Le Sixième arrondissement de Paris

8 avril 2016

 

 
Sans parcourir un circuit précis, ce diaporama comprend cinq parties.

Le long de la Seine

La première partie présente le bord de Seine de l’arrondissement, de l’Institut de France à la place Saint-Michel.

À sa mort, survenue en 1661, le cardinal Mazarin lègue les sommes nécessaires à la construction d’un collège dit des Quatre-Nations, destiné à l’instruction gratuite de soixante gentilshommes des quatre territoires annexés par la France au XVIIe siècle à la suite de deux traités de paix.

Construit de 1662 à 1688 par Louis Le Veau (un des plus grands architectes sous Louis XIV), le bâtiment (à 0:06) abrite de nos jours différentes académies, dont l’Académie française.

Plus à l’ouest se trouve la Monnaie de Paris. Sa vocation est de frapper la monnaie française, d’exposer des réalisations dans son musée, et d’héberger diverses expositions d’art contemporain comme celle en cours au moment de ma visite (de 0:10 à 0:43).

Place Saint-Michel

Cette première partie se termine par la place Saint-Michel.

Celle-ci est née avec le percement du boulevard Saint-Michel en 1855.

Sa fontaine a été conçue par l’architecte Gabriel Davioud en 1860. Encadrée de deux dragons cracheurs d’eau (ce qui plus sécuritaire que le feu), la statue Saint Michel terrassant le Diable est l’œuvre de Francisque-Joseph Duret.

Entre la Seine et le boulevard Saint-Germain

Originellement, l’officine Buly (de 0:55 à 0:58) était celle du parfumeur Jean-Vincent Bully, fondée en 1805. Il servit d’inspiration à Balzac pour le personnage principal du roman César Birotteau.

Fermée depuis la ruine de son propriétaire à la suite de la mise à sac de son entreprise lors de la Révolution de Juillet (en 1830), la marque fut reprise à plusieurs occasions.

L’officine a refait surface en 2014 sous le nom de Buly (avec un seul ‘L’, plus acceptable en anglais), en s’inspirant du catalogue et des formules du parfumeur.

Palais des études de l’École supérieure nationale des Beaux-Arts

L’École supérieure nationale des Beaux-Arts (de 1:00 à 1:24) occupe divers bâtiments, dont l’ancienne église du couvent des Petits-Augustins (dont on peut apercevoir la façade entre les deux bustes de la photo à 1:00).

Le Café de Fore (à 1:30) et Les Deux Magots (à 1:32) sont deux célèbres lieux de rencontre d’artistes et d’intellectuels parisiens depuis la Première Guerre mondiale.

De 1:36 à 2:11, nous visitons l’église Saint-Germain-des-Prés. Pour certains, ce serait la plus vieille église de Paris, un titre contesté par Saint-Julien-le-Pauvre.

L’Église actuelle fut construite de 990 à 1021 mais fut très remaniée depuis.

Après avoir découvert qu’au Moyen-Âge, les murs extérieurs et intérieurs de beaucoup d’églises étaient peints, on décida de décorer la nef de fresques et d’ornements. Hippolyte Flandrin peignit les fresques de 1842 jusqu’à sa mort en 1864 tandis qu’Alexandre Denuelle s’occupa de l’ornementation polychrome des murs. Le style choisi par ces artistes est de leur invention.

À 1:43, la chaire en marbre, exécutée en 1827, est de l’architecte Antoine-Chrysostome Quatremère de Quincy.

À 1:54, il s’agit du cénotaphe de Jean II Casimir Vasa, roi de Pologne, qui a abdiqué en 1608 après vingt ans de règne afin de devenir abbé commendataire de Saint-Germain-des-Prés. Ses restes y reposèrent de son décès en 1672 jusqu’à ce qu’ils soient transférés à Cracovie quatre ans plus tard.

À 1:57, cette plaque de 1923 célèbre le tricentenaire de la naissance de François de Montmorency-Laval. Celui-ci fut ordonné évêque en 1658 dans cette église. Par la suite, il devint le premier évêque de Nouvelle-France, puis déclaré saint par le pape François en 2014.

L’orgue actuel, de syle néoclassique, a été construit au début des années 1970 par le facteur Haerpfer-Erman (à 2:06).

Murale en grès émaillé au square Félix-Desruelles

Dans le square Félix-Desruelles, adjacent à l’église, on trouve cette murale Art nouveau — conçue par l’architecte Charles Risler et le sculpteur Jules Coutan — qui ornait originellement le Pavillon des manufactures françaises à l’exposition universelle de 1900.

À 2:53, il s’agit du restaurant Procope, le plus ancien café de Paris. Il fut fondé en 1686 par un gentilhomme de Palerme nommé Francesco Procopio dei Coltelli. D’illustres personnes — De La Fontaine, Voltaire, Rousseau, Beaumarchais, Balzac, Hugo, Verlaine, Diderot, d’Alembert, Benjamin Franklin, Robespierre et Danton — fréquentèrent cet établissement.

À 2:57, le restaurant Le Clou de Paris est au rez-de-chaussée du premier immeuble parisien en béton armé, construit en 1893 par l’architecte lyonnais Édouard Arnaud.

Aux alentours de Saint-Sulpice

De 3:18 à 3:22, le bâtiment de l’actuelle mairie du 6e arrondissement a été construit de 1847 à 1849 par les architectes Rolland et Leviconte.

À 3:40, la monumentale Fontaine Saint-Sulpice est mieux connue sous le nom de Fontaine des cardinaux. Érigée de 1843 à 1848 par Louis Visconti, elle est ornée des statues de quatre orateurs célèbres sous Louis XIV qui font face (presque parfaitement) aux points cardinaux. Ces évêques n’ont toutefois jamais été nommés cardinaux.

Église Saint-Sulpice

De 3:42 à 4:18, nous visitons l’église Saint-Sulpice. Construite de 1645 à 1780 selon les plans de l’architecte Christophe Gamard, c’est la 2e plus vaste église de Paris, après Notre-Dame. À l’époque, la paroisse comptait 125 000 personnes.

La façade se compose de deux péristyles superposés, le deuxième formant une loggia surmontée aux extrémités de tours latérales qui devaient, au départ, être identiques. De plus, cette façade devait être complétée d’un fronton triangulaire dont la construction fut abandonnée.


Note : Pour consulter un guide illustré des termes techniques d’architecture religieuse, on cliquera sur ceci.

 
C’est une église en croix latine. La nef se compose d’abord d’un vaisseau central, de deux bas-côtés et de chapelles latérales.

Le transept est peu saillant; il est à peine plus large que le reste de l’église.

Puis suit le chœur, entouré d’un déambulatoire et de chapelles absidiales.

Les fenêtres sont hautes, essentiellement en verre blanc. En conséquence, cette église est assez bien éclairée, sauf pour ce qui est de la chapelle de la Vierge, située au fond de l’église.

Au Moyen-Âge, on estimait que la pénombre créée par les vitraux colorés était propice au recueillement des fidèles. Mais à la Contreréforme, plus précisément depuis le Concile de Trente en 1545, on voulait que les fidèles en prière puissent lire le missel.

Le style des vitraux de Saint-Sulpice — la plus importante collection de vitraux réalisés sous Louis XIV — se caractérise par l’utilisation du verre blanc, décoré d’une guirlande sur le pourtour et d’un médaillon au centre.

On trouve dans cette église plusieurs des chefs-d’œuvre de l’art religieux à Paris.

Sa chapelle axiale a été conçue par l’architecte Charles de Wailly dans les années 1770. L’Assomption de François Lemoyne décore sa coupole (à 3:50).

Le Combat de Jacob avec l’Ange, d’Eugène Delacroix

En entrant à droite, la première des chapelles latérales est la chapelle des Saint-Anges. Celle-ci est décorée de trois œuvres originales d’Eugène Delacroix (de 3:51 à 3:55), soit Le Combat de Jacob avec l’Ange (mur de gauche), Saint Michel terrassant le dragon (au plafond) et Héliodore chassé du Temple (mur de droite). L’artiste a mis six années, de 1855 à 1861, pour les créer.

Au plafond, il s’agit d’une toile marouflée. Toutefois les deux autres peintures ont été réalisées à l’huile et à la cire directement sur le mur. Conséquemment, il est impossible de les détacher de leur support.

De 3:57 à 4:00, il s’agit de la décoration de la chapelle Saint-Jean-Baptiste. Du côté gauche, on peut y voir la statue de Jean-Baptiste, en marbre, par Louis-Simon Boizot. À droite, c’est le monument funéraire du curé Languet de Cergy réalisé de 1756 à 1758 par René-Michel Slodtz.

En 1719, c’est ce curé énergique qui mettra sur pied la loterie qui permettra de relancer la construction de l’église, interrompue depuis presque quarante ans. En 1745, il reste encore la façade à compléter, mais au moins l’église n’est plus ouverte à tous les vents et en proie aux intempéries comme c’était le cas depuis des décennies.

De 4:02 à 4:06, on voit la décoration de la chapelle Saint-Denis. À 4:06, il s’agit de la peinture murale Saint Denis et ses compagnons conduits au supplice créée en 1859 par Félix Jobbé-Duval.

C’est dans la chapelle Saint-Vincent-de-Paul qu’on trouve Saint Vincent de Paul assis tenant des petits enfants (à 4:08), une statue d’Émilien Cabuchet réalisée en 1856.

Chaire de l’église

Plutôt que d’être adossé à une colonne, la chaire néoclassique créée en 1788 par Charles de Wailly semble suspendue dans l’espace. En réalité, elle s’appuie sur ses escaliers. Sa forme triangulaire est une allusion à la Sainte Trinité.

Aux trois coins de ce monument, on trouve la représentation dorée des trois vertus théologales; la Foi (à gauche, sculptée par Louis-François Guesdon), la Charité (sur l’abat-voix, de Jacques-Edme Dumont), et l’Espérence (à droite, de Louis-François Guesdon).

L’orgue de Saint-Sulpice est de renommée internationale. Il fut construit par Cliquot en 1781 et amélioré par Aristide Cavaillé-Coll de 1857 à 1861. Son buffet fut dessiné en 1781 par Jean-François Chalgrin.

À 4:56, on voit Le Centaure, une sculpture de 1985 par l’artiste français modestement appelé César.

Aux alentours du Jardin du Luxembourg

Jardins du Luxembourg

Après une promenade sur le boulevard Saint-Germain, nous apercevons à 5:29 l’entrée du Palais du Luxembourg (où siège le Sénat français).

À sa droite, sur la rue de Vaugirard, on trouve (de 3:30 à 3:33) l’entrée de l’ancienne chapelle du Couvent des filles du Calvaire, construite en 1625.

À 5:36, il s’agit de la Fontaine de Médicis, créée vers 1630 par l’ingénieur florentin Tommaso Francini à la demande de la régente Marie de Médicis (veuve d’Henri IV).

Le centre du monument est décoré d’un groupe de trois personnages mythologiques sculptés par Auguste Ottin en 1866.

Il s’agit de Polyphème surprenant Galatée dans les bras d’Acis. Au centre, en se penchant, le cyclope Polyphème (en bronze) découvre Galatée (dont il est amoureux) dans les bras d’Acis. Les amants sont en marbre blanc. De nuit, cette sculpture est féérique.

De chaque côté, le dieu Pan et la déesse Diane sont témoins de la scène dans leurs niches respectives.

De 5:45 à 6:08, on voit Le Marchand de Masques de Zacharie Astruc, créé en 1883.

Il présente à sa base des effigies de dix artistes français : Jean-Baptiste Camille Corot, Jules Barbey d’Aurevilly, Alexandre Dumas fils, Hector Berlioz, Jean-Batiste Carpeaux, Gabriel Fauré, Eugène Delacroix, et Honoré de Balzac. Au bout du bras gauche, le garçon dresse celui de Victor Hugo. À l’origine, trois autres masques étaient suspendus à son bras droit : Léon Gambetta (un homme politique), Charles Gounod et Théodore de Banville.

À 6:18, il s’agit de la Fontaine des Quatre-Parties-du-Monde, de Gabriel Davioud, construite de 1867 à 1874.

Un peu plus au sud, à la limite des 5e et 6e arrondissements, on trouve (à 6:25) un monument renfermant les cendres de l’explorateur Francis Garnier. Ce monument, orné de son buste, est dû au sculpteur Denys Puech.

En remontant l’avenue de l’Observatoire, on rencontre successivement l’Institut d’Art et d’Archéologie (et sa superbe frise en terre cuite, de 6:26 à 6:29), la Faculté de pharmacie (de 6:30 à 6:33), et l’École nationale d’administration (à 6:35).

En retraversant les Jardins du Luxembourg à l’Est, on arrive au Musée du Luxembourg (à 6:49).

En prenant la rue Vaugirard vers l’ouest, on rencontre l’église Saint-Joseph-des-Carmes (de 6:56 à 7:24).

Le sud-ouest du sixième arrondissement

Détail de la façade de l’église Notre-Dame-des-Champs

C’est dans cette partie du 6e qu’on rencontre l’église néoromane Notre-Dame-des-Champs (de 7:35 à 7:54). Œuvre de l’architecte parisien Léon Ginain, elle fut érigée de 1867 à 1878.

La nef se compose d’un vaisseau central flanqué de bas-côtés, sans chapelles latérales.

À 7:38, le tympan du portail central est décoré du bas-relief La Vierge et l’Enfant Jésus de Gabriel-Jules Thomas. La Vierge assise nous présente Jésus pendant que des enfants leur offrent des produits des champs, plus précisément du blé (à gauche) et des raisins (à droite), une allusion aux Saintes Espèces.

À la croisée du transept, un autel de messe a été érigé. Au-dessus de lui, une croix moderne (due au père Jacques Mérienne et exécutée par l’artiste Joël You) est suspendue sur une plaque transparente (à 7:40).

Au fond de l’église, le voute de la chapelle de la Vierge est décorée d’une grande composition de Joseph Aubert intitulée Le Triomphe universel de Marie (à 7:42).

Son chemin de croix est constitué de quatorze grisailles de style limousin sur fond de cuivre émaillé, créées vers 1878 par l’artiste Frédéric de Courcy. Chaque station est encadrée d’ornements gravés dans la pierre et dorés (à 7:44).

Sous les hautes fenêtres claires du vaisseau central, vingt-deux toiles marouflées illustrent la vie de la Vierge (à 7:46). Elles furent peintes entre 1891 et 1907 par Joseph Aubert.

Le peintre s’est efforcé de renouveler le sujet à la suite de ses voyages en Égypte et en Palestine. Contrairement à la Vierge triomphante représentée sur la voute de la chapelle qui lui est consacrée, la Vierge des toiles de la nef la représente comme une femme ordinaire de Galilée, revêtue d’une robe brodée à la poitrine, portant une ceinture en tissus, un voile et un bandeau, caractéristiques des femmes de Bethléem à la fin du XIXe siècle.

Peint par Félix-Henri Giacomotti, Le repos de la Sainte Famille décore la chapelle Saint-Joseph située dans le transept de gauche (à 7:48).

Le repos de la Sainte Famille, de Félix-Henri Giacomotti

Cette œuvre possède la particularité étonnante de montrer saint Joseph langeant l’Enfant Jésus. Père et Fils sont entourés de Marie et de quatre archanges. Ces dernières sont soit émerveillées par la beauté de l’Enfant-Jésus ou admiratives de l’implication de saint Joseph dans le partage des tâches domestiques (selon la lecture plus ou moins moderne qu’on fait de cette œuvre).

Saint Denis élève à la Sainte Vierge son plus ancien autel au lieu qui s’appellera Notre-Dames-des-Champs est le titre bavard d’un des deux vitraux qui décorent la chapelle de la Vierge (à 7:50).

L’orgue de 1877 est de Cavaillé-Coll. Il fut restauré Schwenkedel en 1973 et Fosseart en 2004.


Détails techniques : Le diaporama contient 217 photos et trois clips vidéo. Deux de ces photos sont à l’infrarouge (à l’aide d’un appareil Lumix GH1 doté d’un objectif Lumix 14-45 mm II). Tout le reste a été fait à l’Olympus OM-D e-m5.

En ordre décroissant d’utilisation, les objectifs furent le M.Zuiko 12-40 mm F/2,8 (180 photos), le PanLeica 25 mm F/1,4 (14 photos), le M.Zuiko 7-14 mm F/2,8 (14 photos), le M.Zuiko 75 mm F/1,8 (3 photos) et l’hypergone M.Zuiko 8 mm F/1,8 (2 photos).


Voir aussi : Liste des diaporamas de Paris

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Écrit par Jean-Pierre Martel


L’empoisonnement chronique à l’arsenic au Bangladesh

6 avril 2016
Minerai de sulfure d’arsenic

Il y a des millions d’années, lorsque le globe terrestre s’est solidifié, sa composition n’était pas homogène. Voilà pourquoi de nos jours on exploite des gisements à des endroits précis et pas ailleurs.

L’Himalaya est une chaine de montagnes qui s’étire sur 2 400 km de long. L’érosion de sa roche libère de l’arsenic qui contamine les nappes phréatiques de certaines régions de l’Inde, de la Chine, du Vietnam et du Cambodge.

C’est ainsi que vingt-millions de personnes au Bangladesh — sur les 164 millions que compte le pays — boivent quotidiennement de l’eau contaminée à des concentrations excessives d’arsenic. Selon l’Organisation mondiale de la santé, c’est le plus grand empoisonnement de masse de l’histoire de l’Humanité.

Les normes internationales exigent des taux d’arsenic inférieurs à dix parties par milliard (un milligramme d’arsenic dans mille litres d’eau). C’est le cas en Occident. Dans beaucoup de pays en développement — dont le Bangladesh — la norme utilisée est cinq fois plus élevée.

Environ 1,4 million de puits (le sixième de tout le pays) dépassent cette norme, déjà moins exigeante. 43 000 citoyens sont atteints de lésions cutanées typiques d’arsenicose. Ces lésions douloureuses s’infectent facilement et peuvent conduire à la gangrène.

En tant que perturbateur endocrinien, l’arsenic favorise l’apparition de cancers de la peau, des poumons, de la vésicule biliaire et des reins. Lorsqu’on décède d’un empoisonnement chronique à l’arsenic, c’est habituellement par le biais du cancer du poumon.

Au Bangladesh, beaucoup de personnes croient à tort que les lésions cutanées de l’arsenicose sont contagieuses. Par conséquent, des parents interdisent à leurs enfants de jouer avec leurs petits amis atteints. Dans ce pays, l’aspect disgracieux de ces lésions, lorsqu’elles atteignent le visage, est un handicap au mariage.

Dans ce pays à 90% musulman, l’âge minimal du mariage est très bas. Conséquemment beaucoup de fillettes sont mariées avant l’apparition des symptômes. Lorsque ceux-ci apparaissent, cela conduit à leur répudiation, les condamnant à la plus grande pauvreté.

Jusque dans les années 1980, la plupart des Bengladais tiraient leur eau potable de cours d’eau et de puits artésiens. Afin d’enrayer le choléra et la dysenterie endémique des villages, l’ONU et des ONG internationales ont encouragé les villageois à creuser des puits plus profonds (à environ 50 m) d’où on pouvait puiser une eau dépourvue de pathogènes.

Malheureusement, le roc qu’on creusait ainsi était souvent riche en arsenic.

C’est une décennie plus tard, à l’apparition des premiers cas d’empoisonnement à l’arsenic, qu’on s’est rendu compte de cette erreur.

D’un côté, on avait corrigé un problème infectieux aigu, responsable de milliers de morts annuellement. Mais de l’autre, on l’avait remplacé par un problème chronique, moins mortel, mais qui affecte des millions de personnes.

Depuis l’UNICEF et diverses ONG travaillent dans la mesure de leurs moyens à améliorer la qualité de vie des villageois.

On s’est rendu compte que dans 80,9% des villages, la contamination affecte moins de 40% des puits. D’où l’idée d’identifier les puits ‘sains’ et de condamner les autres.

Là où cela n’est pas possible, on distribue des filtres commerciaux. Cette mesure efficace a l’inconvénient de créer une dépendance perpétuelle à des produits généralement importés.

Dans un petit nombre de cas, on recueille l’eau de pluie ou on fait passer l’eau au travers d’épaisses couches de sable fin et de matériaux locaux adsorbants.

Références :
Arsenic Mitigation in Bangladesh
Millions of people in Bangladesh still drinking arsenic-laced water

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectif M.Zuiko 60 mm Macro F/2,8 — 1/125 sec. — F/10,0 — ISO 1250 — 60 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


L’Eumaeus minyas

5 avril 2016

Introduction

Surnommé Mignon minyas, ce magnifique petit papillon habite le Pérou, la Bolivie et l’ouest du Brésil.

Il se caractérise par ses pattes courtes, ses petites antennes et ses ailes noires très arrondies. Une frange de courts poils blancs borde le côté extérieur des ailes.

Sa démarche est lente et il n’ouvre les ailes que pour voler et parfois lorsqu’il mange.

La face dorsale des ailes

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Sur leur face dorsale, les ailes antérieures sont noires, décorées d’un ruissèlement d’écailles azur entre leurs nervures. Ces écailles azur décorent parfois la zone noire au dos de l’abdomen.

Les ailes postérieures sont elles aussi noires. Près de leur bord, elles alignent des taches cyan en forme de trapèze.

La face ventrale des ailes

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Sur leur face ventrale, les ailes antérieures sont essentiellement noires.

Les ailes postérieures sont décorées de deux séries de taches plutôt rondes et, près du bord extérieur de l’aile, alignent une série de triangles étroits de ce même cyan clair.

Les ailes postérieures portent une tache rouge orangé près de l’abdomen qui lui, est noir et brun (ou orangé).

Biologie

Les œufs éclosent en onze jours. La chenille vit 16 jours et sa chrysalide, 19.

Sa chenille se nourrit de plantes de l’ordre des cycadales (Zamia loddigesii, Z. furfuracea, Z. skinnery et Z. loddigesii). Ces plantes ont en commun qu’elles contiennent une phytotoxine appelée cycasine.

Cette substance confère à la chenille un gout très désagréable, ce qui la protège des prédateurs. Ce gout (et cette protection) est transféré au papillon et à ses œufs.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectifs M.Zuiko 60 mm Macro F/2,8 (4e photo), M.Zuiko 40-150 mm F/2,8 + multiplicateur de focale M.Zuiko MC-14 (les autres photos)
1re photo : 1/250 sec. — F/4,0 — ISO 1250 — 200 mm
2e  photo : 1/250 sec. — F/7,1 — ISO 1600 — 210 mm
3e  photo : 1/320 sec. — F/5,6 — ISO 800 — 210 mm
4e  photo : 1/320 sec. — F/7,1 — ISO 1250 — 210 mm
5e  photo : 1/125 sec. — F/5,6 — ISO 600 — 60 mm


Pour consulter les textes de ce blogue consacrés aux papillons, veuillez cliquer sur ceci

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Écrit par Jean-Pierre Martel


L’église Saint-Joseph-des-Carmes

3 avril 2016

Préambule

En 1607, Marguerite de Valois, épouse répudiée d’Henri IV, fait débuter à Paris la construction d’un palais auquel une chapelle hexagonale fut ajoutée l’année suivante. Celle-ci était surmontée d’un dôme à lanterne.

Après la destruction de ce palais, survenue quelques années plus tard, il ne subsista que ce lieu de prière, appelé chapelle des Louanges.

En 1617, on l’incorpora à l’église du couvent des Petits-Augustins qu’on construisait de manière contigüe. Si bien que celle-ci devint une chapelle latérale faisant partie de la nouvelle église, dont elle était une structure en saillie.

Abandonnée depuis, l’église de ce couvent fait partie aujourd’hui des bâtiments de l’École nationale supérieure des Beaux-Arts.

Pour certains, cette chapelle palatiale est le premier lieu de prière surmonté d’un dôme à Paris.

Cela est exact. Mais cela n’en fait pas de l’ancienne l’église du couvent des Petits-Augustins, la première une église à dôme tel qu’on l’entend aujourd’hui; ce mérite revient à l’église Saint-Joseph-des-Carmes.

Construction de Saint-Joseph-des-Carmes

Dôme à lanterne de l’église, vu de la Tour Montparnasse

Le 7 juillet 1613, le jour de la Saint-Élie, Marie de Médicis — deuxième épouse d’Henri IV et régente du royaume depuis l’assassinat de celui-ci en 1610 — pose la première pierre de l’église Saint-Joseph-des-Carmes. Il s’agissait d’un édifice en forme de croix latine surmontée d’un dôme.

Les Carmes dont il est question sont des religieux dont l’Ordre fut fondé à la fin du XIIe siècle par des ermites sur le mont Carmel, en Palestine. Officiellement, leur patron est le prophète Élie. Mais ils vouent un culte particulier à saint Joseph.

Au XVIe siècle, cet Ordre contemplatif donnera naissance à une communauté encore plus rigoureuse appelée Ordre des Carmes déchaux (ou déchaussés, c’est-à-dire sans chaussettes), dont les membres marchaient donc pieds nus dans leurs sandales.

La première messe de leur nouvelle église fut célébrée en 1620, le jour de la fête de la Saint-Joseph. C’était la première église parisienne qui lui était dédiée, et la seconde en France.

L’obéissance des religieux leur fit accepter le contraste saisissant entre la vie de pauvreté voulue par la règle du Carmel et la magnificence de l’église que la régente leur offrit.

Présentation de l’église

Façade de l’église

La façade de style baroque romain est relativement austère. À l’origine, les murs extérieurs du bâtiment étaient enduits de plusieurs couches de chaux de Senlis. Poli à la brosse, ce revêtement brillant portait le nom de Blanc des Carmes.

Les niches de la façade hébergent quatre statues. Tout en haut, la Vierge et l’enfant. En bas, juste au-dessus de l’entrée, saint Joseph (auquel l’église est consacrée). Entre les deux, à gauche, sainte Thérèse d’Avila (réformatrice de l’Ordre du Carmel) et à droite, un évêque barbu dont de je n’ai pas trouvé l’identité.


Note : Pour consulter un guide illustré des termes techniques d’architecture religieuse, on cliquera sur ceci.

 

Nef de l’église

La nef est composée d’un vaisseau central dépourvu de bas-côtés. Avant le transept, les murs latéraux de la nef sont percés de quatre grandes ouvertures qui donnent accès à autant de chapelles latérales richement décorées.

Chœur de l’église

La partie inférieure du maitre autel est ornée d’un bas-relief en marbre attribué à Évrard d’Orléans (mort en 1357). Il représente la Cène, en marbre blanc (sauf le calice du Christ, les mains et les visages des personnages, qui sont bruns). Ce bas-relief provient de l’église abbatiale cistercienne de Maubuisson (dans le département de Val-d’Oise).

La porte du tabernacle est décorée d’un agneau couché. Ce tabernacle est surmonté d’un crucifix placé à l’entrée d’un arc de triomphe supportant un dôme à la surface duquel alternent des gerbes de blé et des grappes de raisins (une allusion aux saintes espèces).

Devant l’autel baroque se trouve un autel de messe moderne dessiné par Philippe Kaeppelin.

En 1624, Anne d’Autriche, épouse de Louis-XIII, offrit le tableau La Présentation de Jésus au temple de Quentin Varin (vers 1570-1634) que l’on peut voir au-dessus de l’autel. Ce peintre maniériste fut le maitre de Nicolas Poussin.

Originellement, cette toile était encadrée très simplement. Mais dès la réception de ce don, Pierre Séguier, protecteur des carmes (et qui deviendra chancelier de France l’année suivante) passe une commande au sculpteur Simon Guillain (1581-1658) en vue de la création d’un retable — en forme de frontispice comportant quatre colonnes corinthiennes en marbre noir — destiné à servir d’écrin à la toile de Quentin Varin.

Confisqué à la Révolution, puis récupéré au XIXe siècle, c’est un des rares retables du XVIIe siècle encore à son emplacement d’origine.

Tambour de la coupole et deux pendentifs

Située à la croisée du transept, la coupole a été peinte en 1663 par le Liégois Walthère Damery (1614-1678). Elle représente le monde céleste au moment de l’enlèvement du prophète Élie dans un char de feu. C’est un des premiers exemples de coupole en trompe-l’œil conservée à Paris.

Représenté également en trompe-l’œil sur le tambour qui supporte cette coupole, le monde terrestre observe la scène avec stupéfaction. Élisée, disciple du prophète, attrape au vol le manteau blanc qu’Élie aurait laissé tomber au cours de son ascension. Ce serait à l’exemple du prophète que les carmes portent depuis une cape blanche à capuchon.

Coupole, tambour et les quatre pendentifs

Également de Walthère Damery, les quatre pendentifs que l’on peut voir sur la photo ci-dessus représentent successivement Saint Jean de la Croix (à 1h, fondateur de l’Ordre des Carmes déchaux), Sainte Thérèse touchée par l’Amour Divin (à 4h, il s’agit de la réformatrice de l’Ordre), Saint Simon Stock recevant le scapulaire par la Vierge (à 7h, c’est un des premiers généraux de l’Ordre) et La Vision de sainte Thérèse (à 11h).

Chapelle du bras gauche du transept

Logée dans le bras gauche du transept, la chapelle de la Vierge fut aménagée en 1663. Ses éléments — dont la superbe Vierge et l’Enfant-Jésus en marbre blanc — ont été sculptés par Antonio Raggi (1624-1686), un élève du Bernin, d’après (dit-on) les dessins de son maitre.

Cette photo nous laisse également entrevoir le riche pavement de l’église, refait en marbre polychrome en 1711.

Vitrail du transept de gauche

Le vitrail situé dans le haut du bras gauche du transept date de 1863. Il a été créé par Claudius Vavergne (1815-1887). Il s’intitule La Vierge donnant le Rosaire à saint Dominique.

Chapelle Saint-Jacques

Une des deux chapelles latérales à gauche est la chapelle Saint-Jacques. Elle rend hommage à saint Jacques le Majeur, à saint Louis et à saint Dominique.

Restaurée en 2013, cette chapelle fut commanditée en 1635 par Jacques d’Estampes, seigneur de Valencay, qui la dédia à son saint patron, à celui de sa femme Louise de Joigny et à celui de son fils Dominique.

Elle fut décorée par l’Anversois Abraham Van Diepenbeeck (1596-1675), un élève de Rubens.

Quelques années plus tôt, Rubens, aidé d’une multitude de ses élèves, avait créé le vaste Cycle de Marie de Médicis, aujourd’hui au Louvre, mais qui décoraient originellement deux ailes du Palais du Luxembourg.

Ces toiles avaient été peintes en Flandre, dans l’atelier de Rubens.

La décoration ici de la chapelle Saint-Jacques a été créée sur place et constitue donc le plus grand ensemble mural réalisé en France par un Flamand.

Chapelle des Bienheureux-Martyrs-des-Carmes

En face se trouve la chapelle des Bienheureux-Martyrs-des-Carmes.

À l’origine, cette chapelle célébrait le couronnement de la Vierge. De sa décoration baroque initiale, seule la voute subsiste. Elle fut créée vers 1640 par le peintre lorrain Claude Déruet (~1588-1660).

Cette chapelle rend maintenant hommage aux 115 carmes déchaux qui furent massacrés le 2 septembre 1792 dans le jardin adjacent à l’église. Créé au premier tiers du XXe siècle, le reste de la décoration (assez sobre en raison du sujet) est constitué de marbre polychrome et de lambris en bois de couleur taupe, rehaussés de dorure.

La toile au-dessus de l’autel est intitulée La Vierge apparait aux religieux massacrés en septembre 1792, peinte vers 1926-1929 par l’abbé Paul Buffet dans le style pictural nabi.

Orgue

Au-dessus de la sortie, l’orgue repose sur une tribune relativement sobre. L’instrument a été créé en 1902 par le facteur Didier, puis fut profondément modifié en 1971 par la manufacture Beuchet-Debierre. Une deuxième restauration en 1992 fut effectuée par le facteur vosgien Bernard Dargassies.

Cet orgue bloque la lumière qui pénétrait originellement par la façade, orientée vers le sud. Cette orientation était responsable de l’éblouissement de la nef par temps ensoleillé.

Cette clarté intérieure répondait alors à la brillance du revêtement de Blanc des Carmes de la façade, et à la blancheur de la cape des carmes déchaux.

Méconnue de nombreux visiteurs et même de citoyens de Paris, l’église Saint-Joseph-des-Carmes est un lieu de culte de dimension modeste mais qui mérite d’être visité en raison de sa décoration superbe. Au cours de mon voyage à Paris en 2015, j’y ai assisté à la messe en semaine, et cette expérience m’a beaucoup plu.

Détails techniques : Appareil Olympus OM-D e-m5, hypergone M.Zuiko 8 mm F/1,8 (9e et 10e photos) et objectifs M.Zuiko 7-14 mm F/2,8 (2e, 7e et 11e photos), M.Zuiko 12-40 mm F/2,8 (3e et 6e photos), PanLeica 25 mm F/1,4 (4e et 5e photos), et M.Zuiko 75 mm F/1,8 (1re et 8e photos)
  1re photo : 1/4000 sec. — F/1,8 — ISO 100 — 75 mm
  2e  photo : 1/800 sec. — F/2,8 — ISO 800 — 7 mm
  3e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 2500 — 12 mm
  4e  photo : 1/60 sec. — F/1,8 — ISO 2000 — 25 mm
  5e  photo : 1/60 sec. — F/1,8 — ISO 400 — 25 mm
  6e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 800 — 12 mm
  7e  photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 1000 — 13 mm
  8e  photo : 1/400 sec. — F/1,8 — ISO 200 — 75 mm
  9e  photo : 1/80 sec. — F/1,8 — ISO 1600 — 8 mm
10e  photo : 1/60 sec. — F/1,8 — ISO 800 — 8 mm
11e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 2000 — 14 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


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