Les visées hégémoniques de l’Arabie saoudite au Liban

10 novembre 2017

Introduction

À la tête du Liban depuis janvier dernier, le premier ministre de ce pays a annoncé cette semaine sa démission depuis la capitale saoudienne au motif que sa vie serait en danger s’il demeurait au Liban.

Aujourd’hui, le Hezbollah — un mouvement politicomilitaire libanais soutenu par l’Iran — accuse l’Arabie saoudite d’avoir contraint le premier ministre libanais à la démission et de le retenir contre son gré.

Que faut-il en penser ?

Saad Hariri possède la double citoyenneté libano-saoudienne. S’il est exact que M. Hariri craint pour sa vie, il est plausible qu’il ait choisi de se réfugier dans son pays natal, l’Arabie saoudite, où vivent déjà son épouse et leurs trois enfants.

Une hypothèse

Pays voisin du Liban, la Syrie a joué un rôle considérable dans les affaires intérieures du Liban au cours des dernières décennies.

Le vide laissé par l’affaiblissement du régime de Bachar el-Assad représente une opportunité pour l’Arabie saoudite d’étendre son influence dans ce pays.

Au premier abord, la démission d’Hariri, un allié de l’Arabie saoudite, s’apparente à un recul de l’influence politique de l’Arabie au Liban.

Sauf si la dictature saoudienne y prépare la guerre et désire mettre Hariri en sécurité afin de préparer son retour éventuel.

Le belliqueux prince héritier saoudien pourrait être tenté de combattre les milices du Hezbollah au Liban pour les raisons suivantes :
• réduire l’influence qu’exerce l’Iran au Liban par le biais du Hezbollah qui lui est allié,
• tester, comme au Yémen, son arsenal militaire et augmenter l’expérience de ses généraux en vue d’une guerre éventuelle contre l’Iran,
• favoriser l’implantation au Liban d’une république islamiste fondamentaliste, à défaut d’avoir réussi à le faire en Syrie, et
• recycler les mercenaires démobilisés par la fin de la guerre en Syrie et éviter leur dispersion dans leurs pays natals respectifs.

Ce qui plaide en faveur de cette explication purement spéculative, c’est le fait que l’Arabie saoudite ait demandé hier à ses ressortissants de quitter le Liban le plus rapidement possible. Comme si un conflit y était imminent.

Références :
L’Arabie saoudite demande à ses ressortissants à quitter le Liban
Le premier ministre libanais Saad Hariri démissionne et dénonce la « mainmise » de l’Iran
Liban: Hariri est «détenu» en Arabie saoudite, selon le Hezbollah
Saad Hariri

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Écrit par Jean-Pierre Martel


La Grande séduction saoudienne

27 octobre 2017

Introduction

Du 24 au 26 octobre 2017 se tenait dans la capitale saoudienne la conférence Future Investment Initiative, réunissant au-delà de 3 500 participants provenant de 88 pays.

Le but de cette réunion était de faire la promotion d’un projet d’investissement colossal de 500 milliards$US en Arabie saoudite.

Vidéo promotionnelle de Neom (en anglais)

Ce projet vise la création d’une ville futuriste (appelée Neom) au sein d’une zone industrielle de 26 000 km², soit l’équivalent de 500 fois la surface de l’ile de Montréal. Cette zone serait située dans l’ouest de l’Arabie, à la jonction avec la Jordanie et l’Égypte.

Elle serait créée sur le modèle des zones économiques spéciales chinoises.

La ville proprement dite serait alimentée en énergie solaire et robotisée à l’extrême. Les bâtiments et des infrastructures resteraient immaculés grâce à l’absence de pollution atmosphérique.

L’approvisionnement alimentaire serait assuré grâce à l’agriculture verticale, au développement de cultures en zones arides et en eau de mer ainsi que l’utilisation de serres photovoltaïques.

En marge de cette conférence, une vaste offensive de relations publiques s’est déroulée.

Le prince héritier a accordé une entrevue à l’influent quotidien britannique The Guardian. Il ne l’a pas fait pour Le Monde puisque ce quotidien a l’habitude (comme Le Devoir) de reproduire intégralement les dépêches de l’Agence France-Presse (qu’il suffit de mettre dans sa poche).

Le site de Radio-Canada s’est contenté d’une entrevue avec la journaliste Clarence Rodriguez, chantre du régime et seule journaliste française accréditée en Arabie saoudite (selon sa page Twitter).

Officiellement, cette conférence vise à attirer des investissements. Mais ce n’est pas son véritable but.

Les problèmes structurels de l’économie saoudienne

En raison de l’insécurité permanente qui règne au Moyen-Orient, des firmes occidentales d’investissement (principalement américaines) y orchestrent une fuite des capitaux depuis des décennies.

Si bien que la famille royale saoudienne est lentement devenue propriétaire d’environ 8% de l’économie américaine, soit dix fois plus que les fortunes combinées de Bill Gates et Warren Buffett.

De plus, s’il est vrai que la capitalisation boursière d’Apple est, de temps en temps, la plus importante au monde, c’est seulement parce que la compagnie Aramco (la compagnie nationale saoudienne d’hydrocarbures) n’est pas inscrite en bourse.

On estime que la capitalisation d’Aramco est 3 000 milliards$, soit environ quatre fois celle d’Apple.

En dépit de la diminution de ses revenus pétroliers, l’Arabie ne manque pas d’argent. Au contraire, elle est immensément riche. Alors quel est son problème ?

Son problème est un abyssal déficit technologique.

L’école publique saoudienne est aux mains du clergé wahhabite.

Très bon à former des hommes de lettres (avocats en droit musulman, écrivains, poètes, fonctionnaires peu qualifiés), le système scolaire du pays ne forme que très peu de chercheurs, de scientifiques et de travailleurs qualifiés puisque souvent la science moderne entre en conflit avec l’interprétation rigoureuse des textes sacrés de l’Islam, vieux de 1 500 ans.

Le régime vante son taux élevé de scolarisation. Dans les faits, le système scolaire ne forme que des bons à rien que même les entreprises saoudiennes hésitent à embaucher comme travailleurs qualifiés. D’où le taux de chômage d’environ 40% chez les jeunes hommes du pays.

Quant aux femmes, l’accès aux études supérieures leur est théoriquement permis depuis des décennies. Mais encore là, leur tutelle masculine permanente et les interdits tatillons des forces de l’ordre font en sorte que très peu d’entre elles font des études supérieures (alors que les femmes forment la majorité des diplômés universitaires au Qatar, aux Émirats arabes unis et en Iran).

Si bien qu’en Arabie saoudite, les familles aisées envoient leurs adolescents masculins étudier dans les meilleurs lycées occidentaux.

Le chômage élevé chez les Saoudiens peu fortunés explique l’importance des mercenaires saoudiens au sein des groupes terroristes sunnites.

Jusqu’ici, l’Arabie saoudite avait tout misé son avenir postpétrolier sur le développement du tourisme religieux.

D’immenses complexes hôteliers ont été érigés sur les sites sacrés, occupés à saturation lors les quelques jours du pèlerinage annuel (Hajj), et sous-utilisés le restant du temps. Cet afflux soudain n’est pas sans causer des problèmes sécuritaires qui émergent régulièrement et que l’État saoudien n’arrive pas à juguler.

L’homme fort de la dictature saoudienne, le prince héritier Mohammed bin Salman, a résolu de diversifier l’économie de son pays. Cela implique d’y attirer des entreprises qui voudront faire profiter le pays des technologies avancées qui font cruellement défaut à cette dictature moyenâgeuse.

Mais voilà, comment attirer des investisseurs étrangers dans un pays où tous les petits écoliers apprennent qu’il faut tuer les Chiites, les Juifs et les Occidentaux ?

La grande séduction

À cette conférence, le prince héritier a estimé que son pays avait abandonné la modération en 1979 — c’est l’année de la Révolution iranienne — avec la montée en puissance de courants religieux extrémistes.

En somme, c’est la faute de l’Iran si l’Arabie saoudite s’est radicalisée.

En décembre 2015, dix-sept femmes ont été élues lors d’élections municipales en Arabie saoudite. La dictature saoudienne en a fait grand cas.

Toutefois, on doit savoir que dans l’éventualité où elles auraient eu à s’adresser à une foule, les candidates auraient dû le faire derrière un rideau. Bref, leur élection démontre que tout est possible en Arabie saoudite quand les tyrans du pays l’ordonnent.

Selon un décret promulgué le mois dernier, les femmes saoudiennes pourront conduire une automobile à partir de juin 2018.

À la fin d’une dépêche publiée récemment, l’Agence France-Presse écrivait que les Saoudiens attendent maintenant l’ouverture de salles de cinéma et plus divertissements, longtemps interdits par les milieux conservateurs.

Dans la mesure où en Iran, les femmes ont déjà le droit de conduire et qu’il existe déjà des salles de cinéma, on voit mal comment c’est la faute de l’Iran si tout cela n’existe pas encore en Arabie saoudite.

Mais par-dessus tout, si le prince héritier est tellement d’accord avec les idées réformatrices qu’exprimait Raïf Badawi sur son blogue, on ne comprend pas pourquoi il n’ordonne pas sa libération immédiate de prison.

En tant que ministre de la Défense, le prince héritier est responsable des bombardements saoudiens au Yémen.

Parmi les trois groupes d’insurgés opposés au président yéménite en exil, le prince hériter saoudien n’a choisi de bombarder que les insurgés chiites, en évitant soigneusement de nuire aux deux autres : les milices d’Al Qaida et celles affiliées à l’État islamique.

Ces dernières lui ont manifesté leur reconnaissance en faisant sauter quelques mosquées chiites en Arabie saoudite.

Il est donc difficile de savoir dans quelle mesure l’œcuménisme de façade du prince héritier s’inscrira à l’avenir dans la réalité saoudienne.

Les risques d’un investissement étranger en Arabie

Les États-Unis ont été incapables d’obtenir la collaboration de l’Arabie saoudite à l’enquête au sujet des attentats du 11 septembre 2001. Si bien qu’il n’existe aucune preuve formelle de l’implication de ce pays dans ces attentats.

L’Arabie saoudite n’est pas un État de droit. Il n’a pas de constitution. Les décisions des tribunaux sont soumises à l’arbitraire de la volonté royale. Bref, c’est une dictature absolue.

L’investissement étranger en Arabie saoudite est donc hautement risqué.

Si le prince héritier devait sérieusement menacer les intérêts du clergé wahhabite, il suffirait d’une fatwa pour que sa vie soit menacée (comme celle de Salman Rushdie). Si cela devait être le cas, la valeur boursière des investissements étrangers en Arabie saoudite dégringolerait.

Aussi puissants que puissent être les tyrans du pays, il suffit d’un garde du corps résolu à se faire l’instrument de la volonté divine pour que le prince héritier aille fertiliser à sa manière le lopin de terre où il sera enterré.

Bref, il serait donc étonnant que ses idées réformatrices aillent très loin.

Références :
Irak et Corée : deux poids, deux mesures
I will return Saudi Arabia to moderate Islam, says crown prince
L’Arabie saoudite va construire une ville futuriste à l’encontre de son image conservatrice
La vision de Mohammed ben Salman pour faire entrer l’Arabie saoudite dans la modernité
Le prince héritier promet une nouvelle Arabie saoudite «modérée»
Saudi Arabia’s Grand Plan to Move Beyond Oil: Big Goals, Bigger Hurdles
Saudi Arabia wants to return to ‘moderate Islam.’ Skeptics say it’s a marketing ploy.
Saudi Aramco
Villes du futur : Neom, la mégapole high-tech voulue par l’Arabie saoudite
20 femmes élues pour la première fois en Arabie saoudite

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le gagnant du conflit entre l’Arabie saoudite et le Qatar

7 juin 2017
© 2010 — Google Maps

Introduction

L’Arabie saoudite, le Bahreïn, l’Égypte, les Émirats arabes unis et le Yémen ont décidé lundi de rompre leurs relations diplomatiques avec le Qatar, une minuscule pétromonarchie voisine de l’Arabie saoudite

Ils accusent ce pays de déstabiliser la région en soutenant des groupes terroristes, dont Al Qaida, l’État islamique et les Frères musulmans.

Les compagnies aériennes de ces pays n’effectuent plus de vols à destination du Qatar et les avions de ce dernier sont interdits de vol au-dessus du territoire saoudien.

L’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis ont également décrété un blocus économique envers le Qatar.

Quelles sont les raisons profondes de cette crise ?

Le côté givré du Qatar

Depuis de nombreuses années, le Qatar mène une politique étrangère ambitieuse et distinctive.

L’émir du Qatar est, ce qu’on pourrait appeler, un monarque éclairé.

La Cité de l’éducation qu’il a mise sur pied près de la capitale accueille des pavillons ‘hors campus’ d’universités anglo-saxonnes prestigieuses : l’université Carnegie-Mellon, l’université de Georgetown, l’université Texas A&M, l’université du Commonwealth de Virginie, le collège médical Weill de l’université Cornell, l’University College London, etc.


Aparté : Au Qatar, les diplômés universitaires sont majoritairement des femmes.

L’importance attachée à l’éducation nationale, dont celle des femmes, est partagée par les Émirats arabes unis et par l’Iran.

Mais ce n’est pas le cas en Arabie saoudite où les familles aisées envoient leurs adolescents masculins étudier dans les meilleurs lycées occidentaux. Pourquoi ? Parce que l’école publique saoudienne (aux mains du clergé wahhabite) ne forme que des bons à rien que même les entreprises saoudiennes hésitent à embaucher comme travailleurs qualifiés, d’où le taux de chômage d’environ 40% chez les jeunes.

Ce chômage élevé chez les Saoudiens peu fortunés explique l’importance des mercenaires saoudiens au sein des groupes terroristes sunnites.

 
Au chapitre des réalisations de l’émir du Qatar, mentionnons également la chaine de nouvelles Al Jazeera, propriété de l’État depuis sa création en 1996. Cette chaine de nouvelles est immensément populaire au sein du monde arabe, autrefois captif des médias officiels de leurs pays respectifs.

Le côté conflictuel du Qatar

Le Printemps arabe s’est répandu comme une trainée de poudre grâce à Al Jazeera. Cette chaine n’hésite pas à donner la parole aux groupes d’opposition à certains dictateurs arabes (sauf à l’émir du Qatar lui-même, évidemment).

Et justement pour cela, tous les pays qui ont écrasé chez eux le Printemps arabe en veulent à l’émir qatari d’autoriser une telle liberté de parole qui met en péril leur dictature.

Le Qatar pratique également une diplomatie pansunnite qui l’amène à vouloir des relations harmonieuses avec les organisations sunnites de la région, dont le Hamas en Palestine et les Frères musulmans en Égypte.

Ce qui met le Qatar en conflit avec Israël (cible du Hamas) et le général al-Sissi, l’actuel dictateur d’Égypte.

Finalement, tout comme l’Arabie saoudite et la Turquie, le Qatar est officieusement en guerre avec la Syrie, par milices interposées.

Terrorisme chiite vs terrorisme sunnite

Les pions du terrorisme chiite ne sont impliqués que dans un terrorisme régional, limité au Proche et au Moyen-Orient.

L’Iran (chiite) a déjà financé le terrorisme international — notamment contre la France entre 1974 et 1983 — mais ce pays n’en a plus les moyens.

De nos jours, le terrorisme international est une exclusivité sunnite, financée principalement par l’Arabie saoudite et secondairement par le Qatar.

Ce financement n’est pas effectué directement par des fonds d’État mais généralement par le biais d’une multitude de contributions privées à des organismes à façade caritative ou à des écoles islamistes qui servent de pépinières de terroristes. D’autres fois, ce financement prendra la forme de valises pleines de devises échangées à l’occasion du pèlerinage à la Mecque.

La ‘trahison’ du Qatar

C’est en avril 2017 que des négociations secrètes ont mené finalement à la libération de vingt-six membres de la famille royale qatarie capturés seize mois plus tôt lors d’une embuscade en Irak.

Puisque les ravisseurs étaient des rebelles chiites supportés par l’Iran, le Qatar a été obligé d’obtenir la collaboration de ce pays afin que leur négociation commune réussisse.

La libération des otages s’est faite en contrepartie d’un important déplacement de population en Syrie, soit de 30 000 à 50 000 personnes.

Conséquemment, la somme déboursée par le Qatar (environ un milliard de dollars) fut répartie de la manière suivante :
• la rançon versée aux ravisseurs,
• le soudoiement des différentes milices rebelles et gouvernementales le long du trajet emprunté par les convois de Syriens relocalisés, et
• les honoraires des négociateurs (l’Iran, le Hezbollah, deux milices chiites et une milice d’Al Qaida).

Pour l’Arabie saoudite, le résultat net de cette opération est qu’une somme colossale a été versée à des milices chiites supportées par l’Iran. Ce financement qatari leur permettra de mieux combattre les milices sunnites financées par l’Arabie saoudite. Or au sein de ces milices, le plus important contingent de mercenaires étrangers est habituellement composé de Saoudiens.

Anticipant un nombre accru de ses ressortissants lourdement handicapés revenant du front, l’Arabie saoudite est furieuse.

Donald Trump bénit la guerre

À l’occasion de son premier voyage à l’Étranger, Donald Trump s’est rendu en Arabie saoudite où il a exhorté les pays de la région à participer pleinement au combat contre le terrorisme.

Précisant sa pensée, il les invitait à isoler l’Iran en l’accusant d’attiser les conflits interconfessionnels et le terrorisme (comme s’il s’agissait d’une spécialité iranienne).

L’Arabie saoudite profite donc de la bénédiction de Trump pour obliger le Qatar à rentrer dans le rang.

Depuis des années, la dictature saoudienne achète de l’armement en vue d’une guerre contre l’Iran et ce, avant que l’économie iranienne ne se soit remise de l’embargo dont ce pays a été l’objet.

Or pendant tout le temps au cours duquel le Qatar travaillait de concert avec l’Iran afin d’obtenir la libération de ses otages, le Qatar évitait les discours incendiaires contre son partenaire.

Mais les dirigeants belliqueux de l’Arabie saoudite ne peuvent tolérer de dissidence parmi les pétromonarchies sunnites puisqu’elles doivent toutes se préparer à la guerre qu’elle a décidée. Voilà pourquoi l’Arabie saoudite annonce la fin de la récréation pour le Qatar.

Puisque le Qatar ne peut récupérer la rançon déjà versée, la ‘punition’ que veut lui imposer l’Arabie saoudite est la rupture de ses liens avec le Hamas et les Frères musulmans. Ce qui sous-entend l’harmonisation de leurs politiques étrangères respectives et l’adoption d’une rhétorique haineuse envers l’Iran.

Mais le Qatar est un allié important de la France (qui lui vend des Rafales). Et c’est un allié des États-Unis qui y exploitent une base militaire essentielle, pour l’instant, aux opérations aériennes contre l’État islamique en Syrie. De plus, cette pétromonarchie est sur le point de conclure un contrat d’achat de matériel militaire américain. Finalement, son sous-sol recèle de gigantesques réserves de gaz naturel dont l’Europe aurait bien besoin pour se libérer de sa dépendance énergétique à la Russie.

Comment le Qatar va-t-il s’en sortir ? C’est à suivre…

Du côté de la Syrie

Entretemps, Bachar el-Assad se frotte les mains. Premièrement, la Turquie — plaque tournante opérationnelle des mercenaires œuvrant en Syrie — est courtisée par la Russie. Et deuxièmement, voilà que ses deux pires ennemis — les grands commanditaires de la guerre syrienne que sont l’Arabie saoudite et le Qatar — se chamaillent. Même si ces derniers devaient se réconcilier, il est probable que le cœur n’y sera plus dans la poursuite de cette guerre qui ne mène à rien depuis longtemps.

Cliquez sur l’image pour l’agrandir

D’autant plus que cette guerre ruineuse est née du refus de Bachar el-Assad d’autoriser le passage sur son territoire d’un gazoduc soutenu par le Qatar, l’Arabie saoudite et la Turquie (en rouge sur la carte ci-dessus). Si la traversée de ce gazoduc en Arabie saoudite est compromise là aussi, quel est l’intérêt du Qatar à travailler au renversement du régime de Bachar el-Assad ?

Bref, c’est le dirigeant syrien qui est le bénéficiaire du conflit entre l’Arabie saoudite et le Qatar.

Références :
Al Jazeera
Arabie saoudite : ce que Donald Trump a dit aux pays musulmans
Donald Trump tweets support for blockade imposed on Qatar
L’ABC de la guerre syrienne (2e partie)
L’attentat du 15 avril 2017 à Rachidine, en Syrie
« Les Emirats sont déterminés à mettre le Qatar, d’une manière ou d’une autre, à genoux »
L’étonnant classement des pays où les femmes sont plus diplômées que les hommes
Pentagon loses Turkish airspace access crucial in airstrikes against Isis
Qatar
Qatar ‘willing to work with’ Turkey and Kuwait to calm Gulf dispute
US officials scramble to limit Donald Trump’s diplomatic damage over Qatar tweets

Parus depuis :
La CIA met fin à son soutien aux rebelles syriens (2017-07-20)
Victory for Assad looks increasingly likely as world loses interest in Syria (2017-08-31)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Pour le retrait de l’Arabie saoudite de la Commission de la condition de la femme des Nations Unies

4 mai 2017


 
Avant-propos : Le texte qui suit est la deuxième version d’un texte paru plus tôt aujourd’hui sous un titre erroné.

Dans sa première version, ce texte déclarait que le Canada était membre du Conseil économique et social de l’ONU, soit l’organisme responsable de la nomination de l’Arabie saoudite à la Commission de la condition de la femme des Nations Unies.

Cela est inexact : le Canada en a démissionné en 2014. Il n’a donc pas participé à l’élection de l’Arabie saoudite, contrairement à ce que j’affirmais plus tôt.

Je m’en excuse.


 

Le 19 avril 2017, l’Arabie saoudite a été élue membre de la Commission de la condition de la femme des Nations Unies (CCF). Cette commission est le principal organe intergouvernemental mondial dédié exclusivement à la promotion de l’égalité des sexes.

Pourtant, selon le Forum économique mondial sur les inégalités sexuelles, la dictature saoudienne occupe un des derniers rangs mondiaux à ce sujet.

Très justement, dans une lettre publiée aujourd’hui dans Le Devoir, des intellectuels québécois rappellent que lors de l’adoption de la Déclaration universelle des droits de l’homme en 1948, l’Arabie saoudite s’était abstenue de voter à l’ONU sous le motif de l’incompatibilité de son régime politique avec le principe d’égalité entre les femmes et les hommes garantie par cette déclaration.

La misogynie est très répandue en Asie. Mais l’Arabie saoudite se distingue par le fait que c’est le seul pays sur terre qui exporte et promeut sa misogynie par le biais du wahhabisme.

Selon les documents officiels de l’Arabie saoudite, ce pays a dépensé environ 70 milliards de dollars américains entre 1975 et 2002 à la promotion de son idéologie haineuse.

L’élection de ce pays à la CCF est donc un scandale; c’est la démonstration du pouvoir corrupteur de l’argent, même à l’ONU.

S’il devait se prononcer à ce sujet, le Canada sera tenté de protester du bout des lèvres, comme il l’a fait dans sa défense pitoyable de Raïf Badawi.

Cette mollesse se justifiera ici par la crainte de mettre en péril les emplois créés par l’achat saoudien de blindés canadiens.

De plus, le Canada a l’ambition de retrouver le siège prestigieux qu’il occupait autrefois au Conseil de sécurité de l’ONU.

Or grâce à ses pétrodollars, l’Arabie saoudite contrôle un certain nombre de votes qui pourraient s’avérer précieux si le scrutin à ce sujet devait être serré.

La diplomatie canadienne ne voudra donc pas indisposer l’Arabie saoudite puisqu’une victoire au Conseil de sécurité lui apportera plus de gains politiques au sein d’une population canadienne présumée stupide et manipulable que le discrédit à son égard que pourraient tenter de susciter quelques féministes dont on oubliera vite l’indignation.

Afin de lutter contre une stratégie diplomatique qui trahit les valeurs fondamentales d’égalité des sexes, j’invite tous les lecteurs de ce blogue à écrire au premier ministre du Canada, M. Justin Trudeau pour exiger que le Canada entame une offensive diplomatique destinée à obtenir le retrait de l’Arabie saoudite de la Commission de la condition de la femme de l’ONU.

Le droit des femmes à l’égalité a préséance sur les ambitions vaniteuses du Canada d’occuper un siège au Conseil de sécurité.

Conséquemment, tous les mouvements féministes au pays se doivent d’entreprendre une action concertée dans le but de forcer la main du gouvernement Trudeau.

Sans un vaste élan de solidarité et un appel au respect de la dignité des femmes, ce gouvernement s’aplatira devant la dictature saoudienne.

C’est donc le temps d’agir.

Références :
Commission de la condition de la femme
L’Arabie saoudite ne peut défendre les droits des femmes à l’ONU
Le prosélytisme de l’Arabie saoudite
Saudi Arabia’s election to UN women’s commission draws ire

Pour le retrait de l’Arabie saoudite de la Commission de la condition de la femme des Nations Unies
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Écrit par Jean-Pierre Martel


Intégrisme et radicalisation : de retour à la case départ

26 mai 2016

La ministre de la Justice du Québec, Stéphanie Vallée, a annoncé aujourd’hui l’abandon de la partie 1 du projet de loi 59. Inefficace, cette la partie visait à combattre l’intégrisme et la radicalisation.

Faisant allusion au tollé de protestation qu’elle a suscité, la ministre a déclaré que le Québec n’est pas prêt à encadrer le discours haineux. Ce faisant, la ministre fait diversion.

En dépit de son titre, ce projet de loi n’a jamais eu pour but de s’attaquer au discours haineux (déjà réprimé par le Code civil).

Le projet de loi 59 était la solution du Parti libéral pour lutter contre le fanatisme religieux d’influence saoudienne; il avait été présenté à la suite des propos controversés de deux imams sunnites de Montréal.

Certains ont vu dans ce projet de loi une mesure liberticide. Je n’ai lu ce document que dans le but d’y trouver des mesures de lutte contre la radicalisation. Or à ce sujet — justement dans la partie 1 — il était totalement inefficace, comme je l’ai expliqué dans le texte Le projet de loi 59 est une passoire.

Ceci étant dit, il existe bien un centre de déradicalisation à Montréal. Celui-ci s’attaque à un processus de radicalisation déjà entamé. Mais le projet de loi 59 devait s’attaquer à la cause. En somme, il visait à prévenir la radicalisation.

Implicitement, ce dont il s’agit, c’est de la prédication islamiste radicale puisque de tous les extrémismes religieux, c’est le mieux financé (par des pétrodollars) et le plus meurtrier.

Parallèlement au projet de loi 59, le gouvernement Couillard a commandé un rapport sur la radicalisation au Collège Maisonneuve. Ce rapport a été rendu public plus tôt ce mois-ci. C’est le rapport le plus niais que j’ai lu de ma vie.

La solution est pourtant simple.

Dans l’édition de novembre 2015 de L’Action nationale, Marc Laroche — détenteur d’un diplôme d’études supérieures en sciences des religions — suggère l’encadrement législatif suivant :

Ne délivrer un permis de construction ou de location de tout lieu faisant office de lieu de culte que si les responsables de groupes religieux ou idéologiques s’engagent par écrit à ce qu’aucun passage incitant à la violence grave contenu dans leurs textes référentiels n’y soit professé.

Par la suite, s’il est démontré qu’un tel groupe contrevient à cet engagement, il sera condamné pour terrorisme et dissout. Et ses biens, meubles et immeubles seront confisqués par l’État.

Or voilà, il y a un problème; cela serait anticonstitutionnel.

La Canadian Constitution de 1982 a été rédigée il y a trente ans, à une époque ou le fanatisme religieux existait déjà mais n’était pas le risque sécuritaire majeur qu’il est devenu.

Et plutôt que d’invoquer la clause dérogatoire, le Parti libéral du Québec attache plus d’importance à ne pas heurter l’opinion publique canadienne-anglaise (opposée à toute dérogation constitutionnelle) qu’à protéger ses propres citoyens.

Attend-il qu’un attentat terroriste se produise au cours de la prochaine saison des festivals ?

Depuis le début de 2015, nous savons que de jeunes Québecois se font endoctriner au point de vouloir aller combattre au sein des milices de l’État islamique.

Simplement empêcher ces jeunes de quitter le pays n’est pas suffisant.

En Europe, les citoyens belges ou français impliqués dans des attentats terroristes ont un long passé de petite criminalité. Cette caractéristique les distingue du terroriste étranger et souvent, du simple djihadiste naïvement parti combattre en Syrie.

En somme, les terroristes natifs de Belgique ou de France sont souvent des êtres asociaux qui retournent leur colère contre la société d’accueil de leurs parents.

Puisqu’ils représentent une menace collective, qu’attend le gouvernement Couillard pour prévenir la radicalisation chez nous ? Pourrait-il se grouiller le derrière, SVP ?

Références :
Collège Maisonneuve : Le risque de radicalisation demeure
Le prosélytisme de l’Arabie saoudite
Québec abandonne l’encadrement du discours haineux

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Écrit par Jean-Pierre Martel


La clarté et l’opacité du ministre Dion

14 avril 2016

Stéphane Dion est l’actuel ministre des Affaires étrangères du Canada.

Sous un précédent gouvernement, alors qu’il était ministre responsable de l’Unité canadienne, M. Dion avait parrainé la Loi sur la clarté référendaire, qui exige que pour être valable, tout référendum sur l’indépendance du Québec doive être basé sur une question claire et non équivoque.

Dans sa nouvelle fonction de ministre des Affaires étrangères, M. Dion est responsable du dossier des ventes d’armes canadiennes à l’Arabie saoudite.

Rappelons qu’en 2014, la dictature soutienne a commandé neuf-cents véhicules blindés à la firme ontarienne General Dynamics, pour une valeur de 15 milliards$. Le matériel doit être produit et livré sur une période de quinze ans. C’est le plus important contrat de vente de matériel militaire canadien conclu en temps de paix.

« C’est juste des jeeps »

À l’émission Tout le monde en parle, le chef du Parti libéral avait minimisé l’importance de son engagement à respecter le contrat conclu par le gouvernement conservateur en qualifiant de jeeps les véhicules produits pour l’Arabie saoudite.

Mais s’agit-il vraiment de jeeps ?


 
Le Light Armoured Vehicle III (ou Véhicule blindé léger III) est le modèle le plus récent d’une série développée et produite au Canada par la General Dynamics.

C’est le principal véhicule d’infanterie mécanisée du Canada. L’armée de terre des États-Unis utilise une version légèrement moins armée et blindée, dérivée du VBL III, portant le nom de Stryker. Le VBL III et le Stryker entrent dans la catégorie des chars d’assaut.

Le concept de la Conviction responsable


 
Afin d’atténuer la controverse persistante au sujet de ce contrat militaire, le ministre s’est justifié le mois dernier en invoquant une nouvelle doctrine, dite de la Conviction responsable.

Cette doctrine un peu prétentieuse se résume à peu de chose; le Canada croit à l’importance de la Démocratie, mais modérément, sans exagération, et de manière variable pour les autres pays.

Ce pragmatisme accommodant est partagé par de nombreux pays qui ne se donnent pas la peine de présenter cela comme une doctrine.

« Si ce n’est pas nous, ce sera quelqu’un d’autre »

De tous les arguments invoqués par le ministre, c’est à la fois le plus logique… et malheureusement, le plus faible.

Aux yeux du ministre, la nature a horreur du vide; si le Canada refusait de vendre des chars d’assaut à la dictature saoudienne, de nombreux pays seraient heureux de prendre la relève.

En somme, c’est la justification du pusher de drogue.

En mars 2015, la Suède a décidé de ne pas renouveler son accord de coopération militaire signé avec l’Arabie saoudite en raison du bilan peu reluisant de ce pays en matière des droits de l’Homme.

En février 2016, le Parlement européen adoptait une résolution réclamant l’arrêt des ventes d’armes à l’Arabie saoudite.

Jusqu’ici, cette résolution a eu peu d’impact auprès des grands exportateurs européens d’armements.

Toutefois, elle exprime le schisme profond entre la politique extérieure complaisante de nombreux États à l’égard de l’Arabie saoudite et l’hostilité croissant des Occidentaux — des gens comme vous et moi — qui ont réalisé que l’idéologie haineuse propagée par la dictature saoudienne est la cause profonde des attentats terroristes en Occident.

Annuler ce contrat expose le Canada à des pénalités sévères

Le Canada doit respecter ses engagements. L’annulation du contrat entrainerait des amendes importantes pour le Canada, selon le ministre, qui a toutefois refusé de préciser quel serait le montant de cette pénalité financière.

Depuis des mois, le ministre répète que ce n’est pas vraiment de sa faute, qu’il s’agit d’un contrat conclu par l’ancien gouvernement conservateur et qu’on ne peut pas remettre en question la parole de l’État.

Mais on vient d’apprendre que c’est tout dernièrement — plus précisément le 8 avril 2016 — que le ministre Dion a finalement accordé les licences d’exportation concernant 70% du matériel militaire canadien visé par le contrat avec l’Arabie saoudite.

En Angleterre, le puissant quotidien The Guardian s’interroge; le ministre a-t-il menti à la population canadienne ? Comment a-t-il pu prétendre que l’affaire était déjà conclue alors que ce n’était pas le cas ?

The Liberals have refused to cancel the sale since coming to power in November, saying it was a “done deal” that could not be broken off without possibly incurring significant penalties and job losses.

But documents released this week by the justice department in response to a lawsuit seeking to block the deal showed foreign minister Stéphane Dion signed crucial export permits only last Friday.

Tout cela est bien mystérieux.

Selon les experts, le partenaire d’affaires de l’Arabie saoudite n’est pas General Dynamics, mais le gouvernement canadien.

C’est la diplomatie canadienne qui a négocié le contrat et c’est le Fédéral qui assure le financement de l’entente et qui protège General Dynamics d’une rupture unilatérale de contrat par l’Arabie saoudite. Le cas échéant, les contribuables canadiens paieraient les chars d’assaut refusés par l’Arabie saoudite (et qui seraient alors refilés à l’armée canadienne).

Conséquemment, l’autorisation récente du ministre Dion serait simplement une formalité prévue à l’entente.

Toutefois, l’irréversibilité du contrat, alors qu’aucun char n’a été encore produit par la General Dynamics, que personne n’a probablement été embauché à cet effet, ne tient qu’aux pénalités hypothétiques prévues par un contrat demeuré secret.

Mais la question qu’on peut se poser est la suvante : s’il est si facile pour l’Arabie saoudite de s’approvisionner ailleurs, pourquoi aurait-elle exigée des pénalités importantes en cas de rupture de contrat par le Canada ?

Jusqu’ici, les arguments du gouvernement canadien pour justifier ce contrat sont un tissu de mensonges. Quelles sont les clauses de ce contrat ? Prévoit-il des pénalités en cas de rupture par l’Arabie saoudite ou par le Canada ? Si oui, lesquelles ?

Par ailleurs, le début de l’implication militaire du Canada en Syrie coïncide avec la signature de ce contrat. S’agit-il d’une coïncidence ou est-ce là une exigence contractuelle ?

Et puisque l’intervention militaire canadienne est couteuse, doit-on la prendre en considération dans l’analyse des retombées économiques du contrat militaire saoudien ?

Toutes ces questions sont légitimes et rendent souhaitable la divulgation de ce contrat demeuré secret jusqu’ici.

Aux yeux de l’opinion publique, il semble incohérent que l’apôtre de la clarté référendaire soit devenu l’apôtre du secret quand il s’agit d’armer une dictature qualifiée de plaque tournante du finalement du terrorisme international par les dépêches diplomatiques américaines révélées par WikiLeaks.

Si le ministre n’a pas l’intention de rendre public ce contrat, il aurait intérêt à cesser de se justifier en invoquant des clauses secrètes, voire inexistantes, de ce contrat controversé.

Références :
Contrat avec Riyad: au nom de la «conviction responsable», justifie Dion
La Suède met fin à sa coopération militaire avec l’Arabie saoudite au nom des droits de l’homme
Le ministre Dion défend sa décision d’approuver la vente de blindés à l’Arabie saoudite
Le Parlement européen réclame un embargo sur les ventes d’armes à l’Arabie saoudite
Les jeeps de Justin
Loi sur la clarté référendaire
Stéphane Dion
The Saudi arms deal: What we’ve learned so far, and what could happen next
Trudeau ne stopperait pas la vente de «Jeeps» à l’Arabie saoudite
VBL III

La clarté et l’opacité du ministre Dion
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Écrit par Jean-Pierre Martel


Les courbettes de l’État français à l’Arabie saoudite

7 mars 2016

Monsieur Nicolas Chapuis, ambassadeur
Ambassade de France au Canada
42 promenade Sussex,
Ottawa, ON K1M 2C9

Par courriel à webmestre@ambafrance-ca.org

Monsieur l’Ambassadeur,

On apprenait récemment la décision du gouvernement français d’accorder en catimini la Légion d’honneur au prince héritier d’Arabie saoudite, son excellence le prince Mohammed Ben Nayef.

Celui-ci occupe le redoutable poste de ministre de l’Intérieur. À ce titre, il est responsable de la répression politique au sein de la dictature saoudienne, notamment de l’arrestation, de la torture et de la mise à mort des dissidents politiques de ce pays.

À l’heure actuelle, la France possède un des taux de chômage les plus élevés de l’Union européenne. On peut donc comprendre — sans toutefois approuver — la vente de matériel militaire français à ce pays au nom de l’emploi.

En tant que Canadien, c’est-à-dire de citoyen d’un pays qui vend également du matériel militaire à cette dictature, il m’est difficile de lancer la première pierre à votre grand pays.

Toutefois, je n’arrive pas à comprendre comment l’argumentaire économique peut justifier ce zèle à la limite de l’assujettissement, en accordant une des plus prestigieuses récompenses de l’État français à un tyran au sommet de la plus puissante machine de propagande haineuse dirigée contre les valeurs républicaines qu’incarne la France.

Peut-être serait-il temps que la France réalise que les attentats du 13 novembre 2015 tirent leur origine profonde dans cette idéologie haineuse et que la France devra un jour faire un choix entre les courbettes diplomatiques et les valeurs qu’elle représente.

Veuillez agréer, Monsieur l’Ambassadeur, l’expression de ma plus vive indignation.

Jean-Pierre Martel, blogueur

Références :
Arabie saoudite, la légion de la Honte
La France décore le prince héritier d’Arabie saoudite de la Légion d’honneur
Le gouvernement se justifie sur la Légion d’honneur remise au prince héritier d’Arabie saoudite

Parus depuis :
La véritable histoire de la Légion d’honneur du prince héritier saoudien (2016-03-10)
Où sévit le terrorisme islamiste dans le monde? La réponse en carte (2016-03-24)

Compléments de lecture :
L’affaire Raïf Badawi : le toupet de l’Arabie saoudite
L’amateurisme de la décapitation en Arabie saoudite
Le prosélytisme de l’Arabie saoudite

Les courbettes de l’État français à l’Arabie saoudite
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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le prosélytisme de l’Arabie saoudite

15 février 2016
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Le prosélytisme se définit comme un zèle ardent à recruter des adeptes.

Le wahhabisme est la religion d’État de l’Arabie saoudite. Il s’agit d’un mouvement polico-religieux fondamentaliste qui propose une interprétation rigoriste de l’Islam.

Sans renoncer à la technologie moderne — électricité, télévision, ordinateurs, etc.— le wahhabisme croit que les problèmes actuels du monde arabe ont pris naissance du fait qu’on se serait éloigné de la pureté originelle du monde islamique.

D’où la nécessité de retourner à ses sources, notamment en encadrant la société par des règles de droit et en épousant les coutumes qui prévalaient en Arabie au temps de Mahomet.

Ali Mohammed al-Nimr
 
Coupable d’avoir manifesté pour la Démocratie dans son pays, un jeune saoudien chiite (ci-dessus) a été condamné à être décapité alors que son cadavre sera crucifié et exposé publiquement jusqu’à la décomposition évidente des chairs. Ceci est un exemple des châtiments saoudiens qui tirent leur justification du fait qu’ils étaient coutumiers à l’époque de Mahomet ou dans les premiers siècles qui ont suivi son décès.

La barbarie de l’Arabie saoudite montre la similarité de son idéologie avec celle de l’État islamique : ce qui a fait dire à certains observateurs que l’Arabie saoudite est simplement un État islamique qui a réussi.

Depuis le premier choc pétrolier de 1973, la dictature saoudienne dépense annuellement des milliards de dollars pour propager le wahhabisme.

Dans un rapport datant de 2003, le Comité sénatorial américain sur le terrorisme, la technologie et la sécurité nationale publiait les témoignages d’experts venus témoigner devant lui. En voici quelques extraits :

Le problème auquel nous faisons face aujourd’hui est (…) le financement étatique d’une idéologie extrémiste qui constitue le terreau fertile à l’émergence (…) du terrorisme international. Cette idéologie extrémiste est le wahhabisme, une force majeure derrière des groupes terroristes comme Al-Qaida…
(…)
Les revenus pétroliers ont permis aux Saoudiens de propager cette interprétation fanatique et destructrice de l’Islam partout dans le monde musulman et notamment parmi les Musulmans occidentaux.
(…)
Al-Qaida et les terroristes du 11 septembre 2001 sont les produits du système de valeurs haineux et intolérant du wahhabisme.
(…)
Même si nous détruisions complètement Al-Qaida, une autre Al-Qaida surgirait si nous ne prenons pas soin de détruire également les racines de l’extrémisme musulman.

Selon les documents officiels d’Arabie saoudite, celle-ci a dépensé 281 milliards de riyals (environ 70 milliards de dollars américains) entre 1975 et 2002 à des activités dites islamiques, c’est-à-dire la promotion de son idéologie.

C’est 2,5 fois les sommes que l’URSS, ensuite la Russie, dépensaient au cours de la même période pour propager l’idéologie communiste.

Cet argent saoudien a servi à la construction de 1 359 mosquées, 210 centres islamiques, des dizaines d’écoles coraniques et à prendre le contrôle des quatre cinquièmes de toutes les maisons d’édition musulmane à travers le monde.

Selon le même comité sénatorial, le contrôle saoudien des mosquées signifie le contrôle des droits de propriété de l’édifice, de la formation et l’embauche d’imams, du contenu des prêches — par le biais de la télécopie des sermons en arabe expédiés à partir de la capitale saoudienne — le contrôle des feuillets imprimés distribués aux fidèles, des messages affichés aux babillards, et des livres vendus aux librairies des mosquées.

L’équivalent de la messe du dimanche pour les Chrétiens se déroule le vendredi chez les Musulmans. Au cours du ‘Printemps arabe’, c’est ce jour-là, plus précisément au sortir des mosquées sunnites, qu’ont eu lieu les Vendredis de la dignité, c’est-à-dire ces grandes protestations en Égypte et en Syrie contre les dirigeants de ces pays.

Cela n’est pas une coïncidence. C’est par les prêches incendiaires saoudiens, expédiés électroniquement au clergé sunnite, que l’Arabie saoudite est en mesure d’inciter à la révolte des millions de Musulmans qui, réagissant comme un seul homme, protestent contre leurs dirigeants, contre Charlie Hebdo, contre la destruction par le feu d’un exemplaire du Coran, etc.

Ces protestations surviennent le même jour, simultanément dans une multitude de villes ou de pays, parce qu’elles sont orchestrées.

En France, au début des années 1990, la construction de la mosquée de Lyon a bénéficié d’un don saoudien de 2,9 millions$. Selon les dépêches diplomatiques américaines révélées en 2011 par Wikileaks, cette mosquée serait un des centres de recrutement d’Al-Qaida en Europe.

Les largesses saoudiennes comprennent 5 millions$ au Centre culturel islamique de Belgique à Bruxelles, 5 millions$ annuellement au Centre islamique de Genève, 7,1 millions$ au Centro Cultural Islámico de Madrid et 70% des couts de construction du Centro islamico culturale d’Italia à Rome.

En 2013, la famille royale saoudienne a versé un don personnel de 681 millions$ au premier ministre de Malaisie.

Ce pays est connu pour ses lois discriminatoires à l’égard des minorités religieuses. Grâce à celles-ci, la proportion de Musulmans en Malaisie pays est passée d’environ 45 à 49% au début des années 1990, à plus de 60% de nos jours.

Références :
10 questions pour comprendre qui sont les imams en France
Évolution des prix du baril de pétrole
Grande mosquée de Lyon
La charia en Malaisie: impact sur les non musulmans
Le don saoudien de 681 millions au premier ministre malaisien
Les imams se verront bientôt délivrer des « certifications »
Terrorism: Growing Wahhabi Influence in the United States
Le scandale des ventes d’armes canadiennes à l’Arabie saoudite
L’État islamique : un trou noir
On a testé… suivre les conseils de « l’imam Google » pour se convertir à l’islam
The battle for Islam
Wahhabisme
WikiLeaks cables portray Saudi Arabia as a cash machine for terrorists

Parus depuis :
Où sévit le terrorisme islamiste dans le monde? La réponse en carte (2016-03-24)
La Belgique, foyer du djihadisme (2016-03-26)
Les trois lectures de la violence djihadiste (2016-03-26)
« Un islam à la dérive » (2016-05-21)
1MDB: The inside story of the world’s biggest financial scandal (2016-07-28)
Pour un nouvel islam de France (2016-08-02)
Saudis and Extremism: ‘Both the Arsonists and the Firefighters’ (2016-08-25)
L’Arabie saoudite dévoilée (2016-11-15)
Saudi Arabia and Gulf states ‘support Islamic extremism in Germany,’ intelligence report finds (2016-12-14)
Aux sources du djihadisme belge (2017-03-22)
Report calls for public inquiry into Gulf funding of British extremism (2017-07-05)

Le prosélytisme de l’Arabie saoudite
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Écrit par Jean-Pierre Martel


Parenthèse canadienne : armement vs matériel militaire

12 octobre 2015

Préambule : Un des avantages de posséder son propre blogue, c’est qu’on est libre de publier ce qu’on veut.

Ce matin, j’ai pris quelques instants pour écrire un commentaire à la suite de la parution d’un article dans quotidien québécois Le Devoir (que je lis en vacances afin de demeurer informé ce ce qui se passe dans mon pays).

Cet article nous informait que le Parti libéral du Canada entend honorer le contrat de véhicules blindés qu’une compagnie canadienne fabriquera pour l’Arabie saoudite.

Selon le chef libéral, ces véhicules ne sont que des jeeps et ne constituent donc pas de l’armement.

Pour des raisons certainement très valables, mon commentaire a été refusé par Le Devoir. Le voici donc ci-dessous.


 
Que ce soit des véhicules blindés ou des hélicoptères, cela demeure du matériel militaire.

Or dans tous les pays du monde, on ne peut exporter du matériel militaire sans l’autorisation des dirigeants du pays puisque cela a une incidence directe sur la politique extérieure de ce pays.

Le contrat de la General Dynamics ne peut avoir été signé sans la permission explicite et secrète du gouvernement Harper.

En accordant cette permission, le gouvernement Harper a violé la loi canadienne. Mais une loi, ça se change. Surtout lorsqu’on est fermement décidé à militariser le pays, comme c’est le cas du gouvernement Harper.

Au-delà de son aspect moral, ce contrat est surtout un marché de dupes.

L’Arabie saoudite possède une longue tradition d’asservir à ses intérêts géostratégiques les armées des pays bénéficiaires de ses contrats lucratifs.

En d’autres mots, par ses contrats, l’Arabie saoudite transforme les soldats étrangers en mercenaires involontaires de ses intérêts.

Après avoir soutenu financièrement les milices de l’État islamique pendant des années, l’Arabie saoudite s’est retourné contre lui le jour où il s’est mis à vendre le pétrole extrait du territoire qu’il contrôle à 10$ le baril, devenant ainsi un concurrent déloyal.

La contrepartie secrète de ce contrat — qui vaut entre 760 millions et 1,5 milliard$ par année — l’Arabie saoudite exige que le Canada bombarde l’État islamique.

Donc pour un contrat au bénéfice d’une compagnie privée (dont les profits seront probablement exportés dans un paradis fiscal), les contribuables canadiens doivent financer des bombardements qui leur coutent plus de 500 millions par année.

Faites le calcul, c’est un marché de dupes.

Mais la question fondamentale est la suivante : dans quel pays voulons-nous vivre ?

Dès qu’on accepte que notre économie repose de manière importante sur la vente d’armements, nous devenons un pays dont les dirigeants ont le devoir de semer la guerre afin de soutenir notre économie.

Parus depuis :
Londres se retire d’un appel d’offres saoudien pour une question de principe (2015-09-14)
Les jeeps de Justin – Le «deal» avec Riyad fait éclater la vitrine morale d’Ottawa (2016-02-18)

Parenthèse canadienne : armement vs matériel militaire
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Écrit par Jean-Pierre Martel


L’affaire Raïf Badawi : le toupet de l’Arabie saoudite

1 avril 2015
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Introduction

Le 11 février 2015, l’Assemblée nationale du Québec adoptait une motion réclamant la libération du blogueur saoudien Raïf Badawi, dont l’épouse et les trois enfants sont réfugiés à Sherbrooke, au Québec.

On apprend aujourd’hui que l’ambassadeur d’Arabie saoudite a officiellement protesté, le 10 mars suivant, contre cette motion, la qualifiant d’ingérence dans les affaires intérieures de son pays.

L’ingérence mondiale de l’Arabie saoudite

L’Arabie saoudite s’est mêlée des affaires intérieures de l’Irak en commanditant la guerre qui a renversé Saddam Hussain.

En Syrie, elle finance des milices ayant pour objectif le renversement de Bachar el-Assad, président de ce pays.

Au Yémen, elle se mêle de la guerre civile qui s’y déroule en y bombardant les milices chiites.

L’Arabie saoudite se mêle de la politique énergétique de l’Iran en s’opposant vigoureusement à son programme nucléaire.

Mais il y a plus.

Selon les dépêches secrètes des ambassadeurs américains révélées par WikiLeaks, l’Arabie saoudite est la plaque tournante du financement du terrorisme international.

Financé entre autres par des princes saoudiens et leurs épouses, Al-Qaida possède des camps d’entrainement qui visent à former spécifiquement des combattants afin qu’ils commettent des actes terroristes partout à travers le monde.

Bref, l’Arabie saoudite est une menace pour tous les citoyens canadiens, où que nous soyons.

Et ce pays, qui a l’audace de semer la mort partout où il le juge approprié, qui répand sournoisement son fondamentalisme religieux arriéré par le biais d’imams voués à son idéologie rétrograde, a l’audace de nous sommer de nous mêler de nos affaires ?

La nature de la monarchie saoudienne

L’Arabie saoudite n’est pas une monarchie constitutionnelle comme l’est la Grande-Bretagne. C’est une monarchie absolue. En d’autres mots, c’est une dictature monarchique.

Ce pays n’a même pas de constitution. La Charia y fait office de code pénal.

L’ordre social qui y règne permet à des milliers de princes saoudiens de s’en mettre plein les poches. De fait, ceux-ci comptent parmi les hommes les plus riches au monde.

Dans les pays occidentaux, les juges sont nommés par le pouvoir politique selon un processus qui se veut impartial (mais qui ne l’est pas toujours, si on se rappelle des ‘Post-it Notes’ du gouvernement Charest).

L’Arabie saoudite étant une dictature, les juges sont évidemment les valets des tyrans du pays. La justice qui s’y pratique est une farce.

Dans ce pays, prêcher la laïcité et la Démocratie — comme le fait Raïf Badawi — remet en question cet ordre social profitable aux tyrans du pays. Pour ces derniers, Raïf Badawi doit se taire.

Mais pour continuer à tuer les opposants sous différents prétextes, l’Arabie saoudite a besoin de le faire à l’abri de l’attention publique. Il est donc important qu’on cesse de parler de cette affaire.

Pourquoi défendre Raïf Badawi plus qu’un autre ?

Premièrement, on possède une copie des écrits publiés sur son blogue. Elle est dans la cache des moteurs de recherche.

On sait donc que les accusations portées contre lui sont ridicules. Dans bien d’autres cas, on ne connait pas avec certitude la preuve présentée en cour : l’Arabie saoudite peut jouer sur le doute. Pas dans le cas de Badawi.

Deuxièmement, Badawi a réussi à placer sa femme et ses enfants en sécurité au Québec. Ils se sont réfugiés à Sherbrooke. Ils sont parmi nous. Ce sont des nôtres.

Troisièmement, on ne peut pas se tromper. Raïf Badawi n’est pas une boite à surprise. Ce que pense Raïf Badawi, on le sait déjà. Il a écrit. Ses idées sont progressistes et modernes. Il aurait pu y renoncer sous la torture des coups de fouet. Il a choisi de se tenir debout. Ce n’est pas seulement une victime; c’est un grand homme.

Quatrièmement, son cas est cautionné par des autorités internationales. Le parlement européen s’est prononcé pour sa libération inconditionnelle le lendemain de la motion québécoise. La Suède a mis fin à sa coopération militaire avec l’Arabie saoudite dans la foulée du cas Badawi.

Le combat en faveur de Badawi n’est rien d’autre qu’un combat contre un système juridique barbare qui est une façade à la tyrannie des dirigeants de ce pays.

Contrer l’influence obscurantiste de l’Arabie saoudite

L’Autriche a récemment adopté une loi qui interdit tout financement étranger de ses mosquées (tant pour la construction que pour leur fonctionnement).

Cela empêche l’Arabie saoudite d’y diffuser sa conception arriérée de l’Islam. C’est par le biais d’imams radicaux — qu’elle subventionne et qui lui sont fidèles — que l’Arabie saoudite répand sournoisement son influence.

En protestant contre le sort réservé à Raïf Badawi, on prépare l’opinion publique québécoise à l’adoption d’une législation comme celle de l’Autriche.

Ce n’est pas gagné d’avance. Rappelons que le gouvernement Couillard n’est opposé qu’au radicalisme violent. Pas de violence, pas de problème.

Les imams radicaux financés par l’Arabie saoudite ont donc de beaux jours devant eux au Québec. Mais ceci pourrait changer sous la pression de l’opinion publique. D’où l’importance de poursuivre cette lutte.

Références :
Affaire Badawi : l’Arabie saoudite demande à Québec de se mêler de ses affaires
Couillard combattra la radicalisation
Droits de l’Homme: Raif Badawi; fosses communes à Chypre; Bob Rugurika
L’Arabie saoudite lance des frappes aériennes au Yémen
La Suède met fin à la coopération militaire avec l’Arabie saoudite
L’Autriche adopte une nouvelle loi pour encadrer l’islam
Raïf Badawi : une motion adoptée à l’Assemblée nationale
Syrie : une guerre par procuration entre l’Iran et l’Arabie saoudite

Parus depuis :
Oui, l’islamisme radical existe ici (2015-09-14)
Où sévit le terrorisme islamiste dans le monde? La réponse en carte (2016-03-24)
L’Arabie saoudite dévoilée (2016-11-15)

L’affaire Raïf Badawi : le toupet de l’Arabie saoudite
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Écrit par Jean-Pierre Martel


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