de l’exécution de la redoutable Partita pour violon seul No 1 — le musicologue Gilles Cantagrel est venu nous entretenir de la place des œuvres pour violon seul chez Bach.

M. Cantagrel est un érudit qui nous parle de Bach comme le ferait un ami qui aurait partagé l’intimité de la famille du compositeur.

Sa connaissance de la mentalité de l’époque, et notamment de la conception religieuse de la mort chez les Luthériens du XVIIIe siècle, nous permet de comprendre la portée et la profondeur de ces compositions de Jean-Sébastien Bach.

Eric Milnes et Jesse Blumberg

Cette pause était également meublée d’un air tiré d’un recueil d’œuvres que l’épouse de Bach, Anna Magdalena Bach, colligeait en vue des soirées musicales privées de la famille.

Cet air (le BWV 509) fut chanté par le baryton Jesse Blumberg, accompagné du claveciniste Eric Milnes.

Pierre-Yves Martel, Dorothéa Ventura, Jacinthe Thibault, et Olivier Brault

À 17h, la soprano Jacinthe Thibault, entourée du trio Sonate 1704, chantait des airs de compositeurs baroques français (Rebel, de Montéclair, et Clérambault).

Le concert se divisait en deux parties, ce qui permettait d’accorder les instruments différemment. Cette pause permit également à la cantatrice d’apparaitre en seconde partie revêtue d’une robe noire constellée de diamants.

Mme Thibault est une tragédienne qui possède une voix juste et forte, de même qu’une bonne diction un peu desservie par l’acoustique réverbérée des lieux.

Le Métis Fiddler Quartet et l’Ensemble Caprice

À 19h, le Métis Fiddler Quartet et l’Ensemble Caprice unissaient leurs forces pour présenter un mélange de musique baroque, de chants folkloriques et de musique contemporaine.

Ce concert séduisant fut celui que j’ai le plus apprécié. Il était composé majoritairement d’airs très mélodieux totalement méconnus, dont un air dramatique qui fournit au puissant baryton Conlin Delbaere-Sawchuk (du Métis Fiddler Quartet) une occasion de démontrer son remarquable talent d’interprète.

La journée se terminait par des concertos pour cinq flutes composés par Joseph Bodin de Boismortier. Il s’agit d’un concert dont malheureusement j’avais oublié de me procurer un billet.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectif M.Zuiko 40-150mm F/2,8
1re photo : 1/100 sec. — F/2,8 — ISO 800 — 40 mm
2e  photo : 1/320 sec. — F/2,8 — ISO 1000 — 150 mm
3e  photo : 1/320 sec. — F/2,8 — ISO 250 — 150 mm
4e  photo : 1/250 sec. — F/2,8 — ISO 5000 — 115 mm
5e  photo : 1/200 sec. — F/2,8 — ISO 4000 — 82 mm
6e  photo : 1/100 sec. — F/2,8 — ISO 640 — 50 mm
7e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 2000 — 40 mm


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Écrit par Jean-Pierre Martel


Festival Montréal Baroque 2016 : Jour 1

24 juin 2016

C’est aujourd’hui que débutait l’édition 2016 du Festival Montréal Baroque, dont le thème est Tempête dans un verre d’eau.

Métis Fiddler Quartet

La journée a commencé par un concert gratuit du Métis Fiddler Quartet au centre-ville de Montréal.

Les membres de ce quatuor basé à Toronto sont des Métis nés à Winnipeg. Son soliste est un baryton (à droite sur la photo) dont la voix juste et puissante se caractérise par un vibrato serré et un timbre agréable.

Le répertoire présenté par le quatuor s’inspire du folklore de l’Ouest canadien et québécois.

Artisans de la Tempête de Prospero

Le premier grand concert de la journée m’a laissé sur ma faim. Il s’agissait principalement d’extraits de The Tempest de Shakespeare qui alternaient avec des pièces vocales ou instrumentales de compositeurs baroques (Purcell, Lully, Locke et Humphrey).

Si je suis à l’aise avec le français tel qu’il se parlait sous Louis XIV, j’avoue que l’anglais parlé à l’époque élisabéthaine est du chinois pour moi.

Membres d’Instruments of Happiness

Conformément au thème du festival, le concert intitulé Tornades Fuguées présentait à 21h de larges extraits de l’Art de la fugue de Bach.

On ignore pour quel(s) instrument(s) cette œuvre inachevée était destinée : celle-ci a déjà été enregistrée à l’orgue, au piano, au clavecin et en version orchestrale.

Au festival, elle était interprétée par un groupe de quatre guitares électriques, en alternance avec deux violes de gambe. Pourquoi pas.

Ce choix artistique permettait de caractériser chacune des voix de la partition. L’intérêt de cette expérience peu orthodoxe mais intéressante venait en partie des timbres séduisants et très différents des guitares.

Le tout m’a fait penser à un treillis métallique dont les fils espacés sont recouverts d’une épaisse couche de givre.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectifs M.Zuiko 12-40 mm F/2,8 (1re photo) et M.Zuiko 40-150 mm F/2,8 (les autres photos)
1re photo : 1/1600 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 40 mm
2e  photo : 1/100 sec. — F/2,8 — ISO 1000 — 48 mm
3e  photo : 1/125 sec. — F/3,2 — ISO 3200 — 70 mm


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Écrit par Jean-Pierre Martel


Au premier coup d’œil

23 juin 2016

Lasik MD Vision est une entreprise de correction au laser de la vue

En apercevant la photo d’un de ses messages publicitaires, la première chose que j’y ai vue c’est une femme qui choisit de ne s’agripper à rien alors que le conducteur du scooteur emprunte une courbe surplombant une falaise.

Je comprends qu’on veuille ainsi illustrer la joie et le sentiment de liberté qui envahissent la personne qui retrouve la vue après l’avoir perdue en partie ou en totalité.

Mais je ne peux pas m’empêcher de trouver déplorable qu’on fasse indirectement la promotion d’un comportement routier dangereux.

Est-ce qu’un professionnel de la vue est justifié d’utiliser n’importe quel moyen pour promouvoir ses services ?


Image ci-dessus : © — Publicité de Lasik MD Vision

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Brexin ou Brexit : l’intérêt de la France

22 juin 2016


 
Introduction

Dans quelques heures, les citoyens britanniques décideront par référendum du maintien ou de la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne.

Il s’agit de la deuxième consultation populaire à ce sujet, le premier ayant eu lieu en 1975 et s’étant soldée par la victoire à 76% du maintien de l’adhésion britannique.

Cette fois-ci, les résultats seront plus serrés; le pays est profondément divisé entre les dangers économiques d’une sortie de l’Union et la révolte contre l’assujettissement aux normes dictées par Bruxelles.

Mais qu’en est-il de l’intérêt de la France ?

Avantages du Brexit

Dans le bras de fer que livrent les pays européens pour domestiquer les milieux financiers, la principale résistance interne à l’Union vient de la City (le quartier financier de Londres).

Environ 30% de la dette séculaire de la France tire son origine du sauvetage des banques nationales lors de la Grande Récession, après que celles-ci aient été leurrées par les institutions anglo-américaines au sujet de la valeur des actifs adossés à des créances hypothécaires douteuses (le ‘papier commercial’).

De manière superficielle, le Brexit laisse le champ libre à l’adoption de normes financières plus sévères, notamment au sujet des paradis fiscaux (dont les Iles Vierges britanniques).

Mais il serait naïf de penser les milieux financiers, parce que localisés hors de l’Union, perdraient toute influence sur les décideurs européens.

D’autre part, la France doit envisager les conséquences géopolitiques du Brexit.

Inconvénients du Brexit

Le processus d’intégration des économies française et allemande remonte au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale avec la création en 1952 de la Communauté européenne du charbon et de l’acier.

Ce processus s’est poursuivi avec la création de la Communauté économique européenne en 1957 et de l’Union européenne en 1992.

Sous le couvert de ces organismes, l’intégration des économies française et allemande est devenue telle que les intérêts économiques de la France et de l’Allemagne coïncident sur tous les sujets importants.

Si bien que ces deux pays ont très souvent des positions communes et exercent à eux seuls une influence déterminante sur les grandes orientations de l’Union. Ceci relègue le Royaume-Uni — troisième puissance économique de l’Union — à un rôle secondaire, voire de figurant.

Mais la France doit voir plus loin que le bout de son nez.

À la suite d’une sortie hypothétique du Royaume-Uni de l’Union, sur qui la France pourrait-elle s’appuyer pour faire contrepoids à l’Allemagne en cas d’un différent majeur ? Sur personne.

Le Brexit consacrerait la domination politique absolue de l’Allemagne sur les affaires européennes.

Voilà pourquoi la France a intérêt au maintien du Royaume-Uni dans l’Union.

Mais si c’est le cas, pourquoi la France n’est-elle pas davantage impliquée dans la campagne contre le Brexit ?

C’est que depuis la conquête normande de l’Angleterre par Guillaume le Conquérant en 1066, une partie des Britanniques nourrissent un fort sentiment francophobe qui, pour eux, fait partie essentielle des valeurs anglaises.

En somme, si les Français sont généralement anglophiles et plus particulièrement fascinés par la culture américaine (associée au modernisme), ce sentiment n’est pas réciproque.

Il suffirait que la France se prononce avec insistance en faveur du Brexin pour que cela provoque chez cette frange minoritaire mais irréductible de Francophobes anglais une adhésion au Brexit qui serait suffisante pour faire basculer les résultats serrés du référendum de ce côté.

Références :
Communauté européenne du charbon et de l’acier
Débats sur le retrait du Royaume-Uni de l’Union européenne
Guillaume le Conquérant
Union européenne


© 2010 — Carte de Google Maps (modifiée)

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| Géopolitique | Mots-clés : , | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Tempête au parc

21 juin 2016
Enseigne du parc de Vimy
Aperçu du parc
Maison de style anglais bordant le parc
Maison de style québécois bordant le parc

Introduction

Outremont est un quartier plaisant sur les hauteurs du Mont-Royal. Il tire son nom du fait qu’il est situé sur versant opposé par rapport au centre-ville.

C’est un quartier huppé où se trouvent des maisons spacieuses en pierre ou en briques sur des lots où abondent de grands arbres.

On y rencontre de nombreux parcs à l’anglaise.

Relativement plat, le parc de Vimy est de petites dimensions. Tout en étant plaisant, il est un des moins intéressants de l’arrondissement.

Depuis deux jours, ce parc est l’objet d’une vive controverse.

Sur recommandation de la Société d’histoire d’Outremont, l’arrondissement d’Outremont a obtenu la permission de la ville de Montréal de changer le nom du parc de Vimy en celui de parc Jacques-Parizeau.

La bataille de la crête de Vimy

Vers la fin de la Première Guerre mondiale, la bataille de la crête de Vimy — dans le Pas-de-Calais, en France — fut une des batailles décisives.

Après des assauts infructueux de troupes françaises et britanniques (qui avaient très peu affaibli les défenses allemandes), ce sont des troupes canadiennes qui prirent contrôle de ce promontoire stratégique, au prix de 3 598 morts et 7 104 blessés.

À l’époque, cette victoire fut présentée comme un symbole de la force de l’unité canadienne devant l’adversité. S’il est vrai que l’assaut fut donné par des unités composées d’anglophones et de francophones, en réalité, la proportion de soldats francophones fut relativement faible : la conscription au Canada, jusque-là facultative, était boudée des Québécois.

Rappelons que cette guerre est née de l’effet domino d’alliances militaires qui ont entrainé automatiquement l’entrée en guerre des pays européens sans autre motif qu’un fait divers; l’assassinat en Serbie de l’héritier de l’empire austro-hongrois et son épouse.

Les Québécois estimaient qu’il s’agissait d’une guerre stupide. Alors que pour les Anglophones canadiens, il était essentiel de défendre leur mère patrie, l’Angleterre, principal partenaire commercial du Canada à l’époque (devant les États-Unis).

Dans les faits, 70% des trente-mille soldats volontaires étaient des immigrants récents en provenance du Royaume-Uni; seulement neuf-mille volontaires étaient de naissance canadienne, dont environ mille du Québec.

Ce sont les pertes canadiennes occasionnées par cette bataille (le tiers des effectifs) qui ont convaincu le gouvernement fédéral d’imposer la conscription obligatoire, une décision controversée qui provoqua des émeutes au Québec.

Afin de faire oublier ces divisions, le gouvernement a toujours accordé une importance disproportionnée à cette bataille par ailleurs indéniablement stratégique.

En dépit de ces efforts, la rue et le parc de Vimy — tous deux à Outremont — sont les seuls exemples québécois de lieux nommés en l’honneur de cette bataille.

Jacques Parizeau

Diplômé de la London School of Economics, Jacques Parizeau fut le grand mandarin de l’État québécois dans les années 1960 et principal conseiller économique des premiers ministres Jean Lesage et Daniel Johnson.

Il fut ministre des Finances du Québec de 1976 à 1984 dans le gouvernement de René Lévesque et devient Premier ministre du Québec en 1994-1996.

Il joua un rôle-clé dans la nationalisation de l’électricité et dans la création de la Société Générale de financement (principal outil d’intervention de l’État dans le secteur industriel), du Régime des rentes du Québec (et de la Caisse de dépôt et placement qui en gère les fonds).

Bref, il est le grand responsable de la modernisation de l’économie québécoise. Grâce à lui, le Québec arriéré du début des années 1960 est devenu la quatrième province canadienne la plus riche quant au revenu par personne (retombé par la suite au neuvième rang canadien à l’issue de la décennie catastrophique du gouvernement libéral de Jean Charest).

La controverse

Pour Unity (un groupuscule radical anglo-québécois), le changement du nom du parc de Vimy n’est rien de moins qu’un affront aux soldats canadiens morts pour défendre nos droits et notre liberté au cours de la Grande Guerre (alors que ce n’étaient pas les enjeux de ce conflit).

D’autre part, selon ce groupuscule, le changement de nom honore ainsi un ‘traitre’ (un premier ministre indépendantiste) qui visait donc à briser l’unité canadienne.

C’est ainsi qu’une quinzaine de personnes ont manifesté hier soir devant l’hôtel de ville d’Outremont pour protester contre cette décision.

J’ai visité le parc de Vimy hier après-midi.

Aucune plaque commémorative n’y perpétue la mémoire de soldats d’Outremont morts à Vimy (s’il y en a eu).

Monument en l’honneur d’Alice Poznanska-Parizeau

Depuis 1996, un monument y rend hommage à la première épouse de M. Parizeau, l’écrivaine Alice Poznanska-Parizeau.

M. Parizeau a habité une trentaine d’années dans une propriété à proximité de ce parc. Son service funéraire fut célébré à l’église Saint-Germain-d’Outremont située tout près du parc.

Si ce gouvernement canadien abandonnait la nostalgie de son ancien statut colonial britannique et cessait de rendre hommage à nos conquérants, à leurs descendants, ou à des représentants canadiens de la monarchie britannique — ces derniers n’ayant jamais rien fait d’autre pour le Canada que de procéder à des premières pelletées de terre ou à couper des rubans — on ne serait pas rendu à compter sur des arrondissements montréalais pour rappeler des évènements historiques internationaux auxquels des soldats canadiens ont participé.

Références :
Bataille de la crête de Vimy
Crise de la conscription (1917)
Critics slam Montreal’s plan to rename Vimy Park after Jacques Parizeau
Jacques Parizeau
Jacques Parizeau chasse Vimy: les enjeux de «je me souviens»
Le parc De Vimy prendra le nom de Jacques Parizeau, maintient le maire Coderre
Quebec historian defends plan to change Vimy park name in honour of Jacques Parizeau

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectif M.Zuiko 12-40mm F/2,8
1re photo : 1/800 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 40 mm
2e  photo : 1/640 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 12 mm
3e  photo : 1/3200 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 22 mm
4e  photo : 1/1250 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 18 mm
5e  photo : 1/320 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 12 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


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