Une corrida portugaise

3 novembre 2016

 

 
Préambule : Ce diaporama s’adresse aux adultes. Il comporte des scènes de violence et de cruauté qui pourraient ne pas convenir aux personnes sensibles.

Depuis des siècles, la corrida fait partie des coutumes des peuples de la péninsule ibérique (Espagne et Portugal).

Cette coutume est aujourd’hui contestée par les groupes de défense des droits des animaux.

À Barcelone, l’esprit indépendantiste des Catalans les a amenés à bannir cette pratique sous le prétexte qu’il s’agissait-là d’une tradition barbare et ‘étrangère’ (lisez : ‘castillane’).

À sa manière, le Portugal a également tenté de répondre aux critiques adressées à la corrida traditionnelle.

À l’issue de cette remise en question, la pratique de la corrida au Portugal s’est sensiblement renouvelée. Mais soyons clairs : cela demeure un spectacle brutal (comme l’est la boxe) et un spectacle cruel (comme l’est le combat de coqs).

La corrida portugaise se distingue de trois manières importantes.

Premièrement, elle ne se termine plus par la mise à mort du taureau.

À l’issue de la corrida traditionnelle, les toréadors tuaient le taureau en lui plantant une épée au cœur.

En réalité, la plupart du temps, ils lui perçaient un poumon. L’animal perdait connaissance et il était achevé en coulisse.

Deuxièmement, aux toréadors et aux picadors, j’ajoute un nouveau type d’artisans : les matamores.

Les toréadors se mesurent toujours seul à seul au taureau, mais armés seulement de leur muléta, ce carré de tissu avec lequel ils provoquent la charge de l’animal. Ils n’infligent plus de blessures à celui-ci.

Le picador chevauche toujours sa monture. Mais les flancs de sa jument ne sont plus recouverts d’une longue couverture protectrice.

Ce cavalier est maintenant le seul à blesser le taureau. À l’issue des affrontements, l’animal est soigné et remis en forme puisqu’un animal fougueux est plus précieux que sa viande.

Quant aux matamores, ils forment une équipe dont le but est de maitriser le taureau à mains nues.

La troisièmement et dernière distinction de la corrida portugaise est que la hiérarchie de ces artisans est complètement bouleversée.

Autrefois auréolés de gloire, les toréadors sont déchus de leur statut de vedette. Ce sont maintenant des tâcherons dont le modeste rôle consiste à essouffler le taureau pour diminuer sa dangerosité quand ce n’est pas simplement de faire diversion lorsque celui-ci devient incontrôlable.

Dans la corrida traditionnelle, les picadors et leurs montures jouaient le rôle de ‘palissades mobiles’ destinées à contenir le taureau. Ce sont maintenant de véritables vedettes.

Leurs juments sont des bêtes exceptionnelles capables d’exécuter des pirouettes et des pas savants.

Ces bêtes agiles exécutent des feintes et des parades de manière spectaculaire. Leur vue n’est pas bloquée par des ornières : elles sont donc parfaitement conscientes du danger et y réagissent d’instinct.

De plus, les cavaliers doivent commander leur monture par le biais de l’inconfort du mors et non par le biais de la souffrance infligée par des piqures d’éperons (puisqu’il ne semble pas que leurs bottes en soient équipées).

Le statut de vedette du picador est confirmé par le fait qu’il est toujours le seul cavalier en scène, assisté de plusieurs subalternes que sont les toréadors.

Après voir planté avec succès un nombre déterminé de piques, le picador cède la place aux matamores.

Ces derniers forment un groupe de huit hommes à pied. Leur but est de maitriser l’animal à mains nues selon un protocole scrupuleusement respecté.

Le chef des matamores s’approche de l’animal. Il s’avance pas à pas, les mains sur les hanches. Il s’arrête. Il frappe le sol du pied pour provoquer l’animal. Si ce dernier ne réagit pas, le matamore fait quelques pas de plus. Et ainsi de suite jusqu’à la charge de l’animal, à toute vitesse, la tête baissée.

À l’impact, le matamore saisit le cou de l’animal afin de ne pas être propulsé dans les airs.

Aveuglé par cet obstacle, l’animal poursuit généralement sa course jusqu’à l’endroit où sont les autres matamores. Ceux-ci agrippent l’animal par la tête tandis qu’un dernier saisit le taureau par la queue.

Pendant que les autres matamores quittent la piste, celui qui tire le taureau par la queue oblige l’animal à tourner sur lui-même jusqu’à l’étourdissement, puis quitte à son tour.

Ceci est le scénario idéal. Mais ce n’est pas toujours le cas.

Si le taureau réussit à se dégager de lui-même (en d’autres mots, sans avoir été dompté), les matamores doivent recommencer.

Il est fréquent qu’une équipe soit obligée de s’y prendre deux ou trois fois avant de réussir.

À moins, évidemment, d’avoir subi de très graves blessures lors de leur essai. De petites blessures ne suffisent pas à leur exempter cette épreuve.

On admire donc le courage du chef d’équipe. Après avoir été piétiné par l’animal en furie, l’uniforme sale et déchiré, le visage lacéré de coupures, il se doit donc d’affronter de nouveau le même animal en combat singulier.

Lorsque l’équipe réussit finalement à s’acquitter de son mandat et à quitter la piste dignement, on doit faire sortir le taureau.

À cette fin, on fait appel à un groupe de génisses. Elles portent au cou des cloches, de manière à attirer l’attention du taureau.

Obsédé par les génisses, le taureau ne voit pas les vachers. Ceux-ci font sortir les génisses suivies du taureau, et quittent en dernier la piste.

Voilà les caractéristiques de la corrida portugaise.

Dans le cas particulier du spectacle en vedette dans la vidéo, il s’agissait d’une corrida ‘antique’ au cours de laquelle ses artisans étaient costumés à la manière du XVIIIe siècle.

Une corrida portugaise
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Écrit par Jean-Pierre Martel


Voyage à Lisbonne : jour 23 (fin)

28 octobre 2016

Aujourd’hui, dernière journée de mes vacances à Lisbonne. Parmi les quelques sites qu’il me reste à voir, il y en a deux que je m’en voudrais de ne pas avoir vus; le Museu Nacional do Azulejo et le Museu da Marinha.

En premier lieu, rappelons ce que sont les azuléjos. Ce sont carreaux de faïence ornés de motifs ou de de représentations figuratives.

Ceux qui ornent l’intérieur des édifices décorent la partie inférieure des murs et sont habituellement monochromes, plus précisément bleus.

Contrairement à ce qu’on pourrait penser, le mot azuléjos ne vient pas d’azul (bleu en portugais) mais de l’arabe al zulaydj, ce qui signifie ‘petite pierre polie’, désignant chaque pièce d’une mosaïque.

Connu dans de nombreux pays depuis des siècles, cet art a atteint son apogée au Portugal au XVIIIe siècle.

À Lisbonne, en 1755, les édifices qui avaient résisté au séisme étaient souvent endommagés. Afin de cacher les fissures, la solution la plus simple était de calfeutrer les murs et les façades.

Mais le recouvrement de plaques de faïence est soudainement devenu une mode. Une mode qui a persisté depuis et qui donne aujourd’hui un cachet particulier à la capitale portugaise.

Revenons au musée national de l’Azuléjo. Celui-ci a été aménagé dans l’ancien Couvent de la Mère de Dieu, construit en 1509.

De tous les azuléjos du musée, celui qui retient le plus l’attention des visiteurs est le très grand panneau (composé de 576 tuiles faisant 23 mètres de large) représentant Lisbonne telle qu’elle était avant le séisme de 1755.

Azuléjos de la Sala de D. Manuel
Faïence contemporaine

On y présente également les œuvres de créateurs contemporains qui ont choisi de s’exprimer par le biais de la faïence.

Une salle présente les matériaux utilisés pour la fabrication de la céramique, les pigments destinés à la coloration du vernis et des exemples de moules utilisés pour créer des azuléjos dont la surface est en relief.

L’Igreja Madre de Deus est l’église du couvent. À elle seule, elle justifie la visite au musée.

Chœur supérieur

Les religieuses assistaient aux offices dans le chœur supérieur (ou Coro Alto), situé au premier étage. Les parties hautes de cette pièce sont décorées de toiles. Entre ces toiles et les stalles sur lesquelles les religieuses prenaient place, des niches fermées contiennent de saintes reliques.

Vestibule de l’église
Nef de l’église

La nef de l’église est décorée d’azuléjos hollandais, de toiles en attente de restauration et d’une débauche de bois doré rococo qui contribuent au faste de l’ensemble.

Bref, c’est un site touristique chaudement recommandée.

Je prends ensuite le taxi pour aller à mon studio prendre un repas du midi ultrarapide (deux sandwichs à la sardine).

Puis je prends le métro jusqu’à la station Cais do Sodre et mon troisième taxi de la journée, cette fois pour le Museu da Marinha, installé principalement dans la partie la plus à l’Ouest du Mosteiro dos Jerónimos.

intérieur du Museu da Marinha

L’histoire du Portugal étant intimement liée à la mer, il était à prévoir qu’un musée de Marine dans ce pays serait un lieu de vénération.

C’est effectivement un musée attrayant dont on a soigné tous les aspects.

N’y cherchez pas des navires richement décorés équivalents maritimes des carrosses extravagants du Museu Nacional dos Coches; on y présente plutôt de belles maquettes (de différentes tailles) de tous les bateaux dont se sont servis les navigateurs portugais, leurs instruments de navigation, les uniformes des marins et de leurs officiers.

Bref, c’est un autre site touristique de qualité, à caractère encyclopédique, dont je recommande la visite.

Maintenant, j’ai complété mon programme de la journée. Il est 15h15. J’ai donc le temps de retourner au musée de la Pharmacie puisque je ne suis pas satisfait des photos que j’y ai prises hier.

Je prends mon quatrième taxi de la journée, cette fois en direction de ce musée. Incidemment, un trajet typique en taxi dans Lisbonne coute environ 5 euros.

Mais en passant devant l’Igreja da Santa Catarina, je me rends compte qu’elle est ouverte. Les deux autres fois où j’ai passé devant celle-ci, elle était fermée.

Je demande au chauffeur de me débarquer ici. Et je me dirige promptement vers ce lieu de culte.

Nef de l’église Sainte-Catherine

C’est une très belle église en forme de croix latine. La voute en berceau de sa nef est magnifiquement décorée de stucs blancs, roses et bleu poudre de style rococo.

Orgue de l’église Sainte-Catherine

Au moment de ma visite, l’église est l’objet d’un ambitieux programme de restauration. Les peintures sont encore assombries par la pollution mais le riche décor en bois doré est en train d’être redoré.

Même si ce travail est inachevé, c’est une église qui mérite déjà d’être visitée.

Puis je me rends à pied au musée de la Pharmacie, situé à quelques rues.

Un fois ma nouvelle séance de photos terminée, je prends le métro en direction du studio. Je veux y être tôt pour faire mes valises en vue de mon départ.

À la station Santa Apolónia, j’achète de la soupe et une dorade de 0,46kg pour 3 euros.

Il fait 22 degrés. J’ouvre les grandes fenêtres du studio. Et pendant qu’assis devant ma fenêtre, je termine ce repas en mangeant un Jésuite — j’espère que vous aurez deviné qu’il s’agit là d’une pâtisserie — j’entends pour la première fois le carillon de l’Igreja de Santo Estevão à l’heure du repas du soir.

J’entends ce carillon tous les dimanches matin mais c’est la première fois que je l’entends un jour de semaine, probablement parce que jusqu’ici, j’étais toujours à l’extérieur à cette heure-ci.

Ce carillon annonce la fin de la récréation.
Allez les enfants, il faut rentrer.
Alors que le vent s’élève et que tombent les feuilles en tourbillonnant,
l’air triste et lent du carillon résonne comme un adieu.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectifs PanLeica 25 mm F/1,4 (2e photo) et M.Zuiko 7-14 mm F/2,8 (les autres photos)
1re photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 800 — 12 mm
2e  photo : 1/640 sec. — F/1,4 — ISO 200 — 25 mm
3e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 1250 — 12 mm
4e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 3200 — 12 mm
5e  photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 1000 — 9 mm
6e  photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 2000 — 12 mm
7e  photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 2500 — 11 mm
8e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 2500 — 14 mm

Voyage à Lisbonne : jour 23 (fin)
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Écrit par Jean-Pierre Martel


Voyage à Lisbonne : jours 21 et 22

25 octobre 2016

Au 21e jour de ce voyage, c’est mon troisième dimanche à Lisbonne.

Mais plutôt que d’effectuer mon troisième sprint religieux (à visiter des églises), je mets la priorité sur les musées puisque mes vacances tirent à leur fin.

En raison d’une mauvaise planification de ma part, tous les sites touristiques où je vais (sauf un) seront fermés ce 21e jour. C’est donc le lendemain que j’y mettrai les pieds.

J’ai donc choisi de combiner la description de ce que j’ai vu ces deux jours parce que le premier n’a été qu’une récapitulation générale du deuxième.

Le seul musée que j’ai visité le 21e jour est le Museu Nacional de História Natural e da Ciência, situé dans l’Ouest du quartier d’Avenida.

Un des laboratoires du musée des Sciences

Avez-vous déjà eu le sentiment, en mettant les pieds quelque part, que vous auriez le gout d’être ailleurs ? C’est exactement l’impression que j’ai ressentie en entrant dans le musée des Sciences de Lisbonne.

En quelques mots, c’est un institut scientifique (et un jardin botanique adjacent) en ruine.

On y voit principalement des laboratoires et des instruments scientifiques qui ont déjà été à la fine pointe du progrès et qui sont devenus depuis des pièces de musée.

Mais on y illustre des principes de physiques. On y fait l’histoire de grandes découvertes scientifiques. On y expose l’histoire des dinosaures, etc. C’est ainsi que le professeur de Lisbonne qui veut parler de la pendule de Foucault à ses élèves trouvera les outils didactiques pour rendre son cours plus intéressant.

Mais ce lieu vieillot et décrépi ne peut être considéré comme un site touristique digne de ce nom.

Beaucoup plus fructueux fut le 22e jour.

Précédemment au cours de ce voyage, j’avais entrevu le Jardim da Estrela, situé devant la basilique du même nom, et je m’étais dit que j’aimerais bien y revenir pour faire de l’infrarouge.

Dans les Jardins de l’Étoile

En décidant ce lundi de retourner photographier la crèche de la Basilique de l’Étoile, j’en profite pour visiter ce parc.

Et puisqu’on annonce de la pluie alors qu’il fait encore un beau soleil en ce début de matinée, je saute dans un taxi afin de profiter de cette luminosité pour photographier ce charmant parc à l’anglaise.

Une fois cela fait, je retourne à la basilique. J’en profite pour monter sur son toit (cout : 4 euros) : le point de vue sur le quartier y est bien sans être extraordinaire.

Je prends un deuxième taxi, cette fois en direction du Museu Geológico. Situé dans les locaux de l’Academia das Ciências de Lisboa, il n’est ouvert que les lundis et les mercredis.

Aperçu du musée de Géologie

Ne vous laissez pas distraire par l’apparence vieillotte de ce musée; il s’agit d’un endroit très intéressant.

Essentiellement, il comprend quatre salles. Dans des présentoirs anciens, le musée montre des fossiles, des minéraux, des outils préhistoriques et des répliques de crânes des ancêtres évolutifs de l’homme.

Pour illustrer la provenance d’un artéfact (un minerai ou une mâchoire fossilisée d’un dinosaure, par exemple), on reliera, à l’aide d’une corde colorée, cet artéfact à une aiguille plantée dans une carte du Portugal. C’est simple, mais c’est efficace.

Salle rénovée du musée

Au fond, la quatrième salle, rénovée récemment grâce à une subvention de neuf minières portugaises, permet de voir tout le potentiel de ce musée.

Bref, il intéressera tous les amateurs de géologie.

Mais mon coup de cœur de la journée, c’est le musée de la pharmacie. J’en ai déjà vu plusieurs et celui-ci est, de loin, le plus beau. Il est d’ailleurs récipiendaire du prix du meilleur musée portugais, décerné par l’Association portugaise de muséologie.

Aperçu du musée de la Pharmacie

Sur deux étages, le musée présente les reconstitutions d’un laboratoire de fabrication médicinale et de quatre officines de pharmaciens de différents pays.

Instruments de pharmacie en Grèce antique

Affiches publicitaires de médicaments, enseignes d’apothicaires, instruments anciens de pharmacie, tout y est.

Le Livre de la Loi concernant la médecine, d’Ibn Sīnā (vers 1020)

On y trouve des objets d’une importance considérable, comme cette transcription manuscrite du XIIe siècle de l’ouvrage encyclopédique de médecine écrit par le médecin persan Ibn Sīnā (980-1037), surnommé Avicenne en Occident. La traduction latine de ce livre servira de base à l’enseignement de la médecine en Europe jusqu’au XVIIe siècle.

Mais ce musée intéressera bien plus que les amateurs de pharmacie puisque les objets anciens qui y sont présentés sont exceptionnellement beaux alors que d’autres susciteront la curiosité (comme cette ceinture de chasteté masculine).

Exemples de pièces de la série Paço Real

Et puisque je suis à quelques rues du quartier de Chiado, je me rends à la boutique Via Alegre compléter l’achat d’une assiette plate et d’une assiette à soupe de la série Paço Real, copiée sur un service de table en porcelaine créé en 1824 pour la famille royale portugaise.

Vendeur de marrons

En sortant de cette boutique, je rencontre ce vendeur de marrons (puisque c’est la saison). À Lisbonne, ils sont cuits sur des fours à charbon très polluants. De plus, ils sont vendus couverts de suie blanche cancérigène.

Sur le chemin du studio, je passe à l’épicerie. J’achète un format de 900ml de Sopa Camponesa (ce qui signifie Soupe campagnarde) pour 1,95 euro et deux poissons appelés Cachucho pesant au total 0,44kg pour 3,1 euros.

Pour ce qui est de la soupe, quel amateur de pittoresque peut résister à la curiosité de gouter à l’étranger une soupe dite campagnarde ? Effectivement, elle est plutôt bonne. Mais elle contient des fèves rouges, ce qui me fait hésiter en raison de leur potentiel gazogène.

Je prends l’avion dans la nuit de mardi à mercredi (nous sommes un lundi soir), et je sais à quel point les compagnies aériennes sont malcommodes, refusant qu’on ouvre les hublots pour faire aérer. Donc je vais en manger une petite portion.

Quant aux poissons, même si leurs branchies sont bien rouges, celles-ci sentent le vinaigre. Je décide donc de les jeter et de me faire du gruau.

Puis je vais au lit vers 19h30.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectifs M.Zuiko 7-14 mm F/2,8 (3e, 4e et 5e photos), PanLeica 25 mm F/1,4 (6e et 7e photos) et M.Zuiko 12-40 mm F/2,8 (les autres photos)
1re photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 5000 — 12 mm
2e  photo : 1/640 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 34 mm
3e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 1000 — 14 mm
4e  photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 320 — 14 mm
5e  photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 3200 — 9 mm
6e  photo : 1/80 sec. — F/1,4 — ISO 200 — 25 mm
7e  photo : 1/80 sec. — F/1,4 — ISO 640 — 25 mm
8e  photo : 1/200 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 22 mm
9e  photo : 1/400 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 26 mm

Voyage à Lisbonne : jours 21 et 22
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Écrit par Jean-Pierre Martel


Voyage à Lisbonne : jour 20

23 octobre 2016

Ce matin, je me suis levé en méforme. De plus, on annonce de la pluie. Bref, je me suis dit : « Pourquoi ne pas flâner, me dorloter un peu ? Après tout, je suis en vacances. Laisse donc faire le blogue. Deviens pas esclave de ce maudit blogue. Repose-toi. Tu le mérites bien, non ?»

Et puis j’ai réalisé qu’après ma mort, j’aurai toute l’éternité pour me reposer. Donc j’ai finalement décidé de me botter le derrière et de considérer les jours qui viennent comme mes dernières chances de découvrir la ville.

Je mets le cap sur le Museu do Oriente. Pour l’atteindre, il faut prendre le métro jusqu’à la station Cais do Sodre, puis un autobus en direction de Belém.

On débarque à l’arrêt Alcantara Mar. On va à la première rue à l’Ouest, on tourne à gauche et on prend un passage souterrain tapissé de graffitis qui permet d’atteindre l’autre côté de la voie ferrée. Puis on revient vers l’Est jusqu’au musée.

Au moment de ma visite, il préparait une exposition temporaire consacrée à l’opéra chinois qui sera inaugurée le mois prochain.

Murs et plafonds du musée sont noirs, de manière à minimiser les reflets dans les vitres derrière lesquels les milliers d’artéfacts sont présentés.

Avant d’y mettre les pieds, je présumais que ce musée serait centré sur des objets rapportés de Macao, comme c’est le cas du Museu de Macau, vu au 12e jour de ce voyage. Ce n’est pas le cas.

Objets du Timor Oriental
Exemple de présentation
Détail de Wensu (bois polychrome chinois, XIIIe siècle)
Bouteille de tabac à priser, peinte de l’intérieur

Au contraire, il s’agit d’un panorama complet de l’Art asiatique.

C’est un musée remarquable dont je recommande chaleureusement la visite. À lui seul, ce musée justifiait que je sorte du studio. Mais il y a plus.

Je prends le taxi et je me rends à l’Igreja Nossa Senhora da Ajuda. Également connue sous le nom d’Igreja da Boa-Hora (église du Bon-Temps), ce lieu de culte fut construit dans la deuxième moitié du XIIIe siècle.

Extérieurement, c’est une église moche et sale.

Nef de l’église

Mais quelle surprise en y pénétrant. Les murs — et pas seulement le bas des murs, comme c’est habituellement le cas — sont couverts de magnifiques azuléjos.

C’est mon deuxième coup de cœur de la journée. Mais ce n’est pas fini.

J’avais demandé au taxi de m’attendre à l’extérieur. Nous filons vers le dernière étape de sa course : le Palais royal d’Ajuda.

Ajuda est une ancienne banlieue de Lisbonne, annexée depuis à la capitale, et reléguée depuis au titre de paroisse.

On m’avait dit beaucoup de bien du palais d’Ajuda. Mais j’étais loin de me douter à quel point il est beau.

L’arrière du palais, constitué des appartements des domestiques, a été détruit avec le percement d’une rue. Seules subsistent les pièces occupées par la famille royale lorsque celle-ci, après le séisme de 1755, a décidé de se construire une résidence ailleurs.

La construction de ce palais a débuté en 1795. Ce fut la résidence royale jusqu’à la fin de la monarchie en 1910.

C’est une bâtisse de trois étages dont deux sont accessibles au public. Au rez-de-chaussée et au premier, les appartements sont disposés en enfilade.

Les visiteurs empruntent donc un couloir et assistent à une succession de pièces toutes plus ravissantes les unes que les autres.

Conciergerie
Salle d’audience

Les appartements personnels de la famille royale sont au rez-de-chaussée, de même que les salles d’audience privée.

Les salles d’apparat (salle de réception diplomatique, salle de bal, salle des banquets) sont au premier. Après avoir été ébloui par ceux du rez-de-chaussée, on est presque déçu en voyant, par exemple la salle du trône à l’étage noble, pourtant plutôt bien.

Les pièces sont meublées. La majorité d’entre elles ont leur plafond décoré de peintures allégoriques tandis que leurs murs sont recouverts de tapisseries.

Le tout confère une impression de faste et de grandeur. Bref, c’est un endroit qu’il faut absolument visiter à Lisbonne.

Mais comment trouver un taxi dans un endroit aussi éloigné ? Eh bien, une des deux lignes d’autobus qui desservent le palais vous amènera à la station Cais do Sodre.

Malheureusement, au lieu de prendre la 760, j’ai pris l’autre. Celle-ci m’a fait un long détour vers le nord. Mais elle m’a permis de voir, assis confortablement et en toute sécurité, une des parties de la ville qu’on me déconseillait de visiter le soir en raison de sa dangerosité.

Je débarquerai à la station São Sebastião.

En route vers le studio, j’arrête à la station Baixa/Chiado afin d’aller à un magasin d’instruments de musique (Salão Musical de Lisboa, sur la Rua da Oliviera ao Carmo).

Il y a quelques jours, ce magasin possédait deux coffrets d’une anthologie extraordinaire, aujourd’hui discontinuée, de cent chansons de fado accompagnées d’une brochure bilingue (portugais-anglais) de 140 pages sur l’histoire du fado. Prix : 25 euros.

J’arrive moins d’une minute avant la fermeture à 19h.

Puis je me dirige à pied vers le quartier de Barrio Alto afin de photographier les salles légendaires de fado.

Je passe à l’épicerie m’acheter un lapin évidé de 1,45kg pour 5,7 euros. J’en mange environ le tiers, précédé du même potage qu’hier soir, et accompagné de vin blanc. Ce sera mon premier repas de viande depuis que je suis à Lisbonne.

Et dire que je ne voulais pas sortir de chez moi aujourd’hui. Pfff!

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, hypergone 8 mm F/1,8 (6e photo) et objectifs M.Zuiko 7-14 mm F/2,8 (1re, 2e et 7e photos), PanLeica 25 mm F/1,4 (3e et 4e photos) et M.Zuiko 12-40 mm F/2,8 (5e photo)
1re photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 2500 — 14 mm
2e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 6400 — 14 mm
3e  photo : 1/60 sec. — F/1,4 — ISO 500 — 25 mm
4e  photo : 1/60 sec. — F/1,4 — ISO 500 — 25 mm
5e  photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 800 — 12 mm
6e  photo : 1/60 sec. — F/1,8 — ISO 1600 — 8 mm
7e  photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 2000 — 10 mm

Voyage à Lisbonne : jour 20
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Écrit par Jean-Pierre Martel


Voyage à Lisbonne : jour 19

22 octobre 2016

De mon studio à la station Santa Apolónia, plusieurs chemins sont possibles. Je varie selon mon caprice ou selon les circonstances.

Escalier du Beco do Marquinez

Lorsque le pavé est mouillé, j’évite les pentes qui pourraient être glissantes et j’utilise l’escalier.

Casa Fernando Pessoa

Aujourd’hui, j’emprunte le métro jusqu’à la station Rato et je monte jusqu’à la Casa Fernando Pessoa.

Il s’agit de la dernière résidence du plus grand poète portugais du XXe siècle. Celui-ci a vécu de 1888 à 1935. Quelques-uns de ses vers sont écrits sur la façade de l’immeuble et sur les murs à l’intérieur (dont ceux de l’ascenseur).

Graphiquement, l’étage le plus réussi est le rez-de-chaussée où les éléments didactiques sont présentés dans le style des années 1910.

Effectivement, c’est à cette époque que ce poète publiera la revue Orpheu dans laquelle tout, y compris la typographie, est une création d’Avant-garde.

Puis je redescends à la Basílica da Estrela. Construite selon le vœu de la reine Maria Ire du Portugal à la naissance de son premier fils, la basilique d’Estrela (c’est-à-dire basilique de l’Étoile) fut érigée de 1779 à 1790.

C’est une église à dôme en forme de croix latine. Sa façade élégante est décorée de statues. Ses deux clochers sont de style rococo.


Note : Pour consulter un guide illustré des termes techniques d’architecture religieuse, on cliquera sur ceci.

 
À l’intérieur, la taille de la nef, la qualité des matériaux, la beauté du maitre-autel et des autels de chacun des bras du transept, contribuent à la majesté de l’ensemble.

Seules les œuvres d’art des autels latéraux ne sont pas au même niveau d’excellence.

Tombeau de la reine Maria Ire

Dans le bras droit du transept se trouve le tombeau de la reine Maria Ire (la commanditaire de la basilique), qui régna sur le Portugal de 1777 à 1816.

Un passage discret, de chaque côté de ce monument (voir ci-dessus), permet d’accéder à une petite salle où se trouve une crèche exposée dans une vitrine.

Cette crèche baroque, commandée par la reine en 1781, est le chef-d’œuvre de Joaquim Machado de Castro. Aidé de ses artisans, celui-ci mit cinq ans à réaliser ses 480 figurines.

Vue de la Calçada da Estrela

Puis je descends la Calçada da Estrela. Au passage, je m’achète une pâtisserie (plutôt bien)…

Assemblée de la République

…puis j’atteins l’édifice néoclassique de l’Assemblée de la République portugaise.

Je descends l’Avenida Dom Carlos I, puis vais prendre à l’Est la Rua do Instituto Industrial afin de visiter le Museu das Comunicações.

Museu das Comunicações

Ce petit musée gratuit s’adresse aux groupes scolaires; c’est 82% de sa clientèle. Il traite essentiellement télécommunications.

À moins de vous intéresser à la scénographie muséale — dont ce musée est un bon exemple — sa visite n’est pas indispensable.

Sur le chemin du studio, j’achète à l’épicerie un format de 900ml de potage à la pomme de terre et aux courgettes parfumé à la menthe.

Mon repas du soir sera composé de 300ml de potage et trois soles. Je sais que j’ai l’air d’un ogre en écrivant cela, mais ce sont vraiment de petites soles.

Puis vers 20h, je me mets en route pour le concert de musique classique donné à l’église Saint-Roch. Mais il y un imbroglio. J’ai un reçu de paiement. Le vendeur est certain de m’avoir remis un billet jaune. Je ne l’ai pas et je ne me rappelle pas de l’avoir jamais eu.

Bref, on me refusera l’entrée. Ce qui n’est pas catastrophique étant donné que le quartier d’Alfama (dans lequel j’habite) n’est pas vraiment très silencieux la nuit.

Je m’empresse donc d’aller à la boutique de la FNAC à quelques rues de l’église pour m’acheter un coffret de 4 CD d’une anthologie de fado (pour 8 euros).

Puis je rentre au studio pour la nuit (effectivement trop bruyante à mon gout).

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectifs PanLeica 25 mm F/1,4 (3e photo) et M.Zuiko 12-40 mm F/2,8 (les autres photos)
1re photo : 1/200 sec. — F/4,5 — ISO 200 — 40 mm
2e  photo : 1/2000 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 12 mm
3e  photo : 1/60 sec. — F/1,4 — ISO 1600 — 25 mm
4e  photo : 1/20 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 17 mm
5e  photo : 1/800 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 12 mm
6e  photo : 1/320 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 12 mm

Voyage à Lisbonne : jour 19
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Écrit par Jean-Pierre Martel


Voyage à Lisbonne : jour 18

21 octobre 2016

Le relief de Lisbonne est moins compliqué que je pensais. Imaginez un paysage formé de sept collines séparées par des vallons. Prenez ce paysage et inclinez-le au Sud. Voilà Lisbonne.

Il aurait été pratique de placer certaines stations du métro au sommet de ces collines, comme c’est le cas des stations sur le Mont-Royal de Montréal. Dans la capitale portugaise, ce n’est pas le cas; les lignes de métro suivent les vallons sinueux qui laissaient couler l’eau des montagnes vers le Tage.

À certains endroits, la ville a construit des ascenseurs pour simplifier la vie à ses citoyens.

Aujourd’hui, je profite de tout cela en visitant la ville en me laissant descendre le long de ses rues.

Je me rends à la station Restauradores pour visiter les environs de la place homonyme.

Ses environs semblent avoir constitué (ou constituent toujours) le quartier des spectacles de la ville. En effet, si on exclut les innombrables clubs de fado ou de jazz disséminés dans les vieux quartiers, c’est près de la Praça dos Restauradores qu’on trouve plusieurs grandes salles Art déco dédiées au cinéma ou au théâtre.

Elevador da Glória

C’est dans le coin nord-ouest de cette place qu’on trouve le pittoresque Elevador da Gloria.

Celui-ci ne parcourt qu’une distance d’environ 200 mètres. Mais il m’épargnera l’escalade d’une pente escarpée. De belles murales décorent les murs le long de notre trajet.

Buste d’Ulysse

Il nous amène au Miradouro São Pedro de Alcântara. Tourné vers l’Est, ce belvédère est situé dans un parc sur deux niveaux décoré de bustes de personnages célèbres de l’histoire portugaise, dont Ulysse.

Mais que vient faire ici ce personnage de la mythologie grecque ?

Sous l’Empire romain, Lisbonne portait le nom d’Olissipo en honneur d’Ulysse. Selon la mythologie romaine (héritière de la mythologie grecque), Ulysse aurait fondé cette ville après avoir quitté Troie.

Et d’Olissipo, la ville a porté le nom latin d’Olissipona au début du Moyen-Âge, puis Ulishbona en visigoth et finalement Lisboa en portugais.

En descendant vers le sud, je croise l’Igreja São Roque. Je vais à son musée acheter un billet pour un concert de musique classique qui sera donné à l’église demain soir (prix du billet : 3 euros).

Et pendant que j’y suis, j’en profite pour revoir son musée, que j’avais survolé un peu trop rapidement au 14e jour de ce voyage. J’y passe 45 minutes. Je réalise que mon jugement a été un peu sévère. Juste quant à l’essentiel, mais qui aurait dû être plus nuancé.

Reliquaire de saint Valentin, en argent doré, de Carlo Guarnieri (vers 1753)

J’y découvre cette fois-ci un coffret-reliquaire transparent, en écaille de tortue, et une Adoration des mages translucide, délicatement sculptée dans la nacre, épousant la forme du coquillage dont il est tiré. Mentionnons également le reliquaire de style rococo en forme de lanterne (ci-dessus), renfermant une relique de saint Valentin, le patron des amoureux.

Je me rends au Museu Arqueológico do Carmo.

Igreja do Carmo

L’église gothique des Carmes fut détruite par le séisme de 1755. Elle ne fut jamais reconstruite. Seul le chœur a résisté. C’est lui qui abrite de nos jours un musée d’archéologie que j’ai trouvé plus intéressant que celui situé au Mosteiro dos Jerónimos (sauf la section égyptienne, beaucoup mieux au monastère).

Adjacent se trouve le Museu Guarda Nacional Republicana. Il explique l’histoire de la Garde républicaine portugaise, montre les uniformes portés au cours des décennies, les armes utilisées, puis ses moyens de communication et d’enquête. Il est l’équivalent du musée parisien de la Police, mais avec une facture pédagogique un peu plus moderne.

Sur la rue Calçada do Sacramento, je descends à l’Igreja do Santíssimo Sacramento, une magnifique église baroque dont l’intérieur est en pierre de taille rehaussée de marbre rose.

Les peintures surmontant les six autels latéraux, de même que celle du maitre-autel, ont été restaurées en 2011 grâce au financement de la Fondation Gulbenkian. Ce sont parmi les plus belles peintures religieuses que j’ai vues jusqu’ici à Lisbonne.

Musée numismatique de Lisbonne

Puis je descends au Museu do Dinhero, un musée numismatique gratuit situé dans le quartier de Baixa.

À l’initiative de la Banque du Portugal, ce musée a été aménagé dans une ancienne église. C’est ma troisième tentative, cette fois-ci réussie, de le visiter; il n’est ouvert que du mercredi au samedi.

C’est un musée très bien fait.

En plus d’exposer des pièces de monnaie depuis l’Antiquité, il explique l’histoire des devises, les métaux et alliages employés, les méthodes utilisées pour frapper la monnaie, les procédés d’impression pour les billets de banque, les poinçons et instruments de gravure, etc.

Bref, c’est un musée exhaustif, attrayant, disposé sur plusieurs étages, que tout collectionneur d’argent devrait visiter.

Puis je rentre au studio en métro.

Au passage, j’achète à l’épicerie un kilo de soles entières pour 3,3 euros. J’en mangerai deux (sur les cinq achetées) pour le repas du soir, précédées d’environ 300ml de soupe au navet et suivies d’une pastel de nata (saupoudrée de cannelle, comme il se doit).

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectifs M.Zuiko 7-14 mm F/2,8 (5e photo), PanLeica 25 mm F/1,4 (2e et 3e photos) et M.Zuiko 12-40 mm F/2,8 (1re et 4e photos)
1re photo : 1/1250 sec. — F/3,2 — ISO 200 — 12 mm
2e  photo : 1/1000 sec. — F/3,2 — ISO 200 — 25 mm
3e  photo : 1/60 sec. — F/1,4 — ISO 320 — 25 mm
4e  photo : 1/4000 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 12 mm
5e  photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 250 — 7 mm

Voyage à Lisbonne : jour 18
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Écrit par Jean-Pierre Martel


Voyage à Lisbonne : jour 17

20 octobre 2016

Aujourd’hui, je retourne à la Tour de Belém, située à environ quinze minutes de marche du Mosteiro dos Jerónimos.

Ceux qui s’y présentent en fin d’après-midi sont habituellement des détenteurs d’un forfait monastère + tour (ou monastère + tour + musée de l’archéologie) et qui complètent leur forfait.

Par opposition, ceux qui se présentent en matinée sont en bonne partie des visiteurs qui ont décidé de débuter par la tour leur visite des sites touristiques du quartier.

Ces derniers doivent donc attendre en ligne pour acheter leur billet alors que ceux qui ont acheté leur billet la veille sans avoir eu le temps de visiter la tour — c’est mon cas — n’ont qu’à montrer le billet pour emprunter la ligne express et monter dans la tour immédiatement.

Tour de Belém

Au moment de sa construction, de 1515 à 1521, ce dispositif défensif de cinq étages s’avançait davantage dans le Tage.

Le fleuve s’étant retiré depuis, il suffit d’une passerelle pour y accéder. On a aménagé du côté nord un bassin de rétention qui fait en sorte qu’en matinée, à marée basse, des poissons y demeurent prisonniers alors que des enfants peuvent ramasser des coquillages sur le sable qu’on y a mis.

Et puisque Lisbonne est située près de l’embouchure du Tage, ce fleuve subit en fin d’après-midi la marée haute de l’Atlantique : la tour se trouve alors entourée d’eau et des petites vagues frappent les marches en hémicycle qui bordent le bassin de rétention submergé.

Le rez-de-chaussée correspond à la salle des canonniers. Le premier étage possède une grande terrasse permettant les manœuvres qui jalonnaient la vie de garnison. Le deuxième est la salle du capitaine, dotée de trois balcons et d’une belle loggia du côté sud.

Détail de la façade du troisième étage

La façade du côté sud du troisième étage est décorée des armoiries royales de Manuel Ier. De chaque côté, on peut voir une sphère armillaire.

Il s’agit d’un instrument de navigation qui modélise la sphère céleste et qui était utilisé par les navigateurs portugais pour montrer également le mouvement apparent des étoiles et du soleil. C’était aussi l’emblème de Manuel Ier, commanditaire de la tour.

Cet instrument fait donc partie des nombreux symboles et allusions maritimes typiques du style manuélin (dont nous avons parlé hier). On le trouve donc sur des édifices manuélins civils (comme ici) ou religieux (comme au monastère).

Le quatrième étage correspond à la chapelle, entourée d’un chemin de guet. Le toit plat de la chapelle offre une deuxième plateforme d’observation pour guetter les vaisseaux ennemis.

Vue du Museu do Combatente et du Centre Champalimaud

Ce point de vue élevé me permet de voir que le Museu do Combatente, tout près, ne montre que des jeeps et des cannons modernes, ce qui m’évite d’y aller.

J’en visite toutefois l’extérieur.

Plus à l’ouest, je me rends au Centre Champalimaud, un très bel édifice blanc consacré à la recherche médicale et dont l’architecture moderne est plutôt photogénique.

De retour sur mes pas, j’emprunte un passage sous la voie ferrée.

Rail à vélo

À plusieurs sorties de métro, j’avais observé des rails dont j’ignorais l’utilité. Eh bien, la photo ci-dessus dit tout.

Centro Cultural de Belém

Dans l’édifice néomédiéval du Centro Cultural de Belém, on peut admirer gratuitement la collection remarquable d’Art contemporain du mécène José Manuel Rodrigues Berardo.

Jardins d’inspiration japonaise

Le rez-de-chaussée du centre comprend deux petits jardins de style japonisant, réinterprétés à la portugaise. En effet, le sable peigné est ici remplacé par des calades, ces pavés cubiques en calcaire, typiques de Lisbonne.

Intérieur du musée

Les étages supérieurs du Museu Colecção Berardo exposent près de mille œuvres de plus de 500 artistes modernes.

C’est donc un vaste survol de la création artistique du XXe siècle qu’on peut y admirer. Il y a bien quelques sculptures mais on y voit surtout des toiles.

J’avais bien aimé le Museu Nacional de Arte Contemporânea do Chiado, visité au 14e jour de ce voyage, mais je dois dire que ce musée de la collection Berardo est encore plus beau.

Au sous-sol du musée

Au sous-sol, on présente des vidéos et des œuvres d’artistes modernes portugais : peintures, sculptures, installations et photographies.

Contrairement au Musée d’Art contemporain de Montréal (très centré sur des installations), le Museu Colecção Berardo résume à lui seul tout l’art pictural du XXe siècle.

Je passe ensuite à la pâtisserie de Belém m’acheter six pastéis de nata et je rentre au studio me servir une soupe au navet, la dernière tranche de mon saumon (accompagnée de vin blanc), et deux pâtisseries fraiches saupoudrées de cannelle et d’un peu de sucre en poudre (puisque les pastéis de nata sont vendues avec un sachet de l’un et de l’autre).

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectifs M.Zuiko 7-14 mm F/2,8 (3e, 6e, 7e et 8e photos) et M.Zuiko 12-40 mm F/2,8 (1re, 2e, 4e et 5e photos)
1re photo : 1/4000 sec. — F/2,8 — ISO 160 — 12 mm
2e  photo : 1/4000 sec. — F/2,8 — ISO 100 — 26 mm
3e  photo : 1/4000 sec. — F/2,8 — ISO 125 — 14 mm
4e  photo : 1/320 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 32 mm
5e  photo : 1/2500 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 12 mm
6e  photo : 1/400 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 12 mm
7e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 500 — 14 mm
8e  photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 500 — 14 mm

Voyage à Lisbonne : jour 17
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Écrit par Jean-Pierre Martel


Voyage à Lisbonne : jour 16

19 octobre 2016

Aujourd’hui, le thermomètre atteindra 26 degrés Celsius. Je mets le cap sur le Mosteiro dos Jerónimos.

C’est une des attractions touristiques les plus populaires de la ville. Puisque le métro de Lisbonne ne se rend pas dans le quartier de Belém (signifiant Bethléem), on doit prendre le métro jusqu’à la station Cais do Sodré, puis effectuer un long trajet en autobus vers l’ouest.

Cette situation éloignée a épargné en gros le monastère des destructions du séisme de 1755.

Dans mon autobus plein au maximum (et dont la climatisation était en panne), la moitié des passagers sont descendus à l’arrêt Betlém. S’ils se rendaient au monastère, ils auraient mieux fait de se rendre à la station suivante, environ 400 mètres plus loin, appelée spécifiquement Mosteiro Jerónimos.

Détail du portail sud du monastère de Belém
Nef de l’Igreja Santa Maria
Voute de style gothique flamboyant de l’Igreja Santa Maria

Le monastère de Belém est un des meilleurs exemples du style manuélin, du nom du roi Manuel Ier qui régna sur son pays de 1495 à 1521.

La construction du monastère fut financée par la ‘taxe du poivre’ prélevée sur la vente des épices et des matières précieuses importées. Elle débuta à partir de 1502 et dura près d’un siècle.

Sous le règne de ce monarque, le Portugal est la première puissance maritime du monde. Grâce à la découverte de la route des Indes par Vasco de Gama et à la découverte du Brésil par Pedro Alvares Cabral, des trésors sont ramenés des quatre coins du monde. Le Portugal est au sommet de sa puissance économique.

C’est une période heureuse pour le pays. Dans le domaine des arts, cet enthousiasme suscitera la naissance d’un style décoratif exubérant qui, en dépit du fait qu’il correspond au gothique flamboyant ailleurs en l’Europe, fait penser à des styles qui naitront beaucoup plus tard dans d’autres pays.

Le style manuélin célèbre le triomphe des explorateurs maritimes portugais. Parmi les motifs favoris de ce style, mentionnons les cordages (incluant les colonnes torsadées), les vagues, les poissons, les coquillages (vus de l’extérieur, et non de l’intérieur comme ce sera le cas à l’époque rococo), les ancres, les instruments de navigation, etc.

De manière traditionnelle, l’église en forme de croix latine a été construite vers l’Ouest à partir de l’Est (une allusion à la naissance de Jésus de Nazareth, naissance associée à celle du jour).

Aperçu du cloitre
Aperçu du cloitre
Aperçu du cloitre
Aperçu du cloitre

Adjacent au Nord se trouve le somptueux cloitre du monastère. Par journée chaude, c’est un endroit paradisiaque où les moines pouvaient déambuler dans la large galerie du cloitre, protégés du soleil cuisant du Portugal, alors que les pierres libéraient la fraicheur accumulée au cours de la nuit.

De la galerie du premier étage, on accède à un petit musée consacré à l’histoire du monastère.

Le monastère proprement dit s’étendait à l’ouest de l’église. De nos jours, il abrite le Museu Nacional de Arqueologia. Sa salle principale est consacrée à la période romaine. On y présente beaucoup de statues décapitées, des stèles funéraires érodées et quelques mosaïques remarquables.

Vers le fond, on rencontre successivement le trésor (exposant essentiellement des bijoux archéologiques de bronze et d’or), la salle des antiquités égyptiennes (salle très intéressante où sont en vedette deux sarcophages de bois peint et une momie enveloppée de bandelettes de lin), et finalement une exposition temporaire d’un intérêt limité.

Plus à l’ouest de trouve la Tour de Belém. Même si, théoriquement, on y admet des visiteurs jusqu’à 17h, dans les faits on refusera de vous admettre plus tôt lorsque de nombreuses personnes attendent déjà dans l’escalier qui mène à la terrasse et où seulement 150 personnes peuvent aller simultanément.

Puisque le billet est valable demain, j’y retournerai.

Puis je rentre au studio.

Sur mon trajet, j’achète à l’épicerie un format de 900ml de soupe au navet pour 1,95 euro (de la marque maison Pingo Doce).

Délicieuse mangée froide, elle précèdera le dernier quart de mon saumon acheté il y a quatre jours et dont je ne mangerai qu’en partie, le restant étant conservé pour demain soir.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectifs PanLeica 25 mm F/1,4 (2e et 3e photos), M.Zuiko 12-40 mm F/2,8 (la 7e photo) et M.Zuiko 7-14 mm F/2,8 (les autres photos)
1re photo : 1/1250 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 27 mm
2e  photo : 1/60 sec. — F/1,4 — ISO 800 — 25 mm
3e  photo : 1/80 sec. — F/1,4 — ISO 640 — 25 mm
4e  photo : 1/2000 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 9 mm
5e  photo : 1/800 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 14 mm
6e  photo : 1/2000 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 14 mm
7e  photo : 1/800 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 14 mm

Voyage à Lisbonne : jour 16
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Écrit par Jean-Pierre Martel


Voyage à Lisbonne : jour 15

18 octobre 2016

Le lundi, la plupart des musées étant fermés, ce devrait être une belle occasion de visiter quelques-uns des nombreux parcs de la ville.

Mais le temps est gris.

Je décide donc de mettre le cap sur l’aquarium de Lisbonne.

Cliquez sur l’image pour l’agrandir

L’Oceanário de Lisboa est le plus grand d’Europe. Il est composé de deux pavillons.

Exposition temporaire du photographe Takashi Amanto

Le premier, sur terre ferme, comprend les services : la billetterie au rez-de-chaussée, le restaurant au 1er étage et une exposition temporaire au 2e.

Pavillon principal

Au 1er étage, on emprunte une passerelle qui nous mène au pavillon principal, entouré d’eau.

Le long de cette passerelle, des panneaux nous informent que nous consommons annuellement, par personne, 19kg de poisson. Que nous prélevons des océans deux à trois fois plus de poissons que le milieu marin peut en produire. Que 70% des populations de poissons sont surexploités et en déclin. Etc.

Vue du bassin central
Vue du bassin central

Au centre du pavillon principal se trouve un immense bassin restituant les conditions de haute mer. Des bancs de poissons, des raies, des requins y évoluent, au grand plaisir des visiteurs.

Contrairement à l’aquarium de Shanghai, cet aquarium n’est pas traversé par un spectaculaire tunnel vitré. Mais dans l’ensemble, il est mieux entretenu. C’est une des attractions touristiques les plus appréciées de Lisbonne.

L’aquarium présente tout ce qui est relié de près ou de loin au milieu aquatique : des poissons, des anémones, des coraux, des batraciens, et des oiseaux.

Vue de l’écosystème polaire

Contrairement à l’écosystème polaire du Biodôme de Montréal, celui de Lisbonne n’est pas enfermé dans un espace vitré.

Les visiteurs ont donc un contact plus direct avec ses habitants. Toutefois, la basse température qui y règne refroidit presque tout le pavillon. Conséquemment, on prendra soin de s’habiller en conséquence.

Dans un des petits aquariums
Cheval de mer et algues rouges

Une trentaine d’aquariums plus petits présentent des poissons regroupés par catégorie ou par l’endroit du monde qu’ils habitent.

Aux quatre coins du pavillon principal, on a aménagé quatre étroits bassins secondaires qui sont adjacents au bassin principal.

Vue d’un des bassins secondaires

Dans chaque cas, on a disposé des rochers de manière à créer la vue que nous aurions si nous faisions de la plongée et nous nous retrouverions dans une caverne sous-marine.

À l’aide d’un savant éclairage, l’effet est magique.

Bref, j’ai beaucoup appréciée cette visite.

De retour au studio, je me mange sans la réchauffer une excellente soupe aux légumes et aux épinards —  achetée à l’épicerie : 900 ml pour 2,3 euros — et une autre généreuse portion de saumon acheté deux jours plus tôt, que je cuis au microonde.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectifs PanLeica 25 mm F/1,4 (7e et 8e photos), et M.Zuiko 7-14 mm F/2,8 (2e, 4e et 6e photos) et M.Zuiko 12-40 mm F/2,8 (les autres photos)
1re photo : 1/500 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 15 mm
2e  photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 500 — 9 mm
3e  photo : 1/640 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 12 mm
4e  photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 1000 — 14 mm
5e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 640 — 12 mm
6e  photo : 1/160 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 14 mm
7e  photo : 1/60 sec. — F/1,4 — ISO 250 — 25 mm
8e  photo : 1/80 sec. — F/1,4 — ISO 640 — 25 mm
9e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 4000 — 13 mm

Voyage à Lisbonne : jour 15
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Écrit par Jean-Pierre Martel


Voyage à Lisbonne : jour 14

17 octobre 2016

Aujourd’hui, deuxième dimanche de ce voyage, je prends quelques bouchées de mon déjeuner et je m’empresse d’effectuer un autre ’sprint religieux’.

Mon premier arrêt est à l’Igreja de Santiago. Ici, le nom Santiago fait référence à la fois à Saint-Jacques-de-Compostelle (Santiago de Compostela en galicien et en espagnol) et au nom du village autrefois autonome dans lequel cette église fut construite.


Note : Pour consulter un guide illustré des termes techniques d’architecture religieuse, on cliquera sur ceci.

 
C’est une église dont le vaisseau central n’a de bas-côté qu’à droite. C’est la seule chose qui reste du séisme de 1755.

Surmontée d’un plafond peint représentant l’apôtre Jacques agenouillé regardant l’Assomption de la Vierge, la nef sans transept est flanquée de trois autels latéraux peu profonds à gauche.

Détail de l’autel de la chapelle Notre-Dame-du-Rosaire

À droite, tout le bas-côté est occupé par la chapelle Notre-Dame-du-Rosaire dont l’autel baroque, en bois doré, est entouré de cinq azuléjos.

Puis je prends le tramway 28 pour monter jusqu’à l’Igreja da Graça (l’église de la Grâce). Elle est située dans le quartier de Graça, au nord d’Alfama.

L’édifice ayant été détruit par le séisme de 1755, l’église rococo qu’on voit aujourd’hui date de la deuxième moitié du XVIIIe siècle.

Plafond de l’Igreja da Graça

L’intérieur est en pierre de taille rehaussé de marbre rose. C’est une très belle église en forme de croix latine.

La nef sans bas-côtés est flanquée à droite de quatre autels peu profonds. À gauche, c’est plutôt trois autres autels peu profonds et une chapelle authentique, dotée de son propre tabernacle (la Capela do Santissimo, près du transept gauche).

Chaque bras du transept dispose également d’autels latéraux.

Étonnamment, l’orgue situé au-dessus de la sortie est traversé par une ouverture centrale qui laisse passer la lumière d’une fenêtre.

Puis je rentre en tramway et en métro pour terminer le reste de mon déjeuner (qui me servira de repas du midi).

Réclame de McDonald à la station Baixa-Chiado

Je me rends au Museu Nacional de Arte Contemporânea do Chiado (MNAC), situé dans le quartier de Chiado.

Aperçu du pavillon Nord du MNAC

Créé en 1911, ce musée occupe deux bâtiments. Celui au nord sert aux expositions temporaires.

Sem título d‘António Charrua (1971)

Au moment de ma visite, on y présentait des œuvres portugaises créées entre 1960 et 1990 et qui font partie de la collection du Secrétaire d’État à la Culture.

Si j’étais ministre portugais de la Culture, j’enverrais immédiatement cette collection remarquable garnir les murs dénudés du MAAT (dont j’ai parlé au 12e jour de cette visite de Lisbonne).

Aperçu du pavillon Sud du MNAC

Le pavillon Sud est établi dans un ancien monastère franciscain reconstruit après le séisme de 1755. L’Ordre ayant été aboli en 1834, l’édifice fut transformé en entrepôt par un marchand anglais avant d’être transformé en musée.

Liberté de Joaquim Rodrigo (1963)

Encore là, on y trouve des œuvres très intéressantes et une étonnante collection de photos stéréoscopiques réalisées par Francisco-Afonso Chaves (1857-1926).

J’ai particulièrement apprécié le vidéo interactif Atlantis d’André Sier (2016), inspiré de l’esthétique des jeux vidéos des années 1980.

Nef de l’église Saint-Roch

Mon sprint religieux se termine à l’Igreja São Roque et son musée.

Construite de 1565 à 1573 dans le Nord de la vieille ville de Lisbonne par les Jésuites, cette église fut relativement épargnée par le séisme de 1755.

Ses chapelles latérales sont richement décorés à l’aide de matériaux luxueux. L’exécution des œuvres témoigne d’un haut degré d’expertise des artisans (parfois italiens) responsables de leur création.

C’est une des plus belles églises de Lisbonne. Sa visite est recommandée.

Son musée est bien. Il surpasse aisément celui de la cathédrale de Lisbonne (sombre et poussiéreux). On peut y photographier les œuvres (contrairement au musée du monastère Saint-Vincent-hors-les-murs). Subjectivement, je dirais que la collection d’Art religieux du Museu Calouste Gulbenkian lui est légèrement supérieure.

Même si ce musée ne présente pas seulement de l’orfèvrerie, ce qui est frappant, c’est le contraste dans ce musée entre les toiles et la statuaire de bois, plutôt médiocres, et la virtuosité exceptionnelle des orfèvres portugais.

Précisons que ceux-ci disposaient d’une abondante matière première; l’or rapporté d’Amérique latine par les conquistadors portugais.

Puis je rentre au studio me faire cuire une autre généreuse portion de saumon acheté hier.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectifs PanLeica 25 mm F/1,4 (7e photo), M.Zuiko 12-40 mm F/2,8 (1re et 3e photos) et M.Zuiko 7-14 mm F/2,8 (les autres photos)
1re photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 4000 — 17 mm
2e  photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 800 — 8 mm
3e  photo : 1/320 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 16 mm
4e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 11 mm
5e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 500 — 14 mm
6e  photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 1000 — 10 mm
7e  photo : 1/80 sec. — F/1,4 — ISO 320 — 25 mm
8e  photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 4000 — 9 mm

Voyage à Lisbonne : jour 14
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Écrit par Jean-Pierre Martel


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