L’église Saint-Léon-de-Westmount

20 septembre 2017
Vue extérieure

Historique

Construite originellement de 1901 à 1903 d’après les plans de l’architecte Georges-Alphonse Monette, l’église Saint-Léon-de-Westmount fut la première église destinée aux Catholiques domiciliés à l’ouest de l’agglomération montréalaise.

À l’origine, l’église servait de lieu de culte à la fois aux Francophones et aux Anglophones catholiques de la paroisse. Ces derniers se doteront de leur propre église, non loin, en 1926.

Pour l’archevêché de Montréal, placer cette nouvelle église sous le patronage de Léon Ier (dit le Grand), pape de 440 à 461, était une manière de défier publiquement le culte protestant, déjà très présent dans cette partie de l’ile, qui remet en cause l’autorité papale.

En forme de croix grecque, l’église originelle s’avéra rapidement trop petite. En triplant la longueur de sa nef, l’église adopta en 1920 sa forme définitive d’une croix latine.

Les travaux d’agrandissement furent confiés au même architecte.

Note : Pour consulter un guide illustré des termes techniques d’architecture religieuse, on cliquera sur ceci.

Extérieur

Façade de l’église

Alors que l’ancienne façade triangulaire était surmontée d’un clocheton, la nouvelle donne accès à un vestibule en saillie surmonté d’une balustrade (ce que n’avait pas l’église originelle).

À droite de ce vestibule (ou narthex), se dresse un campanile (il s’agit d’un clocher indépendant ou annexé au bâtiment principal d’une l’église).

Un motif en damier décore l’extérieur du narthex et du campanile. Ce motif est obtenu par l’alternance de pierres lisses et de pierres martelées.

Au toit du campanile, les quatre coins se prolongent de gargouilles (à peine visibles sur la première photo) qui servent, comme toute gargouille, à évacuer l’eau de pluie.

Les maitres-artisans

La décoration intérieure fut confiée en 1928 au peintre et verrier montréalais Guido Nincheri. Celui-ci était d’origine florentine. Pendant plus de trente ans, celui-ci s’affaira à cette église qui constitue son chef-d’œuvre.

Tout fut conçu par Nincheri. En plus de la conception, il peignit lui-même les fresques et son atelier montréalais réalisa les vitraux.

Le travail du bois — les stalles du chœur, la balustrade du jubé, les portes du narthex — fut confié au Montréalais d’origine florentine Alviero Marci.

Le bronze — les portes des confessionnaux, celles de la balustrade du chœur, le chemin de croix — fut coulé à Florence à partir des moules exécutées à Montréal par Federico Sciortino.

Tout le marbre sculpté fut importé de Florence.

Le mobilier liturgique en marbre — les autels, la chaire, la balustrade du chœur et les confessionnaux — furent exécutés par L’Arte del Marmo (ou Atelier de marbre) de Florence.

Les statues en marbre furent sculptées par Pasquale Sgandurra, un confrère de Nincheri à l’Académie des Beaux-Arts de Florence.

La décoration intérieure

Intérieur de l’église

L’église est dite de style néoroman en raison de ses arches semi-circulaires et de son campanile, typique de certaines églises italiennes du VIe siècle. Elle a toutefois un ampleur que n’aurait pas une église du haut Moyen Âge.

À gauche du chœur, une porte étroite donne accès à la sacristie. Celle à droite donne accès à la chapelle des Mariages et au baptistère.

Le vaisseau central est surmonté d’une voute en berceau reposant sur les piliers qui délimitent des bas-cotés servant d’allées latérales.

Les murs sont nus alors que toute la voute est décorée de fresques peintes par Nincheri de 1933 à 1937.

Très rarement utilisé en Amérique du Nord, l’art de la fresque consiste à peindre directement sur le plâtre frais, plutôt que sur une toile qui est ensuite collée sur les parois.

Tout comme les stalles du chœur, les bancs sont en noyer du Honduras, une espèce végétale aujourd’hui disparue.

Les allées sont revêtues de marbre polychrome. Sous les bancs, le sol est en terrazzo.

Nef près de la rencontre avec le transept

Commandés en 1925, l’autel et la chaire furent les premiers éléments du nouveau décor. Ils furent installés en 1927.

L’autel est entouré de stalles que le Florentin Alviero Marci, immigré à Montréal en 1935, s’affaira à sculpter pendant une décennie.

Située à gauche, dans le chœur, la chaire est le seul élément important qui brise la rigoureuse symétrie intérieure de l’église.

Installée en 1939, la balustrade du chœur (ou table de communion) est également en marbre. Elle est fermée par des portes en bronze.

Bras gauche du transept
Chapelle absidiale dans le bras gauche du transept

Les bras du transept sont peu profonds. Cela donne une idée de la faible capacité de l’église avant son agrandissement.

Au fond des bras du transept, au-dessus des vitraux, sont représentés des groupes d’anges. Juste en dessous des vitraux s’alignent les plaques en bronze du chemin de croix.

Le bas des murs est décoré depuis 1933 de lambris en mosaïque de Florence.

Dans les coins du transept, on trouve deux chapelles absidiales (du côté du chœur) et deux confessionnaux (du côté de l’entrée) en marbre blanc. Tous ces éléments sont surmontés de statues.

Les sculptures des chapelles absidiales représentent la Vierge (bras gauche du transept) et saint Joseph portant l’Enfant Jésus endormi (bras droit du transept).

Les sculptures au-dessus des confessionnaux représentent sainte Anne et saint Jean Baptiste. Chacune des portes en bronze qui clôt l’endroit où prend place le confesseur pèse 136 kg,

Voute de la croisée du transept

La fresque qui orne la croisée du transept représente Dieu, entouré des symboles des quatre évangélistes, de personnages religieux et d’anges.

De chaque côté, au centre du bandeau jaunâtre qui décore le début de chaque bras du transept, on remarquera les quatre chevaliers de l’Apocalypse, représentés deux par deux, et caractérisés par la couleur de leur monture.

Arrière de l’église

Trois orgues se sont succédé à cette église. D’abord un Casavant de 16 jeux (de 1909 à 1942). Puis un autre, d’une quarantaine de jeux, de la maison Odilon Jacques, rapidement jugé insatisfaisant (de 1942 à 1995). Finalement, un orgue de 32 jeux du facteur Guilbault-Thérien, de Mascouche.

En peuplier peint, le buffet de l’orgue a été dessiné par Alain Fournier.

Sorties

La balustrade du jubé est ornée de musiciens et de choristes.

Bénitiers

Arrivées en 1958, les bénitiers furent les derniers de la décoration de l’église.

Détail des portes du narthex

Le narthex est séparé de la nef par des portes de bois.

Les portes latérales représentent les vices et les vertus (ci-dessus). Les portes centrales représentent saint Georges et trois archanges (Gabriel, Michel et Raphaël).

Vitraux du bras droit du transept (Le péché originel)
Détail des vitraux du bras droit du transept
La Nativité
La Présentation de Jésus au temple
L’Enfance du Christ
Le Dimanche des Rameaux
Vitraux du bras gauche du transept (La Passion et la Résurrection)

Guido Nincheri créera les vitraux de l’église de 1930 jusqu’au milieu des années 1950. Ils sont parmi les plus remarquables vitraux au monde.

Conclusion

Véritable œuvre d’Art, l’église Saint-Léon-de-Westmount est une des plus belles églises de Montréal.

Ouverte à longueur d’année, cette église est située quelques rues à l’ouest de la station de métro Atwater.

Réputée pour son acoustique, cette église mérite le déplacement.

Références :
À la découverte de l’église Saint-Léon de Westmount
Église Saint-Léon de Westmount
Genèse de l’église Saint-Léon de Westmount

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, hypergone 8 mm F/1,8 (3e, 4e et 7e photos), objectifs M.Zuiko 7-14 mm F/2,8 (5e photo), M.Zuiko 12-40 mm F/2,8 (1re, 2e et 8e photos), M.Zuiko 25 mm F/1,2 (6e, 9e, 10e et 11e, 12e et 18e photos) et M.Zuiko 75 mm F/1,8 (13e, 14e, 15e, 16e et 17e photos)
  1re photo : 1/2000 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 12 mm
  2e  photo : 1/1250 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 12 mm
  3e  photo : 1/80 sec. — F/1,8 — ISO 2500 — 8 mm
  4e  photo : 1/80 sec. — F/1,8 — ISO 2500 — 8 mm
  5e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 2500 — 7 mm
  6e  photo : 1/80 sec. — F/1,2 — ISO 640 — 25 mm
  7e  photo : 1/60 sec. — F/1,8 — ISO 2500 — 8 mm
  8e  photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 6400 — 12 mm
  9e  photo : 1/80 sec. — F/1,2 — ISO 1250 — 25
10e  photo : 1/60 sec. — F/1,2 — ISO 500 — 25 mm
11e  photo : 1/60 sec. — F/1,2 — ISO 1600 — 25 mm
12e  photo : 1/100 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 25 mm
13e  photo : 1/320 sec. — F/1,8 — ISO 200 — 75 mm
14e  photo : 1/320 sec. — F/1,8 — ISO 200 — 75 mm
15e  photo : 1/200 sec. — F/1,8 — ISO 200 — 75 mm
16e  photo : 1/160 sec. — F/1,8 — ISO 400 — 75 mm
17e  photo : 1/640 sec. — F/1,8 — ISO 200 — 75 mm
18e  photo : 1/320 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 25 mm

L’église Saint-Léon-de-Westmount
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Écrit par Jean-Pierre Martel


Les boules multicolores du Village gai

18 septembre 2017
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Dimanche matin, en terminant la rédaction du texte au sujet de la rue Amherst, il m’est venu à l’idée de l’accompagner d’une photo d’une plaque au nom de cette rue.

En revenant vers le métro, j’ai emprunté la partie de la rue Sainte-Catherine qui traverse le quartier gai de Montréal.

Durant l’été depuis 2011, des boules roses y sont suspendues au-dessus de la chaussée.

Mais cette année, on a plutôt décidé d’utiliser les dix-huit nuances de l’arc-en-ciel du drapeau LGBT.

Grâce à une passerelle aérienne aménagée près de la rue Papineau, il est possible d’avoir cette vue à vol d’oiseau d’une partie du spectre de ces boules.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectif M.Zuiko 12-40mm F/2,8 — 1/640 sec. — F/8,0 — ISO 200 — 35 mm

Les boules multicolores du Village gai
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Écrit par Jean-Pierre Martel


L’église du Très-Saint-Nom-de-Jésus

23 août 2017

Tout comme la basilique Sainte-Sophie de Constantinople, l’église du Très-Saint-Nom-de-Jésus honore un attribut divin.

En effet, la basilique Sainte-Sophie (aujourd’hui désacralisée) n’honorait pas une des saintes portant ce prénom, mais plutôt la Sagesse de Dieu; en grec, sagesse se prononce sofía.

De la même manière, l’église du Très-Saint-Nom-de-Jésus n’honore pas Jésus de Nazareth mais le Nom qu’il porte.

Au début du XXe siècle, la ville de Maisonneuve — qui sera annexée à Montréal en 1918 — connait un boum économique lié au fait que cette municipalité était un paradis fiscal pour les industries manufacturières.

Sa forte croissance démographique incite le clergé catholique à y construire une église en croix latine de la taille d’une cathédrale.

C’est à Charles-Aimé Reeves et Albert Mesnard — associés dans la même firme d’architectes située à quelques rues de là — qu’est confiée la tâche de dresser les plans de l’édifice qui sera construit de 1903 à 1906.

Façade de l’église

L’église occupe une superficie de cinq-mille mètres carrés et sa façade est haute de soixante mètres.

Elle est souvent décrite comme étant de style romano-byzantin. De nos jours, cela n’est pas très évident.

L’extrême sobriété extérieure de l’édifice fait en sorte que la caractérisation du style ne repose sur pas grand-chose.

La plupart des ouvertures (portes et fenêtres) se terminent en demi-lune. C’est probablement ce qui lui vaut d’être dite d’inspiration romane.

Quant à l’influence byzantine, elle reposait sur l’aspect originel des clochers, épousant la forme des mitres des popes orthodoxes.

Depuis, ils ont été remplacés par des clochers pointus.

Nef

La nef se compose d’un large vaisseau central bordé d’étroits bas-côtés qui servent d’allées. Le long de ces allées, les colonnes en bois peintes en faux-marbre sont couronnées de chapiteaux corinthiens plaqués en or 24 carats (comme toute la dorure de l’église).


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Nef à la rencontre du transept

Chaque bras du transept est décoré de trois vitraux surmontés d’une rosace.

Quelques années après l’inauguration, on entreprit un ambitieux programme ornemental confié à Toussaint-Xénophon Renaud qui l’exécuta de 1914 à 1918.

Ce peintre-décorateur avait été formé à l’École des Arts et Métiers de Montréal, formation qu’il avait complétée par des stages en France, en Belgique et en Italie. Élève de l’architecte Napoléon Bourassa, il avait travaillé à la décoration de la chapelle Notre-Dame-de-Lourdes.

Chœur

Dans le chœur, le programme d’embellissement reposait principalement sur deux transformations majeures : l’ajout d’un un orgue et de son buffet sur colonnes enchâssant le maitre-autel, de même que des stalles ajoutées de part et d’autre du chœur. À l’époque, les bancs de la nef étaient de la même couleur foncée que les stalles du chœur.

Inauguré à Pâques 1915, l’orgue Casavant était le plus important à Montréal et le sixième en importance en Amérique du Nord.

Il est en deux parties; un orgue de chœur de 21 jeux situé à droite du maitre-autel (les tuyaux à gauche n’ont qu’une valeur décorative) et un orgue de tribune de 69 jeux situé à l’arrière de l’église. Au total, ces 90 jeux mettent en œuvre 6 500 tuyaux.

Cette disposition particulière permet des jeux d’écho et de réponse stéréophonique qui offrent un large éventail de moyens expressifs.

Dans le chœur, le buffet d’orgue a été dessiné par l’architecte Joseph-H. Caron et réalisé par les menuisiers de Louis Caron & Fils (de Nicolet). Le tout a été peint sur place sous la direction de Toussaint-Xénophon Renaud.

La Pentecôte, au-dessus du maitre-autel

La toile au-dessus du maitre-autel serait du peintre montréalais Georges Delfosse.

La Resurrection de T.X. Renaud, dans le bras droit du transept
Fresque à la croisée du transept

À la croisée du transept, la fresque Le Père éternel fut restaurée en 2015 par l’artiste Gina Garcia.

Exemples des vitraux

Les vitraux de la nef et du transept représentent les douze apôtres. Ils ont été créés par Gaston Vennat et Cie de Limoges.

Afin de s’assurer de la qualité du travail, le verrier français offrit un contrat clé en main en vertu duquel les vitraux étaient expédiés assemblés, prêts à être insérés dans l’ouverture des fenêtres.

Mais voilà, le contrat fut signé avant le déclenchement de la Première Guerre mondiale. Or dès l’entrée en guerre de la France, tout le plomb du pays était réquisitionné pour faire des balles. Malgré l’interdit, les vitraux furent fabriqués et expédiés en secret.

À leur arrivée au port de Montréal en 1915, lors du dévoilement des vitraux, ce détail n’échappa pas à la presse. Ce qui fit scandale.

Notre-Dame-du-Rosaire, rosace du bras gauche du transept
Jésus et saint Jean-Baptiste, rosace du bras droit du transept

L’église compte trois rosaces mesurant six mètres de diamètre.

Au jubé, celle au centre de l’orgue représente sainte Cécile de Rome (patronne des musiciens) entourée de quatre anges musiciens.

À chaque extrémité du transept, l’image centrale de la rosace est entourée d’évêques et de docteurs de l’Église.

À l’extérieur, chaque rosace est protégée par une fenêtre en verre transparent dont le châssis de bois mime la structure de la rosace (en blanc sur la première photo). Cela crée une ombre portée qui ajoute de la profondeur à ces rosaces, particulièrement à celle de gauche, éclairée en après-midi.

Station du Chemin de Croix
Orgue à l’arrière
Statue en plâtre peint, près de la sortie

Les fondations de l’édifice reposent sur un sol instable. Déclaré dangereux, l’édifice sera fermé au culte de 2009 à 2014.

En fait, l’église devait être démolie. Mais s’il était possible de prélever les vitraux et les toiles marouflées de Toussaint-Xénophon Renaud, l’orgue devait absolument trouver preneur puisqu’il s’agit d’un chef-d’œuvre de Casavant.

Même offert gratuitement, la Place des Arts le refusa pour garnir sa salle symphonique. La technologie a évolué depuis un siècle; les orgues contemporains sont complètement informatisés, ce qui n’est pas le cas de l’orgue de l’église.

Devant l’impossibilité de s’en départir, le diocèse de Montréal (aidé financièrement par le gouvernement québécois) a résolu de restaurer l’église.

En dépit du fait que les travaux ne sont pas encore terminés, ils sont suffisamment avancés pour permettre la réouverture de l’église depuis la veille de Noël 2014.

Aux intéressés, la messe dominicale y débute à 9h30.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, hypergone 8 mm F/1,8 et objectifs M.Zuiko 12-40 mm F/2,8, M.Zuiko 25 mm F/1,2 et Lumix Leica 42,5 mm F/1,2.

L’église du Très-Saint-Nom-de-Jésus
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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le Patio culturel de Maisonneuve

15 août 2017

Inaugurée en 1981, la Maison de la culture Maisonneuve fut la première à Montréal. À l’origine, elle logeait dans la bibliothèque située au coin des rues Ontario et Pie-IX.

Maison de la culture Maisonneuve

En 2005, elle déménagea tout près, dans l’édifice de l’ancienne caserne de pompier situé de l’autre côté de la rue Desjardins.

Cet édifice a été construit en 1906-1907 par l’architecte Charles-Aimé Reeves (1872-1948) dont la nouvelle demeure était tout près.

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À droite de la Maison de la culture, on a placé l’armoire vitrée nommée ‘Au plaisir des mots’, alimentée par les citoyens du quartier désireux de se départir de livres au profit de ceux qui seraient intéressés.

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À deux pas, on a installé un babillard métallique plutôt bas, au niveau des enfants. Sur celui-ci sont affichés des dessins d’enfants (reproduits sur plaque métallique) illustrant des textes sur le thème de l’enfance.

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Au-dessus de tout cela, sur les vitres de la Maison de la culture, on a cité les cinq poètes québécois suivants : Anne Hébert, Gaston Miron, Marie Uguay et Gérald Godin.

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Entre la Maison de la culture et la Bibliothèque municipale, la rue Desjardins est interdite à la circulation durant l’été.

C’est à cet endroit qu’on a installé des tables, des chaises de jardin et une borne Wifi gratuite de manière à ce que des citoyens puissent y consulter des imprimés ou l’internet pendant que leurs enfants s’amusent dans des carrées de sable. Des séances d’écriture y sont organisées.

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Cet aire de repos se prolonge sur le terrain ombragé de la bibliothèque.

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Entre les rues La Fontaine et Ontario, les arbres de la rue Desjardins affichent des textes sélectionnés par un comité de 25 poètes québécois. J’ai choisi de montrer celui-ci en raison de ces modestes fleurs qu’un citoyen anonyme a ajouté.

Bref, la Maison de la culture Maisonneuve contribue à sa manière à ce plaisir de vivre tout simple qui rend la métropole si conviviale.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectif M.Zuiko 12-40mm F/2,8
1re photo : 1/5000 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 40 mm
2e  photo : 1/1250 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 40 mm
3e  photo : 1/2500 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 18 mm
4e  photo : 1/1000 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 18 mm
5e  photo : 1/4000 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 12 mm
6e  photo : 1/2500 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 25 mm
7e  photo : 1/640 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 12 mm
8e  photo : 1/500 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 22 mm
9e  photo : 1/500 sec. — F/3,2 — ISO 200 — 31 mm

Le Patio culturel de Maisonneuve
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La résidence de Charles-Aimé Reeves (1906)

14 août 2017

Né à Pointe-aux-Trembles en 1872, l’architecte Charles-Aimé Reeves fut très actif. Sa réalisation la plus connue est sans doute le marché Jean-Talon.

L’astrophysicien Hubert Reeves est son petit-fils.

Façade sur le boulevard Pie-IX

Après avoir acheté un lot vacant sur le boulevard Pie-IX en 1905, l’architecte y fit construire l’année suivante une résidence selon ses plans.

Il en occupa le rez-de-chaussée jusqu’à sa mort en 1948. De nos jours, cet appartement porte les numéros civiques 1891-A et 1891-B puisqu’il a été scindé en deux depuis.

De gauche à droite, la façade se divise en trois parties séparées par des murs mitoyens. À gauche, les deux premières sont l’image inversée l’une de l’autre. À droite, la troisième est semblable à la première (sauf qu’elle est la moitié moins profonde, comme nous le verrons plus loin).

Le rez-de-chaussée est rayé horizontalement de pierres de taille chamois qui alternent avec d’autres, grises.

Aux deux étages supérieurs, la façade en briques rouges est percée d’ouvertures rehaussées d’un pourtour en pierre chamois (peinte récemment en gris pâle).

Haut de la façade

La fausse mansarde est recouverte d’ardoise en écailles de poisson.

Au-dessus des fenêtres du dernier étage, elle fait place à un couronnement en forme de cloche qui, à l’origine, était surmontée d’une pointe de la même hauteur que les fenêtres et qui contribuait à la majesté de l’ensemble.

De biais

À l’avant, l’édifice abrite neuf logements. Chacun d’eux est traversé par un couloir qui donne accès successivement au salon double, à deux chambres fermées, puis à la cuisine à l’arrière.

Celle-ci s’ouvre sur un balcon situé sur le côté de l’immeuble (sur la photo ci-dessus, caché par des arbres). Ces balcons sont partagés avec des logements situés à l’arrière de l’édifice.

Avant l’invention des sécheuses électriques, la cuisine — la pièce la plus chaude de la maison — servait souvent à faire sécher le linge l’hiver. Et l’été, c’est à partir de cette pièce qu’on allait étendre le linge dans la cour arrière.

De nos jours, condamner les locataires à ne faire sécher leur linge qu’à l’intérieur est acceptable dans de nombreuses capitales européennes. Mais cela était contraire aux coutumes québécoises de l’époque.

En décidant de construire des logements à l’arrière, à la place d’une cour, l’architecte maximisait ses revenus locatifs. Toutefois, cela le forçait à fournir à ses locataires une solution alternative permettant le séchage du linge au vent. D’où les balcons latéraux.

Côté gauche de l’immeuble

On accède aux logements à l’arrière par la ruelle située à gauche de l’immeuble. Leurs portes d’entrée semblent être d’origine, contrairement à toutes les autres portes et fenêtres de la maison qui ont été modernisées depuis la construction.

Et puisque du côté opposé, l’immeuble ne longe pas une ruelle, l’existence de balcons de ce côté n’a été possible qu’en raison du fait que le dernier tiers de l’immeuble est moins profond. Voilà pourquoi il y a neuf logements à l’avant et seulement six à l’arrière.

Murale à l’arrière de l’immeuble

L’arrière de l’immeuble est décoré d’une murale de Gwan (en partie saccagée par des tagueurs).

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectifs M.Zuiko 7-14mm F/2,8 (5e photo) et M.Zuiko 12-40 mm F/2,8 (les autres photos)
1re photo : 1/1000 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 15 mm
2e  photo : 1/800 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 22 mm
3e  photo : 1/1000 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 25 mm
4e  photo : 1/1000 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 12 mm
5e  photo : 1/800 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 7 mm

La résidence de Charles-Aimé Reeves (1906)
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Écrit par Jean-Pierre Martel


Une troisième murale dans la série consacrée aux quatre éléments

23 mai 2017
Terre d’accueil (2015)

Au reportage de 2014 au sujet des murales des Habitations Jeanne-Mance, il faut ajouter celle-ci, peinte l’année suivante.

Après L’air du temps (2012) et Au fil de l’eau (2013), Phillip Adams a peint Terre d’accueil (2015), dans cette série consacrée aux quatre éléments.

Pour l’instant, cette série comprend donc l’air, l’eau et la terre. Il ne manque plus que le feu.

Ici, le point de vue est celui du mont Royal. De part et d’autre d’un arbre décoré d’un cœur — qui fait écho à celui, bien réel, devant la murale — deux clairières montrent la terre unissant la nature (à gauche) à la ville (à droite).

L’air du temps (2012)
Au fil de l’eau (2013)

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectif M.Zuiko 12-40mm F/2,8 —
1re photo : 1/400 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 15 mm
2e  photo : 1/1250 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 28 mm
3e  photo : 1/1000 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 12 mm

Une troisième murale dans la série consacrée aux quatre éléments
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Écrit par Jean-Pierre Martel


Hommage à Norval Morrisseau

29 janvier 2017
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Norval Morrisseau (1932-2007) est le plus connu des peintres aborigènes du Canada.

Inspirée des dessins symboliques gravés sur de la pierre par certains peuples autochtones du pays, sa peinture se caractérise par d’épais contours noirs et des couleurs vives.

Dans une ruelle située derrière le Pavillon pour la Paix Michal et Renata Hornstein, la peintre montréalaise Melissa del Pinto a créé en 2016 une murale intitulée ‘Hommage à Norval Morrisseau’, inspirée de son style.

À droite, sous la murale, on peut voir la signature utilisée par Morrisseau dans ses œuvres. En lettres cries (sans leur ponctuation), cela signifie Oiseau-Tonnerre de cuivre.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectif M.Zuiko 25mm F/1,2 — 1/1250 sec. — F/1,2 — ISO 200 — 25 mm

Hommage à Norval Morrisseau
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Écrit par Jean-Pierre Martel


Des murales dans la Petite-Patrie

27 décembre 2016

Cette année, le cadeau que je me suis offert pour Noël est un nouvel objectif photographique.

Et même ce n’était que la veille de Noël, je n’ai pu résister à la tentation de visser cet objectif à mon appareil photo — que j’avais apporté au magasin — et de partir à l’aventure.

À deux pas de chez mon fournisseur, il existe une ruelle anonyme entre la Plaza Saint-Hubert et l’avenue de Chateaubriand.

Sur un peu plus d’un quart de kilomètre — entre la rue de Beaubien et la rue Saint-Zotique — voilà comment une ruelle se transforme en galerie d’Art.

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Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectif M.Zuiko 25mm F/1,2
1re photo : 1/800 sec. — F/1,4 — ISO 200 — 25 mm
2e  photo : 1/1600 sec. — F/1,4 — ISO 200 — 25 mm
3e  photo : 1/1000 sec. — F/1,4 — ISO 200 — 25 mm
4e  photo : 1/1000 sec. — F/1,4 — ISO 200 — 25 mm
5e  photo : 1/1000 sec. — F/1,4 — ISO 200 — 25 mm
6e  photo : 1/800 sec. — F/1,4 — ISO 200 — 25 mm
7e  photo : 1/800 sec. — F/1,4 — ISO 200 — 25 mm
8e  photo : 1/640 sec. — F/1,4 — ISO 200 — 25 mm
9e  photo : 1/1000 sec. — F/1,4 — ISO 200 — 25 mm

Des murales dans la Petite-Patrie
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Écrit par Jean-Pierre Martel


Tempête au parc

21 juin 2016
Enseigne du parc de Vimy
Aperçu du parc
Maison de style anglais bordant le parc
Maison de style québécois bordant le parc

Introduction

Outremont est un quartier plaisant sur les hauteurs du Mont-Royal. Il tire son nom du fait qu’il est situé sur versant opposé par rapport au centre-ville.

C’est un quartier huppé où se trouvent des maisons spacieuses en pierre ou en briques sur des lots où abondent de grands arbres.

On y rencontre de nombreux parcs à l’anglaise.

Relativement plat, le parc de Vimy est de petites dimensions. Tout en étant plaisant, il est un des moins intéressants de l’arrondissement.

Depuis deux jours, ce parc est l’objet d’une vive controverse.

Sur recommandation de la Société d’histoire d’Outremont, l’arrondissement d’Outremont a obtenu la permission de la ville de Montréal de changer le nom du parc de Vimy en celui de parc Jacques-Parizeau.

La bataille de la crête de Vimy

Vers la fin de la Première Guerre mondiale, la bataille de la crête de Vimy — dans le Pas-de-Calais, en France — fut une des batailles décisives.

Après des assauts infructueux de troupes françaises et britanniques (qui avaient très peu affaibli les défenses allemandes), ce sont des troupes canadiennes qui prirent contrôle de ce promontoire stratégique, au prix de 3 598 morts et 7 104 blessés.

À l’époque, cette victoire fut présentée comme un symbole de la force de l’unité canadienne devant l’adversité. S’il est vrai que l’assaut fut donné par des unités composées d’anglophones et de francophones, en réalité, la proportion de soldats francophones fut relativement faible : la conscription au Canada, jusque-là facultative, était boudée des Québécois.

Rappelons que cette guerre est née de l’effet domino d’alliances militaires qui ont entrainé automatiquement l’entrée en guerre des pays européens sans autre motif qu’un fait divers; l’assassinat en Serbie de l’héritier de l’empire austro-hongrois et son épouse.

Les Québécois estimaient qu’il s’agissait d’une guerre stupide. Alors que pour les Anglophones canadiens, il était essentiel de défendre leur mère patrie, l’Angleterre, principal partenaire commercial du Canada à l’époque (devant les États-Unis).

Dans les faits, 70% des trente-mille soldats volontaires étaient des immigrants récents en provenance du Royaume-Uni; seulement neuf-mille volontaires étaient de naissance canadienne, dont environ mille du Québec.

Ce sont les pertes canadiennes occasionnées par cette bataille (le tiers des effectifs) qui ont convaincu le gouvernement fédéral d’imposer la conscription obligatoire, une décision controversée qui provoqua des émeutes au Québec.

Afin de faire oublier ces divisions, le gouvernement a toujours accordé une importance disproportionnée à cette bataille par ailleurs indéniablement stratégique.

En dépit de ces efforts, la rue et le parc de Vimy — tous deux à Outremont — sont les seuls exemples québécois de lieux nommés en l’honneur de cette bataille.

Jacques Parizeau

Diplômé de la London School of Economics, Jacques Parizeau fut le grand mandarin de l’État québécois dans les années 1960 et principal conseiller économique des premiers ministres Jean Lesage et Daniel Johnson.

Il fut ministre des Finances du Québec de 1976 à 1984 dans le gouvernement de René Lévesque et devient Premier ministre du Québec en 1994-1996.

Il joua un rôle-clé dans la nationalisation de l’électricité et dans la création de la Société Générale de financement (principal outil d’intervention de l’État dans le secteur industriel), du Régime des rentes du Québec (et de la Caisse de dépôt et placement qui en gère les fonds).

Bref, il est le grand responsable de la modernisation de l’économie québécoise. Grâce à lui, le Québec arriéré du début des années 1960 est devenu la quatrième province canadienne la plus riche quant au revenu par personne (retombé par la suite au neuvième rang canadien à l’issue de la décennie catastrophique du gouvernement libéral de Jean Charest).

La controverse

Pour Unity (un groupuscule radical anglo-québécois), le changement du nom du parc de Vimy n’est rien de moins qu’un affront aux soldats canadiens morts pour défendre nos droits et notre liberté au cours de la Grande Guerre (alors que ce n’étaient pas les enjeux de ce conflit).

D’autre part, selon ce groupuscule, le changement de nom honore ainsi un ‘traitre’ (un premier ministre indépendantiste) qui visait donc à briser l’unité canadienne.

C’est ainsi qu’une quinzaine de personnes ont manifesté hier soir devant l’hôtel de ville d’Outremont pour protester contre cette décision.

J’ai visité le parc de Vimy hier après-midi.

Aucune plaque commémorative n’y perpétue la mémoire de soldats d’Outremont morts à Vimy (s’il y en a eu).

Monument en l’honneur d’Alice Poznanska-Parizeau

Depuis 1996, un monument y rend hommage à la première épouse de M. Parizeau, l’écrivaine Alice Poznanska-Parizeau.

M. Parizeau a habité une trentaine d’années dans une propriété à proximité de ce parc. Son service funéraire fut célébré à l’église Saint-Germain-d’Outremont située tout près du parc.

Si ce gouvernement canadien abandonnait la nostalgie de son ancien statut colonial britannique et cessait de rendre hommage à nos conquérants, à leurs descendants, ou à des représentants canadiens de la monarchie britannique — ces derniers n’ayant jamais rien fait d’autre pour le Canada que de procéder à des premières pelletées de terre ou à couper des rubans — on ne serait pas rendu à compter sur des arrondissements montréalais pour rappeler des évènements historiques internationaux auxquels des soldats canadiens ont participé.

Références :
Bataille de la crête de Vimy
Crise de la conscription (1917)
Critics slam Montreal’s plan to rename Vimy Park after Jacques Parizeau
Jacques Parizeau
Jacques Parizeau chasse Vimy: les enjeux de «je me souviens»
Le parc De Vimy prendra le nom de Jacques Parizeau, maintient le maire Coderre
Quebec historian defends plan to change Vimy park name in honour of Jacques Parizeau

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectif M.Zuiko 12-40mm F/2,8
1re photo : 1/800 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 40 mm
2e  photo : 1/640 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 12 mm
3e  photo : 1/3200 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 22 mm
4e  photo : 1/1250 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 18 mm
5e  photo : 1/320 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 12 mm

Tempête au parc
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Écrit par Jean-Pierre Martel


Un diner à la cabane à sucre

28 mars 2016

 

 
Introduction

On ne peut pas être véritablement québécois si on n’a jamais mangé dans une cabane à sucre.

Hier, le jour de Pâques, des membres de ma famille se sont réunis à la cabane Dupuis, située à Saint-Jacques-de-Montcalm.

Il est à noter qu’au Québec, on appelle dîner le repas du midi, alors que dans les pays francophones d’Europe, on appelle plutôt ce repas le déjeuner.

Le Temps des sucres

Au printemps, lorsque la température commence à s’élever, la sève migre des racines vers le sommet des arbres. C’est cet apport nourricier qui permettra aux branches de donner naissance aux premiers bourgeons quelques semaines plus tard.

Cette sève — qui contient deux à trois pour cent de sucre — est différente de celle, amère, qui nourrit l’érable durant de reste du printemps et de l’été. Voilà pourquoi on lui donne le nom particulier d’eau d’érable.

Et la période durant laquelle cette eau peut être récoltée s’appelle le Temps des sucres. L’apparition de ces bourgeons annonce la fin du Temps des sucres.

La récolte de l’eau d’érable

Les acériculteurs utilisent un entailloir dont la mèche est de 1,1 cm pour entailler les érables et y créer un trou incliné de quelques centimètres de profondeur.


 
Traditionnellement, un chalumeau de métal assurait la collecte de l’eau d’érable. Celui-ci était doté d’un bec verseur et d’un crochet qui permettait d’y suspendre un seau dans lequel l’eau s’accumulait.

L’acériculteur parcourrait son domaine en vidant les seaux dans un ou plusieurs barils de bois à la queue-leu-leu sur des traineaux tirés par des chevaux.

Même si les seaux étaient légèrement évasés afin d’éviter que le gonflement de l’eau lors de sa congélation ne les fende, ce risque n’était pas complètement éliminé. Conséquemment les seaux devaient être vidés au moins une fois par jour.

De nous jours, afin de réduire les couts de main-d’œuvre, on utilise des chalumeaux de plastique reliés à des tubulures en polyéthylène coloré bleu. L’eau d’érable s’écoule donc d’elle-même.

La coloration des tubulures vise à protéger l’eau (et ses précieux antioxydants) des rayons du soleil.

Lorsque cette technologie était naissante, on devait s’assurer que les tubulures étaient en pente, de manière à ce que l’eau s’écoule par gravité.

De nos jours, ces tubulures sont semi-rigides et soumises à une pompe qui applique une légère succion, ce qui achemine automatiquement l’eau vers la cabane à sucre où elle sera filtrée avant d’être bouillie.

La quantité d’eau d’érable recueillie représente environ cinq pour cent de la sève totale provenant des racines, ce qui ne nuit pas à la croissance de l’arbre.

La cabane à sucre


 
À la cabane Dupuis, les visiteurs pénètrent par la chambre d’ébullition. Celle-ci est dominée par une grande marmite en acier inoxydable chauffée au bois. La vapeur d’eau s’échappe par une ouverture au sommet de cette chambre.

Il faut faire évaporer trente à quarante litres d’eau d’érable pour obtenir un litre de sirop.

Cette transformation nécessite de grandes quantités de combustible. On peut utiliser le gaz naturel mais beaucoup de cabanes à sucre utilisent le bois.

Celui-ci est entreposé dans un pavillon indépendant afin d’éviter qu’un incendie dans la chambre d’ébullition détruise également les stocks de bois.

Après avoir traversé la chambre d’ébullition, le visiteur pénètre dans une salle à gauche de laquelle se trouve la cuisine. Au fond, une deuxième salle est l’endroit où nous avons décidé de nous attabler.

Le repas

Les visiteurs se servent de la soupe aux pois à partir de soupières métalliques cylindriques déposées près d’eux.


 
Puis une serveuse utilise un charriot à deux plateaux pour nous apporter différents mets (identifiés ci-dessus). Chaque met est apporté en double et déposé à chaque bout de la table.

Plusieurs récipients de sirop d’érable sont à notre disposition. On peut donc, selon son gout, déguster ces mets arrosés ou non de sirop.

Comme dessert, on a le choix entre des pets-de-nonne et/ou de la tarte au sucre.

Une friandise supplémentaire attend les visiteurs à l’extérieur de la cabane; il s’agit de la tire d’érable sur neige.

Un préposé verse des rubans de sirop à la surface de bacs de neige. Au contact de celle-ci, le sirop se transforme en bonbon mou.

On fait adhérer la tire à un bâtonnet de bois qu’on roule sur le ruban afin d’en faire une sucette (qu’on appelle ‘suçon’, par pudeur, au Québec).

Voilà donc, en résumé, une visite typique de cabane à sucre au Québec.

Un diner à la cabane à sucre
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Écrit par Jean-Pierre Martel


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