Coup de pouce contre Apple

8 novembre 2017

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Il y eut une époque où le mari infidèle devait absolument éviter que son téléphone portable tombe entre les mains de son épouse.

Mais cette époque est bien révolue.

De nos jours, même le FBI peine à briser le code à quatre chiffres qui protège la confidentialité des téléphones d’Apple.

Or cette compagnie offre maintenant un code à six chiffres et, sophistication suprême, le déverrouillage par empreinte digitale.

Rien n’est plus distinctif qu’une empreinte digitale. Conséquemment, de nos jours, les maris infidèles peuvent dormir sur leurs deux oreilles.

C’est du moins ce qu’a cru un passager de Qatar Airways en partance hier de la capitale qatari en direction de l’Indonésie.

Durant son sommeil, son épouse soupçonneuse a d’abord allumé le téléphone de son mari en appuyant sur le bouton principal.

À l’écran de déverrouillage, l’épouse a délicatement placé le téléphone sous le pouce de son mari endormi. Et bingo ! le téléphone était prêt à livrer ses secrets; courriels expédiés à sa maitresse, factures électroniques des cadeaux somptueux offerts à celle-ci, etc.

Réveillé brutalement par les coups de son épouse, le mari n’a pu contenir la colère déchainée de son épouse. Même les agentes de bord en furent incapables. Les gardiens de sécurité ont bien maitrisé l’épouse, sans réussir à faire taire ses cris et le scandale qu’elle provoquait.

Si bien que l’avion dût atterrir d’urgence au port de Madras, en Inde.

Toute cette histoire prouve que si Apple est assez puissante pour se dresser contre le FBI, ses téléphones ne peuvent résister à la débrouillardise d’une épouse soupçonneuse…

Référence :
Qatar Airways plane forced to land after wife discovers husband’s affair midflight

Coup de pouce contre Apple
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Écrit par Jean-Pierre Martel


Radicalisme : Couillard s’en lave les mains

28 juin 2017


 
Interrogé au sujet de ce Québécois musulman accusé récemment d’un acte terroriste commis au Michigan, le premier ministre du Québec a déclaré : « Unfortunately, we cannot disconnect these kinds of events — terrorism — from Islam in general.» (traduction : L’Islam ne peut être dissocié des actes terroristes).

Évidemment, un grand nombre de personnes ont été surprises de l’entendre suggérer que le terrorisme est inhérent à la religion musulmane.

De plus, M. Couillard a cité Emmanuel Macron, le nouveau président français, qui a souligné la double responsabilité de l’État et de la communauté musulmane dans la lutte au terrorisme.

Précisant sa pensée, M. Couillard a demandé aux dirigeants des communautés musulmanes de désavouer sans équivoque toute perversion de l’Islam à des fins violentes.

Ce que M. Couillard oublie de dire, c’est que l’État français a posé un certain nombre d’actes concrets pour s’attaquer à la radicalisation islamiste en France. Par exemple, à la suite de la promulgation de l’état d’urgence, le gouvernement français a fait fermer vingt-sept (27) mosquées soupçonnées de radicalisation.

Une fois ces actions prises, le gouvernement français pouvait aller plus loin et demander aux Français musulmans de mettre eux aussi la main à la pâte en invoquant cette double responsabilité.

En comparaison, qu’a fait M. Couillard dans la partie qui lui incombe de cette double responsabilité ? Il s’est contenté d’accuser ses adversaires de souffler sur les braises de l’intolérance lorsque ceux-ci le pressaient d’agir.

Résumons.

Après les déclarations outrageantes des imams Chaoui et Charkaoui, et après le départ de collégiens québécois pour faire le djihad en Syrie, M. Couillard a promis de s’attaquer à la radicalisation au Québec.

À Montréal, si l’imam Chaoui a été incapable d’ouvrir son centre communautaire musulman, c’est parce que la ville l’en a empêché (et non le gouvernement provincial).

Par ailleurs, les pouvoirs publics ont créé un centre de déradicalisation à Montréal. Il s’agit d’une bonne mesure mais qui n’a jamais fait ses preuves nulle part au monde.

De plus, le gouvernement Couillard a présenté le projet de loi no 59 — retiré depuis parce que liberticide — mais qui était de toute façon une passoire quant à la prévention de la radicalisation.

Depuis, rien de concret. Des mots. Que des paroles. Parfois rassembleuses, parfois incendiaires.

Et pour excuser ce laxisme, il nous dit en substance : « Ce n’est pas de ma faute. C’est de la faute des Musulmans; c’est à eux de faire le ménage dans leur religion.»

En somme, M. Couillard nous dit que le prosélytisme saoudien, il s’en lave les mains. Le financement étranger des mosquées et des imams, il s’en lave les mains. La prédication salafiste au Québec, il s’en lave les mains. Etc.

En faisant porter le blâme de la radicalisation islamiste sur le dos des porte-paroles musulmans, M. Couillard tente de détourner l’attention de l’électorat sur son bilan nul quant à la lutte contre la radicalisation au Québec.

Or cette radicalisation touche non seulement une minuscule partie des Québécois musulmans, mais un nombre beaucoup plus grand de sympathisants de groupes d’extrême droite (qui semblent être le cadet de ses soucis).

En France, Emmanuel Macron suggère que l’État ne peut pas tout faire et que les croyants musulmans doivent soutenir et prolonger l’action de l’État.

Au Québec, toute la politique du gouvernement Couillard à ce sujet est plutôt de croire que les croyances religieuses — même les plus extrêmes — sont du domaine privé et que cela ne le regarde pas. D’où son inaction.

Interrogé à brule-pourpoint au sujet du terrorisme (après 44 minutes d’une entrevue portant sur le rôle de la France au cours du siège de Sarajevo et du génocide au Rwanda), le lieutenant-colonel Guillaume Ancel déclare :

Le sentiment de peur, d’agressivité, que (le terrorisme) peut développer est extrêmement dangereux.

Moi, ce que je crains le plus dans les attentats terroristes, c’est les idiots (…) qui vont décider de se protéger tout seuls, d’aller s’en prendre aux autres, que c’est le boulanger du coin qui est responsable de ça.

C’est eux qui me font peur.

À mon avis, la vraie menace du terrorisme, c’est sur le fonctionnement de notre société.

L’attentat terroriste de Québec nous a appris que nous en sommes là. Or non seulement M. Couillard semble totalement inconscient de la montée de l’extrême droite au Québec, mais il y contribue en pointant un doigt accusateur vers l’ensemble des Musulmans du Québec.

Voilà la dernière chose qu’on doit s’attendre d’un chef d’État.

Références :
After Michigan attack, Quebec Premier calls on Muslim community to play role in preventing terrorism
Bilan de la déradicalisation islamiste dans le Nord de l’Europe
Couillard appelle la communauté musulmane à l’action
Financement des mosquées : le gouvernement en terrain miné
Ftouhi says he has no mental problems: court hearing
Huit questions sur les fermetures de mosquées soupçonnées de radicalisation
Intégrisme et radicalisation : de retour à la case départ
L’islam ne peut être dissocié des gestes commis en son nom, dit Couillard
Philippe Couillard’s tone shift on Islam stuns Quebec Muslims

Radicalisme : Couillard s’en lave les mains
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Écrit par Jean-Pierre Martel


Délocalisation et sécurité nationale

30 mai 2017

L’histoire d’Ad Lib Inc.

Les premiers microordinateurs IBM-PC sont nés en 1981.

Il s’agissait de gros boitiers métalliques renfermant principalement une carte maitresse.

Cette dernière était dotée de fentes de connexion permettant d’insérer des cartes-filles; une carte vidéo pour connecter l’écran cathodique, une autre carte pour le modem, etc.

En 1987, un ancien vice-doyen de la faculté de musique de l’université Laval se passionne pour la micro-informatique. Il fonde la firme Ad Lib Inc. dont le but est d’améliorer la reproduction sonore des ordinateurs du temps, limités alors à un petit hautparleur de qualité médiocre.

Sa première carte est nommée Ad Lib Personal Computer System, conçue autour de la puce YM3812 de la japonaise Yamaha.

Après des débuts difficiles, cette carte rencontre une immense popularité après que les amateurs de jeux vidéos découvrent que celle-ci améliore considérablement le réalisme des séances du jeu King’s Quest IV.

En moins de deux ans, la carte Ad Lib devient indispensable aux yeux de millions de joueurs.

Mais son créateur, le professeur Martin Prevel, voit grand. Il conçoit une nouvelle carte beaucoup plus performante, l’Ad Lib Gold, conçue autour d’un nouveau microprocesseur, le YMF262 de Yamaha.

Mais ce fournisseur approvisionne également un rival de la compagnie québécoise, soit Créative Labs. Ce rival est japonais, tout comme Yamaha.

Pendant que ce rival expérimente et teste un produit concurrent de l’Ad Lib Gold, Yamaha expédie des puces défectueuses à la compagnie québécois, ce qui retarde le développement de son nouveau produit.

En 1990, Creative Labs sort sa carte Sound Blaster avec des mois d’avance. Quand la québécoise met finalement en marché sa nouvelle carte Ad Lib Gold, celle-ci n’intéresse plus personne et la compagnie doit déclarer faillite deux ans plus tard.

L’informatique de British Airways

En 2016, le nouveau patron de British Airways décidait de délocaliser vers l’Inde la programmation du système informatique de ce transporteur aérien.

L’Inde est reconnue pour la compétence de ses programmeurs. À l’époque du ‘bogue de l’an 2000’, ce sont les programmeurs de ce pays qui ont réécrit de nombreux programmes informatiques.

La fin de semaine dernière, en Angleterre, les avions de la British Airways ont été cloués au sol en raison d’une panne informatique qui a affecté mille vols.

Pour le transporteur, les pertes sont évaluées à 170 millions de dollars canadiens.

Selon le transporteur, la cause serait un pic de courant électrique qui aurait endommagé les principaux ordinateurs utilisés pour les opérations de la compagnie.

La corruption

Alors que rien ne le laisse supposer dans le cas de la British Airways, imaginons le scénario hypothétique suivant.

Une compagnie internationale décide de délocaliser sa programmation informatique. Cette compagnie joue un rôle stratégique dans l’économie d’un pays occidental.

Situé dans le Tiers-Monde, le contractuel est une compagnie fiable qui possède une longue expérience de bons et loyaux services.

Le prix de ses services est très avantageux parce que ses programmeurs coutent beaucoup moins cher. Mais justement pour cette raison, ils sont plus sujets à la corruption.

Si une puissance étrangère veut nuire à l’économie de ce pays occidental, il lui suffit de corrompre non pas les dirigeants de la firme informatique mais n’importe quel employé qui a accès au code source du logiciel élaboré pour la compagnie internationale.

Tout comme Creative Labs a mené Ad Lib Inc. à la faillite.

J’imagine que le jour où un tel scénario se produira, on prendra conscience de ce qui est déjà évident; la délocalisation — qu’il s’agisse d’un logiciel, d’une pièce maitresse ou un composant essentiel à la fabrication d’un produit industriel — peut entrer en conflit avec la sécurité nationale.

Références :
Ad Lib, Inc.
British Airways CEO will not resign despite ‘catastrophic’ IT failure
Author of Sound Blaster: The Official Book talks about the early days of PC audio

Délocalisation et sécurité nationale
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Écrit par Jean-Pierre Martel


L’espionnage des téléviseurs Visio

20 février 2017

Fondée en 2002 avec une mise de fonds de 600 000$, la compagnie Vizio est devenue le plus important fabricant américain de téléviseurs.

Ses prix abordables lui ont permis de damer le pion à des géants comme Panasonic, Sony, LG et Samsung.

L’entreprise arrivait à être rentable en collectant et en vendant les données relatives aux habitudes télévisuelles de ses utilisateurs; émissions, films, jeux vidéos, et sites internet regardés.

D’apparence anodine, le réglage appelé ‘Smart Interactivity’ permettait cette collecte de données sur tous les modèles vendus depuis 2011.

Capable de collecter quotidiennement cent-milliards d’informations, le logiciel de reconnaissance de contenu, appelé ‘Inscape’, espionnait onze millions de télévisions et permettait à Vizio d’accumuler une fortune auprès d’annonceurs.

La caméra intégrée au téléviseur, destinée aux appels téléphoniques via l’internet, aurait même pu — théoriquement — réaliser des captures d’écran ou des vidéos clandestins des utilisateurs dans l’intimité de leurs salons ou de leurs chambres à coucher.

Mais, à bien y penser, tous les fureteurs — Google Chrome, Firefox et Safari — procèdent déjà à un tel espionnage depuis des années. Où est le problème ?

Légalement, dans le cas de ces logiciels, il n’y en a pas puisqu’à chaque fois que vous installez une mise à niveau, leurs contrats d’utilisation vous obligent à consentir à cet espionnage.

Toutefois, lorsque vous achetez un téléviseur Vizio, le vendeur ne vous demande jamais de signer un contrat de quarante pages, rédigé en jargon juridique, où quelque part, en petits caractères, vous acquiescez à être espionné.

Voilà pourquoi Vizio vient d’être condamné à payer une amende de 2,2 millions$ à l’issue d’une poursuite intentée par l’Agence américaine du commerce. À l’avenir, cette collecte ne se fera plus par défaut.

Pour ceux qui ont des modèles produits entre 2011 et 2017, on pourra inactiver le réglage ‘Smart Interactivity’ en allant au menu du téléviseur, en choisissant Reset & Admin, et en inactivant le réglage en question.

Références :
Est-ce que votre téléviseur vous espionne?
Government Confirms Vizio TVs Spy on You: How to Stop It
How to make sure your Vizio smart TV isn’t spying on you
Le constructeur Vizio sait tout ce que vous regardez sur votre TV
Vizio

L’espionnage des téléviseurs Visio
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Écrit par Jean-Pierre Martel


Funérailles montréalaises de trois des victimes de l’attentat de Québec

5 février 2017

Le jeudi 2 février 2017, c’est à l’aréna Maurice-Richard que plus de cinq-mille personnes se sont réunies pour célébrer les funérailles religieuses de trois des victimes de l’attentat terroriste antimusulman de Québec.

Selon les peuples, les rites funéraires varient. Au Québec, l’exposition des dépouilles se fait plusieurs jours après le décès afin de permettre aux parents et amis venant de loin d’assister aux funérailles. Pour cette raison, les corps qui ne sont pas incinérés doivent être embaumés (ce qui consiste à retirer les viscères).

Le rituel funéraire musulman a été établi dans des pays dont le climat est désertique, à une époque où la climatisation n’existait pas.

Selon le rite musulman, les corps sont simplement lavés trois fois et enveloppés dans un linceul avant l’enterrement. Ce linceul est composé d’un nombre impair (généralement trois) pièces de tissu blanc. Quant à lui, l’enterrement doit avoir lieu dans les 24 heures qui suivent le décès.

En France, les démarches administratives font en sorte que les délais pour l’enterrement sont un peu plus longs. Conséquemment, les cercueils y sont obligatoires pour des raisons sanitaires.

Au Québec, seuls l’incinération ou l’enterrement après embaumement sont permis. Ce qui oblige les Québécois musulmans qui en ont les moyens de rapatrier les corps à l’Étranger pour que l’enterrement se fasse selon les rites de leur religion.

De plus, peu de cimetières québécois sont multiconfessionnels ou réservés aux Musulmans. Dans la Vieille capitale, il n’y en a aucun.

Dans le cas de trois des victimes, les frais de transport — environ 10 000$ — ont été assumés par les consulats de deux pays, d’où la présence de représentants diplomatiques à cette cérémonie.

Deux des trois victimes à qui on rendait hommage — Khaled Belkacemi et Abdelkrim Hassane — sont originaires du même village algérien. Le fait que tous les discours furent prononcés en français, en anglais ou en arabe, mais aucun en berbère (la langue maternelle de ces deux victimes), n’a pas échappé à l’attention de certains spectateurs.

Au bénéfice des internautes à la recherche de photos des personnalités qui y ont pris la parole, voici celles que j’en ai rapportées.

Cliquez sur l’image pour l’agrandir
M. Justin Trudeau, premier ministre du Canada
M. Philippe Couillard, premier ministre du Québec
M. Régis Lebeaume, maire de Québec
M. Denis Coderre, maire de Montréal
M. Saïd Fawaz, président du Conseil des imams du Québec
M. Mohamed Yangui, président du Centre culturel islamique de Québec
Mme Aziza Blili, de la Fédération des Canadiens musulmans
M. Abdelghani Cheriaf, consul général d’Algérie à Montréal
Cliquez sur l’image pour l’agrandir
Mme Habiba Zemmouri, consule générale du Royaume du Maroc à Montréal
M. Saramady Touré, ambassadeur de la Guinée au Canada
M. Moujib Arrahman, imam
M. Mehdi Tirkawi, imam de la mosquée Al Rawdah de Cartierville
Cliquez sur l’image pour l’agrandir
M. Zine Al Abidine Balafrej, imam

Références :
Des funérailles à Montréal pour trois des victimes de la tuerie de Québec
Enterrement musulman : déroulement des obsèques et rites funéraires

Funérailles montréalaises de trois des victimes de l’attentat de Québec
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Écrit par Jean-Pierre Martel


Nous sommes tous des éponges

3 février 2017

Tous les attentats terroristes sont commis par des personnes exposées à de la propagande haineuse.

Or l’intolérance et la haine ont des degrés : l’envie de tuer est la forme extrême de la haine. Il n’y a pas pire.

La tuerie à l’Assemblée nationale en 1984 et celle au Métropolis en 2012 sont des actes terroristes commis par des personnes exposées à la propagande haineuse ‘antiséparatiste’.

L’attentat terroriste de Polytechnique en 1989 est l’aboutissement de l’exposition du jeune tueur à la misogynie paternelle.

En somme, le discours haineux est à la source de tout acte terroriste. Cette exposition peut être sociale ou limitée au cercle familial.

Dans le cas de la tuerie à l’université Concordia en 1992, il peut résulter d’un délire paranoïaque. Dans ce cas, l’exposition est interne, lié à des hallucinations suscitées par la maladie mentale.

À la suite de l’attentat antimusulman de Québec, il est insuffisant de pointer du doigt les propos d’un petit nombre de personnalités journalistiques ou politiques. Le problème est plus vaste.

Le discours dominant à Québec, dans la région de la Vieille capitale et même dans une bonne partie du Québec profond, est un discours d’intolérance suscité par la Droite québécoise. Une Droite influencée par l’idéologie haineuse républicaine incarnée par Donald Trump.

À l’international, on ne mettra jamais fin au terrorisme sans s’attaquer à l’idéologie haineuse de la dictature saoudienne.

Ce qui est vrai à l’international l’est aussi au Québec. Sauf que les relais de l’idéologie atimusulmane chez nous sont omniprésents puisqu’elle s’est infiltrée dans chacun d’entre nous.

Il suffit de lire attentivement les commentaires publiés sur le site du quotidien montréalais Le Devoir — je présume que c’est pire sur les médias sociaux — pour trouver de nombreux exemples suggérant que les Musulmans sont en train de prendre le contrôle du Québec et de pervertir ses valeurs fondamentales. Ou que les Musulmans d’ici sont soit des cellules dormantes de groupes terroristes ou soit des gens qui se réjouissent secrètement de leurs attentats à l’Étranger.

Dans la fable, le loup se convainc que la brebis trouble son breuvage. Ainsi, il se victimise afin de se justifier à attaquer sa proie. Voilà l’essence du discours contre la minorité musulmane d’ici.

L’attentat antimusulman de Québec a été un électrochoc. Depuis plusieurs jours les médias québécois effectuent un travail admirable pour donner la parole aux Musulmans, pour présenter les victimes et leurs familles, et surtout pour incarner ce que sont les Québécois musulmans.

Je souhaite que cette campagne de sensibilisation se poursuive parce des mentalités bien encrées ne changent pas du jour au lendemain; il suffirait d’un attentat ‘vengeur’ d’Al-Qaida et de l’État islamique pour que le naturel antimusulman revienne au galop.

Sur le même sujet :
La tuerie de Charlie Hebdo : les lacunes du renseignement (2e partie)

Paru depuis :
La haine, cette bombe (2017-02-04)

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La veillée en hommage aux victimes de l’attentat de Québec

31 janvier 2017
Foule à la station Berri-UQÀM

Hier soir à 18h, la population montréalaise était invitée à une veillée en hommage aux victimes de l’attentat terroriste antimusulman de Québec.

Dès la station de métro Berri-UQÀM, la foule présente ce lundi soir permettait d’anticiper une participation importante à cette manifestation.

À la station de métro du Parc

En raison du fait que les gens trébuchaient les uns sur les autres au haut des escaliers mécaniques, les forces de sécurité ont dû faire cesser leur fonctionnement à la station du Parc, ce qui a contribué à l’engorgement au sortir des quais du métro.

Foule à la Place de la Gare Jean-Talon

En dépit du froid et du vent, un grand nombre de Montréalais sont venus manifester leur solidarité aux victimes de la tuerie de Québec.

Aucune des personnalités politiques présentes n’a été invitée à prendre la parole, la manifestation étant réservée aux citoyens.

Quelques participants

Rappelons les noms des victimes, tuées alors qu’elles priaient : Ibrahim Barry, Mamadou-Tanou Barry, Khaled Belkacemi, Karim Hassan, Azzedine Soufiane, et Aboubaker Thabti.

Références :
Azzedine, Khaled, Mamadou et les autres victimes de l’attentat de Québec
Le coup de crayon du 31 janvier
Une marée humaine à Montréal en solidarité pour les victimes de Québec

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectif M.Zuiko 12-40mm
1re photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 4000 — 19 mm
2e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 2500 — 25 mm
3e  photo : 1/50 sec. — F/2,8 — ISO 6400 — 12 mm
4e  photo : 1/60 sec. — F/3,2 — ISO 2000 — 20 mm

La veillée en hommage aux victimes de l’attentat de Québec
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Écrit par Jean-Pierre Martel


Pipelines : le sénateur Boisvenu a raison

9 décembre 2016

Plus tôt cette semaine, en présentant le rapport du comité sénatorial au sujet de l’infrastructure de transport du pétrole brut au Canada, le sénateur Pierre-Hugues Boisvenu a blâmé les Québécois pour leur réaction émotive et irrationnelle face au passage du pipeline Énergie-Est.

Pourquoi réagissons-nous ainsi ?

L’enfant qui se met à pleurer lorsqu’il perd de vue sa mère, l’adulte dont le pouls s’accélère face au danger, répondent de la même manière face à l’inquiétude.

Tout être humain réagit viscéralement lorsqu’il est inquiet ou pire, lorsqu’il se sent menacé.

Dans le domaine du transport des matières dangereuses, si le gouvernement fédéral s’acquittait de son devoir de nous protéger, nous dormirions sur nos deux oreilles. C’est ce que nous avons fait pendant des décennies.

Mais le néolibéralisme promu par les gouvernements fédéraux (autant conservateurs que libéraux) fait en sorte qu’Ottawa préfère économiser en ne faisant rien pour nous protéger; il remet notre sécurité entre les mains d’aventuriers déterminés à maximiser leurs profits même si cela signifie la mise en péril de nos vies.

Ce que la catastrophe de Lac-Mégantic nous a appris, c’est que le fédéral se fie aveuglément à l’autodiscipline de l’entreprise privée. Plus aucune inspection et aucune vérification. Sauf à la suite d’un incident.

De plus, quand 47 personnes meurent brulées vives, quand une catastrophe environnementale de 1,5 milliard$ se produit, le fédéral ne paie que 50% des couts.

Ce qui veut dire que le fédéral économise des millions en salaires de fonctionnaires et quand cela tourne mal, nous devons non seulement enterrer nos morts, mais payer 62% de la facture (50% refilé à Québec et 12% de notre part de la moitié fédérale).

Notre réaction ‘émotive’ est la conséquence d’un gouvernement qui a le devoir de nous protéger et qui a démissionné de ses responsabilités.

Or le sénateur Boisvenu porte une lourde responsabilité à ce sujet.

En effet, celui-ci est membre du Comité sénatorial permanent des Transports et des Communications. À ce titre, il a adopté article par article, l’encadrement législatif du transport ferroviaire au pays. De plus, en tant qu’homme politique, il a défendu bec et ongles les politiques de dérèglementation du gouvernement Harper, politiques responsables au second degré de la tragédie de Lac-Mégantic.

Si le gouvernement fédéral ne se donne pas la peine d’inspecter du matériel roulant, peut-on imaginer qu’il va déterrer des pipelines pour les voir ?

Comment sera-t-il informé des fuites ? Par ce que voudront bien lui révéler les pétrolières. Et si des fuites discrètes contaminent nos nappes phréatiques, quand le saurons-nous ? Des décennies après que ces fuites auront commencé à migrer vers nos sources d’eau potable.

Et qui paiera pour l’augmentation des cancers causés par la présence de traces de substances toxiques dans l’eau du robinet ? Jusqu’à la fin des temps, qui paiera pour la fourniture d’eau embouteillée à des populations dont l’eau sera devenue impropre à la consommation ?

Le gouvernement conservateur (soutenu par le sénateur Boisvenu) n’a pas cessé de s’attaquer au financement des groupes écologistes. Quel groupe organisé sera en mesure de nous alerter des lacunes des politiques du gouvernement fédéral ?

Quand le gouvernement modifie la loi de manière à ce que toute obstruction citoyenne à la construction d’un pipeline réponde à la définition d’un acte terroriste, n’est-ce pas de nature à nous convaincre du biais de l’État à l’égard des pétrolières.

Commettre un méfait est déjà illégal : pourquoi les pétrolières auraient-elles besoin de la protection des services de renseignements antiterroristes ?

Bref, le sénateur Boisvenu a entièrement raison de critiquer les Québécois pour notre réaction émotive au sujet des pipelines. Mais si nous réagissons ainsi, à qui la faute ?

Références :
Lac-Mégantic : le silence étrange du sénateur Boisvenu
Pipelines — Le Sénat juge que les citoyens sont trop émotifs

Pipelines : le sénateur Boisvenu a raison
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Écrit par Jean-Pierre Martel


Les allergies alimentaires au restaurant : l’État devra agir

7 août 2016

Le 29 mai 2016, vers 21h, Simon-Pierre Canuel est attablé au bistro Le Tapageur de Sherbrooke.

En donnant sa commande de tartare de bœuf à son serveur, il lui précise qu’il est extrêmement allergique aux fruits de mer et au saumon.

Environ quinze minutes plus tard, il reçoit son tartare. Mais à la première bouchée, il se rend compte qu’il s’agit d’un tartare de saumon et non de bœuf.

Cuit, la texture du bœuf est très différente de celle du saumon. Mais crues, leurs textures molles se ressemblent.

Alors que les papilles gustatives de la langue ne goutent que cinq saveurs de base (l’amertume, le sucré, le salé, l’acidité et l’umami), c’est après avoir avalé les sucs de la mastication ou une bouchée — lorsque les parfums remontent vers le nez — que le gout d’un mets se révèle véritablement.

Malheureusement, dès qu’on avale quoi que ce soit, il est déjà trop tard pour la personne qui est allergique.

La seringue d’Épipen® du client est demeurée dans sa voiture. En quelques instants, le gonflement interne de ses voies respiratoires (l’angiœdème) apparait : il est incapable de parler distinctement.

Le client est accompagné d’un médecin. Pendant que celui-ci se hâte d’appeler les services d’urgence, M. Canuel est incapable de respirer et s’affaisse au sol. Un autre médecin, présent lui aussi, lui fait le bouche-à-bouche.

Transporté d’urgence aux soins intensifs de l’hôpital, M. Canuel y fait un arrêt cardiaque le lendemain et tombe dans un coma qui durera deux jours. Il quitte l’hôpital moins d’une semaine plus tard.

Cette affaire a refait surface mercredi dernier, alors que le serveur de 22 ans a été arrêté et accusé de négligence criminelle.

Le procès qui s’en suivra nous dira si le serveur a bien transmis l’information aux cuisines, si le chef en a tenu compte et si le serveur a procédé à l’examen visuel du plat en cuisine avant le l’apporter en salle (où la lumière était tamisée ce soir-là).

Dans tous les cas, le restaurateur est civilement responsable de ses employés. Selon la jurisprudence canadienne, il en est exonéré seulement s’il peut prouver que ses employés l’ont fait exprès pour lui nuire.

La nouvelle de l’arrestation du serveur a suscité une controverse sur les médias sociaux.

Pour certaines personnes, le client porte une lourde responsabilité dans cette affaire pour avoir oublié sa seringue d’Épipen® dans sa voiture.

S’il est vrai qu’une personne gravement allergique devrait toujours transporter sur lui sa seringue d’Épipen®, on doit savoir que la durée d’action de l’épinéphrine est relativement courte alors que les symptômes d’allergie durent beaucoup plus longtemps.

Voilà pourquoi l’épinéphrine administrée par les ambulanciers n’a pas empêché cette personne d’avoir un arrêt cardiaque le lendemain et d’être dans le coma pendant deux jours, et ce malgré le fait qu’il se trouvait aux soins intensifs.

En réalité, s’il a frôlé la mort, c’est fondamentalement parce ce qu’on s’est trompé de tartare au restaurant. Sans cette erreur, rien ne serait arrivé.

De plus, on ne peut qu’être étonné de la réaction de l’Association des restaurateurs du Québec (ARQ). Celle-ci suggère à ses cinq-mille membres de refuser de servir les personnes allergiques ou, à défaut, de leur faire signer une décharge de responsabilité.

En somme, au nom de ses membres, cette association réclame le droit à l’irresponsabilité civile, ce qui signifie le droit de compromettre impunément la vie des gens.

Dans un monde idéal, les particuliers et les entreprises devraient être capables d’autodiscipline. Dans le vrai monde, il est souvent illusoire de s’y fier.

Au XIXe siècle, l’État a imposé aux minières des mesures d’échappement des gaz explosifs afin de prévenir les coups de grisou. Parce qu’elles n’ont pas su le faire de leur propre chef.

Au Québec, après une multitude d’incendies, n’importe quel établissement est maintenant obligé d’avoir sur place un extincteur chimique et des gicleurs automatiques.

À Lac-Mégantic, la confiance aveugle du fédéral à l’égard de l’autodiscipline des transporteurs ferroviaires a eu les conséquences catastrophiques qu’on sait.

Et finalement, à Sherbrooke, l’incident dont il est question a provoqué la réaction décevante de l’ARP. Conséquemment, l’État devra agir puisque les restaurateurs sont, de toute évidence, incapables de s’imposer d’eux-mêmes des normes minimales de sécurité.

Voilà pourquoi je suggère l’imposition des mesures préventives suivantes au milieu de la restauration québécoise :
• la formation obligatoire du personnel aux dangers des réactions allergiques et l’enseignement des méthodes de réanimation cardiovasculaire
• la double vérification des mets apportés aux clients allergiques
• la disponibilité d’une seringue d’Épipen® dans chacun des restaurants du Québec, et la vérification régulière de sa date d’échéance (les dates de péremption ne sont jamais très éloignées).

Défibrillateur du Musée Victor-Hugo de Paris

Au Musée Victor-Hugo de la Place des Vosges à Paris, on possède un défibrillateur. Cet appareil sert dans certains cas d’accidents vasculaires cérébraux. Chacun des musées appartenant à la ville de Paris doit en posséder un.

Dans ce musée, il est non seulement facilement accessible au personnel, mais il est placé bien à la vue du public. Comme pour rassurer les visiteurs en leur disant : « Voyez comme votre vie est importante pour nous.»

Puisse cet exemple être utile aux restaurateurs du Québec.

Références :
Allergique, il frôle la mort après une seule bouchée au resto: un serveur arrêté
Association des restaurants du Québec
Interdire de servir les clients allergiques serait illégal, selon des experts
Le pourboire au restaurant
L’histoire du tartare fait le tour du pays
Restauration: les allergiques bientôt persona non grata?
Umami


Post scriptum : Ce texte a paru dans l’édition du 11 aout 2016 du quotidien Le Devoir, à la suite de quoi les commentaires suivants ont été publiés dans l’édition électronique de ce quotidien.

Peut-être… par Marc Davignon

Ne pas aller au restaurant, soit faire preuve de jugement de la part des gens avec des allergies? Dans ce cas-là, l’idéologie néo-libérale s’applique : le gouvernement ne doit pas s’ingérer dans les affaires privées; il faut déréglementer les marchés!

Comme demander au gouvernement de réguler le sel qui sort de la salière quand vous avez un problème de haute pression!

D’aberration en aberration.

Pas encore des règlements !!!! par François Cossette

ENCORE, un accident où un incident ne devrait jamais être une raison pour faire suer toute une population avec de nouveaux règlements. C’est triste mais le risque zéro n’existe nulle part et pour personne.

Il y en a déjà trop des règlements et la majorité ne sont pas appliqués ou pas respectés. Les règlements ça ne fait que créer des sociétés délinquantes.

Réplique de Sylvain Auclair

S’il y a tant de règlements, c’est peut-être parce que les gens se foutent un peu trop de leurs semblables?

Je suis certain que les Méganticois auraient aimé que les sociétés de chemin de fer soient davantage règlementées…

Acouphène par Hugues Savard

Alors je vais poursuivre les travaux publics pour usage intempestif du marteau-piqueur et aussi poursuivre l’endroit où ils ont mis la musique trop fort l’autre jour: je fais de l’acouphène… Je trouverai certainement un avocat pour s’y intéresser: il y a une piastre à faire.

Utopie ? Cauchemar, oui! par Jean-François Trottier

Un seul point reçoit mon assentiment. Il devait y avoir de l’Épipen disponible dans tous les lieux publics fréquentés.

Mais dans un restaurant, surtout l’un de ceux au bout d’une route pittoresque où l’on jouit de solitude ?

Au restaurant d’y voir, pas au gouvernement. Soyez sûr que les meilleurs l’ont déjà fait, et l’affichent maintenant sur leur menu… si les lois leur permettent.

Je suis moi-même un régime de vie que je pourrais caricaturer ainsi: si c’est bon pour la santé, je n’ai pas le droit d’en manger!!

Je sais, c’est complètement idiot, mais je n’ai droit à aucune légumineuse (donc pas au tofu), ni noix, ni le moindre petit avocat!! Par contre, pas le moindre mot contre la viande rouge ou contre le sucre!!!!

Je ne demande à aucun restaurant de respecter mon régime.

L’accident dont vous vous servez est un contre-exemple parfait de ce que vous prétendez.

Si l’on part du principe, reconnu par les meilleurs nutritionnistes, que le plaisir est partie inhérente de l’assimilation de nourriture, (j’y arrive malgré tout), alors la réglementation tendra à rendre nos restaurants aussi intéressants qu’une boîte de céréale, surtout le carré “nutritionnel”… que je lis religieusement évidemment.

Les restaurants ne sont pas un service public. Je sais où je souhaite que le gouvernement dépense, et ce n’est pas là.

Tout à fait d’accord de Monique Bisson

Merci M. Martel d’exposer les faits de manière claire, précise et non-équivoque quand à une situation qu’on souhaite ne jamais vivre lorsque que nous souffrons d’allergies graves. Bien sûr, la responsabilisation se doit d’être partagée, mais la suggestion de l’Association des restaurateurs du Québec à ses cinq mille membres dépasse l’entendement et la responsabilité civile. Puissiez-vous être entendu, M. Martel, parce que vos mesures préventives ne sont que l’aboutissement logique de connaissances développées au fil des recherches scientifiques pour protéger la vie de personnes allergiques, petites ou grandes personnes.

Pas responsable de Sylvie Lapointe

Ce qu’il nous faut surtout constater maintenant, c’est que le fournisseur de biens et/ou services se veut absolument non responsable de quoi que ce soit découlant de ses biens et/ou services. C’est le client le problème, pas le fournisseur. Je ne suis pas certaine d’être d’accord avec cette théorie de non-responsabilité ou d’irresponsabilité (au choix).

Réplique de Lise Bélanger

Je suis bien d’accord avec vous. Le client a bien mentionné son allergie au serveur. Il a agit avec prudence et devait s’attendre à ce que son état soit pris en considération. Moindre des choses, il me semble. La faute est soit au serveur ou cuisinier etc. qui n’a pas respecté l’état d’allergie bien exprimé par le client.

Le restaurateur doit respecter les états de santé du client lorsque ceux-ci lui sont bien exprimés. Un point, c’est tout. Simple responsabilité civile.

Les allergies alimentaires au restaurant : l’État devra agir
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Écrit par Jean-Pierre Martel


Attentats et glorification posthume

28 juillet 2016

À la suite de l’attaque terroriste à l’école Polytechnique de Montréal — qui a fait 14 victimes en 1989 — certains parents avaient demandé aux journalistes de taire le nom de l’auteur de cette tuerie afin de ne pas contribuer à sa renommée.

Dans le film Polytechnique, le tueur est montré inexpressif, comme habité par une haine qui l’a vidé de son humanité. En dépit de la finesse de ses traits, il n’est pas aimable (c’est-à-dire de nature à être aimé).

Ces jours-ci, une controverse secoue le milieu journalistique français relativement à l’éthique dont devraient faire preuve les médias lorsqu’ils traitent d’attentats terroristes. Plus précisément, la question est de savoir s’il est approprié de nommer et/ou de montrer la photo des terroristes.

Tous s’entendent pour dire qu’une telle publication est nécessaire lorsqu’il s’agit de suspects qui ont survécu à leur méfait et qui sont recherchés par la police. Mais dans le cas de ceux qui périssent en commettant leur crime, ne procède-t-on pas à leur glorification posthume en les montrant et en les nommant ?

Il n’y a aucun doute que cela contribue à leur renommée : mais est-ce que cela contribue à leur gloire ?

En théorie, la gloire est inhérente à l’acte. Chez les personnes favorables à la cause d’un terroriste, la réussite de celui-ci et l’ampleur de son méfait devraient être, de loin, les principaux critères qui contribuent à sa gloire.

Dans les faits, il en est autrement. Si on prend l’exemple du révolutionnaire Che Chevara, serait-il aussi connu s’il avait à son crédit les mêmes faits d’armes mais s’il avait l’air d’un pou ?

De plus, il est raisonnable de penser qu’un geste d’éclat particulièrement meurtrier pourrait susciter le désir d’émulation chez des êtres asociaux à la recherche du sens à donner à leur vie, chez ceux qui confondent réussite et gloire, ou chez des personnes influençables.

Les études concernant le suicide ont démontré l’effet Werther. Mis en évidence en 1982, le suicide mimétique est le phénomène de la hausse du nombre de suicides suivant la parution dans les médias d’un cas de suicide. Ce sont des personnes qui y pensaient sans doute déjà mais qui ont passé à l’acte par mimétisme.

Mais là encore, les déprimés passent à l’acte sous l’influence de la nouvelle et non par l’apparence physique ou le nom de celui qui s’est suicidé. Tous les journaux pourraient se tromper quant à l’identité du suicidé et cela ne changerait rien au mimétisme suscité par ce suicide.

Dans le cas de ce blogue, si je n’ai jamais mentionné le nom du terroriste du Métropolis — dont on ne voit le nom que dans mes références — c’est davantage par mépris que par principe déontologique.

Personnellement, qu’on montre la photo d’un terroriste vociférant ses menaces (comme celui du Métropolis), cela ne me dérange pas. Ce qui me dérange, c’est lorsqu’on montre un terroriste souriant et sympathique; cela est un manque de tact pour les parents des victimes qui y voient là un exercice de séduction du média au profit du terroriste.

Funérailles de Denis Blanchette

Lors de l’attentat terroriste au Métropolis en 2012, Denis Blanchette perdait la vie en tentant d’empêcher un homme armé qui voulait pénétrer dans cette salle de spectacle.

Une recherche effectuée aujourd’hui à l’aide d’un moteur de recherche très connu donne 20 200 liens relatifs à ‘Denis Blanchette Métropolis’ et 247 000 liens lorsqu’on remplace le nom de ce héros par celui de son assassin.

C’est donc à dire que pour chaque article qui mentionne le nom de Denis Blanchette, il y en a 120 qui mentionnent celui qui l’a tué.

Depuis des siècles, dans l’espace public occidental, on glorifie non seulement des héros victorieux qui ont contribué à la gloire de la Nation, mais également des martyrs.

Rappeler la mémoire de ces derniers sert non seulement à souligner le courage de ces suppliciés, mais également la futilité de la barbarie exercée contre eux. En somme, dans les deux cas, cette commémoration est un acte de propagande : susciter l’admiration du héros ou la compassion à l’égard de la victime.

Denis Blanchette a été tué à deux pas de l’intersection des rues Boisbriand et Saint-Dominique.

La première de ces rues a été donnée en l’honneur de Pierre Dugué de Boisbriand, cousin d’Iberville, né à Ville-Marie en 1675, devenu gouverneur intérimaire de La Nouvelle-Orléans en 1724, et mort en France en 1736.

L’attribution de Saint-Dominique à l’autre rue ne correspond pas à des faits reliés à notre histoire.

Il me semble important de perpétuer la mémoire de Denis Blanchette.

Il s’agit d’un héros ‘ordinaire’. Non pas un militaire exceptionnel, non pas un grand serviteur de l’État, mais un héros comme chacun d’entre nous pourrait le devenir si nous avions le courage de faire comme lui dans un moment où notre bravoure pourrait faire basculer le cours de l’Histoire.

Bref, je crois qu’il serait bon que la rue Saint-Dominique soit renommée en son honneur.

Références :
Attentats terroristes: le dilemme des médias
Effet Werther
La responsabilité de l’attentat terroriste au Métropolis
Médias : faut-il divulguer l’identité et la photo des terroristes ?
Terrorisme – La France flirte avec la censure

Détails techniques de la photo : Olympus OM-D e-m5, objectif M.Zuiko 40-150mm R — 1/320 sec. — F/5,6 — ISO 200 — 108 mm

Attentats et glorification posthume
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Écrit par Jean-Pierre Martel


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