La gestion économique catastrophique des Libéraux québécois

16 mars 2017
Le Petit pain de Gérard Sénécal (1940)

Introduction

Le quotidien Le Devoir publiait hier un éditorial basé sur le dévoilement des dernières données de l’Institut de la statistique du Québec.

Celles-ci révèlent que le Québec est passé au dernier rang canadien du revenu disponible par personne.

Rappelons que le Québec était au 4e rang sous les administrations péquistes de Parizeau, Bouchard et Landry.

La gestion économique du PQ avait été tellement bonne que le fédéral avait diminué la péréquation au Québec, ce qui est normal. La péréquation, c’est pour les provinces pauvres. Quand on est moins pauvre, on reçoit moins de péréquation.

Dès 2005, nous étions tombés au 7e rang. De manière générale, dans l’ensemble du régime Charest, le Québec tomba de 4e au 9e rang canadien.

Cet appauvrissement avait permis au premier ministre de se vanter que, grâce à son gouvernement, le Québec avait obtenu plus d’argent du fédéral que sous les gouvernements péquistes… ce qui rigoureusement vrai.

En effet, appauvri, le Québec avait droit à davantage de péréquation canadienne. L’audace du premier ministre consistait donc à présenter avantageusement cet appauvrissement. Comme une grande réalisation de son gouvernement.

Mais le gouvernement Couillard a surpassé celui de Jean Charest; nous voilà derrière toutes les provinces canadiennes. Grâce au PLQ, seuls les Esquimaux sont maintenant plus pauvres que nous… pour l’instant.

L’explication du Devoir se divise en trois parties. Premièrement la structure industrielle du Québec dépend trop de la petite entreprise. Deuxièmement, notre revenu disponible est moindre parce que nous nous offrons un filet de protection sociale plus onéreux. Et troisièmement, parce que nous choisissons de moins travailler.

D’entrée de jeu, je ne vous cacherai pas que je suis ulcéré de lire dans Le Devoir — un journal qui se veut nationaliste et intellectuel — les explications simplistes dont le Parti libéral du Québec a besoin pour justifier sa gestion catastrophique de l’économie québécoise.

Voyons en détail les justifications du quotidien.

Première raison : une structure industrielle déficiente

La moins bonne performance du Québec est liée au fait que son économie est composée d’une plus grande proportion de petites entreprises.

Mais pourquoi donc ? Ce peut-il qu’en laissant filer les sièges sociaux à l’Étranger (un argument mineur, je le reconnais) et surtout en l’absence totale de stratégie industrielle, notre économie s’en va chez le diable ?

Une économie basée essentiellement sur des petites unités de production, c’est la caractéristique des pays pauvres et plus précisément des pays du Tiers-Monde.

La question à se poser est simple. Quelle est la stratégie industrielle des gouvernements libéraux ?

Sous le gouvernement Charest, la stratégie de développement industriel du Québec, c’était le Plan Nord; un programme colossal de soixante-milliards$ (excusez du peu) pour transformer le Québec en un peuple de mineurs.

Je n’ai rien contre les mineurs, mais est-ce la meilleure façon d’employer nos diplômés universitaires ? À casser de la roche dans la toundra québécoise ? Apparemment, oui.

Voyons maintenant la stratégie de développement industriel du gouvernement Couillard : réitérer notre attachement au Canada et créer ainsi un climat favorable à l’établissement du grand capital. Puis, attendre béatement que ce dernier y réponde.

Comme c’est beau. Et surtout, comme ce n’est pas forçant. Voyez le résultat; le dernier rang des provinces canadiennes. Bravo Philippe !

Sous Couillard, le Plan Nord s’est rétréci à treize ou vingt-milliards$ (selon l’humeur du Premier ministre) et on lui a ajouté une ‘stratégie maritime’ nébuleuse, et ce dans un domaine de juridiction exclusive du gouvernement fédéral.

Alors on coupe dans les domaines de juridiction provinciale mais on veut dépenser dans ceux du fédéral, ce qui allège la tâche du fédéral qui peut alors dépenser plus en envahissant les domaines de juridiction provinciale.

Comme c’est étrange, cette fédération où tout le monde rêve d’être à la place de l’autre…

Une stratégie maritime dont les seules manifestations concrètes sont de jolis clips publicitaires à la télévision et, de temps en temps, un Panamax pétrolier qui s’aventure à gratter le fond de sa cale jusqu’à Sorel… et à tasser quelques bélougas au passage.

À bien y penser, M. Couillard a peut-être raison; il est peut-être mieux d’être matelots ou débardeurs que mineurs.

Deuxième raison : le filet troué de la protection sociale

Si notre revenu disponible est moindre, c’est aussi parce que nous nous payons un filet de protection sociale plus onéreux.

Mais pourquoi l’immense majorité des Québécois sont-ils attachés à des mesures sociales qui nous appauvrissent ?

Parce qu’elles ne nous appauvrissent pas, justement.

À titre d’exemple, le cout réel d’une place en garderie est d’environ 37$ par jour (la partie déboursée par les parents + la partie payée par les contribuables). Mais si chaque parent choisissait de faire appel à une gardienne privée, cela couterait beaucoup plus cher.

Ceci étant dit, quelle est donc cette mesure sociale ruineuse qui aurait fait chuter notre revenu disponible du 4e au 10e rang canadien depuis que les Libéraux sont au pouvoir ?

À ma connaissance, toutes les mesures sociales dont nous bénéficions sont antérieures aux gouvernements Charest et Couillard.

Donc cet argument ne tient pas debout.

Troisième raison : le farniente

Nous sommes plus pauvres parce que nous travaillons moins. Mais pourquoi au juste travaillons-nous moins ? Ah, on ne sait pas.

Depuis vingt ans, le taux de chômage diminue dans toutes les provinces canadiennes. C’est le cas au Québec, ce qui permet au gouvernement Couillard de se péter les bretelles sur le dos.

Mais à la différence des autres provinces, depuis l’arrivée au pouvoir des Libéraux, les emplois offerts aux Québécois sont de plus en plus des emplois précaires, moins bien payés, où le nombre d’heures offert est moindre.

Voilà pourquoi le nombre d’heures travaillées diminue. Mais cela est beaucoup trop compliqué à dire. Alors on y va d’une citation : les Québécois choisissent volontairement de travailler moins.

Donc, résumons : les Québécois travaillent plus d’heures quand ils sont gouvernés par le PQ et, conséquemment, montent au 4e rang canadien du revenu par personne sous les gouvernements péquistes de Parizeau, Bouchard, et Landry.

Mais ils redescendent au dernier rang sous les gouvernements de Charest et Couillard parce qu’ils choisissent volontairement d’avoir plus de temps libre pour apprécier la belle vie que nous offrent les Libéraux.

Pourquoi n’y avais-je pas pensé ?

Conclusion

De nos jours, la grande majorité des chroniqueurs économistes basent leurs articles sur des communiqués émis par des institutions financières ou des agences de presse.

Contrairement aux instituts de recherche ou aux groupes de réflexion, les agences de presse sont des moulins à nouvelles. Leur but est d’alimenter rapidement, le mieux possible, les quotidiens qui leur sont abonnés sur ce qui se passe dans le monde.

Dans le domaine économique, ces agences n’ont pas de perspective. Toute variation du produit intérieur brut, du taux de chômage, du taux d’intérêt, et des indices boursiers est présentée telle quelle. Au mieux, ce changement sera analysé sur une courte période de référence; en comparaison avec la semaine précédente, le mois dernier ou — tout au plus — avec l’année passée.

Dans le cas du revenu disponible par personne, le Québec n’est passé que du 9e au 10e rang depuis l’an dernier. Bref, rien d’anormal.

Il suffit donc pour l’éditorialiste du Devoir de justifier la place occupée par le Québec. Comme s’il en avait toujours été ainsi. Comme une fatalité à laquelle nous ne pouvions pas échapper.

Et c’est alors que la myopie du chroniqueur l’amène à devenir l’avocat du défaitisme, le chantre du petit pain pour lequel nous sommes nés et l’avocat de la gestion économique désastreuse du gouvernement actuel.

Dans un sondage récent, 66% des Québécois se disent d’accord pour dire que les médias sont complices du pouvoir et de l’establishment au pays. Doit-on s’en étonner ?

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Lettre à Jean-François Lisée au sujet des Québécois musulmans

4 février 2017

Aux funérailles montréalaises de trois des victimes de l’attentat antimusulman de Québec, tenues à l’aréna Maurice-Richard, les ministres du gouvernement Couillard et les chefs des partis d’opposition n’ont pas été invités à prendre la parole.

Si on vous avait permis de la faire, je ne suis pas convaincu que l’accueil de la foule à votre égard — où à l’égard de M. Legault, s’il y avait été présent — aurait été plus chaleureux que celui accordé aux premiers ministres du Canada et du Québec.

En effet, même s’il est de bon ton aujourd’hui pour les dirigeants du Parti québécois de prendre leurs distances à l’égard de la Charte de la laïcité, ce projet leur a aliéné de nombreux Québécois de religion musulmane.

C’est ce que soutiennent aujourd’hui MM. Gérard Bouchard et Charles Taylor dans une entrevue au Devoir.

Ceux-ci déclarent : « Les musulmans, ce qui leur a fait le plus mal, c’est la charte des valeurs. Ça les a blessés, humiliés et dressés contre la majorité. C’était une erreur magistrale de ce point de vue là.»

Je suis de cet avis.

Afin de rétablir les ponts avec la communauté musulmane du Québec, j’aimerais que le PQ s’illustre contre la xénophobie de la Droite québécoise. Une Droite que se disputent la CAQ et le PLQ. Et que le PQ a courtisée en vain sous Mme Marois.

Sur les médias sociaux et dans les commentaires publiés sur les sites web de différents quotidiens, il est jugé acceptable d’insinuer que les Musulmans sont en train de prendre le contrôle du Québec; que les Musulmans veulent pervertir nos valeurs fondamentales; que les Musulmans sont tous des cellules dormantes de groupes terroristes; ou que les Musulmans se réjouissent tous secrètement des attentats commis par leurs coreligionnaires à l’Étranger. Jamais un commentaire dans ce sens n’est censuré.

Dans tous ces cas, il s’agit d’une stigmatisation. Or cette stigmatisation est au cœur de la propagande haineuse de la Droite québécoise; ces Québécois sont présentés d’abord comme des Musulmans (ce qui insinue des ‘étrangers’) et non comme des concitoyens.

Il m’est arrivé moi-même d’utiliser l’expression ‘Musulmans d’ici’ pour parler d’eux : je me rends compte que j’ai eu tort et je m’en excuse publiquement.

Je suggère donc que dans toutes ses communications écrites et, si possible, dans les discours de ses élus, le PQ s’engage à utiliser l’expression ‘Québécois musulmans’ et non ‘Musulmans’ ni ‘Musulmans du Québec’. Ici, l’accent est mis sur ‘Québécois’ et non sur ‘Musulmans’. Parce que nous sommes tous des Québécois.

Une telle mesure suscitera évidemment les accusations de récupération politique et l’hostilité de ceux qui sont déjà acquis à d’autres formations politiques.

Mais les membres de la communauté musulmane, eux, y seront sensibles.

De plus, je suggère que le Parti québécois promette, s’il est élu, de consacrer des sommes d’argent aux cimetières du Québec qui voudront devenir multiconfessionnels, sous réserve de différents critères, dont celui de l’acceptabilité sociale dans leurs milieux respectifs. Cela les obligera à travailler eux-mêmes à cette acceptabilité s’il veulent bénéficier de cette subvention.

Pour terminer, les pratiques funéraires musulmanes sont interdites au Québec puisque seuls l’incinération ou l’ensevelissement à la suite d’un embaumement sont permis. Je suggère que cela soit corrigé.

Il s’agit de trois mesures simples que ni la CAQ ni le PLQ ne peuvent adopter sans indisposer une partie de leur base électorale. Tout au plus, le PQ pourrait s’attirer les foudres de ceux qui, de toute façon, ne voteraient pas pour lui, en contrepartie de l’appui massif des Québécois musulmans, heureux de constater que le PQ est dans de meilleures dispositions à leur égard.

Travailler à la cohésion sociale du Québec exige un peu d’effort de chacun d’entre nous et je crois que ces trois mesures iraient dans la bonne direction.

Sur le même sujet :
La Charte de la laïcité : un mauvais départ

Lettre à Jean-François Lisée au sujet des Québécois musulmans
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Montréal, co-capitale du Québec

20 novembre 2016

Au cours des derniers mois, neuf des vingt-deux rencontres entre des représentants de l’État québécois et des dignitaires étrangers se sont déroulées à Montréal.

Plus tôt cette semaine, le maire de Québec déplorait cette situation. En commission parlementaire, celui-ci s’est fait menaçant : « Là, on est bien patients, mais on peut devenir un peu impatients. Par exemple, une fois la loi sur la capitale nationale adoptée, si on entend parler qu’un dignitaire étranger a été accueilli à Montréal, là on va être moins patients.»

Au Canada, toutes les ambassades sont situées à Ottawa. Toutefois, un certain nombre de pays maintiennent des consulats dans les grandes métropoles du pays comme Montréal, Toronto, Calgary et Vancouver.

Cette présence diplomatique permet la délivrance d’urgence d’un passeport à un ressortissant qui aurait perdu le sien, permet d’aider les familles étrangères qui doivent rapatrier la dépouille d’un parent, ou sert à répondre à toute autre situation d’urgence.

Or il y beaucoup plus d’étrangers qui visitent ou travaillent dans une grande ville internationale et multiethnique comme Montréal comparativement à Québec.

Lorsqu’un chef d’État étranger est de passage à Montréal afin de visiter une entreprise de haute technologie, il serait stupide pour le premier ministre du Québec de refuser de le rencontrer sous le prétexte qu’une rencontre dans la métropole risquerait de susciter la jalousie d’un roitelet de campagne.

Les citoyens de la région de Québec votent majoritairement pour la CAQ, un parti qui prône la diminution du rôle de l’État. De plus, les radios de la vieille capitale passent leurs journées à déblatérer contre les gouvernements, responsables apparemment de tous nos problèmes.

Pourquoi ne pas respecter la volonté populaire des gens de Québec et diminuer cette présence offensante de l’État dans la Vieille capitale au profit de la Nouvelle, c’est-à-dire Montréal ?

Selon un vieux proverbe, Il ne faut pas mordre la main qui nous nourrit. Peut-être y a-t-il là matière à réflexion pour le maire de Québec…

Référence :
La diplomatie à Montréal près de la moitié du temps

Montréal, co-capitale du Québec
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Péréquation et transferts fédéraux

31 janvier 2014

Le gouvernement fédéral canadien transfère aux provinces de l’argent selon quatre mécanismes.

La remise de l’impôt provincial

C’est au gouvernement central que tous les Canadiens — sauf les Québécois — paient à la fois leur impôt fédéral et provincial. Les Québécois sont les seuls à payer leur impôt provincial directement au gouvernement de leur province. Donc, pour toutes les autres provinces, le fédéral remet aux gouvernements provinciaux l’argent qu’il collecte annuellement en leur nom.

Le financement des gouvernements des territoires

En plus de dix provinces, le Canada comprend trois territoires nordiques. D’Ouest en Est, ce sont successivement le Yukon, les Territoires du Nord-Ouest et le Nunavut.

Ils sont administrés par des gouvernements créés à l’initiative du gouvernement fédéral et financés presque totalement par lui. En effet, les gouvernements territoriaux ont relativement peu de ressources financières (les peuples autochtones du Canada étant dispensés de l’impôt sur le revenu).

L’an prochain, le gouvernement fédéral attribuera à ces gouvernement la somme de 3,3 milliards$, soit 29 650$ par habitant.

La contribution aux programmes provinciaux

Le troisième mécanisme est la subvention fédérale aux programmes de santé et aux programmes sociaux des provinces. Pour l’année 2013-2014, environ 42,5 milliards$ seront transférés de cette manière. Cela représente 68% du soutien fédéral aux provinces.

Perequation2013
 
Cette subvention se fait au prorata, c’est-à-dire qu’elle est proportionnelle à l’importance démographique de chaque province. Prenons un exemple.

Désireux d’inciter toutes les provinces à instaurer un programme d’assurance hospitalisation (en suivant l’exemple de la Saskatchewan), le gouvernement fédéral a promis de subventionner tout régime provincial d’assurance-maladie qui serait conforme à ses critères.

La santé étant de juridiction provinciale, le gouvernement canadien ne pouvait pas agir seul; il devait passer par les provinces. En s’engageant à subventionner les régimes provinciaux, il incitait les provinces à créer leur propre programme, conforme aux normes édictées par le gouvernement central.

Afin d’être juste et de faire en sorte que, idéalement, chaque Canadien reçoive la même qualité de soin, quelle que soit la province où il habite, la subvention fédérale est calculée par personne. Plus une province est populeuse, plus elle reçoit d’argent.

À elle seule, la subvention fédérale aux soins de santé représente près de la moitié du soutien fédéral aux provinces et territoires.

La péréquation

Inscrite dans la Constitution canadienne-anglaise de 1982, la péréquation est un mécanisme de redistribution de la richesse. Il vise à réduire l’écart de capacité fiscale qui découle de la situation économique de chaque province.

Le calcul des sommes versées est dynamique. Il varie selon la situation économique de chaque province.

Au cours de neuf des dix années qui ont précédé l’arrivée au pouvoir du premier ministre Jean Charest — en d’autres mots, sous les gouvernements péquistes de Jacques Parizeau, Lucien Bouchard et Bernard Landry — la croissance économique du Québec a été supérieure à la moyenne canadienne. Conséquemment, le gouvernement fédéral avait réduit le montant de la péréquation auquel le Québec avait droit.

Par la suite, durant les neuf années au cours desquelles le Parti libéral a été au pouvoir, la croissance économique du Québec est redescendue sous la moyenne canadienne. Si bien que notre province est passée du quatrième au neuvième rang canadien quant au revenu par personne.

Conséquemment, sous le gouvernement Charest, le gouvernement fédéral a ajusté à la hausse la péréquation versée au Québec, celui-ci s’étant appauvri.

C’est ce qui a permis à M. Charest, au cours débat télévisé de la campagne électorale de 2007, de se vanter d’avoir réussi à obtenir plus d’argent du fédéral que ses prédécesseurs péquistes, ce qui est rigoureusement vrai. Toutefois, il s’agissait d’une manière détournée de se vanter de la gestion désastreuse de l’économie québécoise par son gouvernement.

L’an prochain, l’Alberta, la Colombie canadienne, la Saskatchewan et Terre-Neuve — les quatre provinces dites « riches » — ne recevront pas un sou de péréquation. Par habitant, l’Île-du-Prince-Édouard recevra 2 404$, le Nouveau-Brunswick 2 210$, la Nouvelle-Écosse 1 730$, le Manitoba 1 367$, le Québec 1 129$, et l’Ontario 145$.

Précisons qu’à cause de l’importance de sa population, le montant de péréquation qui sera versé au Québec l’an prochain représentera à lui seul 57,1% de l’ensemble de la péréquation versée aux provinces canadiennes, soit 9,2 milliards$.

Références :
Pure propagande!
Soutien fédéral aux provinces et aux territoires
Tommy Douglas

Péréquation et transferts fédéraux
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Évolution du chômage au Québec depuis une décennie

5 septembre 2013

Le taux de chômage

L’Institut de la statistique du Québec est un organisme gouvernemental qui a pour mission de fournir des informations statistiques sur la situation économique du Québec. Il y a deux jours, cet organisme rendait public une étude de l’évolution du chômage au Québec de 1997 à 2011.

Les données présentées sont celles qui ont été colligées par Statistique Canada dans le cadre de son Enquête sur la population active : elles excluent les travailleurs autonomes et les étudiants. La population visée correspond à environ 75% de celle de l’ensemble de l’emploi.

Ces exclusion expliquent pourquoi les taux de chômage présentés ici diffèrent de ceux qu’on trouve ailleurs sur le site de l’organisme québécois.

Selon cette étude, le taux de chômage au Québec a diminué du cinquième, passant de 10,3% à 8,1% au cours de cette période. Cette diminution n’a pas été constante puisque ce taux était encore plus faible en 2007-8 (soit juste avant les répercussions de la crise financière sur le marché de l’emploi, en 2009).

À l’exception donc des années 2007 et 2008, il faut remonter en 1976 pour trouver un taux de chômage plus faible. Cette évolution à la baisse du taux de chômage s’observe dans toutes les régions du Québec.

Dans les régions périphériques, dont l’économie est principalement basée sur l’exploitation des ressources naturelles (forêts et mines), le taux de chômage moyen a diminué du tiers, passant de 14,0% à 9,2%. C’est le cas de la région la plus durement touchée à la fin des années 1990, soit la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine, dont le taux de chômage a décliné de 22,1% à 14,3%.

La diminution du chômage a été analogue dans presque toutes les autres régions. Deux exceptions : Québec et Montréal.

Dans la vieille capitale, le déclin du chômage a été plus net, passant de 10,1% à 5,4%. À Montréal, ce fut le contraire; la diminution du taux de chômage y a été très faible, passant de 11,2 à 10,2%. Cela fait que la région montréalaise connaît présentement le deuxième taux de chômage le plus élevé du Québec.

Le taux d’emploi

Cette diminution généralisée du chômage s’est accomplie en dépit du fait qu’une proportion plus élevée de la population adulte participe au marché de l’emploi. En effet, le sixième de la population québécoise (principalement des femmes) a envahi le marché du travail au cours de cette période.

Le taux d’emploi est passé de 58,5% à 68,9% dans le cas des femmes, et de 70,8% à 73,0% dans le cas des hommes (pour une moyenne de 71,0%). De tous les pays de l’OCDE, seul le reste du Canada et l’Allemagne ont un taux d’emploi plus élevé que le Québec. À titre de comparaison, le taux d’emploi moyen des pays de l’OCDE pour les personnes en âge de travailler s’élevait à 64,8 % en 2011.

Dans presque toutes les régions du Québec, il existe une relation inverse entre le taux de chômage et le taux d’emploi des femmes et des hommes. Lorsque le taux de chômage s’élève au dessus de la moyenne québécoise, le taux de participation des femmes et des hommes au marché du travail diminue.

La scolarité

Depuis le début du siècle, on assiste à une chute draconienne de la proportion de Québécois de 25 à 64 ans qui n’ont pas réussi leurs études secondaires. En effet, de 1997 à 2011, cette proportion est passée de 26,5% à 15,1%.

Toutefois, cela est en partie le résultat du fait que beaucoup de personnes sans diplôme en 1997 ont dépassé aujourd’hui l’âge de 64 ans et conséquemment, ont disparu des statistiques.

Compte tenu du renouvellement de la population, les Québécois sont plus instruits de nos jours. La proportion des Québécois âgé de 25 à 64 ans qui possèdent un certificat de formation professionnelle ou un diplôme universitaire, est passée de 50,7% à 63,9%. La proportion de bacheliers a presque augmenté de moitié.

Le taux de chômage parmi ceux qui n’ont pas réussi leur secondaire est beaucoup plus élevé que celui dans la population en générale; ceux-ci forment 15,1% de la population de 25 à 64 ans mais n’occupent que 10,8% des emplois. Leur taux de chômage est donc 30% plus élevé que la moyenne québécoise.

Au contraire, les détenteurs d’un Certificat de formation professionnelle ou un diplôme universitaire représentent 63,9% de la population de 25 à 64 ans mais accaparent 69,4% des emplois disponibles. Leur taux de chômage est donc en dessous de la moyenne québécoise.

Le salaire horaire moyen

Depuis 1997, les salaires ont progressé davantage que l’inflation, telle que mesurée par l’indice des prix à la consommation. En dollars constants, les salaires horaires moyens ont augmenté de 8,6 % depuis 1997.

Puisque l’étude ne tient pas compte du nombre d’heures travaillées par semaine, on ne sait pas s’il y a eu augmentation des revenus, donc du pouvoir d’achat.

Références :
Marché du travail et qualité de l’emploi : un regard inédit sur la situation dans les régions du Québec (document PDF)
Taux de chômage 2002-2012
Un portrait rose derrière les fermetures d’usine

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Interprétation des résultats du scrutin québécois de 2012

6 septembre 2012

Le pragmatisme de l’électeur

L’opinion favorable selon laquelle le gouvernement Charest a bien géré l’économie québécoise est tellement ancrée dans l’esprit des Québécois, que le Parti libéral aurait été très certainement reporté au pouvoir mardi dernier s’il n’avait pas subi la concurrence d’un autre parti fédéraliste (la Coalition avenir Québec).

Pourquoi un si grand nombre d’électeurs préfèrent-ils voter pour un parti corrompu à l’os ? Tout simplement parce qu’ils croient qu’ils y ont personnellement intérêt.

La corruption représente toujours une injustice envers l’entrepreneur honnête et un gaspillage des fonds publics parce qu’elle limite la concurrence au bénéfice des contributeurs à la caisse du parti au pouvoir. Toutefois, pour de nombreux électeurs, ce jugement moral défavorable ne fait pas le poids devant des considérations pragmatiques.

Lorsqu’un parti au pouvoir est en mesure de prouver aux contribuables qu’ils deviendront riches s’ils acceptent de fermer les yeux sur des petites pratiques moralement discutables, beaucoup d’entre eux préféreront ne pas s’en offenser.

En somme, contrairement au scandale des commandites, la corruption libérale a été commercialisée comme un mal bénéfique à chacun d’entre nous. Comme s’il s’agissait de payer des honoraires nous permettant de bénéficier de l’expertise de gestionnaires hors du commun. On doit donc reconnaître ici le génie des stratèges libéraux.

Le silence étonnant du Parti québécois

À aucun moment important de la campagne électorale, le Parti québécois n’a critiqué le bilan économique du gouvernement Charest. Comme si le PQ lui-même était d’accord pour reconnaître que le Parti libéral avait fait un bon travail. Or la perception qu’ont les électeurs du bilan économique des Libéraux était la clé du pouvoir pour le PQ.

Seule la CAQ a présenté l’envers de la médaille. Mais sa voix n’a pas été entendue parce qu’elle ne fut relayée par personne. De plus, j’ai été estomaqué d’entendre le président de cette formation politique faire tout un drame d’une paire de billets de spectacle donné par un entrepreneur véreux à une ministre libérale alors que par exemple, un contributeur à la caisse du parti libéral a obtenu sans appel d’offres une série de contrats totalisant 360 millions$ — vous avez bien lu : un tiers de milliards$ sans appel d’offres — pour obtenir 120 place pendant 25 ans dans un foyer pour personnes âgées situé dans la région de Québec.

Madame Marois a bien souligné qu’en tant que ministre des Finances d’un gouvernement péquiste, elle avait présenté en 1999 un budget qui dégageait un surplus de 500 millions$. Mais qu’en est-il du bilan global du gouvernement Charest ? Pas un mot de la part du PQ.

Si le PQ est incapable de dire fièrement que la croissance économique du Québec a dépassé la moyenne canadienne au cours de neuf des dix dernières années du gouvernement péquiste de Lucien Bouchard et de Bernard Landry, qui le dira ?

Par contre, si le PQ ne souligne pas que sous les Libéraux de Jean Charest, la croissance économique du Québec a été inférieure à la moyenne canadienne de 2003 à 2008, comment les Québécois l’apprendront-ils ? Et la belle performance de 2008 à 2011 dont se vante M. Charest (4,7% au Québec vs 3,5% pour l’ensemble du pays), qui dira que cet avantage d’un pour cent sur trois ans (0,3% annuellement) n’a pas été suffisant pour réparer les dommages subis de 2003 à 2008 ? Pas le PQ, apparemment.

Pourtant, c’est ce qui a fait chuter le Québec du quatrième rang canadien en 2003, à l’avant-dernier rang du pays actuellement (devant l’Île-du-Prince-Édouard) quant au revenu disponible par personne (comme le soulignait si justement la CAQ).

Au cours de la récente crise économique, la Caisse de dépôt et de placement a perdu 25% de la valeur de ses actifs, comparativement à 18,4% pour la moyenne des grandes caisses de retraite canadiennes. C’est une perte de 40 milliards$ de nos épargnes en vue de notre retraite. Cette perte colossale, apparemment, n’émeut pas le PQ.

Lorsque la Parti libéral a pris le pouvoir en 2003, le portefeuille de la Caisse comprenait 20% d’actions québécoises (si ma mémoire est bonne). En 2007-2008, cette proportion avait chuté à 12%. Des milliards$ de nos épargnes servaient à créer des emplois ailleurs qu’au Québec. Pourquoi ? Parce que la caisse préférait spéculer sur les rendements extraordinaires du « papier commercial » plutôt que ceux plus faibles des entreprises d’ici. Au moment de la crise, la Caisse possédait à elle seule le tiers de tous les titres toxiques détenus au Canada (13 milliards$ sur 30 milliards$). Je ne peux pas croire que le PQ n’y voit pas matière à scandale et si oui, pourquoi elle n’a pas cru bon le rappeler aux électeurs.

Conclusion

Du strict point de vue économique, le gouvernement Charest est le plus incompétent que le Québec ait connu depuis quarante ans. Mais en l’absence de critiques à ce sujet, un nombre appréciable d’électeurs ont pensé qu’il était dans leur intérêt de voter pour le Parti libéral. Conséquemment, le PQ a été élu à la tête d’un gouvernement minoritaire.

Faut-il s’en étonner ?

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Les résultats imprévisibles de l’élection québécoise du mardi 4 septembre 2012

1 septembre 2012

Lorsque le Parti québécois a été élu pour la première fois en 1976, les Québécois francophones étaient sous le choc d’un fait divers qui avait passionné l’opinion publique.

Dans les mois qui avaient précédé cette élection, on avait appris que la Canadian Air Transport Security Authority (c’est-à-dire la régie fédérale des transports aériens) avait émis une directive interdisant à un pilote et à un contrôleur aérien, tous deux francophones, de se parler en français entre eux. Les contrevenants s’exposaient à des pénalités et, ultimement, au congédiement. Je crois comprendre que, de nos jours, cette pratique est universelle : les communications dans le transport aérien international se font toujours en anglais, même en France. Je compte sur les lecteurs européens de ce blogue pour me corriger si je me trompe.

Mais à l’époque, ce sujet déchaînait l’opinion publique. Si bien que le PQ était alors porté au pouvoir sur la vague du mécontentement que cette « discrimination » provoquait.

Depuis quarante ans, la proportion de citoyens favorables à l’indépendance du Québec oscille entre le tiers et le quart de la population. Si le PQ a gagné plusieurs élections depuis ce temps, c’est que cette formation politique garantissait à chaque fois que le scrutin portait exclusivement sur sa compétence à gouverner et qu’elle promettait que tout projet d’indépendance serait soumis spécifiquement à l’approbation ou au rejet populaire.

En 1995, 49,5% des Québécois finissaient par voter « oui » à une question référendaire alambiquée, à la suite d’une période intense de propagande et de propos rassurants à l’effet qu’un « oui » ne donne le feu vert qu’à un processus de négociation qui, en cas d’échec donnerait suite à un deuxième référendum, décisionnel cette fois-là.

Depuis une décennie, le PQ stagne aux alentours de 33% dans les intentions de vote de toutes les élections générales.

Cette fois-ci, les sondages indiquent que le PQ est en tête tout simplement parce que le vote fédéraliste, très majoritaire, est divisé entre la CAQ et le Parti libéral en décomposition. Si les électeurs n’avaient le choix qu’entre le PQ et le Parti libéral, une majorité de Québécois voteraient probablement libéral en se bouchant le nez.

À l’heure actuelle, le PQ a fait le plein de tous les indépendantistes qui, par choix ou par dépit, votreront pour cette formation politique. À quelques jours du vote, le quart des électeurs sont indécis. Mais qui sont-ils ?

Ils sont fédéralistes, n’ont pas suivi les débats télévisés, sont peu instruits et craignent le changement.

Une minorité d’entre eux sont indécis parce que cela est dans leur nature. Dès leur réveil, on les imagine hésitants entre se lever ou rester couchés. Alors on peut imaginer le choix déchirant que sera pour eux d’aller voter.

Quant au reste, ils ont le profil du fidèle électeur libéral qui ne s’est pas encore résigné à changer de parti et qui se déclare indécis parce qu’il a honte d’avouer sa préférence. Si tel est le cas, on peut deviner que dans l’isoloir, ils auront tendance à voter pour le parti le plus près idéologiquement du Parti libéral, soit la CAQ. En effet, la CAQ, c’est le Parti libéral javellisé.

D’ici au scrutin, le Parti Québécois n’a pas grand chose à gagner à poursuivre ses appels à l’unité des indépendantistes : depuis quarante ans, il est impossible de prendre le pouvoir en ne s’appuyant que sur le vote indépendantiste.

Si Mme Marois veut devenir la première Première ministre, il lui faudra élargir sa base électorale aux fédéralistes et souligner ce que tout le monde devrait savoir — mais sur lequel Mme Marois n’a pas beaucoup insisté — soit qu’un vote péquiste est simplement un vote en faveur d’un gouvernement compétent et responsable. Si elle échoue, cette élection pourrait lui réserver des désagréables surprises.

En effet, il faut se méfier des sondages qui répartissent le vote des indécis comme s’ils allaient voter comme le reste de la population. Après les appels au vote caquiste d’à peu près tous les quotidiens du Québec (sauf Le Devoir), les indécis pencheront certainement plutôt vers la CAQ.

Les indécis qui songent à voter pour le Parti québécois constituent probablement moins du cinquième de l’ensemble de ceux qui hésitent encore. Mais dans la présente élection, chaque vote compte.

Motiver ceux qui pourraient voter péquiste à passer à l’acte est d’autant plus facile que s’il est élu, le PQ sera certainement à la tête d’un gouvernement minoritaire, c’est-à-dire d’un gouvernement dont les politiques seront mises en échec à chaque fois qu’elles ne réussiront pas à rallier l’un ou l’autre des deux autres grands partis que sont la CAQ et le Parti libéral.

Cette présence « rassurante » pourrait bien motiver certains indécis à voter péquiste mardi prochain si Mme Marois a l’habilité d’utiliser cet argument.

Sur le même sujet : Interprétation des résultats du scrutin québécois de 2012

Les résultats imprévisibles de l’élection québécoise du mardi 4 septembre 2012
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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le vote décisif des 18 à 24 ans

26 août 2012

Plus tôt cette année, lors d’une élection partielle, le Parti Québécois a ravi le bastion libéral d’Argenteuil avec seulement 35% des votes; c’est le résultat de la fonte de la majorité libérale par la Coalition avenir Québec (33% PLQ et 21% CAQ).

Dans l’ensemble de la province, la CAQ a gagné de nombreux partisans en grugeant la clientèle libérale. De fait, qui peut dire la différence entre la « réingénierie de l’État », promise en 2003 par les Libéraux, et la promesse actuelle de la CAQ de « faire le ménage » dans l’appareil de l’État ? Idéologiquement, la CAQ, c’est le Parti libéral javellisé.

Or ce dernier est en mauvaise posture. L’autobus de monsieur Charest se dirige pleine vitesse vers le mur bétonné de la réprobation populaire. Ses thèmes néo-duplessistes de la peur des Carrés rouges et de l’anarchie sont tombés à plat avec une rentrée scolaire sans incident. Le Plan Nord, cette idée pharaonique de transformer la toundra québécoise en goulag nordique au prix de 40 à 63 milliards$ n’a pas suscité l’enthousiasme populaire non plus. Avec des minières si ouvertement empressées à faire transformer le minerai à l’étranger et conséquemment, à ne créer que le minimum d’emplois au Québec, la population ne perçoit ces compagnies que comme de gros citrons à presser.

Le Parti libéral conserve de nombreux appuis dans la communauté anglophone, reconnaissante pour l’application imperceptible de la Loi 101, la légalisation des écoles passerelles, et les cours d’anglais aux immigrants alors que les cours de français leur ont été supprimés (sauf en entreprise).

La région de Québec était aussi un bastion libéral. Il semble acquis que la CAQ y fera une percée importante en surfant sur la rhétorique hostile à l’État que diffusent depuis des années les radios poubelles de la vieille capitale. En 2008, le Parti libéral y avait gagné presque tous les comtés avec 39,5% des votes. Présentement, 46% des électeurs de cette région s’apprêtent à voter pour la CAQ. Un véritable tsunami politique mettra donc à la retraite tous (ou presque tous) les députés libéraux de la région.

Partout au Québec, les rats quittent le navire libéral. D’anciens organisateurs politiques suggèrent de voter pour la CAQ afin d’empêcher la prise du pouvoir par le Parti Québécois. D’ici au scrutin, la CAQ pourrait encore grandir aux dépens du Parti libéral. Avec seulement 7% de votes de plus, grugés dans les intentions de vote libéral — en d’autres mots, avec 35% des votes comme dans Argenteuil — la CAQ pourrait former le prochain gouvernement du Québec.

Mais la véritable surprise pourrait venir d’ailleurs.

Les 23 et 24 août dernier, une maison de sondage a analysé les intentions de vote selon l’âge. Les résultats démontrent que les retraités préfèrent le Parti libéral. Par contre, les vieux Indépendantistes sont toujours fidèles au Parti Québécois. Quant aux autres, ils se répartissent à peu près de la même manière sauf pour les jeunes électeurs : 30 à 33% voteront PQ, 32% voteront pour la CAQ, et 23 à 25% voteront pour le PLQ.

Le quart des électeurs de 18 à 24 ans ont l’intention de ne voter pour aucun des trois principaux partis politiques. C’est énorme. Les jeunes savent bien que ces partis marginaux — Québec Solidaire, Parti vert et Option nationale — n’ont aucune chance de former le prochain gouvernement mais ils s’apprêtent à voter pour eux parce qu’ils veulent encourager des formations politiques aux idées neuves, près des leurs.

D’ici au scrutin, tous les partis politiques chercheront à rallier les indécis. La tâche du PQ sera plus ardue : ce sera de convaincre les jeunes qui souhaitent voter pour des partis marginaux — il ne s’agit pas d’indécis, donc ce sera plus difficile — qu’ils doivent sacrifier ce vote au nom de la stratégie électorale : voter « inutilement » pour l’un ou l’autre de ces partis favorise l’élection de la CAQ plutôt que le PQ. Si le PQ échoue à les convaincre, nous aurons un gouvernement caquiste. S’il réussit, ce sera un gouvernement péquiste. C’est aux jeunes de choisir.

Groupes d’âges PQ CAQ PLQ QS PV ON
les 18 à 24 ans inclusivement 35% 27% 12% 10% 4% 11%
les 25 à 34 ans inclusivement 31% 32% 23% 7% 3% 3%
les 35 à 44 ans inclusivement 30% 32% 25% 8% 3% 1%
les 45 à 54 ans inclusivement 33% 32% 24% 7% 2% 1%
les 55 à 64 ans inclusivement 40% 29% 23% 7% 0% 0%
les 65 ans et plus 30% 18% 46% 4% 0% 1%
Moyenne 33% 28% 27% 7% 2% 2%

Tableau ci-dessus : © 2012 — Léger Marketing et Agence QMI

Le vote décisif des 18 à 24 ans
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Écrit par Jean-Pierre Martel


La campagne électorale au Québec : les 23 et 24 août 2012

26 août 2012


 
Parti libéral : promesses agroalimentaires

Sous le thème de « Promouvoir les aliments du Québec », monsieur Jean Charest a présenté ses engagements agricoles, évaluées à plus de 44 millions$ sur cinq ans :
• 10 millions pour prolonger le Plan de la relève agricole pendant cinq autres années,
• 15 millions$ sur cinq ans pour promouvoir le réseau de marchés publics,
• 13 millions$ sur trois ans pour subventionner l’achat d’équipements et l’appui de services d’experts par le secteur de la transformation alimentaire,
• 6 millions$ supplémentaires sur trois ans afin de soutenir l’innovation et la commercialisation des produits de la pêche maritime, et
• perte de revenu non-précisée pour relever de 750 000$ à un million$ l’exonération fiscale d’impôts sur les gains en capital lors d’un transfert familial d’une entreprise agricole.

Référence : Charest pilonne Marois sur son cadre financier et la question référendaire

La CAQ augmentera les pouvoirs patronaux des municipalités

Estimant que les syndicats municipaux sont trop puissants, la CAQ propose de rétablir l’équilibre des forces entre les villes et les employés municipaux en donnant aux municipalités un pouvoir législatif approprié, ainsi qu’une marge de manœuvre accrue en matière de relations de travail.

François Legault propose de créer une charte des municipalités afin de définir les pouvoirs qui pourraient être transférés aux municipalités, en échange de plus de transparence et d’imputabilité.

Le chef de la CAQ a promis également de créer un centre d’expertise pour Transports Québec et de relancer, grâce à un PPP (partenariat privé-public), le zoo de Québec afin d’en faire un site récréotouristique.

Référence : La CAQ donnerait plus de pouvoirs aux municipalités

Le PQ dévoile son cadre financier

Les nouvelles dépenses promises par le Parti Québécois sont les suivantes :
• 388 millions$ au remboursement de la dette,
• 177 millions$ pour les 15 000 places supplémentaires en garderie,
• 119 millions$ de plus pour les soins à domicile des personnes âgées,
• 96 millions$ pour compléter le réseau de groupes de médecins de famille,
• 40 millions$ pour la création de 500 logements sociaux de plus par année,
• 37,5 millions$ pour financer le déploiement de l’internet à haute vitesse dans les régions où elle n’est pas encore disponible,
• 37,5 millions$ pour l’embauche de professeurs dans les écoles,
• 35 millions$ à des travaux forestiers,
• 30 millions$ pour des programmes de résidence d’artistes dans les écoles,
• 25 millions$ d’intérêts pour des emprunts du Fonds d’investissement régional,
• 20 millions$ pour ses maternelles dès l’âge de 4 ans dans les milieux défavorisés,
• 20 millions$ à la relève agricole,
• 16 millions$ pour améliorer l’accès à la justice,
• 15 millions pour augmenter la fréquentation d’élèves à des activités culturelles,
• 15 millions$ à l’identification des produits agricoles québécois et au développement d’appellations contrôlées québécoises,
• 13 millions$ d’intérêts pour le développement économique du centre du Québec (pour compenser pour la fermeture de la centrale nucléaire Gentilly-2),
• 13 millions$ de plus pour le Conseil des arts et des lettres du Québec,
• 10 millions$ pour la mise sur pied d’un service de nouvelles à Télé-Québec,
• 8 millions$ de plus pour la Société de développement des entreprises culturelles,
• 5 millions$ pour augmenter le budget de l’Office de la langue française, 
• 5 millions$ pour la promotion culturelle du Québec à l’étranger,
• 6 millions$ à l’indemnisation des victimes d’actes criminels,
• 5 millions$ au Plan de développement de la Gaspésie.

À cela s’ajoutent des pertes de revenus :
• 1 005 millions$ à l’abolition de la taxe santé,
• 150 millions$ pour l’annulation de la hausse des frais de scolarité (et des mesures compensatoires destinées à compenser pour cette hausse),
• 47 millions$ pour la non-indexation du tarif des garderies,
• 25 millions$ à un crédit d’impôt maximal de 500$ par enfant pour rembourser les frais d’activités sportives,
• 22 millions$ à un crédit d’impôt maximal de 500$ par enfant pour rembourser les frais d’activités culturelles.

Le cadre financier comporte de nouveaux revenus :
• 610 millions$ en taxant davantage les riches,
• 388 millions$ en haussant les redevances minières,
• 225 millions$ en taxant davantage les gains de capital,
• 140 millions$ en réduisant les crédits d’impôts pour dividendes.

Ce cadre financier repose sur une croissance anticipée de 1,4% annuellement pour l’économique québécoise pendant les cinq prochaines années. Même si ce taux est légèrement inférieur à celui sur lequel reposent les cadres financiers des partis rivaux, il est irréaliste, lui aussi, du moins dans un avenir prévisible compte tenu du ralentissement économique de nos principaux partenaires commerciaux (l’Ontario et les États-Unis).

Référence : Cadre financier du PQ : 2 milliards $ d’engagements

La campagne électorale au Québec : les 23 et 24 août 2012
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Écrit par Jean-Pierre Martel


La campagne électorale au Québec : les 21 et 22 août 2012

23 août 2012


 
Face à face Legault-Marois

Ayant oublié de programmer l’enregistrement du face à face entre monsieur Legault et madame Marois, je n’ai vu que la vingtaine de minutes d’extraits publiés sur le site du réseau TVA.

La confrontation semble avoir été intéressante quoique par moments, elle ressemblait trop à une discussion privée entre collègues qui se sont laissés voilà longtemps sur un différend non résolu.

Le Parti québécois a tort de discréditer la promesse de la CAQ d’offrir un médecin de famille à chaque personne. En elle-même, cette mesure — qui n’est pas si compliquée que cela à mettre en exécution — ne fait pas grand-chose si ce n’est de respecter un droit fondamental : celui du droit à la santé.

Il est inconcevable que le quart de la population québécoise soit privé de l’accès à des soins de première ligne et, conséquemment, doive choisir entre endurer son mal ou attendre des heures pour être soigné à l’urgence d’un hôpital ou dans une clinique sans rendez-vous.

Pauline Marois réplique en disant qu’on ne peut pas demander à des femmes médecins de sacrifier leurs obligations familiales sur l’autel de la volonté de l’État. De plus, au Québec, les médecins sont obligés de travailler à l’hôpital, ce qui diminue d’autant leur disponibilité pour leur cabinet privé.

À mon avis, ce ne sont pas là des arguments contre le droit fondamental à l’accessibilité aux soins médicaux de première ligne : c’est un argument contre le chiffre fixe de 1 000 patients par médecin. Dans les faits, la charge médicale devra être modulée en fonctions de critères à définir.

Quant au chef de la CAQ, il radote lorsqu’il répète ad nauseam qu’un gouvernement péquiste vivrait dans l’obsession d’organiser sournoisement un référendum sur la souveraineté du Québec. Le Parti québécois est un parti responsable qui a déjà été au pouvoir et a donné au Québec plusieurs des meilleurs gouvernements de son histoire.

La Loi sur la citoyenneté québécoise

Pauline Marois a déclaré qu’un gouvernement péquiste adopterait une loi en vertu de laquelle, certains droit fondamentaux — celui de financer un parti politique, d’adresser une pétition à l’Assemblée nationale ou d’être candidat aux élections québécoises, municipales et scolaires — serait nié à quiconque ne possédant pas une connaissance appropriée de la langue française.

Devant le tollé que cette nouvelle a provoqué, les dirigeants du Parti québécois ont corrigé la chef de ce parti en précisant que cela n’affecterait pas la minorité anglophone actuelle, ni les peuples autochtones.

Ainsi, tous les citoyens vivant sur le territoire du Québec au moment de l’adoption éventuelle de la loi obtiendraient automatiquement la citoyenneté québécoise. Toutefois les nouveaux arrivants devraient respecter certaines conditions pour avoir cette citoyenneté.

En somme, le PQ propose une nouvelle catégorie de personne habitant le Québec : le sans-papier. Celui-ci aura des droits moindres. Et pour gérer cette nouvelle classe de citoyens sans « citoyenneté québécoise », on embauchera des fonctionnaires qui évalueront chez le requérant, sa connaissance « appropriée » du français.

Lorsque des néoQuébécois parlant français supportent l’immigration de leurs vieux parents chinois, slaves ou autres, trop vieux pour apprendre notre langue, on fera donc de ces derniers des citoyens de deuxième classe.

Dans les pétitions en ligne du gouvernement québécois, on permettra au signataire de certifier qu’il possède bien la citoyenneté québécoise en cochant une case prévue à cette fin. Et pour éviter les accusations de fraude, les responsables devront prendre des moyens raisonnables pour empêcher qu’une telle pétition ne soit noyautée par des sans-papiers déclarant faussement posséder leur carte. Une simple recherche de noms de famille suspects pourrait suffire, rassurant ainsi les maires xénophobes de l’arrière pays.

Lors des campagnes de financement, les partis politiques devront exiger la présentation de la carte de citoyenneté avant d’accepter le chèque de quelqu’un. Pas de carte, pas de contribution. Celles reçues par la poste devront être accompagnées d’une photocopie de la carte de citoyenneté, à défaut de quoi le chèque devrait être retourné à l’expéditeur. On imagine que la proportion d’argent « sale » versé illégalement aux partis politique pourrait augmenter.

Les personnes âgées atteintes de la maladie d’Alzheimer se verront refuser le droit de voter si elles ont égaré leur carte de citoyenneté québécoise, comme ce sera le cas pour n’importe quelle autre personne qui l’aura perdue.

Les jeunes adultes qui auront négligé de demander leur carte de citoyenneté lors de leur majorité, se verront également refuser le droit de voter… à moins qu’on prévoie dans chaque bureau de vote, des officiers dotés du pouvoir d’accorder temporairement le droit de vote à ceux qui n’auraient pas leur carte.

En préambule, la Charte québécoise des droits et libertés déclare : « tous les êtres humains sont égaux en valeur et en dignité et ont droit à une égale protection de la loi ». Je vais donc être clair. Afin d’être fidèle à ce principe, je promets de déchirer cette « carte-de-république-de-banane » le jour où je la recevrai si jamais celle-ci m’accorde un statut discriminatoire par rapport à d’autres personnes qui aiment le Québec et qui aspirent à y vivre. Et si jamais ce geste me porte préjudice, je m’engage à en contester la constitutionnalité douteuse.

Pour terminer, je me demande si par hasard, le Parti Québécois aurait oublié que l’objectif cette campagne, c’est de nous débarasser d’un gouvernement pourri et non de diviser la province en vrais et en faux Québécois.

Références :
Charte des droits et libertés de la personne
Citoyenneté québécoise: réactions et réajustements

La campagne électorale au Québec : les 21 et 22 août 2012
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Écrit par Jean-Pierre Martel


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