Le pétrole québécois

14 janvier 2014

Anticosti

Située dans le golfe du Saint-Laurent et faiblement peuplée, Anticosti est la plus grande île du Québec. Sa superficie est de 7 900 km² — soit à-peu-près la taille de la Corse — dont 572 km² constituent un parc national.

Son sous-sol renferme 40 milliards de baril de pétrole de schiste. Les techniques actuelles d’extraction — basées sur la fracturation hydraulique de la pierre de schiste — ne permettent qu’un faible rendement, de l’ordre de 1,2 pourcent.

En supposant que le Québec permette le saccage de cette réserve faunique au nom du progrès, l’exploitation pétrolière complète de l’ile nécessiterait la mise en place de 12 000 puits d’extraction au coût unitaire de dix millions$, soit un coût total de 120 milliards$.

Or la ressource exploitable (le 1,2%), à 100$ le baril, ne vaut que 50 milliards$.

De plus, afin d’éviter la contamination des nappes phréatiques, il est préférable que la fracturation hydraulique se fasse à plus d’un km en dessous des sources d’eau potable. Malheureusement, la structure géologique du gisement Macasty frôle les nappes phréatiques à environ 400 mètres, ce qui nécessiterait l’établissement de normes environnementales complaisantes afin d’y permettre l’exploitation pétrolière.

La Gaspésie

L’analyse des formations géologiques du sous-sol gaspésien permet de croire qu’on pourrait y trouver du pétrole de schiste. Jusqu’à maintenant, l’exploration y a trouvé des indices de gisements mineurs.

Le projet de plus avancé entrevoit un gisement de 7,7 millions de barils situé en partie dans la ville de Gaspé. Un peu plus loin, le gisement de Galt renfermerait 300 millions de barils de pétrole de schiste, soit moins du dixième des réserves d’Anticosti.

Dans tous les cas, à moins d’une revision à la hausse de l’importance des gisements ou d’une amélioration substantielle de la productivité des méthodes d’extraction, la rentabilité de l’exploitation des gisements pétroliers gaspésiens est plus que douteuse.

Le gisement Old-Harry


 
Ce gisement chevauche la frontière qui sépare deux provinces : le Québec et Terre-Neuve. Il ne s’agit pas ici d’un pétrole dispersé sous forme d’une multitude de gouttelettes emprisonnées dans une structure géologique à fragmenter, mais plutôt d’un gisement conventionnel qu’il suffit d’atteindre pour que le pétrole en jaillisse.

On parle d’une réserve de 2 milliards de barils de pétrole conventionnel.

L’économie de Terre-Neuve-et-Labrador connaît depuis quelques années une croissance fulgurante, liée aux développements de l’exploitation pétrolière offshore. Le produit intérieur brut par habitant, longtemps au dernier rang des provinces canadiennes, se situe maintenant au deuxième rang, derrière l’Alberta. Renoncer à exploiter la portion québécoise du gisement Old-Harry équivaut à en donner le monopole à Terre-Neuve.

Quant aux risques d’un déversement massif de pétrole — sur l’industrie de la pêche et l’industrie touristique des Iles de la Madeleine — ils semblent insignifiants comparés aux revenus potentiels d’une exploitation pétrolière. Quant à la contamination des nappes phréatiques de l’archipel des Iles de la Madeleine (situé à 80km du gisement), elle est tout simplement impossible.

Lorsque l’Humanité sera passée aux énergies renouvelables — ce qui n’est pas pour demain — il sera trop tard pour tirer profit de ce qui dort chez nous au fond du golfe.

Références :
Les hypothétiques gisements d’hydrocarbures non conventionnels au Québec — Risques et enjeux
Pétrole: pour un contre-manifeste
Terre-Neuve-et-Labrador
Vendre la peau d’un ours qu’on n’a pas encore vu

Paru depuis :
Fracturation pétrolière: le règlement québécois «conçu pour l’industrie» (2016-02-06)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


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