Quand on s’oppose à la légalisation du cannabis

18 novembre 2017

— « Chérie, veux-tu aller reconduire les enfants à la garderie; je n’ai pas fini mon joint.»
— « Trouve-toi pas des prétextes. Finis ton joint et va reconduire les enfants.»

Voilà le scénario du très mauvais téléroman qui pourrait être écrit par nos politiciens québécois ces jours-ci.

Comme une bonne partie de la population québécoise, le gouvernement Couillard est contre la légalisation du cannabis et cherche des motifs pour retarder son entrée en vigueur.

Toutes les provinces seront prêtes mais il se pourrait que le Québec ne le soit pas.

On comprend donc l’image des Québécois dans le reste du pays; des gens inefficaces, toujours en retard, des plaignards, qui préfèrent boire leur bière payée par la péréquation canadienne.

La ministre Lucie Charlebois, responsable du dossier du cannabis, est une des meilleures ministres du gouvernement Couillard. Je l’aime bien.

« Donnons-nous le temps de bien faire les choses », répète-t-elle ad nauseam. Ceci, pour justifier sa demande de nouveaux délais à Ottawa.

Une ministre ne peut pas tout savoir. Ce qu’elle ignore, c’est que le cannabis est déjà commercialisé; n’importe quel adolescent majeur peut s’en procurer très facilement.

Le fantasme apocalyptique selon lequel toute légalisation condamnerait notre belle jeunesse à la fainéantise, que les conducteurs prendraient soudainement l’habitude de fumer un joint avant de prendre le volant, est parfaitement ridicule.

Ils ne le font pas déjà; pourquoi se mettraient-ils à le faire ?

Si tous les alcooliques sur terre abandonnaient l’alcool pour le cannabis, on assisterait à une réduction dramatique des cirrhoses à travers le monde en contrepartie d’une petite augmentation des cancers du poumon. Quant au reste, être stone ou être ivre, c’est pareil.

L’intoxication par le cannabis ou l’alcool est responsable d’accidents mortels sur nos routes. Toutefois jamais personne n’est mort du simple fait d’avoir fumé trop de cannabis.

On ne peut pas en dire autant de l’alcool. À moins de boire d’un trait tout son alcool avant d’avoir allumé son premier joint, le jeune qui fume du cannabis s’endormira avant d’avoir ingurgité sa dose mortelle d’alcool.

La véritable protection de nos jeunes, ce n’est pas de prolonger sous divers prétextes une prohibition qu’ils contournent facilement, c’est au contraire de hâter la légalisation afin qu’ils cessent de consommer la cochonnerie que la pègre ajoute au cannabis de contrebande.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le Québec et la légalisation du cannabis

20 avril 2017

Depuis que le gouvernement fédéral a annoncé que la légalisation de la marijuana, certains observateurs s’inquiètent des risques de cette décision.

Au départ, précision que effets néfastes de cette drogue sur la santé sont moindres que ceux de l’alcool. Si tous les alcooliques abandonnaient l’alcool pour le cannabis, on verrait l’apparition de nouveaux problèmes mais la disparition complète des nouveaux cas de cirrhoses du foie, incurables même à l’arrêt de l’éthylisme.

Dans les États où on a légalisé le pot — notamment au Colorado et dans l’État de Washington — on a constaté une augmentation importante à la fois du nombre d’accidents de la route causés par des conducteurs sous l’effet du cannabis et du nombre d’hospitalisations résultant d’une surdose.

Sans nier la possibilité que cela puisse être observé au Québec, ce phénomène ne devrait pas être significatif.

En effet, les États-Unis ont mené pendant des décennies une ruineuse et inefficace lutte contre la drogue caractérisée par la sévérité des sanctions imposées aux contrevenants.

Au contraire, au Québec, la simple possession de cannabis est tolérée depuis des années. Ici, la consommation est entrée dans les mœurs et la très grande majorité de ses utilisateurs ont appris à en faire une consommation ‘responsable’.

De 2002 à 2012, le pourcentage de personnes ayant déjà consommé de la marijuana a diminué chez les 15 à 17 ans et les 18 à 24 ans. Cette consommation est toutefois demeurée stable chez les 25 à 44 ans et a augmenté dans les groupes d’âge plus avancé.

On croit que l’augmentation chez le groupe des 45 à 64 ans pourrait être le reflet du vieillissement de la cohorte de ceux qui se situaient dans le groupe des 25 à 44 ans en 2002.

En somme, chez les jeunes, le cannabis n’a plus l’attrait du fruit défendu.

La décision canadienne de ne pas autoriser les aliments à base de cannabis — permis dans les deux États américains mentionnés — devrait éviter les hospitalisations pour surdose (extrêmement rares chez les fumeurs).

Tout au plus doit-on s’attendre à une augmentation du nombre de fêtards intoxiqués au pot (plutôt qu’à l’alcool) qui commettent l’erreur de prendre le volant.

Cela implique que les forces policières devront s’équiper d’instruments capables de déceler les intoxications, ce qui devrait déjà être fait depuis longtemps.

Au-delà de la curiosité que susciteront au départ les commerces de cannabis et l’impact touristique de sa légalisation, il est à prévoir que les changements législatifs ne bouleverseront que sa distribution puisque dans les faits, sa consommation est déjà décriminalisée au Québec depuis plus d’une décennie.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


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