La Nuit blanche du festival Montréal en lumière 2016

28 février 2016
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Depuis le 18 février et jusqu’au 5 mars 2016 se tient la 17e édition du festival Montréal en lumière. Il s’agit du plus important festival d’hiver de la métropole.

L’évènement le plus populaire est sa Nuit blanche.

Hier soir, jusqu’à trois heures du matin, les principaux musées de la ville étaient ouverts gratuitement. Plus de 200 activités — concerts, danse, expositions, jeux — se déroulaient dans divers endroits reliés par des circuits que reliaient gratuitement des autobus. Bref, une joie festive s’est emparée de la ville.

Sur la photo ci-dessus, on peut voir en bas à droite une glissade en traineau. À gauche, des comptoirs alimentaires. En haut, à droite, la plus petite des deux scènes extérieures (l’autre est sur la Place des Festivals). Et en haut à droite, la Grande roue dite de Chine puisque cette année, la ville chinoise de Shenzhen est à l’honneur.

À peine visible sur la photo, un festivalier survole la foule à vive allure en tyrolienne.

Dôme Hello Kongzi

Dans ce pavillon, les visiteurs sont invités à créer un spectacle d’ombres chinoises.

Le Monde Hello Kongzi

Sur des marches menant à la Place des Festivals, des dizaines de Kongzi (mascottes de la ville de Shenzhen) forment une installation.

Braséro

À plusieurs endroits sur le site du festival, des visiteurs font griller de la guimauve ou des saucisses enrobées de pâte frite au-dessus de braséros. D’autres festivaliers s’y réchauffent les mains.

Tire d’érable

Une fois durcie sur de la neige, on fait adhérer la tire sur un bâtonnet qu’on fait pivoter sur lui-même pour l’enrouler de cette friandise.

Surf hivernal
Sculpture sur glace
Totem de glace

Quelques divertissements.

Espace dédié au dessein

J’ai profité de la soirée pour jeter un coup d’œil dans différents musées. Le premier fut le musée d’Art contemporain (MAC). Au rez-de-chaussée, des crayons de cire et des pinceaux sont à la disposition des enfants.

Installation vidéo de Ragnar Kjartansson

À l’étage, plusieurs salles sont consacrées à une exposition temporaire de l’artiste islandais Ragnar Kjartansson.

L’œil et l’esprit

L’artiste québécoise Geneviève Cadieux a choisi quelques pièces de la collection permanente du musée pour en créer un aperçu.

Acquisitions récentes du MAC
File d’attente au musée Redpath

Le musée Redpath est un musée d’histoire naturelle inconnu de la grande majorité des Montréalais. J’ai voulu m’y rendre hier soir non seulement parce qu’il était gratuit mais surtout parce j’étais curieux de voir ce qu’avaient l’air ses squelettes sous un éclairage nocturne.

J’ai renoncé à cette idée devant la soudaine popularité du musée devant lequel une file d’attente s’étirait sur 0,2 km.

Je me suis donc dirigé vers le musée McCord, situé tout près.

Buée à l’entrée du musée McCord

À demeurer trop longtemps au froid, qu’arrive-t-il au matériel photographique dès qu’on pénètre dans un lieu chaud et humide ? Il se couvre de buée.

Pour les professionnels, la photo ci-dessus est ratée. Moi j’aime bien.

Chemise brodée nêhithawak ou métisse (1875-1900)

Au rez-de-chaussée, le musée présente l’exposition Porter son identité — La collection Premiers peuples., créée à partir d’items de sa collection permanente.

En plus, le musée présente plusieurs expositions temporaires qui se déroulent concurremment.

Montréal dans l’œil de Vittorio

Vittorio Fiorucci est un des trois plus importants graphistes de l’histoire du Québec. Le musée lui consacre présentement une rétrospective majeure.

Le Cirque de monsieur Lapin

Le Cirque de monsieur Lapin est une exposition temporaire de jouets.

Montréal – Points de vue

À partir de sa collection permanente, le musée présente Montréal – Points de vue. On y présente des objets tirés du quotidien des Montréalais depuis la fondation de la ville.

Ici naquit Montréal

Dernier lieu visité, le musée d’archéologie et d’histoire de Montréal dont la collection permanente était accessible gratuitement lors de cette Nuit blanche.

Voilà donc quelques-unes des activités qui étaient au programme de cette Nuit blanche. Une partie d’entre elles se poursuivent encore jusqu’à la fin de Montréal en lumière, le 5 mars 2016.

Pour terminer, voici une courte vidéo qui done une idée de l’atmosphère qui régnait au cours de la Nuit blanche.
 

Cliquez pour démarrer

 
Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, hypergone M.Zuiko 8 mm F/1,8 (9e, 10e, 11e et 12e photos), objectifs PanLeica 25 mm F/1,4 (2e, 4e, 5e, 8e et 15e photos), M.Zuiko 7-14 mm F/2,8 (1re, 16e, 17e, 18e et 19e photos) et M.Zuiko 12-40 mm F/2,8 (les autres photos)
 1re photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 1000 — 14 mm
 2e  photo : 1/60 sec. — F/1,4 — ISO 500 — 25 mm
 3e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 1000 — 16 mm
 4e  photo : 1/80 sec. — F/1,4 — ISO 2000 — 25 mm
 5e  photo : 1/100 sec. — F/1,4 — ISO 200 — 25 mm
 6e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 800 — 13 mm
 7e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 1000 — 19 mm
 8e  photo : 1/60 sec. — F/1,4 — ISO 320 — 25 mm
 9e  photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 1600 — 8 mm
10e photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 2500 — 8 mm
11e photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 1600 — 8 mm
12e photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 1600 — 8 mm
13e photo : 1/40 sec. — F/2,8 — ISO 6400 — 12 mm
14e photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 5000 — 16 mm
15e photo : 1/80 sec. — F/1,4 — ISO 1250 — 25 mm
16e photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 5000 — 7 mm
17e photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 3200 — 12 mm
18e photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 4000 — 7 mm
19e photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 800 — 7 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


La Gloxinia perennis

25 février 2016
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Le genre botanique Gloxinia a été nommé ainsi en l’honneur de Benjamin-Peter Gloxin, un médecin et botaniste allemand qui vécut de 1765 à 1795.

Appelée en anglais Canterbury Bells (ce qui signifie Cloches de Canterbury), la Gloxinia perennis est une plante vivace qui préfère les habitats humides et ombragés d’Amérique latine.

De part et d’autre d’une longue tige de 60 à 120 cm, les fleurs en cloche de cette plante rhizomateuse se développent dans des teintes délicates de pourpre pâle à violet ou lavande.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectif M.Zuiko 40-150mm Pro — 1/320 sec. — F/5,6 — ISO 1250 — 150 mm


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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le Porte-queue geai

24 février 2016
Face dorsale du papillon mâle
Face dorsale du papillon femelle
En majesté
De près

Également surnommé Voilier vert, le Porte-queue geai (ou Graphium agamemnon) est originaire du Sud-est asiatique et d’Océanie.

D’une envergure de 8 à 9 cm, ses ailes sont noires sur leur face dorsale et brunes sur leur face ventrale et, dans les deux cas, ornées de séries de taches vert pomme dont la taille diminue de la base de l’aile vers l’apex.

Le bord externe des ailes antérieures est concave (c’est-à-dire en creux), tandis que le bord des ailes postérieures est convexe et ondulé. Et parce les ailes antérieures sont allongées, cela donne au papillon la forme d’un triangle obtusangle renversé.

Face ventrale des ailes du mâle
Face ventrale des ailes de la femelle

On distingue les sexes par la queue des ailes postérieures du papillon, plus longue chez le mâle que chez la femelle.

Actif par temps clair, il habite les forêts soumises à de fortes précipitations.

On le trouve également dans les jardins parce que certaines des plantes-hôtes de ses chenilles sont utilisées comme plantes ornementales ou pour atténuer la pollution sonore.

Le papillon ne se nourrit que de nectar. Conséquemment son espérance de vie adulte est courte, de l’ordre d’une semaine.

De la ponte à l’éclosion, il s’écoule deux semaines.

Chenille du Porte-queue geai

Le premier repas de la nouveau-née est la coquille de son œuf. Peu capricieuse, la chenille peut se nourrir de nombreuses plantes-hôtes.

Afin de se protéger des prédateurs, elle est munie d’un organe qui émet des composés malodorants qui éloignent les mouches et les guêpes parasitoïdes.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectifs M.Zuiko 40-150 mm F/2,8 (5e photo) avec le multiplicateur de focale MC-14 (1re photo), Lumix 30 mm Macro F/2,8 (6e photo) et M.Zuiko 60 mm Macro F/2,8 (les autres photos)
1re photo : 1/250 sec. — F/4,0 — ISO 320 — 180 mm
2e  photo : 1/160 sec. — F/5,6 — ISO 200 — 60 mm
3e  photo : 1/125 sec. — F/5,6 — ISO 400 — 60 mm
4e  photo : 1/160 sec. — F/5,6 — ISO 800 — 60 mm
5e  photo : 1/250 sec. — F/2,8 — ISO 250 — 150 mm
6e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 30 mm
7e  photo : 1/125 sec. — F/5,6 — ISO 400 — 60 mm

Note : La deuxième photo ci-dessus s’est méritée une 8e place (sur 90 entrées) au concours intitulé « Bokeh isolation », organisé par la revue électronique DPReview.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le papillon Sapho

22 février 2016

Le papillon Sapho (Heliconius sapho) habite la canopée de la forêt tropicale entre le Mexique et l’Équateur.

Il tire son nom d’une poétesse qui vécut dans l’Antiquité sur l’ile grecque de Lesbos.

D’une envergure de 8 cm, ce papillon possède des ailes antérieures relativement allongées, de grands yeux, de longues antennes, et quatre hautes pattes (les deux pattes antérieures étant atrophiées).

Face dorsale du papillon

Sur la face dorsale des ailes, la partie interne est bleu ardoise métallique. Séparé par une large bande blanche irrégulière, l’apex est noir.

Face ventrale des ailes

La face ventrale des ailes est également caractérisée par cette même bande blanche sauf que le reste est noir, à l’exception d’un groupe de taches rouge vif près du corps.

Sa chenille se nourrit de passiflore, ce qui la rend indigeste et la protège des prédateurs. Toutefois, de son côté, la passiflore développe des doses croissantes de toxines afin de se protéger des chenilles.

L’immunité du Sapho à la toxicité de la passiflore est limitée; lorsque les feuilles sont matures, les feuilles sont trop toxiques pour la chenille du papillon. Cette dernière se nourrit donc exclusivement de jeunes pousses.

Et comme la passiflore ne produit pas de jeunes pousses à longueur d’année, le Sapho doit coordonner sa période larvaire à la croissance de la passiflore.

Il passe de longs mois sans pondre, se nourrissant de pollen (ce qui prolonge son espérance de vie) en attendant l’apparition de bourgeons pour y déposer ses œufs (de 10 à 40 œufs par ponte).

Et quand les feuilles de passiflore atteignent leur maturité et sont devenues trop toxiques, la chenille forme sa chrysalide puis se transforme en papillon.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectif M.Zuiko 40-150mm F/2,8
1re photo : 1/250 sec. — F/2,8 — ISO 250 — 150 mm
2e  photo : 1/250 sec. — F/2,8 — ISO 400 — 150 mm


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Écrit par Jean-Pierre Martel


Papillons du jour

21 février 2016
Grand Mormon femelle
Voilier mormon mâle

Vendredi dernier, j’ai effectué ma première visite cette année à Papillons en liberté.

À cette occasion, j’ai apporté un zoom puissant dont je ne m’étais jamais servi au Jardin botanique.

Celui-ci ne permet pas de s’approcher des papillons, ce qui limite les angles de la prise de vue.

Cela avait peu d’importance puisqu’en début d’exposition, il y a moins de fleurs et conséquemment, mois de possibilité de photographier les papillons sous tous les angles.

Sur la centaine de photos prises à cette occasion, les deux ci-dessous étaient de loin les meilleures.

Note : Pour plus de détail au sujet d’un de ces papillons, veuillez cliquer sur son nom, sous l’image.

Détails techniques : Appareil Olympus OM-D e-m5, objectif M.Zuiko 40-150mm F/2,8
1re photo : 1/400 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 135 mm
2e  photo : 1/250 sec. — F/2,8 — ISO 640 — 135 mm


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Écrit par Jean-Pierre Martel


Papillons en liberté 2016

20 février 2016
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Depuis le 18 février et ce, jusqu’au 24 avril 2016, le Jardin botanique de Montréal présente la 19e édition annuelle de l’événement Papillons en liberté.

À chaque jour, une centaine de papillons sont relâchés dans la Grande serre d’exposition et s’ajoutent à ceux nés les jours précédents. Au total 15 000 à 20 000 papillons de 75 espèces différentes seront libérés.

Plusieurs fois par jour, des animateurs tiennent des séances d’information pour les tout petits.

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Le thème de cette année est Vie de chenille. Une douzaine d’espèces de chenilles sont en vedette dans un tunnel hors-terre — en forme de chenille, justement — suffisamment grand pour qu’on puisse y circuler, et réalisé par la firme eXtension concepts.

C’est le matin, lorsque la température de la serre est la plus basse de la journée, que les papillons sont les plus calmes.

Référence : Papillons en vedette cette année

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectifs M.Zuiko 12-40 mm F/2,8 (6e photo) et M.Zuiko 60 mm F/2,8 (les autres photos)
1re photo : 1/125 sec. — F/5,6 — ISO 320 — 60 mm
2e photo  : 1/160 sec. — F/5,6 — ISO 250 — 60 mm
3e photo  : 1/125 sec. — F/5,6 — ISO 640 — 60 mm
4e photo  : 1/160 sec. — F/5,6 — ISO 400 — 60 mm
5e photo  : 1/125 sec. — F/5,6 — ISO 250 — 60 mm
6e photo  : 1/400 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 12 mm

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Le miel est plus doux que le sang

19 février 2016
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En 1922, quatre jeunes font connaissance dans une résidence à Madrid; le peintre Salvador Dalí, le poète Federico García-Lorca, le futur réalisateur Luis Buñuel et la danseuse Lolita (un personnage fictif).

C’est le point de départ de la pièce Le miel est plus doux que le sang, présentée au Théâtre Denise-Pelletier jusqu’au 27 février 2016. Ce titre est emprunté à deux toiles différentes de Salvador Dalí.

Dans un décor un peu trop grand, les quatre comédiens donnent vie avec brio à un texte parfois amusant mais généralement faible.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectif M.Zuiko 12-40mm F/2,8 — 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 1250 — 40 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Les États-Unis et le cryptage de l’iPhone

18 février 2016

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Introduction

Dans le cadre de l’enquête sur l’attentat terroriste de San Bernardino — revendiquée par deux sympathisants de l’État islamique — les enquêteurs américains ont demandé à Apple son code de cryptage afin d’accéder au contenu de l’iPhone d’un des auteurs de l’attaque, ce qu’Apple a refusé de faire.

Il y a deux jours, en première instance, une juge de Californie a décrété qu’Apple devait fournir « une assistance technique raisonnable » au FBI, toujours incapable d’accéder au contenu du téléphone.

Portant la cause en appel, Apple refuse toujours de céder.

Depuis des mois, les dirigeants américains veulent que les éditeurs de logiciels créent des portes dérobées permettant aux agences de renseignement d’accéder aux téléphones multifonctionnels et aux ordinateurs des terroristes.

De leur côté, les éditeurs craignent que s’ils créent volontairement une telle vulnérabilité, celle-ci ne soit inévitablement trouvée par des malfaiteurs, ce qui nuit à leur réputation et à la fiabilité présumée de leurs produits.

De plus, n’importe quel régime totalitaire pourrait organiser un faux attentat terroriste sur son territoire afin d’avoir un prétexte lui permettant d’exiger d’Apple la clé de cette porte dérobée et espionner ainsi ses propres citoyens.

Réactions

Tom Cotton, sénateur républicain de l’Arkansas, s’est empressé de condamner Apple : « Apple a choisi de protéger un terroriste de l’État islamique plutôt que la sécurité du peuple américain.»

Par contre, l’avocat Alex Abdo, de l’Union américaine pour les libertés civiles, s’est inquiété du précédent : « Si le FBI peut forcer Apple à pirater les appareils de ses clients, alors tous les régimes répressifs du monde le peuvent également.»

Mark MacCarthy — vice-président de la Software and Information Industry Association (qui rassemble environ 800 entreprises du secteur technologique) — estime de son côté qu’une victoire des enquêteurs affectera la confiance des usagers dans tous les appareils dont les données sont censées être sécurisées.

Les faux prétextes

Équipé du système d’exploitation iOS9, l’iPhone est protégé par un système de chiffrement spécial développé par Apple dans la foulée des révélations d’Edward Snowdon sur les intrusions de la NSA dans la vie privée des citoyens ordinaires.

La clé d’encodage n’est détenue que par le propriétaire de l’appareil. Apple n’en possède pas de copie. Il s’agit d’une clé à six chiffres; deux sont spécifiques à l’appareil, tandis que les quatre autres chiffres sont ceux que l’utilisateur a choisi comme mot de passe.

En possession de l’appareil d’un malfaiteur, il faut tester 104 — soit 10 000 — possibilités. Le problème des autorités policières, c’est qu’après dix tentatives infructueuses d’accès à un appareil, l’ensemble de son contenu est automatiquement effacé. Or les enquêteurs ne veulent pas courir ce risque.

Mais qu’y a-t-il de si précieux sur cet iPhone ?

L’utilisateur d’un téléphone portable peut effacer l’historique de ses appels. Mais il ne peut pas modifier le registre de ses appels chez son opérateur de télécommunications.

Or justement, la facture mensuelle détaillée de n’importe quel opérateur de télécommunications (AT&T, Telus, Verizon, Public Mobile, etc.) précise la date, l’heure, et la durée de tout appel reçu ou envoyé, de même que le numéro de l’appelant ou de l’appelé.

Ces factures mensuelles sont conservées pendant des mois et même probablement des années, ce qui permet aux enquêteurs de remonter dans le temps et de savoir toutes les personnes contactées à l’aide de ce téléphone durant cette période. Que faut-il de plus ?

La teneur des propos échangés ? Mais cela n’est pas stocké sur l’iPhone. Pouvez-vous réentendre vos conversations ? Non ? Eh bien la police non plus.

Veut-elle la liste des contacts dans le bottin du suspect ? Elle n’a pas besoin du code de cryptage. Il suffit de la copie de ce bottin qu’Apple entrepose sur l’iCloud, c’est-à-dire sur ses serveurs.

Malheureusement, les enquêteurs ont tenté plusieurs fois d’accéder à cette liste de contacts sur l’iCloud, si bien que ces données sont maintenant verrouillées. Même Apple ne peut accéder à cette liste. Si les enquêteurs avaient obtenu un ordre de la cour, la politique d’Apple est d’obtempérer. Conséquemment, ce verrouillage ne serait pas survenu. Maintenant, il est trop tard.

La police veut-elle écouter les messages laissés dans la boite vocale ou les textos reçus ?

Les pays anglo-saxons (États-Unis, Grande-Bretagne, Canada, Australie et Nouvelle-Zélande) ont mis sur pied un réseau d’espionnage — surnommé ECHELON — capable de filtrer toutes les conversations téléphoniques échangées sur la planète. Ce réseau ne peut pas analyser les appels acheminés par câble mais filtre tous ceux qui sont transmis par des antennes émettrices, ce qui est le cas des appels par téléphone multifonctionnel.

Ce réseau est complètement informatisé : des ordinateurs puissants analysent automatiquement chaque conversation téléphonique à la recherche de mots-clés. Les conversations suspectes sont ensuite écoutées par des préposés. Rien n’interdit de penser qu’on fasse la même chose au sujet des textos.

De plus, lorsque la pile de votre téléphone est à plat, tous les messages sont entreposés chez votre opérateur de télécommunications et vous sont communiqués dès que, votre pile rechargée, vous accédez à votre boite vocale. Rien n’est perdu.

Doit-on comprendre que les États-Unis, obsédés par la sécurité, n’ont pas demandé aux opérateurs de télécommunications (par qui tous les messages passent) de ne pas conserver de copie de tous les messages laissés dans les boites vocales, que l’accès à cette boite ait réussi ou non ? Cela est douteux.

Ce que les autorités policières veulent, c’est qu’Apple écrive une nouvelle version de son système d’exploitation — surnommée par dérision FBiOS — qui comporte une porte dérobée leur permettant d’accéder à ce téléphone.

Mais comment cette nouvelle version peut-elle y être installée ? Il faut le mot de passe que seul le terroriste décédé connait.

En réalité, cette nouvelle version permettrait plutôt aux autorités américaines d’accéder sans mandat à l’iPhone de n’importe quel citoyen américain.

D’où la question : se peut-il que les raisons invoquées par les autorités américaines cachent des motifs secrets ?

Les motifs présumés

S’ils obtiennent le code de cryptage d’Apple — probablement utilisé ailleurs que sur les iPhones — les États-Unis obtiendraient accès aux textes échangés par messagerie électronique, aux courriels et aux documents annexés.

La guerre au terrorisme devient donc le prétexte qui permet l’espionnage industriel massif. Plus besoin d’espions; les messages interceptés donnent la possibilité au gouvernement américain de refiler aux entreprises américaines l’information confidentielle qui leur permettra d’enregistrer avant tout le monde les brevets et inventions piratés d’entreprises étrangères. Dans les secteurs hautement stratégiques, cet espionnage peut aller du simple vol des plans d’étude jusqu’au pillage des données technologiques confidentielles.

Mais ce qui intéresse par-dessus tout les agences d’espionnage américains, ce sont les renseignements sur des appels d’offres qui, interceptés, confèrent aux entreprises américaines participantes un avantage sur leurs concurrents étrangers.

Une structure a même été spécialement créée pour épauler les entreprises américaines dans la conquête des principaux contrats internationaux : l’Advocacy Centre, chargé de faire le lien entre le secteur privé et les services de l’État.

Le mois dernier, le ministre de la Sécurité et de la Justice néerlandaise, de même que le ministre des Affaires économiques de ce pays, soulignaient « l’importance d’un chiffrement robuste (…) pour la protection des données des citoyens, des entreprises, du gouvernement et de l’économie néerlandaise tout entière.»

Les deux ministres s’inquiétaient du danger d’exposer le trafic internet à l’espionnage des criminels, des terroristes et d’agences de renseignement étrangères.

Jusqu’ici, le grand gagnant du bras de fer qui oppose le gouvernement américain à Apple est ce dernier. En effet, il vient de démontrer qu’il était en mesure de protéger les données personnelles de ses clients contre l’intrusion de la plus grande puissance du monde.

À ceux qui voyaient Apple comme un gros monopole inquiétant, cette controverse permet à Apple de jouer soudainement le rôle de David contre Goliath.

Références :
Apple reçoit des appuis dans son bras de fer contre le FBI
Cryptage: le patron d’Apple dans un bras de fer politique
Djihadisme: Washington veut enrôler les géants de l’internet
Fusillade de San Bernardino
Le gouvernement néerlandais défend le chiffrement des données
Le nerf optique espion
Les États-Unis et le sabotage de l’économie française
L’informatique dématérialisée et l’espionnage industriel
Terrorisme : pourquoi le FBI et la NSA s’attaquent au chiffrement des données
Silicon Valley appears open to helping US spy agencies after terrorism summit
The British Big Brother

Parus depuis :
Chiffrement : les enjeux du conflit Apple-FBI touchent la police française (2016-02-19)
Facebook and Twitter back Apple in phone encryption battle with FBI (2016-02-19)
Is the FBI v Apple PR war even about encryption? (2016-02-23)
La bataille entre Apple et la justice va se traduire par plus de cryptage (2016-02-24)
Une société israélienne peut percer les secrets de votre portable en quelques secondes (2016-11-24)

Détails techniques de la photo : Olympus OM-D e-m5, objectif Lumix 12-35mm F/2,8 — 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 35 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


La CSeries de Bombardier

17 février 2016
© — Bombardier

Historique de la CSeries

Bombardier est une entreprise créée en 1941 par l’inventeur de la motoneige, Joseph-Armand Bombardier.

Après avoir diversifié ses opérations dans la construction de matériel ferroviaire (en 1974), cette compagnie s’est lancée à la fin des années 1980 dans la construction aéronautique.

Le créneau qu’elle a développé est celui des avions d’affaires d’environ cinquante places, qui connurent un immense succès.

À la suite des attentats du 11 septembre 2001, l’industrie aéronautique a traversé une crise.

En 2003, Bombardier vend sa division de véhicules récréatifs (Ski-Doo et Sea-Doo) afin de dégager des liquidités lui permettant de se consacrer à ses activités les plus lucratives, notamment la construction aéronautique, en dépit de ses difficultés.

Bientôt concurrencée par des compagnies rivales, Bombardier a décidé de viser plus haut en entreprenant en 2008 un ambitieux projet de construction d’avions monocouloirs de 108 à 160 passagers.

Airbus et Boeing fabriquent déjà de tels avions. Afin de leur ravir des parts de marché, Bombardier s’est donné la mission de concevoir à partir de rien une nouvelle génération de tels appareils — une première depuis 25 ans — en recourant aux technologies les plus actuelles, à des matériaux plus solides et plus légers, de même qu’à de nouveaux moteurs de Pratt & Whitney ultra performants et beaucoup plus silencieux.

Avec ses deux milliards$ de recherche et développement dépensés annuellement, la CSeries est devenue le projet industriel le plus innovant au Canada depuis les vingt dernières années.

À l’origine, ces avions devaient représenter une économie de carburant de 20% en comparaison avec les modèles de ses concurrents, ce qui était appréciable à l’époque encore récente où le pétrole valait plus de 100$ le baril.

Avec les améliorations qu’Airbus et Boeing ont apportées à leurs vieux modèles, l’écart s’est rétréci à environ 10%.

Problèmes financiers de Bombardier

Les couts de développement de la CSeries ont explosé à 5,4 milliards$US, soit au moins 2 milliards$ de plus que prévu.

Pendant ce temps, la division ferroviaire de Bombardier est toujours rentable mais beaucoup moins qu’avant en raison de la concurrence étrangère et de l’obligation de saupoudrer des retombées économiques un peu partout afin d’obtenir des contrats publics.

En misant tout son avenir sur la CSeries, Bombardier affecte moins de ressources à ses avions d’affaires. Conséquemment, ces derniers perdent des parts de marché à cause des améliorations que d’autres constructeurs apportent à leurs modèles concurrents.

Le résultat est que Bombardier a bénéficié de revenus de 18,2 milliards$US en 2015, soit presque deux milliards$ de moins qu’en 2014.

Les actionnaires, qui veulent des profits immédiats, trépignent et se tournent vers d’autres placements. Le prix unitaire de l’action de Bombardier est tombé si bas que la valeur boursière de Bombardier est d’environ deux milliards$ de dollars.

Pensez qu’il s’agit là du prix déboursé récemment par une compagnie américaine pour acheter une chaine de quincaillerie québécoise.

Mais si Bombardier vaut maintenant si peu, pourquoi des rivaux (Boeing ou la Chine) ne dépensent-ils pas deux milliards$ pour l’acheter, acquérir ses technologies de pointe, délocaliser sa production et mettre les clés dans la porte, se débarrassant ainsi d’un concurrent ?

C’est que le montage financier de Bombardier est un peu spécial. Beaucoup de conglomérat sont structurés de manière à ce qu’à partir d’une mise de fonds minimale, un petit nombre de personnes détiennent le contrôle d’une constellation d’entreprises valant des dizaines ou des centaines de fois plus.

C’est le cas de Bombardier. La famille Beaudoin-Bombardier — héritière du fondateur Joseph-Armand Bombardier — possède 14% des actions de l’entreprise. Mais ce sont des actions à vote multiple alors que pour les autres actionnaires, c’est une action, un vote.

Le résultat est que leur 14% vaut 54% des droits de vote. Donc même si Boeing achetait toutes les actions qui n’appartiennent pas à la famille Bombardier, il ne pourrait pas prendre le contrôle de la compagnie.

Déjà des spéculateurs rapaces font pression pour que tout prêt que pourrait consentir le gouvernement fédéral soit conditionnel à ce que la famille Beaudoin-Bombardier se départisse de ses actions à vote multiple.

Cela n’arrivera pas puisque cette famille avait déjà refusé un tel arrangement proposé l’automne dernier par la Caisse de dépôt et placement du Québec.

Importance économique de Bombardier

Bombardier emploie 74 000 personnes à travers le monde, dont 24 340 au Canada.

En excluant ses activités ferroviaires, la division aéronautique fait travailler 20 000 de ces 24 340 employés. C’est un travailleur sur neuf de l’industrie aéronautique au Canada, un secteur qui représente des ventes de 29 milliards$.

Sur les 20 000 emplois au Canada, 16 000 — soit 80% — sont au Québec. À lui seul, Bombardier représente 40% de tous les emplois québécois du secteur de l’aéronautique.

Il est approvisionné par 600 fournisseurs et représente deux pour cent du PIB du Québec. Deux pour cent alors que la CSeries n’est pas encore entrée en production; on peut imaginer cette importance lorsque Bombardier commencera à livrer la marchandise.

À la défense de Bombardier

En raison de son importance stratégique, le gouvernement québécois a décidé d’appuyer financièrement le constructeur.

La Caisse de dépôt et placement du Québec a déboursé deux milliard$ pour acquérir trente pour cent de sa division ferroviaire. Cette initiative a fait l’unanimité de la classe politique au Québec.

De plus, l’État québécois — par le biais d’Investissement Québec — a investi un milliard$US dans une nouvelle structure financière, tributaire de Bombardier, qui prendra en charge le financement de la CSeries. Bombardier en possèdera 50,5% tandis qu’Investissement Québec en détiendra le reste. L’État québécois prend donc en charge la moitié du risque financier du projet, ce qui suscite la controverse.

En contrepartie de cet investissement, Bombardier s’engage à maintenir au Québec le siège social stratégique, financier et opérationnel de la nouvelle société responsable de la CSeries, de même que les activités de recherche et développement à son sujet, d’ingénierie, et de la partie de la fabrication directement effectuée par Bombardier (ce qui exclut celle confiée à de la sous-traitance).

Références :
Bombardier (entreprise)
Bombardier cutting 7,000 jobs
Bombardier: le rêve CSeries est en train de tourner au cauchemar
Bombardier: une perte de 4,9G$ et une participation de 1G$ de Québec
Former minister urges Ottawa to think hard before rebuffing Bombardier
If Ottawa opts to bail out Bombardier, it ought to impose one key condition
La Caisse de dépôt investit 2 milliards dans Bombardier Transport
Les rapports financiers de Bombardier
Ottawa looking at ‘creative’ options to financially support Bombardier
Où coupera Bombardier?
Québec investit 1 milliard $US dans Bombardier
Say no to Bombardier bailout: Editorial

Paru depuis :
La science derrière la C Series (2016-02-19)
Il n’y aurait pas de corrélation entre gouvernance et performance boursière (2016-03-04)
Bombardier: préserver sa propriété canadienne (2016-04-27)
Duel d’actionnaires (2016-05-05)
Les ravages du court terme (2016-06-23)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le prosélytisme de l’Arabie saoudite

15 février 2016
© 2010 — Google Maps

Le prosélytisme se définit comme un zèle ardent à recruter des adeptes.

Le wahhabisme est la religion d’État de l’Arabie saoudite. Il s’agit d’un mouvement polico-religieux fondamentaliste qui propose une interprétation rigoriste de l’Islam.

Sans renoncer à la technologie moderne — électricité, télévision, ordinateurs, etc.— le wahhabisme croit que les problèmes actuels du monde arabe ont pris naissance du fait qu’on se serait éloigné de la pureté originelle du monde islamique.

D’où la nécessité de retourner à ses sources, notamment en encadrant la société par des règles de droit et en épousant les coutumes qui prévalaient en Arabie au temps de Mahomet.

Ali Mohammed al-Nimr
 
Coupable d’avoir manifesté pour la Démocratie dans son pays, un jeune saoudien chiite (ci-dessus) a été condamné à être décapité alors que son cadavre sera crucifié et exposé publiquement jusqu’à la décomposition évidente des chairs. Ceci est un exemple des châtiments saoudiens qui tirent leur justification du fait qu’ils étaient coutumiers à l’époque de Mahomet ou dans les premiers siècles qui ont suivi son décès.

La barbarie de l’Arabie saoudite montre la similarité de son idéologie avec celle de l’État islamique : ce qui a fait dire à certains observateurs que l’Arabie saoudite est simplement un État islamique qui a réussi.

Depuis le premier choc pétrolier de 1973, la dictature saoudienne dépense annuellement des milliards de dollars pour propager le wahhabisme. De nos jours, la Politique religieuse de la dictature saoudienne est évaluée à huit milliards américains par an.

Dans un rapport datant de 2003, le Comité sénatorial américain sur le terrorisme, la technologie et la sécurité nationale publiait les témoignages d’experts venus témoigner devant lui. En voici quelques extraits :

Le problème auquel nous faisons face aujourd’hui est (…) le financement étatique d’une idéologie extrémiste qui constitue le terreau fertile à l’émergence (…) du terrorisme international. Cette idéologie extrémiste est le wahhabisme, une force majeure derrière des groupes terroristes comme Al-Qaida…
(…)
Les revenus pétroliers ont permis aux Saoudiens de propager cette interprétation fanatique et destructrice de l’Islam partout dans le monde musulman et notamment parmi les Musulmans occidentaux.
(…)
Al-Qaida et les terroristes du 11 septembre 2001 sont les produits du système de valeurs haineux et intolérant du wahhabisme.
(…)
Même si nous détruisions complètement Al-Qaida, une autre Al-Qaida surgirait si nous ne prenons pas soin de détruire également les racines de l’extrémisme musulman.

Selon les documents officiels d’Arabie saoudite, celle-ci a dépensé 281 milliards de riyals (environ 70 milliards de dollars américains) entre 1975 et 2002 à des activités dites islamiques, c’est-à-dire la promotion de son idéologie.

C’est 2,5 fois les sommes que l’URSS, ensuite la Russie, dépensaient au cours de la même période pour propager l’idéologie communiste.

Cet argent saoudien a servi à la construction de 1 359 mosquées, 210 centres islamiques, des dizaines d’écoles coraniques et à prendre le contrôle des quatre cinquièmes de toutes les maisons d’édition musulmane à travers le monde.

Selon le même comité sénatorial, le contrôle saoudien des mosquées signifie le contrôle des droits de propriété de l’édifice, de la formation et l’embauche d’imams, du contenu des prêches — par le biais de la télécopie des sermons en arabe expédiés à partir de la capitale saoudienne — le contrôle des feuillets imprimés distribués aux fidèles, des messages affichés aux babillards, et des livres vendus aux librairies des mosquées.

L’équivalent de la messe du dimanche pour les Chrétiens se déroule le vendredi chez les Musulmans. Au cours du ‘Printemps arabe’, c’est ce jour-là, plus précisément au sortir des mosquées sunnites, qu’ont eu lieu les Vendredis de la dignité, c’est-à-dire ces grandes protestations en Égypte et en Syrie contre les dirigeants de ces pays.

Cela n’est pas une coïncidence. C’est par les prêches incendiaires saoudiens, expédiés électroniquement au clergé sunnite, que l’Arabie saoudite est en mesure d’inciter à la révolte des millions de Musulmans qui, réagissant comme un seul homme, protestent contre leurs dirigeants, contre Charlie Hebdo, contre la destruction par le feu d’un exemplaire du Coran, etc.

Ces protestations surviennent le même jour, simultanément dans une multitude de villes ou de pays, parce qu’elles sont orchestrées.

En France, au début des années 1990, la construction de la mosquée de Lyon a bénéficié d’un don saoudien de 2,9 millions$. Selon les dépêches diplomatiques américaines révélées en 2011 par Wikileaks, cette mosquée serait un des centres de recrutement d’Al-Qaida en Europe.

Les largesses saoudiennes comprennent 5 millions$ au Centre culturel islamique de Belgique à Bruxelles, 5 millions$ annuellement au Centre islamique de Genève, 7,1 millions$ au Centro Cultural Islámico de Madrid et 70% des couts de construction du Centro islamico culturale d’Italia à Rome.

En 2013, la famille royale saoudienne a versé un don personnel de 681 millions$ au premier ministre de Malaisie.

Ce pays est connu pour ses lois discriminatoires à l’égard des minorités religieuses. Grâce à celles-ci, la proportion de Musulmans en Malaisie pays est passée d’environ 45 à 49% au début des années 1990, à plus de 60% de nos jours.

Références :
10 questions pour comprendre qui sont les imams en France
Évolution des prix du baril de pétrole
Grande mosquée de Lyon
La charia en Malaisie: impact sur les non musulmans
Le don saoudien de 681 millions au premier ministre malaisien
Les imams se verront bientôt délivrer des « certifications »
Terrorism: Growing Wahhabi Influence in the United States
Le scandale des ventes d’armes canadiennes à l’Arabie saoudite
L’État islamique : un trou noir
On a testé… suivre les conseils de « l’imam Google » pour se convertir à l’islam
Wahhabisme
WikiLeaks cables portray Saudi Arabia as a cash machine for terrorists

Parus depuis :
Où sévit le terrorisme islamiste dans le monde? La réponse en carte (2016-03-24)
La Belgique, foyer du djihadisme (2016-03-26)
Les trois lectures de la violence djihadiste (2016-03-26)
« Un islam à la dérive » (2016-05-21)
1MDB: The inside story of the world’s biggest financial scandal (2016-07-28)
Pour un nouvel islam de France (2016-08-02)
Saudis and Extremism: ‘Both the Arsonists and the Firefighters’ (2016-08-25)
L’Arabie saoudite dévoilée (2016-11-15)
Saudi Arabia and Gulf states ‘support Islamic extremism in Germany,’ intelligence report finds (2016-12-14)
Aux sources du djihadisme belge (2017-03-22)
Report calls for public inquiry into Gulf funding of British extremism (2017-07-05)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


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