Analyse de la victoire de Valérie Plante à la mairie de Montréal

7 novembre 2017

Introduction

Pour la première fois, les Montréalais ont élu une femme pour occuper le poste de premier magistrat de la ville.

Si beaucoup de personnes voient dans cette élection, les signes d’une évolution des mentalités, je crois que l’élection de Mme Plante tient essentiellement à ses qualités personnelles et au programme politique qu’elle défendait, mais très peu à son sexe.

Depuis 375 ans, il n’y a eu que deux femmes qui furent candidates à la mairie de Montréal. Les Montréalais auraient peut-être déjà élu une mairesse s’il en avait eu davantage l’occasion. Ailleurs, d’autres Québécois l’ont déjà fait, précisément parce qu’ils le pouvaient.

Ce qui, évidemment, n’enlève rien au caractère historique de la victoire de Mme Plante.

Denis Coderre, un maire superficiel

Denis Coderre était un maire sympathique et un habile communicateur. Son excellent flair politique le protégeait de son impulsivité.

Face à l’intimidation syndicale, il a su faire preuve d’un courage remarquable.

Mais il avait une opinion sur tout et s’éparpillait dans toutes les directions. Plus précisément, il ne sentait pas le besoin d’en connaitre davantage sur un sujet municipal dès qu’il se savait capable de vendre sa position en 140 caractères. En deux mots, c’était un maire qui ne connaissait pas ses dossiers.

Sa volteface au sujet de l’éclairage urbain à DEL a été révélatrice de sa superficialité.

Contrairement aux apparences, Denis Coderre n’était pas à l’écoute de ses citoyens. Sous l’œil des caméras, il distribuait généreusement les poignées de main : mais dans les faits, il ne répondait aux lettres du citoyen ‘ordinaire’ que par des accusés-réceptions automatisés.

Je n’ai écrit qu’une seule fois à son prédécesseur, Michael Applebaum, au sujet des dangers sécuritaires du festival Juste pour rire.

Au nom du maire Applebaum, la directrice des communications m’avait répondu avoir transmis mon courriel au responsable de la sécurité de l’arrondissement. Et l’été suivant, ce festival était chassé du Quartier des spectacles (sans que j’aie la certitude que ma lettre y était pour quelque chose).

Voilà un exemple de ce que doit faire un gouvernement de proximité.

Une campagne désastreuse

Au cours de la campagne électorale qui a opposé Coderre à Plante, la course de la Formule E d’une part, et le projet de ligne rose du métro d’autre part, ont dominé l’actualité.

Au point que le maire sortant s’est lui-même caricaturé comme un défenseur du transport individuel (même électrique) alors que sa rivale incarnait la défense du transport en commun.

Sous les administrations Tremblay et Coderre, la qualité du service en métro s’est considérablement dégradée. Le manque de fiabilité du métro fait en sorte que beaucoup d’utilisateurs sentent le besoin d’arriver plus tôt que nécessaire au travail. Au cas où…

D’autres doivent trouver en catastrophe un taxi dès qu’une panne importante se produit. Tout cela représente des frais.

De leur côté, les automobilistes sont confrontés à la multitude des cônes orange dans nos rues. Et même si la grande majorité d’entre eux sont très attachés à leur véhicule, ils rêvent que les autres abandonnent le leur, ce qui faciliterait leurs propres déplacements.

Donc même ceux qui n’utilisent jamais le métro ont avantage à son amélioration.

En s’enlisant au sujet de la Formule E et en attaquant le projet de ligne rose de sa rivale, Denis Coderre a donné au transport en commun une importance démesurée parmi tous les sujets susceptibles d’être discutés au cours de cette élection.

Si bien que sa campagne a été un rappel constant d’une des principales lacunes de son administration (même si, techniquement, le transport en commun ne relève pas uniquement de l’autorité de la ville).

Dans un tel contexte, la victoire de Mme Plante était prévisible.

Références :
Insatisfaction croissante sur la 747: la faute aux chantiers, dit la STM
La navette du 747 : un service pourri
Métro de Montréal : les statistiques de la désinformation
Métro : les statistiques ne doivent pas nous aveugler
Près de mille interruptions de service en 2011 dans le métro de Montréal

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Autodétermination et balkanisation du territoire

21 septembre 2017

Cet après-midi à l’Assemblée nationale, Philippe Couillard a déclaré que le droit des peuples à l’autodétermination avait comme conséquence que si le Québec pouvait faire sécession du Canada, les peuples autochtones du Québec pouvaient également faire sécession d’un Québec indépendant, amputant le territoire québécois d’une superficie de 650 000 km².

S’il suffit d’être un peuple pour avoir droit à l’indépendance, on se demande bien pourquoi les peuples autochtones ne font pas sécession du Canada dès maintenant plutôt que de continuer à subir ses politiques génocidaires.

De plus, en suivant la logique de Philippe Couillard, le peuple francoQuébécois a-t-il le droit de tenir un référendum auquel ne participeraient que ceux qui appartiennent à ce peuple, à l’exclusion donc du peuple angloQuébécois et des peuples autochtones puisque l’indépendance du Québec ne les concerne pas ?

Dans sa rubrique consacrée au droit à l’autodétermination des peuples, Wikipédia écrit :

« D’un point de vue juridique, plusieurs principes encadrent la mise en œuvre du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Le premier est l’Uti possidetis (principe de l’intégrité territoriale et de l’intangibilité des frontières), depuis longtemps consacré par le droit international.

…le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes ne peut être interprété comme autorisant ou encourageant une action, quelle qu’elle soit, qui démembrerait ou menacerait, totalement ou partiellement l’intégrité territoriale ou l’unité politique de tout État (qui deviendrait) souverain et indépendant.»

En somme, l’exercice du droit à l’autodétermination du Québec n’est pas une occasion de remettre en question l’intangibilité de ses frontières.

Les frontières du Québec ont été établies par une décision du Conseil privée de Londres en 1927.

Même si certains Québécois regrettent encore que le Labrador ait été attribué à la colonie de Terre-Neuve (devenue province canadienne en 1949), l’avantage de cette décision, c’est qu’elle fixe une fois pour toutes, et ce de manière précise, les frontières du territoire québécois.

Or aucun document juridique ne fixe les frontières de chacun des peuples autochtones du Québec ni le territoire du peuple angloQuébécois.

Au colloque organisé le 26 aout dernier par Option nationale, le constitutionnaliste André Binette confirmait que l’accession du Québec à l’indépendance ne serait pas le prétexte à un redécoupage de ses frontières, les angloQuébécois quittant le navire à l’ouest tandis que les Acadiens le rejoignant, s’ils le désirent, à l’est.

En dépit du principe non équivoque de l’autodétermination des peuples, ce qui fera l’indépendance, c’est la nation québécoise toute entière et rien d’autre.

Techniquement, la seule modification aux frontières du Québec, c’est l’ajout d’une zone maritime dans la baie d’Hudson.

Actuellement, la frontière du Québec est limitée à la rive (qui change selon les marées). Indépendant, le Québec gagnerait une zone maritime, conformément au droit international.

Donc, contrairement à ce que dit Philippe Couillard, le territoire québécois s’agrandira s’il accède à l’indépendance.

Références :
Droit des peuples à disposer d’eux-mêmes
Frontières du Québec
Référendum catalan: Couillard appelle les partis indépendantistes québécois à la prudence

Autodétermination et balkanisation du territoire
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Écrit par Jean-Pierre Martel


Culture : la parade du ministre Fortin

19 septembre 2017

Introduction

Lorsque vous achetez un bien sur l’internet, peu importe le pays où se trouve le vendeur, c’est au moment où vous acceptez son offre — en cliquant sur un bouton à l’écran de votre ordinateur — que la transaction s’effectue. En d’autres mots, cette vente est conclue au Canada.

Depuis des années, les entreprises qui vendent des produits culturels sur des supports physiques (CD, DVD) se plaignent qu’ils subissent la concurrence déloyale de ceux qui vendent les mêmes produits dans leur version dématérialisée (iTunes, Netflix, etc.)

Plus criante encore est l’injustice à l’égard des vendeurs canadiens (comme Club Illico et Tou.tv) qui offrent eux aussi la version dématérialisée et doivent facturer la taxe de vente, contrairement à leurs concurrents internationaux.

Depuis juillet dernier, l’Australie taxe les services en ligne.

La lettre du ministre Fortin

Samedi dernier, dans une lettre publiée dans Le Devoir, le ministre québécois de la Culture et des Communications pressait le gouvernement fédéral d’imposer une telle taxe.

Le Québec a le droit constitutionnel de taxer à sa guise les biens et services vendus à ses citoyens même lorsque le Fédéral ne le fait pas.

De plus, selon la Canadian Constitution, la culture est un domaine de juridiction exclusive des gouvernements provinciaux. Voilà pourquoi le gouvernement fédéral n’a pas, officiellement, de ministère de la Culture.

Toutefois, par son pouvoir de dépenser, le gouvernement fédéral fait indirectement ce qu’il ne peut pas faire directement.

Par le biais d’organismes fédéraux comme Radio-Canada, l’Office national du film, Téléfilm Canada et le Conseil des Arts du Canada, le gouvernement canadien exerce une influence considérable sur la création culturelle au pays. Ces organismes relèvent du ministère du ‘Patrimoine’ canadien (sic).

Moins le fédéral taxe la culture, moins il a les moyens d’envahir ce domaine de juridiction provinciale.

Il est donc étonnant de voir le ministre québécois de la Culture supplier le fédéral de taxer ces produits culturels alors que la décision fédérale ne le regarde pas et ne l’empêche pas d’agir.

Ce que le ministre feint d’ignorer, c’est qu’il s’agit pour lui d’une occasion extraordinaire puisque si le fédéral refuse de taxer la vente de certains biens ou services, Québec peut taxer le double de sa propre taxe et empocher légalement la part fédérale et la sienne (c’est-à-dire la TPS + la TVQ).

Détourner l’attention

Étranger au milieu culturel, le ministre Fortin est néanmoins un des plus brillants ministres du gouvernement Couillard (ou un des ‘moins pires’, selon le point de vue).

Avocat et détenteur d’une maitrise en science politique, le ministre Fortin sait parfaitement que son gouvernement a les pleins pouvoirs pour agir seul.

S’il fait siennes les préoccupations du milieu culturel et vient pleurnicher publiquement contre le fédéral, c’est pour masquer le fait qu’il a les pieds et les mains liés par un Conseil des ministres pleutre, tétanisé face à la moindre difficulté, et incapable de s’imposer pour défendre ses droits et ses prérogatives.

Seulement auprès des abonnés québécois de Netflix, la taxe de vente québécoise rapporterait douze-millions$ annuellement, selon une étude de la Chaire de recherche en fiscalité et en finances publiques.

En la doublant afin de combler le vide fédéral, c’est une vingtaine de million$ que Québec pourrait empocher annuellement tout en corrigeant l’injustice faite à ces propres entreprises. Et ce, seulement pour Netflix.

Voilà des sommes qui pourraient aider à stimuler la création artistique québécoise.

Mais il ne le peut pas. Ses collègues réclament sans doute plus d’études, plus de comités, plus de consultations, etc.

Inconfortable au milieu de cette bande d’abrutis, le ministre essaie de détourner l’attention du public en laissant croire que le gouvernement fédéral est responsable de son impuissance alors que le véritable problème est la médiocrité de son gouvernement.

Ce qu’on doit réaliser, c’est que ce type de service en ligne, c’est l’avenir.

Si l’ALÉNA est modifié de manière à couvrir les produits culturels, il sera trop tard pour imposer une nouvelle taxe qui portera atteinte à la profitabilité des entreprises internationales visées par une ‘taxe Netflix’.

Le gouvernement Couillard ne soupçonne pas qu’un des enjeux secrets de la renégociation de l’ALÉNA, c’est de verrouiller l’avantage économique des distributeurs américains de contenu culturel afin d’assurer l’hégémonie de la culture américaine.

L’intérêt de la nation, c’est qu’il se grouille le derrière pendant qu’il en est encore temps.

Mais ce médiocre petit gouvernement provincial, est-il capable de voir plus loin que le bout de son nez ?

Références :
Le commerce électronique : l’Australie s’adapte à la nouvelle réalité
Les défis d’une «taxe Netflix»

Paru depuis :
Québec envisage de taxer Netflix seul (2017-09-22)
Lexique fiscal de la culture numérique (2017-09-23)
Politique culturelle canadienne: abdication ou équité? (2017-09-23)

Culture : la parade du ministre Fortin
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Écrit par Jean-Pierre Martel


La sainte citation

16 septembre 2017

Dans son éditorial intitulé La sainte prédominance, Michel David termine en déclarant qu’un délégué se serait opposé à ce qu’un gouvernement péquiste soit trop bon puisque cela rendrait confortable notre soumission à l’ordre canadien et conséquemment, enlèverait des raisons de faire l’indépendance.

Il m’arrive d’être un peu nono, mais pas à ce point-là…

Dans le contexte de la discussion au sujet du premier paragraphe de la résolution 412 (au sujet d’Énergie Est), j’ai effectivement déclaré : « Je suis contre le fait que le PQ fasse croire qu’on peut avoir tous les avantages de l’indépendance sans avoir besoin de la faire.»

Que dit cette résolution ?

Utiliser tous les leviers légaux, règlementaires, judiciaires et politiques pour freiner le projet Énergie Est et tout autre projet de transport de pétrole produit ou raffiné hors Québec à des fins exclusives d’exportation par oléoduc, par navire ou par rail.

Tel qu’il a été adopté, ce paragraphe est un bluff qui laisse croire que le Québec aurait le moyen d’empêcher ou de nuire à la construction de ce pipeline.

Actuellement, le transport de pétrole au Québec — que ce soit par train, par pipeline ou par pétrolier — est un domaine de juridiction exclusive du gouvernement fédéral.

Si Trans-Canada décide d’aller de l’avant avec son projet, seule l’indépendance pourrait empêcher la construction d’Énergie Est.

À preuve : si le Québec était déjà indépendant, Trans-Canada exporterait son pétrole par la Baie d’Hudson.

Énergie Est constitue donc un argument en or pour convaincre ses opposants à devenir indépendantistes s’ils ne le sont pas déjà.

À mon avis, le PQ se tire dans le pied en faisant croire que nous pouvons avoir, dans ce cas, tous les avantages de l’indépendance sans avoir à la faire.

Voilà très précisément le sens de mon intervention au congrès.

Ceci étant dit, l’article 6.4.1 du programme du PQ avoue, à juste titre, que « c’est Ottawa qui décide et le Québec n’a essentiellement rien à dire». À l’opposé, la résolution 412 à laquelle je me suis opposé — et l’article 6.4 du programme qu’elle remplace — constituent un bluff au sujet de pouvoirs que le Québec n’a pas.

J’inviterais donc le Conseil exécutif national du PQ à corriger la contradiction entre le bluff de l’article 6.4 et l’aveu d’impuissance de l’article 6.4.1 du programme.

De plus, à défaut de pouvoir empêcher la construction d’Énergie Est, le PQ peut au moins s’engager à éviter de favoriser la construction de ce pipeline.

Or pour éviter de favoriser sa construction, il suffit d’abroger l’infâme loi 106 du gouvernement Couillard qui accorde le droit d’expropriation aux pétrolières. Un engagement qui n’apparait nulle part dans le programme du parti.

Le Conseil exécutif pourrait en profiter pour corriger cette lacune.

Références :
Le gouvernement Couillard accorde le droit d’expropriation aux pétrolières
Projet de loi 106 : le ministre Arcand doit démissionner

La sainte citation
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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le financement public des écoles privées au Québec

15 septembre 2017

Idéologiquement, le Journal de Montréal est un fourretout où se côtoient des chroniqueurs dont les orientations sont diverses et parfois contradictoires.

Mon préféré est un brillant intellectuel nommé Simon-Pierre Savard-Tremblay.

Son opinion au sujet du financement des écoles privées rejoint la mienne.

Plutôt que de tenter de dire la même chose que lui en mes propres mots, je préfère vous guider vers son texte, puisque je n’ai rien à ajouter.

Il suffit de cliquer sur l’image ci-dessous.
 

Photo : © — Jean-François Desgagnés/Journal de Québec/Agence QMI

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Les services à visage découvert et les droits constitutionnels

14 septembre 2017

Voile_islamique
 
Lors de la cause célèbre de Zunera Ishaq, les tribunaux ont établi qu’une personne peut prêter le serment d’allégeance au pays en portant le niqab, à la condition qu’elle se soit dument identifiée au préalable.

Depuis ce temps, on sait que le port du niqab est un droit constitutionnel. Mais s’agit-il d’un droit fondamental ?

La réponse est oui si on pense que rien n’est plus fondamental qu’un droit constitutionnel.

Mais si on croit que seuls les droits de l’Homme universels sont des droits fondamentaux, la réponse est différente.

Le port du niqab et de la burka est un droit constitutionnel au Canada. Mais ce n’est pas un droit constitutionnel en France. Ce n’est pas un droit constitutionnel en Belgique. Ce n’est pas un droit constitutionnel en Allemagne. Et ce n’est même pas un droit constitutionnel au Maroc, pourtant pays musulman.

Essentiellement, les idéologues qui ont rédigé la Canadian Constitution voulaient consacrer la suprématie absolue des droits individuels pour deux raisons.

Premièrement, parce que cela permettait d’ajuster le système juridique canadien au néolibéralisme triomphant de l’époque.

Et secondairement, parce que cela permettait de bloquer une loi québécoise révolutionnaire basée, au contraire, sur la suprématie des droits collectifs, soit la Loi 101.

Ce faisant, ces idéologues n’ont pas su prévoir la montée de l’intégrisme musulman. L’intégrisme religieux a toujours existé mais le wahhabisme a pris en Occident une influence considérable, grâce aux sommes colossales que la dictature saoudienne consacre à sa promotion.

Par son projet de loi 62, le gouvernement Couillard se propose d’obliger que la demande et que la fourniture de services gouvernementaux soient faites à visage découvert.

Lorsqu’on accuse le Québec de brimer ainsi les droits constitutionnels des femmes niqabées et de celles qui portent la burka, ce qu’on fait, c’est qu’on exige la soumission du Québec à l’ordre constitutionnel dicté par le Canada anglais.

On ne se demande pas si l’interdiction du niqab et le la burka est justifiée : on constate simplement que cette interdiction est contraire à la Canadian Constitution et on voudrait que nous nous inclinions béatement devant cette dernière.

Comme s’il s’agissait d’un texte sacré que l’ancien premier ministre Pierre-Elliott Trudeau — tel Moïse descendant de la colline Parlementaire — aurait confié à son peuple de la part de Dieu.

Au contraire, la Canadian Constitution est une loi ethnique votée par l’ethnie dominante du Canada à l’issue d’une séance ultime de négociation à laquelle le Québec n’a pas été invité.

Ce qu’il faut comprendre, c’est que le Canada est un pays colonial. Mais à la différence des autres — qui ont leurs colonies au loin, sous les tropiques — le Canada a les siennes dispersées sur son territoire.

Ce sont des poches autochtones régies par un apartheid juridique dont le but est leur lente extermination et le Québec dont on soutire 50 milliards$ de taxes et d’impôts en contrepartie de 9 à 12 milliards$ de péréquation s’il se tient tranquille.

Cette loi ethnique fut adoptée sans nous de la même manière qu’une colonie ne décide pas des lois que la métropole désire lui imposer.

Que l’ethnie dominante ait pu en catimini négocier une nouvelle constitution et l’adopter sans le Québec dit tout de notre statut au sein de ce pays dont les politiques multiculturelles n’arrivent pas à masquer la nature profondément raciste de ses institutions.

Dans le texte de cette constitution, il y a une clause dérogatoire. Elle peut être invoquée pour tout sauf l’article 23 qui, très précisément, est celui qui prescrit la lente extinction linguistique du Québec.

Mais on peut invoquer cette clause dérogatoire pour tout le reste. Nous serions stupides de nous en priver.

Et si les élites canadiennes anglaises ne sont pas d’accord, c’est leur problème et non le nôtre.

Références :
La burka au volant : est-on devenu fou ?
Énergie au Québec
L’Allemagne interdit le voile intégral dans la fonction publique
Le Canada, un projet colonial réussi
Le Maroc interdit la fabrication et la vente de la burqa
Le prosélytisme de l’Arabie saoudite
Zunera Ishaq, who challenged ban on niqab, takes citizenship oath wearing it

Paru depuis :
Sondage: les Canadiens et les Québécois favorables au projet de loi 62 (2017-10-27)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le XVIIe congrès national du PQ

11 septembre 2017

C’est à Montréal du 8 au 10 septembre 2017 que se tenait le XVIIe congrès national du Parti Québécois. Le congrès précédant eut lieu en avril 2011.

Comme les trois quarts des 1 500 délégués, c’était la première fois que j’assistais à un congrès politique.

Les congrès du PQ sont très différents de ceux qu’on voit dans les films américains. Dans les coulisses, pas d’alcool coulant à flots. Dans les couloirs, pas de harcèlement par de jolies demoiselles au décolleté plongeant. Et, dans la salle principale, pas d’apothéose finale au cours de laquelle les confettis et les milliers de ballons s’abattent sur les congressistes en liesse.

La première journée

Débutant par l’inscription des délégués de midi à 13h, le programme du vendredi comprenait deux activités importantes.

Répartis en sept ateliers thématiques (économie, environnement, langue, éducation, santé, famille, etc.), les congressistes participèrent à une première séance de travail de deux heures au cours de laquelle ils étudièrent les centaines de résolutions originaires d’un peu partout au Québec.

Après un repas du soir libre, un gala se déroulait dans la grande salle du Palais du congrès.

Jordi Solé i Ferrando, eurodéputé de la Catalogne

À cette occasion, on nous présenta des représentants de mouvements indépendantistes : celui de Catalogne eut droit à une ovation.

Le chef du PQ prononça par cœur un discours d’environ 90 minutes.

M. Lisée fut l’auteur des discours de plusieurs grands premiers ministres du Québec. Par moments, on aurait cru entendre ceux-ci parler par la bouche de Jean-François Lisée. En réalité, il s’agissait plutôt, à l’inverse, des mots semblables à ceux que Lisée leur faisait dire.

Non seulement Lisée écrit très bien, mais c’est un excellent orateur.

La deuxième journée

Le matin fut consacré à une deuxième séance de travail en atelier. Parallèlement à cela se déroulait le vote de confiance à l’égard du chef du parti. Chaque congressiste devait donc quitter brièvement son atelier pour aller voter.

Après une pause pour manger, les ateliers reprenaient jusqu’au milieu de l’après-midi.

Jean-François Lisée, entouré de ses députés

À 16h, au cours d’une plénière, le congrès adoptait quelques résolutions et apprenait le résultat du vote de confiance (92,5% en faveur de M. Lisée).

L’humoriste François Parenteau (et Chafiik au synthétiseur)
Daran, Alexandre Belliard, Jorane et Jean-Martin Aussant

De 20h30 à 22h, les congressistes eurent droit à un concert privé au Club Soda mettant en vedette les artistes ci-dessus (de même que Salomé Leclerc, hors-champ). On remarquera, au synthétiseur, l’économiste Jean-Martin Aussant, fondateur d’Option nationale.

La troisième journée

De 8h45 à midi, l’ensemble des congressistes adoptait le gros des résolutions priorisées par les ateliers. Ce travail se poursuivait en après-midi jusqu’à 16h30.

Le tout se terminait vers 17h.

Conclusion

Le Parti Québécois compte environ 80 000 membres. C’est plus que tous les autres partis politiques du Québec réunis. Étendu à toutes les couches sociales et à toutes les régions du Québec, ce nombre de membres fait en sorte que ce parti est branché sur la réalité québécoise.

Son volumineux cahier de résolutions est la somme des solutions souhaitées par toutes les composantes de la société québécoise afin de résoudre les problèmes auxquels ils sont confrontés.

Pour le Montréalais que je suis, c’est une occasion unique de me débarrasser de mes préjugés et de découvrir toutes les facettes de la nation à laquelle j’appartiens.

Comme chacun des représentants de ma circonscription, mon seul engagement est d’appuyer les propositions issues de cette circonscription. Quant au reste — soit l’immense majorité des propositions — chacun est libre de voter comme il l’entend.

Et pour quelqu’un qui semble avoir une idée arrêtée sur tout, il m’est arrivé souvent de changer d’idée en entendant des intervenants qui me faisaient voir un aspect de choses auquel je n’avais pas songé.

Bref, ce fut pour moi une expérience très enrichissante.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectifs M.Zuiko 40-150 mm F/2,8 (la 2e photo) + multiplicateur de focale M.Zuiko MC-14 (1re photo) et M.Zuiko 25 mm F/1,2 (les autres photos)
1re photo : 1/125 sec. — F/4,0 — ISO 6400 — 190 mm
2e  photo : 1/200 sec. — F/2,8 — ISO 2000 — 95 mm
3e  photo : 1/60 sec. — F/2,2 — ISO 1250 — 25 mm
4e  photo : 1/60 sec. — F/1,2 — ISO 320 — 25 mm

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Québec Solidaire et le ras des pâquerettes

30 août 2017

Mise en contexte

L’édition d’aujourd’hui du Devoir publie une lettre signée conjointement par les dirigeants de Québec Solidaire et d’Option nationale accusant le chef du PQ de nuire à la cause indépendantiste en ‘stigmatisant’ les demandeurs d’asile.

Les auteurs écrivent : «…le chef du Parti québécois s’est insurgé que ce soit le Québec qui assume les dépenses liées à l’accueil des demandeurs d’asile haïtiens. Il a qualifié ceux-ci d’invités de Justin Trudeau

Depuis des années, en vertu d’une entente administrative avec le fédéral, le gouvernement du Québec s’occupe des dossiers d’immigration qui concernent les travailleurs qualifiés. En d’autres mots, il s’agit des immigrants ‘ordinaires’.

Mais le gouvernement canadien a conservé ses responsabilités exclusives quant aux réfugiés, aux demandeurs d’asile et aux immigrants-investisseurs.

Or de plus en plus, le gouvernement fédéral a tendance à pelleter sur le dos des provinces les couts de ses politiques.

C’est ainsi que la dérèglementation ferroviaire permet au fédéral d’économiser des millions$ en salaires de fonctionnaires. Mais lorsque ce laxiste entraine la mort de 47 personnes à Lac-Mégantic et la pire catastrophe environnementale de l’histoire du pays, le fédéral ne paie que 50% de la note. Le reste est aux frais du gouvernement québécois.

Le gouvernement fédéral n’a pas causé cette minicrise migratoire (mini en comparaison avec celle en Europe). Mais il l’a aggravée par une politique de relations publiques qui laisse croire que le Canada est une terre d’accueil pour tous les êtres persécutés de ce monde.

Puisque tous les Canadiens profitent de l’image flatteuse du Canada à l’Étranger, la création d’attentes irréalistes chez les demandeurs d’asile serait un inconvénient mineur si le traitement de leurs dossiers s’effectuait rapidement.

Malheureusement, ce n’est pas le cas. Ce qui occasionne des frais importants que doit assumer le Québec, un des principaux points d’entrée de ces immigrants.

Aux États-Unis, l’analyse d’une demande d’immigration ne prend que quelques jours. Tout au plus, quelques semaines.

À l’opposé, au Canada, l’étude d’une requête se décide en fonction d’une grille d’analyse compliquée qui repose essentiellement sur la subjectivité du commissaire chargé du dossier. Voilà pourquoi le taux d’acceptation des demandes varie considérablement d’un commissaire à l’autre.

Si bien que tout cela prend des mois, sinon des années. Entretemps, ce sont les provinces qui paient les frais d’hébergement, les services médicaux et les autres frais occasionnés par les demandeurs d’asile en attente d’une décision.

Le chef du PQ veut que le fédéral paie le prix de sa lenteur administrative.

Je sais qu’Option nationale et Québec Solidaires sont en pourparler en vue d’une fusion mais j’ignore pourquoi Option Nationale — un parti pour lequel j’ai beaucoup d’estime — s’est laissé entrainer dans cette querelle de clocher entre indépendantistes.

Le reste de mon texte concernera donc essentiellement les dirigeants de Québec Solidaire (que je soupçonne d’être à l’origine de cette querelle).

Micropolitique et macropolitique

Pour le PQ, QS et ON, l’indépendance est un moyen et non un but. Mais de ces trois partis, celui qui est le plus mou à l’idée de l’indépendance, c’est Québec Solidaire.

Si celui-ci avait le choix entre continuer l’appartenance du Québec à un Canada dirigé par un parti de gauche ou favoriser l’accession à l’indépendance du Québec dirigé par un parti de droite, QS choisirait sans hésiter à continuer d’appartenir au Canada.

Conformément à l’impulsion donnée par ses fondateurs, l’idéologie de QS est centrée sur l’humain. C’est une idéologie où la préoccupation essentielle est l’émancipation du citoyen grâce à la bienveillance de l’État.

C’est ce que j’appelle la micropolitique. Celle-ci est une vision de la politique qui ne perd jamais de vue les conséquences concrètes des décisions de l’État dans la vie de chacun.

Mais il y a une autre dimension à la politique qui est la macropolitique. Les deux ne sont pas antagonistes mais complémentaires.

Québec, autoroute à pétrole

L’avenir du Québec au sein du Canada, c’est de devenir une autoroute à pétrole. Par pipeline, par pétrolier Panamax et par train (puisque le pipeline ne suffira pas).

Les provinces de l’Ouest le veulent. L’Ontario le veut puisque les financiers de Bay Street ont beaucoup investi dans les sables bitumineux. Bref, le Canada anglais le veut.

L’ethnie dominante du pays nous passera le pipeline Énergie Est sur le corps comme elle nous a passé la Canadian Constitution en 1982 à l’issue d’une séance ultime de négociation à laquelle le Québec n’a pas été invité.

En vue de cela, le gouvernement Harper a modifié la loi antiterroriste de manière à ce que toute initiative citoyenne qui aurait pour effet de faire obstacle à la construction d’infrastructures pétrolières réponde à la définition d’un acte terroriste.

Si le Québec était déjà indépendant, le Canada exporterait son pétrole par la Baie-James puisqu’en tant qu’État indépendant, le Québec disposerait de tous les pouvoirs pour empêcher l’utilisation de son territoire comme simple lieu de transit pour l’exportation du pétrole d’un pays voisin. Présentement, il n’a aucun pouvoir.

La militarisation du Canada

D’autre part, le Canada a annoncé son intention d’augmenter son budget militaire, passant de 1% à 2% du PIB (produit intérieur brut).

Ce qu’on n’a pas réalisé, c’est qu’il ne s’agit pas de dépenser 1% de plus du budget fédéral, mais d’augmenter le budget de la défense d’un pour cent de la valeur de l’économie canadienne.

C’est 15 milliards$ de plus par année pour de l’armement. Et cela alors que le risque d’une guerre mondiale est nul à brève et à moyenne échéance (la puissance américaine étant de cinq à dix fois supérieure à celle de la Russie).

Puisqu’il est question aux États-Unis de réduire la fiscalité des entreprises et des riches — ce qui obligerait le Canada à faire pareil — on doit se demander comment le Canada pourra dépenser annuellement 15 milliards$ de plus en dépenses militaires sans sabrer dans les mesures sociales soit directement, soit indirectement en coupant les vivres aux provinces.

L’inconscience de QS

Tout cela, Québec Solidaire en est totalement inconscient. Ses dirigeants en sont dans les complots partisans en vue de la prochaine élection.

La minicrise migratoire actuelle suscite des réactions diverses au sein des Québécois fédéralistes (CAQ vs PLQ) comme c’est le cas au sein des Québécois indépendantistes.

Mais tout cela n’est qu’une distraction insignifiante lorsqu’on quitte cette vue au ras des pâquerettes et qu’on prend conscience des nuages beaucoup plus inquiétants qui justifient l’urgence de libérer le Québec du colonialisme canadien.

Bref, le PQ n’est pas parfait. Même si la critique des dirigeants des autres partis indépendantistes à l’égard du PQ était justifiée — ce qui n’est pas le cas ici — il est clair que la chicane entre indépendantistes ne convaincra personne de la nécessité de faire sécession avec le Canada.

Un peu de retenue, s’il vous plait.

Références :
Doubler les dépenses militaires et la dénaturation du Canada
Des demandeurs d’asile soumis à la subjectivité des commissaires
En stigmatisant les demandeurs d’asile, Jean-François Lisée fait reculer l’indépendance
 

Post-scriptum : À la suite de la publication de ce texte, j’ai reçu de Québec Solidaire la réponse suivante :

 
Bonjour M. Martel,

Merci de votre commentaire. La position de Québec Solidaire est plutôt claire et ne relève pas de la stratégie électorale : nous désirons un pays pluriel, inclusif et luttant contre la discrimination.

Je vous invite à lire le programme de Québec solidaire au sujet de la souveraineté. Vous réaliserez que l’intervention de M. Nadeau-Dubois est une réaction en accord avec nos principes et non pas une tentative de courtiser un électorat.

J’espère que cela répondra à votre question.

Veuillez agréer de mes plus sincères salutations,

Philippe Lapointe, attaché politique

Député de Gouin – Gabriel Nadeau-Dubois
1453, rue Beaubien Est, Bureau 201
Montréal (Québec) H2G 3C6
Tél. : 514 864-6133 | Téléc. : 514 873-8998
Québec Solidaire et le ras des pâquerettes
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Écrit par Jean-Pierre Martel


La prime territoriale à l’indépendance du Québec

5 juin 2017

Sous-titré ‘Politique d’affirmation du Québec et de relations canadiennes’, le document Québécois – Notre façon d’être canadiens a été rendu public il y a quelques jours par le premier ministre Philippe Couillard.

Fruit de deux années de réflexion, ce document vise à entamer un dialogue avec le Canada anglais et l’amener à mieux comprendre les revendications du Québec au sein de la fédération canadienne.

Dans son texte de présentation, le ministre responsable des Relations canadiennes écrit : « Il faut reprendre nos échanges sur l’évolution de la fédération, ce qui inclut la dimension constitutionnelle. Contrairement aux expériences passées, nous souhaitons discuter, partager et mieux nous comprendre avant d’envisager des pourparlers de nature constitutionnelle.»

La réponse des porte-paroles du Canada anglais a été immédiate et d’une brutale franchise : ce document ne nous intéresse pas, disent-ils unanimement.

Ce document n’est pas dépourvu de mérite. Mais, apparemment, ce mérite n’intéresse personne hors du Québec.

Du point de vue québécois, sa principale lacune est son silence au sujet de l’article 23 de la Canadian constitution. Cet article prescrit la liberté de choix de la langue d’enseignement, ce qui condamne le peuple francoQuébécois à une lente extinction.

Le chroniqueur Michel-C. Auger (de Radio-Canada) adresse un reproche voilé à ce rapport mort-né en écrivant subtilement ce matin : «…le Québec aurait tout intérêt à exiger que les articles 23 et 59 de la Charte (canadienne) soient modifiés pour que le principe de la liberté de choix de la langue d’enseignement ne soit plus considéré comme la normalité en droit canadien.»

Mais ma plus grande surprise a été d’y trouver, à la page 119, un argument-choc en faveur de l’indépendance du Québec.

En 1912, aux dépens des Territoires du Nord-Ouest, les frontières de trois provinces canadiennes — le Manitoba, l’Ontario et le Québec — sont repoussées vers le nord à leur pourtour actuel.

Toutefois, la frontière nordique du Québec s’arrête à sa rive à marée basse, appelée rive basse des eaux (en pointillé orange sur la carte).

Au contraire, sur l’Atlantique, la frontière du Québec comprend une zone côtière.

Ceci veut dire qu’à l’accession de son indépendance, le Québec recevrait en prime une zone côtière septentrionale longue de trois-mille kilomètres, définie en vertu du droit international.

Mais tant qu’il ne demeure qu’une province, il n’y a pas droit. De plus, même sur cette rive, toute zone portuaire aménagée à des fins d’exportation devient de juridiction fédérale.

Tout comme le port de Québec ou de Montréal, toutes les entreprises qui s’installeraient dans le but de profiter de ces installations portuaires seraient dispensées de l’impôt québécois. Ce qui signifie que le Québec ne recevrait aucun retour d’investissement.

C’est d’ailleurs le talon d’Achille de la stratégie maritime de la CAQ récupérée par le PLQ; tout investissement québécois est finalement un cadeau du Québec à Ottawa et conséquemment, un gaspillage des fonds publics québécois.

Parce qu’en vertu des constitutions de 1867 et de 1982, les vrais pouvoirs économiques sont à Ottawa et c’est lui qui décide les paramètres de l’intendance de ses vassaux provinciaux.

C’est lui qui fixe les critères du régime d’assurance-maladie du Québec (de juridiction provinciale), les critères des infrastructures municipales qu’il subventionne (de juridiction provinciale), qui contrôle les routes et les voies ferrées interprovinciales, les aéroports et qui chapeaute de ses propres tribunaux les tribunaux de juridiction provinciale.

À l’indépendance, le Québec obtient en prime cette zone côtière septentrionale, les richesses sous-marines qu’elle recèle, et la liberté de développer une stratégie maritime susceptible de faire ombrage à des provinces jalouses.

Bref, la malédiction s’acharne sur le document Québécois – Notre façon d’être canadiens. Non seulement suscite-t-il le mépris du Canada anglais envers un gouvernement provincial profondément soumis à l’ordre canadien, non seulement ce mépris est-il un gifle à tous les fédéralistes québécois, mais il remet à l’avant-scène une raison oubliée de faire l’indépendance du Québec.

Références :
Le français en péril
Québécois – Notre façon d’être canadiens
Québec veut repousser sa frontière nordique
Rouvrir le dossier constitutionnel et choisir l’ancien temps
The northern boundary of Québec

La prime territoriale à l’indépendance du Québec
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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le centenaire de L’Action nationale

24 février 2017
Denis Monière, président de la Ligue d’action nationale
Robert Laplante, directeur de la revue L’Action nationale

Le mensuel L’action nationale est l’organe officiel de la Ligue d’action nationale. Financée exclusivement par ses abonnements, c’est la plus ancienne publication francophone d’Amérique et la troisième plus ancienne de toute la francophonie.

Depuis sa fondation en 1917, plus de 17 000 auteurs — dont les plus grands intellectuels québécois du XXe siècle — y ont signé des articles.

Afin de célébrer son centième anniversaire, la revue tenait hier un 5 à 7 auquel une centaine de célébrités et d’invités ont participé.

Armand Vaillancourt, sculpteur-peintre

Une toile de 6’ x 4’, créée en 2011 par l’artiste Armand Vaillancourt, a été désignée œuvre du centenaire. On peut l’entrevoir derrière les conférenciers ci-dessus.

Des reproductions en plus petit format, signées et numérotées par l’artiste, contribueront au financement de cette publication.

Âgé maintenant de 87 ans, Armand Vaillancourt est probablement le plus important sculpteur québécois de la seconde moitié du XXe siècle. Fervent militant indépendantiste, l’artiste a accepté de poser gracieusement pour ce blogue.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectif M.Zuiko 75mm F/1,8
1re photo : 1/160 sec. — F/1,8 — ISO 1250 — 75 mm
2e  photo : 1/160 sec. — F/1,8 — ISO 1000 — 75 mm
3e  photo : 1/160 sec. — F/1,8 — ISO 1600 — 75 mm

Le centenaire de L’Action nationale
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