Exploiter une usine en temps de guerre

2 mars 2017

C’est finalement aujourd’hui que le fabricant de matériaux de construction LafargeHolcim a admis avoir contribué en 2013 et en 2014 au financement de l’État islamique (ÉI) afin de poursuivre ses opérations à sa cimenterie syrienne de Jalabiya, en plein territoire contrôlé à l’époque par cette organisation terroriste.

L’accusation avait été portée par le quotidien Le Monde le 21 juin dernier. La compagnie avait nié catégoriquement.

Convoqué à ce sujet, un groupe parlementaire avait conclu deux mois plus tard à l’absence totale de fondement dans ces accusations.

Selon les parlementaires, rien ne permettait d’établir que le cimentier ait participé, directement ou indirectement, ni même de façon passive à ce financement.

Les preuves s’étant accumulées, l’entreprise a finalement avoué sa culpabilité, à la grande honte des parlementaires complaisants qui ont fait semblant de n’avoir rien vu.

Retour en arrière.

Acquise en 2007, la cimenterie de Jalabiya était le plus important investissement étranger en Syrie (hors du secteur pétrolier). Rénovée à grands frais, celle-ci avait rouvert ses portes en 2010.

Mais voilà qu’éclate la guerre en Syrie l’année suivante.

En décembre 2011, alors qu’un grand nombre d’entreprises européennes cessent leurs opérations en Syrie afin de se conformer aux sanctions européennes interdisant, entre autres, l’achat de brut syrien, la cimenterie poursuit ses opérations normalement.

Au début, diverses factions djihadistes s’affrontent dans la région où est située l’usine. Grâce aux versements mensuels d’un partenaire minoritaire de l’entreprise, la cimenterie soudoie tout le monde afin de poursuivre ses opérations.

Les accusations du Monde concernent notamment la période qui débute par la conquête de la région par l’ÉI en 2013, jusqu’au 19 septembre 2014, date au cours de laquelle l’ÉI s’empare de l’usine, qui cesse alors de fonctionner.

Que s’est-il passé au cours de cette période ?

La Syrie est située à la périphérie d’un immense champ pétrolier au Moyen-Orient. En raison de cette situation, ce n’est pas un important producteur de pétrole.

Avant la guerre, la production nationale servait principalement à assurer les besoins du pays.

La conquête des champs pétroliers syriens par l’ÉI faisait en sorte que toute consommation — que ce soit par des particuliers, des combattants ou des entreprises — provenait directement ou indirectement des installations contrôlées par l’ÉI.

En somme, toute consommation d’hydrocarbures — ce qui comprenait celle de la cimenterie — servait au financement de l’ÉI.

De plus, les employés de l’usine ne pouvaient pas traverser les divers points de contrôle de l’ÉI sans que la compagnie fournisse la liste de ses travailleurs et qu’elle ait acquitté les droits de passage des employés et des camions qui approvisionnaient l’usine et acheminaient sa production en traversant tout le territoire contrôlé par l’ÉI.

Bref, il était impossible que la cimenterie ait pu poursuivre ses opérations sans contribuer au financement de l’ÉI, ce que finalement la compagnie a admis.

Références :
Comment le cimentier Lafarge a travaillé avec l’Etat islamique en Syrie
Financement de Daech : Lafarge blanchi par un rapport parlementaire
Le jeu dangereux de Lafarge en Syrie
Syrie : LafargeHolcim reconnaît que son usine a financé des groupes armés
Vidéo : le cimentier Lafarge aurait-il dû suspendre ses activités en Syrie ?

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Écrit par Jean-Pierre Martel


L’ABC de la guerre syrienne (1re partie)

12 décembre 2015

Présentation de la Syrie

La Syrie est un pays arabe situé au Moyen-Orient. Ce pays possède une superficie 185 180 km², soit l’équivalent du tiers de la France.

Environ 22% du territoire est désertique ou semi-désertique. Le reste est composé de pâturages (44,6%), de terres arables servant à des cultures provisoires (25,4%) et de terres agricoles permanentes (5,8%).

Depuis 1964, la superficie des terres arables a diminué de 34,9% à 25,4% en raison de la désertification.

En juillet 2014, le pays était peuplé de 17 millions de personnes, urbanisées dans une proportion de 57,7%. L’âge moyen y est de 23,8 ans en raison de l’importance démographique des jeunes de moins de quinze ans (32,5%). L’alphabétisation y est de 90% chez les garçons et de 80% chez les filles.

Les Arabes y forment 90,3% de la population. Le reste est composé de Kurdes, d’Arméniens et d’autres minorités ethniques.

L’État syrien, se voulant laïc, ne procède à aucun recensement confessionnel. Officieusement, on estime que les principales confessions religieuses sont les suivantes :
• 75,0% Musulmans sunnites
• 12,0% Alaouites (Musulmans chiites)
• 10,0% Kurdes (Musulmans à 80% sunnites)
•   5,4% Syriaques (Catholiques orthodoxes)
•   3,0% Druzes (Mulsulmans chiites)

Selon le CIA Word Factbook, en 2014, le secteur tertiaire (soit les services) représentait 62,9% du produit intérieur brut. Suivaient le secteur industriel avec 19% (pétrole, textile, agroalimentaire, tabac, phosphate, ciment, extraction des huiles alimentaires, assemblage automobile), et l’agriculture proprement dite avec 18,1% (blé, orge, coton, légumineuses, betterave à sucre, élevage du mouton, œufs, volaille et production laitière).

Le produit intérieur brut par personne était de 5 100$US en 2011, ce qui plaçait la Syrie au 165e rang mondial. Depuis, la situation s’est considérablement dégradée.

Les sanctions économiques internationales contre le régime de Bachar el-Assad ont fait chuter officiellement les exportations de 98%, passant de 11,3 milliards$ en 2010 à 185 millions$ en 2012. Toutefois, cela ne tient pas compte de la contrebande de pétrole dont l’importance est estimée entre 120 et 500 millions de dollars, selon les sources consultées.

Présentation des pays voisins de la Syrie

Carte de la Syrie

Au nord, le pays voisin est la Turquie. La Turquie et la Syrie entretiennent une relation conflictuelle pour différentes raisons, mais surtout depuis le rattachement en 1939 d’une province syrienne à la Turquie.

Cette bande de terrain prive la Syrie d’environ la moitié de son accès à la Méditerranée. Cette annexion est reconnue internationalement mais la Syrie ne l’a jamais acceptée.

Cette animosité se reflète par la nature des échanges commerciaux entre ces deux voisins, qui se limitent essentiellement de nos jours à la contrebande de pétrole.

À l’est et au sud-est, le pays voisin est l’Irak. Avant les sanctions économiques contre la Syrie, c’était en Irak que la Syrie expédiait la majorité de ses exportations.

Au sud, se trouve la Jordanie. Pays fragile, la Jordanie essaie de vivre harmonieusement avec tous ses voisins. Lorsqu’elle doit choisir, elle se range du côté du plus puissant.

À l’ouest, se trouvent le Liban et Israël. Celui-ci a annexé illégalement le Golan (le sud-ouest de la Syrie) en 1981 après l’avoir occupé pendant des années.

À l’époque où la Syrie était une puissance régionale, celle-ci faisait la pluie et le beau temps au Liban, n’hésitant pas à assassiner ou à faire tuer les dirigeants libanais qui ne lui convenaient pas.

C’est par le biais de la Syrie que l’Iran fait parvenir armes et financement à un mouvement terroriste chiite libanais appelé le Hezbollah. Comme beaucoup de mouvements qui font la promotion de l’Islam politique, le Hezbollah est à la fois un organisme caritatif et paramilitaire.

Guerre_syrienne_zUn peu moins de 200km de la frontière occidentale de la Syrie donne directement sur la Méditerranée. C’est sur cette rive qu’est construite — à Lattaquié, quatrième ville du pays — la seule base maritime russe en Méditerranée.

De plus, le port syrien de Tartous, à 60km plus au sud, accueille en permanence des navires de la flotte russe. C’est là que se trouve aussi une base de radars russes.

En aout et septembre derniers, la Russie a construit sa première base aérienne en Syrie, autour de l’aéroport de Jableh, une ville située à 25km au sud de Lattaquié, et qui est également un port maritime.

De plus, la Russie a entamé la construction d’une deuxième base aérienne. Celle-ci est située à Shayrat, à l’intérieur du pays, près de la troisième ville la plus populeuse (Homs) et à environ 100km de la capitale (Damas). Cette nouvelle base militaire protège ces deux villes et bloque l’avancée des milices de l’État islamique vers l’ouest.

Sur ses bases militaires, la Russie déploie ses missiles sol-air les plus sophistiqués, d’une portée de 400km et d’une précision remarquable. Dans les faits, depuis le déploiement récent de ces missiles, la Russie — allié du gouvernement syrien — a pris le contrôle de l’espace aérien du pays. Ses missiles peuvent également tirés à partir du sous-marin Rostov-on-Don, stationné à l’intérieur des eaux territoriales de la Syrie.

En comparaison, les bombardiers américains se ravitaillent sur des bases militaires turques situées en Turquie. Les États-Unis sont donc soumis au bon vouloir et aux caprices de leur hôte.

La Grande-Bretagne, entrée officiellement depuis peu dans la guerre syrienne, stationne ses bombardiers sur une base militaire britannique située sur l’île de Chypre. Celle-ci est à 187km des côtes syriennes. On voit donc l’avantage que possède la Russie d’avoir plusieurs bases militaires situées beaucoup plus près des zones de combat.

Quant à la France, ses bombardiers se ravitaillent sur le porte-avion Charles-de-Gaulle, stationné au large des côtes syriennes.* La position de la France, hostile à la fois au régime de Bachar el-Assad et à l’État islamique a pour conséquence que ses chasseurs doivent rester hors de portée des défenses antiaériennes syriennes en faisant le détour par la Turquie au nord ou par la Jordanie au sud.

L’influence générale de la Russie dans les affaires internationales n’est plus ce qu’elle était aux beaux temps de l’URSS. Toutefois, dans le cas particulier de la Syrie, ses avantages stratégiques sont tels qu’il ne peut avoir de résolution de la crise syrienne sans elle.

*Post-scriptum du 2016-01-12 : Le porte-avion Charles-de-Gaulle a quitté la Méditerranée; il est maintenant en route pour le golfe Persique. La Russie ayant pris le contrôle de la presque totalité de l’espace aérien de Syrie, il devenait plus prudent pour la France (hostile à Bachar-el Assad), d’aller œuvrer en Irak.

Ce redéploiement est également un autre signe annonciateur de la reconquête de Mossoul (la deuxième ville irakienne, actuellement aux mains de l’État islamique).

Références :
Chute de près de 100% du commerce extérieur syrien
CIA World Factbook – Syria
La Russie a installé une deuxième base militaire en Syrie
Le porte-avions français Charles de Gaulle est entré en action en Syrie et en Irak
Les Kurdes, un peuple éclaté entre quatre pays
Les missiles S-300 russes et la neutralisation de la suprématie militaire américaine
Russia is building a second military airbase in Syria
Russia’s Expanding Military Presence in Syria
Russian S-400 missiles turn most of Syria into no-fly zone, halt US air strikes
Syrie: La Russie bombarde depuis un sous-marin
Syrie
Terres arables, Syrie

Parus depuis :
Le chef du Pentagone en visite pour la première fois sur le « Charles-de-Gaulle » (2015-12-19)
Opérations aériennes contre l’EI depuis le porte-avions « Charles-de-Gaulle » (2016-09-30)

L’ABC de la guerre syrienne (1re partie)
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Écrit par Jean-Pierre Martel


La stratégie militaire de la coalition en Syrie est inefficace

27 novembre 2015

Quatorze années de bombardements ne sont pas venues à bout d’Al-Qaida.

Les combats et les bombardement des villes sont responsables de la crise migratoire syrienne. Davantage de bombes sur ces villes entraineront davantage de réfugiés et davantage de pertes civiles (ce dont on ne parle jamais).

Si les pays hostiles à l’État islamique (ÉI) s’étaient attaqués à sa principale source de financement — la vente de pétrole à la Turquie — les coffres de l’ÉI seraient vides depuis longtemps.

Mais la stratégie militaire de la coalition consiste à bombarder, dans des villes densément peuplées, ce qu’on croit être des casernes, ce qu’on croit être des arsenaux, ce qu’on croit être des centres de commandement, etc.

Or les bombardements dits ‘chirurgicaux’ le sont seulement lorsqu’on sait ce qu’on fait, ce qui n’est pas le cas.

En effet, la coalition n’a pas de combattants au sol à l’intérieur du califat qui pourraient préciser les cibles à détruire.

On rémunère donc les conducteurs de camions-citernes qui font la navette entre la Turquie et l’ÉI afin qu’ils renseignent les services secrets occidentaux. Ces conducteurs sont les seuls à entrer et sortir librement du califat.

Et parce qu’on a besoin d’eux et de la complicité de la Turquie pour les interroger et les rémunérer, on se refuse à tarir les exportations de pétrole parce qu’on a besoin de ces ‘espions’.

Notre seul espoir de voir un pays réellement s’attaquer à l’ÉI, repose donc sur la Russie.

En effet, si elle bombarde les sites d’extraction pétrolière situés sur le territoire du califat, elle s’attaque à la fois à l’ÉI et à la Turquie. Elle ferait alors une pierre deux coups.

Toutefois, soyons clairs : en détruisant les sites d’extraction pétrolière du califat, la Russie ne détruirait pas l’ÉI; la Russie faciliterait seulement la conquête militaire du califat, ce qui forcerait l’ÉI décimée à la clandestinité.

Parus depuis :
Le groupe EI engrange 80 millions de dollars par mois (2015-12-08)
If the Castle Falls: Ideology and Objectives of the Syrian Rebellion (2015-12-21)
US-led airstrikes against Islamic State in Syria and Iraq – interactive (2016-01-08)
Terrorisme: le patron du SCRS prévoit «des décennies» de lutte (2016-03-08)

Compléments de lecture :
Isis Inc: how oil fuels the jihadi terrorists
L’État islamique : un trou noir


Compléments de lecture :
L’ABC de la guerre syrienne (1re partie)
L’ABC de la guerre syrienne (2e partie)
L’ABC de la guerre syrienne (3e partie)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le Canada et le business de la torture

23 janvier 2014

Il y a deux jours, trois anciens procureurs internationaux rendaient public un rapport de 31 pages — commandité par le Qatar, qui appuie les rebelles syriens — démontrant que le régime de Bachar el-Assar est coupable de massacres et de tortures à grande échelle. Le document se base sur 55 000 photos prises de 11 000 personnes exécutées entre mars 2011 et aout 2013.

Ces trois anciens procureurs internationaux sont Desmond de Silva (ex-président du tribunal spécial pour la Sierra Leone), Geoffrey Nice (procureur en chef lors du procès de l’ex-président yougoslave Slobodan Milosevic), et David Crane (qui a fait condamner le président libérien Charles Taylor).

En Syrie, la torture est une industrie d’État. Tout comme l’abattage des animaux de boucherie, elle se pratique de manière rigoureuse. La photographie des corps est obligatoire. Elle permet l’établissement d’un certificat de décès et donne l’assurance qu’un ordre d’exécution a bien été respecté.

Depuis des années, la Syrie offre son expertise aux gouvernements étrangers. Ceux dont l’image de marque interdit une telle pratique chez eux peuvent donc s’adresser à la Syrie pour effectuer cette sale besogne. Évidemment, ces contrats sont rémunérés; on ne voit pas pourquoi la Syrie accepterait de procéder bénévolement.

C’est ainsi qu’en septembre 2002, l’ingénieur canadien Maher Arar est arrêté à New York par les autorités américaines à partir d’informations fournies par la Gendarmerie royale du Canada. Celle-ci décrivait M. Arar comme un « extrémiste islamiste soupçonné d’avoir des liens avec le mouvement terroriste Al-Qaida ». En réalité, il n’existait aucune preuve à ce sujet; que de vagues soupçons basés sur les aveux désespérés de quelqu’un d’autre, obtenus sous la torture.

Avec le silence complice du gouvernement canadien (informé de cette arrestation), les autorités américaines ont expédié M. Arar en Syrie dans le but d’y être torturé. À l’heure actuelle, il n’est pas possible d’affirmer que les États-Unis aient agi à la demande du Canada; le procès intenté contre des membres du gouvernement libéral de l’époque a échoué en raison de l’invocation du secret d’État.

Selon une nouvelle parue le 8 février 2012, le gouvernement canadien autorise officiellement le Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) à utiliser des renseignements obtenus en violation du droit international. Cela se justifie par la nécessité de protéger la sécurité des Canadiens. Le gouvernement canadien n’autorise pas la pratique de la torture au pays mais encourage celle pratiquée ailleurs.

Dans les faits, à-peu-près n’importe qui avouera préparer un attentat terroriste au Canada s’il est suffisamment torturé. Lorsqu’elle devient un business, la torture peut donc connaître une croissance illimitée. Plus on torture, plus on obtient d’aveux. Et plus on est payé pour ces aveux, plus on peut mettre en œuvre de nouveaux moyens pour en obtenir davantage.

Le Canada ne veut pas risquer l’odieux de subventionner directement des pays tortionnaires. Il est donc partenaire du gouvernement américain, dont les dirigeants n’ont jamais hésité à faire l’apologie de la torture depuis les attentats du World Trade Center.

Ces temps-ci, le ministre des Affaires étrangères du gouvernement Harper peut bien s’indigner des pratiques du régime de Bachar el-Assar. La vérité, c’est que les photos rendues publiques ne font que documenter le résultat des méthodes que la Canada a lui-même encouragées et qui sont maintenant appliquées aux rebelles syriens.

Références :
Ahmad El-Maati
Le Canada et ses amis tortionnaires
Maher Arar
Massacres en Syrie : peut-on se fier au rapport du Qatar ?
Ottawa autorise les services secrets à utiliser des informations obtenues sous la torture
Rapport sur les événements concernant Maher Arar
Syrian regime document trove shows evidence of ‘industrial scale’ killing of detainees
Torture et sécurité publique – Une odieuse légitimation de la torture

Paru depuis :
Ottawa complice de la torture de Canadiens en Syrie (2016-09-18)

Le Canada et le business de la torture
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Écrit par Jean-Pierre Martel


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