Sur la rue Adam

Publié le 5 janvier 2026 | Temps de lecture : 1 minute
Église du Très-Saint-Sacrement (3530 rue Adam)
4760 rue Adam


Résidence Sainte-Émélie (4837 rue Adam)
4904 rue Adam

Détails techniques : Appareil Olympus OM-D e-m5 infrarouge à spectre complet + objectif Lumix 14-45mm + les filtres de l’infrarouge Jaune 3629.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Lectorat du blogue en 2025

Publié le 1 janvier 2026 | Temps de lecture : 1 minute

Du 1er janvier au 31 décembre 2025, des lecteurs provenant de 114 pays ont consulté des textes sur le blogue. La grande majorité de ces lecteurs habitent en Chine, en France et au Canada.

Avant octobre 2025, les Chinois représentaient pour moins d’un pour cent du lectorat du blogue. Mais soudainement, 72,4 % des textes consultés en octobre l’étaient à partir de Chine, 78,2 % en novembre et 72,5 % en décembre 2025.

Autre bizarrerie; presque jamais un texte n’est consulté deux fois dans la même journée à partir de Chine.

Mon hypothèse est que les articles du blogue, entre autres, servent à entrainer l’intelligence artificielle chinoise depuis trois mois.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


La personnalité de l’année 2025

Publié le 31 décembre 2025 | Temps de lecture : 4 minutes

Bart De Wever

Bart De Wever est premier ministre belge depuis le 3 février 2025.

Toute sa carrière politique a été axée sur la défense des intérêts de la Flandre, c’est-à-dire de la partie néerlandophone de la Belgique, au point de militer en faveur de son indépendance.

Toutefois, dès son accession à sa fonction actuelle, ce politicien de droite s’est transformé en chef d’État.

Le 1er décembre dernier, il avait créé la surprise aux Grandes Conférences catholiques.

Devant ce public francophone, ultra conservateur, et attaché autant à la monarchie qu’à l’unité du pays, l’ex-indépendantiste flamand soulignait son respect pour la fonction royale, l’importance qu’il attache à son rôle de premier ministre de tous les Belges, précisant même que « la Flandre n’est pas un but en soi

À cette occasion, il donnait un avant-gout de ce qui allait suivre en déclarant : « Qui […] croit vraiment que la Russie va perdre en Ukraine ? C’est une fable, une illusion totale. [D’ailleurs] cette défaite ne serait pas souhaitable, car cela rendrait instable un pays doté de l’arme nucléaire

Deux semaines plus tard, un sondage montrait qu’il demeurait le politicien le plus populaire de Flandre. La surprise fut chez les Belges francophones où sa popularité grimpa de sept point dans la capitale et de deux points dans la Wallonie, faisant de lui une des personnalités les plus aimées chez… les Francophones.

Si bien que les auditeurs de deux chaines de télévision flamande l’ont élu ‘Belge de l’année’.

Le grain de sable dans l’engrenage

Depuis mai 2022, nous soutenons sur ce bloque qu’en vertu du Droit international, on peut geler les avoirs d’un pays ennemi, mais on ne peut pas les confisquer. En d’autres mots, on peut empêcher un pays de jouir de son argent, mais on ne peut pas le dépenser à sa place.

Depuis le début de la guerre russo-ukrainienne, les pays alliés de Kyiv prétendent le contraire. Pourquoi ?

Le but était de rassurer les contribuables face aux sommes colossales dépensées à soutenir l’Ukraine. Implicitement, le message était qu’au final c’était la Russie qui paierait la note.

À la télévision et dans nos grands médias, tous les journalistes et tous les chroniqueurs participaient à ce lavage des cerveaux.

Toutefois, au Sommet européen du 18 décembre dernier, quelle fut donc la surprise d’entendre le premier ministre Bart De Wever rompre cette omerta et déclarer que son pays s’oppose catégoriquement à la confiscation des avoirs russes en Belgique.

Or c’est dans ce pays que se trouve la chambre de compensation Euroclear qui détient la majorité des avoirs russes gelés en Occident.

Sans Bart De Wever, environ 135 milliards d’euros auraient été utilisés à prolonger de deux ans l’agonie de l’Ukraine.

Et une fois cette somme dépensée (partiellement à alimenter la corruption dans ce pays), nous aurions appris que la confiscation des avoirs russes était illégale. Donc, que nous devons rembourser la Russie pour les sommes confisquées illégalement par nos gouvernements.

Pour son courage et son audace, ce blogue lui décerne le titre de personnalité de l’année 2025.

Références :
Bart De Wever a-t-il convaincu les francophones ?
Bart De Wever, le nationaliste flamand devenu défenseur des intérêts belges
Bart De Wever, ou l’histoire d’un nationaliste flamand devenu figure incontournable des scènes belge et européenne : « C’est un évolutionniste, pas un révolutionnaire »
La saisie fictive des avoirs d’oligarques russes au Canada
« Les dix prochaines années seront difficiles » : Bart De Wever avertit les Belges, à quelques heures de 2026

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Aperçu de géopolitique agricole

Publié le 29 décembre 2025 | Temps de lecture : 1 minute

Étienne Lombardot est un diplômé de l’École de guerre économique (qui n’a pas d’équivalent au Québec). Cet expert est l’auteur du rapport L’agriculture dans la guerre économique, paru en septembre 2024.

Les chapitres de la présentation vidéo ci-dessus sont les suivants :
 0:00 Introduction
 1:48 Comment définir l’agriculture ?
 5:40 La place de la France dans l’agriculture mondiale
 9:26 La France a choisi la qualité
12:35 Les normes agricoles de l’Union Européennes
16:34 L’industrie du poulet
19:36 L’Ukraine, leader de l’agriculture
23:49 L’agriculture en Chine et en Inde
30:58 L’agriculture en Afrique
35:55 Conclusion

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Mercosur : la perte de souveraineté alimentaire face à la guerre

Publié le 28 décembre 2025 | Temps de lecture : 8 minutes

Introduction

Depuis 1991, l’Argentine, la Bolivie, le Brésil, le Paraguay et l’Uruguay font partie du Marché commun du Sud, surnommé Mercosur.

Ces jours-ci, l’Union européenne (UE) s’apprête à signer un traité de libre-échange avec ces pays.

Le texte de l’accord prévoit que, sur un échéancier de quinze ans, les pays du Mercosur supprimeront leurs droits de douane sur 91 % de leurs importations européennes (notamment sur les voitures européennes, actuellement taxées à 35 %).

En contrepartie, sur une décennie, l’UE abolira ses droits de douane sur 92 % de ses importations mercosuriennes. Ce qui privera l’UE de quatre-milliards d’euros de revenus tarifaires.

D’abord la délocalisation industrielle…

En octobre 2022, au sujet des sanctions européennes contre la Russie, nous écrivions :

Ne pouvant plus compter sur les hydrocarbures bon marché en provenance de Russie, le prix de l’énergie dans l’Union européenne sera plus élevé que dans la plupart des pays concurrents de l’Europe. Et ce, pour quelques années.

On peut donc anticiper que cette remondialisation s’accompagne d’une délocalisation industrielle.

C’est effectivement ce qui s’est produit. Mais ce n’est pas tout.

Le 27 juillet 2025, l’accord de Turnberry, conclu entre Donald Trump et Ursula von der Leyen prévoit que l’UE garantira 600 milliards d’euros d’investissements européens supplémentaires aux États-Unis.

Essentiellement, cette fortune servira à transférer des capacités européennes de production vers les États-Unis. En d’autres mots, l’UE s’engage à accroitre, voire à financer, son propre déclin industriel.

…puis la perte de souveraineté alimentaire

Après ce sabotage industriel, l’UE s’attaque maintenant à son agriculture.

Le modèle néolibéral qui prévaut en Europe, c’est que les grands groupes agro-alimentaires maximisent leurs profits en mettant en concurrence les producteurs d’aliments de base.

Et puisqu’il est beaucoup plus facile de rendre unique un produit transformé et donc, de faire accepter au consommateur de payer plus cher pour l’obtenir, la marge de profit des produits transformés est beaucoup plus grande que celle des aliments de base. D’où la précarité des paysans européens.

Cette précarité s’est accrue avec l’abandon de la gestion de l’offre en 1992 et l’augmentation considérable des exigences règlementaires de Bruxelles.

Le poulet ukrainien

Dans le cas du poulet, l’UE a soumis ses propres producteurs à une concurrence déloyale en permettant au demi-milliard de poulets produits annuellement en Ukraine d’entrer librement sur le marché européen sans respecter les normes qui y sont en vigueur.

Les règles concernant la traçabilité ne permettent pas aux consommateurs de s’opposer à ce tsunami puisque les poulets ukrainiens se retrouvent dans des croquettes et cordons-bleus avec l’estampille de l’UE.

Les légumineuses et le blé canadiens

D’autre part, en raison de la morphologie du territoire européen, les agriculteurs y sont menacés par tout traité de libre-échange avec des pays où il est possible de réaliser des économies d’échelle grâce aux immenses terres agricoles qu’on y trouve. C’est le cas du Canada.

En dépit du fait que certains pays européens refusent de ratifier l’Accord économique et commercial global conclu entre le Canada et l’UE, la Commission européenne l’applique illégalement depuis 2017.

Cela permet aux légumineuses canadiennes empoisonnées au glyphosate d’être vendues en Europe moins cher que les légumineuses soumises à la règlementation de Bruxelles (qui interdit cette pratique).

De la même manière, de 2019 à 2023, les exportations de blé canadien vers l’UE ont explosé. Ce qui fait que ce blé produit massivement (également empoisonné au glyphosate) fait une concurrence déloyale aux producteurs européens, avec la bénédiction de Bruxelles.

La viande du Mercosur

Le traité de libre-échange avec le Mercosur que s’apprête à signer Bruxelles permettra aux vastes exploitations agricoles d’Amérique du Sud d’inonder l’Europe de leurs aliments. Des aliments produits selon des normes moins exigeantes et donc moins couteuses que celles auxquelles sont astreints les producteurs agricoles de l’UE.

En contrepartie, les constructeurs automobiles allemands espèrent se lancer à la conquête du marché sud-américain sans soupçonner que la population du Mercosur pourrait préférer acheter des voitures chinoises (électriques ou non) qui offrent un bien meilleur rapport prix-qualité.

La souveraineté alimentaire de la France

Dans le secteur agricole, jusqu’en 2004, la France avait un excédent commercial non seulement à l’égard des pays membres de l’Union européenne, mais également face au reste du monde.

À partir de 2004 — ce qui correspond à l’entrée dans l’UE de pays agricoles de l’ancienne Union soviétique — l’excédent avec le reste de l’Europe a diminué alors qu’il s’accroissait avec les pays hors de l’Europe.

Au total, de nos jours, la balance commerciale de l’agriculture française est excédentaire de 7 à 9 milliards d’euros par année.

Cet excédent, elle le doit grâce à sa production de vins et de spiritueux (excédentaire de quinze-milliards d’euros), ce qui est compensé par un déficit commercial de 4 milliards pour la production de fruits et de légumes, à quoi s’ajoute un déficit d’environ 4 autres milliards pour la viande.

En somme, pour nourrir sa population, la France dépend maintenant de l’Étranger.

L’entrée en vigueur en 2026 d’un traité de libre échange avec les pays du Mercosur produira des effets analogues à ceux produits en 2004 par l’élargissement de l’UE vers l’Est.

Cela entrainera la disparition d’un certain nombre de producteurs agricoles incapables de résister à la concurrence déloyale de leurs collègues sud-américains (ces derniers étant exemptés des exigences phyto-sanitaires de Bruxelles).

En cas de guerre

À partir du moment où un pays doit importer une partie de ses aliments de base, cela signifie qu’il doit imposer un rationnement alimentaire à sa population dès qu’il entre en guerre.

Et c’est sans compter les protéines végétales (soya et tourteaux), importées principalement des États-Unis et du Brésil, dont les éleveurs français ont absolument besoin pour nourrir leurs cheptels.

La France n’aura aucune difficulté à s’approvisionner auprès de pays voisins.

Toutefois, au sujet des vivres importés d’Europe de l’Est, il faudra anticiper que des groupes malveillants détournent vers d’autres pays des aliments destinés à la France. Comme ce fut le cas des masques N95 au début de la pandémie au Covid-19.

Quant à l’importation de denrées en provenance des pays du Mercosur ou des provinces canadiennes productrices de céréales et de légumineuses — les uns et les autres situés à six-mille kilomètres des côtes européennes — tout cela devra se faire en traversant un océan infesté de sous-marins hostiles.

D’où la question :

Face à l’ennemi, quelle force peuvent opposer des pays armés jusqu’aux dents, mais dont les soldats ne mangent pas à leur faim ?

Conclusion

Après avoir favorisé la délocalisation de leurs industries manufacturières vers le Sud global et ainsi saboté la puissance industrielle nécessaire à tout effort de guerre, après avoir poussé à la faillite une partie de leur paysannerie, certains pays européens s’imaginent qu’il suffit de se doter d’armes puissantes pour triompher de tout.

En réalité, en cas de guerre, leur population sera condamnée à vivre sur des tickets de rationnement parce que la production de denrées aura été délocalisée en 2026 par la dictature technocratique de Bruxelles.

Références :
Aides d’État à l’agriculture : plus de 18 milliards d’euros depuis 2021
À l’heure du mercosur, quel avenir pour l’agriculture française ? (vidéo)
Guerre russo-ukrainienne et désindustrialisation de l’Europe
Le loup dans le poulailler de l’Europe
Les lentilles canadiennes empoisonnées au défoliant avant la récolte
Les Etats-Unis et l’UE ont « conclu un accord » commercial de droits de douane généraux de 15 %, annoncent Donald Trump et Ursula von der Leyen
Les insatiables ambitions du roi du poulet ukrainien
Marché commun du Sud
Que contient l’accord UE-Mercosur et quels sont les points contestés ?

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Souhait du jour

Publié le 25 décembre 2025 | Temps de lecture : 1 minute
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Écrit par Jean-Pierre Martel


90 milliards d’euros pour prolonger l’agonie de l’Ukraine

Publié le 20 décembre 2025 | Temps de lecture : 2 minutes

Depuis des années, l’État ukrainien vit sous le respirateur artificiel de l’Occident.

En effet, ce sont les sommes que lui versent les pays occidentaux qui permettent à ce pays de payer non seulement la solde de ses soldats, mais également les pensions de vieillesse et le salaire de tous ceux qui dépendent de l’État; les fonctionnaires, les professeurs, les médecins, les éboueurs, etc.

Puisque Washington refuse maintenant de poursuivre ses aides militaire et financière à Kyiv, l’Union européenne (UE) cherche depuis ce temps à prendre la relève. Ce dont elle n’a pas les moyens.

Dernièrement, les dirigeants européens se sont fait dire publiquement ce que nous soutenons sur ce blogue depuis le début de la guerre; on peut geler les avoirs d’un pays ennemi, mais pas les confisquer.

Pour pallier cette contrainte, l’UE a décidé en faveur d’un prêt de 90 milliards d’euros (dont dix-sept payés par la France) qui couvrirait une bonne partie des 135 milliards dont l’État ukrainien a besoin au cours des deux prochaines années.

Ces sommes ne serviront pas à la reconstruction de l’Ukraine, mais permettront plutôt à ce pays de s’acquitter de ses dépenses courantes.

Et pendant que l’UE tente de retarder de deux ans la capitulation inévitable de l’Ukraine, l’administration Trump a compris qu’il est plus pragmatique d’en tirer profit.

Pour ce faire, Trump maintient deux équipes de négociateurs, chacune sympathique au belligérant avec lequel elle transige.

Celle qui négocie avec le vainqueur (soit la Russie) a pour mandat d’établir la place des États-Unis dans la reconstruction de l’Ukraine.

Pendant ce temps, pour donner aux vassaux de Washington l’illusion qu’ils comptent encore dans les affaires du monde, Trump leur offre le hochet d’une négociation parallèle qui mène nulle part.

Référence : L’UE trouve 90 milliards d’euros pour l’Ukraine, sans recours aux avoirs russes

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Écrit par Jean-Pierre Martel


L’intelligence artificielle au temps des Fêtes

Publié le 19 décembre 2025 | Temps de lecture : 1 minute

Kelly-Eldridge Boesch est une artiste numérique installée à Los Angeles.

Après dix-sept ans passés en production cinématographique, en marketing et en création graphique, madame Boesch s’intéresse maintenant à la vidéo pilotée par intelligence artificielle.

Ses images surréalistes se distinguent par :
• leurs teintes sous-saturées, automnales ou froides,
• leurs personnages insolites, habillés de la tête aux pieds,
• leurs animaux chimériques,
• leurs machines et objets volants rétrofuturistes, et
• leurs lents travelings.

En dépit de la froideur inexpressive qui s’en dégage, ses vidéos impressionnent par leur beauté.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Jacques Baud et la ‘stalinisation’ de l’Union européenne

Publié le 18 décembre 2025 | Temps de lecture : 6 minutes

Introduction

Le délit d’opinion est une infraction, punie par la loi, qui consiste à propager une idée politique qui menace l’ordre public.

Puisque l’ordre public est une notion vague, la frilosité de l’État à l’égard de ce qui est susceptible de le troubler distingue les régimes totalitaires de ceux qui ne le sont pas.

Le cas de Jacques Baud

Le 15 décembre dernier, les ministres des Affaires étrangères des pays membres de l’Union européenne (UE) ont placé l’analyste et politicologue Jacques Baud sur sa liste noire des personnes qui, au nom de la Russie, mènent des activités jugées déstabilisantes.

À l’origine, cette liste visait à combattre les méfaits commis par la Russie dans le cadre de sa guerre ‘hybride’ contre les autres pays européens.

Toutefois, depuis octobre 2024, la notion d’activité déstabilisante s’est étendue aux opinions de ceux qui, rémunérées ou non par le Kremlin, ne croient pas au narratif de l’UE au sujet de la guerre russo-ukrainienne.

Dans le cas de Jacques Baud, cette décision a pour effet de bloquer les avoirs qu’il détient dans les banques situées sur le territoire de l’UE et de lui interdire d’entrer ou de transiter par un pays de l’UE.

Précisons que la Suisse, son pays, n’est pas membre de l’UE et conséquemment, n’est pas concernée par ces sanctions.

Voyons en détail l’acte d’accusation de l’UE contre Jacques Baud.

Jacques Baud, ancien colonel de l’armée suisse et analyste stratégique, est régulièrement invité à des émissions de télévision et de radio pro-russes.

Il est à noter qu’on ne parle pas ici de médias russes, mais prorusses. C’est-à-dire de médias qui, à l’égard du conflit russo-ukrainien, sont d’un avis contraire à celui de l’UE.

En somme, Jacques Baud diffère d’opinion. Et après ?

Il agit comme porte-parole de la propagande prorusse…

Il ne suffit pas de partager le narratif russe pour être le ‘porte-parole’ de Vladimir Poutine. Selon le dictionnaire Antidote, un porte-parole est une personne chargée officiellement de prendre la parole au nom de quelqu’un, d’un groupe, d’une communauté.

Cette partie de l’accusation européenne est donc fallacieuse.

…et formule des théories du complot…

Il est vrai que Jacques Baud est un complotiste. Toutefois, de nos jours, le mot ‘complotiste’ ne veut plus rien dire tellement sont nombreuses les personnes qui se réclament des diverses théories du complot.

…[il accuse] l’Ukraine d’avoir orchestré sa propre invasion pour adhérer à l’OTAN.

Ce reproche est tellement invraisemblable que j’ai téléchargé la version allemande de l’acte d’accusation, convaincu qu’il s’agissait d’une erreur de traduction. Ce qui n’est pas le cas; les deux versions disent la même chose.

La thèse de Jacques Baud, c’est plutôt que Washington a orchestré la guerre russo-ukrainienne en dépensant une fortune pour manipuler le peuple ukrainien et lui faire croire qu’il avait intérêt à devenir un ennemi militaire de son redoutable voisin.

Avec le résultat qu’on sait.

Par conséquent, Jacques Baud est responsable de mettre en œuvre ou de soutenir des actions ou des politiques imputables au gouvernement de la Fédération de Russie…

Jacques Baud ne met rien en œuvre. Il ne fait pas le trafic d’armement en faveur de l’Armée rouge. Il ne possède pas d’usines qui participent à l’effort de guerre de Moscou. Il n’organise pas des collectes de fonds en faveur des soldats russes. Et il ne contourne pas les sanctions économiques contre la Russie.

…qui compromettent ou menacent la stabilité ou la sécurité d’un pays tiers (l’Ukraine) en recourant à la manipulation de l’information et à l’ingérence.

Jacques Baud soutient deux choses.

Premièrement, que le déploiement des ogives nucléaires de l’Otan dans la cour arrière de la Russie est une menace existentielle à sa sécurité. Une menace aussi grande que le déploiement en 1962 de missiles russes à Cuba pouvait l’être pour les États-Unis.

Et deuxièmement, que la Russie avait raison de se porter à la défense de la minorité russophone d’Ukraine. Une minorité que massacraient les milices néonazies venues de l’autre bout du pays que Kyiv armait et payait secrètement.

Conclusion

Nous allons jeter l’économie russe par terre’ prédisait triomphalement un homme politique européen au début de la guerre russo-ukrainienne.

Quatre ans plus tard, un grand nombre de soldats et de civils sont morts. Des millions d’Ukrainiens ont dû fuir à l’Étranger. L’Ukraine est ruinée. Et Bruxelles a gaspillé des centaines de milliards d’euros à soutenir une guerre perdue d’avance.

Pour les dirigeants européens, ce qui est gênant, c’est qu’un analyste comme Jacques Baud avait vu juste.

Si certaines de ses analyses sont sujettes à caution — notamment au sujet du conflit israélo-palestinien — celles au sujet de la guerre russo-ukrainienne sont remarquables par leur rigueur et leur précision.

Maintenant que cette guerre tire à sa fin, l’heure des règlements de comptes approche.

Alors que les révoltes éclatent aux quatre coins de l’Europe, les dirigeants corrompus de l’UE tentent désespérément de s’accrocher au pouvoir en muselant ces ‘complotistes’ qui les ont prévenus de ce qu’ils s’entêtaient à ne pas voir.

Plus un pouvoir se sent menacé, plus il est autoritaire…

Voilà pourquoi on assiste à la ‘stalinisation’ de l’UE.

Références :
Bruxelles sanctionne le Suisse Jacques Baud pour propagande prorusse
Décision du Conseil de l’Union européenne du 15 décembre 2025 (version française)
Décision du Conseil de l’Union européenne du 15 décembre 2025 (version allemande)
Jacques Baud : il donne trop d’informations trop précises. L’Union européenne le sanctionne !
L’Union européenne et la liberté d’expression

Complément de lecture : Le danger du contrôle étatique des flux financiers

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Écrit par Jean-Pierre Martel


La corruption des élus à Ottawa

Publié le 17 décembre 2025 | Temps de lecture : 3 minutes

Il y a six ans, nous écrivions :

Un des grands tabous de la politique canadienne est la corruption au sein du gouvernement fédéral.
[…]
…seulement pour 2017, c’est plus de 600 000 $ en voyages gratuits qui ont été payés par des gouvernements étrangers à des parlementaires fédéraux. Le tout de manière parfaitement légale parce que rien ne s’y oppose.

Précisons qu’Ottawa est libre de mettre sur pied des missions d’observation auxquelles participeraient un certain nombre de ses députés.

Mais est-ce normal que des gouvernements étrangers ou des ONG financées par des intérêts étrangers tentent d’influencer nos parlementaires en procédant à des visites guidées ?

Au Canada, il suffit que le tout soit déclaré au Commissaire aux conflits d’intérêts et à l’éthique pour que ce ‘cadeau’ soit considéré comme parfaitement légal.

Imaginez qu’au lieu d’un voyage, toutes dépenses payées, un député reçoive plutôt une enveloppe brune dans laquelle se trouveraient un billet d’avion à destination d’un pays étranger, accompagné d’une liasse de ‘brownies’ destinée à défrayer ses frais de séjour, qu’en penserait-on ?

C’est pourtant ce qui est arrivé à cinq députés libéraux et un député du NPD, selon ce que nous apprenait hier un article publié par Radio-Canada.

Pudiquement, le diffuseur canadien parle d’un voyage effectué ‘à l’invitation’ de la Canadian Muslim Vote alors qu’en réalité, il s’agit bel et bien d’un voyage organisé et défrayé par elle.

Précisons qu’à Ottawa, le député qui n’occupe aucune fonction particulière reçoit annuellement 178 900 dollars. Cette indemnité de session est amplement suffisante pour lui permettre de faire le tour du globe, s’il le désire.


 
Non seulement le narratif de Radio-Canada évite soigneusement de présenter ce voyage comme une tentative d’influencer l’opinion de ces six députés à l’égard de la colonisation israélienne en Cisjordanie, mais le diffuseur public a également censuré et fait disparaitre toute trace des commentaires (comme celui ci-dessus) qui présentait ce voyage sous un autre angle que celui choisi par Radio-Canada.

Cette corruption systémique, taboue pour Radio-Canada, n’est sans doute pas étrangère aux déboires actuels du Parti libéral du Québec après qu’il ait choisi de confier sa direction à des gens qui ont fait carrière à Ottawa.

Sans vouloir insinuer que Pablo Rodriguez soit corrompu — sans preuve du contraire, je le crois innocent — il est clair que dans ses valises, il transportait des gens dont l’éthique politique laisse à désirer.

Références :
Corruption fédérale : les voyages forment la vieillesse
Des députés canadiens se voient refuser l’entrée en Cisjordanie
Gagnants ou perdants : ce qu’ils gagnent, ce qu’ils perdent

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Écrit par Jean-Pierre Martel