Élections fédérales 2015 : comment voter dès maintenant

21 août 2015

Le 19 octobre, les Canadiens éliront les dirigeants du pays.

Ceux qui le souhaitent pourront voter par anticipation une semaine plus tôt, soit du 9 au 12 octobre.

Les électeurs qui ne seront pas disponibles ni le jour du scrutin ni durant la période du vote par anticipation peuvent voter dès maintenant.

Aller au bureau local du Directeur du scrutin

Pour ce faire, vous devez connaitre le nom de la circonscription fédérale où vous habitez et vous rendre au bureau local du Directeur du scrutin.

Si vous savez le nom de votre circonscription, adressez-vous à votre député sortant — son nom se trouve facilement par une recherche sur l’internet — pour qu’il vous précise l’adresse de ce bureau. C’est ce que j’ai fait.

Si vous ignorez le nom de votre circonscription, attendez de recevoir un dépliant publicitaire d’un des candidats en lice. Ce dépliant devrait préciser son adresse électronique. Demandez-lui de vous indiquer l’adresse civique du bureau local du Directeur du scrutin.

Si vous ne désirez pas attendre de recevoir un tel dépliant, le gouvernement du Québec possède un outil en ligne qui vous permet de trouver le nom de votre circonscription provinciale à partir de votre code postal ou du nom de votre municipalité (voir dernière référence).

Une fois que vous connaissez ce nom, utilisez un moteur de recherche comme Google pour trouver les coordonnées de votre député provincial. Il devrait avoir la courtoisie de vous indiquer celles de son collègue au niveau fédéral.

Preuves d’identité

Pour voter, vous aurez besoin de deux preuves d’identité (dont une portant votre photo) et une preuve de résidence (par exemple, une facture d’électricité ou de téléphone).

Connaitre le nom exact du candidat

La date limite pour le dépôt des candidatures est le 28 septembre. Les noms de tous les candidats en lice ne seront connus qu’après cette date. De plus, pour des raisons de sécurité, les bulletins de vote ne seront dévoilés qu’au moment du vote par anticipation.

Donc, si vous votez dès maintenant, le bulletin de vote indiquera le nom de personne. Sur une simple ligne pointillée, vous devrez écrire le nom du candidat pour lequel vous désirez voter. Vous ne pourrez pas simplement écrire le nom d’un parti politique. Il est donc recommandé d’écrire à l’avance le nom du candidat sur un bout de papier que vous recopierez dans l’isoloir.

Au moment où j’ai voté, une seule personne avait présenté sa candidature, les autres partis n’ayant pas encore choisi leur représentant.

Vous pouvez voter pour n’importe qui. Mais si cette personne n’obtient pas l’investiture de son parti ou se désiste entretemps, votre bulletin de vote sera annulé au moment du dépouillement du scrutin.

Le dépouillement

Avant d’aller dans l’isoloir, on vous remettra le bulletin de vote et deux enveloppes. Dans l’isoloir, vous écrirez le nom du candidat de votre choix, insérer ensuite ce bulletin dans une première enveloppe numérotée, et insérer celle-ci dans une deuxième enveloppe anonyme.

Au sortir de l’isoloir, l’électeur dépose le tout dans la boite de scrutin.

Au matin du scrutin, le 19 octobre prochain, les préposés à l’élection ouvriront la deuxième enveloppe. Ils vérifieront le numéro que porte l’enveloppe intérieure et rayeront ce numéro du registre des votes par anticipation. Ils déposeront cette enveloppe numérotée (sans l’ouvrir) dans l’urne.

Le soir même, au moment du dépouillement du vote, les enveloppes numérotées seront décachetées et le bulletin sera lu comme tous les bulletins de vote pliés dans l’urne.

Références :
Cartes des circonscriptions fédérales
Élection fédérale canadienne de 2015
Trouvez votre circonscription provinciale

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Marijuana : Harper radote

13 août 2015

Il y a deux jours à Toronto, M. Steven Harper a promis que s’il était réélu à la tête du pays, son gouvernement accorderait davantage de ressources aux forces policières afin de traquer les producteurs clandestins de marijuana.

De plus, il a réitéré son opposition à la création de sites d’injection supervisés de drogues en dépit du fait que les études ont démontré que cela réduit la prévalence d’hépatite C et de VIH chez les toxicomanes.

Finalement, il commanderait des études destinées à prouver les effets néfastes de la drogue sur la santé mentale.

Il a reproché au Nouveau Parti Démocratique et au Parti libéral leur intention de décriminaliser la possession simple de marijuana et peut-être même de légaliser complètement sa production et son commerce.

Au Québec, cette annonce conservatrice est passée complètement inaperçue, probablement parce qu’ici, depuis plus d’une décennie, les policiers n’arrêtent plus personne pour possession simple (à mois qu’on leur envoie la fumée au visage).

De plus, tous les dimanches ensoleillés de l’été, les Tam-tams du Mont-Royal réunissent une foule autour du monument à Sir George-Étienne Cartier. On y joue de la musique alors que les lieux dégagent une curieuse odeur d’herbe brulée. Tout le monde le sait — c’est presque une attraction touristique — et aucun policier n’intervient.

Donc les ardeurs répressives de M. Harper n’inquiètent pas grand monde au Québec.

Mais connaissant la tendance à la « contrôlite » du premier ministre, il n’est pas exclu que des subventions fédérales à la ville de Montréal soient un jour assorties à la condition de réprimer la consommation de drogue.

On aurait donc tort de ne pas prendre au sérieux cette promesse conservatrice.

Aux États-Unis, les Républicains ont fait de la lutte à la drogue un de leurs thèmes électoraux pendant des décennies. Or leur guerre à la drogue est un échec total.

Après y avoir consacré, de 1987 à 1997, une somme de cinq cents milliards de dollars, après avoir construit d’innombrables prisons pour punir les vendeurs de drogue et leurs clients, après avoir gagné le record d’incarcération de tous les pays démocratiques, les États-Unis ont réalisé que cette coûteuse répression ne parvenait pas à faire fléchir le taux de consommation de drogues douces chez eux.

Récemment, certains États américains ont même complètement cessé la prohibition de la marijuana, déclenchant un affut touristique qui suscite la jalousie d’États voisins.

De nos jours, la majorité des Républicains eux-mêmes sont d’avis que tout cela fut un gaspillage monumental.

Aux Pays-Bas — où la marijuana est légale — les Hollandais sont parmi les plus faibles consommateurs européens de cette drogue, probablement parce sa consommation n’a plus l’attrait du péché défendu. Dans leur esprit, c’est une commodité pour touristes.

Les études scientifiques ont démontré que le goudron de la marijuana est plus cancérigène que celui du tabac. Mais lorsqu’on tient compte qu’il est rare qu’on fume vingt joints par jour, dans les faits, la marijuana est moins toxique que le tabac ou l’alcool.

Par contre, elle est susceptible d’aggraver des désordres mentaux déjà existants. Mais elle ne rend personne fou (à part quelques politiciens obsédés par elle).

Bref, M. Harper radote.

Mais pour les besoins de la discussion, supposons qu’il ait raison. En d’autres mots, supposons que les millions de dollars que M. Harper s’apprête à dépenser de plus fassent toute la différence, la question qu’on peut se poser est la suivante : pourquoi ne les a-t-il pas dépensé plus tôt ?

Il est au pouvoir depuis neuf ans, pourquoi a-t-il attendu tout ce temps avant d’accorder finalement aux forces policières les sommes qu’il leur faut pour protéger la population canadienne des graves dangers des drogues à Lucie Nojène… non, allo sino… non, voyons qu’est-ce que j’ai ? Al, halo… Ah, laissez donc faire.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le chef du Parti libéral du Canada, Justin Trudeau, à l’Astral

12 août 2015
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Les campagnes électorales donnent l’occasion aux politiciens de nous expliquer pourquoi nous devrions voter pour eux.

Libérés des tâches parlementaires, c’est aussi un temps où ils sont les plus disponibles à rencontrer les gens. Inversement, c’est une bonne occasion pour nous de les voir à l’oeuvre et de juger de leurs aptitudes, de même que d’avoir un aperçu de leur personnalité.

Le Parti libéral du Canada est dirigé par Justin Trudeau. Au bénéfice de nos lecteurs européens, c’est le fils cadet de l’ex premier ministre Pierre-Eliott Trudeau (aujourd’hui décédé).

La semaine dernière, j’ai reçu l’invitation du Parti libéral du Canada à assister une assemblée politique à l’Astral (une salle de concert au centre-ville). Cette rencontre avait lieu lundi dernier.

Fort de mon expérience avec les assemblées organisées dans le cadre de la course à la chefferie du Parti Québécois, je me suis présenté à l’Astral avec vingt minutes de retard, croyant que ces rencontres commençaient rarement à l’heure prévue.

Erreur : le Parti libéral n’est pas le Parti Québécois. À mon arrivée, la salle était déjà pleine et M. Trudeau terminait son discours devant une assistance enthousiaste.

J’ai donc attendu sa sortie pour prendre quelques photos dont celles-ci.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectif M.Zuiko 75mm F/1,8
1re photo : 1/160 sec. — F/1,8 — ISO 800 — 75 mm
2e  photo : 1/160 sec. — F/1,8 — ISO 1250 — 75 mm

Le chef du Parti libéral du Canada, Justin Trudeau, à l’Astral
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Écrit par Jean-Pierre Martel


Bombarder l’État islamique, ça fait tellement du bien…

25 mars 2015

Introduction

L’émergence de l’État islamique (ÉI) est le résultat du chaos causé par l’intervention militaire des États-Unis et de leur allié britannique dans cette partie du monde.

La question que nous devons nous poser est la suivante : est-ce bien à nous de réparer les pots cassés ?

Aucun pays ne fait la guerre motivé par de bons sentiments; on fait la guerre lorsqu’on a des intérêts géostratégiques à défendre.

En 1939-1945, nous défendions nos partenaires commerciaux en danger. Ce qui n’a pas empêché les États-Unis de se trainer les pieds jusqu’à l’attaque de Pearl Harbor en 1941 et avant cela, de vendre des armes et de supporter l’effort de guerre autant des alliés que des nazis.

De nos jours, aucun des pays du Moyen-Orient ne produit de biens dont la pénurie paralyserait l’économie canadienne. Nous n’avons donc aucun intérêt géostratégique à défendre.

Dès jeudi ce cette semaine, le parlement canadien étudiera une motion destinée à prolonger l’implication militaire canadienne au Moyen-Orient constituée essentiellement de bombardements.

Protéger les Canadiens

La première raison invoquée pour justifier l’implication canadienne, ce sont les « menacettes » de l’ÉI exhortant ses sympathisants à commettre des attentats terroristes au pays.

Contrairement Al-Qaida (qui promeut le terrorisme international), l’ÉI n’est une menace que pour les pays voisins.

L’ÉI ne possède pas de camps d’entrainement destinés à former des terrorismes qui commettraient des attentats à l’étranger.

Ce qui ne veut pas dire que ses directives ne puissent pas être suivies par des sympathisants canadiens. Mais ces derniers ne sont que des amateurs, et non des professionnels comme ceux formés par Al-Qaida.

Dans les faits, les bombardements canadiens font beaucoup plus de victimes civiles que parmi les rangs des milices de l’ÉI. À défaut de troupes au front, personne n’est vraiment certain de la nature des cibles choisies.

Les veufs, veuves, et orphelins qui survivent à nos bombardements sont du pauvre monde qui n’a aucun moyen de venger leurs morts.

Mais les images qu’ils transmettent par les médias sociaux bouleversent les jeunes qui les voient et rendent la population canadienne plus sujette à des attentats amateurs par ceux qui choisiront la violence pour protester contre la mort et la désolation que répand le Canada.

Donc les bombardements canadiens augmentent la probabilité que des attentats terroristes soient commis au pays et non l’inverse.

Protéger la population civile du Moyen-Orient

Au-delà de l’antipathie que suscite l’ÉI en raison de ses méthodes barbares, on doit réaliser que cette barbarie est partagée par certains de nos « alliés », notamment l’Arabie saoudite.

Elle aussi décapite (78 personnes en 2013 et 87 en 2014), flagelle à mort et tue à qui mieux mieux les citoyens qui apparaissent comme une menace aux yeux des tyrans du pays. Le cas de Raïf Badawi est éloquent à ce sujet.

D’autre part, puisque les bombardements canadiens font plus de victimes parmi la population civile que militaire, il est paradoxal de justifier ces bombardements par des motifs humanitaires.

Ceux-ci feraient beaucoup plus mal à l’ÉI s’ils coupaient les routes qui permettent à des milliers de camions-citernes d’acheminer le pétrole de l’ÉI vers la Turquie.

Mais en faisant cela, le Canada susciterait la colère de ce pays, officiellement membre de la coalition anti-ÉI et officieusement principal financier du califat en lui achetant son pétrole à prix d’ami.

Dans le fond, la Turquie joue ce double jeu auquel s’adonnaient les Américains eux-mêmes dans les premières années de la Deuxième Guerre mondiale et au cours de la guerre Iran-Irak.

Les bombardements canadiens ne réussiront pas plus à éradiquer l’ÉI que les bombardements américains ont éradiqué le Vietcong durant la guerre au Vietnam.

Pour détruire l’ÉI, il faut que les pays voisins — qui sont les seuls directement menacés par lui — se prennent en main.

Ce que les Canadiens doivent réaliser, c’est qu’un pays qui n’est pas prêt à payer le prix de la Démocratie de son propre sang, ne la mérite pas.

En 1939-1945, le Canada aidait des pays amis à combattre le nazisme. Au Moyen-Orient, notre pays combat à la place des pays concernés.

En effet, que font les armées de terre des pays voisins ? Contrairement aux Kurdes, ils regardent le train canadien passer. Tout au plus, les pétromonarchies financent-elles paresseusement des miliciens étrangers qui luttent en Syrie selon leurs intérêts.

Pourquoi ces pays s’impliqueraient-ils alors que le premier ministre Harper est si heureux de jouer au matamore pour faire oublier le cul-de-sac de ses politiques économiques ?

Conclusion

Tous les gouvernements de droite au monde agissent de la même manière. Elle consiste à appauvrir leur peuple afin d’augmenter les dépenses militaires.

Dans le cas du gouvernement Harper, cela veut dire couper dans la sécurité ferroviaire, dans la recherche scientifique, dans le rayonnement culturel du pays, entre autres, et d’accorder des contrats faramineux au complexe militaro-industriel américain.

Le contrat des F-35, c’est 45 milliards$ dont seulement un pour cent sera dépensé au Canada: 99% seront dépensés pour créer des emplois à l’extérieur du pays.

Quant à l’implication militaire du Canada en Irak — donc sans tenir compte de son élargissement en Syrie — c’est une dépense comprise entre 242 et 351 millions$ pour la première année seulement. Elle pourrait durer des années.

Et pour faire accepter ces gaspillages des fonds publics, on détourne l’attention du peuple en faisant la guerre. En somme, le coup classique, vieux comme le monde.

Références :
Décapitation et fouets en Arabie saoudite
Isis air strikes limited without viable Syrian rebel force, says White House
L’amateurisme de la décapitation en Arabie saoudite
Les miettes dorées du F-35
Motion pour le prolongement de la mission canadienne contre l’EI

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Écrit par Jean-Pierre Martel


L’employabilité des femmes niqabées

17 mars 2015
Niqab

Introduction

Mardi le 10 mars dernier, à la Chambre des Communes, le premier ministre du Canada a déclaré que le niqab était le produit d’une culture misogyne.

Aurait-il déclaré plutôt que c’était le fruit d’une culture préislamique misogyne, que cela n’aurait pas offensé grand monde. Mais en omettant cette nuance, il a suscité l’irritation des Musulmans du pays (qui se sont sentis visés par sa remarque), et la controverse au sein de la classe politique canadienne.

Dans son propre parti politique, le président du Conseil du Trésor, Tony Clement, a soutenu qu’il ne voyait pas d’inconvénient à ce qu’une fonctionnaire fédérale porte le niqab au travail. Son collègue Jason Kenney, ministre de la Défense, a plutôt déclaré que le port du niqab était incompatible avec l’exercice de certains métiers (en donnant l’exemple de ceux où il faut communiquer à visage découvert).

Au Nouveau Parti démocratique — actuellement le principal parti d’opposition avec 96 sièges — le chef Thomas Mulcair accuse le premier ministre de mener une campagne d’islamophobie et affirme l’intention de son parti de défendre la liberté de la pratique religieuse au pays.

Toutefois, son député québécois Alexandre Boulerice estime que les employés de l’État ne devraient pas être autorisés à couvrir leur visage.

De son côté, Justin Trudeau, chef du Parti libéral du Canada — deuxième parti d’opposition avec 35 sièges — soutient que le niqab est acceptable en tout temps et en tout lieu au Canada.

Droit à l’emploi et employabilité

Le droit au travail est un droit fondamental. Toutefois, à l’époque où les arbres étaient abattus à la hache, qui aurait embauché un manchot comme bucheron ?

La question du niqab se présente donc de manière différente selon qu’on l’envisage sous l’angle théorique du droit au travail, ou sous l’angle pratique de l’employabilité.

Pour tous les emplois où la femme représente physiquement l’entreprise ou l’État — que ce soit à l’accueil ou dans des bureaux où cette employée reçoit le citoyen ou le client, le port d’un masque est inacceptable.

S’il n’y a pas contact physique, ce problème n’existe pas. Toutefois, d’autres préoccupations surgissent.

Lorsque le fonctionnement de l’entreprise repose sur des relations de travail harmonieuses entre les employés, le port d’un masque constitue un obstacle à l’acceptation sociale de cet employé au sein d’équipes de travail.

De plus, le port du niqab n’est qu’une exigence religieuse parmi d’autres. Les imams qui prêchent l’obligation du port du niqab, interdisent généralement la mixité.

Selon eux, non seulement la femme niqabée doit-elle éviter tout contact physique avec des étrangers (donc pas de poignée de main), mais elle doit vivre dans un environnement de travail où hommes et femmes ne se rencontrent pas.

Concrètement, si le gouvernement Harper veut embaucher quelques-unes parmi les dix milles femmes niqabées auxquelles il a accordé la citoyenneté canadienne, il lui faudra aménager des bureaux, des couloirs, des ascenseurs et des aires de repos au sein desquelles jamais hommes et femmes niqabées ne se côtoient.

Ces aménagements coûteux devront évidemment être réalisés aux frais des contribuables.

C’est seulement à ces conditions qu’il pourra garantir le respect des croyances religieuses de ses employées niqabées.

Références :
Le niqab est le produit d’une culture «anti-femmes», dit Harper
Le port du niqab est un droit pour Justin Trudeau
Le port du niqab incompatible avec certains métiers, selon Jason Kenney
NDP’s Mulcair says party isn’t split over niqab controversy

Paru depuis :
La CEDH juge «nécessaire» l’interdiction du voile intégral dans l’espace public (2017-07-12)

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectif M.Zuiko 12-40mm F/2,8 — 1/125 sec. — F/3,2 — ISO 200 — 23 mm

L’employabilité des femmes niqabées
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Écrit par Jean-Pierre Martel


L’immigration d’intégristes au Canada

15 février 2015
« La Franchise de Stephen Harper » ( © 2015 — Frederick Hendy)

Le 12 février 2015, le premier Ministre du Canada annonçait de son intention d’en appeler d’une décision de la Cour fédérale ontarienne permettant à une personne de prononcer le serment de citoyenneté en étant complètement voilée à l’exception des yeux.

« Je considère, et je pense que la plupart des Canadiens considèrent offensant que quelqu’un cache son identité au moment où il s’engage dans la famille canadienne. », a déclaré le premier ministre sous les applaudissements de l’assistance.

Mais comment en sommes-nous arrivés là ?

Mme Zunera Ishaq est une femme d’origine pakistanaise qui a immigré au Canada en 2008. Sa demande d’immigration a été cautionnée par son époux, déjà citoyen canadien.

Elle a passé l’examen de citoyenneté à la fin 2013.

Niqab

Toutefois, près avoir appris qu’elle devrait retirer son niqab en public afin de prononcer le serment, elle ne s’est pas présentée à la prestation de serment, choisissant plutôt de contester cette exigence devant les tribunaux.

Le juge Keith M. Boswell a tranché en faveur de la plaignante parce que cette exigence tirait son origine d’une simple directive ministérielle.

Or un immigrant reçu — c’est-à-dire qui habite le Canada — possède des droits constitutionnels que n’a pas le candidat à l’immigation demeuré dans son pays d’origine. Ces droits ne peuvent être annulés par simple directive administrative, et probablement pas non plus par une simple loi.

Il est donc hautement improbable que le gouvernement Harper gagne cette cause en appel. Aller plus loin sera un gaspillage des fonds publics. Puisque le gouvernement Harper déteste perdre la face, les contribuables paieront donc pour une cause perdue d’avance dont nous connaitrons peut-être l’issue après les prochaines élections fédérales.

En marge de cette affaire, Mme Ishaq a déclaré ne pas avoir d’objection à retirer son niqab lorsque cela est nécessaire à des fins de sécurité et d’identification, mais qu’elle n’accepte pas de le faire en public, à la vue de tous.

Ce que les Québécois souhaitent, ce n’est pas qu’une personne qui porte habituellement le niqab l’enlève pour la durée d’une cérémonie.

Ce que nous voulons, c’est qu’on refuse l’immigration de personnes comme elles. Ni elles, ni leurs maris, ni leurs enfants, ni les autres membres du clan familial. Personne.

Dans le cas de Mme Ishaq, il est trop tard; elle et son mari vivent déjà au pays.

Pour des raisons idéologiques, le gouvernement Harper a donné la citoyenneté canadienne à 35 000 Pakistanais en danger de mort parce que ce sont des Ahmadis, membres d’une secte hérétique de l’Islam.

Le dixième d’entre eux habitent Peace Village, à 50km de Toronto, présenté comme un modèle d’intégration alors qu’en réalisé, il s’agit d’un ghetto dans lequel les femmes portent le niqab et où on vit dans la plus stricte séparation des sexes (mariages arrangés en sus).

Selon la propagande officielle, ces Musulmans nous sont présentés comme des citoyens pacifiques et pieux (ce qui est vrai), victimes des fondamentalistes alors qu’ils ne sont qu’une variante de ce même fondamentalisme.

Nous sommes déjà aux prises avec des Canadiens qui se radicalisent au pays sous l’influence de leaders religieux intégristes. Alors pourquoi devrions-nous le faire exprès en acceptant de recevoir chez nous des gens qui le sont dans leur pays d’origine ?

De leur accession au pouvoir en 2006 jusqu’à la directive ministérielle de 2011, les Conservateurs ont donc mis cinq ans à réaliser que le port du niqab serait contraire aux valeurs canadiennes. Et ce, après avoir accepté au pays des milliers de femmes portant le niqab.

Si le gouvernement Harper était sincère, il pourrait simplement exiger que toute demande d’immigration — la loi exige qu’elle se fasse dans le pays d’origine du demandeur — soit effectuée à visage découvert, en présence d’officiers du sexe opposé.

Les maris seront donc interrogés par un officier de sexe féminin alors que les épouses interrogées par un officier de sexe masculin.

Tout refus de permettre cela entrainera le rejet automatique de la demande d’immigration.

De plus, les murs des bureaux de ces officiers devraient être placardés de photos de Canadiens de différentes origines et de différents métiers, dont au moins une photo, bien à la vue, d’une femme en bikini et d’un homme en maillot de bain.

À mon avis, cela est plus pertinent que d’afficher — obligatoirement depuis que les Conservateurs sont au pouvoir — une photo de la reine d’Angleterre.

Cela n’est pas compliqué et aucune poursuite judiciaire n’est possible. Immigrer au Canada n’est pas un droit; nous sommes donc libres d’accepter qui nous voulons, aux conditions que nous souhaitons.

Références :
Ex-immigration minister Jason Kenney ‘dictated’ niqab ban at citizenship ceremony, court told
Ottawa déterminé à interdire le niqab lors des cérémonies d’assermentation
Qui est dérangé par Peace Village?
Serment de citoyenneté à visage couvert: le fédéral va en appel

Parus depuis :
Niqab et cérémonie d’assermentation : Une vérité constitutionnelle qui dérange (2015-02-15)
La Cour rejette un appel d’Ottawa sur le niqab aux cérémonies de citoyenneté (2015-09-15)

Détails techniques de la photo : Olympus OM-D e-m5, objectif M.Zuiko 12-40mm F/2,8 — 1/125 sec. — F/3,2 — ISO 200 — 23 mm

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Feu le pont Maurice-Richard

6 novembre 2014

On apprenait aujourd’hui que le gouvernement fédéral renonçait à appeler le nouveau pont Champlain du nom d’une vedette de hockey, soit Maurice Richard.

Au bénéfice de nos lecteurs européens, rappelons les faits.

Un des ponts qui permettent aux automobilistes d’entrer ou de sortir de l’île de Montréal s’appelle le pont Champlain, du nom de celui qui fut officieusement le premier gouverneur de la Nouvelle-France.

Ce pont est de propriété fédérale, c’est-à-dire qu’il appartient au gouvernement central du Canada. On doit le remplacer en raison de son vieillissement prématuré.

Il y a quelques jours, on apprenait l’intention du gouvernement fédéral de nommer le nouveau pont « Maurice-Richard », du nom d’un hockeyeur célèbre.

La rumeur à ce sujet a déclenché une vive controverse, ce qui m’a incité à écrire un texte à ce sujet.

Soumis il y a deux jours au quotidien Le Devoir, ce texte — qui prédisait le recul du gouvernement à ce sujet — est devenu caduc en raison de la tournure des événements.

Parce que je déteste écrire pour rien, voici le texte que j’avais rédigé.

Il n’y aura pas de pont Maurice-Richard

À l’époque où Maurice Richard était une vedette, le Canadien de Montréal était une formation composée essentiellement d’athlètes canadiens francophones et anglophones travaillant de concert à remporter la victoire.

Mais ce n’est pas ce club — modèle historique de l’unité nationale — qui pourrait porter le nom du nouveau pont de Montréal : c’est plutôt un de ses athlètes.

Hockeyeur remarquable, Maurice Richard a néanmoins été l’objet de décisions injustes et a livré malgré lui un combat contre l’establishment anglophone et raciste de la National Hockey Leage, combat qui devait provoquer à Montréal une émeute demeurée légendaire.

À une époque où le nationalisme québécois ne pouvait pas s’exprimer par le biais d’institutions politiques, cet accès de violence fut une échappatoire à la frustration des émeutiers face à la discrimination quotidienne dont ils étaient l’objet.

Pour la très grande majorité de ses admirateurs, Maurice Richard symbolisait le combat du petit Canadien français contre les « maudits Anglais » qui cherchaient à l’humilier et à le dompter.

Que le gouvernement Harper ait songé à nommer ainsi le nouveau pont de Montréal — même si ce choix n’a pas été confirmé — illustre le populisme de ce gouvernement (ce qui n’est pas un défaut), mais également une profonde méconnaissance de l’histoire du Québec.

Dans son empressement à oblitérer les signes de la colonisation française au pays — afin de magnifier sans doute les bénéfices de la colonisation anglaise dont il est l’héritier — le gouvernement Harper a commis l’imprudence de proposer un choix qui se prête aisément à la récupération idéologique de la part des mouvements indépendantistes du Québec.

Voilà pourquoi ce choix est totalement inacceptable du point de vue fédéraliste. Conséquemment, il est impossible que ce choix soit retenu.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le concours « Gagnez l’expérience politique d’une vie » ou l’art de faire du financement politique… autrement

30 septembre 2014

Financement_LibéralLa plupart du temps, lorsque je publie un texte relativement à une formation politique, je lui expédie par courriel un avis de publication, de même qu’aux partis politiques concurrents.

Cela fait que je me trouve parfois sur la liste d’envois de certains partis. Je pourrais me désabonner mais je trouve intéressant d’y être.

C’est ainsi que j’ai appris qu’il suffisait de contribuer au financement du Parti libéral du Canada d’ici demain pour courir la chance de gagner un aller-retour pour la capitale canadienne afin d’y effectuer deux rencontres.

Premièrement, prendre un repas en compagnie du chef de ce parti, accompagné d’un de ses conseillers (sous un thème au choix du gagnant du concours) et deuxièmement, assister à une conférence d’Hillary Clinton, candidate à la prochaine élection présidentielle américaine.

Voilà un mode original de financement qu’on aurait intérêt à imiter.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Appels électoraux frauduleux : le Conservateur Michael Sona condamné

15 août 2014

Michael_SonaÀ gauche sur la photo, Michael Sona — ex-responsable des communications du candidat conservateur dans le comté ontarien de Guelph — a été condamné hier pour les appels frauduleux effectués lors de la dernière campagne électorale fédérale. Ces appels visaient à décourager des électeurs de voter pour des partis rivaux.

Selon le témoignage du directeur adjoint de la campagne conservatrice du comté et supérieur hiérarchique de M. Sona, celui-ci lui aurait demandé comment télécharger des numéros de téléphone tirés d’une banque de données du Parti conservateur afin qu’ils servent à des appels automatiques.

Dans une campagne électorale, toute communication de masse est stratégique. La teneur des messages télévisés ou radiophoniques, de même que ceux des affiches et des dépliants, relève de la stratégie électorale du parti. Il suffit d’une initiative maladroite pour faire dérailler une campagne électorale soigneusement préparée.

Conséquemment, aucun directeur ou directeur adjoint d’une campagne électorale n’autorisera des appels automatiques sans savoir de manière précise ce dont il sera question lors de ces appels.

D’après ce qu’on nous dit, M. Sona se serait procuré une carte prépayée pour un téléphone mobile et aurait contacté sous un faux nom une firme de télémarketing afin qu’elle transmette des milliers appels.

Supposons qu’il s’agissait d’un message pré enregistré (faussement au nom d’Élections Canada) et que cette firme ait comme politique de ne pas vérifier la teneur de messages qui ne sont pas énoncés par ses propres téléphonistes.

Dans ce cas, cette entreprise ne porterait aucune responsabilité dans cette fraude. Mais comment a-t-elle été payée pour ses services ?

Il y a deux possibilités; ou bien le jeune directeur des communications a poussé le dévouement à la cause conservatrice au point de payer de sa poche une coûteuse campagne auprès de milliers d’électeurs ou, au contraire, il a réussi à faire porter les frais de cette campagne sur le compte que détient le Parti conservateur à cette firme de télémarketing.

Puisqu’aucune banque canadienne n’accepte de transférer de l’argent de manière anonyme, on comprend mal pourquoi Michael Sona a pris la peine de contacter une firme de télémarketing sous un faux nom, pour finalement la payer sous son vrai.

Donc, il faut qu’on lui ait précisé les coordonnées du compte du Parti à la firme de télémarketing. Il faut également qu’aucun vérificateur des dépenses du Parti conservateur (au niveau du comté et au niveau national) ne se soit rendu compte des coûts de cette campagne non autorisée.

Depuis le début de cette affaire, le gouvernement Harper a agi avec une mauvaise foi évidente. D’abord par une tactique de diversion; en accusant ses adversaires de faire, eux aussi, du télémarketing alors que ce dont il est question, c’est de la fausse représentation, soit un acte criminel.

Puis en refusant d’accorder à Élections Canada les pouvoirs d’enquête qui lui étaient nécessaires. Devant un comité permanent de la Chambre des communes, le directeur général d’Élections Canada s’est ensuite plaint du manque de collaboration des Conservateurs.

Puis, lors du premier procès relatif à cette affaire — ce procès concernait l’annulation possible de l’élection de 2011 — le juge Richard Mosley a accusé les Conservateurs de s’être livrés à une guerre de tranchées pour empêcher que l’affaire soit entendue sur le fond devant lui.

Dans les plaidoiries finales du procès spécifique de Michael Sona — c’est le seul accusé jusqu’ici — les avocats de la défense et de la poursuite étaient d’avis que le stratagème frauduleux de Michael Sona n’aurait pas été possible sans la complicité d’autres personnes. Dans son jugement, le juge Gary Hearn s’est dit d’accord avec cette hypothèse.

C’est donc à suivre…

Références :
Appels automatisés : Michael Sona n’a pas agi seul, estime un juge
Appels automatisés – Élections Canada veut plus de pouvoir d’enquête
Appels frauduleux – Les conservateurs balaient les critiques du jugement
Appels trompeurs – Le DGE confirme un manque de collaboration des conservateurs

Appels électoraux frauduleux : le Conservateur Michael Sona condamné
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Écrit par Jean-Pierre Martel


Pénurie des médicaments : inaction du gouvernement Harper

17 février 2014

Le 4 juin 2013, Mme Djaouida Sellah, députée du Nouveau parti démocratique pour le comté de St-Bruno – St-Hubert, déposait à la Chambre des communes un projet de loi destiné à atténuer les effets de la pénurie des médicaments au Canada. Celle-ci constitue un problème préoccupant, dont les causes ont fait l’objet d’un texte paru précédemment.

Le projet de loi visait à obliger les fournisseurs de médicaments d’aviser le ministre en cas d’interruption de la production, de la distribution ou de l’importation de médicaments. Une telle obligation existe déjà ou est en voie de l’être aux États-Unis et au sein de l’Union européenne.

De plus, le projet de loi visait à obliger le ministre de la Santé d’élaborer et de mettre en œuvre un plan d’intervention d’urgence pour remédier à ces pénuries.

Malgré le très large appui que ce projet de loi avait recueilli auprès des ordres de pharmaciens et des associations médicales, le gouvernement Harper lui était hostile parce que contraire à sa philosophie de dérèglementation et de laisser-faire. Conséquemment, le projet de loi a été battu en chambre le 12 février dernier.

Le gouvernement Harper invoque que les fabricants divulguent déjà leurs pénuries. Cela est exact. Toutefois, ils le font à la dernière minute ou lorsque cette pénurie est déjà en cours depuis un certain temps. Habituellement, les pharmaciens l’apprennent de leur grossiste au moment où ils tentent d’effectuer un achat : ils sont alors placés devant un fait accompli.

Dans le cas des médicaments protégés par un brevet, seul le gouvernement fédéral a le pouvoir de suspendre ce brevet afin de permettre à d’autres fabricants d’approvisionner le marché.

Bref, un autre exemple du refus obstiné du gouvernement Harper de protéger la population canadienne et de sa servilité à l’industrie, également hostile à ce projet de loi.

Références :
Le NPD demande la divulgation obligatoire des pénuries de médicaments
Les pénuries de médicaments
Loi sur la divulgation des pénuries de médicaments
Mandatory Disclosure of Drug Shortages Act
Mon projet de loi au Parlement: Loi sur la divulgation obligatoire des pénuries de médicaments
Ottawa montré du doigt par Québec et les médecins

Pénurie des médicaments : inaction du gouvernement Harper
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Écrit par Jean-Pierre Martel


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