La Californie à sec

9 mai 2015

La Californie est l’État américain le plus peuplé, avec 38 millions d’habitants. Cela représente 12% de la population des États-Unis.

C’est également l’État le plus riche. Son produit intérieur brut était de 2 287 milliards$ en 2012, soit le huitième de l’économie américaine.

Parce qu’il occupe plus de la majorité de la côte ouest-américaine, cet état jouit d’une multitude de climats, de tempéré à désertique.

Cette variété climatique permet de satisfaire un grand nombre de besoins agricoles. Si bien que la Californie est devenue le premier producteur des États-Unis, représentant 12,8% de la valeur totale de l’agriculture américaine (en 2007).

Mais voilà, il y a un problème. Cet État est frappé par une importante sécheresse, la pire depuis 1895. Elle dure depuis plusieurs années.

C’est ainsi que les barrages hydro-électriques manqueront d’eau dans un an, à moins d’averses abondantes entretemps.

L’épuisement des nappes phréatiques entraine déjà l’affaissement lent — 30 cm par an — de certaines routes.

Les sévères restrictions imposées par le gouverneur de l’État ont un effet limité puisque les producteurs agricoles en sont dispensés. Or cette industrie consomme à elle seule 80% de l’eau utilisée.

La production d’amandes accapare le dixième de l’eau produite par l’État. Pour produire une seule amande — pensez aux amandes Blue Diamond — il faut environ quatre litres d’eau. Pour une amande.

Les restrictions frappent donc la consommation domestique, responsable du 20% restant. Or presque les trois quarts de cette consommation servent normalement à l’extérieur, pour arroser le gazon, laver la voiture, ou remplir la piscine.

Afin de donner l’exemple, les belles fontaines municipales sont à sec.

Les Californiens — toujours animés par cet esprit civique qui suscite l’admiration — ont toutefois découvert qu’il y a une zone grise, non comptabilisée, entre le 80% agricole et le 20% résidentiel : c’est la ponction effectuée dans les nappes phréatiques par l’industrie de l’eau embouteillée.

La Californie compte 108 usines d’embouteillage d’eau dont personne ne sait exactement combien d’eau est utilisée. Chaque compagnie estime que cela constitue un secret commercial dont elle refuse la divulgation.

Mais on le sait dans le cas de Nestlé. Celle-ci a révélé qu’elle a siphonné 2,3 milliards de litres d’eau californienne en 2011, 2,4 en 2012, 2,6 en 2013 et 2,8 en 2014. Et ce, en vertu d’un permis dont le renouvellement lui coûte 524$ par année.

En d’autres mots, en dépit de la sécheresse importante qui sévit depuis 2011 en Californie, la compagnie a augmenté son embouteillage d’eau, afin de satisfaire la soif croissante de profit réclamée par ses actionnaires étrangers.

Il n’en suffisait pas plus pour susciter l’indignation des Californiens; 150 000 d’entre eux ont signé une pétition réclamant des mesures énergiques pour contrer le manque de civisme des compagnies d’embouteillage.

Références :
Bottling water without scrutiny
California drought spurs protest over ‘unconscionable’ bottled water business
Californie
La Californie manque d’eau
List of U.S. states by GDP
San Francisco : la fontaine Vaillancourt est à sec

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Écrit par Jean-Pierre Martel


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