Coup de pouce contre Apple

8 novembre 2017

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Il y eut une époque où le mari infidèle devait absolument éviter que son téléphone portable tombe entre les mains de son épouse.

Mais cette époque est bien révolue.

De nos jours, même le FBI peine à briser le code à quatre chiffres qui protège la confidentialité des téléphones d’Apple.

Or cette compagnie offre maintenant un code à six chiffres et, sophistication suprême, le déverrouillage par empreinte digitale.

Rien n’est plus distinctif qu’une empreinte digitale. Conséquemment, de nos jours, les maris infidèles peuvent dormir sur leurs deux oreilles.

C’est du moins ce qu’a cru un passager de Qatar Airways en partance hier de la capitale qatari en direction de l’Indonésie.

Durant son sommeil, son épouse soupçonneuse a d’abord allumé le téléphone de son mari en appuyant sur le bouton principal.

À l’écran de déverrouillage, l’épouse a délicatement placé le téléphone sous le pouce de son mari endormi. Et bingo ! le téléphone était prêt à livrer ses secrets; courriels expédiés à sa maitresse, factures électroniques des cadeaux somptueux offerts à celle-ci, etc.

Réveillé brutalement par les coups de son épouse, le mari n’a pu contenir la colère déchainée de son épouse. Même les agentes de bord en furent incapables. Les gardiens de sécurité ont bien maitrisé l’épouse, sans réussir à faire taire ses cris et le scandale qu’elle provoquait.

Si bien que l’avion dût atterrir d’urgence au port de Madras, en Inde.

Toute cette histoire prouve que si Apple est assez puissante pour se dresser contre le FBI, ses téléphones ne peuvent résister à la débrouillardise d’une épouse soupçonneuse…

Référence :
Qatar Airways plane forced to land after wife discovers husband’s affair midflight

Coup de pouce contre Apple
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Écrit par Jean-Pierre Martel


La tuerie de Charlie Hebdo : les lacunes du renseignement (4e partie)

19 janvier 2015

Longtemps encouragé et financé par différents pays (dont les États-Unis), le terrorisme est devenu une préoccupation des pays occidentaux quand ils sont eux-mêmes devenus les cibles d’attentats terroristes.

Depuis les événements du 11 septembre 2001, on a fait appel aux talents de milliers d’experts pour améliorer les systèmes en place. Après toute attaque réussie (comme celle de Charlie Hebdo), les gouvernements déplorent les failles à la sécurité des organismes responsables et s’engagent à leur accorder plus de pouvoirs et de nouveaux moyens.

Et comme personne n’a le monopole des bonnes idées, les gouvernements, à juste titre, s’inspirent les uns des autres.

Si bien que depuis une décennie, on accumule couche par dessus couche de protection. Même quand ces mesures sont limitées dans le temps (comme le Patriot Act américain), ces mesures sont reconduites automatiquement. Plutôt que de courir le risque d’être accusés d’avoir placé le pays en état de vulnérabilité, les parlementaires préfèrent maintenir les dispositifs déjà en place, tout en les renforçant constamment.

Ces mesures se divisent en deux groupes : la surveillance planétaire et les mesures ciblées.

La surveillance planétaire

Avant même les attentats de 2001, les gouvernements des pays anglo-saxons — les États-Unis, le Royaume-Uni, le Canada, l’Australie et la Nouvelle-Zélande — avaient mis sur pied un vaste réseau d’espionnage qui filtrait tous les courriels, textes, et conversations téléphoniques de la planète. De plus, grâce au géolocaliseur des téléphones multifonctionnels, on était en mesure d’épier tous les déplacements de leurs propriétaires.

Évidemment, il n’a jamais été question d’écouter chacun de milliards d’appels téléphoniques, ni de lire tous les documents expédiés par voie électronique. Cela nécessiterait des ressources humaines qu’aucun pays ne peut se permettre.

Ce qu’on a développé, ce sont des logiciels de reconnaissance vocale et de recherche textuelle dont le rôle est de déceler l’utilisation de mots suspects. La liste de ces mots-clés est évidemment secrète. Mais ce qu’on peut présumer, c’est que ce réseau indique comme inquiétants les messages qui ont une teneur particulièrement élevée de mots ou de verbes apparaissant sur cette liste.

Puis, une fois ces messages inquiétants découverts, on place sur surveillance particulière leurs expéditeurs et leurs récipiendaires, présumés potentiels comploteurs.

Ce réseau d’espionnage n’a été conçu spécifiquement comme mesure antiterroriste. Il sert donc également à l’espionnage conventionnel. C’est ainsi que les États-Unis ont espionné attentivement les appels de la chancelière allemande et de ses conseillers.

Selon Wikipédia, les données recueillies par ce réseau sur le territoire américain sont partagées avec l’Agence de lutte contre la drogue, le ministère du Revenu, ainsi qu’avec d’autres agences chargées de faire respecter la loi.

On peut donc présumer qu’il serait imprudent pour les ingénieurs de Bombardier ou de Dassault Aviation d’expédier des devis techniques par voie électronique puisqu’il est certain que ces documents ultra-secrets se retrouveraient chez leurs concurrents américains de la même manière que les États-Unis ont toujours aidé leurs industriels à découvrir les secrets de leurs concurrents étrangers.

Le problème majeur avec la surveillance planétaire, c’est qu’elle génère une somme de renseignements colossale qu’on n’arrive pas à traiter.

Afin de découvrir les liens qui unissent différentes personnes sur lesquelles ne pesait aucun soupçon, dans une seule journée de 2012, on a ramassé les données des carnets d’adresses électroniques de 22 881 comptes Gmail, 82 857 comptes Facebook, 105 068 comptes Hotmail et 444 742 comptes Yahoo.

Même s’il n’est pas exclu que la minuscule partie qu’on parvient à analyser donne un jour accidentellement des résultats, il ne semble pas qu’un seul complot ait été déjoué jusqu’ici par ce moyen. Ce qui pose la question de l’allocation des ressources.

Les mesures ciblées

La torture

Pendant des années, l’administration Busch a justifié l’utilisation de la torture au nom de la protection des vies américaines.

L’analyse minutieuse des informations obtenues sous la torture n’a trouvé aucune preuve indiquant que ces interrogatoires ont permis de déjouer des complots imminents. Après avoir épluché près de six millions de documents fournis par la CIA, les enquêteurs du Sénat américain n’ont découvert aucun cas d’information inédite ayant permis de sauver des vies américaines et ce, en dépit de méthodes qui ont laissé certains détenus dans un état suicidaire et en proie à des hallucinations.

L’analyse des listes de passagers des vols aériens

Aucun avion ne peut décoller d’un aéroport occidental ou à destination de nos pays sans que la compagnie aérienne ait au préalable divulgué la liste des passagers et que les services de renseignement aient eu le temps de vérifier qu’aucun passager n’est interdit de vol.

Cette mesure simple a fait en sorte qu’aucune organisation terroriste n’a été capable de perpétrer le moindre attentat terroriste par voie aérienne depuis 2001.

Dans les transports en commun, les seuls attentats survenus depuis ont été par train (Madrid en 2004), puis dans le métro et dans un autobus londoniens en 2005, parce que toujours aussi vulnérables.

L’isolement des terroristes en prison

À l’exemple de la France, le gouvernement canadien compte exiger l’isolement carcéral individuel des personnes accusées ou condamnées pour terrorisme. Voilà une excellente mesure.

La guerre cybernétique

Si la Chine est capable d’ériger un coupe-feu qui isole sa population de la propagande occidentale, comment se fait-il que nous gouvernements soient incapables de faire de même à l’égard de la propagande djihadiste ?

De plus, les services de renseignements devraient scruter l’internet à la recherche des sites djihadistes. Ces sites devraient être rendus inopérants sur-le-champ : se contenter de surveiller ceux qui y ont accès est ridicule. Veut-on combattre le terrorisme, oui ou non ?

La surveillance de suspects

Toutes les personnes soupçonnées d’avoir combattu au sein des milices de l’État islamique sont sur surveillance policière.

Si cette surveillance a échoué à prévenir la tuerie de Charlie Hebdo et l’incendie du Hamburger Morgenpost cinq jours plus tard, elle semble avoir réussie en Belgique vendredi dernier par l’arrestation de trois comploteurs rentrés depuis peu de Syrie et qui préparaient un attentat imminent dans ce pays.

Une surveillance ciblée semble également avoir déjoué des projets d’attentats au Canada en 2006 et en 2013, de même que quatre ou cinq complots en Grande-Bretagne en 2014.

Il y a cinq ans, sur ce blogue, je me suis prononcé pour l’interdiction du port du masque en public (sauf pour des raisons climatiques ou médicales). Toute personne masquée devrait faire l’objet d’un contrôle d’identité.

Aujourd’hui, j’irais plus loin.

Une des caractéristiques vestimentaires des familles musulmanes intégristes, c’est que leurs femmes portent presque toujours le voile musulman intégral (celui qui couvre tout sauf les yeux). En dépit du proverbe voulant que l’habit ne fasse pas le moine, je dis plutôt que lorsque quelque chose a l’air d’un poisson, s’il sent le poisson et qu’il goûte le poisson, c’est probablement parce que c’est un poisson.

Cela ne veut pas dire qu’on doive présumer que tous les conjoints ou tous les fils d’une femme voilée intégralement sont des terroristes. Cela veut dire que le risque qu’ils le soient est considérablement plus élevé que dans la population en général.

Portaient le voile intégral, les femmes d’Oussama ben Laden, la soeur de Farid Benyettou, l’épouse en fuite d’Amedy Coulibaly, la mère et les soeurs d’Omar Khadr, entre autres.

De plus, toutes ces femmes appartiennent à des familles musulmanes de confession sunnite. Les épouses ou les mères des terroristes qui frappent les pays européens ou nord-américains ne sont jamais musulmanes de confession chiite. Tout simplement parce que le terrorisme international est financé principalement par l’Arabie saoudite, terre religieuse des Sunnites.

Par crainte d’être accusé de discrimination ou de persécution religieuse, aucun pays au monde ne possède de registre où sont inscrits tous les membres d’un clan familial sunnite où vit au moins une femme voilée intégralement.

Pourtant, au lieu de se diluer leurs ressources à espionner l’Humanité tout entière, les services de renseignements seraient mieux avisés de cibler ce qui est évident aux yeux de tous.

Mais qu’est-ce qui nous dit que les services de renseignements ne le font pas déjà ? Sont-ils obligés de tout nous dire ?

Pour être efficace, un tel registre doit être exhaustif. Et pour l’être, il ne peut être constitué que par des forces policières qui ont le pouvoir de demander l’identité à toute personne masquée sur la voie publique. Or ce pouvoir habilitant n’existe pas.

Disponibilité

Au moment où ces lignes sont écrites, le site Web du Service canadien du renseignement ne donne que le téléphone et le télécopieur comme moyens d’entrer en contact avec eux; aucune adresse électronique n’est précisée. Cela est un obstacle pour tout citoyen qui aimerait signaler l’adresse internet d’un site djihadiste.

Testé il y a quelques instants, le réceptionniste du bureau montréalais répond immédiatement lorsqu’un appel y est logé. Une telle disponibilité est excellente.

Conclusion

La lutte contre le terrorisme doit être axée sur la prévention et la surveillance. Si on en juge par les résultats, les efforts déployés sont nettement insuffisants. Or ce n’est pas une question de budget, mais de stratégie.

À juste titre, on isolera bientôt les prisonniers djihadistes en milieu carcéral. Mais la propagande haineuse des milieux terroristes circule encore trop facilement. À titre d’exemple, il est inconcevable que les milices de l’État islamique puissent recruter nos jeunes sur l’Internet.

De plus, la prévention passe également vers la revision de notre politique extérieure afin de tenir compte de la montée en puissance du ressentiment que cette politique crée et des dangers qu’elle fait subir à la population canadienne.

Quant aux services de renseignement, ils devraient cibler davantage les milieux fondamentalistes sunnites et cesser de disperser leurs énergies en épiant tout et n’importe quoi.

Références :
Attentats de Londres du 7 juillet 2005
Attentats de Madrid du 11 mars 2004
Belgique : deux djihadistes tués lors d’une opération antiterroriste
Caricatures de Charlie Hebdo: incendie criminel dans un journal allemand
Complot terroriste au Canada en 2006
Edward Snowden
Espionnage de la NSA: Merkel, addicte des portables… non sécurisés
Grande-Bretagne : « Quatre ou cinq complots terroristes » déjoués en 2014
Isoler les islamistes en prison : Ottawa songe à imiter la France
L’Arabie saoudite et le financement d’Al-Qaida
Profilage = efficacité
Projet d’attentats contre VIA Rail Canada de 2013
La torture par les États-Unis : un crime de guerre impuni
Surveillance globale

Parus depuis :
La radicalisation à la «mode» dans les prisons françaises (2015-01-24)
L’« infobésité » des services secrets britanniques (2016-06-08)
Le millefeuille de l’antiterrorisme français (2016-07-06)
« Contre le terrorisme, la machine législative est devenue folle » (2016-08-13)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Festival Juste pour rire : occupation dangereuse du site

16 juillet 2012

Vendredi soir dernier, en finissant de travailler, je me suis rendu sur le site du festival Juste pour rire et j’en suis revenu furieux; je n’en reviens pas des obstacles qu’on oppose inutilement à la libre circulation sur ce site.

Concrètement, cela signifie que si un incident fâcheux devait déclencher un vent de panique chez une foule nombreuse de festivaliers, on aurait très certainement plus de gens blessés ou tués à cause de ces obstacles que par cet incident proprement dit. Les 19 photos ci-dessous constituent le dossier des lacunes que les autorités concernées sont invitées à corriger.

Note : Il suffit de cliquer sur une de ces photos pour l’agrandir.

La rue Sainte-Catherine

À son intersection avec la rue Jeanne-Mance, vendredi soir dernier, on avait placé des blocs de béton afin de marquer la fin d’une parade en provenance, apparemment, de l’ouest de la rue Sainte-Catherine : environ un mètre séparaient ces blocs, les uns des autres. Depuis, ces blocs ont été enlevés.

Le trottoir du côté sud de la rue Sainte-Catherine ne fait pas partie du site. Une clôture métallique continue suit ce trottoir sur toute sa longueur à l’exclusion d’une étroite ouverture aménagée en face de la Place Desjardins.

Plus loin, de chaque côté de la rue, des kiosques permettent à des marchands et des restaurateurs d’offrir leur marchandise : c’est le Souk du festival. Certains de ces marchands en ont profité pour placer des obstacles sur la voie publique.

Ailleurs, des files d’attente rétrécissent le passage empruntable par les festivaliers. Si bien qu’à certains endroits, il suffit d’une seule personne obèse ayant une grosse sacoche en bandoulière, d’un handicapé sur son siège motorisé ou d’une mère poussant le carrosse de son bébé, pour bloquer le passage du Souk.

Du côté nord de la rue Sainte-Catherine, à l’intersection avec la rue Saint-Urbain, un escalier permet d’atteindre l’esplanade de la Place des Arts. Puisque le festival Juste pour rire commence à la rue Saint-Urbain (plutôt qu’au boulevard Saint-Laurent), on a évidemment aménagé une clôture qui délimite le site mais qui crée un cul-de-sac dans lequel serait retenue la foule en provenance de l’esplanade qui tenterait de s’échapper en descendant cet escalier. De plus, toujours du côté nord de la rue, derrière les kiosques du Souk, on pouvait autrefois circuler le long du Théâtre Maisonneuve lors des FrancoFolies et du Festival de Jazz. Cette voie de circulation est maintenant bloquée.

Au milieu de la section de la rue Sainte-Catherine occupée par le festival, dans les grands escaliers qui donnent accès à l’esplanade de la Place des Arts, on a ajouté des cordons — ce sont des doublons futiles aux rampes de métal qui y sont déjà — des chaises, des kiosques, des corbeilles et des poubelles qui constituent autant d’obstacles sur lesquels trébucherait une foule en panique.

L’esplanade de la Place des Arts

Tout comme les escaliers qui y donnent accès, ce territoire est jonché d’obstacles.

La rue Jeanne-Mance

Le passage le long de côté sud du Musée d’Art contemporain est maintenant condamné par la billetterie. Tous les festivaliers en provenance de la rue Sainte-Catherine ou des marches de l’esplanade qui se déplacent vers l’Ouest doivent obligatoirement emprunter une intersection qui, comme nous l’avons vu, est parfois jonchée de blocs de bétons et devient alors un goulot d’étranglement.

Mon impression est à l’effet que les festivaliers qui profitent des événement gratuits en soirée constituent un marché différent de ceux qui paient pour les spectacles en salles. Si tel est le cas, on aurait eu avantage à placer la billetterie sur le boulevard De Maisonneuve, près de la sortie de métro (en fait, à la place du Labyrinthe Get Lost), ce qui aurait permis aux acheteurs en provenance du métro d’accéder facilement à la billetterie au lieu de leur infliger une longue marche.


 
Justement près de la bouche de métro sur la rue Jeanne-Mance, on a établi deux rangées de barrières. Pas une : deux. Cela a pour résultat que les dizaines de milliers de personnes présentes sur la Place des Festival doivent nécessairement contourner la barrière au premier plan, passer par le boulevard De Maisonneuve pour attendre leur tour, et finalement emprunter le métro. Tout cela favorise des comportements civilisés et courtois. Malheureusement, face à une foule en panique, il est illusoire de vouloir enseigner les bonnes manières. Par conséquent, cette double barrière représente un danger potentiel inutile et allonge indument l’exécution d’un ordre de libérer le passage à la foule.


 
Le boulevard De Maisonneuve

Le long de cette voie de circulation, on a ajouté également différents obstacles. Toutefois, contrairement aux trottoirs, la rue est libre. Comme il s’agit d’un boulevard à quatre voies, cela est amplement suffisant pour permettre à une foule nombreuse de s’échapper. C’est donc la seule partie totalement sécuritaire du site.

Conclusion

À part ses extrémités nord et ouest, tout le site occupé par le festival Juste pour rire — c’est à dire l’esplanade de la Place des Arts et la rue Sainte-Catherine — est jonché d’obstacles qui mettraient en péril la sécurité des festivaliers si un incident dramatique devait y survenir.

Il est impossible d’empêcher un tireur fou d’accéder aux différents festivals qui se succèdent à Montréal, pas plus qu’on pouvait empêcher le drame de Polytechnique. Toutefois, il est essentiel de limiter les pertes de vie que pourrait occasionner un désaxé.

La solution la plus simple, celle à laquelle tout le monde pense spontanément, c’est la solution « hollywoodienne » : jucher sur le toits qui surplombent le site, des militaires qui auraient pour mission d’abattre un malfaiteur. Dans les faits, il s’agit d’une solution coûteuse et stupide.

Elle est stupide parce s’il est vrai que des tireurs d’élite pourraient abattre plus rapidement le tueur et arrêter plus vite le nombre de ses victimes, on contribue surtout à la panique de la foule qui entend alors des tirs de partout et qui ne sait plus alors où se réfugier. Or cette panique est beaucoup plus meurtrière.

En effet, le nombre de morts causées par un tireur fou est peu de chose (si j’ose dire) comparé au nombre de ceux qui seraient piétinés à mort après avoir trébuchés sur des obstacles sur le passage d’une foule en état de panique. Or à l’heure actuelle, l’Est de la rue Sainte-Catherine est un immense cul-de-sac dans lequel des festivaliers paniqués seraient faits comme des rats.

Ces lacunes ne sont pas nouvelles. C’était comme ça il y a deux ans. C’était comme ça l’an dernier. Mais à l’époque, le Quartier des festivals était un immense chantier. Ce n’est plus le cas aujourd’hui.

Les gens de Juste pour rire portent maintenant la responsabilité entière de ces lacunes. Je les invite à les corriger dans les plus brefs délais.


Post-sciptum : À deux reprises depuis la publication de ce texte, l’hyperlien de ce billet à été envoyé au festival Juste pour rire, qui n’a pas jugé bon en accuser réception de manière formelle.

Par contre, le bureau du Maire de Montréal, par la voix de son directeur des communications, m’a fait parvenir la réponse ci-dessous.


N/Réf. : 13-12055

Monsieur,

Le maire de Montréal, M. Michael Applebaum, a bien reçu le courriel que vous lui avez adressé le 10 janvier 2013, concernant le texte que vous avez mis en ligne sur la dangerosité du site de Juste pour rire.

Nous avons transmis votre courriel à Mme Francine Chometon au bureau du directeur du Service de police de la Ville de Montréal, pour suites appropriées.

Veuillez agréer, Monsieur, l’expression de mes sentiments les meilleurs.

Darren Becker
Directeur des communications

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le kirpan et la sécurité

19 janvier 2011

Le 23 juin 1985, des Sikhs canadiens placèrent une bombe à bord du vol 182 d’Air India — en partance de Montréal — qui fit 329 morts. C’est le plus important acte terroriste de l’histoire du Canada. Parmi les victimes, on compte le pharmacien Gaston Beauchesne, de Hull.

Un an plus tôt, soit le 8 mai 1984, l’édifice du parlement québécois était le site d’un massacre qui fit trois morts et treize blessés. Cet acte terroriste fut commis par un québécois francophone dit « de souche ». Depuis, la sécurité y a été considérablement renforcée.

Hier, quatre Sikhs attendus à l’Assemblée nationale se sont vus interdire l’accès au parlement parce qu’ils étaient munis d’un kirpan. Celui-ci est un poignard qui a valeur de symbole dans la religion sikhe.

Il y a moyen de permettre aux Sikhs armés de pénétrer dans le parlement. L’an passé, l’accès à l’Assemblée nationale avec été interdit à un groupe de Sikhs. Dix-neuf d’entre eux avaient retiré leur kirpan. Le dernier avait retiré un kirpan de plus de 20 cm, mais en avait gardé un autre d’environ 6 cm. Il avait tout de même été escorté par un policier pendant toute la durée de sa visite à l’Assemblée.

Si les Sikhs veulent payer pour la présence de militaires armés de mitraillettes qui les escorteront dans l’enceinte du parlement — avec ordre d’abattre n’importe quel d’entre eux qui dégainerait son poignard — je n’y vois pas d’objection. D’ici là, je ne vois pas comment on pourrait compromettre la sécurité de l’Assemblée nationale au nom du folklore religieux.

Les Sikhs, peuvent-ils prendre l’avion à destination des États-Unis munis de leur poignard ?

Références :
Pas de kirpan au Parlement
Une attaque relance la débat sur le port du kirpan

Le kirpan et la sécurité
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Écrit par Jean-Pierre Martel


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