Privatisation et patrimoine télévisuel

31 octobre 2017

Hier soir, ArtTV présentait La mort d’un commis voyageur d’Arthur Miller, un téléthéâtre enregistré en 1962 par Radio-Canada.

Dans les années 1960, le dimanche soir, la télévision d’État réunissait les meilleurs talents de l’époque afin d’offrir une pièce de théâtre au petit écran.

De cette manière, Radio-Canada s’acquittait de sa mission éducative et culturelle.

À l’époque, l’offre d’émissions télévisées était extrêmement limitée. Conséquemment, des millions de personnes choisissaient d’accueillir dans leurs salons les plus grands comédiens du temps et les voyaient incarner les chefs-d’œuvres de la littérature québécoise ou internationale.


 
C’est ainsi que cette Mort d’un commis voyageur (traduite de l’américain par le dramaturge Marcel Dubé) permettait à Jean Duceppe d’incarner le rôle de sa vie, entouré d’une pléiade de comédiens brillants, aujourd’hui disparus.

L’équivalent contemporain de ces téléthéâtres, ce sont nos téléromans.

Dans cinquante ans, pourra-t-on rediffuser les meilleurs d’entre eux et les faire découvrir à de nouvelles générations ? La réponse est non.

Dans la dernière édition du magazine Forces, Pierre Maisonneuve écrit au sujet de la programmation de cet automne de Radio-Canada : « Pour la première fois de son histoire vieille de 65 ans, la télévision généraliste de notre société publique ne produira directement aucune des émissions de grande écoute en soirée à part les rendez-vous de l’information et l’émission de service Entrée principale de fin d’après-midi.»

Concrètement, cela signifie que toutes les œuvres de fiction présentées au petit écran sont le fruit de montages financiers impliquant différentes entreprises culturelles et surtout, que les droits d’auteur ne sont plus la propriété exclusive du diffuseur public.

Pour obtenir l’autorisation de rediffuser ces œuvres un demi-siècle plus tard, il faudra trouver quels sont les ayants droit et obtenir la permission de chacun d’entre eux.

De plus, pour ce faire, il faudra avoir accès aux fichiers originaux puisque leur rediffusion impliquera très certainement leur rééchantillonnage dans des formats numériques différents de ceux utilisés cinquante ans plus tôt.

Présentement, on peut présumer que chacun des partenaires financiers en possède une copie. Qu’en sera-t-il dans un demi-siècle ?

Il faut prévoir que le nombre de ces copies diminuera au fur et à mesure des faillites, des rachats par des entreprises étrangères (qui négligeront la conservation de ces fichiers lorsque cela cessera d’être rentable), et des sinistres qui affecteront les lieux d’entreposage.

Considérant tous ces écueils, il est à prévoir que la seule manière de présenter de nouveau ces œuvres, c’est d’attendre qu’elles tombent dans le domaine public. Quand l’œuvre n’appartient qu’à une seule personne, c’est 70 ans après sa mort.

Tout comme de vieilles bobines de film muet, c’est par la découverte de vieux DVDs dans le fond de greniers poussiéreux que certaines de nos séries télévisées d’aujourd’hui connaitront peut-être une deuxième vie, au grand plaisir de nouvelles générations de Québécois qui parleront encore français à ce moment-là.

Références :
Revoyez le mythique télé-théâtre MORT D’UN COMMIS VOYAGEUR sur ICI ARTV
Une première inquiétante !

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le mystère de l’ambassade

30 octobre 2017

Introduction

Entre la fin de 2016 et le début de 2017, au moins 21 employés de l’ambassade américaine à Cuba ont été victimes d’un mal mystérieux en quelques semaines.

Lésions cérébrales, perte définitive de l’audition, perte d’équilibre, migraines aigües, troubles cognitifs et œdèmes cérébraux font partie des symptômes de ce mal mystérieux.

Le 23 mai dernier, le gouvernement Trump a expulsé deux diplomates cubains en fonction aux États-Unis afin de protester contre les attaques présumées de Cuba ciblant le personnel diplomatique américain.

Selon les États-Unis, ce personnel aurait été soumis à des attaques ‘soniques’ causées par des ondes situées hors du spectre audible.

De nos jours, il n’y a pas d’ondes qui ne puissent être décelées facilement. Lorsqu’elles sont inaudibles parce que trop faibles, les ondes sonores peuvent être amplifiées. Les ondes radio peuvent être captées par une simple radio. Il existe des capteurs d’ondes électromagnétiques. Les émissions radar peuvent être captés par des antiradars. Et ainsi de suite.

Bref, pour que l’explication des attaques ‘soniques’ soit crédible, il faut imaginer que Cuba ait mis au point une technologie sophistiquée capable d’émettre des ondes que même les États-Unis n’arrivent pas à la déceler.

Au risque d’offenser mes lecteurs cubains, j’ai peine à croire en la haute technologie militaire de l’ile…

On doit se rappeler que le régime castriste désire la normalisation des relations diplomatiques avec les États-Unis — mais pas à n’importe quel prix — alors que l’administration Trump y est farouchement opposée.

Il serait contreproductif pour Cuba de se livrer à des attaques ‘soniques’ contre les États-Unis alors qu’on cherche à s’en rapprocher.

La maladie du légionnaire

En 1976, lors d’un congrès à Philadelphie, 200 membres de l’American Legion étaient victime d’une nouvelle maladie pulmonaire (surnommée Maladie du légionnaire).

Cette pneumonie était causée par une bactérie inconnue jusque là qui se reproduisait dans les tubulures des systèmes de climatisation qui ne sont pas régulièrement nettoyés.

S’il est facile d’imaginer qu’une bactérie dispersée dans l’air puisse être inhalée et causer une maladie pulmonaire, on voit mal comment un microbe dans l’air puisse atteint les organes internes de l’oreille et causer la surdité de certains membres du personnel diplomatique américain.

En effet, la cochlée (responsable de l’audition) et le labyrinthe (responsable en partie de l’équilibre) sont situés profondément dans l’oreille interne, protégée de l’extérieur par le tympan.

À moins d’une lésion du tympan, il est presque impossible pour un microbe d’atteindre l’oreille interne… à moins de passer par le nez.

En effet, le nez est directement relié à l’oreille interne par la trompe d’Eustache. C’est par l’intermédiaire de ce tube étroit que nous pouvons rétablir, lors d’un vol d’avion, l’équilibre de pression entre l’air de la cabine et la pression derrière le tympan.

Inspirés par le nez, ce sont habituellement des virus, mais parfois des bactéries, qui réussissent à migrer vers l’oreille interne en passant par la trompe d’Eustache. On peut facilement imaginer qu’une bactérie inconnue puisse faire la même chose.

Un système d’aération vieux d’un demi-siècle

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L’édifice de l’ambassade américaine à Cuba a été construit en 1953 sur le Malecón. Celui-ci est un long boulevard aménagé le long du détroit de Floride.

Tout comme de nombreux édifices modernes, on ne peut en ouvrir les fenêtres et toute l’aération dépend d’un système de climatisation placé sur le toit.

En 1961, les États-Unis rompent leurs relations diplomatiques avec Cuba et ne les reprendront qu’en 2015. Pendant 54 ans, l’édifice demeurera en l’état et logera le personnel très restreint de la Section des intérêts des États-Unis à La Havane.

Les appareils qui climatisent, qui déshumidifient et peut-être qui détoxifient l’air de l’ambassade étaient sans doute à la fine pointe de l’art il y a un demi-siècle. Est-il possible qu’ils se soient dégradés depuis au point de devenir dangereux ?

Soumis à un climat chaud et humide, l’édifice est aspergé par de l’écume et des gouttelettes corrosives d’eau salée à chaque fois qu’une tempête frappe l’ile.

Le béton et les vitres de l’ambassade ne portent aucun signe visible d’érosion. Toutefois, il est raisonnable de penser que les appareils de climatisation situés sur le toit de l’édifice puissent vieillir prématurément.

Plutôt que d’explorer la piste hasardeuse et compliquée d’une cause microbienne, l’administration Trump a préféré recourir à l’accusation extravagante d’attaques ‘soniques’, elle qui cherche des prétextes pour rompre de nouveau les relations diplomatiques avec Cuba…

Références :
Ambassade des États-Unis à Cuba
American Legion
Le mystère des «attaques acoustiques» contre des diplomates américains à Cuba reste entier
US embassy employees in Cuba possibly subject to ‘acoustic attack’

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectif Lumix 12-35mm — 1/500 sec. — F/8,0 — ISO 200 — 35 mm

Le mystère de l’ambassade
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Écrit par Jean-Pierre Martel


La Grande séduction saoudienne

27 octobre 2017

Introduction

Du 24 au 26 octobre 2017 se tenait dans la capitale saoudienne la conférence Future Investment Initiative, réunissant au-delà de 3 500 participants provenant de 88 pays.

Le but de cette réunion était de faire la promotion d’un projet d’investissement colossal de 500 milliards$US en Arabie saoudite.

Vidéo promotionnelle de Neom (en anglais)

Ce projet vise la création d’une ville futuriste (appelée Neom) au sein d’une zone industrielle de 26 000 km², soit l’équivalent de 500 fois la surface de l’ile de Montréal. Cette zone serait située dans l’ouest de l’Arabie, à la jonction avec la Jordanie et l’Égypte.

Elle serait créée sur le modèle des zones économiques spéciales chinoises.

La ville proprement dite serait alimentée en énergie solaire et robotisée à l’extrême. Les bâtiments et des infrastructures resteraient immaculés grâce à l’absence de pollution atmosphérique.

L’approvisionnement alimentaire serait assuré grâce à l’agriculture verticale, au développement de cultures en zones arides et en eau de mer ainsi que l’utilisation de serres photovoltaïques.

En marge de cette conférence, une vaste offensive de relations publiques s’est déroulée.

Le prince héritier a accordé une entrevue à l’influent quotidien britannique The Guardian. Il ne l’a pas fait pour Le Monde puisque ce quotidien a l’habitude (comme Le Devoir) de reproduire intégralement les dépêches de l’Agence France-Presse (qu’il suffit de mettre dans sa poche).

Le site de Radio-Canada s’est contenté d’une entrevue avec la journaliste Clarence Rodriguez, chantre du régime et seule journaliste française accréditée en Arabie saoudite (selon sa page Twitter).

Officiellement, cette conférence vise à attirer des investissements. Mais ce n’est pas son véritable but.

Les problèmes structurels de l’économie saoudienne

En raison de l’insécurité permanente qui règne au Moyen-Orient, des firmes occidentales d’investissement (principalement américaines) y orchestrent une fuite des capitaux depuis des décennies.

Si bien que la famille royale saoudienne est lentement devenue propriétaire d’environ 8% de l’économie américaine, soit dix fois plus que les fortunes combinées de Bill Gates et Warren Buffett.

De plus, s’il est vrai que la capitalisation boursière d’Apple est, de temps en temps, la plus importante au monde, c’est seulement parce que la compagnie Aramco (la compagnie nationale saoudienne d’hydrocarbures) n’est pas inscrite en bourse.

On estime que la capitalisation d’Aramco est 3 000 milliards$, soit environ quatre fois celle d’Apple.

En dépit de la diminution de ses revenus pétroliers, l’Arabie ne manque pas d’argent. Au contraire, elle est immensément riche. Alors quel est son problème ?

Son problème est un abyssal déficit technologique.

L’école publique saoudienne est aux mains du clergé wahhabite.

Très bon à former des hommes de lettres (avocats en droit musulman, écrivains, poètes, fonctionnaires peu qualifiés), le système scolaire du pays ne forme que très peu de chercheurs, de scientifiques et de travailleurs qualifiés puisque souvent la science moderne entre en conflit avec l’interprétation rigoureuse des textes sacrés de l’Islam, vieux de 1 500 ans.

Le régime vante son taux élevé de scolarisation. Dans les faits, le système scolaire ne forme que des bons à rien que même les entreprises saoudiennes hésitent à embaucher comme travailleurs qualifiés. D’où le taux de chômage d’environ 40% chez les jeunes hommes du pays.

Quant aux femmes, l’accès aux études supérieures leur est théoriquement permis depuis des décennies. Mais encore là, leur tutelle masculine permanente et les interdits tatillons des forces de l’ordre font en sorte que très peu d’entre elles font des études supérieures (alors que les femmes forment la majorité des diplômés universitaires au Qatar, aux Émirats arabes unis et en Iran).

Si bien qu’en Arabie saoudite, les familles aisées envoient leurs adolescents masculins étudier dans les meilleurs lycées occidentaux.

Le chômage élevé chez les Saoudiens peu fortunés explique l’importance des mercenaires saoudiens au sein des groupes terroristes sunnites.

Jusqu’ici, l’Arabie saoudite avait tout misé son avenir postpétrolier sur le développement du tourisme religieux.

D’immenses complexes hôteliers ont été érigés sur les sites sacrés, occupés à saturation lors les quelques jours du pèlerinage annuel (Hajj), et sous-utilisés le restant du temps. Cet afflux soudain n’est pas sans causer des problèmes sécuritaires qui émergent régulièrement et que l’État saoudien n’arrive pas à juguler.

L’homme fort de la dictature saoudienne, le prince héritier Mohammed bin Salman, a résolu de diversifier l’économie de son pays. Cela implique d’y attirer des entreprises qui voudront faire profiter le pays des technologies avancées qui font cruellement défaut à cette dictature moyenâgeuse.

Mais voilà, comment attirer des investisseurs étrangers dans un pays où tous les petits écoliers apprennent qu’il faut tuer les Chiites, les Juifs et les Occidentaux ?

La grande séduction

À cette conférence, le prince héritier a estimé que son pays avait abandonné la modération en 1979 — c’est l’année de la Révolution iranienne — avec la montée en puissance de courants religieux extrémistes.

En somme, c’est la faute de l’Iran si l’Arabie saoudite s’est radicalisée.

En décembre 2015, dix-sept femmes ont été élues lors d’élections municipales en Arabie saoudite. La dictature saoudienne en a fait grand cas.

Toutefois, on doit savoir que dans l’éventualité où elles auraient eu à s’adresser à une foule, les candidates auraient dû le faire derrière un rideau. Bref, leur élection démontre que tout est possible en Arabie saoudite quand les tyrans du pays l’ordonnent.

Selon un décret promulgué le mois dernier, les femmes saoudiennes pourront conduire une automobile à partir de juin 2018.

À la fin d’une dépêche publiée récemment, l’Agence France-Presse écrivait que les Saoudiens attendent maintenant l’ouverture de salles de cinéma et plus divertissements, longtemps interdits par les milieux conservateurs.

Dans la mesure où en Iran, les femmes ont déjà le droit de conduire et qu’il existe déjà des salles de cinéma, on voit mal comment c’est la faute de l’Iran si tout cela n’existe pas encore en Arabie saoudite.

Mais par-dessus tout, si le prince héritier est tellement d’accord avec les idées réformatrices qu’exprimait Raïf Badawi sur son blogue, on ne comprend pas pourquoi il n’ordonne pas sa libération immédiate de prison.

En tant que ministre de la Défense, le prince héritier est responsable des bombardements saoudiens au Yémen.

Parmi les trois groupes d’insurgés opposés au président yéménite en exil, le prince hériter saoudien n’a choisi de bombarder que les insurgés chiites, en évitant soigneusement de nuire aux deux autres : les milices d’Al Qaida et celles affiliées à l’État islamique.

Ces dernières lui ont manifesté leur reconnaissance en faisant sauter quelques mosquées chiites en Arabie saoudite.

Il est donc difficile de savoir dans quelle mesure l’œcuménisme de façade du prince héritier s’inscrira à l’avenir dans la réalité saoudienne.

Les risques d’un investissement étranger en Arabie

Les États-Unis ont été incapables d’obtenir la collaboration de l’Arabie saoudite à l’enquête au sujet des attentats du 11 septembre 2001. Si bien qu’il n’existe aucune preuve formelle de l’implication de ce pays dans ces attentats.

L’Arabie saoudite n’est pas un État de droit. Il n’a pas de constitution. Les décisions des tribunaux sont soumises à l’arbitraire de la volonté royale. Bref, c’est une dictature absolue.

L’investissement étranger en Arabie saoudite est donc hautement risqué.

Si le prince héritier devait sérieusement menacer les intérêts du clergé wahhabite, il suffirait d’une fatwa pour que sa vie soit menacée (comme celle de Salman Rushdie). Si cela devait être le cas, la valeur boursière des investissements étrangers en Arabie saoudite dégringolerait.

Aussi puissants que puissent être les tyrans du pays, il suffit d’un garde du corps résolu à se faire l’instrument de la volonté divine pour que le prince héritier aille fertiliser à sa manière le lopin de terre où il sera enterré.

Bref, il serait donc étonnant que ses idées réformatrices aillent très loin.

Références :
Irak et Corée : deux poids, deux mesures
I will return Saudi Arabia to moderate Islam, says crown prince
L’Arabie saoudite va construire une ville futuriste à l’encontre de son image conservatrice
La vision de Mohammed ben Salman pour faire entrer l’Arabie saoudite dans la modernité
Le prince héritier promet une nouvelle Arabie saoudite «modérée»
Saudi Arabia’s Grand Plan to Move Beyond Oil: Big Goals, Bigger Hurdles
Saudi Arabia wants to return to ‘moderate Islam.’ Skeptics say it’s a marketing ploy.
Saudi Aramco
Villes du futur : Neom, la mégapole high-tech voulue par l’Arabie saoudite
20 femmes élues pour la première fois en Arabie saoudite

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le verrou libéral

26 octobre 2017

Le Parti libéral du Québec a changé. C’était le message rassurant que répétait le nouveau chef de ce parti, Philippe Couillard, confronté aux allégations de corruption de son parti sous son prédécesseur.

Deux hommes symbolisaient la nouvelle honnêteté libérale.

D’abord Robert Poëti. Ex-policier reconnu pour son intégrité, il fut brièvement ministre des Transports avant d’être dégommé parce que l’enquêteuse qu’il avait nommée posait trop de questions au sein de son ministère. Il vient de faire un retour remarqué au Conseil des ministres à un an des élections.

Le deuxième garant de l’intégrité libérale était Guy Ouellette. Ce simple député est un ancien policier de la Sureté du Québec qui s’est illustré dans la lutte contre les motards criminels.

Toutefois, le système organisé de corruption de l’État mis en place par Jean Charest n’a donné suite à aucun procès.

Créée en mars 2011, l’Unité permanente anticorruption (UPAC) a eu six ans pour punir ceux qui ont pillé le Trésor public et surtout, ceux qui ont mis en place un système bien huilé de corruption de l’État québécois qui a opéré durant les années 2000.

Ses seules actions concrètes sont :
— une accusation surprise contre Nathalie Normandeau à la veille du renouvèlement de mandat de Robert Lafrenière, assurant ainsi le prolongement de son mandat, et
— cette arrestation d’hier qui vise à punir Guy Ouellette pour des fuites dont il serait responsable.

Lorsque le patron de l’UPAC avait témoigné en commission parlementaire en mai 2017, celui-ci avait réservé ses mots les plus durs non pas à l’égard de ceux qui ont volé des millions de dollars aux contribuables, mais à l’égard des responsables des fuites au sein de l’UPAC (qualifiés de ‘bandits’).

Pourtant, au cours de ce même témoignage, il avait estimé ces fuites sans importance. « En aucun temps, la conclusion de cette enquête-là n’a été menacée par cette fuite-là.» avait-il déclaré.

Parmi ses ennemis politiques, insatisfaits du peu de résultats de l’UPAC, se trouve le député Guy Ouellette. Celui-ci présidait la Commission parlementaire devant laquelle Robert Lafrenière a témoigné. Mais l’arrestation de Nathalie Normandeau a été un coup de théâtre qui rendait Robert Lafrenière intouchable.

Ce qui nous ramène aux questions relatives au ‘verrou libéral’.

Cette expression a été utilisée pour désigner un haut gradé qui — selon le président de la Fraternité des policiers et policières de Montréal — aurait été nommé pour bloquer la mise en accusation des responsables de la corruption sous Jean Charest.

Ce verrou, l’a-t-on trouvé ?

Comment se fait-il qu’à l’UPAC, tout soit retombé dans l’immobilisme le plus total depuis le ‘show de boucane’ de Robert Lafrenière en commission parlementaire ?

À l’annonce de l’arrestation de Guy Ouellette, le chef de la Coalition Avenir Québec a déclaré que cette nouvelle constituait une bombe pour le Parti libéral. Est-il possible que le chef de la CAQ n’ait rien compris ?

Au lieu de se débarrasser d’un ennemi politique et d’assoir son pouvoir, il est fort à parier que ce coup d’éclat du chef de l’UPAC ramènera à l’avant les questions persistantes quand aux minces résultats de l’organisme qu’il dirige depuis sa création.

D’où la question : où est le verrou libéral ?

Références :
Corruption : le ‘verrou’ libéral
Guy Ouellette avait maille à partir avec le patron de l’UPAC, selon des ministres libéraux
L’agente de renseignements « n’était pas bienvenue » au MTQ, dit Poëti
L’arrestation de Guy Ouellette provoque une onde de choc
Robert Poëti

Le verrou libéral
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Écrit par Jean-Pierre Martel


Discrimination et neutralité religieuse de l’État

24 octobre 2017

Voile_islamique
 
Introduction

Par voie de communiqué émis il y a trois jours, la Commission des droits de la personne réitérait ses préoccupations relatives à la loi 62 (au sujet de la neutralité religieuse de l’État).

En invoquant l’article 10 de la Charte québécoise des droits et libertés de la personne, l’organisme reproche à cette loi d’être discriminatoire à l’égard des femmes qui portent le niqab et la burka.

La Commission a raison d’exprimer cet avis puisque son rôle est précisément de veiller au respect des principes énoncés dans cette charte.

Toutefois, aussi importante qu’elle soit, la charte québécoise n’est pas d’un texte sacré; ses orientations doivent correspondre au type de société dans lequel la nation québécoise veut vivre.

La loi 62 et l’intégrisme religieux

La Commission a raison; la loi 62 est discriminatoire à l’égard des femmes qui portent le niqab et la burka (entre autres).

Mais on doit ajouter que toute loi est discriminatoire. Lorsqu’on interdit la vente de cocaïne, cela est discriminatoire pour ceux qui en vendent.

Une loi qui n’interdit rien est une loi qui ne vaut rien. Et une loi qui interdit tout est une loi excessive. Conséquemment, toute loi doit établir une distinction entre ce que l’État veut réprimer et ce qu’il désire permettre. Cette distinction est de la discrimination.

La loi 62 n’est pas contraire à la religion musulmane telle que pratiquée par l’immense majorité des Québécoises musulmanes. Mais elle s’oppose clairement au fondamentalisme islamique.

Tout comme les lois légalisant le divorce, l’avortement et le mariage homosexuel s’opposent au fondamentalisme chrétien. Ce qui ne nous a pas empêchés d’agir dans tous ces cas.

Si on exclu le ‘tourisme religieux’ pratiqué quelques converties de récente date, le port du niqab et de la burka est emblématique de l’intégrisme islamique et plus particulièrement du wahhabisme financé par la dictature saoudienne. Or ce fondamentalisme possède des exigences qui vont bien au-delà du voile intégral.

Les imams qui prêchent l’obligation du port du niqab et de la burka interdisent également la mixité.

Selon eux, non seulement la femme portant le voile intégral doit-elle éviter tout contact physique avec des étrangers (donc pas de poignée de main), mais elle doit vivre dans un environnement de travail où hommes et femmes ne se rencontrent pas.

Respecter la pratique du fondamentalisme islamique dans les édifices gouvernementaux, cela signifie aménager des bureaux, des couloirs, des ascenseurs et des aires de repos au sein desquels jamais hommes et femmes ne se côtoient. Sinon l’État obligera cette employée à aller à l’encontre de ses convictions religieuses.

En plaidant le respect absolu des convictions religieuses, la Commission québécoise des droits de la personne ne sait pas dans quoi elle s’embarque.

Le wahhabisme — la religion d’État de l’Arabie saoudite — n’interdit pas seulement la mixité; ses exigences tatillonnes vont aussi loin que d’interdire d’uriner dans la direction de la Mecque. Il faudra donc modifier l’orientation des toilettes dans tous les édifices publics pour satisfaire les principes naïfs des défenseurs des droits de l’Homme.

Autoriser le port du niqab ou de la burka par les représentants de l’État sur la seule base des droits constitutionnels, cela n’est que le début d’une longue suite d’exigences religieuses qui, en fin de compte, obligeront le Québec à adopter la dictature saoudienne comme modèle de société.

Conclusion

Où donc tracer la ligne ? Ma réponse est simple : la ligne est celle déjà tracée par le projet de loi 62.

En somme, la décision d’obliger la prestation de service à visage découvert est un choix de société. Et ce choix, nous le faisons nôtre.

Toutefois, le gouvernement Couillard devra se résoudre à ajouter à cette loi une clause dérogatoire à la Canadian Constitution.

Si le gouvernement Couillard fait la sourde oreille à tous ceux qui lui signalent que sa loi est anticonstitutionnelle, c’est qu’il souhaite secrètement qu’elle soit déclarée comme telle par la Cour suprême du Canada.

La suite devrait nous révéler pourquoi…

Références :
Adoption du projet de loi 62 : la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse exprime ses préoccupations
La loi sur la neutralité religieuse serait discriminatoire de manière indirecte
Les services à visage découvert et les droits constitutionnels

Paru depuis :
Sondage: les Canadiens et les Québécois favorables au projet de loi 62 (2017-10-27)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


La navette du 747 : un service pourri

23 octobre 2017

Introduction

Depuis quelques années, la ligne d’autobus No 747 relie l’aéroport Pierre-Elliott-Trudeau au centre-ville de Montréal.

L’an dernier, j’avais été frappé par la qualité misérable de ce service offert aux Montréalais de retour chez eux, de même qu’aux visiteurs étrangers dont cette navette — après le cafouillage fréquent à l’aéroport lui-même — déterminera leur première impression, péjorative, au sujet de la métropole.

Ce service est digne du Tiers-Monde; des autobus dont l’intérieur est plutôt sale, au confort minimal, dont la suspension masque à peine le mauvais état du réseau routier québécois et dont les porte-bagages ont été conçus et réalisés par des amateurs.

Des déclarations rassurantes

En 2016, avant d’écrire un texte critique à ce sujet, j’avais contacté la Société de transport de Montréal (STM) afin d’obtenir leur version des faits.

J’avais appris qu’environ la moitié des véhicules utilisés pour cette navette étaient des autocars. De plus, la société de transport comptait augmenter leur proportion à l’avenir et notamment à l’occasion du 375e anniversaire de Montréal.

À l’aller comme au retour, je n’avais jamais vu les autocars dont me parlait la STM. Les seuls véhicules de la STM que j’avais pris jusque là étaient des autobus réguliers rafistolés médiocrement pour tenir compte des bagages des voyageurs.

En face du terminus de la 747, près de la station Berri-UQUAM, se trouve la Grande Bibliothèque. Je m’étais donc rendu à cet édifice afin d’observer pendant un long moment les allées et venus des autobus de la 747.

Effectivement, cet après-midi-là, environ la moitié des véhicules étaient des autocars.

Convaincu que l’utilisation des autobus rafistolés était un héritage du passé, appelé à disparaitre à moyenne échéance, j’avais renoncé à écrire mon article.

Un an plus tard, de retour la semaine dernière d’un voyage à Porto, j’espérais prendre un des autocars de la 747, quitte à laisser passer un ou deux autobus rafistolés qui se pointeraient entretemps.

À ma grande surprise, les autocars de l’an dernier ont disparu : seuls des autobus rafistolés assurent dorénavant la navette du 747.

En somme, l’an dernier, le porte-parole de la STM avait menti ou la STM a simplement changé d’orientation.

Les étagères pour les bagages

Dans les boutiques pour voyageurs où l’on vend des bagages, les dimensions de ceux-ci sont standardisées depuis longtemps.

Et puisque les transporteurs aériens limitent le nombre de bagages des passagers, ces derniers utilisent préférablement deux des formats standards; la plus grosse valise sur roulettes qu’on peut amener en cabine et le plus gros bagage autorisé en soute.

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Les autobus réguliers de la STM n’ont pas été conçus pour transporter des bagages ni être destinés à être transformés à cette fin. On a donc dû faire des choix.

Afin d’éviter que les allées soient encombrées de bagages, il est obligatoire de les placer sur des étagères prévues à cette fin.

Et pour éviter que les étagères elles-mêmes nuisent à la circulation des passagers dans l’autobus, on a décidé que la profondeur des tablettes serait inférieure à la hauteur maximale des bagages standards.

Mais pour que ces étagères aient trois tablettes, celles-ci sont trop rapprochées pour que les grosses valises soient placées debout. On les place donc couchées; conséquemment, elles dépassent et les cordons destinés à les conserver en place deviennent essentiellement une nuisance.

Ces cordons sont constitués d’un ressort en acier extrêmement résistant enveloppé d’une gaine protectrice qui évite que ces ressorts n’égratignent les valises.

Dans l’image ci-dessus (prise en 2016), les cordons sont placés à la mi-hauteur de l’espace consacré aux bagages. Cette année, dans la majorité des cas, il y a plutôt deux séries de deux cordons pour chacun des espaces consacrées aux bagages.

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On ne peut pas rouler ses bagages au bas de l’étagère. La femme, la personne handicapée ou le vieillard doit absolument se pencher et soulever son bagage afin de le placer sur la tablette du bas.

Concrètement, cela signifie qu’il devra soulever son bagage d’une main pendant qu’il écarte les deux cordons du haut (qui s’y opposent).

Si cette valise n’est pas trop lourde, la femme, la personne handicapée ou le vieillard trouvera sans doute un bon samaritain pour l’aider. Si ce n’est pas le cas, il sera difficile de trouver quelqu’un qui voudra courir le risque de s’éreinter pour une bonne cause.

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Dans le cas des deux autres tablettes, la femme, la personne handicapée ou le vieillard devra soulever ses lourds bagages jusqu’au niveau des épaules (2e tablette, photo ci-dessus) ou par-dessus la tête (3e tablette) pour réussir à les loger.

Même un enfant de cinq ans trouverait que cela n’a pas de bon sang. Et pourtant, cela dure depuis sept ans.

Quels sont les responsables qui ont bien pu concevoir et adopter un système aussi pourri ? Réponse : Que des technocrates tellement biens payés qu’ils prennent le taxi (50$) en arrivant à l’aéroport plutôt que les autobus réservés à la populace qui paient leurs salaires.

L’abandon sur la rue

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Et une fois arrivé à destination, le passager s’attend peut-être à ce qu’on le débarque à l’intérieur d’un terminal comme à la Gare Centrale. Ou au moins sous un abri, protégé des intempéries.

Malheureusement, cela coute beaucoup trop cher; on le débarquera sur la rue, loin d’une bouche de métro.

S’il débarque à Berri-UQAM, ce sera sur un trottoir qui longe un mur. À la station Lionel-Groulx, ce sera de l’autre côté de la rue; il devra aller jusqu’à l’intersection, attendre le feu vert, traverser la rue Atwater, et marcher une centaine de mètres en transportant ses bagages sous la pluie battante ou sous des bourrasques de neige si c’est le cas.

« Savez-vous comment ça coûte ?»

Devant ma surprise lorsque j’ai appris que la STM avait décidé de retirer tous ses autocars, un des deux employés de la STM à l’information m’à demandé : « Un autocar, savez-vous comment ça coute ?». Comme si le transport en commun, de manière générale, était une chose rentable.

Utiliser des autocars, ce n’est pas rentable. Tout comme le métro est déficitaire. Tout comme le réseau d’autobus ne fait pas ses frais. Même les trottoirs ne rapportent rien.

De l’argent au Québec, il y en a. Le problème en est un d’allocation des ressources. On a des centaines de millions$ pour augmenter la rémunération des médecins, plus de cent-millions$ pour racheter des permis d’exploration pétrolière qui ne valent plus rien à Anticosti, et ainsi de suite.

Mais s’il faut dépenser une vingtaine de millions$ pour acheter des autocars, on n’a pas d’argent.

Le problème, c’est que nous avons élu des politiciens qui nous ont promis d’être de bons gestionnaires. Mais au lieu de nous en donner plus pour notre argent, ils ont décidé de nous en donner moins et de se faire réélire en nous redonnant — à la veille du renouvèlement de leur mandat — une partie de notre argent qu’ils ont économisé.

Pour se justifier, ils nomment à la direction des services publics des subalternes renommés pour être de bons communicateurs; leur mandat est de nous faire avaler des couleuvres. De nous dire que tout va bien. D’affirmer que les coupes budgétaires qui leur ont été imposées n’eurent aucune conséquence. Tout heureux, leurs patrons les citeront pour se justifier.

Face à mes griefs, l’employé de la STM à l’aéroport me suggérait d’écrire à son employeur pour me plaindre. « Quand on est trop insistant à rapporter les plaintes des usagers, on est mal vus par la compagnie, qui nous accuse de manque de solidarité envers elle.»

Je suis très heureux que mon retour de voyage coïncide avec la proximité d’élections municipales. Je ne sais pas encore pour qui je vais voter. Mais vous n’avez pas idée comment j’ai le gout de faire regretter à certains le service pourri que j’ai reçu à l’aéroport.

Sur le même sujet :
Métro : les statistiques ne doivent pas nous aveugler (2011-10-27)
Près de mille interruptions de service en 2011 dans le métro de Montréal (2012-02-01)
Insatisfaction croissante sur la 747: la faute aux chantiers, dit la STM (2016-12-08)
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La navette du 747 : un service pourri
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Écrit par Jean-Pierre Martel


Bilan : Porto comparée

22 octobre 2017
Porto à la levée du jour

À quoi doit s’attendre le voyageur qui songe à visiter Porto ? Pour répondre à cette question, comparons Porto à l’autre grande ville portugaise qu’est Lisbonne et à ce qui est familier à une bonne partie des lecteurs de ce blogue, soit Montréal.

Les musées

Le musée d’Art contemporain à Porto ne peut rivaliser avec le remarquable musée Berardo de Lisbonne (le Centro Cultural de Belém). En Art contemporain, même Montréal n’a rien d’équivalent.

Le Musée des Beaux-Arts de Porto est un musée de niveau provincial alors que la capitale portugaise possède deux Musées des Beaux-Arts; le musée privé Gulbenkian de Lisbonne (de classe mondiale) et le Museu Nacional de Arte Antigua (qui lui est à peine inférieur).

Le palais d’Ajuda de Lisbonne est d’un luxe et d’une splendeur avec laquelle aucune demeure bourgeoise de Porto ou de Montréal ne peut rivaliser.

Les musées asiatiques, le musée des carrosses, le musée numismatique et le musée militaire de Lisbonne n’ont pas de rivaux sérieux ni à Porto ni à Montréal.

Toutefois, sans être submergée de gribouillages, Porto est un bouillon de culture fascinant quant à l’art de la rue. Ce n’est pas le cas de Lisbonne.

À Porto, on y voit toute la gamme des graffitis; des tags linéaires sans intérêt et des tags gras où la typographie est soulignée d’une ombre portée ou d’un trait gras (comme on en voit partout, banalement, en Amérique du Nord).

Mais on y trouve aussi des tags ‘artistiques’ où la typographie est texturisée dans un souci évident de transcender le genre (ce qui est rare à Montréal). Et finalement, on y voit le graffiti où pointe la personnalité de créateurs qui devraient s’affirmer à l’avenir.

Quant aux murales, on en trouve à Porto mais moins qu’à Montréal.

La vie musicale

Porto possède ce chef-d’œuvre d’architecture contemporaine qu’est la Casa da Música. En réalité, cette salle est sous-utilisée.

Durant mon séjour à Porto, on ne présentait que trois concerts par semaine à la Casa da Música. On est loin de la riche programmation des différentes salles de la Place des Arts de Montréal.

De manière générale, la vie culturelle à Montréal et à Lisbonne est plus intense. D’abord parce que ces deux villes sont davantage peuplées et conséquemment, parce que la demande de produits culturels y est plus grande.

Là où Lisbonne bat Montréal, c’est quant aux minuscules salles de concert. Les restaurants et cafés qui présentent des spectacles se comptent par dizaines à Lisbonne.

C’est le fado, un genre musical profondément ancré dans la culture populaire de Lisbonne, qui en est responsable.

Le fado est typique du centre du Portugal (Lisbonne et Coïmbre). On en joue pour les touristes distraits à Porto : on l’écoute ému(e) à Lisbonne.

En résumé, l’activité culturelle de Porto se compare à celle d’une métropole régionale de taille moyenne au Québec.

La bouffe

On mange bien partout à travers le monde. Mais la force du Portugal, c’est la fraicheur de ses aliments.

À Montréal, ce qu’on appelle du poisson frais, c’est simplement un poisson qui n’a pas été congelé. Il a été pêché sur les côtes du Canada, de Panama, du Chili ou d’ailleurs. Et il est réfrigéré depuis des jours. Peut-être au-delà d’une semaine.

Au Portugal, le poisson qu’on vous sert au restaurant a été pêché cette nuit ou ce matin. Les légumes qui l’accompagnent ont poussé à moins de cent kilomètres.

C’était vrai autrefois au Québec. De nos jours, à moins de vivre sur une ferme, presque personne n’a véritablement une idée de ce qu’il mange.

D’où est-ce que ça vient ? Pour ne pas avoir à le révéler aux consommateurs, l’étiquette précisera que c’est fait au Canada avec des ingrédients canadiens et importés. La boite de carton est canadienne et reste vient de quelque part.

Avec quoi c’est fait ? Avec de la viande déchiquetée et reconstituée, de la farine de soya modifiée, de l’huile de palme modifiée — modifié comment ? — du sirop de glucose-fructose, des améliorants de ‘flaveur’, et plein d’autres bonnes choses qui ont du méthyloxybenzène dans le nom.

Au Portugal, même un aliment aussi insignifiant que des pommes de terre bouillies goute bon. Au Québec, à moins d’être réduites en purée et d’être additionnées de beurre, les patates ne goutent rien d’autre que l’amidon.

La ville

Là où Porto bat Lisbonne et Montréal à plate couture, c’est dans la beauté de la ville. Montréal et Lisbonne ne sont pas laides. Mais Porto est beaucoup plus photogénique.

Les toits orange des maisons. Les ruelles médiévales qui révèlent de nouveaux secrets à chaque tournant. La pierre dorée de ses murailles. Cette lumière très ‘carte postale’ qui la baigne les jours ensoleillés. Et cette lumière grise et plate qui rend les paysages irréels les jours de pluie.

Lisbonne et Porto possèdent de nombreux belvédères.

Mais les rives de Lisbonne bordent un plan d’eau immense. Ce qui fait que sa rive opposée se perd dans la brume.

Les rives rapprochées de Porto permettent de voir ce fleuve conquérant, le Douro, qui creuse son lit et qui sépare Porto de sa ville jumelle, Gaia. De Porto, on admire Gaia. De Gaia, on admire Porto. Et des ponts qui les réunissent, on admire les deux.

Conclusion

Même si Porto est une ville d’affaires tournée vers l’exportation, elle offre à ses visiteurs le charme méridional des villes méditerranéennes en associant le soleil, le bon vin, la fraicheur des aliments et, à 30 minutes de métro, le sable fin d’une station balnéaire.

Plage de Matosinhos

Bref, Porto offre à ses visiteurs le simple plaisir de vivre. Voilà le secret de sa popularité croissance en tant que destination touristique.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectifs M.Zuiko 7-14 mm F/2,8 (1re photo) et M.Zuiko 12-40 mm F/2,8 (2e photo)
1re photo : 1/2000 sec. — F/2,8 — ISO 100 — 7 mm
2e  photo : 1/4000 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 34 mm

Bilan : Porto comparée
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Écrit par Jean-Pierre Martel


Voyage à Porto : jours 20 et 21 (fin)

18 octobre 2017

Au début de ce voyage, la propriétaire de mon studio m’avait invité chez elle à prendre le porto. J’avais suggéré que cette soirée ait lieu un jour de pluie.

Mais voilà, je n’avais pas prévu qu’il ferait ensoleillé continuellement pendant presque trois semaines à Porto.

Hier, on annonçait de la pluie pour aujourd’hui. Nous avons donc fixé notre rencontre pour ce soir à 21h.

Et comme son époux doit me fait gouter à un porto vieux de plus d’un siècle, je me suis fixé comme but aujourd’hui de compléter la formation que j’ai reçue hier chez Cálem afin d’en connaitre le plus possible au sujet des portos et d’être ce soir à la hauteur de l’honneur qu’on doit me faire.

Aperçu des chais de Sandeman

Chez Cálem, c’était simple; la visite régulière à 10 € et, pour 5 € de plus, la version de luxe à l’issue de laquelle on a le droit de gouter à un troisième porto.

Chez Sandeman, il y a quatre possibilités, de 10 à 21 €. Par exemple, en ajoutant 7 € au cout de la visite classique, on a le droit de visiter non seulement les chais à Gaia (au sud de Porto) mais également le vignoble de Sandeman dans la vallée du Douro. Toutefois, cela ne comprend pas le transport.

En d’autres mots, pour 7 € de plus, on gagne un magnifique voyage à pied de 90 km. J’ai préféré me reposer.

Aperçu des chais de Sandeman

Chez Sandeman, des guides multilingues expliquent verbalement ce qu’il faut savoir au sujet du porto. Contrairement à Cálem où cela se faisait par une présentation multimédia interactive. D’autre part, les chais sont ici éclairés de manière plus recherchée.

La dégustation chez Sandeman

À l’issue de la visite classique, on a droit de déguster deux portos, un blanc et un ruby : le premier ne sert qu’à mettre en valeur le second.

Aperçu des chais de Taylor’s

Sur une carte géographique, Taylor’s se trouve à proximité. Mais sur la carte seulement. De la rive du Douro (où se trouve son rival Sandeman), il vous faudra escalader une pente interminable à 45 degrés à l’issue de laquelle vous aurez l’impression d’avoir vieilli de dix ans. Prenez un taxi.

Au prix fixe de 12 €, la visite chez Taylor’s se fait à l’aide d’un audioguide.

Contrairement à ses rivaux dont les chais sont sur du bois ou du granite, les chais de Taylor’s sont sur un gravier de schiste. En y entrant, on est saisi par une odeur désagréable de roche mouillée.

Site de la dégustation chez Taylor’s

La montée épuisante chez Taylor’s est gratifiée d’un site champêtre qui surplombe la ville et qui sert de cadre enchanteur pour la dégustation des deux portos offerts aux visiteurs de ses chais.

Portos offerts chez Taylor’s

Je ne me rappelle plus du gout du premier porto offert (à droite sur la photo). Le deuxième m’a semblé gouter le moisi en plus d’avoir un gout de roche analogue à l’odeur de schiste mouillé à l’entrée des chais. Bref, je n’ai bu que la moitié de la dose du second verre.

Exposition Porto & Douro Altravés da Lente

En descendant de chez Taylor’s, je croise une exposition photographique (prix d’entrée de 5 €). Dans une usine désaffectée, on présente un grand nombre de clichés réalisés dans la région de Porto par l’Écossais Frederick-William Flower entre 1849 et 1859.

En dépit de sa présentation rudimentaire, j’ai trouvé cette exposition intéressante, notamment la vue de places de Porto qui étaient autrefois végétalisées et qui sont devenues purement minérales depuis.

À la fin, le visiteur a droit à un porto. Celui offert est porto rose. C’est la plus récente création des producteurs de porto. Cela se veut être le porto à boire en après-midi sur une terrasse ensoleillée.

Au Prato Xeio

Je prends le taxi pour Prato Xeio, ce petit restaurant de quartier que j’avais bien aimé au 9e jour de ce voyage.

Au menu, une soupe aux légumes et, en plat principal, les filets de poulet grillé, des croustilles maison et du riz blanc. Le tout accompagné d’un généreux verre de rouge. Prix : 5 €.

Puis je me présente à l’heure convenue chez la propriétaire de mon studio pour la dégustation promise d’un porto séculaire. Cela ne se refuse pas.

Avec la maitresse des lieux, nous parlons de la porcelaine haut de gamme de Vista Alegre et des œuvres d’art qui décorent les lieux. Sans savoir que je suis collectionneur de vieux livres, son mari me présente quelques-uns de ses trésors (dont un livre du XVIe siècle dont la typographie est admirable.

Deux des portos chez la propriétaire

On devait me faire gouter à un porto de 1871. En réalité, on m’a offert trois portos différents et une petite portion de vin produit à sa propriété. J’ignorais qu’il était viticulteur.

Le premier porto était un vin jeune, agréable, acheté à l’épicerie (celui à gauche sur la photo).

Le deuxième était un porto d’une quarantaine d’années au gout de compote aux pommes, d’ananas, de mangue, et de fruits divers. J’ai refusé l’invitation de passer aussitôt au ‘clou’ de la soirée, puisque ce deuxième porto laissait en bouche un gout plaisant qui a pris plus de cinq minutes à se dissiper.

Dès la première gorgée de porto de 1871 (celui de droite sur la photo), la maitresse des lieux s’est empressée de dire qu’il goutait plutôt comme le deuxième. Je n’étais pas de cet avis. Et je me demande même, à postériori, s’il ne s’agissait pas d’un piège destiné à vérifier si j’étais complètement nul en porto. Celui-ci avait un gout de caramel, d’épices et de chocolat. Son époux partageait mon avis.

Puis le mari et moi avons parlé de généalogie (la sienne et la mienne) et de politique jusque vers 0h30 du matin pendant que les yeux de madame sont devenus de plus en plus petits au fil des heures.

Évidemment, je vous raconte ceci (qui est d’ordre personnel) pour illustrer l’hospitalité du peuple portugais.

Cimbalinho et pâtisserie à l’Empério

Le lendemain matin, j’ai voulu vérifier l’affirmation catégorique de mon hôte, faite la veille, selon laquelle le Portugal produit le meilleur café au monde grâce à sa composition en grains importés d’Angola.

Puisque mon hôte est non seulement un viticulteur, mais également un avocat, fils d’un juge, il me semble très imprudent de mettre en doute sa parole.

Mais j’entends déjà les protestations de mes amis italiens, néerlandais, et autres. Or jusqu’ici, les seuls cafés que j’ai bus à Porto sont les expressos produits à l’aide de ma petite cafetière à capsules.

Pour en avoir le cœur net, je me suis rendu au café Empério sur la Rua de Santa Catarina. Ses cimbalinhos — c’est comme ça qu’on appelle les expressos à Porto — sont fait à partir de grains torréfiés à la rôtisserie Sanzala, la meilleure de Porto. Pour juger, il n’y a pas plus authentique. Mon verdict ? Difficile à dire sans comparer successivement les cafés des autres…

Vue de Porto à partir du téléférique, les chais de Cálem au premier plan

Puis je me rends à Gaia (la municipalité-jumelle de Porto) afin d’essayer le téléférique qui effectue la navette entre deux points séparés d’un peu plus d’un demi-kilomètre au-dessus de la rive sud du Douro. En tant que photographe amateur, j’ai préféré le point de vue sur la ville qu’offre gratuitement le pont Dom Luís I que celui, payant, du téléférique.

Le prix de 6 € comprend la dégustation d’un porto. Je n’ai pas pris le mien; écoutez, quand on en rendu à déguster des portos de 146 ans, on ne peut plus boire n’importe quoi sous le prétexte que c’est gratuit… Sérieusement, cette dégustation avait lieu à un site que je n’ai pas trouvé.

Chais de Ramos Pinto

Au cout de 10 €, on peut visiter le musée et les chais d’un petit producteur de porto appelé Ramos Pinto. Plus que ses concurrents, le musée de cette maison présente le succès de son fondateur, un petit génie du markéting qui, au début de la vingtaine, a su faire parler de lui en utilisant avantageusement l’esthétique sensuelle de l’art nouveau et ce, dans un Portugal très conservateur.

Étonnamment, c’est le premier des deux portos offerts aux visiteurs — celui qui sert habituellement de faire-valoir — qui est le plus remarquable des deux.

Au Mesa No 56

Et pour cette dernière soirée à Porto, quoi de plus authentique que d’y manger de la sardine. À cette fin, je vais sur l’autre rive du Douro, à Porto, au restaurant Mesa No 56. Soupe aux légumes, quatre sardines grillées, pommes de terre bouillies et demie-bouteille de blanc pour 18 €.

Voilà ce qui complète ce voyage.

Dans le prochain texte, je résumerai ce que j’ai retenu de ce voyage.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectifs M.Zuiko 7-14 mm F/2,8 (1re, 2e, 4e, 11e, 12e et 13e photos), M.Zuiko 25 mm F/1,2 (3e, 9e et 10e photos) et M.Zuiko 12-40 mm F/2,8 (les autres photos)
  1re photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 3200 — 11 mm
  2e  photo : 1/50 sec. — F/2,8 — ISO 6400 — 12 mm
  3e  photo : 1/6 sec. — F/8,0 — ISO 6400 — 25 mm
  4e  photo : 1/30 sec. — F/2,8 — ISO 6400 — 14 mm
  5e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 250 — 15 mm
  6e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 1600 — 12 mm
  7e  photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 1250 — 12 mm
  8e  photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 400 — 15 mm
  9e  photo : 1/60 sec. — F/5,6 — ISO 2000 — 25 mm
10e  photo : 1/60 sec. — F/5,6 — ISO 2000 — 25 mm
11e  photo : 1/1250 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 7 mm
12e  photo : 1/25 sec. — F/2,8 — ISO 6400 — 7 mm
13e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 1600 — 9 mm


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Voyage à Porto : jours 20 et 21 (fin)
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Écrit par Jean-Pierre Martel


Voyage à Porto : jours 18 et 19

16 octobre 2017

L’après-midi du 18e jour de ce voyage a été consacré à la visite du Museu Nacional de Soares dos Reis

Fondé en 1833, il fut le premier musée portugais des Beaux-Arts. L’année suivante, l’interdiction des ordres religieux proclamée par Dom Pedro IV fit en sorte que les collections du musée se garnirent soudainement des biens confisqués des couvents de la région.

Aperçu du Museu Nacional de Soares dos Reis

De nos jours, les musées ne craignent pas de suspendre leurs oeuvres sur des murs aux couleurs chaudes ou foncées.

Ce musée-ci présente plutôt ses tableaux de manière classique, c’est-à-dire sur des murs blanc cassé. Cela laisse une impression de monotonie en dépit du fait que ce qu’on y présente est assez bien.

O Desterrado (Le Banni, 1872) d’António Soares dos Reis

Une salle est consacrée au sculpteur académique António Soares dos Reis, originaire Vila Nova de Gaia (au sud de Porto), et qui donne son nom au musée.

Sans Titre d’Amadeo de Souza-Cardoso

Sont en vedettes l’art figuratif portugais, la faïence portugaise et la porcelaine chinoise, l’orfèvrerie religieuse et une collection de montres et de bijoux anciens.

Le 19e jour de ce voyage tombe un dimanche. Il sera consacré à la ville de Gaia, soit la municipalité-jumelle de Porto. Celle-ci occupe la rive sud de l’agglomération.

Sculpteur de pains de savon

Sur le rivage, les étals d’artisans offrent leurs produits aux passants.

Au Convento Corpus Cristi

Un peu à l’ouest de la station du téléférique se cache le Convento Corpus Cristi.

Son église néoclassique, de forme octogonale, est d’un intérêt limité. Toutefois, un escalier discret mène à la salle d’où les sœurs cloitrées dominicaines assistaient à la messe, séparées de l’église par un grillage. Cette salle est de toute beauté. Sa visite est chaudement recommandée.

Orgue de l’Igreja de Lapa

Puis je prends le taxi pour l’église Notre-Dame de Lapa. C’est la troisième fois que je m’y rends. Cette église est dotée du plus puissant orgue de la péninsule ibérique.

À l’office du tourisme de la ville, on m’avait précisé qu’une messe y était célébrée le samedi soir à 19h30. Mais j’y suis allé par erreur dimanche dernier à 9h30 du soir (soit 21h30). Elle était fermée.

Puis j’y suis retourné hier soir à 19h30 (la photo y a été prise à cette occasion). Il y avait bien une messe mais sans que l’orgue ne soit utilisé. À la sortie, on m’a informé que pour entendre l’orgue, il fallait venir le dimanche à midi.

M’y voilà. Effectivement, on peut y entendre cet instrument. Sur mon appareil photo, j’en ai fait un enregistrement d’une minute.

C’est très impressionnant. Imaginez-vous en Transylvanie, le comte Dracula en personne montant lentement les marches de l’escalier d’honneur de son château poussiéreux alors que les chauvesouris tourbillonnent fébrilement vers les étages supérieurs, là où les invités disparaissent à jamais.

Eh bien, c’est exactement l’impression que vous laisse cet instrument lors de la procession religieuse au début de la messe. Pour entendre l’enregistrement que j’en ai fait, veuillez cliquer sur ceci

Après le repas du midi au studio, le prends le métro pour le Mosteiro da Serra do Pilar, situé sur un promontoire au sud du pont Dom Luís I.

Mosteiro do Serra de Pilar

Construit au XVIIe siècle, le cloitre n’est accessible que lors de visites guidées. Son entrée est à gauche sur la photo ci-dessus. À droite, c’est l’entrée de l’église circulaire — la seule de toute la péninsule ibérique — qui peut être vue en plus à l’occasion des offices religieux.

La visite du cloitre est limitée à sa cour extérieure circulaire.

Dans l’église, l’entrée fait face au maitre-autel, profondément encastré. Entre les deux, on trouve six autels latéraux en mauvais état : deux rudimentaires près de l’entrée, trois autels de bois doré ayant perdu leur dorure et un autel rococo.

Aujourd’hui à Porto, c’est la canicule; 29°C. Mais il doit faire six degrés de moins dans le cloître puisque ses pierres ont accumulé la fraicheur de la nuit, fraicheur qu’elles libèrent le jour venu.

Musée de la fabrique de porto Cálem

Une visite à Porto ne serait pas complète sans voir les chais d’un fabricant de porto.

La visite de Cálem (au cout de 10 euros) débute par celui de son musée interactif. Celui-ci est séduisant, jouissif et très intéressant. On y présente la région viticole du Douro. La géologie de son sol, son climat, les cépages utilisés, les types de vins de porto produits et les odeurs à rechercher lors de la dégustation.

Visite des chais de la fabrique de porto Cálem

Après la visite des entrepôts de porto, on a droit à une dégustation de deux ou trois vins de porto. Il s’agit-là d’une visite chaudement recommandée.

Sur les rives du Douro

En fin d’après-midi, en cette chaude journée, la foule se presse aux cafés et restaurants qui bordent le fleuve.

Et c’est en publiant cette photo que je réalise à quel point Porto est une ville photogénique.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectifs M.Zuiko 7-14 mm F/2,8 (1re, 5e, 7e et 8e photos), M.Zuiko 25 mm F/1,2 (2e et 3e photos) et M.Zuiko 12-40 mm F/2,8 (les autres photos)
  1re photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 2500 — 7 mm
  2e  photo : 1/200 sec. — F/1,2 — ISO 200 — 25 mm
  3e  photo : 1/60 sec. — F/1,2 — ISO 400 — 25 mm
  4e  photo : 1/3200 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 38 mm
  5e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 1600 — 7 mm
  6e  photo : 1/50 sec. — F/2,8 — ISO 6400 — 12 mm
  7e  photo : 1/500 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 9 mm
  8e  photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 14 mm
  9e  photo : 1/13 sec. — F/2,8 — ISO 6400 — 12 mm
10e  photo : 1/8000 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 12 mm


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Voyage à Porto : jours 18 et 19
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Écrit par Jean-Pierre Martel


Voyage à Porto : jour 17

14 octobre 2017

Après la publication de mon compte-rendu des 15e et 16e jours, je prends le taxi pour le musée d’art contemporain de Porto.

Entrée du Museu de Arte Contemporânea de Serralves
Au Museu de Arte Contemporânea de Serralves

Sans égaler l’extraordinaire musée Berardo de Lisbonne, le Museu de Arte Contemporânea de Serralves de Porto mérite d’être vu.

Sculpture présentée à la Biennale de São Paulo

Au moment de ma visite, il était centré sur l’exposition de petites sculptures présentées à la Biennale de São Paulo (ci-dessus) et d’œuvres très intéressantes de Jorge Pinheiro.

Installation au Museu de Arte Contemporânea de Serralves

Signe des temps, le musée présentait une installation naturelle, plus précisément un terrarium mettant en vedette des insectes mimant des feuilles ou des branches.

De plus, le musée est couplé au plus fascinant jardin de sculptures qu’il m’a été donné de voir.

J’ai regretté de ne pas avoir d’appareil photo à l’infrarouge puisque ce parc est intéressant à la fois pour les sculptures qu’on y présente et pour son aspect photogénique intrinsèque.

D’habitude, un jardin de sculptures n’est qu’une galerie extérieure d’œuvres d’art. C’est la version moderne des statues du parc de Versailles.

Double Exposure

Ici, on rencontre des œuvres parfaitement intégrés à leur environnement dont Double Exposure (1995-2003) de l’Américain Dan Graham.

Il s’agit d’un pavillon dont deux des trois côtés sont parfaitement transparents. Le troisième est décoré d’une image semi-transparente représentant une forêt plus ou moins distincte.

Effet de Double Exposure

Selon l’heure du jour et la saison, l’environnement et l’œuvre créent une composition unique en s’amalgamant l’une à l’autre. D’où le titre Double Exposure (qui signifie Double exposition).

Au Jardin botanique de Porto

Puis je prends le taxi pour le Jardin botanique de Porto. Quelle déception.

La région de Porto possède un climat particulier propice à la fois à des feuillus semblables aux nôtres et à des plantes tropicales.

Ici les serres semblent à l’abandon. Les visiteurs déambulent dans un parc à l’anglaise banal, sans aménagement paysager. Mais c’est gratuit.

Intérieur du Mercado Bom Sucesso

En me rendant à pied au métro, je croise le Mercado Bom Sucesso.

On y trouve une série de comptoirs de restauration et de produits alimentaires artisanaux. Ils ont l’allure des galions des explorateurs portugais. Tout ce qu’on y présente est appétissant.

Vendeur de marrons rôtis

L’automne, tout comme à Paris, on voit à Porto et à Lisbonne des vendeurs de marrons sur la rue. Au Portugal, les marrons sont rôtis au charbon de bois et vendus couverts de suie blanche.

Pour se nettoyer les poumons de la fumée de charbon, quoi de mieux pour ce vendeur que de s’allumer une bonne cigarette…

Au studio, le repas du soir a consisté en une soupe achetée chez Pingo doce — je sais, c’est vague, mais je ne me donne même plus la peine de savoir ce que ça contient; c’est toujours bon — un tiers de concombre, une dorade achetée quelques minutes plus tôt (accompagnée d’olives et de vin blanc Castello d’Alba), un quart de fromage Queijo de Azeitão (accompagné d’un demi-verre de rouge Vila Real) et comme dessert, une orange ramenée du jardin de sculptures du musée d’Art contemporain de Porto.

Ah oui, j’oubliais de vous dire qu’on ne trouve pas que des sculptures dans ce jardin; on y rencontre aussi des arbres fruitiers.

Or en passant devant les orangers, je trouvais triste de voir toutes ces oranges tombées par terre en train de pourrir. Et la perspective que celles encore accrochées aux branches puissent demain ou le jour suivant subir le même sort m’a profondément attristé.

Après mure réflexion, j’en ai choisi une à pleine maturité et je l’ai — non pas dissimulé dans mon sac à dos — mais simplement protégé de la lumière.

Et c’est cette orange que j’ai mangée ce soir. Que goutait-elle ? Nettement moins sucrée que les oranges qu’on nous vend au Québec, plus acide et surtout, avec ce gout étonnant, mélange d’orange, de fraise et de framboise.

Photo expérimentale à la Casa da Música

Puis je me suis rendu à la Casa da Música afin de photographier cet immeuble de nuit.

J’ai passé un long moment à photographier la réflexion d’un planchiste dans les fenêtres de cette salle d’opéra. Et de retour au studio, je me suis amusé à en faire le montage ci-dessus. Après tout, je suis en vacances, n’est-ce pas…

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectifs M.Zuiko 7-14 mm F/2,8 (2e et 4e photos), M.Zuiko 25 mm F/1,2 (3e photo) et M.Zuiko 12-40 mm F/2,8 (les autres photos)
  1re photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 320 — 12 mm
  2e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 500 — 7 mm
  3e  photo : 1/100 sec. — F/1,2 — ISO 200 — 25 mm
  4e  photo : 1/250 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 14 mm
  5e  photo : 1/200 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 12 mm
  6e  photo : 1/250 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 12 mm
  7e  photo : 1/800 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 22 mm
  8e  photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 12 mm
  9e  photo : 1/200 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 20 mm
10e  photo : ? sec. — F/2,8 — ISO 6400 — ? mm


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Voyage à Porto : jour 17
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Écrit par Jean-Pierre Martel


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