Le concours « Gagnez l’expérience politique d’une vie » ou l’art de faire du financement politique… autrement

30 septembre 2014

Financement_LibéralLa plupart du temps, lorsque je publie un texte relativement à une formation politique, je lui expédie par courriel un avis de publication, de même qu’aux partis politiques concurrents.

Cela fait que je me trouve parfois sur la liste d’envois de certains partis. Je pourrais me désabonner mais je trouve intéressant d’y être.

C’est ainsi que j’ai appris qu’il suffisait de contribuer au financement du Parti libéral du Canada d’ici demain pour courir la chance de gagner un aller-retour pour la capitale canadienne afin d’y effectuer deux rencontres.

Premièrement, prendre un repas en compagnie du chef de ce parti, accompagné d’un de ses conseillers (sous un thème au choix du gagnant du concours) et deuxièmement, assister à une conférence d’Hillary Clinton, candidate à la prochaine élection présidentielle américaine.

Voilà un mode original de financement qu’on aurait intérêt à imiter.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Irak : le discours aux Américains que jamais Stephen Harper ne prononcera

27 septembre 2014

Le groupe armé État islamique est une menace pour le monde. C’est une menace parce qu’il est en position de conquérir facilement les plus importants sites d’extraction pétrolière du Moyen-Orient.

Or nous ne pouvons tolérer qu’un groupe extrémiste soit en position d’avoir le monde à sa merci; une telle menace est totalement inacceptable.

Voilà pourquoi, nous nous joindrons à vous dans la lutte que vous lui mènerez.

Mais nous ne sommes pas contents.

Nous ne sommes pas contents parce que le gâchis actuel en Irak est la conséquence directe de la politique extérieure menée par votre pays au Moyen-Orient.

Vous déstabilisez les gouvernements qui s’y trouvent, vous armez ou vous laissez vos alliés locaux équiper en armements les groupes les plus extrémistes et vous vous étonnez que cette région soit mise à feu et à sang. Mais où aviez-vous donc la tête en semant le désordre et en libérant la furie des armes ?

Et voilà que vous faites appel à nous pour réparer les pots cassés. Sans même avoir admis la lourde responsabilité de votre pays dans ce désastre.

Lorsque votre pays a voulu nous dicter notre participation à la guerre en Irak, nous vous avons répondu que la participation canadienne à cette guerre était conditionnelle au feu vert des Nations Unies. Il s’agissait d’une ruse de notre part puisque nous savions que jamais l’ONU ne l’autoriserait.

Des accusations sans fondement de possession d’armes de destructions massives et la production de documents falsifiés à l’appui de votre thèse à l’ONU ont miné la crédibilité de votre pays à travers le monde.

Mais par-dessus tout, notre ressentiment vient de vos accusations d’être « antiaméricains » parce que nous osions ne pas nous soumettre à vos dictats militaristes et refusions de vous suivre stupidement au doigt et à l’œil.

Le Canada est le principal partenaire commercial des États-Unis. Les Canadiens achètent plus de biens et de services américains qu’aucun autre peuple au monde, quelle que soit sa population.

Le Canada se considère comme le meilleur ami des États-Unis. Or le rôle d’un ami, ce n’est pas de vous dire ce que vous voulez entendre : c’est, entre autres, de vous prévenir quand vous allez commettre une erreur. C’est ce que nous avons fait.

Mais votre pays a préféré la compagnie des courtisans qui vous encourageaient à vous tirer dans le pied. Avec le résultat qu’on sait.

En dépit de cette rebuffade, nous nous considérons toujours comme votre meilleur ami. Et encore cette fois, nous allons être francs.

Cessez de nourrir la haine à votre égard.

Découragez activement la guerre coloniale d’Israël en Palestine. Comment ? Votre subvention annuelle de trois milliards$ devrait être réduite d’une somme équivalente à ce que ce pays consacre à la colonisation de la Palestine. Étant donné que les divers postes au budget de tout État sont des vases communicants, cela vous éviterait d’être accusé de financer indirectement cette guerre coloniale. Surtout, cela éviterait d’alimenter le ressentiment et la colère légitime des Arabes contre vous.

Et Israël, s’il le désire, pourrait recevoir cette subvention intégralement en cessant sa politique d’implantation de colonies israéliennes en Palestine.

Relativement aux pays arables, faites comme Louis-XV : reversez vos alliances.

Entre ces deux pays ennemis que sont l’Inde et le Pakistan, cessez de verser des milliards$ à l’armée pakistanaise qui vous méprise et vous déteste. Le Pakistan est le centre mondial de la haine. La haine de son voisin, l’Inde. La haine des Juifs. La haine des Chrétiens. La haine des valeurs occidentales. Bref, les Pakistanais sont des « pisseux de vinaigre ». Cessez de vouloir en faire des amis; cela n’arrivera jamais.

L’Iran chiite est le rempart contre l’intégrisme sunnite, représenté par l’Arabie saoudite. Quant à lui, l’intégrisme iranien est inoffensif dans la mesure où il ne se propage pas; sauf l’Irak, tous les autres pays musulmans sont sunnites, donc réfractaires à son influence. En contrepartie, l’Iran est le seul pays stable et fort du Moyen-Orient.

Cessez de servir les intérêts de la monarchie obscurantiste d’Arabie saoudite en affaiblissant l’Iran. À part le Hezbollah libanais, partout où des extrémistes musulmans se manifestent, ceux-ci sont financés par l’Arabie saoudite.

Quant à la bombe nucléaire iranienne, lorsque ce pays aura rejoint le club sélect des puissances nucléaires, jurez d’anéantir ce pays et de le rayer de la surface du globe s’il devait s’en servir. Ce devrait être suffisant pour l’en dissuader.

Bref, l’appui canadien à cette nouvelle guerre est inconditionnel. Toutefois, nous profitons de l’occasion pour vous parler avec franchise. Puisse-t-elle vous aider à cesser de vous mettre les pieds dans les plats…

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Irak : l’instrumentalisation des malheurs du peuple yézidi

26 septembre 2014

En 2007, alors que l’Irak était occupé militairement pas les États-Unis et le Royaume-Uni, Du’a Khalil Aswad, une jeune fille de 17 ans, membre d’une tribu de Yézidis, fut lapidée à mort au Kurdistan irakien à la demande de son oncle. Pourquoi ? Celle-ci était tombée amoureuse d’un Musulman. Toute la scène a été filmée à l’aide de téléphones portables. Mais jamais les forces d’occupation n’ont cherché à trouver ni à punir les coupables.

Le but de la guerre en Irak de 2003 était de libérer le pétrole irakien de son embargo et non de libérer le peuple irakien. Et pour favoriser l’acceptation par les Irakiens de l’occupation militaire qui en a suivi, il fallait fermer les yeux sur les coutumes arriérées du peuple yézidi, entre autres.

Conséquemment, les mariages forcés et les crimes d’honneur se sont poursuivis impunément avec la complicité tacite des forces d’occupation.

Cinq mois après la lapidation de Du’a Khalil Aswad, le groupe armé État Islamique — déjà lui — venge la mort de celle-ci en faisant exploser quatre camions-citernes dans autant de villages yézidis, tuant 796 personnes et faisant plus de 1 500 blessés. À l’époque, l’Irak est occupé par 150 000 militaires anglais ou américains, appuyés par 163 000 mercenaires, tous impuissants à prévenir cette violence.

Mais pour nous faire accepter une nouvelle guerre qui tire sa justification du désastre laissé par une guerre antérieure, on nous donne l’exemple des pauvres femmes yézidies qu’on délivrerait de leurs bourreaux musulmans alors qu’un quart de million de soldats étrangers au sol étaient impuissants ou indifférents à leur sort il y a si peu d’années.

De plus, jusqu’à tout récemment, l’armée canadienne décourageait les soldates victimes de viols au sein même de l’armée de porter plainte. L’armée était beaucoup plus préoccupée à préserver son prestige qu’à poursuivre les soldats violeurs. Peut-on croire sérieusement à cette soudaine sollicitude à l’égard des Yézidies violées ?

Tout cela vise à manipuler les femmes occidentales afin qu’elles acceptent une nouvelle guerre en Irak. En réalité, les forces américaines et britanniques ne se sont jamais souciées des malheurs des femmes yézidies. Jamais.

Dans cette partie du monde, on n’assiste pas à un affrontement entre des bons et des méchants, mais entre des méchants et des pires qu’eux.

Il serait peut-être temps de réaliser que si les Sunnites irakiens veulent la Démocratie parlementaire à l’Occidental, il faudra qu’ils en paient le prix de leur propre sang et non compter passivement sur nous. Le fait qu’ils ne soient pas prêts à payer ce prix et qu’ils accueillent de manière enthousiaste l’arrivée des soldats de l’organisation État Islamique m’incite à croire qu’ils ne veulent pas vraiment changer. Quelques années d’un califat barbare leur ferait peut-être changer d’idée…

Malheureusement, cette idée est totalement inacceptable pour l’Occident. L’Irak deviendrait ainsi une immense base opérationnelle pour le terrorisme international, financée par ses revenus pétroliers. Il faudrait donc de nouveau un boycottage international du pétrole irakien (du moins celui du nord du pays) et des frappes de drones pour détruire ses camps d’entrainement au fur et à mesure qu’ils apparaissent.

Ce serait surtout l’aveu de l’échec cuisant de la politique des Néoconservateurs américains au Moyen-Orient; après avoir dépensé des centaines de milliards$, les États-Unis se retrouvent devant une situation pire que celle qui prévalait au moment où Saddam Hussain a été renversé.

Idéalement, les États-Unis devraient réaliser trois choses.

Premièrement, dans un pays divisé par des haines tribales, seul un gouvernement central fort, voire sanguinaire, peut garantir l’unité du pays… à moins de laisser les différentes ethnies irakiennes décider de leur avenir et leur laisser le choix de rompre les frontières artificielles décidées par l’Angleterre et la France lors du dépeçage de l’Empire ottoman.

Deuxièmement, ils ne peuvent laisser l’Arabie saoudite financer des écoles coraniques qui prêchent le wahhabisme — une forme rigoriste de l’Islam à la limite de la haine contre les valeurs occidentales — et qui sont donc des pépinières de terroristes, sans que cela ait des conséquences sur la paix.

Et troisièmement, lorsque les pétromonarchies du golfe déstabilisent la Syrie et arment les combattants radicaux jusqu’aux dents, ces mercenaires acquièrent une expertise dangereuse qui se répercutera inévitablement ailleurs. À semer le vent, on récolte la tempête.

Mais je doute que les Américains soient lucides au point de tirer une leçon de leurs erreurs.

Dans tous les cas, le Canada suivra la parade américaine parce qu’il n’a pas le choix. Le groupe armé État Islamique, au-delà de toute propagande occidentale, est réellement une menace à la sécurité du monde. Seuls l’Iran, la Turquie et Israël sont en mesure de s’opposer à une invasion des hordes de cette organisation barbare. Ni la Jordanie, ni l’Arabie saoudite (en dépit de la sophistication des armes dont elle dispose), ni les pétromonarchies du golfe, ni tout le reste de la péninsule arabique, n’ont d’armées capables d’y faire face.

Dans le contexte actuel, la seule décision que le Canada peut prendre, c’est de limiter à l’avance l’importance de sa participation. Mais à voir le zèle du gouvernement Harper à battre naïvement le tambour de la guerre, il ne fait aucun doute que la participation canadienne sera maximale.

Références :
Culture du viol dans l’armée : le point de vue d’un ex-militaire
Doaa Khalil Assouad
La lapidation ou la barbarie participative
Le cauchemar des femmes prisonnières de l’État islamique

Paru depuis :
Les conservateurs aussi inactifs que les libéraux pour aider les yézidis (2016-07-19)

Sur le même sujet :
Ce que cache la menace “État islamique”
« La lutte se joue principalement dans l’imaginaire »

Irak : l’instrumentalisation des malheurs du peuple yézidi
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Écrit par Jean-Pierre Martel


L’injustice et la peur

23 septembre 2014

Le moteur des révolutions est le sentiment d’injustice.

En Tunisie, un vendeur voit son étal de fruits confisqué arbitrairement par la police. Dans son esprit, la perte de son unique gagne-pain condamne ses enfants à mourir de faim. Il s’immole par le feu pour dénoncer cette injustice et son sacrifice déclenche le Printemps arabe.

Aux États-Unis en 1764, une taxe jugée injuste sur le thé déclenche une révolte — animée par le slogan « No taxation without representation » — qui mène à la Révolution américaine.

En 1789, la misère du peuple et le faste de la cour entrainent la France sur la voie de la Révolution française.

Après près de 1,7 million de morts au cours de la Première Guerre mondiale — causés par une aristocratie militaire incompétente — il faudra un hiver rude et des pénuries alimentaires pour déclencher des émeutes (sévèrement réprimées) menant à la Révolution russe.

Sans qu’il s’agisse d’une révolution, rappelons que l’accession au pouvoir du Parti Québécois en 1976 a été favorisée par un fait divers; la suspension, par la Canadian Air Traffic Control Association, de pilotes et contrôleurs canadiens-français pour avoir parlé entre eux en français.

À l’opposé, le meilleur moyen d’étouffer une révolte, c’est la peur. La peur de la mitraille ou la peur des conséquences d’un bouleversement politique ou économique. De manière absurde, il faut que même le pauvre se dise : « J’ai rien mais je ne veux pas tout perdre. »

Voilà pourquoi la peur a été utilisée contre les indépendantistes d’Écosse et ceux du Québec. Elle le sera contre les indépendantistes de Catalogne.

Certains s’en offusquent. Moi, je trouve cela normal. Le recours à la peur est légitime de la part de ceux qui s’opposent au changement parce qu’ultimement, c’est le seul moyen qui marche. Or, lorsqu’il s’agit de la raison d’État, la fin justifie toujours les moyens.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le colloque destiNation

21 septembre 2014

Hier et aujourd’hui, j’ai participé au colloque indépendantiste « destiNation : Nouvelles idées » organisé par le Conseil de la souveraineté du Québec.

Ouvert à tous, ce colloque réunissait un millier de participants invités à entendre des conférenciers le matin et, en après-midi, à discuter de sujets précis en ateliers. Je me suis inscrit à celui relatif à la langue et à la culture. Le lendemain, les propositions adoptées en atelier étaient soumises pour adoption finale lors d’une plénière.

Parmi les conférenciers, quelques-uns furent plutôt bien. Mais la majorité des exposés furent exceptionnellement bons, présentés par des conférenciers brillants que j’entendais pour la première fois.

En atelier, les participants étaient invités à discuter de deux projets de propositions (susceptibles d’être amendées) et, si approprié, à soumettre de nouvelles propositions.

En plénière, les seules propositions retenues en atelier qui furent soumises à l’assemblée étaient celles qui apparaissaient originellement dans le cahier de propositions (à quelques détails près).

Globalement, il s’agissait de vœux pieux et dans certains cas, de propositions tellement ambitieuses qu’elles dépassent les capacités organisationnelles du Conseil de la souveraineté du Québec.

En effet, cet organisme est financé par les cotisations de quelques centaines de membres et par les profits réalisés lors d’événements-bénéfices (exemple : des méchouis).

Bref, n’importe quel stratège hostile à l’idéologie de cet organisme aurait très bien pu voter en faveur de certaines de ses résolutions dans l’espoir machiavélique qu’il se disperse dans tous les sens et épuise ses bénévoles à des projets mobilisateurs trop ambitieux.

Toutes les propositions ont été adoptées sauf une. Personnellement, j’ai voté contre un petit nombre d’entre elles.

Les propositions de l’atelier sur la langue et la culture

Les projets de propositions soumises à notre attention visaient quatre objectifs. Premièrement, réaffirmer l’importance de la défense du français. Deuxièmement, se prononcer en faveur du soutien de l’État aux industries culturelles. Troisièmement, inviter ces industries à réfléchir sur la manière de mieux orienter l’action du mouvement indépendantiste sur les enjeux culturels. Et dernièrement, inviter les artistes à promouvoir le mouvement indépendantiste.

Bref, rien de concret. De belles propositions charmantes et inoffensives, délicates comme de la dentelle et aussi consistantes que du Jell-O.

En lisant et relisant les résolutions de mon comité, l’image qui me venait constamment à l’esprit, c’est celle d’une famille qui se réveille alors que leur maison est en feu. Au lieu d’appeler les pompiers ou de se précipiter à l’extérieur afin d’éviter d’être brulés vifs, les membres de cette famille décidaient plutôt de se réunir autour de la table de la cuisine afin de discuter d’une proposition visant à sensibiliser les pompiers à l’importance d’éteindre les feux.

Bref, dans 500 ans, si des anthropologues devaient creuser le sol de Montréal dans le but d’essayer de comprendre comment la société québécoise s’est éteinte, il leur suffira de découvrir les résolutions dont ses élites discutaient alors que leur maison était en feu, pour comprendre pourquoi cette société a disparu.

L’erreur du Budget de l’An 1

J’ai également voté contre la proposition voulant «… que les organisations de la société civile entreprennent une réflexion sur la nécessité pour le Québec de mettre en œuvre une démarche constituante permettant aux Québécois de définir leur propre constitution ».

Ce charabia signifie que le petit nombre d’organismes qui soutiennent le Conseil s’uniraient à lui pour former une Assemblée constituante — à l’image de celle de 1789, au début de la Révolution française — qui s’attellerait à la tâche de rédiger, au nom du peuple québécois, la constitution hypothétique d’un Québec indépendant.

J’ai voté contre parce qu’il est extrêmement prétentieux pour le Conseil, représentatif d’un minuscule pourcentage du peuple québécois, de se donner le mandat de diriger les travaux menant à la rédaction de la constitution d’un pays à venir.

Au cours des deux référendums précédents, personne n’a demandé de voir la future Constitution du Québec avant de voter.

Pour le mouvement indépendantiste, il est donc imprudent de risquer que la stratégie de la future campagne référendaire dérape au sujet d’un obscur article d’un texte constitutionnel hypothétique et répéter ainsi l’erreur du « Budget de l’an 1 » du Parti Québécois.

D’où vient cette manie de créer des vulnérabilités inutilement ? De toute évidence, certains indépendantistes ne tirent jamais de leçon des erreurs du passé.

Les référendums-suicides

De plus, j’ai voté contre la résolution voulant qu’on tienne, dès que possible, un référendum sur l’indépendance du Québec.

La veille, un conférencier est venu expliquer que l’appui du peuple québécois à l’indépendance est en lent déclin depuis des années.

Déclin de l’appui à l’indépendance du Québec depuis une décennie

Depuis les deux référendums sur l’indépendance, battus de justesse, le Québec accueille annuellement 50 000 personnes, ce qui fait un demi-million d’immigrants par décennie.

À 60%, ceux-ci choisissent de s’angliciser. Au contraire, le Québec est francophone à 80%. Cet apport humain de néoQuébécois entraine donc un bouleversement démographique.

Au sein d’une population déchirée à se sujet, la diminution du pourcentage des Francophones qui habitent Montréal et sa périphérie entre 2006 et 2011 s’opère dans un contexte où chaque fraction de pourcentage compte.

Le seul groupe linguistique majoritairement favorable à l’indépendance, ce sont les Québécois francophones (de souche ou non). Or leur ferveur indépendantiste diminue depuis une décennie.

Il est donc impossible que le peuple québécois vote majoritairement pour l’indépendance tant et aussi longtemps que le pourcentage de Francophones à Montréal continuera de péricliter et tant qu’on n’aura pas convaincu davantage de Francophones à l’option indépendantiste.

À vouloir imposer aux gens un référendum dont ils ne veulent pas, certains Québécois en sont rendus à faire de l’urticaire simplement à entendre prononcer le mot « référendum » alors qu’il n’y a rien de plus démocratique que de donner au peuple le pouvoir de décider des enjeux importants qui le concernent.

L’aveuglement idéologique du Conseil explique à la fois sa volonté de promouvoir la tenue de référendums-suicides, et l’insignifiance des propositions qui nous ont été soumises à l’atelier sur la langue et la culture.

Conclusion

À la suite de la défaite électorale cuisante des deux principaux partis politiques indépendantistes — le Bloc Québécois sur la scène fédérale et le Parti Québécois sur la scène provinciale — les partis et mouvements indépendantistes sont plus que jamais ouverts aux idées nouvelles.

Toutefois, elles ont encore conservé les mécanismes de défense qu’elles ont mis en place depuis des décennies afin de se protéger des hurluberlus et des fanatiques.

Mais en dépit de ces réflexes défensifs, ces organisations ont perdu la suffisance qu’elles affichaient du temps de leurs heures de gloire. Même si les idées que j’ai exprimées dans l’atelier auquel je me suis inscrit n’ont pas été retenues et n’ont donc pas été présentées à l’assemblée du lendemain, ces idées — qui sont celles que j’exprime depuis quatre ans sur ce blogue — ont trouvé un autre terreau fertile et je suis convaincu qu’elles feront leur chemin.

Pour terminer, voici quelques photos prises à ce colloque.

L’animatrice Martine Desjardins et les conférenciers Pierre-Alain Cotnoir et Jean-François Nadeau
Flavie Payette-Renouf, Robert Laplante et Monique Pauzé
Danic Parenteau
Jean-Pierre Charbonneau
Jocelyn Caron
L’ex premier ministre Bernard Landry
Animateurs de mon atelier : Jean-François Payette, Simon-Pierre Savard-Tremblay, Maxime Laporte, Flavie Payette-Renouf Pierre Curzi et (hors champ) Andrée Feretti
Jason Brochu-Valcourt (vice-président) Gilbert Paquette (président) annonçant le changement de nom de « Conseil de la souveraineté du Québec » à « Organisations unies pour l’indépendance du Québec »
Clôture animée par des jeunes

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectif M.Zuiko 40-150mm R
1re photo : 1/160 sec. — F/4,8 — ISO 1600 — 82 mm
2e  photo : 1/250 sec. — F/5,6 — ISO 1000 — 145 mm
3e  photo : 1/320 sec. — F/5,6 — ISO 2000 — 150 mm
4e  photo : 1/250 sec. — F/5,1 — ISO 2500 — 108 mm
5e  photo : 1/250 sec. — F/5,6 — ISO 2000 — 150 mm
6e  photo : 1/320 sec. — F/5,6 — ISO 1250 — 150 mm
7e  photo : 1/80 sec. — F/4,0 — ISO 1000 — 40 mm
8e  photo : 1/250 sec. — F/5,6 — ISO 1250 — 150 mm
9e  photo : 1/80 sec. — F/4,0 — ISO 320 — 40 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Test comparatif : infrarouge à 720nm vs à contraste élevé

19 septembre 2014

Préambule

Les capteurs des appareils photo ne sont rien d’autre que des compteurs de photons (c’est-à-dire de grains de lumière). Mais ils ne sont pas limités à la lumière visible. Si on enlève le filtre qui leur bloque l’infrarouge, ces capteurs comptent alors le rayonnement infrarouge comme si c’était de la lumière visible.

Si le rayonnement infrarouge ne cause pas de problème pour les capteurs, en revanche cela représente un défi pour les logiciels qui lisent les fichiers bruts des appareils infrarouges.

En effet, ces logiciels sont conçus pour lire le dénombrement enregistré dans les fichiers bruts et le répartir en couches rouge, bleu et vert. Or dans une image infrarouge, il n’y a ni rouge, ni bleu, ni vert. Si on devait demander à ces logiciels de nous créer une vraie photo infrarouge, celle-ci serait totalement noire puisque l’infrarouge est invisible à nos yeux.

Alors que font-ils ? Ils créent plutôt une fausse image en couleur. Par convention, elle est habituellement rouge ou violette mais elle serait bleue ou verte que ce serait tout aussi artificiel.

Les filtres infrarouges

La photographie infrarouge vise à capter le rayonnement compris entre 750nm et 1300nm. Plusieurs types de filtres peuvent être utilisés à cette fin.

On les distingue par la limite en deçà de laquelle la lumière est bloquée. Par exemple, on parlera d’un filtre de 590 nanomètres, 665 nm, 720 nm (les plus populaires), 850 nm ou 950 nm (dit à contraste élevé). Puisque la frontière entre la lumière rouge et les rayons infrarouges se situe aux alentours de 750 nm, les premiers filtres laissent passer le rouge profond, alors que les derniers bloquent complètement la lumière visible.

Puisque les capteurs des appareils photo numériques cessent d’être sensibles à l’infrarouge au-delà de 1300 nm, les photos infrarouges enregistrent donc le rayonnement entre 750 nm et 1300 nm, soit l’infrarouge rapproché.

Lorsque j’ai décidé de transformer mon appareil photo couleur en appareil infrarouge, j’ai choisi la conversion en infrarouge de 720nm. Tout simplement parce que c’était la plus populaire. Mais avais-je fait le bon choix ?

Pour en avoir le cœur net, je me suis procuré un filtre infrarouge de 950nm pour la somme de 8,50$, soit 6,6 euros. Vissé à l’objectif de mon appareil, il le transforme instantanément en appareil infrarouge de 950nm. En effet, si théoriquement l’appareil pourrait accepter la lumière comprise entre 720nm et 950nm, il ne la reçoit jamais puisqu’elle est bloquée par le filtre externe.

Conditions du test comparatif

Les photos qui suivent ont toutes été prises avec le même appareil, le même objectif, le même jour, et au même endroit. Lorsque deux photos sont comparées, elles ont exactement la même focale, le même ISO, et la même ouverture de diaphragme.

Ce qui les distingue, c’est deux choses. Premièrement, le filtre infrarouge — de 720nm à l’intérieur ou de 950nm à l’extérieur de l’appareil — et la vitesse d’obturation, considérablement plus lente pour le filtre de 950nm puisqu’il laisse passer beaucoup moins de lumière.

Tel quel (ou presque)

720nm : réduction de la taille de l’image et recadrage seulement
950nm : réduction de la taille de l’image et recadrage seulement

Par défaut, toutes les photos infrarouges manquent de netteté. En dépit de l’augmentation du contraste des tons moyens effectuée au moment de l’importation de l’image sous Photoshop (clarté +80), le résultat est fade dans les deux cas.

La seule différence notable est que la photo de 720nm est légèrement sépia alors que celle de 950nm est bleutée; cette différence ne veut rien dire, comme nous l’avons vu en préambule.

De plus, le feuillage sur la photo prise à l’infrarouge dit « à contraste élevé » — la bleue — semble, au contraire, avoir légèrement moins de contraste.

Après ajustement

720nm : après traitement avec Adjust de Topaz Labs
950nm : après traitement avec Adjust de Topaz Labs

Sous Photoshop, avant la conversion en blanc et noir, j’ai l’habitude depuis quelque temps de traiter mes infrarouges à l’aide d’un logiciel d’appoint (plug-in) appelé Adjust de l’éditeur Topaz Labs. Le module s’appelle « Detail ». Grâce à lui, les photos ont plus d’impact.

Encore ici, le ciel semble plus foncé sur la deuxième photo. Mais à part cette différence, les deux sont assez semblables sauf, encore une fois, un peu moins de contraste dans la photo prise à l’infrarouge dit « à contraste élevé ».

Après suppression de la couleur

720nm et 950nm : + conversion en blanc et noir

720nm et 950nm : + conversion en blanc et noir

720nm et 950nm : + conversion en blanc et noir

Au-delà de nos préférences personnelles — et qui auraient pu être différentes si ces photos avaient été traitées différemment — ce qu’il faut retenir, c’est que sur les infrarouges de 950nm, les ciels sont plus foncés et le feuillage y est légèrement moins contrasté. Donc si on parle d’infrarouge à contraste élevé, c’est uniquement parce qu’au premier coup d’œil, les ciels sont plus sombres.

Autres différences

Reflets solaires avec filtre externe

Lorsqu’on photographie à contrejour, certains objectifs ont une tendance à capter des reflets du soleil, particulièrement lorsqu’on les prive d’un pare-soleil.

En vissant un filtre à ces objectifs, on augmente la probabilité d’obtenir de tels reflets. Cela est d’autant plus visible lorsqu’ils apparaissent sur des ciels plus foncés. Précisons que ces reflets, lorsqu’ils sont visibles, sont assez discrets; dans l’exemple ci-dessus, je l’ai vraiment fait par exprès.

Donc l’utilisation d’un filtre extérieur — peu importe lequel — augmente le risque de créer de tels reflets. Cela ne serait pas le cas si j’avais opté dès le départ pour une conversion à 950nm.

Milieu aquatique en infrarouge à 720nm

Plus de la moitié de l’énergie solaire est constituée de rayonnement infrarouge. Conséquemment, par temps ensoleillé, n’importe quel objectif fait l’affaire. Toutefois, dans les conditions de faible luminosité, la photographie infrarouge nécessitera l’emploi d’un objectif lumineux. Et ce qui pourrait être à peine suffisant pour l’infrarouge de 720nm, pourrait s’avérer impossible pour l’infrarouge de 950nm.

Dans le cas de cette mare à poissons, plutôt ombragée, il m’a été impossible de prendre des infrarouges de 950nm puisque le temps d’exposition dépassait souvent une demi-seconde alors que sous l’infrarouge de 720nm, il variait entre 1/30e et 1/500e de seconde.

Conclusion

Les photos obtenues avec des filtres infrarouges ordinaires ressemblent énormément à celles obtenues avec des filtres à contraste élevé. Ces derniers sont appelés ainsi parce qu’ils donnent des ciels et les surfaces d’eau plus sombres qu’avec des filtres qui laissent passer un peu de lumière visible.

La seule véritable différence entre les deux, c’est que les filtres à contraste élevé bloquent toute la lumière visible et suffisamment du rayonnement infrarouge pour nécessiter des temps d’exposition prolongés en comparaison avec les filtres de 720nm. Plus précisément, les filtres de 950nm laissent passer environ 24 fois moins de lumière vers le capteur que le font les filtres de 720nm.

Détails techniques : Appareil Panasonic GH1 transformé en appareil infrarouge de 720nm, objectif Lumix 14-42mm II
  1re photo : 1/800 sec. — F/5,6 — ISO 100 — 14 mm
  2e  photo : 1/30 sec. — F/5,6 — ISO 100 — 14 mm
  3e  photo : 1/1250 sec. — F/5,6 — ISO 100 — 14 mm
  4e  photo : 1/40 sec. — F/5,6 — ISO 100 — 14 mm
  5e  photo : 1/800 sec. — F/5,0 — ISO 100 — 16 mm
  6e  photo : 1/40 sec. — F/5,0 — ISO 100 — 16 mm
  7e  photo : 1/500 sec. — F/5,0 — ISO 100 — 22 mm
  8e  photo : 1/30 sec. — F/5,0 — ISO 100 — 22 mm
  9e  photo : 1/1250 sec. — F/6,3 — ISO 100 — 20 mm
10e  photo : 1/50 sec. — F/6,3 — ISO 100 — 20 mm
11e  photo : 1/50 sec. — F/5,0 — ISO 100 — 20 mm
12e  photo : 1/500 sec. — F/5,6 — ISO 100 — 42 mm


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Écrit par Jean-Pierre Martel


La guerre civile syrienne et ses enjeux

17 septembre 2014

Mise en contexte

Parmi les arguments secondaires invoqués par le gouvernement américain pour justifier la guerre en Irak auprès du peuple américain, il y avait cet espoir que l’Irak — une fois pacifiée et modernisée en se modelant sur ses envahisseurs bienveillants — serve d’exemple à l’ensemble des peuples de la région.

Complètement imprévu, le Printemps arabe est apparu comme une occasion inespérée pour la Droite américaine de justifier à postériori cette guerre et l’occupation militaire de l’Irak, devenues ruineuses et impopulaires.

Originellement motivé par un désir d’être respecté et d’être soustrait à l’arbitraire, le Printemps arabe a été présenté aux Américains comme un élan — non pas en faveur de la justice, ce qu’elle était originellement — mais plutôt en faveur de la Démocratie parlementaire à l’occidentale, un élan suscité par la démocratisation de l’Irak, ce qui est totalement faux.

Par le biais des agences de nouvelles, toute la machine de propagande américaine s’est employée à manipuler des milliers de participants sur les médias sociaux afin qu’ils encouragent les jeunes insurgés. De son côté, l’Arabie saoudite a usé de son influence sur le clergé de nombreux pays pour que la prière du vendredi se transforme en appel à la révolte.

Comme des dominos qui tombent les uns sur les autres, après avoir enflammé les pays musulmans qui bordent la Méditerranée, la révolte a finalement atteint la Syrie.

La Syrie, État pivot

Carte de la Syrie
 
La Syrie est un État multiconfessionnel qui, de ce fait, aurait été plus tôt en proie à des affrontements ethniques n’eut été l’autoritarisme sanglant de ses dirigeants.

Contrairement aux autres pays du Printemps arabe, la Syrie, une fois poussée à la guerre civile, est devenue le champ d’une bataille que se livrent des puissances étrangères.

En gros, il y a deux clans.

Du côté gouvernemental, il y a l’Iran et certains groupes irakiens chiites. Derrière eux, il y a la Russie et la Chine.

Du côté des insurgés, il y a le Qatar, l’Arabie saoudite et la Turquie. Derrière ceux-ci se trouvent les États-Unis et l’Europe occidentale.

Le clan gouvernemental

La Syrie est le principal allié arabe de l’Iran. C’est par le biais de la Syrie que l’Iran achemine armes et financement au Hezbollah libanais (de confession chiite).

La Russie est le principal fournisseur d’armes du régime de Bachar el-Assad. Non seulement la Syrie est le client et le seul allié qui lui reste dans la région, mais c’est à Lattaquié qu’est construite la seule base maritime russe en Méditerranée.

Le clan des insurgés

Situés de part et d’autre du Golfe persique, le Qatar est rival de l’Iran dans l’exploitation d’un des principaux champs gaziers du monde, situé à cheval entre les deux pays. Afin d’acheminer son gaz naturel vers l’Europe, le Qatar projetait la construction d’un gazoduc partant de ce pays et qui aurait traversé l’Arabie Saoudite, la Jordanie et la Syrie. De son côté, afin d’acheminer le gaz de ce même gisement à partir de son territoire, l’Iran projetait la construction d’un gazoduc traversant plutôt l’Irak et la Syrie.

Ces deux projets avaient une chose en commun; la traversée du territoire syrien. Mais entre les deux, Bachar el-Assad a opté pour le projet de son allié, l’Iran. D’où la détermination des Qataris de le renverser à tout prix.

À la merci de la Russie pour son approvisionnement en gaz naturel, l’Europe occidentale ne gagne rien à se libérer de la Russie si c’est pour devenir dépendant au gaz iranien. Voilà pourquoi, elle n’a pas d’autre choix que de se ranger derrière les Qataris.

Mais ce faisant, l’Europe joue un jeu extrêmement dangereux. Au cours de la guerre en Irak, deux pays servaient de tampons pour freiner le flot des réfugiés irakiens en direction de l’Europe : la Syrie et la Turquie.

En déstabilisant la Syrie, la Turquie devient le seul tampon qui protège l’Europe de l’invasion de centaines de milliers de réfugiés provenant d’une région mis à feu et à sang par des puissances étrangères.

La Turquie, parfaitement consciente de la montée de son importance stratégique, a acheminé 47 tonnes de matériel militaire aux insurgés.

Pendant des siècles, l’Europe — surtout l’Autriche — a vécu dans la peur d’une invasion ottomane. Ironiquement, c’est maintenant le contraire; le continent européen dépend, entre autres, de la Turquie pour sa sécurité.

Sans avoir besoin d’adhérer à l’Union européenne, la Turquie pourra bientôt monnayer la dépendance à son égard en exigeant des traités bilatéraux Europe-Turquie qui lui seront favorables.

La guerre civile syrienne fait partie d’un grand processus de déstabilisation du Moyen-Orient. Cette déstabilisation a pour but de créer des occasions d’affaires pour l’industrie militaire et empêcher les pays producteurs de pétrole d’appliquer leurs revenus à des fins autres qu’à leur propre défense et à la poursuite de leurs intérêts stratégiques.

Longtemps clients de l’industrie de la torture syrienne, les États-Unis n’ont plus besoin d’elle puisqu’ils la pratiquent maintenant ouvertement.

Ils aimeraient un changement de régime en Syrie parce qu’ils veulent que ce pays cesse d’acheminer des armes et du financement iranien aux milices du Hezbollah; ces dernières déstabilisent le Liban et se servent de ce pays comme base opérationnelle pour attaquer son allié le plus important de la région, Israël.

Référence : Guerre civile syrienne

Paru depuis :
If the Castle Falls: Ideology and Objectives of the Syrian Rebellion (2015-12-21)

La guerre civile syrienne et ses enjeux
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Écrit par Jean-Pierre Martel


Quelques autres penjings

16 septembre 2014
Micocoulier de Chine, 50 ans (don de Wu Yee Sun)
Orme de Chine, 35 ans (don de Wu Yee Sun)
Grenadier, 80 ans (don du Gouvernement de Chine)
Orme de Chine, 60 ans (don de Wu Yee Sun)
Osmanthe, 15 ans (créé au Jardin botanique de Montréal)
Sagérétia, 85 ans (don de Wu Yee Sun)
Orme de Chine, 60 ans (don du Gouvernement de Chine)

En été, le Jardin de Chine offre le cadre idéal pour mettre en valeur quelques-uns parmi les centaines de penjings que possède le Jardin botanique de Montréal.

Même si on peut admirer des arbres nains chinois à longueur d’année dans la serre climatisée qui leur est consacrée, ils n’y bénéficient pas du décor pittoresque et de l’espace dont ils disposent au Jardin de Chine.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectif Voigtländer 25mm F/0,95 + filtre Hoya à densité neutre ND8
1re photo : 1/1600 sec. — F/0,95 — ISO 200 — 25 mm
2e  photo : 1/320 sec. — F/2,0 — ISO 200 — 25 mm
3e  photo : 1/1000 sec. — F/0,95 — ISO 200 — 25 mm
4e  photo : 1/800 sec. — F/0,95 — ISO 200 — 25 mm
5e  photo : 1/1000 sec. — F/0,95 — ISO 200 — 25 mm
6e  photo : 1/200 sec. — F/2,0 — ISO 200 — 25 mm
7e  photo : 1/500 sec. — F/2,0 — ISO 200 — 25 mm


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Écrit par Jean-Pierre Martel


Quelques penjings

14 septembre 2014
Orme de Chine, 80 ans (don de la ville de Shanghai)
Érable trident, 45 ans (don de Stanley M. Chinn)
Murraya paniculé, 215 ans (don de la Société de bonsaï et de penjing de Montréal)
Gardénia Cape Jasmin, 25 ans (créé au Jardin botanique de Montréal)
Orme de Chine, 110 ans (don de Wu See-Sun)
Pin sylvestre, 10 ans (don de Cheng Xiao Hua)
Orme de Chine, 50 ans (don de la ville de Shanghai)

Si les Égyptiens furent les premiers à cultiver des arbres en pot, les Chinois furent les premiers à les cultiver pour des raisons esthétiques et ce, dès la dynastie des Han (-206 à 220).

Le mot utilisé par les Chinois est « penjing » : ses deux syllabes signifient respectivement « coupe ou plateau » et « paysage ». Il signifie la représentation d’un paysage dans une coupe.

Cela est évident lorsqu’on associe à l’arbre miniature une pièce d’eau, des roches ou des figurines. Cela l’est moins lorsque cet arbre est seul dans son pot, comme c’est le cas du bonsaï.

Autre distinction, la forme torturée du bonsaï est obtenue en contraignant les branches à suivre les lignes sinueuses imposées par des fils de métal qui courent autour de celles-ci. En principe, la forme du penjing ne serait déterminée que par la taille des branches.

Dans les faits, cette distinction entre les penjings et les bonsaïs tend à s’estomper au fur et à mesure que la recherche du résultat incite les éleveurs d’aujourd’hui à utiliser les mêmes techniques.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectifs Lumix 12-35 mm F/2,8 (les deux premières photos) et Voigtländer 25 mm F/0,95 + filtre Hoya à densité neutre ND8 (les autres photos)
1re photo : 1/400 sec. — F/5,6 — ISO 200 — 26 mm
2e  photo : 1/1600 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 23 mm
3e  photo : 1/1250 sec. — F/0,95 — ISO 200 — 25 mm
4e  photo : 1/1600 sec. — F/0,95 — ISO 200 — 25 mm
5e  photo : 1/3200 sec. — F/0,95 — ISO 200 — 25 mm
6e  photo : 1/400 sec. — F/2,0 — ISO 200 — 25 mm
7e  photo : 1/640 sec. — F/0,95 — ISO 200 — 25 mm


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Fabergé, un joaillier académique

11 septembre 2014
Coupelle (néphrite, or, saphirs et perles) et Gobelet & couvercle (néphrite, vermeil et rubis)
Charka (ou coupe à vodka) en héliotrope, or, émail et rubis
Étui à cigarettes (or et rubis)
Sceau (bowenite, or, vermeil, perles et calcédoine)
Calendrier perpétuel (néphrite, or, vermeil, émail et agate)
Broche Scarabée (grenat, or, diamants, rubis, émail et argent)
Bouton de sonnette (néphrite, or, argent, rubis et diamants)
Aubépine (néphrite, calcite rubanée, or, calcédoine, aventurine et corail)
Encrier (néphrite, or, vermeil, émail et cristal de roche)

Entre 1882 — l’année où il vendit un premier bijou à l’épouse du tsar Alexandre III — et 1918, soit l’année où il cesse toute production et s’enfuit en Suisse, il s’écoula 36 ans.

Il aura donc fallu à Fabergé moins de quatre décennies pour devenir le joaillier le plus célèbre de tous les temps. Et cette réputation, il l’a acquise non pas en faisant carrière dans la capitale culturelle de son temps — Paris, où toutes les modes étaient lancées — mais à partir de Russie, un pays qui s’était ouvert à la civilisation occidentale à peine quelques siècles plus tôt.

En plus de son centre de production à Saint-Pétersbourg, il n’eut de succursales qu’à Moscou (1887), Odessa (1901), Londres (1903) et Kiev (1906-10). Essentiellement, c’est donc un créateur d’Europe de l’Est disposant d’un comptoir à Londres, ce dernier étant plus accessible pour la famille royale britannique et les riches clients américains du joaillier.

À l’opposé de son contemporain Lalique — connu aujourd’hui comme verrier, mais qui devint célèbre d’abord à titre de bijoutier Art Nouveau — Fabergé n’est pas un innovateur.

Si Fabergé est capable de fantaisie et d’imagination, s’il peut s’illustrer par la virtuosité de son art — notamment par l’utilisation de 142 teintes d’émail, un record inégalé — il n’invente pas un style à lui dans ses compositions. Il pige çà et là dans le répertoire stylistique de ce qui est déjà connu.

Conséquemment, s’il est permis de parler de peintres « académiques », souvent eux aussi brillants et doués, on peut alors utiliser ce qualificatif en bijouterie : il convient parfaitement à Fabergé.

Essentiellement, Fabergé crée des objets d’une absolue perfection technique, parfois d’un luxe inouï, aptes à séduire l’aristocratie conservatrice de son temps.

Beaucoup de ses rivaux, desservant la même clientèle richissime que lui, n’ont pas su résister à l’apothéose du kitch de l’époque. Au contraire, Fabergé a toujours fait preuve d’un classicisme de bon goût qui permet à ses créations de bien traverser le temps.

Au sommet de sa gloire, Fabergé employait plus de 500 employés. Son entreprise produisit au total 200 000 objets d’art, bijoux et articles d’argenterie.

Sa production s’étend des œuvres d’art (que sont ses œufs pascals) jusqu’aux objets du quotidien : tabatières, calendriers, bibelots en forme d’animaux ou de plantes, bonbonnières, et jusqu’à des boutons de sonnette.

L’infime partie de ses créations qui a réussi à se rendre jusqu’à nous, atteint actuellement des prix inégalés sur le marché de l’Art. Un œuf impérial qu’on croyait perdu — et qui a été retrouvé cette année — se serait vendu pour vingt millions de dollars.

Il faut donc remercier le Musée des Beaux-Arts de nous offrir la chance d’observer de près les précieuses créations du bijoutier, créations à ce point merveilleuses qu’on ne remarque pas la scénographie par endroit insipide destinée à les mettre en valeur.

S’il vous est possible de voir cette exposition remarquable, je vous invite à le faire le plus tôt possible : elle se termine le 5 octobre 2014.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectifs Voigtländer 25 mm F/0,95 (la sixième photo) et M.Zuiko 12-40 mm F/2,8 (les autres photos)
1re photo : 1/60 sec. — F/5,6 — ISO 4000 — 25 mm
2e  photo : 1/80 sec. — F/5,6 — ISO 1250 — 40 mm
3e  photo : 1/100 sec. — F/5,0 — ISO 3200 — 40 mm
4e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 500 — 40 mm
5e  photo : 1/80 sec. — F/5,0 — ISO 1600 — 40 mm
6e  photo : 1/200 sec. — F/2,0 — ISO 200 — 25 mm
7e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 800 — 40 mm
8e  photo : 1/80 sec. — F/5,0 — ISO 1600 — 40 mm
9e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 1000 — 36 mm


Pour consulter les textes de ce blogue consacrés l’exposition « Fabergé : joaillier des tsars », veuillez cliquer sur ceci

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Écrit par Jean-Pierre Martel


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