Les OGM au Canada, en 2015

30 mars 2015

Superficie_OGM
 
C’est plus tôt ce mois-ci que le Réseau canadien d’action sur les biotechnologies a remis son rapport au sujet des OGM (organismes génétiquement modifiés). En voici les grandes lignes.

Il y a quatre grandes cultures GM dans le monde : le maïs, le soja, le coton et le canola. Ensemble, ces quatre cultures représentent 99 % des superficies de cultures GM dans le monde.

Les trois quarts des superficies mondiales consacrées aux OGM le sont aux États-Unis (40% des surfaces), au Brésil (23%) et en Argentine (13%). Dans chacun de ces trois pays, le pourcentage des terres arables utilisées à la culture des GM est de 47% aux États-Unis, 58% au Brésil et 61% en Argentine.

Au Canada, on trouve quatre cultures GM. Elles représentent 6% des surfaces mondiales consacrées aux OGM. Les cultures GM occupent 25% des terres arables du pays. Ces cultures sont le canola, le maïs, le soja et la betterave à sucre. Presque tout le canola et la betterave à sucre cultivés au Canada sont GM, ainsi qu’une grande partie du maïs et moins des deux tiers du soja.

Le gouvernement canadien étudie actuellement la possibilité d’approuver la toute première pomme GM (qui serait le premier fruit GM cultivé au pays) et le premier animal GM destiné à la consommation humaine dans le monde (un saumon GM).

Sur les tablettes de nos épiceries, en plus d’y offrir les OGM produits au Canada (ou les mêmes produits provenant de l’étranger), on trouve quatre autres OGM, tous importés des États-Unis : l’huile de coton, la papaye, les courges et les produits laitiers.

Dans le cas précis du maïs, celui destiné à l’alimentation du bétail et à la production d’huile de cuisson est à plus de 80% GM. Par opposition, les variétés de maïs sucré GM — les épis de maïs pour consommation humaine — ne sont pas très populaires.

En 2014, le Réseau canadien d’action sur les biotechnologies et Vigilance OGM ont testé des échantillons de maïs sucré frais; sur les 137 échantillons provenant de neuf provinces, il n’y avait qu’un seul échantillon GM.

Référence : Mais où sont donc les OGM?

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Écrit par Jean-Pierre Martel


OrchidExpo 2015

29 mars 2015
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C’est hier et aujourd’hui que se tenait l’OrchidExpo 2015 au CÉGEP Maisonneuve, organisée par la Société des orchidophiles de Montréal.

Note aux lecteurs européens : les CÉGEPs sont l’équivalent québécois des lycées français.

Tout comme l’an dernier, l’événement réunissait des producteurs principalement canadiens venus présenter, entre autres, les variétés qui leur ont valu de remporter des prix dans divers concours.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectif Lumix 20mm F/1,7
1re photo : 1/60 sec. — F/1,7 — ISO 640 — 20 mm
2e  photo : 1/80 sec. — F/1,7 — ISO 3200 — 20 mm
3e  photo : 1/60 sec. — F/1,7 — ISO 640 — 20 mm
4e  photo : 1/80 sec. — F/1,7 — ISO 400 — 20 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le sirop d’érable pur comme boisson énergétique

26 mars 2015


 
Avant-propos : Trois mois après la publication en mars 2015 du présent texte — qui mettait en vedette un produit énergétique américain à base de sirop d’érable, soit UnTapped, ci-dessus — un produit analogue apparaissait sur le marché québécois sous le nom de ReKarb (ci-dessous).

Le texte originel paru en mars 2015 a donc été modifié pour tenir compte de cet ajout.


 

 
Terminologie

Une boisson énergisante stimule la concentration mentale. Exemples : café, thé, Red Bull™.

Une boisson énergétique — le sujet d’aujourd’hui — en est une qui vise à aider les sportifs à remplacer l’eau, les électrolytes et les calories perdus lors de l’exercice physique intense. Exemple : Gatorade™.

Historique

En 2012, la Fédération des producteurs de sirop d’érable du Québec avait tenté de promouvoir un cocktail à base de sirop d’érable en tant que boisson énergétique.

Toutefois, cette campagne fut un échec, probablement parce que ce n’est pas tous les sportifs qui ont le gout de s’adonner à la préparation de leur boisson énergétique.

On attendait donc qu’un entrepreneur prenne l’initiative de créer des pochettes unidoses de sirop d’érable, prêtes à l’emploi.

UnTapped vs ReKarb

C’est au printemps de 2015 qu’un acériculteur du Vermont décida de combler ce besoin en offrant sous la marque UnTapped, des pochettes de 41g de sirop d’érable pur.

Peu de temps après, l’entreprise québécoise Carbure à l’érable lançait un produit similaire sous le nom de ReKarb.

Chaque pochette de ReKarb contient 36g de sirop d’érable auquel on a ajouté 100mg de sel de mer. Toutefois l’entreprise offre également des pochettes auxquelles s’ajoute un troisième ingrédient, soit une certaine quantité de cacao ‘pur’.

Vendu à l’unité (2,75$) par les marchands autorisés, ReKarb est également offert sur l’internet en boites de 24 pochettes, directement du fabricant.

Dans le cas précis d’une boisson énergétique, l’ajout d’une petite quantité de sel est préférable puisqu’il permet de compenser en partie ou en totalité les pertes sodiques causées par la transpiration. Voilà pourquoi ReKarb est préférable à Untapped. Et puisqu’il s’agit ici de sel de mer et non de sel ordinaire, ReKarb apporte aussi un grand nombre de sels minéraux, en faible quantité.

Contrairement à ce qu’on pourrait croire, le sirop d’érable n’a pas le gout hypersucré d’autres édulcorants comme le miel. Et pour avoir testé le gout du sirop d’érable auquel j’avais ajouté trois fois plus de sel que ReKarb, je suis en mesure d’affirmer que cela n’est pas désagréable.

Sirop d’érable vs Gatorade™

Le sirop d’érable est composé principalement de deux ingrédients : 67,9% de sucrose (le sucre de table) et 32,4% d’eau.

Le fabricant d’UnTapped prétend que son produit possède un faible indice glycémique. Cela est très douteux puisque le sucrose est un disaccharide (glucose + fructose), rapidement métabolisé par l’organisme.

Il semble que la composition du Gatorade™ varie selon les pays. Elle varie même selon les époques. Dans les épiceries situées près de chez moi, on trouve de ces temps-ci essentiellement le Gatorade™ ‘Perform’.

Si ReKarb contient 100mg de sel, le format de 710ml de Gatorade™ ‘Perform’ en contient trois fois plus.

De plus, ReKarb contient 70mg de potassium (vs 80mg pour le Gatorade™), 33mg de calcium (aucun pour le Gatorade™), 7mg de magnésium (ce qui est peu – le Gatorade™ n’en contient pas du tout), 0,5mg de zinc (aucun pour le Gatorade™) et surtout, possède un pH d’environ 7,4 (alors que celui du Gatorade™ est presque aussi acide que le jus d’orange, avec un pH de 2,95).

Il est étrange que le Gatorade™ soit si acide. Au cours d’un exercice intense, les muscles qui fonctionnent en anaérobie dégradent le glucose en acide lactique. La chute de pH qui en résulte nuit à la synthèse d’ATP et conséquemment, à la contraction musculaire. Boire un liquide acide s’oppose aux moyens du corps de neutraliser l’acide lactique et prolonge donc la fatigue.

Au contraire du Gatorade™, le sirop d’érable contient 54 antioxydants dont 2mg de polyphénols. La valeur ORAC (Oxygen Radical Absorbance Capacity) du sirop d’érable est comparable à celle de fruits et légumes courants de notre alimentation, comme le brocoli.

La pochette ReKarb représente un apport calorique de 86kcal (vs 180kcal pour son concurrent). Pour cette raison, ces produits ne sont probablement pas appropriés pour le sportif diabétique.

Les avantages des boissons énergétiques sont probablement faibles pour les exercices modérés qui durent moins de 45 minutes. Pour les exercices violents ou prolongés, elles permettent de reconstituer rapidement les réserves de carburants du corps.

Références :
Boisson énergétique
Boisson énergisante
Caractéristiques chimiques et nutritives du sirop d’érable
Is maple syrup the new athletic superfuel?
L’origine des boissons énergisantes
The Gourmet-O-Matic™ pH of Common Beverages Guide
Sirop d’érable
UnTapped: Pure Maple Syrup

Parus depuis :
Anti-inflammatory properties of quebecol and its derivatives (2015-11-27)
L’aliment sous la loupe: sirop énergétique à l’érable (2016-03-10)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Bombarder l’État islamique, ça fait tellement du bien…

25 mars 2015

Introduction

L’émergence de l’État islamique (ÉI) est le résultat du chaos causé par l’intervention militaire des États-Unis et de leur allié britannique dans cette partie du monde.

La question que nous devons nous poser est la suivante : est-ce bien à nous de réparer les pots cassés ?

Aucun pays ne fait la guerre motivé par de bons sentiments; on fait la guerre lorsqu’on a des intérêts géostratégiques à défendre.

En 1939-1945, nous défendions nos partenaires commerciaux en danger. Ce qui n’a pas empêché les États-Unis de se trainer les pieds jusqu’à l’attaque de Pearl Harbor en 1941 et avant cela, de vendre des armes et de supporter l’effort de guerre autant des alliés que des nazis.

De nos jours, aucun des pays du Moyen-Orient ne produit de biens dont la pénurie paralyserait l’économie canadienne. Nous n’avons donc aucun intérêt géostratégique à défendre.

Dès jeudi ce cette semaine, le parlement canadien étudiera une motion destinée à prolonger l’implication militaire canadienne au Moyen-Orient constituée essentiellement de bombardements.

Protéger les Canadiens

La première raison invoquée pour justifier l’implication canadienne, ce sont les « menacettes » de l’ÉI exhortant ses sympathisants à commettre des attentats terroristes au pays.

Contrairement Al-Qaida (qui promeut le terrorisme international), l’ÉI n’est une menace que pour les pays voisins.

L’ÉI ne possède pas de camps d’entrainement destinés à former des terrorismes qui commettraient des attentats à l’étranger.

Ce qui ne veut pas dire que ses directives ne puissent pas être suivies par des sympathisants canadiens. Mais ces derniers ne sont que des amateurs, et non des professionnels comme ceux formés par Al-Qaida.

Dans les faits, les bombardements canadiens font beaucoup plus de victimes civiles que parmi les rangs des milices de l’ÉI. À défaut de troupes au front, personne n’est vraiment certain de la nature des cibles choisies.

Les veufs, veuves, et orphelins qui survivent à nos bombardements sont du pauvre monde qui n’a aucun moyen de venger leurs morts.

Mais les images qu’ils transmettent par les médias sociaux bouleversent les jeunes qui les voient et rendent la population canadienne plus sujette à des attentats amateurs par ceux qui choisiront la violence pour protester contre la mort et la désolation que répand le Canada.

Donc les bombardements canadiens augmentent la probabilité que des attentats terroristes soient commis au pays et non l’inverse.

Protéger la population civile du Moyen-Orient

Au-delà de l’antipathie que suscite l’ÉI en raison de ses méthodes barbares, on doit réaliser que cette barbarie est partagée par certains de nos « alliés », notamment l’Arabie saoudite.

Elle aussi décapite (78 personnes en 2013 et 87 en 2014), flagelle à mort et tue à qui mieux mieux les citoyens qui apparaissent comme une menace aux yeux des tyrans du pays. Le cas de Raïf Badawi est éloquent à ce sujet.

D’autre part, puisque les bombardements canadiens font plus de victimes parmi la population civile que militaire, il est paradoxal de justifier ces bombardements par des motifs humanitaires.

Ceux-ci feraient beaucoup plus mal à l’ÉI s’ils coupaient les routes qui permettent à des milliers de camions-citernes d’acheminer le pétrole de l’ÉI vers la Turquie.

Mais en faisant cela, le Canada susciterait la colère de ce pays, officiellement membre de la coalition anti-ÉI et officieusement principal financier du califat en lui achetant son pétrole à prix d’ami.

Dans le fond, la Turquie joue ce double jeu auquel s’adonnaient les Américains eux-mêmes dans les premières années de la Deuxième Guerre mondiale et au cours de la guerre Iran-Irak.

Les bombardements canadiens ne réussiront pas plus à éradiquer l’ÉI que les bombardements américains ont éradiqué le Vietcong durant la guerre au Vietnam.

Pour détruire l’ÉI, il faut que les pays voisins — qui sont les seuls directement menacés par lui — se prennent en main.

Ce que les Canadiens doivent réaliser, c’est qu’un pays qui n’est pas prêt à payer le prix de la Démocratie de son propre sang, ne la mérite pas.

En 1939-1945, le Canada aidait des pays amis à combattre le nazisme. Au Moyen-Orient, notre pays combat à la place des pays concernés.

En effet, que font les armées de terre des pays voisins ? Contrairement aux Kurdes, ils regardent le train canadien passer. Tout au plus, les pétromonarchies financent-elles paresseusement des miliciens étrangers qui luttent en Syrie selon leurs intérêts.

Pourquoi ces pays s’impliqueraient-ils alors que le premier ministre Harper est si heureux de jouer au matamore pour faire oublier le cul-de-sac de ses politiques économiques ?

Conclusion

Tous les gouvernements de droite au monde agissent de la même manière. Elle consiste à appauvrir leur peuple afin d’augmenter les dépenses militaires.

Dans le cas du gouvernement Harper, cela veut dire couper dans la sécurité ferroviaire, dans la recherche scientifique, dans le rayonnement culturel du pays, entre autres, et d’accorder des contrats faramineux au complexe militaro-industriel américain.

Le contrat des F-35, c’est 45 milliards$ dont seulement un pour cent sera dépensé au Canada: 99% seront dépensés pour créer des emplois à l’extérieur du pays.

Quant à l’implication militaire du Canada en Irak — donc sans tenir compte de son élargissement en Syrie — c’est une dépense comprise entre 242 et 351 millions$ pour la première année seulement. Elle pourrait durer des années.

Et pour faire accepter ces gaspillages des fonds publics, on détourne l’attention du peuple en faisant la guerre. En somme, le coup classique, vieux comme le monde.

Références :
Décapitation et fouets en Arabie saoudite
Isis air strikes limited without viable Syrian rebel force, says White House
L’amateurisme de la décapitation en Arabie saoudite
Les miettes dorées du F-35
Motion pour le prolongement de la mission canadienne contre l’EI

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Bruxelles, la capitale mondiale de la bande dessinée

24 mars 2015
Troisième quinzaine de la BD de Bruxelles, en 2006
Station de métro Stockel

Tellement d’artistes belges se sont illustrés dans la bande dessinée que ce pays domine incontestablement l’histoire du 9e art.

Centre belge de la bande dessinée

Bruxelles fut la première ville à créer un musée de la BD (appelé Centre belge de la bande dessinée). Ce centre héberge une exposition permanente qui retrace l’histoire de cette discipline et possède la plus importante bibliothèque au monde à ce sujet.

Dès 1991, la capitale belge décida de décorer certains pans de murs extérieurs de fresques représentant des personnages de BD et ce, bien avant que la mode des murales ne se généralise.

Broussaille (1999), au 39 rue du Marché au charbon

La première de ses murales fut Broussaille, créée en 1991 (la version actuelle date de 1999). En tout, une cinquantaine de murales décorent aujourd’hui la capitale.

En voici quelques-unes, photographiées lors de mon voyage dans cette ville en 2006.

Cubitus (1994), au 109 rue de Flandre
Olivier Rameau (1997), au 9 rue du Chêne
Victor Sackville (2002), au 60 rue du Marché au charbon
Le Scorpion (2002), au 16 rue Treurenberg

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Écrit par Jean-Pierre Martel


La rumeur meurtrière

23 mars 2015

L’affaire Asia Bibi

De religion chrétienne, Asia Bibi est une travailleuse agricole pakistanaise d’une quarantaine d’années.

En juin 2009, en cueillant des baies de phalsa, elle suscita la colère de ses collègues musulmanes qui l’accusèrent d’avoir souillé l’eau potable qui leur était destinée, contaminée parce qu’une infidèle en aurait bu.

Ses collègues ont ensuite porté plainte à l’imam du village, accusant Mme Bibi d’avoir manqué de respect à l’égard du prophète Mahomet au cours de leur dispute (une accusation que l’accusée réfute).

Peu après, des hommes de son village se rendirent dans sa maison dans le but de la battre à mort. Elle échappa au lynchage grâce à l’intervention de la police.

Arrêtée, elle est condamnée à mort en novembre 2010. Au cours des procédures en appel, un clerc musulman a annoncé une récompense équivalente à 10 000$ pour quiconque assassinerait Asia Bibi.

L’imam du village, à l’origine de cette affaire, a déclaré que si Asia Bibi devait être ultimement innocentée ou graciée, ceux qui choisiront de rendre justice eux-mêmes auront raison.

Depuis, les deux ministres pakistanais qui lui ont témoigné de leur appui ont été assassinés respectivement en janvier 2011 et mars de cette année-là.

L’affaire est encore pendante devant les tribunaux.

L’affaire Rimsha Masih

En aout 2012, un imam pakistanais du nom de Hafiz-Mohammed Khalid-Chishti demande à un complice d’intercepter et de lui apporter un sac à ordures que transporte Rimsha Masih, une Pakistanaise chrétienne de 14 ans.

L’imam y ajoute quelques pages du Coran et la dénonce aussitôt aux autorités policières pour blasphème. Deux semaines après de début de l’enquête, un assistant du l’imam cède sous la pression et avoue le complot.

Innocentée en novembre 2012, Rimsha Masih (et sa famille) a immigré l’année suivante au Canada.

De son côté, en aout 2013, l’imam Khalid-Chishti a été libéré des accusations portées contre lui après que six des huit témoins de la poursuite aient modifié leurs versions des faits.

Le cas de Farkhunda

En Afghanistan, une Musulmane de 27 ans a été lynchée le 19 mars dernier après qu’on ait répandu à son sujet la rumeur voulant qu’elle ait brulé un exemplaire du Coran.

Récemment diplômée d’une école coranique, elle s’apprêtait à y entreprendre un poste d’enseignante.

Toutefois, en visite guidée à la mosquée du Roi des deux épées, à Kaboul, elle a déconseillé aux femmes d’y acheter des amulettes et a qualifié leurs vendeurs de parasites.

Pour se venger, ceux-ci ont répandu la rumeur selon laquelle Mme Farkhunda aurait brulé un exemplaire du Coran.

Peu de temps après, une foule presque exclusivement composée de jeunes hommes s’en est pris à elle, la hissant sur le toit incliné d’une maisonnette à un étage de laquelle elle glissa après y avoir reçu des coups. Puis, tombée au sol, elle fut violemment piétinée, rouée de coups de bâtons, lapidée, et trainée sur les berges de la rivière peu profonde qui traverse la capitale afghane où son corps fut brulé.

Le principal enquêteur dans cette affaire, le général Mohammed Zahir, a déclaré qu’il n’y avait pas l’ombre d’une preuve que la victime a détruit un exemplaire du Coran.

La télévision afghane a toutefois diffusé des images de pages brulées du Coran, trouvées à proximité de son domicile, ce qui suggère qu’on ait brulé un exemplaire du Coran afin de justifier les accusations calomnieuses portées contre elle.

Treize personnes ont été arrêtées en marge de cette affaire, dont deux vendeurs d’amulettes. Un certain nombre de policiers ont été suspendus de leurs fonctions pour s’être abstenus d’intervenir alors qu’ils étaient présents sur les lieux du crime.

Références :
Affaire Asia Bibi
Afghan protesters demand justice for woman killed by mob
Afghan woman killed by mob in Kabul was innocent, says investigator
How to commit blasphemy in Pakistan
Pakistani Christian Asia Bibi ‘has price on her head’
Rimsha Masih blasphemy case
Women break with tradition in Afghanistan to help bury ‘completely innocent’ Farkhunda who was beaten to death by Kabul mob

Parus depuis :
Afghanistan: peine de mort annulée pour les meurtriers de la jeune Farkhunda (2015-07-02)
Flawed Justice After a Mob Killed an Afghan Woman (2015-12-26)
Quashing of Asia Bibi’s blasphemy charge will not end her suffering (2018-10-31)
Man tortured and killed in Pakistan over alleged blasphemy (2021-12-03)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


L’Airbus A320 « Rackham »

22 mars 2015

avion-tintin
 
C’est lundi dernier que la compagnie Brussels Airlines a dévoilé le premier avion au monde dont le fuselage est décoré aux couleurs de Tintin.

Réalisée en République tchèque par la société irlandaise Eirtech Aviation, cette décoration a nécessité 1 000 heures de travail et 360 litres de peinture appliquée par aréographie.

Ce projet unique a été rendu possible grâce à un partenariat entre Brussels Airlines et Moulinsart, la société belge qui gère les droits liés à l’oeuvre d’Hergé.

Cette décoration comporte plusieurs éléments. La queue de l’avion arbore le symbole graphique du transporteur aérien. Au-dessus des hublots, on peut lire le texte « brussels airlines — we fly you to the home of Tintin » (c’est-à-dire nous vous transportons au pays de Tintin).

La plus grande partie du fuselage représente le célèbre personnage aux commandes du sous-marin requin qu’il pilote dans l’album Le Trésor de Rackham le Rouge.

Plusieurs copies de cet album seront disponibles à bord en français, en néerlandais et en anglais, permettant aux passagers de découvrir ou redécouvrir les aventures du reporter belge et de son chien Milou.

Références :
Brussels Airlines : un Airbus A320 en livrée spéciale « Tintin »
Nous vous présentons… Rackham

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le deuxième arrondissement de Paris

21 mars 2015
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Avant-propos

La vidéo ci-dessus est la deuxième version d’un diaporama dont la première version présentait des photos prises à l’occasion d’un voyage effectué à Paris en 2014.

Cette nouvelle version a été complétée par les photos prises l’année suivante, lors d’un autre séjour dans la capitale française.

Présentation du diaporama

Le deuxième arrondissement de Paris occupe un territoire d’un km². Il est situé immédiatement au nord du premier arrondissement. On y trouve de nombreux restaurants, commerces et hôtels.

L’accroissement du nombre d’établissements aux dépens des logements a fait chuter la population du quartier de 81 609 personnes en 1861, à environ 23 000 personnes de nos jours, soit un pour cent de la population parisienne.

En plus de ses passages couverts, cet arrondissement est traversé de nombreuses rues piétonnes, particulièrement à son extrémité sud-est.

Après une courte promenade sur la rue de la Paix, nous visitons le site Richelieu de la Bibliothèque nationale de France (de 0:14 à 0:20). On y trouve le département des Monnaies, médailles et antiques (de 0:22 à 1:04).

Le coin sud-est du complexe immobilier correspond à l’ancien hôtel Tubeuf (à 1:06), construit en 1635. Celui-ci tire son nom du fait qu’en 1641, il fut acheté par Jacques Tubeuf, contrôleur général des finances sous Louis XIII.

Deux ans plus tard, le cardinal Mazarin le loua pour y abriter son immense collection d’œuvres d’Art, à l’époque la plus fastueuse d’Europe.

De 1:10 à 1:14, voici la galerie Colbert, un passage couvert construit en 1826 et inauguré en 1827.

Au cours de la Révolution de juillet 1830, c’est de la fenêtre d’une boutique située au premier étage de la rotonde de cette galerie (pleine à craquer) que Berlioz, accompagné de quelques chanteurs, présente un arrangement de son cru de La Marseillaise, un chant patriotique interdit depuis l’Empire.

Adjacente à la galerie Colbert, la galerie Vivienne (de 1:16 à 1:28) a été construite quelques années plus tôt, soit en 1823 ou 1825. Elle héberge de nombreuses boutiques de prêt-à-porter et d’objets décoratifs.

C’est la mise au point de l’éclairage au gaz qui a permis la création des passages couverts à Paris, les premiers au monde.

De 1:30 à 2:00, voici la basilique Notre-Dame-des-Victoires, construite de 1629 à 1740.

Puis nous voyons à 2:02 la statue équestre de Louis XIV qui se trouve au centre de la Place des Victoires, aménagée en 1685 par Jules Hardouin-Mansart.

Plus à l’est sur la rue Étienne-Marcel, nous atteignons la Tour Jean-sans-Peur, dernier vestige parisien de l’hôtel des ducs de Bourgogne (de 2:08 à 2:20).

Construite en 1408 par le duc Jean 1er de Bourgogne, cette tour est l’unique témoignage intact et complet de l’architecture seigneuriale du Moyen-Âge à Paris.

De 3:44 à 3:54, il s’agit du Passage du Grand-Cerf, ouvert en 1825.

De 4:24 à 4:46, nous nous trouvons à la pâtisserie Stohrer. Lors de son mariage en 1725 avec Louis XV, Marie Leszczynska, princesse polonaise, exige que son pâtissier la suive à Versailles.

Cinq ans plus tard, il s’installe à Paris, sur la rue Montorgueil (où sa pâtisserie se trouve toujours). C’est à lui qu’on doit la création du Baba au rhum (appelé originellement Ali-Baba).

Il ne reste aucune trace de la boutique originelle. Le décor actuel date de la seconde moitié du XIXe siècle.

À l’angle des rues Vivienne et Colbert, on trouve L’Étude à sa table de travail entre la veille et le sommeil, bas-relief de Louis-Ernest Barrias créé en 1903.

Tout près est situé le Palais de la Bourse (de 4:54 à 6:00) qui, de nos jours sous le nom de Palais Brongniart (du nom de son architecte), sert de salle de réception et d’exposition.

Finalement, de 5:18 à 5:24, nous apercevons l’église Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle, de style néoclassique, construite de 1835 à 1830.


Détails techniques : Le diaporama présente 165 photos : six réalisées à l’aide d’un appareil Canon Powershot G6 et 159 grâce à un Olympus OM-D e-m5.

En ordre décroissant, les objectifs utilisés furent le M.Zuiko 12-40 mm F/2,8 (110 photos), le PanLeica 25 mm F/1,4 (47 photos), le M.Zuiko 7-14 mm F/2,8 et le M.Zuiko 75 mm F/1,8 (une photo chacun).

Voir aussi : Liste des diaporamas de Paris

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Pourquoi le PQ veut-il l’indépendance du Québec ?

20 mars 2015

Introduction

Hier, M. Pierre-Karl Péladeau, aspirant à la chefferie du Parti Québécois, a déclenché une vive controverse après avoir déclaré : « On n’aura pas 25 ans devant nous pour réaliser l’indépendance. Avec la démographie, avec l’immigration, c’est certain qu’on perd un comté à chaque année. On souhaiterait pouvoir mieux les contrôler, mais ne nous faisons pas d’illusion. (…) Qui prend en charge les immigrés qui viennent s’installer ici au Québec ? C’est le gouvernement fédéral. »

Par souci de rectitude politique, les autres candidats à la chefferie se sont empressés de corriger M. Péladeau en soulignant que le projet indépendantiste du Parti Québécois devait rallier tous les Québécois, et que les néoQuébécois constituaient une richesse pour le Québec.

Les porte-paroles des autres formations politiques, dont le Premier ministre du Québec, ont accusé le Parti Québécois d’être animé par un nationalisme ethnique, et d’être un parti sectaire et xénophobe.

Désapprouvé de toutes parts, M. Péladeau a finalement présenté ses excuses.

Les faits

Déclin de l’appui à l’indépendance du Québec depuis une décennie

Depuis une décennie, l’appui à l’indépendance du Québec est passé d’environ 50% à environ 39% de l’ensemble de la population québécoise.

Si on tient compte du fait que la minorité anglophone du Québec est demeurée tout aussi opposée à l’indépendance, il peut conclure que ce déclin est essentiellement lié à une diminution de la ferveur indépendantiste des Francophones eux-mêmes.

Selon Statistique Canada, de 2006 à 2011, le pourcentage de Francophones sur l’île de Montréal est passé de 54,5% en 2006 à 53,3% en 2011 et, dans l’ensemble de la région montréalaise, de 69,2% à 68,4%.

Le déclin de 1% des Francophones montréalais en seulement cinq ans — aussi inquiétant que soit cette tendance à long terme quant à la survie de la majorité francophone au Québec — compte secondairement sur le déclin de l’option indépendantiste dans l’ensemble de la population québécoise depuis une décennie. La cause principale est sa perte de popularité chez les Francophones dits « de souche ».

Nationalisme ethnique vs nationalisme linguistique

Aussi maladroits qu’aient été les propos de M. Péladeau, ceux-ci reflètent une inquiétude sincère chez lui quant à l’avenir du français au Québec, préoccupation partagée par une bonne partie des Montréalais francophones, témoins quotidiens de l’anglicisation de la métropole.

Face aux accusations libérales d’ethnocentrisme et de xénophobie, les autres candidats à la chefferie ont raté une occasion de réitérer que la raison d’être fondamentale du Parti Québécois est la lutte pour la pérennité du caractère majoritairement francophone de la Nation québécoise; en effet, rien d’autre ne justifie l’indépendance du Québec et les risques entrainés par la sécession du Canada.

On a tort de penser qu’on pourra motiver les Québécois à faire l’indépendance pour des raisons aussi abstraites que le désir de voir le Québec écrire son nom dans le grand livre de l’histoire des peuples ou dans le but d’avoir sa propre voix à l’ONU. Même l’argument du chevauchement des domaines de compétence entre le fédéral et le provincial justifie autant la souveraineté du Québec que son contraire, soit la centralisation de tous les pouvoirs à Ottawa.

En diluant son programme afin de le rendre acceptable au plus grand nombre et le rendre aussi inoffensif que des granules homéopathiques, le Parti Québécois a perdu de vue les raisons qui justifient la création d’un pays appelé Québec. Il ne suffit pas de prêter allégeance à la cause souverainiste : le PQ doit expliquer ce qui justifie le partage du Canada.

La cuisante défaite de ce parti aux dernières élections aurait dû provoquer une profonde remise en question de son idéologie. Au contraire, afin d’éviter des déchirements internes, les rescapés du naufrage vivent depuis dans le déni.

Les programmes des candidats à la chefferie péquiste comportent des idées certes intéressantes, mais majoritairement réalisables à l’intérieur du cadre constitutionnel canadien. À titre d’exemple, a-t-on besoin de faire l’indépendance pour favoriser l’électrification des transports ?

Ces idées servent donc de paravent à la soumission à une idéologie qui a fait long feu et qui colle de moins en moins aux préoccupations actuelles des Québécois.

Seul le principal candidat dans cette course — se comportant parfois comme un cheval fou trop à l’étroit dans son enclos — laisse présager, en dépit de ses maladresses, qu’il est le seul qui ait l’envergure, la volonté et la poigne pour amener ce parti à de douloureuses mais nécessaires remises en question.

Références :
Déclin de l’option souverainiste: les immigrants n’y sont pour rien, dit un chercheur
Données linguistiques de Montréal selon le recensement de 2011
L’immigration menace le projet souverainiste, selon Péladeau
Péladeau sur l’immigration: dérive vers le «nationalisme ethnique», selon Couillard
Programme du Parti québécois

Publié depuis :
La rondelle ne roule pas pour le français dans la LHJMQ (2017-08-26)

Compléments de lecture :
Jacques Parizeau radote
La Charte de la laïcité : un mauvais départ
Parti Québécois : une décennie de dysfonctionnement électoral

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Écrit par Jean-Pierre Martel


L’employabilité des femmes niqabées

17 mars 2015
Niqab

Introduction

Mardi le 10 mars dernier, à la Chambre des Communes, le premier ministre du Canada a déclaré que le niqab était le produit d’une culture misogyne.

Aurait-il déclaré plutôt que c’était le fruit d’une culture préislamique misogyne, que cela n’aurait pas offensé grand monde. Mais en omettant cette nuance, il a suscité l’irritation des Musulmans du pays (qui se sont sentis visés par sa remarque), et la controverse au sein de la classe politique canadienne.

Dans son propre parti politique, le président du Conseil du Trésor, Tony Clement, a soutenu qu’il ne voyait pas d’inconvénient à ce qu’une fonctionnaire fédérale porte le niqab au travail. Son collègue Jason Kenney, ministre de la Défense, a plutôt déclaré que le port du niqab était incompatible avec l’exercice de certains métiers (en donnant l’exemple de ceux où il faut communiquer à visage découvert).

Au Nouveau Parti démocratique — actuellement le principal parti d’opposition avec 96 sièges — le chef Thomas Mulcair accuse le premier ministre de mener une campagne d’islamophobie et affirme l’intention de son parti de défendre la liberté de la pratique religieuse au pays.

Toutefois, son député québécois Alexandre Boulerice estime que les employés de l’État ne devraient pas être autorisés à couvrir leur visage.

De son côté, Justin Trudeau, chef du Parti libéral du Canada — deuxième parti d’opposition avec 35 sièges — soutient que le niqab est acceptable en tout temps et en tout lieu au Canada.

Droit à l’emploi et employabilité

Le droit au travail est un droit fondamental. Toutefois, à l’époque où les arbres étaient abattus à la hache, qui aurait embauché un manchot comme bucheron ?

La question du niqab se présente donc de manière différente selon qu’on l’envisage sous l’angle théorique du droit au travail, ou sous l’angle pratique de l’employabilité.

Pour tous les emplois où la femme représente physiquement l’entreprise ou l’État — que ce soit à l’accueil ou dans des bureaux où cette employée reçoit le citoyen ou le client, le port d’un masque est inacceptable.

S’il n’y a pas contact physique, ce problème n’existe pas. Toutefois, d’autres préoccupations surgissent.

Lorsque le fonctionnement de l’entreprise repose sur des relations de travail harmonieuses entre les employés, le port d’un masque constitue un obstacle à l’acceptation sociale de cet employé au sein d’équipes de travail.

De plus, le port du niqab n’est qu’une exigence religieuse parmi d’autres. Les imams qui prêchent l’obligation du port du niqab, interdisent généralement la mixité.

Selon eux, non seulement la femme niqabée doit-elle éviter tout contact physique avec des étrangers (donc pas de poignée de main), mais elle doit vivre dans un environnement de travail où hommes et femmes ne se rencontrent pas.

Concrètement, si le gouvernement Harper veut embaucher quelques-unes parmi les dix milles femmes niqabées auxquelles il a accordé la citoyenneté canadienne, il lui faudra aménager des bureaux, des couloirs, des ascenseurs et des aires de repos au sein desquelles jamais hommes et femmes niqabées ne se côtoient.

Ces aménagements coûteux devront évidemment être réalisés aux frais des contribuables.

C’est seulement à ces conditions qu’il pourra garantir le respect des croyances religieuses de ses employées niqabées.

Références :
Le niqab est le produit d’une culture «anti-femmes», dit Harper
Le port du niqab est un droit pour Justin Trudeau
Le port du niqab incompatible avec certains métiers, selon Jason Kenney
NDP’s Mulcair says party isn’t split over niqab controversy
Port du voile en hausse parmi les musulmanes au Canada

Parus depuis :
La CEDH juge «nécessaire» l’interdiction du voile intégral dans l’espace public (2017-07-12)
Algérie : Le niqab “interdit” sur les lieux de travail (2018-10-21)
Switzerland to ban wearing of burqa and niqab in public places (2021-03-07)

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectif M.Zuiko 12-40mm F/2,8 — 1/125 sec. — F/3,2 — ISO 200 — 23 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


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