Le Patio culturel de Maisonneuve

15 août 2017

Inaugurée en 1981, la Maison de la culture Maisonneuve fut la première à Montréal. À l’origine, elle logeait dans la bibliothèque située au coin des rues Ontario et Pie-IX.

Maison de la culture Maisonneuve

En 2005, elle déménagea tout près, dans l’édifice de l’ancienne caserne de pompier situé de l’autre côté de la rue Desjardins.

Cet édifice a été construit en 1906-1907 par l’architecte Charles-Aimé Reeves (1872-1948) dont la nouvelle demeure était tout près.

Cliquez sur l’image pour l’agrandir
Cliquez sur l’image pour l’agrandir

À droite de la Maison de la culture, on a placé l’armoire vitrée nommée ‘Au plaisir des mots’, alimentée par les citoyens du quartier désireux de se départir de livres au profit de ceux qui seraient intéressés.

Cliquez sur l’image pour l’agrandir

À deux pas, on a installé un babillard métallique plutôt bas, au niveau des enfants. Sur celui-ci sont affichés des dessins d’enfants (reproduits sur plaque métallique) illustrant des textes sur le thème de l’enfance.

Cliquez sur l’image pour l’agrandir

Au-dessus de tout cela, sur les vitres de la Maison de la culture, on a cité les cinq poètes québécois suivants : Anne Hébert, Gaston Miron, Marie Uguay et Gérald Godin.

Cliquez sur l’image pour l’agrandir

Entre la Maison de la culture et la Bibliothèque municipale, la rue Desjardins est interdite à la circulation durant l’été.

C’est à cet endroit qu’on a installé des tables, des chaises de jardin et une borne Wifi gratuite de manière à ce que des citoyens puissent y consulter des imprimés ou l’internet pendant que leurs enfants s’amusent dans des carrées de sable. Des séances d’écriture y sont organisées.

Cliquez sur l’image pour l’agrandir
Cliquez sur l’image pour l’agrandir

Cet aire de repos se prolonge sur le terrain ombragé de la bibliothèque.

Cliquez sur l’image pour l’agrandir

Entre les rues La Fontaine et Ontario, les arbres de la rue Desjardins affichent des textes sélectionnés par un comité de 25 poètes québécois. J’ai choisi de montrer celui-ci en raison de ces modestes fleurs qu’un citoyen anonyme a ajouté.

Bref, la Maison de la culture Maisonneuve contribue à sa manière à ce plaisir de vivre tout simple qui rend la métropole si conviviale.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectif M.Zuiko 12-40mm F/2,8
1re photo : 1/5000 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 40 mm
2e  photo : 1/1250 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 40 mm
3e  photo : 1/2500 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 18 mm
4e  photo : 1/1000 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 18 mm
5e  photo : 1/4000 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 12 mm
6e  photo : 1/2500 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 25 mm
7e  photo : 1/640 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 12 mm
8e  photo : 1/500 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 22 mm
9e  photo : 1/500 sec. — F/3,2 — ISO 200 — 31 mm

Le Patio culturel de Maisonneuve
Votre évaluation :

Laissez un commentaire »

| Photos de Montréal, Photos de voyage, Photos du Canada, Sociologie | Mots-clés : , | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Données linguistiques de Montréal selon le recensement de 2016

3 août 2017

C’est le 2 aout dernier que Statistique Canada dévoilait les données linguistiques de son recensement de 2016.

Selon les données du recensement précédent — celui de 2011 — la proportion des Francophones sur l’ile de Montréal et dans l’ensemble de la région métropolitaine a décliné d’environ un pour cent de 2006 à 2011.

Qu’en est-il depuis ?

Qu’est-ce qu’un Francophone ?

La langue maternelle

Traditionnellement, Statistique Canada définit un Francophone comme un citoyen dont la langue maternelle est le français.

La majorité des citoyens canadiens sont adultes. Dans leur cas, leur langue maternelle reflète une appartenance linguistique ancienne.

Par exemple, une personne née voilà longtemps de parents francophones, mais qui, de nos jours, lit principalement des textes en anglais, voit des films en version anglaise, écoute de la musique anglaise et surtout, parle exclusivement anglais à la maison, n’est plus un Francophone.

La première langue officielle apprise

Le Canada possède deux langues officielles : l’anglais et le français.

Pour les répondants de descendance québécoise, la première langue officielle apprise, c’est la langue maternelle.

Chez les néoQuébécois, les données au sujet de la première langue officielle apprise ne tiennent pas compte des transferts linguistiques. C’est ainsi que les personnes qui, par exemple, ont appris un français boiteux dans leurs cours de francisation mais qui ont finalement choisi de s’assimiler à l’anglais seront considérés comme des Francophones si on devait se baser sur ce critère.

La principale langue officielle utilisée à la maison

Parmi toutes les questions du recensement, celle qui permet le mieux d’apprécier l’appartenance linguistique actuelle du répondant, c’est celle qui concerne la langue utilisée dans le contexte intime de la famille.

Et c’est parce que les données obtenues sont les seules significatives, elles sont les seules analysées ici.

Résultats montréalais du recensement de 2016

Le sort du français au Québec se joue dans la région montréalaise.

Il y a plusieurs raisons à cela. La principale est que cette région est la porte d’entrée de l’immigration québécoise.

Le Québec accueille annuellement environ 50 000 néoQuébécois. Cela fait un demi-million de personnes par décennie. Et ce, sans compter les enfants auxquels ils donnent naissance dans les années qui suivent leur installation chez nous. Pour un peuple de huit-millions de citoyens, cet apport est considérable.

La deuxième raison est le fait qu’à Montréal, la présence d’institutions anglaises facilite les transferts linguistiques vers l’anglais.

Qu’en est-il à ce sujet ?


Données linguistiques de 2011 et de 2016 pour l’ile de Montréal
(Note : LNO signifie Langue non officielle)

Langue parlée à la maison Nombre en 2011 % en 2011 Nombre en 2016 % en 2016
         
Français 936 870 50,3 % 944 630 49,3 %
Français + LNO 59 940 3,2 % 77 410 4,0 %
Anglais 435 675 23,4 % 445 575 23,3 %
Anglais + LNO 31 595 1,7 % 38 280 2,0 %
Français et anglais 27 670 1,5 % 34 140 1,8 %
Français + anglais + LNO 18 410 1,0 % 24 810 1,3 %
Langue non officielle 352 040 18,9 % 349 920 18,3 %
Total 1 862 200 100,0 % 1 914 765 100,0 %

Données linguistiques de 2011 et en 2016 pour la région métropolitaine
(Note : LNO signifie Langue non officielle)

Langue parlée à la maison Nombre en 2011 % en 2011 Nombre en 2016 % en 2016
         
Français 2 502 410 66,1 % 2 646 275 65,3 %
Français + LNO 87 330 2,3 % 118 970 2,9 %
Anglais 606 910 16,0 % 643 425 15,9 %
Anglais + LNO 41 050 1,1 % 50 930 1,3 %
Français et anglais 48 610 1,3 % 60 735 1,5 %
Français + anglais + LNO 27 120 0,7 % 38 490 0,9 %
Langue non officielle 472 485 12,5 % 494 535 12,2 %
Total 3 785 915 100,0 % 4 053 360 100,0 %


 
Analyse comparative

Afin de lutter contre le déclin démographique du peuple francoQuébécois, le Québec a choisi de privilégier l’accueil de travailleurs qualifiés en provenance de pays francophones et notamment en provenance du Maghreb. Ce qu’on oublie, c’est que la langue maternelle des citoyens de ces pays est majoritairement le berbère ou l’arabe.

Conséquemment, une des conséquences inéluctables de l’immigration au Québec est de diminuer la proportion des citoyens dont la langue maternelle n’est pas une des langues officielles du pays.

On devra s’y faire. D’autant plus que cela n’est pas important.

Ce qui importe, c’est l’appartenance au peuple francoQuébécois, reflétée par l’usage du français à domicile.

On obtient les données à ce sujet en combinant la proportion des Québécois dont la seule langue utilisée à la maison est le français avec la proportion de ceux qui ont entrepris un transfert linguistique vers le français et qui parlent à la maison deux langues dont une seule officielle, soit le français. Ce sont les deux premiers groupes dans les tableaux ci-dessus.

Sur l’ile de Montréal, de 2006 à 2011, la proportion de ceux-ci a décliné de 54,5% à 53,5%, soit un déclin d’un pour cent. Mais de 2011 à 2016, ce déclin s’est presque arrêté, passant de 53,5% à 53,3%, soit une différence de 0,2%.

De la même manière, dans l’ensemble de la région métropolitaine, cette proportion a décliné de 69,2% à 68,4% de 2006 à 2011. Toutefois, ce déclin a presque complètement été stoppé depuis, passant de 68,4% à 68,2% de 2011 à 2016.

Que s’est-il passé au cours de la dernière décennie ?

Sous le gouvernement Charest, le Québec a considérablement réduit les sommes consacrées à la francisation des immigrants. Il a toutefois augmenté celles destinées aux cours de francisation aux entreprises. Or il ne s’agit ici que de grandes entreprises puisqu’il était hors de question d’instituer des cours pour une petite entreprise dont le personnel compte seulement un ou deux néoQuébécois.

Le résultat a été immédiat, soit une chute des transferts linguistiques vers le français.

Sous le gouvernement Couillard, on a récemment rétabli en partie le budget des cours de francisation. Par contre, dans la région métropolitaine, on a créé des cours d’anglais dans le but d’augmenter l’employabilité des néoQuébécois qui ne connaissent pas suffisamment cette langue.

À Montréal et sa périphérie, le résultat de ces mesures opposées a été neutre.

Afin d’accroitre la francisation des immigrants sans affecter le trésor public, on a favorisé l’installation des immigrants ‘en province’, comptant sur le pouvoir assimilateur naturel de milieux presque totalement francophones.

Cette stratégie ‘passive’ a donné d’excellents résultats parmi la progéniture des immigrants installés en province puisque leurs enfants sont devenus francophones dans une proportion très élevée.

Chez leurs parents — qui représentent entre la moitié et le tiers des membres de ces familles — les résultats sont mitigés.

Des indices — notamment au sein de certaines communautés asiatiques dans la région de Québec — laissent penser qu’on s’est soumis à des cours de francisation pour la forme, avec l’intention réelle de s’assimiler à l’anglais et pour ce faire, de déménager en Ontario à la première occasion.

Voilà peut-être pourquoi on assiste à un déclin de la proportion de Francophones à l’extérieur de la région métropolitaine, déclin auquel il ne faut pas attacher plus d’importance qu’il n’en faut puisqu’il ne compromet pas la survie du français là où il a été constaté.

Précisons qu’il ne s’agit-là que d’une hypothèse. Toutefois, si elle est exacte, on devrait peaufiner nos politiques d’immigration afin d’éviter une immigration de transit qui représente un gaspillage de ressources.

Les correctifs

En dépit de l’analyse comparative ci-dessus, très centrée sur l’immigration, la place du français au Québec dépend de l’ensemble des mesures comprises dans une politique linguistique.

Il est illusoire de penser que le français peut se maintenir au Québec sans des mesures protectionnistes. Rappelons-nous que l’anglais est devenu la langue dominante au Canada grâce à une politique génocidaire à l’égard des premiers habitants de ce pays (les peuples autochtones) et une politique migratoire agressive dans l’ensemble du Canada.

Dans le cas du Québec, si la proportion des Francophones s’est presque maintenue de 2011 à 2016, elle décline depuis des décennies, y compris au cours des dix dernières années.

Ce déclin d’environ 1,2% en dix ans tire son importance de l’effet cumulatif de déclins antérieurs.

C’est nous, collectivement, qui décidons de notre avenir. Jusqu’où sommes-nous prêts à descendre ?

À mon avis, nous devons rétablir la place qu’occupait le français au Québec.

Pour ce faire, notre politique linguistique doit faire en sorte que les Québécois se sentent tout naturellement chez eux au Québec.

On doit pouvoir travailler en français. Cela implique que le supérieur hiérarchique anglophone doit s’adresser aux Francophones dans leur langue et non l’inverse. Comment a-t-on réagi au Canada anglais lorsqu’une minière a voulu imposer la connaissance du mandarin comme critère d’embauche sous le prétexte que les dirigeants de la compagnie étaient chinois ?

Quels que soient les avantages du bilinguisme (auxquels je souscris), il est inacceptable qu’on disqualifie à certains postes les candidats Francophones unilingues alors que la connaissance de l’anglais n’est pas nécessaire. Leur droit au travail doit être respecté. Ce qui signifie qu’on ne doit pas accepter comme définitif le biais interprétatif créé dans une cause récente à Gatineau.

Pour terminer au sujet de la langue au travail, il faut étendre l’obligation d’obtenir un certificat de francisation aux entreprises de 25 à 49 employés. Cette obligation existe déjà pour les entreprises de cinquante employés et plus.

En plus du droit au travail, on doit consacrer le droit d’être servi en français partout sur le territoire québécois. De la même manière, il est inacceptable qu’un tribunal ait rendu récemment un jugement en anglais au Québec dans une cause plaidée exclusivement en français et où l’accusé était unilingue français.

Dans le cas précis de notre politique migratoire, nous devons imiter la Grande-Bretagne. Dans ce pays, la connaissance préalable de la langue nationale par le requérant et son conjoint est un prérequis à l’acceptation d’une demande d’immigration.

Bref, après quinze de laisser-faire libéral, le français n’occupe pas la place qu’il devrait avoir chez nous à titre de langue nationale. Voilà pourquoi un certain nombre de correctifs s’imposent. Correctifs dont la nécessité nous est rappelée par les résultats du dernier recensement.

Conclusion

La grande différence entre les données des recensements de 2011 et de 2016, c’est que dans le premier cas, on pouvait y voir des signes encourageants ou non selon la définition du mot ‘Francophone’.

Avec celui de 2016, tous les voyants lumineux clignotent au rouge.

En analysant chacun de ces deux recensements, nous avons fait ici le choix de nous en tenir à la langue réellement parlée de nos jours par le répondant.

Ce point de vue possède l’avantage de suivre précisément un phénomène de fond, inéluctable depuis longtemps, et d’en tirer une conclusion qui ne surprendra personne; l’importance démographique du français décline inexorablement depuis des années au Québec et la protection de notre langue doit y être renforcée.

Références :
Controversy over Chinese miners in B.C. prompts review
Données linguistiques de Montréal selon le recensement de 2011
Être condamné dans une langue qu’on ne comprend pas
Immigrants’ spouses ‘must speak English before entering UK’
Le droit de travailler en français au Québec menacé
Le français, non merci
Le PQ et la francisation des immigrants
Données du recensement de 2016 : Montréal
Données du recensement de 2016 : région métropolitaine

Données linguistiques de Montréal selon le recensement de 2016
Votre évaluation :

Laissez un commentaire »

| Langue française, Sociologie | Mots-clés : , , , | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Le référendum de Saint-Apollinaire

20 juillet 2017

Les problèmes pourrissent plus lentement que les dépouilles

Dimanche dernier, par un vote de 19 contre 16, des citoyens de la municipalité de Saint-Apollinaire ont refusé une modification de zonage qui aurait permis la création d’un cimetière musulman à proximité de leur domicile.

Après avoir lu de nombreux éditoriaux et commentaires publiés à ce sujet, j’en suis venu à la conclusion que ce fait divers est relativement sans importance.

Ce refus est certainement décevant pour le Centre culturel islamique de Québec (qui pilotait ce projet); si le ‘Oui’ l’avait emporté, cela réglait le problème des fidèles qui fréquentent sa mosquée.

Mais cela laissait intact le même problème vécu par presque tous les autres Musulmans du Québec.

En somme, un référendum positif n’aurait pas réglé grand-chose. Conséquemment, il est futile de chercher à savoir si le référendum a été rejeté pour les bonnes ou les mauvaises raisons.

En réalité, tout cela est devenu un ‘problème’ parce que les choses trainent.

On a un gouvernement prompt à nous assurer de son dévouement devant les caméras; on le voit donc la main sur le cœur — quand ce n’est pas la larme à l’œil — nous promettre d’agir promptement.

Mais quand vient ce temps d’agir, justement, il se traine les pieds.

Ceux qui regardent la retransmission télévisée de la période de questions de l’Assemblée nationale, constatent que l’excuse récurrente du gouvernement Couillard lorsqu’un dossier n’est toujours pas réglé, c’est que la faute en incombe au gouvernement Marois.

En réalité, le gouvernement Marois n’a été qu’un interlude de 18 mois dans les quinze ans de pouvoir presque ininterrompu de régime libéral. Évidemment, il n’a pas résolu tous les problèmes du Québec.

La question fondamentale à se poser est la suivante : comment se fait-il qu’après quinze ans, certains problèmes simples ne soient toujours pas réglés ?

Que les Québécois musulmans qui prennent racine au Québec veulent s’y faire enterrer, cela est légitime.

Or ce n’est pas d’hier que nous accueillons au Québec des Musulmans. Est-ce qu’il était écrit quelque part que nous les accueillions à la condition qu’ils changent de religion ? Non ? Alors qu’est-ce qu’on attend ?

Les correctifs

M. Philippe Couillard à l’aréna Maurice-Richard, le 2 février 2017

Le 2 février dernier, aux funérailles montréalaises des victimes de l’attentat terroriste de Québec, le premier ministre a appris (s’il ne le savait pas déjà) que ceux qui s’occupent ici des funérailles des Québécois musulmans rencontrent deux difficultés majeures.

A) La rareté des lieux de sépulture

La première difficulté, c’est qu’il y a très peu d’endroits au Québec où les Musulmans peuvent se faire enterrer.

La principale porte-parole des opposants à la création d’un cimetière musulman à Saint-Apollinaire justifiait son opposition en soutenant que les Québécois musulmans devaient plutôt choisir de se faire enterrer dans des cimetières multiconfessionnels.

Que les Québécois musulmans soient enterrés dans des cimetières qui leur sont exclusifs ou non, cela n’est pas important à nos yeux. Mais ce n’est pas à nous d’en juger.

Si certains Québécois musulmans en décident autrement, qui sommes-nous pour les forcer à modifier leurs préférences ?

Ceci étant dit, il faut réaliser que les milieux de droite ou d’extrême droite ont créé un climat toxique à l’égard des Québécois musulmans. Ce à quoi il faut s’attaquer, ce n’est pas aux radiopoubelles de Québec, aux partis politiques qui carburent à l’islamophobie, ni aux milices d’extrême droite comme La Meute; il faut combattre l’idéologue qui les anime.

Or changer des mentalités prend beaucoup de temps.

D’ici là, pour l’État québécois, la solution la plus simple est de consacrer des sommes d’argent aux cimetières du Québec qui voudront devenir multiconfessionnels, sous réserve de différents critères, dont celui de l’acceptabilité sociale dans leurs milieux respectifs. Cela les obligera à travailler eux-mêmes à cette acceptabilité s’ils veulent bénéficier de cette subvention.

Cela ne règle pas le problème des Québécois musulmans qui souhaitent que leurs proches soient enterrés dans un cimetière spécifiquement musulman. Mais cela règle, dans un premier temps, le problème des autres.

Une chose à la fois.

Dans tous les cas, imposer à une municipalité l’obligation d’accueillir un cimetière (confessionnel ou non) à l’encontre de la volonté de ses citoyens, cela entraine la mise sur pied de mesures répressives pour contrer la profanation des sépultures et le vandalisme des stèles ou des monuments funéraires. Concrètement, c’est l’équivalent de lutter contre le vent. Dans ce sens, ce référendum était une bonne chose.

Il y a plus de mille municipalités au Québec. Il n’est pas nécessaire que chacune d’elles ait son propre cimetière musulman ou multiconfessionnel. Il suffit que de tels cimetières se retrouvent çà et là sur l’ensemble du territoire national.

Pour ce faire, il ne faut qu’un seul prérequis; une volonté politique. Pas seulement de belles paroles.

B) L’obligation d’embaumer

Le rituel funéraire musulman a été établi dans des pays dont le climat est désertique, à une époque où la climatisation n’existait pas.

Selon ce rite, les corps sont simplement lavés et enveloppés dans un linceul avant l’enterrement. Ce linceul est composé d’un nombre impair de pièces de tissus. Quant à lui, l’enterrement doit avoir lieu dans les 24 heures qui suivent le décès.

En France, les démarches administratives font en sorte que les délais pour l’enterrement sont un peu plus longs. Conséquemment, les cercueils y sont obligatoires pour des raisons sanitaires.

Après la rareté des lieux de sépulture, le deuxième problème au Québec, c’est que seuls l’incinération ou l’enterrement après embaumement sont permis. Après embaumement, cela signifie après avoir retiré le sang et les viscères de la dépouille.

Puisque l’embaumement est interdit par le rite musulman, cela oblige les Québécois musulmans qui en ont les moyens de rapatrier les corps à l’Étranger pour que l’enterrement se fasse selon les rites de leur religion.

Que faut-il faire pour corriger cela ? C’est simple.

On consulte la norme française à ce sujet. Par couper-coller, on en fait un projet de loi en y ajoutant le préambule commun à toutes les lois du Québec. Puis on le met au feuilleton de l’Assemblée nationale et on l’adopte. C’est tout.

Comment se fait-il que rien n’a été fait depuis février dernier ? Combien faut-il de mois ou d’années pour qu’un gouvernement élu sur la promesse de s’occuper des ‘vraies affaires’ se grouille le derrière ?

C’est un mystère…

Références :
Cimetière musulman: l’«histoire n’est pas terminée», dit Couillard
Funérailles montréalaises de trois des victimes de l’attentat de Québec

Le référendum de Saint-Apollinaire
5 (100%) 1 vote

Laissez un commentaire »

| Religion, Sociologie | Mots-clés : , , | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


L’été de 1967

22 juin 2017

Introduction

Dans les mois qui viennent, on pourra voir à Montréal les expositions ‘À la recherche d’Expo 67’ (au musée d’Art contemporain), ‘Expo 67 — Rêver le monde’ (au musée Stewart), et ‘Mode Expo 67’ (au musée McCord).

En plus, le Musée des Beaux-Arts présente l’exposition britannique ‘Revolution’, qui porte sur l’effervescence artistique de la deuxième moitié des années 1960.

Trois mots expliquent cette période; jeunesse, fatalité et hédonisme.

Jeunesse

La deuxième moitié des années 1960 voit l’arrivée sur le marché du travail des Baby Boomers. On appelle ainsi ceux qui sont nés au cours des années suivant la fin de la Deuxième Guerre mondiale.

Le pouvoir d’achat soudain d’une jeunesse dépensière issue de cette explosion démographique bouleverse la société de consommation occidentale de l’époque.

Depuis la fin de la guerre, la très grande majorité des biens achetés étaient des biens durables; voitures neuves, maisons, ameublement, et électroménagers (notamment des articles de robotisation des tâches domestiques).

Mais ces Baby Boomers ont un profil de consommation diamétralement opposé à celui de leurs parents.

Fatalité

À cette époque, le monde est divisé en deux clans ennemis représentés par les États-Unis et la Russie. Nous sommes au paroxysme de la Guerre froide.

Chacun de ces clans a accumulé un stock d’ogives nucléaires capable de détruire plusieurs fois toutes les villes de plus de cent-mille personnes du clan adverse.

Pourquoi plusieurs fois ? Au cas où la majorité de ces ogives seraient interceptées. On veut la certitude d’anéantir l’ennemi.

La probabilité que l’Humanité puisse survire à une autre guerre mondiale est nulle; personne ne pourrait échapper à l’intense radioactivité qui détruirait toute vie sur terre à l’exception des bactéries et des insectes.

Hédonisme

Contrairement à leurs parents à leur âge, on ne rêve plus à cette petite famille qu’on fonde et élève dans une banlieue récemment plantée d’arbres, dans une maison unifamiliale qui abrite même l’auto de papa et devant laquelle les paysagistes s’affairent à installer le gazon acheté en rouleau.

Sous la menace de l’anéantissement de toute vie sur terre, il ne sert à rien de penser à l’avenir : seul l’instant présent compte. Et il faut le vivre intensément.

Les artistes sont animés de l’urgence de créer pendant qu’ils le peuvent. On décore et s’habille de couleurs vives. La musique se fait bruyante et audacieuse : pour en maximiser l’impact, on voudra l’écouter au cours de messes qui réunissent des foules gigantesques. Les drogues permettent d’expérimenter des perceptions sensorielles impossibles autrement.

Et pour augmenter les chances de survie de l’espèce, on explore des modes d’organisation sociale où les enfants ne sont plus la propriété exclusive d’un couple, mais sont élevés collectivement. Où l’exclusivité sexuelle n’est plus la règle.

Rapidement, l’industrie s’ajuste à cette clientèle libre de toute tradition et ouverte autant à la vulgarité qu’au sublime.

Cinquante ans plus tard, ce que nos musées exposent, ce ne sont pas les artéfacts d’une période révolue. Leur véritable sujet est intangible; c’est l’hédonisme d’une époque caractérisée par une révolution esthétique aussi éphémère que fascinante.

Un évènement emblématique

Si les musées montréalais ont choisi de symboliser cette époque par l’Expo 67, c’est que cet évènement est emblématique.

Après le désistement-surprise de la Russie — qui avait été choisie à la place de Montréal pour tenir l’évènement — on demande à la ville perdante, Montréal, de prendre la relève.

Mais les délais sont trop courts. Devant le fiasco probable de l’entreprise, peu de gens qualifiés veulent risquer leur carrière à prendre en charge la tenue de l’exposition.

Les pouvoirs publics confient donc a une équipe de jeunes —  talentueux mais relativement inexpérimentés — la tâche de faire de leur mieux en organisant une exposition dont le Canada n’aurait pas trop honte.

Et alors que de très nombreux commentateurs (surtout au Canada anglais) critiquent l’irresponsabilité des pouvoirs publics, l’optimisme et l’enthousiasme des organisateurs viennent à bout de tous les obstacles. Ceux-ci mettent finalement sur pied, dans les délais prévus, la plus grande exposition universelle de tous les temps.

Et pour les millions de visiteurs émerveillés, l’été de 1967 demeurera imprégné dans leur mémoire comme étant l’époque où tous les rêves étaient possibles…

L’été de 1967
Votre évaluation :

Laissez un commentaire »

| Sociologie | Mots-clés : | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Le Québec et la légalisation du cannabis

20 avril 2017

Depuis que le gouvernement fédéral a annoncé que la légalisation de la marijuana, certains observateurs s’inquiètent des risques de cette décision.

Au départ, précision que effets néfastes de cette drogue sur la santé sont moindres que ceux de l’alcool. Si tous les alcooliques abandonnaient l’alcool pour le cannabis, on verrait l’apparition de nouveaux problèmes mais la disparition complète des nouveaux cas de cirrhoses du foie, incurables même à l’arrêt de l’éthylisme.

Dans les États où on a légalisé le pot — notamment au Colorado et dans l’État de Washington — on a constaté une augmentation importante à la fois du nombre d’accidents de la route causés par des conducteurs sous l’effet du cannabis et du nombre d’hospitalisations résultant d’une surdose.

Sans nier la possibilité que cela puisse être observé au Québec, ce phénomène ne devrait pas être significatif.

En effet, les États-Unis ont mené pendant des décennies une ruineuse et inefficace lutte contre la drogue caractérisée par la sévérité des sanctions imposées aux contrevenants.

Au contraire, au Québec, la simple possession de cannabis est tolérée depuis des années. Ici, la consommation est entrée dans les mœurs et la très grande majorité de ses utilisateurs ont appris à en faire une consommation ‘responsable’.

De 2002 à 2012, le pourcentage de personnes ayant déjà consommé de la marijuana a diminué chez les 15 à 17 ans et les 18 à 24 ans. Cette consommation est toutefois demeurée stable chez les 25 à 44 ans et a augmenté dans les groupes d’âge plus avancé.

On croit que l’augmentation chez le groupe des 45 à 64 ans pourrait être le reflet du vieillissement de la cohorte de ceux qui se situaient dans le groupe des 25 à 44 ans en 2002.

En somme, chez les jeunes, le cannabis n’a plus l’attrait du fruit défendu.

La décision canadienne de ne pas autoriser les aliments à base de cannabis — permis dans les deux États américains mentionnés — devrait éviter les hospitalisations pour surdose (extrêmement rares chez les fumeurs).

Tout au plus doit-on s’attendre à une augmentation du nombre de fêtards intoxiqués au pot (plutôt qu’à l’alcool) qui commettent l’erreur de prendre le volant.

Cela implique que les forces policières devront s’équiper d’instruments capables de déceler les intoxications, ce qui devrait déjà être fait depuis longtemps.

Au-delà de la curiosité que susciteront au départ les commerces de cannabis et l’impact touristique de sa légalisation, il est à prévoir que les changements législatifs ne bouleverseront que sa distribution puisque dans les faits, sa consommation est déjà décriminalisée au Québec depuis plus d’une décennie.

Le Québec et la légalisation du cannabis
Votre évaluation :

Laissez un commentaire »

| Sociologie | Mots-clés : | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Le crucifix de l’incohérence

12 mars 2017

Introduction

L’Hôtel-Dieu de Québec ne suffisant plus à la demande, c’est en 1927 qu’est fondé l’hôpital du Saint-Sacrement.

À l’origine, l’établissement est confié aux Augustines, bientôt suivies par les sœurs de la Charité en juin 1927. Ces dernières en deviennent les propriétaires en 1936 et le demeureront jusqu’à ce que l’hôpital devienne public, quelques décennies plus tard.

Le mois dernier, à la suite de la plainte d’un patient, un crucifix accroché dans le hall d’entrée de l’hôpital a été retiré, puis réinstallé quelques jours plus tard après les protestations de milliers de personnes.

L’archevêque de Québec avait déclaré : « J’y vois plutôt un manque de sensibilité à l’endroit de notre peuple et de son histoire, ainsi qu’un manque de respect envers ces femmes religieuses qui ont fondé l’hôpital et qui y ont œuvré pendant plusieurs décennies.»

Le premier ministre du Québec a soutenu que ça ne dérangeait pas les gens ‘des autres cultures’ de voir le crucifix à l’Assemblée nationale ou dans un hôpital. Vraiment ?

C’est à la demande du ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) que le crucifix a été réinstallé.

Dans la justification de sa volteface, le Centre hospitalier de Québec déclare : « Le MSSS considère qu’il ne s’agit pas ici de la neutralité religieuse de l’État mais du respect de l’histoire de l’hôpital, du caractère patrimonial religieux et surtout du respect et de la reconnaissance à avoir envers nos mères fondatrices, la communauté des Soeurs de la Charité.»

Le crucifix a été réinstallé avec une plaque explicative, comme le suggérait le diocèse.

L’incohérence du gouvernement Couillard

Le gouvernement Couillard se dit favorable à la neutralité religieuse de l’État.

Pour bien comprendre ce que cela veut dire, il faut distinguer la pierre et l’humain.

La neutralité signifie que tous les symboles religieux amovibles doivent disparaitre de la propriété de l’État. Ces symboles n’ont leur place que dans les institutions confessionnelles (lieux de culte, écoles privées, etc.) et les lieux privés.

On doit donc enlever toute la camelote religieuse que l’Église elle-même n’a pas cru bon retirer des murs de ses établissements hospitaliers ou scolaires lorsque ces édifices sont devenus des propriétés de l’État.

Ce qui n’est pas amovible reste là parce qu’il fait toujours partie du patrimoine architectural. Comme, à Paris, c’est le cas de la croix au sommet du Panthéon.

N’y a-t-il pas des objets amovibles qui ont également une valeur patrimoniale ? Sans doute. Mais il y a patrimoine et patrimoine.

Tout ce dont on hérite est patrimonial.

Lorsque des parents décèdent, toutes leurs possessions sont du patrimoine. Certains objets sont légués explicitement par testament. D’autres sont partagés entre les héritiers. Et ce qui reste est jeté au rebut.

Il en est de même des objets amovibles patrimoniaux. Ce qui mérite d’être conservé doit l’être. C’est ainsi que le crucifix de l’Assemblée nationale doit être retiré, puis confié à un musée.

Mais tous ces crucifix en plâtre peint ou en métal moulé, faits à la machine à des milliers d’exemplaires, doivent être offerts gratuitement à l’Église catholique. Ce dont elle ne voudra pas devra être jeté au rebut comme n’importe quelle camelote.

Ce qui ne veut pas dire qu’on doive renoncer à rendre hommage, par une plaque explicative, au dévouement des communautés religieuses dans les bâtiments qui leur ont déjà appartenus.

Pour ce qui est des gens, la neutralité de l’État signifie qu’ils sont libres de faire ce qu’ils veulent. Les manifestations extérieures de leur foi, cela ne regarde pas l’État.

Sur la place publique, certaines personnes jugent approprié de ne donner aucun indice de leur appartenance religieuse. D’autres personnes veulent le contraire. C’est leur droit.

Personne ne doit imposer aux autres comment ils doivent vivre leur religion, tant et aussi longtemps que leur liberté n’empiète pas sur le droit des autres de vivre différemment.

Bref, c’est vivre et laisser vivre.

D’autre part, le gouvernement Couillard se propose d’obliger la prestation et la demande de services gouvernementaux à visage découvert. Cela est évidemment discriminatoire à l’égard des femmes qui portent le niqab ou la burka. Mais c’est un choix de société; nous ne voulons pas de ces déguisements sur la voie publique. Voilà tout.

Conclusion

J’avoue avoir de moins en moins de patience à l’égard des débats qui n’en finissent plus au sujet de la place de la religion dans notre société.

Ces déchirements ne cesseront pas avec adoption d’une politique claire à ce sujet mais ils commenceront à s’estomper le jour où l’État cessera de se comporter comme une girouette et que les citoyens mécontents sauront que certains combats sont voués à l’échec. En somme, quand c’est ça qui est ça.

Le projet de loi 59 était la solution du Parti libéral pour lutter contre le fanatisme religieux d’influence saoudienne; il avait été présenté à la suite des propos controversés de deux imams sunnites de Montréal. Malheureusement, ce projet de loi était une passoire. Et il a été retiré parce que jugé liberticide.

En juin 2015, le gouvernement Couillard présentait le projet de loi 62 : celui-ci défendait le principe de la neutralité religieuse de l’État.

Mais arrive la controverse du crucifix de l’hôpital du Saint-Sacrement. Et voilà le gouvernement qui recule. Finalement, l’étude ultérieure du projet de loi est reportée à cet automne.

Bref, après plus d’une décennie de gouvernement libéral presque ininterrompu, on est toujours devant rien; ces débats interminables se poursuivent parce qu’on ne tourne jamais la page pour passer à autre chose.

D’où la question : le gouvernement croit-il sérieusement aux principes qu’il prétend défendre ? Si oui, où en est la preuve ?

Références :
Hôpital du Saint-Sacrement
Intégrisme et radicalisation : de retour à la case départ
Le crucifix de retour à l’Hôpital du Saint-Sacrement
Le crucifix «ressuscite» au CHU de Québec
Retrait du crucifix: le CHU de Québec est la cible de menaces

Le crucifix de l’incohérence
Votre évaluation :

Laissez un commentaire »

| Religion, Sociologie | Mots-clés : , , | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Trois viols masculins célèbres aux États-Unis

27 février 2017

New York 1997

Il y a vingt ans cette année, un noir de trente ans était sodomisé dans la toilette d’une station de police new-yorkaise à l’aide d’un manche à balai brisé.

La victime eut la vessie et le colon perforés et passa deux mois à l’hôpital.

Le policier responsable fut condamné à trente ans d’emprisonnement et la ville versa 8,7 millions$ à la victime.

Chicago 2004

Le 28 aout 2004, un policier de Chicago et un patrouilleur ont arrêté un suspect noir de vingt ans, l’ont menotté, l’ont amené dans une ruelle où ils l’ont dévêtu, puis lui ont inséré profondément un tournevis dans le rectum.

La plainte en déontologie policière a été rejetée pour insuffisance de preuve.

Le plaignant s’est alors tourné vers les tribunaux civils. En dépit du parjure des policiers, le plaignant a eu gain de cause en raison de la présence de matières fécales trouvées dans le coffre à gants où se trouvaient plusieurs tournevis dans la voiture de police utilisée ce soir là.

La ville de Chicago a été condamnée à payer au plaignant quatre-millions$ plus ses frais d’avocat. Mais les policiers blâmés par le tribunal n’ont pas été punis; l’officier a conservé son poste (rémunéré à raison de 90 618$US), de même que le patrouilleur (87 384$US).

Dietrich 2015

Le village de Dietrich, dans l’État américain de l’Idaho, compte 334 habitants.

Le 22 octobre 2015, trois étudiants blancs (dont deux mineurs) ont attaqué le fils adoptif d’un de leurs professeurs de sciences.

Âgé de 17 ans au moment de l’incident, ce jeune noir attardé était victime de harcèlement à l’école. En plus d’insultes raciales, on le forçait à réciter les paroles de chansons célébrant le lynchage de noirs par le Ku Klux Klan.

Au cours de l’attaque, son harceleur principal a inséré un cintre dans l’anus de sa victime après que ses deux complices aient plaqué au sol l’adolescent noir.

En échange d’un plaidoyer de culpabilité sous des chefs d’accusation réduits, les procureurs ont laissé tomber les accusations de nature sexuelles contre l’accusé, ce qui aurait pu lui valoir un emprisonnement à perpétuité puisque la victime était encore mineure au moment de l’incident.

Si bien que dans le jugement rendu le 24 février dernier, l’accusé s’en est sorti avec 300 heures de travail communautaire et une période de probation de trois ans.

La famille du jeune noir a quitté l’Idaho depuis. La victime vit maintenant en institution après plusieurs tentatives de suicide.

Une pétition en ligne destinée à obtenir la destitution du juge a recueilli plus de 150 000 signatures en trois jours.

Références :
Idaho judge rules attack on high school football player was ‘not a rape’ or racist
The Abner Louima Case, 10 Years Later
US police officer who ‘sodomised black man with screwdriver’ allowed to keep working
White classmate avoids jail in coat-hanger assault of disabled black teenager

Trois viols masculins célèbres aux États-Unis
Votre évaluation :

Laissez un commentaire »

| Racisme, Sociologie | Mots-clés : , | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Welcome to English-speaking Illegals

25 février 2017

C’est à l’unanimité que les élus montréalais ont adopté dernièrement une résolution désignant Montréal ville refuge (ou ville sanctuaire).

Cette mesure vise à offrir gratuitement des services aux immigrants illégaux sans qu’ils aient à craindre l’expulsion du pays.

C’est ainsi que les policiers appelés sur les lieux d’une dispute impliquant des sans-papiers rétabliront l’ordre en évitant de les dénoncer aux services canadiens de l’immigration.

Strictement parlant, la résolution municipale a peu d’impact.

Concrètement, cela permet aux sans-papiers de profiter de cliniques de vaccination offertes par la Ville sans avoir à s’inquiéter. Cette mesure se justifie par le fait que personne n’a intérêt à ce que les sans-papiers soient des vecteurs d’épidémies.

Toutefois, la ville ne peut pas obliger un propriétaire à louer un logement à quelqu’un contre lequel il n’a aucun recours s’il s’enfuit sans payer le loyer en souffrance ou après avoir endommagé son appartement.

Même chose en garderie. Les parents déboursent quotidiennement 8$ pour chaque enfant. Toutefois, le cout réel est d’environ 35$ (le reste est assumé par les contribuables). Que ces garderies soient privées ou non, il est douteux qu’elles acceptent d’accueillir à perte des enfants d’une famille se trouvant illégalement au pays alors que déjà elles ne suffisent pas à la demande.

Présentée comme de la désobéissance civile face aux politiques migratoires du président Donald Trump, le maire est demeuré vague au sujet de l’attitude qu’adopteraient les forces policières dans les cas de délits mineurs, comme le vol à l’étalage. Jusqu’où ira la solidarité avec les sans-papiers ?

Ce sera du cas par cas, répondent les élus municipaux.

Il est certain que cela est injuste pour ceux qui choisissent d’immigrer au Canada légalement et qui doivent parfois attendre des années avant que leur demande soit acceptée.

Puisque les sans-papiers n’ont pas de numéro d’assurance sociale, ils ne peuvent que travailler au noir, au risque d’y être exploités.

De plus, ce travail au noir donnera vraisemblablement naissance à des réseaux clandestins d’embauche qui pourraient être infiltrés par le monde interlope si ce marché s’avère lucratif et si les organismes de défense des sans-papiers peinent à les aider à ce sujet.

Plus inquiétante est l’intention du maire Coderre — avouée le 21 février dernier en entrevue au Téléjournal — de se prévaloir des dispositions de la loi 121 pour accorder gratuitement tous les services sociaux aux sans-papiers, notamment la gratuité scolaire et des soins médicaux.

Je serais surpris que l’État québécois ne ramène pas le maire à la réalité dans ses grands élans de générosité avec l’argent des autres.

S’il est vrai que les immigrants illégaux sont soumis aux taxes sur la consommation, ils ne paient pas d’impôts. Or ce sont nos impôts qui paient la très grande majorité du cout des mesures sociales dont nous bénéficions.

L’intention des élus municipaux de tout offrir gratuitement n’est rien d’autre que de l’irresponsabilité fiscale puisqu’on demande aux contribuables d’assumer le financement de services dispensés à des gens qui n’en paient pas leur juste part.

Plus grave encore est l’effet de cette générosité sur l’équilibre linguistique de Montréal.

Les millions d’illégaux menacés d’expulsion par Donald Trump sont essentiellement des latinoAméricains qui se sont anglicisés au cours de leur séjour aux États-Unis.

Selon des estimations grossières, il y aurait 200 000 immigrants illégaux à Toronto. Combien y en a-t-il à Montréal ? Personne ne le sait.

Sans en tenir compte, les recensements de Statistique Canada révèlent que 60% des néoQuébécois choisissent de s’angliciser.

Ajoutez aux 50 000 néoQuébécois que nous accueillons annuellement, une cohorte de seulement dix ou quinze milles sans-papiers en provenance des États-Unis — sur les onze millions menacés d’expulsion et attirés par la générosité de nos élus — et la proportion de néoQuébécois qui décideront de vivre au Québec en anglais augmentera substantiellement, annulant ainsi les millions$ dépensés à la francisation des néoQuébécois.

L’Histoire ne retient jamais les vertus des peuples qui ont eu la stupidité de ne pas assurer leur survivance.

Bref, tant que ‘Montréal, ville refuge’ est un concept publicitaire bon chic bon genre sans conséquence concrète, il est bien difficile de s’y opposer.

Toutefois, dès qu’il s’agit d’une mesure fiscalement irresponsable et inquiétante du point de vue linguistique, on est en droit de critiquer l’angélisme de nos dirigeants municipaux.

Références :
De la parole aux actes
Entrevue du maire Coderre au Télé-Journal
Montréal ville refuge : la déclaration adoptée, des gestes concrets réclamés
Ville refuge : les ratés de Toronto

Welcome to English-speaking Illegals
Votre évaluation :

Laissez un commentaire »

| Langue française, Sociologie | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Pascal Bruckner ou la victimisation illusoire

17 février 2017

L’édition d’aujourd’hui du Devoir publie un texte d’un ses collaborateurs à Paris qui vante la parution du livre Un racisme imaginaire — Islamophobie et culpabilité de Pascal Bruckner.

L’extrait disponible sur l’internet illustre parfaitement le talent de cet intellectuel à échafauder de brillantes constructions intellectuelles à partir de matériaux empruntés au réel mais où, au final, le fantasme fait figure de réalité.

Dans cet extrait, l’auteur s’attaque à une manie de la Gauche — la rectitude politique — pour justifier son point de vue. En vertu d’une logique élastique, M. Bruckner en vient à soutenir que le ‘politiquement abject’ de Donald Trump ne pouvait l’amener à prendre le pouvoir qu’en raison des abus du ‘politiquement correct’ de la Gauche américaine.

Essentiellement, M. Brucker souffre de myopie.

Grâce aux sommes colossales qu’y consacre l’Arabie saoudite — une monarchie absolue qui, par définition, est un régime d’extrême Droite — le fondamentalisme islamiste se propage en Occident et ailleurs.

Cette expansion s’est faite avec la complicité du grand capital. En effet, celui-ci cultive ses liens avec la dictature saoudienne en raison des lucratifs contrats d’armement qu’elle accorde et en raison de la fuite des capitaux orchestrée dans les pétromonarchies au profit de nos économies.

On estime, par exemple, que la dynastie saoudienne et de grands entrepreneurs de ce pays possèdent collectivement environ huit pour cent de l’économie américaine, soit bien davantage que les fortunes combinées de Warren Buffett et de Bill Gates.

Or parallèlement à cette amitié entre le grand capital et l’Arabie saoudite, se déploie une collusion entre le désir hégémonique régional de la dictature saoudienne et le désir américain de priver la Russie de ses alliés dans le mode arabe (Libye, Irak et Syrie). D’où les guerres régionales qu’on y a livrées.

Au sein des pays occidentaux, les mouvements de Droite instrumentalisent la crainte légitime d’attentats terroristes alors que dans les faits, le djihadisme se nourrit de l’indignation provoquée dans les pays arabes par la guerre coloniale menée par Israël en Palestine et par la série de guerres prédatrices de l’Occident dans des pays producteurs de pétrole.

C’est donc avec beaucoup de scepticisme que je prends connaissance de la thèse simpliste de Pascal Bruckner.

Ce que je reproche à M. Bruckner, c’est de ne pas réaliser que la propagande haineuse dirigée contre les Musulmans de nos pays — propagande haineuse qu’il condamne — s’alimente d’un discours victimisant auquel il contribue.

Selon la thèse de M. Bruckner, le terme d’islamophobie anéantit toute parole critique envers l’islam. Il a pour but de bâillonner les Occidentaux.

S’il est vrai que certains imams radicaux ont tenté de museler ceux qui les critiquent en les accusant d’islamophobie, il faut préciser que cette tactique n’a jamais réussi.

Le quotidien parisien Le Monde souligne plutôt que la jurisprudence française est du côté de la liberté d’expression et même du droit au blasphème et non du côté des ‘islamo-gauchistes’.

Dans les faits, des millions de personnes alimentent déjà les médias sociaux de propos haineux à l’égard de l’Islam et des Musulmans. Au point que certains d’entre nous se sentent investis de la mission de les ‘punir’ pour ce qu’on leur reproche.

Si M. Bruckner se sent muselé par les accusations d’islamophobie, c’est son problème à lui et non le nôtre.

De plus, selon le chroniqueur du Devoir, « l’intérêt principal de ce livre réside dans le brio avec lequel l’auteur démontre à quel point ce crime d’islamophobie sert d’abord à condamner ceux qui, de l’intérieur même de l’islam, cherchent à réformer cette religion.»

En réalité, dans les pays où la charia a force de loi, ceux qui s’opposent au fondamentalisme ne sont pas condamnés pour islamophobie — ce qui serait ridicule puisque l’Islam y est omniprésent — mais pour apostasie ou pour insulte à l’Islam, ce qui est très différent.

Quant à l’argument, rapporté par le chroniqueur du Devoir, selon lequel «…si l’Europe est si islamophobe, pourquoi vient-on s’y réfugier par millions ?», je ne peux pas croire que ni M. Bruckner ni le chroniqueur du Devoir n’ont réalisé que la crise migratoire en Europe tire sa source des guerres que nos pays ont provoquées ou qu’ils ont laissé faire si près de leurs frontières.

Je note aussi l’accusation adressée à «…une Gauche exténuée en mal de prolétariat…». La formule est amusante mais tourne à l’aveuglement.

La xénophobie et l’intolérance sont des caractéristiques fondamentales de tout mouvement de Droite.

Au Québec, le discours haineux vient des radiopoubelles (également hostiles à la ‘gogauche’). Or ce discours fleurit dans les régions du Québec où prospère l’idéologie de Droite.

La Droite utilise les peurs sécuritaires représentées par des mouvements terroristes en exagérant la dangerosité des Musulmans occidentalisés et pacifiques qui habitent nos pays et en bloquant toute ouverture à l’autre au nom des valeurs traditionnelles en péril.

De tout temps, la Droite est au service des possédants. Or le 1% ne peut dominer une Démocratie que s’il peut s’appuyer sur suffisamment d’électeurs pour porter au pouvoir ceux qui sont à son service. Pour ce faire, il faut dresser le peuple contre lui-même.

Alors que la majorité de la nouvelle richesse est accaparée par le 1% et que stagnent les revenus des classes moyennes, il faut convaincre celles-ci que c’est à cause du poids fiscal des assistés sociaux et des impôts qui servent à payer une fonction publique hypertrophiée. Et non à cause de l’évasion fiscale qui cache au fisc des milliers de milliards$ à travers le monde.

Et pour détourner la colère du peuple, quoi de mieux également que cette recette séculaire qui consiste à pointer du doigt une minorité ethnique ou religieuse…

Qui a accordé la citoyenneté canadienne à l’imam Charkaoui ? Le gouvernement de Droite de Stephen Harper. Qui a accordé la citoyenneté canadienne à des milliers de femmes niqabées ? Ce même gouvernement.

Pourquoi ? Parce que la Droite a besoin d’épouvantails qui alimenteront la xénophobie qui lui permet de dominer le peuple.

Références :
Islamophobie — Un racisme imaginaire ?
Le prosélytisme de l’Arabie saoudite
Pour Pascal Bruckner, l’« islamophobie » relève de l’illusion

Pascal Bruckner ou la victimisation illusoire
Votre évaluation :

Laissez un commentaire »

| Sociologie | Mots-clés : , , , | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Crimes haineux dans 21 villes canadiennes en 2014

16 février 2017

Par 100 000 personnes, voici le taux de crimes haineux rapportés dans 21 villes canadiennes.

Précisons que ces données sous-estiment l’ampleur réelle des crimes haineux. Une étude effectuée en 2009 a révélé qu’environ les deux tiers des victimes d’un incident au cours des douze mois précédents n’ont pas signalé l’incident en question à la police.

Plus des deux tiers (69 %) des crimes haineux sont de nature non violente (par exemple, des méfaits contre des biens religieux).

Sont considérés comme violents, les crimes impliquant des voies de fait, des menaces adressées directement à la victime, et du harcèlement criminel.

Les auteurs des crimes haineux sont principalement des jeunes (57% de moins de 25 ans) et de sexe masculin (84%).

Références :
Attentat de Québec : des leçons à tirer de Peterborough?
Crimes haineux

Paru depuis :
Poussée de haine au pays, selon Statistique Canada (2017-06-14)

Crimes haineux dans 21 villes canadiennes en 2014
Votre évaluation :

Laissez un commentaire »

| Sociologie | Mots-clés : | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


%d blogueurs aiment cette page :