La façade ministérielle du gouvernement fédéral

7 avril 2018

Introduction

Aux États-Unis, lorsqu’un nouveau président est élu, des dizaines de milliers de hauts fonctionnaires sont congédiés.

Non seulement le nouveau président s’entoure-t-il de ministres en qui il a confiance, mais ceux-ci se choisissent à leur tour des conseillers politiques et des experts qui les aideront à prendre les meilleures décisions possible en tenant compte de ce qu’ils se proposent de faire.

Le Canada étant neuf fois moins populeux que son voisin du sud, il ne dispose pas d’une abondance de talents qui lui permettrait de procéder à des purges aussi importantes.

Si bien que malgré la succession de politiciens à la tête des ministères, beaucoup de mandarins demeurent en place, s’ajustant du mieux qu’ils peuvent à leurs nouveaux patrons.

Mais comme l’a démontré l’avocat Juan Branco, les ministres sont fortement influencés par leur entourage.

Lorsqu’ils sont fraichement nommés, il est fréquent qu’ils n’aient aucune compétence particulière dans le domaine relevant dorénavant de leur autorité.

Les sous-ministres précèdent donc aux breffages périodiques qui visent à mettre le ministre au courant de ses principaux dossiers. Ses conseillers politiques peaufinent l’argumentation que le ministre utilisera pour convaincre le public du bienfondé des décisions du ministère. Un ou deux personnes, choisies parmi celles qui jouissent de sa plus grande confiance, rédigeront ses discours.

Bref, le ministre est une personne virtuelle qui prête sa voix et son charisme afin d’incarner publiquement l’ensemble des gens qui l’entourent.

Souvent, le principal conseiller du ministre est un sous-ministre imposé par le cabinet du premier ministre. Et quand l’un et l’autre entrent en conflit, c’est habituellement le ministre qui est muté ailleurs.

Plus un gouvernement est gros et plus un ministère est important, moins grandes sont les possibilités qu’un politicien y fasse sa marque.

Changer de maire peut faire une grande différence. Changer de gouvernement à Québec aussi. Mais cela est beaucoup moins évident au niveau fédéral.

En voici quatre exemples.

Protéger les banques plutôt que les consommateurs

Après avoir été condamnées à verser 32 millions$ pour avoir fraudé les consommateurs québécois, les grandes banques canadiennes se sont adressées au ministère fédéral des Finances afin qu’il adopte une loi qui leur permettrait de se soustraire à la loi provinciale de protection des consommateurs.

Ce fut le projet de loi C-29. Celui-ci a provoqué un tollé général. Ce qui fit qu’il fut purgé de ses dispositions controversées.

Pourtant, la loi au sujet du financement des partis politiques fait en sorte que ceux-ci sont fiancés par le peuple et non par de grandes corporations.

Comment se fait-il que des politiciens élus grâce au peuple se comportent comme s’ils étaient à la solde de la haute finance ?

Réponse : parce que le ministère des Finances est dirigé par des mandarins et non par le ministre Morneau.

Celui-ci est un gentilhomme mais aux facultés amoindries, incapable de se rappeler qu’il possède des intérêts dans une entreprise familiale et conséquemment, qui a oublié de le déclarer comme l’exige la loi. C’est juste si le ministre se rappelle avoir hérité cette compagnie de son père dont il se souvient toutefois du nom.

Les mandarins qui l’entourent sont bardés de diplômes émis par les plus grandes universités internationales. Leurs collègues de classe sont à la tête des plus importantes institutions financières du pays. Lorsqu’ils partiront de la fonction publique, ces mandarins seront aussitôt invités à siéger sur les conseils d’administration des compagnies de leurs amis.

Bref, ces gens-là n’appartiennent pas à notre monde. Et lorsqu’ils conseillent le pauvre ministre Morneau, celui-ci est honoré d’être entouré de gens si brillants.

Conséquemment, il ne faut pas s’étonner que le ministère des Finances obéisse aux commandes de Bay Street et non aux citoyens canadiens.

Du registre des armes à feu au système de paie Phœnix

Une fois élus, les Conservateurs ont aboli le registre des armes à feu, tel qu’ils l’avaient promis en campagne électorale.

Voilà un exemple qui prouve qu’un gouvernement fort peut imposer ses volontés à la fonction publique.

Si les Conservateurs ont pesté contre les énormes dépassements de cout du contrat accordé à IBM, ils n’ont rien trouvé de mieux, une fois au pouvoir, que d’accorder un autre contrat à cette compagnie, toujours sur la recommandation des fonctionnaires. Cette fois pour mettre sur pied le système de paie Phœnix. Nouveau fiasco et nouveau gouffre financier.

Même un gouvernement fort peut être amené à répéter les erreurs qu’il reprochait à ses prédécesseurs en faisant confiance aux mêmes fonctionnaires de l’État.

Les relations avec les peuples autochtones

En dépit de la bonne volonté de Justin Trudeau, les politiques racistes du gouvernement canadien à l’égard des peuples autochtones demeurent intactes.

De toute évidence, le bilan de son gouvernement se soldera par des excuses publiques, quelques millions$ versés aux victimes des pensionnats autochtones, mais aucune remise en question fondamentale de l’apartheid juridique qui régit les réserves indiennes.

Sait-on qu’encore de nos jours, un autochtone ne peut léguer ses biens à ses héritiers sans que son testament ne soit approuvé par le ministère des Affaires indiennes ?

Les dépenses militaires

Dans l’opposition, le Parti libéral du Canada a beaucoup critiqué la décision du gouvernement Harper d’autoriser la vente de chars d’assaut à la dictature saoudienne.

Mais arrivé au pouvoir, ce sont les Libéraux qui ont finalement accordé les licences d’exportation concernant 70% du matériel militaire canadien visé par ce contrat.

De la même manière, Justin Trudeau annonçait fièrement le retour du Canada sur la scène internationale.

Pourtant le gouvernement Trudeau a fait passer les budgets de l’aide internationale de 0,32% (qu’elle était sous les Conservateurs) à 0,27%.

À l’opposé, le gouvernement Trudeau maintient l’engagement de hausser les dépenses militaires canadiennes d’ici 2024 à 2% du Produit intérieur brut.

Cela correspond à 6% du budget fédéral ou vingt-deux fois l’aide internationale. Et ce, alors que le risque de guerre est nul.

En effet, la puissance militaire américaine est de 5 à 10 fois supérieure à celle de la Russie. En cas de guerre, même si la Russie convertissait toute son économie à la production militaire, son PIB ne correspond qu’à 5% de celui des États-Unis.

Conclusion

Depuis qu’il est au pouvoir, le gouvernement Trudeau agit comme un gouvernement de droite.

Et il agit ainsi parce que c’est un gouvernement mou et superficiel, soumis à l’influence d’une fonction publique qui exerce le véritable pouvoir.

La grande majorité des citoyens croient que l’État, c’est la somme des ministres et des députés dont on parle dans les quotidiens ou qu’on voit aux actualités télévisées.

En réalité, ceux-ci ne sont que l’interface entre les citoyens et la machine de l’État.

Et cette machine, ce sont des milliers de fonctionnaires et surtout un petit nombre de mandarins qui exercent le pouvoir dans l’ombre, animés de leur propre conception de l’intérêt de l’État.

Références :
Bill Morneau et le projet de loi C-29 : les banques avant les consommateurs?
Doubler les dépenses militaires et la dénaturation du Canada
Effectif de la fonction publique fédérale
Justin Trudeau ou l’égoportrait comme politique internationale
La clarté et l’opacité du ministre Dion
Le registre des armes à feu en chiffres
Le secrétaire général de l’OTAN se dit assez satisfait des promesses du Canada
Les mandarins de l’État sont-ils omnipotents?
« Monsieur TPS » admet avoir reçu près de 600 000 $

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Foresterie : le biais fédéral

1 avril 2018
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La Tordeuse des bourgeons de l’épinette est un papillon de nuit dont la chenille s’attaque aux aiguilles des conifères. En ordre de préférence, ses victimes sont le sapin baumier, l’épinette blanche, l’épinette rouge et l’épinette noire.

C’est l’insecte le plus destructeur des peuplements de conifères de l’Amérique du Nord. Son habitat naturel comprend toutes les provinces canadiennes.

Les populations de ce ravageur augmentent graduellement pour atteindre des niveaux épidémiques selon des cycles dont les plus dévastateurs s’étendent sur environ une trentaine d’années.

C’est le cas de l’épidémie actuelle, amorcée en 2009, qui se propage de manière exponentielle depuis. Entre 2014 et 2017, l’aire dévastée a presque doublé.


 
En 2017, l’épidémie québécoise atteignait sept millions d’hectares ou 70 000 km² dont le tiers, gravement. Cela correspond à 140 fois la superficie de l’ile de Montréal.

Dans le tout récent budget fédéral, on apprenait que le gouvernement canadien attribuera une somme de 75 millions$ pour lutter contre l’épidémie dans l’Est du Canada.

Toutefois, seules les provinces maritimes seront éligibles. En effet, le programme concerne exclusivement celles-ci alors qu’aucun autre programme d’aide n’est prévu pour notre province. Pourtant, l’aire dévastée au Québec est à elle seule supérieure à celle des quatre provinces maritimes réunies.

Cette subvention fédérale donne un avantage compétitif à l’industrie forestière des maritimes contre celle du Québec.

Précisons qu’en 2014, le gouvernement Harper attribuait au Québec une somme de six millions$ sur quatre ans pour lutter contre l’épidémie. Déjà, le Nouveau-Brunswick recevait le double de cette somme.

Cette fois-ci, le Québec a été complètement oublié.

Ce qui fait croire que peu importe le parti au pouvoir à Ottawa, les mandarins de la fonction publique fédérale favorisent systématiquement les provinces maritimes aux dépens du Québec.

Voilà un exemple du prix du fédéralisme canadien; nos impôts au fédéral servent à donner un avantage compétitif aux provinces qui nous font concurrence.

Références :
Aires infestées par la Tordeuse des bourgeons de l’épinette au Québec en 2017
6M$ pour lutter contre la tordeuse des bourgeons de l’épinette
Tordeuse des bourgeons de l’épinette : rien pour le Québec dans le budget fédéral

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Psychodrame au Bloc

28 mars 2018

La majorité des Québécois ne croient pas qu’il soit dans l’intérêt du Québec de quitter le Canada.

Conséquemment, pour le député fédéraliste à Ottawa, il y a une grande différence entre défendre les intérêts du Québec et défendre l’indépendance du Québec. Pour lui, ce sont même des choses opposées.

Mais pour le député indépendantiste à Ottawa, c’est la même chose. Le Québec paie à Ottawa environ 50 milliards$ de taxes et d’impôt en échange de quoi il ne reçoit à peu près rien sauf 9 à 12 milliards$ de péréquation pour se tenir tranquille.

On comprend donc mal ce qui explique la zizanie qui s’est emparée du Bloc Québécois depuis que la nouvelle chef a décidé que la priorité de son parti serait de faire la promotion explicite de l’indépendance du Québec plutôt que défendre les intérêts du Québec.

À mon avis, c’est bonnet blanc, blanc bonnet.

En politique, on ne sait jamais qui est franc et qui est hypocrite. Mais s’il y a une chose dont je suis absolument certain, c’est du dévouement aveugle et inconditionnel de Mme Ouellet pour le Québec.

Est-ce que son approche est la bonne ? Je ne sais pas. Qui peut en être certain ?

Mais je trouve que ce serait une perte de jeter à la poubelle de l’histoire une personne aussi brillante et aussi dévouée sans lui avoir donné sa chance de prouver si son intransigeance donne de meilleurs résultats que le statuquo.

Revenons en arrière.

Selon Camille Laurin, le père de la Loi 101, l’objectif de sa loi était le suivant : « Nous voulons faire du français la seule langue officielle du Québec. Nous voulons que le français, effectivement, devienne la langue de travail et de communication… en ce sens que nous voulons que ça soit le milieu qui devienne français. Nous voulons que tout le monde sache que le français devient la langue… nécessaire, utile, rentable et qu’en particulier, les immigrants et les groupes ethniques se rendent compte que le Québec est français et que, pour gagner leur vie, la langue de promotion, la langue des avantages professionnels est le français.»

Entre autres, cette loi instaurait l’unilinguisme français au travail par défaut. Aucun poste ne pouvait être bilingue à moins que cela soit strictement nécessaire.

Pourtant, lorsque Camille Laurin présenta sa loi, beaucoup de ses collègues trouvaient qu’il allait trop loin. Au quotidien anglophone montréalais The Gazette, les chroniqueurs se déchainèrent violemment contre Camille Laurin, visé personnellement.

Même le rédacteur en chef du Devoir — à l’époque, le pape de la raisonnabilité — critiqua sévèrement le zèle du ministre.

Au moment du vote, les députés libéraux du Québec votèrent en bloc contre.

Pourtant, cinquante ans plus tard, cette loi fait l’unanimité.

Revenons au Bloc.

D’où vient cette peur d’aller trop loin ? Est-ce que la Droite canadienne (ou québécoise ou américaine) craint d’aller trop loin ? Non, elle fonce et bouscule. Et elle corrige le tir sur de petits détails quand ses mesures provoquent un tollé.

Si l’approche de Mme Ouellet donne des résultats ‘catastrophiques’, c’est quoi la catastrophe ? Que peut faire de catastrophique un parti condamné à ne jamais prendre le pouvoir ?

L’indépendance ne sera pas faite par des politiciens incapables d’affronter l’adversité. Martine Ouellet fait la démonstration qu’elle possède l’étoffe de ceux qui peuvent guider un peuple à traverser le désert pour l’amener à la terre promise, quitte à laisser derrière elle les pissous qui ne voudront pas la suivre.

Référence :
Camille Laurin voulait que la loi 101 soit un choc

Psychodrame au Bloc
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Écrit par Jean-Pierre Martel


Les Pères Noël libéraux

19 décembre 2017

Introduction

Le Comité fédéral sur la citoyenneté et l’immigration recommandait récemment l’abolition des entraves à l’immigration des personnes handicapées au pays.

Actuellement, le gouvernement fédéral rejette automatiquement toute demande d’immigration de nature à entrainer une charge annuelle supérieure à 6 655$ au système de soins du pays.

Précisons que cette disposition ne s’applique pas aux réfugiés.

Majoritaires sur ce comité, les représentants libéraux estiment qu’une telle discrimination est contraire aux valeurs canadiennes en plus de violer la Convention relative aux droits des personnes handicapées (dont le Canada est signataire).

La convention de l’ONU

L’article 18 de la Convention relative aux droits des personnes handicapées porte sur le droit de circuler librement et sur la nationalité.

L’alinéa 18.1.1 précise que les pays signataires reconnaissent aux personnes handicapées «…le droit d’acquérir une nationalité et de changer de nationalité et ne soient pas privées de leur nationalité arbitrairement ou en raison de leur handicap.»

Si on lit attentivement cet article, il ne crée pas d’obligation pour les États signataires à accepter les demandes d’immigration de personnes handicapés.

À titre de comparaison, le droit de divorcer et de se remarier ne signifie pas que le divorcé peut épouser en secondes noces quelqu’un contre son gré.

De manière analogue, les pays signataires de cette convention (presque tous les membres de l’ONU) ne se sont pas engagés à ouvrir leurs frontières à tous les handicapés de la Terre.

Si tel était le cas, des millions de désespérés n’hésiteraient pas à se mutiler pour échapper aux persécutions dont ils sont victimes et afin d’assurer un meilleur avenir à leur famille.

Donc les handicapés sont libres d’émigrer… dans les pays qui voudront bien d’eux. C’est tout. Voilà ce que stipule la convention.

Les valeurs canadiennes

Il n’y a aucun doute que la notion du partage est une des grandes valeurs canadiennes.

Le peuplement de ce vaste pays n’aurait pas été possible sans le partage forcé de terres autochtones — notamment celle des Métis des provinces des Prairies — au profit de colons anglais.

Le gouvernement Trudeau a donc raison de souligner l’importance de cette grande valeur canadienne. Toutefois, il ne donne pas un très bon exemple à ce sujet.

Son ministre des Finances, multimillionnaire, a négligé de révéler son patrimoine familial. Ce qui lui permettait de dissimuler — involontairement, bien sûr — les avantages personnels qu’il pouvait retirer des politiques que son ministère adoptait.

En mai 2017, le gouvernement Trudeau a reconnu officiellement un nouveau paradis fiscal, les iles Cook, où les riches Canadiens pourront dorénavant faire de l’évasion fiscale en toute impunité.

Le ministre de l’Immigration, avocat de métier, fait lui-même partie du 1%. Comme probablement tous les ministres fédéraux.

Et ce sont ces ministres richissimes — dont la classe sociale n’a de cesse que de trouver les moyens d’éviter de payer sa juste part du financement de l’État — qui font la morale aux autres Canadiens au sujet de leur devoir d’adhérer aux valeurs de partage du pays.

Les conséquences

Si le Canada avait accepté toutes les demandes d’immigration reçues de la part de personnes handicapées, cela n’aurait occasionné qu’une dépense supplémentaire annuelle d’à peine 135 millions$ pour le système de soins du pays.

Toutefois, cette estimation n’est possible qu’à la condition que personne n’entende dire que le Canada songe à devenir un pays refuge pour les personnes handicapées. Si, à travers le monde, les centaines de millions d’entre eux l’apprennent et frappent à nos portes, comment cela va-t-il couter ?

D’autre part, même si un grand nombre de personnes saisissaient alors l’offre qui leur serait faite par le fédéral, l’essentiel des dépenses supplémentaires serait assumé par les gouvernements provinciaux, dont la Santé est un domaine de juridiction exclusive.

Dans les faits, ces sommes seraient payées par les contribuables de la classe moyenne puisque c’est eux qui assument véritablement le fardeau du financement de l’État.

Quant à l’engorgement du système de santé occasionné par la prise en charge de ces nouveaux arrivants, on se demande pourquoi un ministre attendrait des heures à l’urgence quand il lui est si facile d’aller à la clinique privée qu’il a les moyens de se payer…

Références :
Committee urges federal government to repeal law that bans disabled immigrants
Immigration: le Canada s’ouvrirait aux handicapés
L’Accord avec les Îles Cook critiqué
Les «affaires» Bill Morneau: les scandales collent à la peau du ministre des Finances du Canada
Texte intégral de la Convention relative aux droits des personnes handicapées

Paru depuis :
Ottawa ne veut plus rejeter les immigrants sur la seule base de leur handicap (2018-04-16)

Les Pères Noël libéraux
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Écrit par Jean-Pierre Martel


Culture : la parade du ministre Fortin

19 septembre 2017

Introduction

Lorsque vous achetez un bien sur l’internet, peu importe le pays où se trouve le vendeur, c’est au moment où vous acceptez son offre — en cliquant sur un bouton à l’écran de votre ordinateur — que la transaction s’effectue. En d’autres mots, cette vente est conclue au Canada.

Depuis des années, les entreprises qui vendent des produits culturels sur des supports physiques (CD, DVD) se plaignent qu’ils subissent la concurrence déloyale de ceux qui vendent les mêmes produits dans leur version dématérialisée (iTunes, Netflix, etc.)

Plus criante encore est l’injustice à l’égard des vendeurs canadiens (comme Club Illico et Tou.tv) qui offrent eux aussi la version dématérialisée et doivent facturer la taxe de vente, contrairement à leurs concurrents internationaux.

Depuis juillet dernier, l’Australie taxe les services en ligne.

La lettre du ministre Fortin

Samedi dernier, dans une lettre publiée dans Le Devoir, le ministre québécois de la Culture et des Communications pressait le gouvernement fédéral d’imposer une telle taxe.

Le Québec a le droit constitutionnel de taxer à sa guise les biens et services vendus à ses citoyens même lorsque le Fédéral ne le fait pas.

De plus, selon la Canadian Constitution, la culture est un domaine de juridiction exclusive des gouvernements provinciaux. Voilà pourquoi le gouvernement fédéral n’a pas, officiellement, de ministère de la Culture.

Toutefois, par son pouvoir de dépenser, le gouvernement fédéral fait indirectement ce qu’il ne peut pas faire directement.

La ministre du Patrimoine canadien, Mme Mélanie Joly

Par le biais d’organismes fédéraux comme Radio-Canada, l’Office national du film, Téléfilm Canada et le Conseil des Arts du Canada, le gouvernement canadien exerce une influence considérable sur la création culturelle au pays. Ces organismes relèvent du ministère du ‘Patrimoine’ canadien (sic).

Moins le fédéral taxe la culture, moins il a les moyens d’envahir ce domaine de juridiction provinciale.

Il est donc étonnant de voir le ministre québécois de la Culture supplier le fédéral de taxer ces produits culturels alors que la décision fédérale ne le regarde pas et ne l’empêche pas d’agir.

Ce que le ministre feint d’ignorer, c’est qu’il s’agit pour lui d’une occasion extraordinaire puisque si le fédéral refuse de taxer la vente de certains biens ou services, Québec peut taxer le double de sa propre taxe et empocher légalement la part fédérale et la sienne (c’est-à-dire la TPS + la TVQ).

Détourner l’attention

Étranger au milieu culturel, le ministre Fortin est néanmoins un des plus brillants ministres du gouvernement Couillard (ou un des ‘moins pires’, selon le point de vue).

Avocat et détenteur d’une maitrise en science politique, le ministre Fortin sait parfaitement que son gouvernement a les pleins pouvoirs pour agir seul.

S’il fait siennes les préoccupations du milieu culturel et vient pleurnicher publiquement contre le fédéral, c’est pour masquer le fait qu’il a les pieds et les mains liés par un Conseil des ministres pleutre, tétanisé face à la moindre difficulté, et incapable de s’imposer pour défendre ses droits et ses prérogatives.

Seulement auprès des abonnés québécois de Netflix, la taxe de vente québécoise rapporterait douze-millions$ annuellement, selon une étude de la Chaire de recherche en fiscalité et en finances publiques.

En la doublant afin de combler le vide fédéral, c’est une vingtaine de million$ que Québec pourrait empocher annuellement tout en corrigeant l’injustice faite à ces propres entreprises. Et ce, seulement pour Netflix.

Voilà des sommes qui pourraient aider à stimuler la création artistique québécoise.

Mais il ne le peut pas. Ses collègues réclament sans doute plus d’études, plus de comités, plus de consultations, etc.

Inconfortable au milieu de cette bande d’abrutis, le ministre essaie de détourner l’attention du public en laissant croire que le gouvernement fédéral est responsable de son impuissance alors que le véritable problème est la médiocrité de son gouvernement.

Ce qu’on doit réaliser, c’est que ce type de service en ligne, c’est l’avenir.

Si l’ALÉNA est modifié de manière à couvrir les produits culturels, il sera trop tard pour imposer une nouvelle taxe qui portera atteinte à la profitabilité des entreprises internationales visées par une ‘taxe Netflix’.

Le gouvernement Couillard ne soupçonne pas qu’un des enjeux secrets de la renégociation de l’ALÉNA, c’est de verrouiller l’avantage économique des distributeurs américains de contenu culturel afin d’assurer l’hégémonie de la culture américaine.

L’intérêt de la nation, c’est qu’il se grouille le derrière pendant qu’il en est encore temps.

Mais ce médiocre petit gouvernement provincial, est-il capable de voir plus loin que le bout de son nez ?

Références :
Le commerce électronique : l’Australie s’adapte à la nouvelle réalité
Les défis d’une «taxe Netflix»

Paru depuis :
Québec envisage de taxer Netflix seul (2017-09-22)
Lexique fiscal de la culture numérique (2017-09-23)
Politique culturelle canadienne: abdication ou équité? (2017-09-23)
Publicités sur Facebook et Google: le Canada privé de plus de 700 millions (2018-01-16)

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectif M.Zuiko 75mm F/1,8 — 1/80 sec. — F/1,8 — ISO 6400 — 75 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Parenthèse canadienne : armement vs matériel militaire

12 octobre 2015

Préambule : Un des avantages de posséder son propre blogue, c’est qu’on est libre de publier ce qu’on veut.

Ce matin, j’ai pris quelques instants pour écrire un commentaire à la suite de la parution d’un article dans quotidien québécois Le Devoir (que je lis en vacances afin de demeurer informé ce ce qui se passe dans mon pays).

Cet article nous informait que le Parti libéral du Canada entend honorer le contrat de véhicules blindés qu’une compagnie canadienne fabriquera pour l’Arabie saoudite.

Selon le chef libéral, ces véhicules ne sont que des jeeps et ne constituent donc pas de l’armement.

Pour des raisons certainement très valables, mon commentaire a été refusé par Le Devoir. Le voici donc ci-dessous.


 
Que ce soit des véhicules blindés ou des hélicoptères, cela demeure du matériel militaire.

Or dans tous les pays du monde, on ne peut exporter du matériel militaire sans l’autorisation des dirigeants du pays puisque cela a une incidence directe sur la politique extérieure de ce pays.

Le contrat de la General Dynamics ne peut avoir été signé sans la permission explicite et secrète du gouvernement Harper.

En accordant cette permission, le gouvernement Harper a violé la loi canadienne. Mais une loi, ça se change. Surtout lorsqu’on est fermement décidé à militariser le pays, comme c’est le cas du gouvernement Harper.

Au-delà de son aspect moral, ce contrat est surtout un marché de dupes.

L’Arabie saoudite possède une longue tradition d’asservir à ses intérêts géostratégiques les armées des pays bénéficiaires de ses contrats lucratifs.

En d’autres mots, par ses contrats, l’Arabie saoudite transforme les soldats étrangers en mercenaires involontaires de ses intérêts.

Après avoir soutenu financièrement les milices de l’État islamique pendant des années, l’Arabie saoudite s’est retourné contre lui le jour où il s’est mis à vendre le pétrole extrait du territoire qu’il contrôle à 10$ le baril, devenant ainsi un concurrent déloyal.

La contrepartie secrète de ce contrat — qui vaut entre 760 millions et 1,5 milliard$ par année — l’Arabie saoudite exige que le Canada bombarde l’État islamique.

Donc pour un contrat au bénéfice d’une compagnie privée (dont les profits seront probablement exportés dans un paradis fiscal), les contribuables canadiens doivent financer des bombardements qui leur coutent plus de 500 millions par année.

Faites le calcul, c’est un marché de dupes.

Mais la question fondamentale est la suivante : dans quel pays voulons-nous vivre ?

Dès qu’on accepte que notre économie repose de manière importante sur la vente d’armements, nous devenons un pays dont les dirigeants ont le devoir de semer la guerre afin de soutenir notre économie.

Parus depuis :
Londres se retire d’un appel d’offres saoudien pour une question de principe (2015-09-14)
Les jeeps de Justin – Le «deal» avec Riyad fait éclater la vitrine morale d’Ottawa (2016-02-18)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Les clichés ethniques du Bloc québécois

22 septembre 2015

 

 
Le soir d’une défaite référendaire, les propos hostiles du premier ministre Jacques Parizeau à l’égard des minorités ethniques du Québec auraient pu être prononcés par n’importe quel chef d’un mouvement d’extrême droite.

Quelques semaines avant l’annonce officielle de la Charte de la laïcité du Parti québécois, je prenais position contre celle-ci, notamment en raison de sa discrimination à l’égard de certaines Musulmanes.

Et voilà que le Bloc Québécois en rajoute en associant deux sujets qui n’ont aucun rapport (autre que la couleur); le pétrole et le niqab.

Quel est ce petit génie qui a eu l’idée de mêler ces deux sujets ?

Tous les dirigeants bloquistes, imbibés de belle rectitude politique, vous diront combien il est important d’éviter les amalgames. Ils vous parleront des efforts qu’ils consacrent à éviter les associations d’idées réductrices à l’égard des minorités ethniques.

Toutefois dans cette campagne, à coup de millions$, le Bloc québécois associe deux dangers anticipés; le pétrole et les Arabes. Comme si les États-Unis n’étaient pas devenus le principal producteur de pétrole au monde, et que le pétrole dont il s’agit dans cette publicité n’était pas canadien à 100%.

Alors j’aimerais qu’on m’explique pourquoi il était nécessaire d’amalgamer le danger des pipelines pétroliers d’une part, et d’autre part le péril du niqab envers les valeurs canadiennes. Il y a un tel écart de dangerosité entre les deux que je ne comprends pas le rapport.

Le Bloc serait mieux avisé de retirer cette publicité démagogique, laide et sale.

Les minorités visibles sont extrêmement sujettes à l’intolérance : en clair, le Bloc veut-il semer l’animosité à l’égard des femmes niqabées ? Si ce n’est pas le cas, doit-on attendre que l’une d’elles soit sauvagement attaquée pour réaliser qu’on est allé trop loin ?

Le Bloc québécois aurait intérêt à se ressaisir et à agir de manière responsable. Et agir de manière responsable, c’est de dire aux électeurs que le problème, c’est la politique conservatrice en matière d’immigration. Cela serait mieux que de susciter l’animosité à l’égard des femmes qui portent le niqab, admises au pays, qui font respecter leurs droits.

Référence : La Charte de la laïcité : un mauvais départ

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Une grossière manipulation de l’opinion publique

19 septembre 2015
Niqab

Introduction

Après la réussite de son examen visant à vérifier ses connaissances au sujet du Canada, une femme portant le niqab a obtenu l’autorisation de rejoindre son mari, déjà citoyen du pays.

Toutefois, apprenant que cérémonie de la prestation de serment se faisait à visage découvert, cette personne a contesté la légalité de cette exigence, dictée par une simple directive ministérielle.

Cette dernière a été émise après que de nombreux citoyens se soient plaints de voir des personnes masquées prêter publiquement ce serment.

Strictement parlant, c’est la signature d’un document par le requérant qui scelle l’appartenance au pays. La cérémonie de citoyenneté n’a aucune importance légale; ce n’est qu’une séance patriotique au cours de laquelle on agite son petit drapeau canadien devant les appareils photo des membres de la famille venus assister à l’événement. En réalité, la signature du document en question peut se faire en privé.

Cette femme était d’accord pour retirer son voile lors des vérifications d’identité avant la cérémonie, mais ne voulait pas se dévoiler publiquement lors de la cérémonie elle-même, invoquant ses croyances religieuses.

La saga judiciaire

Cette affaire judiciaire a déclenché un scandale. En première instance, le juge Keith M. Boswell avait tranché en faveur de la plaignante en octobre 2014. Plus tôt cette semaine, la Cour d’appel de l’Ontario confirmé ce jugement.

Le gouvernement Harper a annoncé sa décision d’en appeler de cette décision devant la Cour suprême du pays. Il est probable que celle-ci refusera d’entendre cette cause.

En toute logique, les tribunaux disent que dans une démocratie, on ne peut pas donner préséance à une directive ministérielle lorsque celle-ci va à l’encontre d’une loi adoptée par le parlement, ce dernier étant souverain.

Or cette contradiction est flagrante. La directive ministérielle interdit le port du niqab à la cérémonie de citoyenneté. Alors que la loi (adoptée par le gouvernement Harper) donne toute la latitude aux responsables de l’événement de permettre des accommodements religieux lors de cette cérémonie.

Le niqab et le gouvernement Harper

La menace de mort détermine l’urgence d’une demande d’immigration. Toutefois, des dizaines de millions de personnes à travers le monde vivent sous cette menace. Conséquemment, celle-ci ne peut se substituer aux critères d’acceptation usuels, notamment quant à l’employabilité et quant à la perspective de contribuer à l’économie et à la culture canadiennes.

Mais les Conservateurs en ont jugé autrement. Depuis qu’ils sont au pouvoir, ceux-ci ont fait de la persécution religieuse un des critères principaux d’acceptation des demandes d’immigration au Canada.

Au Pakistan, la secte musulmane des Ahmadis est persécutée parce que jugée hérétique. Comme la majorité des Pakistanaises, les femmes ahmadies portent le niqab.

En vertu de sa politique d’immigration, le gouvernement Harper a accueilli entre 25 000 et 35 000 Ahmadis au pays. Ceux-ci se sont installés principalement en Ontario. Une fois admises, ces personnes ont des droits constitutionnels, notamment au chapitre des croyances religieuses.

La création du Bureau de la liberté de religion, dotée d’un budget annuel de cinq millions$, a été annoncée en 2013 par M. Harper dans une mosquée ahmadie. En écho à l’idéologie gouvernementale, le quotidien National Post (d’allégeance conservatrice) estimait cette année-là que les Ahmadis représentaient « un symbole des valeurs canadiennes ».

Mais à la suite de nombreuses plaintes, le gouvernement Harper a fait volteface. Non seulement a-t-il émis cette directive ministérielle à l’origine de cette cause, mais lors de son passage à Victoriaville en février dernier, M. Harper a osé qualifier le jugement de première instance de « contraire aux valeurs canadiennes ».

Sur le site de Statistique Canada, je n’ai pas réussi à trouver les données les plus récentes relatives au nombre d’Ahmadis au pays. Je présume que le robinet de l’immigration a été fermé pour eux après qu’on se soit rendu compte des conséquences politiques des décisions du gouvernement Harper à ce sujet.

Le Parti conservateur, qui veut maintenant laver plus blanc que blanc, a même créé une pétition en ligne s’opposant au port du niqab lors des cérémonies de citoyenneté.

L’illogisme

Si le port du niqab est contraire aux valeurs canadiennes, pourquoi le gouvernement Harper a-t-il admis au pays des milliers de femmes qui le portent ?

La jurisprudence actuelle veut qu’une fois que des personnes sont admises officiellement au pays, elles aient des droits. M. Harper aurait dû y penser avant d’accorder la citoyenneté à toutes ces personnes.

Sa tentative de récupérer cette controverse en se transformant en champion de valeurs qu’il a ignorées par sa politique migratoire, est d’un ridicule consommé.

On peut espérer que les électeurs ne se laisseront pas tromper par cette grossière tentative de manipulation.

Références :
Ahmadisme
Harper annonce la création du Bureau de la liberté de religion
Jonathan Kay: Ahmadi Muslims, killed in Pakistan but welcomed here, perfectly symbolize our Canadian values
Pétition des conservateurs contre le port du niqab lors des cérémonies d’assermentation
Qui est dérangé par Peace Village?

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectif M.Zuiko 12-40mm F/2,8 — 1/125 sec. — F/3,2 — ISO 200 — 23 mm

Une grossière manipulation de l’opinion publique
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Écrit par Jean-Pierre Martel


Crise migratoire : les excuses sécuritaires de M. Harper

15 septembre 2015
« La Franchise de Stephen Harper » ( © 2015 — Frederick Hendy)

Introduction

Depuis le début de cette année, le Canada a accueilli 1 074 réfugiés syriens, soit en moyenne six réfugiés par jour.

Pressé par ses adversaires politiques de faire davantage, le premier ministre sortant a promis d’accélérer le processus de sélection et de revoir à la hausse le nombre d’immigrants autorisés à entrer au pays.

Et si on peut en juger par les promesses environnementales de M. Harper — constamment revues à la baisse — il y a peu d’espoir que M. Harper, s’il est réélu, réalise des promesses faites contre son gré.

Pour justifier la tiédeur de son gouvernement face à la crise migratoire, M. Harper a invoqué son souci de protéger la sécurité du pays et conséquemment, de s’assurer que des terroristes ne soient pas admis accidentellement au pays en profitant de cette crise.

Assumer le risque

Les pays européens, qui font face à des arrivées massives de demandeurs d’asile, renoncent aux vérifications préalables, ce qui ne les empêche pas de les commencer une fois les réfugiés arrivés.

Un haut responsable français de la lutte antiterroriste déclarait à l’Agence France-Presse que les djihadistes n’avaient pas besoin de se mêler aux réfugiés. Ils ont déjà des combattants occidentaux dans leurs rangs : ceux-ci peuvent prendre le premier avion à destination de leur pays d’origine sans demander l’asile puisqu’ils en sont déjà citoyens.

Quant aux autres combattants, s’ils ont besoin d’un passeport, les pétromonarchies qui les soutiennent se feront un plaisir de leur en fabriquer un faux gratuitement.

Selon Alain Chouet — ancien directeur du service de renseignements extérieurs français — si jamais l’État islamique veut se lancer dans une offensive de terreur internationale, il ne va pas envoyer ses soldats parmi les réfugiés.

Par mer, « il leur faudrait un mois pour arriver, avec une chance sur deux de se noyer… Du coup, la mission serait à l’eau. » ironise-t-il.

Le directeur du Centre français de recherches sur le renseignement, Éric Dénécé, abonde dans le même sens : « Le vrai problème, c’est que cela accroit encore le nombre de personnes à surveiller alors que les services sont déjà submergés par le nombre actuel de cibles. »

Des questions sans réponse

Face aux raisons douteuses invoquées par M. Harper pour justifier la lenteur du processus d’acceptation des réfugiés syriens, plusieurs questions demeurent sans réponse.

Qui sera responsable de vérifier les antécédents des requérants : le ministère fédéral de l’Immigration ou les services de renseignements canadiens ?

Si on veut augmenter la cadence des personnes acceptées au pays bien au-delà de six par jour, il faudra embaucher de nouveaux fonctionnaires arabophones : où sont publiées les offres d’emploi ? En a-t-on fait l’annonce publique afin d’accélérer le processus de sélection ?

Lors d’une guerre, rien n’est plus facile que de prendre l’identité d’une personne décédée et de recommencer sa vie sous un nom d’emprunt.

Auprès de qui va-t-on vérifier les dires des demandeurs d’asile ?

Va-t-on vérifier la validité des passeports syriens auprès des fonctionnaires du gouvernement de Bachar el-Assad (que le Canada veut abattre) ? Qui nous assure de sa collaboration ?

Espère-t-on vérifier la validité des diplômes académiques en tentant de rejoindre les directeurs d’école, les doyens de faculté ou les professeurs du requérant, et ce dans un pays à l’intérieur duquel 8 à 12 millions de personnes sont déplacées, sans compter les millions qui vivent présentement dans des camps de réfugiés ?

Quand le chaos s’empare d’un pays, y rejoindre quelqu’un est souvent plus difficile qu’on pense.

Si on doit demander des références auprès d’ex-employeurs, qui nous dit que ces personnes ne sont pas complices d’un malfaiteur, voire d’un terroriste ?

Conclusion

Face à cette crise, le choix est donc entre deux manières de procéder.

Soit la manière pragmatique, adoptée dans le passé à chaque fois que notre pays a voulu soulager une crise migratoire, c’est-à-dire l’entrevue sommaire qui écarte arbitrairement le moindre témoignage suspect mais qui permet d’accepter un grand nombre de réfugiés apparemment sincères.

Ou soit la manière conservatrice, c’est-à-dire une longue enquête quasi policière, semée d’embûches, couteuse pour le contribuable, et inefficace quant aux résultats, dessinée à écarter un risque sécuritaire déjà très faible au départ.

Bref, les justifications de M. Harper ressemblent beaucoup à des excuses cousues de fils blancs.

Références :
Crise des réfugiés : Harper invoque l’importance de « protéger notre sécurité »
ÉI et Al-Qaïda n’ont pas besoin d’infiltrer les groupes de migrants, clament les experts
Le Canada rattrapé par ses missions militaires

Crise migratoire : les excuses sécuritaires de M. Harper
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Écrit par Jean-Pierre Martel


Élections fédérales 2015 : comment voter dès maintenant

21 août 2015

Le 19 octobre, les Canadiens éliront les dirigeants du pays.

Ceux qui le souhaitent pourront voter par anticipation une semaine plus tôt, soit du 9 au 12 octobre.

Les électeurs qui ne seront pas disponibles ni le jour du scrutin ni durant la période du vote par anticipation peuvent voter dès maintenant.

Aller au bureau local du Directeur du scrutin

Pour ce faire, vous devez connaitre le nom de la circonscription fédérale où vous habitez et vous rendre au bureau local du Directeur du scrutin.

Si vous savez le nom de votre circonscription, adressez-vous à votre député sortant — son nom se trouve facilement par une recherche sur l’internet — pour qu’il vous précise l’adresse de ce bureau. C’est ce que j’ai fait.

Si vous ignorez le nom de votre circonscription, attendez de recevoir un dépliant publicitaire d’un des candidats en lice. Ce dépliant devrait préciser son adresse électronique. Demandez-lui de vous indiquer l’adresse civique du bureau local du Directeur du scrutin.

Si vous ne désirez pas attendre de recevoir un tel dépliant, le gouvernement du Québec possède un outil en ligne qui vous permet de trouver le nom de votre circonscription provinciale à partir de votre code postal ou du nom de votre municipalité (voir dernière référence).

Une fois que vous connaissez ce nom, utilisez un moteur de recherche comme Google pour trouver les coordonnées de votre député provincial. Il devrait avoir la courtoisie de vous indiquer celles de son collègue au niveau fédéral.

Preuves d’identité

Pour voter, vous aurez besoin de deux preuves d’identité (dont une portant votre photo) et une preuve de résidence (par exemple, une facture d’électricité ou de téléphone).

Connaitre le nom exact du candidat

La date limite pour le dépôt des candidatures est le 28 septembre. Les noms de tous les candidats en lice ne seront connus qu’après cette date. De plus, pour des raisons de sécurité, les bulletins de vote ne seront dévoilés qu’au moment du vote par anticipation.

Donc, si vous votez dès maintenant, le bulletin de vote indiquera le nom de personne. Sur une simple ligne pointillée, vous devrez écrire le nom du candidat pour lequel vous désirez voter. Vous ne pourrez pas simplement écrire le nom d’un parti politique. Il est donc recommandé d’écrire à l’avance le nom du candidat sur un bout de papier que vous recopierez dans l’isoloir.

Au moment où j’ai voté, une seule personne avait présenté sa candidature, les autres partis n’ayant pas encore choisi leur représentant.

Vous pouvez voter pour n’importe qui. Mais si cette personne n’obtient pas l’investiture de son parti ou se désiste entretemps, votre bulletin de vote sera annulé au moment du dépouillement du scrutin.

Le dépouillement

Avant d’aller dans l’isoloir, on vous remettra le bulletin de vote et deux enveloppes. Dans l’isoloir, vous écrirez le nom du candidat de votre choix, insérer ensuite ce bulletin dans une première enveloppe numérotée, et insérer celle-ci dans une deuxième enveloppe anonyme.

Au sortir de l’isoloir, l’électeur dépose le tout dans la boite de scrutin.

Au matin du scrutin, le 19 octobre prochain, les préposés à l’élection ouvriront la deuxième enveloppe. Ils vérifieront le numéro que porte l’enveloppe intérieure et rayeront ce numéro du registre des votes par anticipation. Ils déposeront cette enveloppe numérotée (sans l’ouvrir) dans l’urne.

Le soir même, au moment du dépouillement du vote, les enveloppes numérotées seront décachetées et le bulletin sera lu comme tous les bulletins de vote pliés dans l’urne.

Références :
Cartes des circonscriptions fédérales
Élection fédérale canadienne de 2015
Trouvez votre circonscription provinciale

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Écrit par Jean-Pierre Martel


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