Les jardins du château de Versailles

6 janvier 2018

 

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Les jardins de la fête et du plaisir

Afin de fuir une épidémie de petite vérole, le futur Louis XIV vient à Versailles pour la première fois en 1641. Il séjourne alors dans un petit palais en ‘U’ que son père a fait construire en 1631 en remplacement d’un modeste pavillon de chasse érigé en 1623-1624.

Devenu roi, il y revient en 1651, cette fois pour y chasser. Il a treize ans.

Dès 1661, Louis XIV fait remodeler le parc hérité de son père. À partir de 1662, Le Nôtre commence à tracer le jardin.

En 1663, le petit palais de son père lui sert de garçonnière; c’est là qu’il a fait installer Louise de la Vallière, sa première maitresse officielle, qui vient de lui donner un fils illégitime.

En mai 1664, le roi y donne Les Plaisirs enchantés, une fête qui durera huit jours et nuits et qui se déroulera essentiellement dans le parc attenant au palais.

Une deuxième grande fête a lieu en 1668.

En 1674, quand le roi décide de faire construire une résidence à sa nouvelle maitresse, Madame de Montespan, c’est à Clagny, au sud-ouest du village de Versailles (aujourd’hui à l’intérieur des limites de la ville) qu’il lui fait construite un château.

En 1681, lorsque Louis XIV décide de sédentariser la monarchie française, il choisit Versailles pour y installer sa cour. Pourquoi Versailles ? Parce qu’au Louvre, il y étoufferait.

Si on exclut la Seine au sud, le Louvre est alors encastré dans le tissu urbain de Paris. En hiver, on y passe ses jours enfermé. Et la fête se résume à y assister à du théâtre et à des concerts. Pour un roi qui aime la chasse et le grand air, le Louvre ressemble souvent à une prison dorée.

Or depuis déjà deux décennies, Versailles est un lieu de plaisir. Plus précisément, ce sont les jardins du palais — plus qu’un palais ultérieurement agrandi — qui déterminent le choix du roi pour Versailles.

De nos jours, les jardins du château de Versailles occupent une superficie de 8,3 km². On y trouve cinquante-cinq fontaines, 620 jets d’eau, 221 statues, deux petits palais, un théâtre privé et différents pavillons.

Le château de Versailles étant construit sur la partie la plus haute du domaine, il sert de belvédère au parc.

Le diaporama présente successivement les parterres, les sculptures en marbre, les bassins et les fontaines. Puis le Petit Trianon et le Grand Trianon. Il ferme la boucle par un retour aux sculptures situées immédiatement à l’arrière du château.

Le parterre d’Eau

Le diaporama s’ouvre avec La Loire de Thomas Regnaudin. C’est une des sculptures qui rappellent que la richesse agricole de la France dépend de l’irrigation du territoire par ses fleuves et de ses rivières.

Ces sculptures sont placées au pourtour des deux bassins plats situés immédiatement à l’arrière du château, aux pieds de la Galerie des Glaces. Ces deux bassins forment essentiellement le parterre d’Eau.

Du côté externe de ces bassins, on trouve quatre fleuves — la Garonne, la Loire, le Rhône, et la Seine — représentés par des hommes barbus.

Par contre, le long de l’allée qui sépare ces deux bassins, on trouve quatre rivières : la Dorgogne, le Loiret, la Marne et la Saône. Le mot ‘rivière’ étant de genre féminin, celles-ci sont représentées par des femmes.

Le parterre du Midi et l’Orangeraie

Le château de Versailles étant construit dans un axe nord-sud, le parterre qui se trouve à sa gauche s’appelle le parterre du Midi (à 0:07).

Ce parterre surplombe un autre parterre de broderies, en contrebas, celui de l’Orangerie auquel on accède en descendant un des deux escaliers des Cent-marches.

Plus au loin s’étend la pièce d’eau des Suisses, appelée ainsi parce que c’est le régiment des Gardes suisses qui draina le marécage nauséabond qui s’y trouvait et qui était alimenté autrefois par les eaux usées du village de Versailles (à 0:09).

À 0:11, on voit au loin le dôme de la cathédrale Saint-Louis de Versailles, présentée dans un diaporama précédent.

Longue de 155 mètres, l’Orangerie accueille l’hiver les 1 055 palmiers, grenadiers, orangers et autres arbres exotiques en caisses qui prennent le soleil l’été sur sa terrasse ou dispersés dans le domaine (à 0:13).

Orientée vers le sud, elle est protégée des vents froids par sa position souterraine. Ses murs de pierre de trois à cinq mètres d’épaisseur et ses doubles vitrages y maintiennent une température qui ne descend jamais en deçà de 5°C.

Le bassin de Latone

Après être passé devant Arianne endormie (1684-1686) — une statue de Corneille Van Clève située sur le parterre du Midi — on accède au bassin de Latone (de 0:17 à 0:22).

De nos jours, il s’agit d’une fontaine. On l’appelle ‘bassin’ parce qu’à l’origine, ses divers éléments d’alors étaient disposés sur plan d’eau.

Qui est Latone ?

Maitresse de Zeus, Latone est une déesse grecque, mère d’Artémis et d’Apollon.

Fuyant la colère de sa rivale Héra (épouse de Zeus), Latone se retrouve, épuisée, en Lycie (dans le sud de la Turquie actuelle). S’approchant d’un petit lac pour se désaltérer, elle en est empêchée par les habitants du lieu. Ceux-ci la chassent en dépit de ses supplications. Pour se venger de leur cruauté, la déesse les fait changer en grenouilles.

Le bassin de Latone est composé d’une pyramide au sommet de laquelle se trouve la statue en marbre blanc de Latone et de ses deux enfants (dont Apollon, qu’elle presse contre elle). Cette statue a été exécutée en 1668-1670 par les frères Gaspard et Balthazar Marsy.

Elle repose sur cette pyramide en marbre polychrome, une succession d’anneaux ovales étagés à la périphérie desquels se trouvent 148 sculptures en plomb doré : des grenouilles, des lézards et des humains à divers stades de transformation en grenouilles. Sa dorure récente a exigé 35 000 feuilles d’or.

La fontaine est animée de soixante-quatorze jets d’eau.

Tout à Versailles est chargé de sens.

La vengeance de Latone et la métamorphose des paysans en grenouilles est une allusion à la victoire de la monarchie française contre la Fronde, cette révolte des nobles qui est survenue dans l’enfance du roi.

Indépendamment de son symbolisme, pourquoi ce bassin est-il là, dans l’axe de la Grande Perspective (qui traverse tout le jardin) ?

Perpendiculaire au palais, cet axe est orienté d’est en ouest. Or Louis XIV (le Roi Soleil) a choisi Apollon comme symbole emblématique. Le soleil nait à l’Est comme Apollon nait de Latone.

En descendant l’Allée Royale, il n’est pas étonnant que le seul autre bassin de la Grande Perspective (si on exclut le Grand Canal), ce soit le bassin d’Apollon (à 0:22).

Quelques statues de marbre

Les jardins du château constituent le plus grand musée au monde de sculptures en plein air. Parmi les 221 sculptures qui l’ornent, le diaporama en présente ici quinze dont les détails (créateurs et dates d’exécution) sont précisés en annexe.

Quelques bosquets et bassins

La salle de Bal

Imaginez une piste de danse extérieure en marbre, légèrement surélevée, à laquelle les couples accèdent en empruntant un des quatre ponts qui franchissent deux bassins concentriques qui l’entourent.

Imaginez cette piste de danse au milieu d’un amphithéâtre dont les deux tiers sont des gradins recouverts de gazon (pour le confort des spectateurs) et l’autre tiers, une cascade d’eau.

Imaginez cette cascade en marbre rose, en pierre meulière incrustée de pierres semi-précieuses et de coquillages rapportés de la mer Rouge et de l’océan Indien par la Marine Royale.

Imaginez enfin que cette cascade soit musicale.

Mais comment peut-on créer une cascade d’eau musicale au XVIIe siècle ? En y cachant des musiciens à l’arrière.

De nos jours, des enceintes et de la musique enregistrée ont remplacé les musiciens. La piste de danse a disparu en 1707 et la salle de Bal est devenue le bosquet des Rocailles. Quant à sa pierre meulière, elle est noircie par l’oxydation et par les algues qui en encrassent les pores.

Bref, le bosquet des Rocailles (de 1:14 à 1:20) est l’ombre de ce qu’il était originellement.

Le bosquet de la Reine

Il s’agit d’un parc à l’anglaise, d’un intérêt limité, décorée de sculptures dont cette Minerve athénée, d’après l’antique (à 1:23).

Le bassin de Bacchus

Créé entre 1673 et 1675 par Gaspard et Balthazar Marsy, ce bassin est l’un des quatre sur le thème des saisons. Il représente le temps des vendanges, soit l’automne.

On y voit Bacchus entouré de quatre satyres ivres, mi-enfants, mi-boucs, allongés sur des grappes de raisin. Le tout est en plomb partiellement doré (de 1:24 à 1:27).

Le bassin de Cérès

Très semblable à celui de Bacchus, le bassin de Cérès a été réalisé entre 1672 et 1679 par Thomas Regnaudin (de 1:28 à 1:31). Il représente l’été.

On y voit Cérès, la déesse romaine des moissons, entourée de trois amours, assise sur un lit de gerbes de blé et de quelques roses.

Le bosquet des bains d’Apollon

À l’issue d’un long sentier en pente, le visiteur est saisi d’émerveillement à la vue d’un des plus extraordinaires bosquets de Versailles, bosquet qui se dévoile à lui au dernier moment (de 1:32 à 1:37).

Ce bassin doit donc être distingué du bassin d’Apollon (vu à 0:22).

Aménagé de 1778 à 1781 par Hubert Robert, il s’agit d’une grotte artificielle au milieu d’un paysage verdoyant, animée de cascades et décorée de trois groupes de sculptures.

Celles-ci décoraient originellement la grotte de Téthys, détruite en 1684 pour faire place à l’aile du Nord du château.

Ces trois groupes sont de sculpteurs différents.

Au centre, les sept sculptures d’Apollon servi par les nymphes ont été réalisées par François Girardon et Thomas Regnaudin en 1666. Apollon y emprunte les traits de Louis XIV.

De chaque côté, les deux groupes intitulés Les Chevaux du Soleil pansés par les tritons sont des frères Marsy (à gauche) et de Gilles Guérin (à droite).

Le bassin de Neptune

Si le bosquet des bains d’Apollon est probablement le plus beau de Versailles, le bassin de Neptune est sans conteste le plus spectaculaire (de 1:39 à 2:06).

En raison de ses 99 jets d’eau et de la quantité phénoménale d’eau que cela requiert, cette fontaine ne fonctionne que dix minutes par jour, quelque part entre 17h10 et 17h30.

Dans son état actuel, le bassin fut inauguré en 1741, après que trois groupes de sculptures en plomb y furent installés. Celui du centre, Neptune et Amphitrite, est de Lambert-Sigisbert Adam (à 2:05).

Le bassin du Dragon

Selon la mythologie grecque, le dragon Python est lancé par Héra à la poursuite de Latone alors qu’elle est encore enceinte des jumeaux Apollon et Artémis.

Né entretemps, Apollon tue d’une flèche l’animal lors de leur rencontre.

Les sculptures du bassin (à 2:07) ont été créées par les frères Marsy. Ils ont représenté le dragon mortellement blessé, crachant vers le ciel son sang (symbolisé par un jet d’eau de vingt-sept mètres, le plus haut de Versailles).

Il est entouré d’Amours armés d’arcs et de flèches (symbolisant Apollon à eux quatre), montés sur des cygnes et escortés de quatre ‘dauphins’.

Lorsque le bassin de Neptune est en service, des jets d’eau sortent de la gueule des cygnes et des narines des ‘dauphins’.

Le bosquet des Trois fontaines (de 2:09 à 2:13)

Aménagé par Le Nôtre entre 1677 et 1679 à partir d’une idée de Louis XIV, ce bosquet s’étale sur trois terrasses possédant chacune son propre bassin (octogonal, carré et rond) et reliées entre elles par des escaliers aux profondes marches inclinées.

La fontaine de la Pyramide (de 2:14 à 2:18)

Réalisée par François Girardon entre 1669 et 1672, cette fontaine est formée de quatre vasques de marbre supportées par des sculptures de plomb : de haut en bas, quatre écrevisses, quatre dauphins, quatre jeunes tritons et finalement quatre tritons adultes.

Les bassins des Couronnes (à 2:19)

Le parterre du Nord est décoré de deux bassins circulaires appelés bassins des Couronnes en raison des deux grandes couronnes royales qui s’y trouvaient (en plus des sculptures de plomb qu’on y voit encore).

Le Petit Trianon (de 2:23 à 3:00)

Louis XV, l’arrière-petit-fils de Louis XIV, était passionné de botanique. En 1748, il fait aménager un jardin de plantes au sud-est du Grand Trianon.

En 1762, pour sa maitresse, il y fait construite un petit château cubique (de 2:23 à 2:30). Malheureusement, il fut achevé en 1768, quatre ans après le décès de sa destinataire, la marquise de Pompadour.

Puisque rien ne se perd, le château est inauguré par la comtesse Du Barry, nouvelle favorite du roi. Mais celui-ci meurt en 1774.

Le nouveau roi, Louis XVI, chasse la favorite de son prédécesseur, et offre le château à son épouse à lui, Marie-Antoinette. Le 15 aout 1774 — le jour de l’Assomption de Marie, patronne de la reine — celle-ci reçoit de son époux un modeste passepartout serti de 531 diamants donnant accès au château du Petit Trianon.

De 1783 à 1787, Marie-Antoinette fit remplacer le Jardin botanique de Louis XV par un hameau de onze chaumières réparties autour d’un lac peuplé de carpes et de brochets. Le tout est entouré d’un parc à l’anglaise agrémenté de potagers, de vergers et jardinets (de 2:31 à 3:00).

Une douzaine de jardiniers et de paysans (et leurs familles) étaient hébergés aux frais de la reine dans cette mini-exploitation agricole.

L’importante collection de plantes rares de Louis XV fut transplantée à Paris, au Jardin du Roi (de nos jours appelé Jardin des Plantes).

Le domaine du Petit Trianon renferme également un petit théâtre de style rococo à l’usage privé de la reine, construit par l’architecte Richard Mique.

Le Temple de l’Amour (à 2:31) fut construit de 1777 à 1778 par Richard Mique. À son centre, la reine fit installer une copie de L’Amour taillant son arc dans la massue d’Hercule, une sculpture qu’Edmé Bouchardon avait exécutée en 1750. L’original est au Louvre.

De 2:37 à 2:41, on voit la tour de la Pêcherie (où l’on rangeait le matériel de pêche à la ligne) et la laiterie (dans laquelle les paysans battaient le beurre et fabriquaient la crème pour la reine).

À 2:43, il s’agit de la maison du Billard (à gauche) reliée par une galerie de bois à la chaumière de la Reine. Littéralement, ‘chaumière’ désigne une habitation rurale au toit de chaume, c’est-à-dire de paille (à 2:45).

Le Grand Trianon (de 3:01 à 3:26)

Bâtie sous Louis XIV, plus précisément en 1687 par Jules Hardouin-Mansart, le château du Grand Trianon porte le nom du village de Trianon, détruit à la suite de son annexion au domaine royal en 1662.

L’édifice est situé à quelques pas du bras droit du Grand Canal. Le roi pouvait donc y amener ses rares invités en bateau si cette fantaisie lui prenait.

Il est formé de deux ailes d’un seul niveau réunies par une galerie à colonnes (appelée ‘péristyle’).

Le mobilier d’origine, vendu à la Révolution, a été remplacé depuis par celui de style Empire commandé par Napoléon. Quant aux tableaux, leurs copies ont retrouvé la place qu’occupaient les originaux sous Louis XIV.

De retour à l’arrière du château

À l’été de 2015, plusieurs sculptures d’Anish Kapoor étaient en vedette dans les jardins de Versailles (et à la salle du Jeu de Paume), dont C-Curve (3:29 à 3:31). Cet artiste a également créé l’arche de métal à l’arrière-plan de la page titre du diaporama.

Le diaporama se termine par les œuvres suivantes :
• à 3:27 : Vase de la guerre (détail) d’Antoine Coysevox
• à 3:33 : Enfants à l’oiseau à la figure assise de Jean Dugoulon
• à 3:35 : La Saône de Jean-Baptiste Tuby
• à 3:37 : Le Rhône de Jean-Baptiste Tuby
• à 3:39 : Enfants à l’oiseau de Simon Mazière
• à 3:41 : Enfants aux dauphins de François Lespingola
• à 3:43 : Apolon d’après l’antique
• à 3:45 : Enfants au miroir à la figure assise de Pierre Laviron et Pierre Le Gros
• à 3:49 : Vase Borghese d’après l’antique.

Conclusion

Strictement parlant, le château de Prague est une bâtiment plus grand que celui de Versailles. Toutefois, lorsqu’on tient compte de ses jardins, c’est à Versailles qu’on trouve la plus grande et la plus somptueuse résidence royale au monde, vitrine du génie français, lieu de pouvoir autant que de plaisir et de fantaisie, et lieu d’émerveillement pour ceux qui ont le privilège de le visiter.


Détails techniques : Le diaporama contient 93 photos et 5 clips vidéos.

Les appareils photo utilisés : Olympus OM-D e-m5 (85 photos), Canon PowerShot G6 (six photos) et Panasonic GH1 transformée pour faire de la photographie infrarouge (deux photos).

En ordre décroissant, les objectifs utilisés furent le M.Zuiko 12-40 mm F/2,8 (69 photos), PanLeica 25 mm F/1,4 (12 photos), Lumix 40-150 mm R (trois photos) et M.Zuiko 75 mm F/1,8 (une photo).


Liste des diaporamas de Paris :
Le Premier arrondissement de Paris — 1re partie
Le Louvre (ou Premier arrondissement — 2e partie)
Le Premier arrondissement de Paris — 3e partie
Aperçu du deuxième arrondissement de Paris
Aperçu du troisième arrondissement de Paris
Aperçu du quatrième arrondissement de Paris — 1re partie
Aperçu du quatrième arrondissement de Paris — 2e partie
Le Cinquième arrondissement de Paris — 1re partie
Le Cinquième arrondissement de Paris — 2e partie
Le Cinquième arrondissement de Paris — 3e partie
Le Sixième arrondissement de Paris
Le Septième arrondissement de Paris
Le Huitième arrondissement de Paris
Le Neuvième arrondissement de Paris
Le Douzième arrondissement de Paris
Le Treizième arrondissement de Paris
Le Quatorzième arrondissement de Paris
Le Quinzième arrondissement de Paris
Le Seizième arrondissement de Paris
La Défense
La basilique Saint-Denis
Aperçu de la ville de Versailles
• Les jardins du château de Versailles (celui-ci)


Liste de statues en marbre des allées et bosquets :

• à 0:27 : Adrastée (1655-1656) d’après Nicolas Poussin
• à 0:29 : Aurore (1686-1704) de Philippe Magnier
• à 0:31 : Pan (1655-1656) de Domenico Guidi (d’après Nicolas Poussin)
• à 0:33 : Acis jouant de la flute (1674) de Jean-Baptiste Tuby
• à 0:35 : Faune (1655-1656) de Domenico Guidi (d’après Nicolas Poussin)
• à 0:37 : Galatée (1667-1674) de Jean-Baptiste Tuby
• à 0:39 : Cyparisse (1687) d’Anselme Flamen
• à 0:41 : Amphitrite tranquille (1652) d’après Michel Anguier
• à 0:43 : Arion (1686-1695) de Jean Raon
• à 0:45 : Bacchus appuyé sur un tronc d’arbre et tenant une grappe de raison à la main (1926) de René Grégoire
• à 0:47 : Le Sanguin (1674-1683) de Noël Jouvenet
• à 0:49 : Pomone (1689) d’Étienne Le Hongre
• à 0:51 : Ino et Mélicerte (1686-1691) de Pierre Granier
• à 0:53 : Hercule Commode du Belvédère (1684-1685) de Noël Jouvenet (d’après l’antique)
• à 0:55 : Personnage romain (statue antique).

Les jardins du château de Versailles
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Écrit par Jean-Pierre Martel


Aperçu de la ville de Versailles (sans le château)

26 décembre 2017

 

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Introduction

Versailles est le nom célèbre d’un château. Mais c’est aussi une ville de plus de 85 000 habitants.

Situé à 17 km au sud-ouest de Paris, Versailles n’était, à l’origine, qu’un village entouré de bois giboyeux et de marécages quand Louis XIII décide en 1624 d’y construire un pavillon qui devint son rendez-vous de chasse préféré.

C’est en 1682 que son fils, Louis XIV, déménage de Paris à Versailles. Cette décision eut un impact considérable sur le village — puis bientôt la ville — de Versailles.

À la mort de Louis XIII, le village comptait mil habitants. À la mort de Louis XIV, la ville en avait trente fois plus.

Après la Révolution, la ville perdit environ la moitié de sa population.

La salle du Jeu de paume (de 0:27 à 0:32)

Le jeu de paume est l’ancêtre de la pelote, du tennis et de tous les sports à raquette. On l’appelle ainsi parce qu’il se pratiquait originellement à main nue (ou ganté de cuir).

La salle du Jeu de paume est située à quelques rues du château de Versailles. Réservée exclusivement à l’usage de la noblesse, elle permettait de pratiquer ce sport à l’abri des intempéries.

Avant la révolution, le haut des murs était foncé (afin de mieux voir les balles) et le plafond était bleu, décoré de fleurs de lys.

En 1789, c’est plutôt dans l’immense salle de l’hôtel des Menus plaisirs, situé plus à l’Est, que Louis XVI avait convoqué les États généraux (le numéro 8 du plan à 0:24).

Mais voulant empêcher le Tiers état et quelques nobles libéraux de se constituer en Assemblée nationale, le roi avait fait fermer cette salle.

Les députés se rabattent alors sur la salle du Jeu de paume. C’est là qu’ils firent, le 20 juin 1789, le serment de ne pas se séparer avant l’élaboration d’une Constitution.

L’évènement a été peint par Jacques-Louis David. De nos jours, une copie en grisaille décore la salle (à 0:32). L’original est au musée de l’Histoire de France (au château de Versailles).

La cathédrale Saint-Louis de Versailles (de 0:33 à 1:18)

Construite de 1743 à 1755 (donc sous Louis XV), cette église a été conçue par l’architecte Jacques Hardouin-Mansart. C’est un lieu d’un raffinement exquis.

Sa façade s’inspire indirectement de celle de l’église du Gesù à Rome et, de manière plus immédiate, de l’église Notre-Dame de Versailles (que nous verrons plus loin).

Contrairement à l’architecture religieuse médiévale — qui accordait une place évidente aux tours de façade — celles de Saint-Louis sont basses et semblent en retrait.

Ses clochers sont surmontés de toits en forme de bulbe d’ognon. Ces toits — qui rappellent ceux des églises d’Europe centrale — sont un clin d’œil de l’architecte à Marie Leszczynska (1703-1768), cette princesse polonaise qui avait épousé Louis XV en 1725.

L’église Notre-Dame, construite un demi-siècle plus tôt, et l’église Saint-Louis font symétrie. Elles sont situées presque dans le même axe, de part et d’autre de l’avenue de Paris (les numéros 11 et 4 du plan à 0:24).


Note : Pour consulter un guide illustré des termes techniques d’architecture religieuse, on cliquera sur ceci.

 
La nef est formée d’un vaisseau central flanqué de deux bas-côtés.

Aussi élevés que le vaisseau central, les bras du transept traversent les bas-côtés mais font peu irruption sur les côtés externes de l’église. La croisée du transept est surmontée d’un dôme.

Le chœur est entouré d’un déambulatoire qui prolonge les bas-côtés. Celui-ci traverse la chapelle axiale, dédiée à la Vierge, qui est en saillie vers l’extérieur.

À la Révolution, l’église fut fermée au culte et devint un temple de l’Abondance. L’orfèvrerie de son Trésor fut envoyée à la Monnaie, ses cloches fondues et ses tableaux, réquisitionnés. Toutefois, la majorité de ces derniers ont retrouvé depuis leur place originelle.

En 1795 — un mois après l’adoption du système métrique — l’église Saint-Louis est rouverte au culte. Deux ans plus tard, elle est promue au rang de cathédrale.

C’est au XIXe siècle que les verrières claires de l’église furent remplacées par des vitraux.

Les vitraux centraux du chœur (à 0:42) sont de l’Atelier Lobin de Tours (1853). De gauche à droite, ils représentent saint Louis, le Sacré-Cœur et saint Julien.

À 0:43, nous voyons le monument à Charles-Ferdinand de Bourbon, duc de Berry, mort assassiné en 1820 au sortir de l’Opéra. La sculpture en marbre blanc a été exécutée l’année suivante par James Pradier.

La chaire (à 0:45) date de la construction de l’église.

Au fond du bras droit du transept, dans la chapelle de la Nativité, la toile L’Adoration des bergers (1761) est de Jean II Restout (à 0:47).

Les deux confessionnaux qu’on voit de 0:49 à 0:52 sont du XVIIIe siècle. En chêne, le deuxième a été réalisé vers 1770-1780 à partir d’un dessin de Louis-François Trouard.

Au-dessus de l’autel de la chapelle de la Compassion, située dans le bras gauche du transept, la toile Déposition de Croix (1761) est de Jean-Baptiste Marie Pierre. Sur cette même photo, du côté droit, la chaire épiscopale en chêne date du milieu de XIXe siècle.

Au fond de l’église, la chapelle axiale (de 0:55 à 1:08) est dédiée à la Vierge. À part l’autel en marbre, tout le décor y a été refait de 1840 à 1848 à la suite de la deuxième pandémie de choléra qui frappa la France en 1832. (Note : cette épidémie tua 1 200 personnes cette année-là à Montréal).

En entrant à gauche, La Vierge donnant le rosaire à saint Dominique (à 0:59) est en terre cuite — recouverte de stuc poli à la cire d’abeille par l’entreprise parisienne Henry Bex — tout comme son vis-à-vis, Apparition du Sacré-Cœur à Marguerite-Marie Alacoque (à 1:07). Tous deux datent du milieu de XIXe siècle.

De chaque côté de l’autel, les vitraux L’Annonciation (à 1:01) et L’Assomption (à 1:05) ont été réalisés en 1847 par la manufacture nationale de Sèvres à partir des cartons d’Achille Devéria.

Ce furent parmi les derniers exemples de vitraux exécutés par cette entreprise qui appliqua, pour l’occasion, une technique utilisée pour la peinture sur porcelaine.

Son autel est surmonté de La Vierge à l’Enfant (à 1:03), une sculpture en marbre de 1837 de Dominique Malknecht, entourée d’une nuée dorée d’angelots.

Le chemin de la Croix (à 1:09) a été réalisé vers 1860 par la Maison Cotelle.

Les fenêtres de toutes les chapelles latérales sont décorées de vitraux créés de 1853 à 1858 par l’Atelier Lobin, de Tours et, à partir de 1858, par l’Atelier Gsell et Laurent, de Paris.

Ces vitraux adoptent un schéma analogue : des motifs géométriques ou floraux au centre desquels se trouve un médaillon à l’effigie du saint à qui la chapelle est dédiée. Comme, par exemple, le vitrail représentant saint François de Sales (à 1:11), dans la chapelle à son nom.

Le haut du dossier des bancs (à 1:13) est plat de manière à aider les fidèles agenouillés sur la pierre à y déposer les bras et à servir d’appui pour se redresser.

De 1:15 à 1:18, l’orgue de 1761 est de Louis-Alexandre Clicquot. Il a été restauré à plusieurs reprises depuis.

Érigée en 1764 sur la place de la cathédrale, une fontaine publique alimentait le quartier en eau potable (à 1:19).

Entre les églises Saint-Louis et Notre-Dame

La rue de Satory (de 1:23 à 1:32) n’est pas la plus importante rue commerciale de Versailles, mais c’est celle où les visiteurs du château trouveront le plus facilement de quoi se sustenter.

À 1:35, il s’agit de l’Hôtel de la préfecture des Yvelines, construit de 1863 à 1866 par Amédée Manuel. Il fut occupé par l’état-major prussien en 1870.

À 1:39, voici la chapelle du lycée Hoche, construite de 1767 à 1772 sur un lot ayant appartenu à Madame de Montespan, maitresse de Louis XIV. Originellement, c’était l’église du Couvent des Augustine de Versailles.

À 1:45, nous apercevons le Marché Notre-Dame, créé en 1671 par Louis XIV dans le but d’assurer le bon approvisionnement en vivres de la ville. Il fut déplacé à son emplacement actuel en 1725.

À 1:51, c’est l’église Sainte-Jeanne-d’Arc de Versailles, construite de 1923 à 1926 par Albert Guilbert.

À 1:57, voici le musée de la ville de Versailles, aménagé dans un hôtel Lambinet, construit par Élie Blanchard en 1751.

L’église Note-Dame de Versailles (de 2:07 à 2:59)

Construite de 1684 à 1686 par Jules Hardouin-Mansart — le grand-père de l’architecte de l’église Saint-Louis de Versailles — l’église Notre-Dame fut longtemps la véritable église paroissiale du château.

En d’autres mots, si la noblesse n’hésitait pas à assister à la messe quotidienne ou à prier dans la chapelle interne du palais (qui occupa différents lieux), c’est à l’église Notre-Dame qu’étaient célébrés officiellement les baptêmes, les mariages et les décès.

La façade de l’église est de style baroque romain. Elle est ornée des statues allégoriques de la Foi et de l’Espérance, nichées respectivement à gauche et à droite de la porte principale. Ces statues sont du XVIIIe siècle.

Si la ville de Paris possède une horloge publique depuis 1371, celle de l’église Notre-Dame est plus récente.

Depuis 1687, l’orgue du facteur Julien Tribuot était logé dans un buffet blanc et or d’Antoine Rivet. Cet orgue fut remplacé en 1868 par l’orgue actuel, tellement gros qu’il masque complètement la verrière derrière lui.

Lorsqu’on ajouta une horloge à la façade, celui-ci cachait la moitié de la verrière. Cela n’avait plus d’importance puisque cette verrière était devenue inutile.

Originellement, les chiffres noirs de l’horloge se distinguaient sur fond blanc. Puis, pour faire plus ‘Ancien Régime’, on eut l’idée de dorer les chiffres romains et de peindre le cadran en bleu (comme sur la page titre de ce diaporama).

Depuis quelques années, ce fond est peint brun chocolat au lait afin de s’harmoniser avec la couleur de la pierre de la façade (à 2:10).

Les plans de l’église Notre-Dame et de Saint-Louis de Versailles sont assez semblables avec deux différences notables : la cathédrale Saint-Louis est plus longue de deux travées (une avant et l’autre au-delà du transept) et la chapelle axiale — ajoutée à l’église Notre-Dame de 1858 à 1873 — se greffe ici au déambulatoire mais est traversée par celui-ci à Saint-Louis.

Pendant la Révolution, l’église fut pillée et presque complètement vidée de son mobilier et de ses décorations. Pour quelques années, elle devient le temple de la Raison.

Rouverte au culte en 1795, l’église s’est peu à peu remeublée et redécorée.

La plupart des vitraux ont été créés par les Ateliers Lorin, de Chartres. Après Le Couronnement de la Vierge (à 2:14) situé au centre, au-dessus du chœur, le diaporama présente presque tous les vitraux de l’église, dans l’ordre d’une visite débutant par l’entrée droite de l’église.

Au passage, signalons :
• la chaire originelle de l’église (de 2:22 à 2:25) créée par Simon Hurtel en 1686
• l’autel de la chapelle du Christ, situé dans le bras droit du transept, surmonté du retable Le Christ en croix. Le crucifix est en marbre. Les statues de Marie et de saint Jean sont en terre cuite recouverte de stuc blanc (à 2:26), le tout surmonté d’un vitrail (à 2:28)
• la chapelle axiale, consacrée au Sacré-Cœur (de 2:34 à 2:39)
• l’autel de la chapelle de la Vierge Marie, situé dans le bras gauche du transept, surmonté du retable Marie, reine du monde, en terre cuite recouverte de stuc blanc (à 2:46), le tout surmonté d’un vitrail (à 2:48)
• le cénotaphe (à 2:54) du comte de Vergennes, signataire pour la France du traité de Versailles. Intervenu entre la France, l’Espagne et la Grande-Bretagne, ce traité accordait notamment l’indépendance aux États-Unis. Ce monument a été ajouté à l’église en 1818.

Divers et conclusion

À 3:03, c’est le temple de l’Église protestante unie, construit en 1882.

Le diaporama se termine par l’hôtel de ville (à 3:17), inauguré en 1900.

En conclusion, le visiteur pressé réservera son voyage à Versailles à la visite exclusive du château. Mais celui qui a quelques heures de libres trouvera avantageux de profiter de son déplacement dans cette ville charmante pour s’y promener.


Détails techniques : Le diaporama contient 95 photos prises à l’aide d’un appareil Olympus OM-D e-m5.

En ordre décroissant, les objectifs utilisés furent le M.Zuiko 12-40 mm F/2,8 (65 photos), PanLeica 25 mm F/1,4 (27 photos), M.Zuiko 75 mm F/1,8 (2 photos ) et le M.Zuiko 7-14 mm F/2,8 (1 photo)


Liste des diaporamas de Paris :
Le Premier arrondissement de Paris — 1re partie
Le Louvre (ou Premier arrondissement — 2e partie)
Le Premier arrondissement de Paris — 3e partie
Aperçu du deuxième arrondissement de Paris
Aperçu du troisième arrondissement de Paris
Aperçu du quatrième arrondissement de Paris — 1re partie
Aperçu du quatrième arrondissement de Paris — 2e partie
Le Cinquième arrondissement de Paris — 1re partie
Le Cinquième arrondissement de Paris — 2e partie
Le Cinquième arrondissement de Paris — 3e partie
Le Sixième arrondissement de Paris
Le Septième arrondissement de Paris
Le Huitième arrondissement de Paris
Le Neuvième arrondissement de Paris
Le Douzième arrondissement de Paris
Le Treizième arrondissement de Paris
Le Quatorzième arrondissement de Paris
Le Quinzième arrondissement de Paris
Le Seizième arrondissement de Paris
La Défense
La basilique Saint-Denis
• Aperçu de la ville de Versailles (celui-ci)

Aperçu de la ville de Versailles (sans le château)
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Écrit par Jean-Pierre Martel


La basilique Saint-Denis

13 décembre 2017

 

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Histoire

La basilique Saint-Denis n’est pas seulement nommée en l’honneur de saint Denis; elle est intimement liée à l’histoire de son patron et plus précisément, à la légende qui l’entoure.

Les faits sont simples : Denis est le premier évêque de Lutèce (c’est-à-dire de Paris), mort décapité vers l’an 250.

Contrairement à ce qu’on affirme souvent, le lieu de son martyr et de sa décapitation n’est pas Montmartre (en latin, monts Martyrum), mais plutôt le monticule de Montjoie, aujourd’hui aplani, situé entre Montmartre et Saint-Denis.

Écrite quatre siècles après sa mort, sa légende veut qu’aussitôt décapité, l’évêque Denis se lève, prenne sa tête, et marche cinq kilomètres vers le nord, pour s’écrouler finalement au lieu précis où il souhaitait être enterré.

Et c’est sur ce lieu qu’on éleva d’abord un monastère doté d’une modeste chapelle.

Reconstruite de 1137 à 1281, la basilique Saint-Denis n’est pas la première église de style gothique. Ce titre revient à la cathédrale Saint-Étienne de Sens.

Toutefois le prestige de la basilique a fait rayonner dans toute l’Europe ce style architectural (appelé originellement art francilien).

Saint-Denis, nécropole des rois de France

Même si on trouve à la basilique des monuments qui honorent divers rois mérovingiens, le seul à y avoir été réellement enterré fut le roi Dagobert (celui qui, selon la chanson, aurait mis sa culotte à l’envers).

La coutume des rois francs de choisir Saint-Denis comme lieu de sépulture débute avec les rois carolingiens. En effet, avant Charlemagne, cette dynastie est en quête de légitimité puisqu’elle est née du fils bâtard d’un prince franc.

La coutume devient à peu près définitive avec les rois capétiens. Se faire ensevelir près de la dépouille de saint Denis devient une manière d’invoquer sa protection éternelle.

Au fil des siècles et des dons royaux, la modeste église de l’abbaye Saint-Denis s’est transformée en une basilique faisant office de nécropole des rois de France.

Aujourd’hui, la basilique présente la plus remarquable collection d’art funéraire en Occident.

On y trouve des dalles, des gisants (sculptures à plat-dos sur des tombes), des transis (sculptures représentant la dépouille nue), les priants, des monuments de cœur (vases contenant le cœur d’un décédé, posés généralement au haut d’une colonne), des arcs de triomphe (combinant transis et priants), des monuments prenant l’aspect d’un autel, etc.

Il est à noter qu’il ne suffit pas que le sujet d’une sculpture ait les mains jointes pour être un priant; il doit le faire à genoux.

De nos jours, on pénètre dans la basilique par une porte située à la droite de la nef. Dans le diaporama, les photos sont ordonnées comme si on visitait la basilique en entrant par son portail de droite et en ressortant par le portail de gauche après en avoir fait le tour. On trouvera en annexe la liste des monuments funéraires qui font partie du diaporama.

Les dernières images sont celles de la crypte.

À la Révolution, les sépultures royales ont été profanées. De plus, en 1794, les vitraux originaux ont été détruits afin que leur plomb serve à faire des balles.

C’est Bonaparte qui ordonnera la restauration de l’église dont l’intérieur était soumis aux intempéries.

Au-delà des monuments funéraires

Le portail de droite (à 0:26) représente l’évêque Denis condamné (à droite) puis conduit au supplice (accompagné de Rustique et Éleuthère) après avoir reçu la communion des mains du Christ.

À 1:04, il s’agit des vitraux de l’abside (XIXe siècle).

À 1:38, les stalles du chœur proviennent de la chapelle du château de Gaillon, en Normandie. Elles datent du XVIe siècle et représentent des scènes de la vie de Jésus de Nazareth, de la Vierge et de martyrs.

Construit de 1834 à 1840, l’orgue de la basilique fut le premier fabriqué par Cavaillé-Coll, alors âgé de vingt-trois ans (à 1:48).

Conclusion

Facilement accessible par le métro, la basilique Saint-Denis mérite d’être davantage fréquentée.

Organisées deux fois par jour, les visites guidées sont sous la responsabilité d’experts particulièrement intéressants.

Si les images de ce diaporama vous plaisent, rappelez-vous que rien ne remplace l’émotion de se trouver dans un tel lieu, chargé d’histoire.


Détails techniques : Le diaporama contient 65 photos dont 50 prises à l’aide d’un appareil Olympus OM-D e-m5 équipé d’un objectif M.Zuiko 12-40 mm F/2,8 et 15 photos prises à l’aide d’un Canon Powershot G6


Liste des diaporamas de Paris :

Le Premier arrondissement de Paris — 1re partie
Le Louvre (ou Premier arrondissement — 2e partie)
Le Premier arrondissement de Paris — 3e partie
Aperçu du deuxième arrondissement de Paris
Aperçu du troisième arrondissement de Paris
Aperçu du quatrième arrondissement de Paris — 1re partie
Aperçu du quatrième arrondissement de Paris — 2e partie
Le Cinquième arrondissement de Paris — 1re partie
Le Cinquième arrondissement de Paris — 2e partie
Le Cinquième arrondissement de Paris — 3e partie
Le Sixième arrondissement de Paris
Le Septième arrondissement de Paris
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Le Neuvième arrondissement de Paris
Le Douzième arrondissement de Paris
Le Treizième arrondissement de Paris
Le Quatorzième arrondissement de Paris
Le Quinzième arrondissement de Paris
Le Seizième arrondissement de Paris
La Défense, à Paris
• La basilique Saint-Denis (celui-ci).

Détails techniques des photos ci-dessus : Olympus OM-D e-m5, objectif M.Zuiko 12-40mm F/2,8
à gauche : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 250 — 19 mm
à droite : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 1250 — 21 mm

Toutes deux prises à la cathédrale Notre-Dame de Paris, la photo de gauche est un détail du portail de la Vierge alors que la deuxième a été prise dans le Trésor de cette église.

Liste des monuments funéraires du diaporama :

• Charles, duc d’Orléans (1394-1465), de Louis, duc d’Orléans (1372-1407), de Valentine Visconti (1366-1408) et de Philippe, comte de Vertus (1396-1420). La table de marbre est décorée de vingt-quatre statuettes d’apôtres et de saints (à 0:30).
• François Ier (1494-1547). Monument de cœur à 0:32.
• François Ier (1494-1547) et Claude de France (1499-1524). Arc de triomphe à 0:36. Couple royal transi à l’intérieur (à 0:38) et priant sur la plateforme, accompagnés de trois de leurs enfants.
• Clovis Ier (635-657, au premier plan) et Charles Martel (685-741, à l’arrière-plan). Gisants à 0:42.
• François II (1544-1560). Monument de cœur, à gauche dont le vase a disparu (à 0:44).
• de l’avant vers l’arrière, à 0:46 : Jeanne de Bourbon (1338-1377), Charles V (1364-1380), Bertrand Du Guesclin (1320-1380), Louis de Sancerre (1342-1402), Charles VI dit le Fou (1368-1422) et Isabeau de Bavière (1371-1435). À 0:48, ce sont les deux premiers sous un autre angle.
• Dagobert (603-639), à 0:52.
• Louis XVI (1754-1793) et Marie-Antoinette (1755-1793). Priants à 0:54.
• lionceaux réchauffant les pieds du gisant de Léon VI de Lusignan (1342-1393), roi d’Arménie, à 0:56.
• Robert II d’Artois (1250-1302), gisant à 1:06.
• Frédégonde (545-597) à 1:08. Dalle cloisonnée. À l’origine, le visage, les mains et les pieds de la reine de Soissons et de Neustrie étaient peints.
• Henri II (1519-1559) et Catherine de Médicis (1519-1589), gisants à 1:10.
• Henri II et Catherine de Médicis, de nouveau. Monument en forme de temple antique décoré aux angles de quatre vertus en bronze (à 1:12). Couple royal transi à l’intérieur (à 1:16) et priant sur la plateforme (à 1:18). Devenue régente du royaume, Catherine de Médicis a fait refaire son transi, le jugeant trop réaliste.
• Louis XII (1462-1515) et Anne de Bretagne (1499-1514). Temple à l’antique entouré des douze apôtres et, aux angles, des quatre vertus cardinales. Couple royal transi à l’intérieur et priant sur la plateforme.
• Henri III (1551-1589). Monument de cœur à 1:42.
• Henri IV (1553-1610). Monument dans la crypte, à 2:01.
• Louis XV (1710-1774). Monument dans la crypte, à 2:05.
• ossuaire à 2:08
• saint Denis, dont le sarcophage vide est au premier plan de la crypte archéologique (à 2:12).

La basilique Saint-Denis
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Écrit par Jean-Pierre Martel


La Défense, à Paris

5 décembre 2017

 

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Ce qu’on appelle La Défense est un immense complexe d’affaires débuté en 1959 et qui emploie aujourd’hui 30 000 personnes réparties dans 71 tours.

À elle seule, elle offre le septième de tout l’espace à bureau de l’agglomération parisienne.

Mais ce n’est pas seulement cela puis qu’on y trouve également un centre commercial (Les Quatre temps – de 0:37 à 1:04), l’église Note-Dame de Pentecôte (à 1:18), 2 000 chambres d’hôtel, et 950 000 m² de logements.

Techniquement, la Défense n’est pas située dans la ville de Paris, mais dans plusieurs petites municipalités de l’ouest de l’agglomération parisienne.

Le nom du quartier vient de la statue La Défense de Paris, érigée en 1883 à la gloire des soldats ayant défendu la ville durant la guerre franco-allemande de 1870 (à 0:23).

Construite en 1989, sa grande arche carrée (à 1:21), revêtue de marbre blanc, est l’œuvre de l’architecte danois Otto von Spreckelsen.

Parmi sa soixantaine de sculptures d’art contemporain, mentionnons la Cheminée de Raymond Moretti (à 0:07), la fontaine colorée de Yaacov Agam (à 0:20), Les hommes de la cité de F. et H. Siptrott (à 0:32), L’Araignée rouge d’Alexander Calder (à 0:34), et Deux personnages fantastiques de Joan Miró (à 0:38).


Détails techniques : Le diaporama contient 32 photos et trois clips vidéos pris à l’aide d’un appareil Olympus OM-D e-m5. Les objectifs furent M.Zuiko 12-40 mm F/2,8 (31 photos) et le PanLeica 25 mm F/1,4 (1 photo).


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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le Seizième arrondissement de Paris

28 novembre 2017

 

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Grâce à la taille du Bois de Boulogne (7,91 km²), le 16e arrondissement est un des deux plus vastes de Paris. En descendant la Seine (donc vers l’ouest), c’est le dernier sur la droite.

Surtout résidentielle et bourgeoise, cette partie de la ville est le site de plus de 75 ambassades et de plusieurs parmi les plus beaux musées de Paris.

Notre visite commence au Jardin d’Acclimatation (de 0:06 à 0:49) situé dans le Bois de Boulogne.

Pourquoi ce nom ? À l’origine, il s’agissait d’un jardin zoologique favorisant l’introduction, l’adaptation et la domestication d’espèces animales. Ces animaux ‘acclimatés’ provenaient de la ménagerie du Jardin des Plantes, devenue trop exigüe.

À son ouverture en 1860, le Jardin zoologique d’Acclimatation devenait le premier parc de loisirs créé en France.

On y présente toujours quelques dizaines d’espèces de mammifères et d’oiseaux. Mais ce jardin s’est transformé en parc d’attractions offrant une grande variété d’activités.

Les anciennes Grandes Écuries (de 0:10 à 0:13) abritent de nos jours le Centre équestre du Jardin et le Théâtre de Guignol (dont la programmation change approximativement aux vingt jours).

À deux pas, la Fondation Louis-Vuitton (de 0:50 à 1:30) est un des plus photogéniques musées d’art contemporain au monde. Son prix d’entrée comprend celui du Jardin d’Acclimatation.

De 1:31 à 1:42, nous avons un aperçu du Bois de Boulogne proprement dit. Celui-ci a été aménagé comme un parc à l’anglaise sous Napoléon III. Cela nécessita la plantation de 400 000 arbres d’espèces variées.

De 1:47 à 2:35, nous visitons le musée Dapper, véritable trésor de la culture africaine noire. Certaines de ses pièces remontent à aussi loin que le XIIe siècle. Ce qui en fait un centre mondial de recherche ethnographique.

Pourtant, le visiteur a l’impression que ces œuvres ont été choisies pour leur esthétique tellement elles sont séduisantes.

À 2:37, il s’agit de l’église Saint-Pierre-de-Chaillot, édifiée de 1931 à 1938.

Construit en 1892, le Palais Galliera (de 2:39 à 2:44) abrite le musée de la Mode et du Costume.

De 2:45 à 3:01, nous voyons le Palais de Tokyo, construit en 1937. Son aile orientale abrite le musée d’Art moderne de la ville de Paris. Son aile occidentale est un site de création contemporaine.

Le musée national des Arts asiatiques Guimet (de 3:02 à 4:37) présente une des plus importantes collections au monde d’Art asiatique, de l’Inde au Japon.

L’idée de départ de son fondateur, l’industriel et mécène Émile Guimet, était de comparer les styles des œuvres religieuses. Depuis, au fil des donations et des acquisitions, le musée a élargi sa couverture à l’ensemble des arts de cette partie du monde.

Tout comme le Palais de Tokyo, le Palais de Chaillot fut construit pour l’Exposition internationale des arts et des techniques de 1937.

Séparées par une terrasse (à 7:49), ses ailes courbes de 195 mètres de long se déploient vers la Tour Eiffel, située de l’autre côté de la Seine.

Dans son aile orientale, on trouve la Cité de l’architecture et du patrimoine (de 4:38 à 6:31). Celle-ci expose principalement 400 moulages et maquettes d’Art religieux médiéval. Sans quitter les lieux, le visiteur peut apprécier à hauteur des yeux (ou presque) un grand nombre de chefs-d’œuvre dont les originaux sont dispersés sur tout le territoire français.

On y trouve également (de 6:22 à 6:31) une copie à l’échelle d’une unité d’habitation du complexe de la Cité radieuse, construit à Marseille de 1945 à 1952 par Le Corbusier.

L’aile occidentale du Palais de Chaillot abrite deux musées : le musée de l’Homme (de 6:32 à 7:05) et le musée de la Marine. Ce dernier retrace l’histoire de la marine française (de 7:06 à 7:47).

Au pied de la terrasse du Palais de Chaillot, en pente douce, les jardins du Trocadéro (de 7:48 à 8:03) sont agrémentés de jeux d’eau et de sculptures.

Dans la partie orientale de ces jardins, on trouve l’Aquarium de Paris (de 8:06 à 8:34).

De 8:35 à 8:48, il s’agit du cimetière de Passy où sont inhumées plusieurs personnalités célèbres dont Fernandel, Gabriel Fauré, Debussy, Édouard Manet, la famille du parfumeur Guerlain, de même que celle du carrossier Renault.

Pour terminer, de 8:57 à 9:03, voici un aperçu de l’église Notre-Dame-d’Auteuil, construite de 1877 à 1892.


Détails techniques : Le diaporama contient 200 photos et quinze clips vidéos pris à l’aide d’un appareil Olympus OM-D e-m5.

En ordre décroissant d’utilisation, les objectifs furent le M.Zuiko 12-40 mm F/2,8 (143 photos), le PanLeica 25 mm F/1,4 (38 photos), l’hypergone M.Zuiko 8 mm F/1,8 (10 photos), le M.Zuiko 7-14 mm F/2,8 (4 photos), le M.Zuiko 75 mm F/1,8 (4 photos) et le Lumix 7-14 mm (1 photo).


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Écrit par Jean-Pierre Martel


L’église Saint-Léon-de-Westmount

20 septembre 2017
Vue extérieure

Historique

Construite originellement de 1901 à 1903 d’après les plans de l’architecte Georges-Alphonse Monette, l’église Saint-Léon-de-Westmount fut la première église destinée aux Catholiques domiciliés à l’ouest de l’agglomération montréalaise.

À l’origine, l’église servait de lieu de culte à la fois aux Francophones et aux Anglophones catholiques de la paroisse. Ces derniers se doteront de leur propre église, non loin, en 1926.

Pour l’archevêché de Montréal, placer cette nouvelle église sous le patronage de Léon Ier (dit le Grand), pape de 440 à 461, était une manière de défier publiquement le culte protestant, déjà très présent dans cette partie de l’ile, qui remet en cause l’autorité papale.

En forme de croix grecque, l’église originelle s’avéra rapidement trop petite. En triplant la longueur de sa nef, l’église adopta en 1920 sa forme définitive d’une croix latine.

Les travaux d’agrandissement furent confiés au même architecte.

Note : Pour consulter un guide illustré des termes techniques d’architecture religieuse, on cliquera sur ceci.

Extérieur

Façade de l’église

Alors que l’ancienne façade triangulaire était surmontée d’un clocheton, la nouvelle donne accès à un vestibule en saillie surmonté d’une balustrade (ce que n’avait pas l’église originelle).

À droite de ce vestibule (ou narthex), se dresse un campanile (il s’agit d’un clocher indépendant ou annexé au bâtiment principal d’une l’église).

Un motif en damier décore l’extérieur du narthex et du campanile. Ce motif est obtenu par l’alternance de pierres lisses et de pierres martelées.

Au toit du campanile, les quatre coins se prolongent de gargouilles (à peine visibles sur la première photo) qui servent, comme toute gargouille, à évacuer l’eau de pluie.

Les maitres-artisans

La décoration intérieure fut confiée en 1928 au peintre et verrier montréalais Guido Nincheri. Celui-ci était d’origine florentine. Pendant plus de trente ans, celui-ci s’affaira à cette église qui constitue son chef-d’œuvre.

Tout fut conçu par Nincheri. En plus de la conception, il peignit lui-même les fresques et son atelier montréalais réalisa les vitraux.

Le travail du bois — les stalles du chœur, la balustrade du jubé, les portes du narthex — fut confié au Montréalais d’origine florentine Alviero Marci.

Le bronze — les portes des confessionnaux, celles de la balustrade du chœur, le chemin de croix — fut coulé à Florence à partir des moules exécutées à Montréal par Federico Sciortino.

Tout le marbre sculpté fut importé de Florence.

Le mobilier liturgique en marbre — les autels, la chaire, la balustrade du chœur et les confessionnaux — furent exécutés par L’Arte del Marmo (ou Atelier de marbre) de Florence.

Les statues en marbre furent sculptées par Pasquale Sgandurra, un confrère de Nincheri à l’Académie des Beaux-Arts de Florence.

La décoration intérieure

Intérieur de l’église

L’église est dite de style néoroman en raison de ses arches semi-circulaires et de son campanile, typique de certaines églises italiennes du VIe siècle. Elle a toutefois un ampleur que n’aurait pas une église du haut Moyen Âge.

À gauche du chœur, une porte étroite donne accès à la sacristie. Celle à droite donne accès à la chapelle des Mariages et au baptistère.

Le vaisseau central est surmonté d’une voute en berceau reposant sur les piliers qui délimitent des bas-cotés servant d’allées latérales.

Les murs sont nus alors que toute la voute est décorée de fresques peintes par Nincheri de 1933 à 1937.

Très rarement utilisé en Amérique du Nord, l’art de la fresque consiste à peindre directement sur le plâtre frais, plutôt que sur une toile qui est ensuite collée sur les parois.

Tout comme les stalles du chœur, les bancs sont en noyer du Honduras, une espèce végétale aujourd’hui disparue.

Les allées sont revêtues de marbre polychrome. Sous les bancs, le sol est en terrazzo.

Nef près de la rencontre avec le transept

Commandés en 1925, l’autel et la chaire furent les premiers éléments du nouveau décor. Ils furent installés en 1927.

L’autel est entouré de stalles que le Florentin Alviero Marci, immigré à Montréal en 1935, s’affaira à sculpter pendant une décennie.

Située à gauche, dans le chœur, la chaire est le seul élément important qui brise la rigoureuse symétrie intérieure de l’église.

Installée en 1939, la balustrade du chœur (ou table de communion) est également en marbre. Elle est fermée par des portes en bronze.

Bras gauche du transept
Chapelle absidiale dans le bras gauche du transept

Les bras du transept sont peu profonds. Cela donne une idée de la faible capacité de l’église avant son agrandissement.

Au fond des bras du transept, au-dessus des vitraux, sont représentés des groupes d’anges. Juste en dessous des vitraux s’alignent les plaques en bronze du chemin de croix.

Le bas des murs est décoré depuis 1933 de lambris en mosaïque de Florence.

Dans les coins du transept, on trouve deux chapelles absidiales (du côté du chœur) et deux confessionnaux (du côté de l’entrée) en marbre blanc. Tous ces éléments sont surmontés de statues.

Les sculptures des chapelles absidiales représentent la Vierge (bras gauche du transept) et saint Joseph portant l’Enfant Jésus endormi (bras droit du transept).

Les sculptures au-dessus des confessionnaux représentent sainte Anne et saint Jean Baptiste. Chacune des portes en bronze qui clôt l’endroit où prend place le confesseur pèse 136 kg,

Voute de la croisée du transept

La fresque qui orne la croisée du transept représente Dieu, entouré des symboles des quatre évangélistes, de personnages religieux et d’anges.

De chaque côté, au centre du bandeau jaunâtre qui décore le début de chaque bras du transept, on remarquera les quatre chevaliers de l’Apocalypse, représentés deux par deux, et caractérisés par la couleur de leur monture.

Arrière de l’église

Trois orgues se sont succédé à cette église. D’abord un Casavant de 16 jeux (de 1909 à 1942). Puis un autre, d’une quarantaine de jeux, de la maison Odilon Jacques, rapidement jugé insatisfaisant (de 1942 à 1995). Finalement, un orgue de 32 jeux du facteur Guilbault-Thérien, de Mascouche.

En peuplier peint, le buffet de l’orgue a été dessiné par Alain Fournier.

Sorties

La balustrade du jubé est ornée de musiciens et de choristes.

Bénitiers

Arrivées en 1958, les bénitiers furent les derniers de la décoration de l’église.

Détail des portes du narthex

Le narthex est séparé de la nef par des portes de bois.

Les portes latérales représentent les vices et les vertus (ci-dessus). Les portes centrales représentent saint Georges et trois archanges (Gabriel, Michel et Raphaël).

Vitraux du bras droit du transept (Le péché originel)
Détail des vitraux du bras droit du transept
La Nativité
La Présentation de Jésus au temple
L’Enfance du Christ
Le Dimanche des Rameaux
Vitraux du bras gauche du transept (La Passion et la Résurrection)

Guido Nincheri créera les vitraux de l’église de 1930 jusqu’au milieu des années 1950. Ils sont parmi les plus remarquables vitraux au monde.

Conclusion

Véritable œuvre d’Art, l’église Saint-Léon-de-Westmount est une des plus belles églises de Montréal.

Ouverte à longueur d’année, cette église est située quelques rues à l’ouest de la station de métro Atwater.

Réputée pour son acoustique, cette église mérite le déplacement.

Références :
À la découverte de l’église Saint-Léon de Westmount
Église Saint-Léon de Westmount
Genèse de l’église Saint-Léon de Westmount

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, hypergone 8 mm F/1,8 (3e, 4e et 7e photos), objectifs M.Zuiko 7-14 mm F/2,8 (5e photo), M.Zuiko 12-40 mm F/2,8 (1re, 2e et 8e photos), M.Zuiko 25 mm F/1,2 (6e, 9e, 10e et 11e, 12e et 18e photos) et M.Zuiko 75 mm F/1,8 (13e, 14e, 15e, 16e et 17e photos)
  1re photo : 1/2000 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 12 mm
  2e  photo : 1/1250 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 12 mm
  3e  photo : 1/80 sec. — F/1,8 — ISO 2500 — 8 mm
  4e  photo : 1/80 sec. — F/1,8 — ISO 2500 — 8 mm
  5e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 2500 — 7 mm
  6e  photo : 1/80 sec. — F/1,2 — ISO 640 — 25 mm
  7e  photo : 1/60 sec. — F/1,8 — ISO 2500 — 8 mm
  8e  photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 6400 — 12 mm
  9e  photo : 1/80 sec. — F/1,2 — ISO 1250 — 25
10e  photo : 1/60 sec. — F/1,2 — ISO 500 — 25 mm
11e  photo : 1/60 sec. — F/1,2 — ISO 1600 — 25 mm
12e  photo : 1/100 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 25 mm
13e  photo : 1/320 sec. — F/1,8 — ISO 200 — 75 mm
14e  photo : 1/320 sec. — F/1,8 — ISO 200 — 75 mm
15e  photo : 1/200 sec. — F/1,8 — ISO 200 — 75 mm
16e  photo : 1/160 sec. — F/1,8 — ISO 400 — 75 mm
17e  photo : 1/640 sec. — F/1,8 — ISO 200 — 75 mm
18e  photo : 1/320 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 25 mm

L’église Saint-Léon-de-Westmount
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Écrit par Jean-Pierre Martel


Les boules multicolores du Village gai

18 septembre 2017
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Dimanche matin, en terminant la rédaction du texte au sujet de la rue Amherst, il m’est venu à l’idée de l’accompagner d’une photo d’une plaque au nom de cette rue.

En revenant vers le métro, j’ai emprunté la partie de la rue Sainte-Catherine qui traverse le quartier gai de Montréal.

Durant l’été depuis 2011, des boules roses y sont suspendues au-dessus de la chaussée.

Mais cette année, on a plutôt décidé d’utiliser les dix-huit nuances de l’arc-en-ciel du drapeau LGBT.

Grâce à une passerelle aérienne aménagée près de la rue Papineau, il est possible d’avoir cette vue à vol d’oiseau d’une partie du spectre de ces boules.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectif M.Zuiko 12-40mm F/2,8 — 1/640 sec. — F/8,0 — ISO 200 — 35 mm

Les boules multicolores du Village gai
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Écrit par Jean-Pierre Martel


L’église du Très-Saint-Nom-de-Jésus

23 août 2017

Tout comme la basilique Sainte-Sophie de Constantinople, l’église du Très-Saint-Nom-de-Jésus honore un attribut divin.

En effet, la basilique Sainte-Sophie (aujourd’hui désacralisée) n’honorait pas une des saintes portant ce prénom, mais plutôt la Sagesse de Dieu; en grec, sagesse se prononce sofía.

De la même manière, l’église du Très-Saint-Nom-de-Jésus n’honore pas Jésus de Nazareth mais le Nom qu’il porte.

Au début du XXe siècle, la ville de Maisonneuve — qui sera annexée à Montréal en 1918 — connait un boum économique lié au fait que cette municipalité était un paradis fiscal pour les industries manufacturières.

Sa forte croissance démographique incite le clergé catholique à y construire une église en croix latine de la taille d’une cathédrale.

C’est à Charles-Aimé Reeves et Albert Mesnard — associés dans la même firme d’architectes située à quelques rues de là — qu’est confiée la tâche de dresser les plans de l’édifice qui sera construit de 1903 à 1906.

Façade de l’église

L’église occupe une superficie de cinq-mille mètres carrés et sa façade est haute de soixante mètres.

Elle est souvent décrite comme étant de style romano-byzantin. De nos jours, cela n’est pas très évident.

L’extrême sobriété extérieure de l’édifice fait en sorte que la caractérisation du style ne repose sur pas grand-chose.

La plupart des ouvertures (portes et fenêtres) se terminent en demi-lune. C’est probablement ce qui lui vaut d’être dite d’inspiration romane.

Quant à l’influence byzantine, elle reposait sur l’aspect originel des clochers, épousant la forme des mitres des popes orthodoxes.

Depuis, ils ont été remplacés par des clochers pointus.

Nef

La nef se compose d’un large vaisseau central bordé d’étroits bas-côtés qui servent d’allées. Le long de ces allées, les colonnes en bois peintes en faux-marbre sont couronnées de chapiteaux corinthiens plaqués en or 24 carats (comme toute la dorure de l’église).


Note : Pour consulter un guide illustré des termes techniques d’architecture religieuse, on cliquera sur ceci.

Nef à la rencontre du transept

Chaque bras du transept est décoré de trois vitraux surmontés d’une rosace.

Quelques années après l’inauguration, on entreprit un ambitieux programme ornemental confié à Toussaint-Xénophon Renaud qui l’exécuta de 1914 à 1918.

Ce peintre-décorateur avait été formé à l’École des Arts et Métiers de Montréal, formation qu’il avait complétée par des stages en France, en Belgique et en Italie. Élève de l’architecte Napoléon Bourassa, il avait travaillé à la décoration de la chapelle Notre-Dame-de-Lourdes.

Chœur

Dans le chœur, le programme d’embellissement reposait principalement sur deux transformations majeures : l’ajout d’un un orgue et de son buffet sur colonnes enchâssant le maitre-autel, de même que des stalles ajoutées de part et d’autre du chœur. À l’époque, les bancs de la nef étaient de la même couleur foncée que les stalles du chœur.

Inauguré à Pâques 1915, l’orgue Casavant était le plus important à Montréal et le sixième en importance en Amérique du Nord.

Il est en deux parties; un orgue de chœur de 21 jeux situé à droite du maitre-autel (les tuyaux à gauche n’ont qu’une valeur décorative) et un orgue de tribune de 69 jeux situé à l’arrière de l’église. Au total, ces 90 jeux mettent en œuvre 6 500 tuyaux.

Cette disposition particulière permet des jeux d’écho et de réponse stéréophonique qui offrent un large éventail de moyens expressifs.

Dans le chœur, le buffet d’orgue a été dessiné par l’architecte Joseph-H. Caron et réalisé par les menuisiers de Louis Caron & Fils (de Nicolet). Le tout a été peint sur place sous la direction de Toussaint-Xénophon Renaud.

La Pentecôte, au-dessus du maitre-autel

La toile au-dessus du maitre-autel serait du peintre montréalais Georges Delfosse.

La Resurrection de T.X. Renaud, dans le bras droit du transept
Fresque à la croisée du transept

À la croisée du transept, la fresque Le Père éternel fut restaurée en 2015 par l’artiste Gina Garcia.

Exemples des vitraux

Les vitraux de la nef et du transept représentent les douze apôtres. Ils ont été créés par Gaston Vennat et Cie de Limoges.

Afin de s’assurer de la qualité du travail, le verrier français offrit un contrat clé en main en vertu duquel les vitraux étaient expédiés assemblés, prêts à être insérés dans l’ouverture des fenêtres.

Mais voilà, le contrat fut signé avant le déclenchement de la Première Guerre mondiale. Or dès l’entrée en guerre de la France, tout le plomb du pays était réquisitionné pour faire des balles. Malgré l’interdit, les vitraux furent fabriqués et expédiés en secret.

À leur arrivée au port de Montréal en 1915, lors du dévoilement des vitraux, ce détail n’échappa pas à la presse. Ce qui fit scandale.

Notre-Dame-du-Rosaire, rosace du bras gauche du transept
Jésus et saint Jean-Baptiste, rosace du bras droit du transept

L’église compte trois rosaces mesurant six mètres de diamètre.

Au jubé, celle au centre de l’orgue représente sainte Cécile de Rome (patronne des musiciens) entourée de quatre anges musiciens.

À chaque extrémité du transept, l’image centrale de la rosace est entourée d’évêques et de docteurs de l’Église.

À l’extérieur, chaque rosace est protégée par une fenêtre en verre transparent dont le châssis de bois mime la structure de la rosace (en blanc sur la première photo). Cela crée une ombre portée qui ajoute de la profondeur à ces rosaces, particulièrement à celle de gauche, éclairée en après-midi.

Station du Chemin de Croix
Orgue à l’arrière
Statue en plâtre peint, près de la sortie

Les fondations de l’édifice reposent sur un sol instable. Déclaré dangereux, l’édifice sera fermé au culte de 2009 à 2014.

En fait, l’église devait être démolie. Mais s’il était possible de prélever les vitraux et les toiles marouflées de Toussaint-Xénophon Renaud, l’orgue devait absolument trouver preneur puisqu’il s’agit d’un chef-d’œuvre de Casavant.

Même offert gratuitement, la Place des Arts le refusa pour garnir sa salle symphonique. La technologie a évolué depuis un siècle; les orgues contemporains sont complètement informatisés, ce qui n’est pas le cas de l’orgue de l’église.

Devant l’impossibilité de s’en départir, le diocèse de Montréal (aidé financièrement par le gouvernement québécois) a résolu de restaurer l’église.

En dépit du fait que les travaux ne sont pas encore terminés, ils sont suffisamment avancés pour permettre la réouverture de l’église depuis la veille de Noël 2014.

Aux intéressés, la messe dominicale y débute à 9h30.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, hypergone 8 mm F/1,8 et objectifs M.Zuiko 12-40 mm F/2,8, M.Zuiko 25 mm F/1,2 et Lumix Leica 42,5 mm F/1,2.

L’église du Très-Saint-Nom-de-Jésus
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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le Patio culturel de Maisonneuve

15 août 2017

Inaugurée en 1981, la Maison de la culture Maisonneuve fut la première à Montréal. À l’origine, elle logeait dans la bibliothèque située au coin des rues Ontario et Pie-IX.

Maison de la culture Maisonneuve

En 2005, elle déménagea tout près, dans l’édifice de l’ancienne caserne de pompier situé de l’autre côté de la rue Desjardins.

Cet édifice a été construit en 1906-1907 par l’architecte Charles-Aimé Reeves (1872-1948) dont la nouvelle demeure était tout près.

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À droite de la Maison de la culture, on a placé l’armoire vitrée nommée ‘Au plaisir des mots’, alimentée par les citoyens du quartier désireux de se départir de livres au profit de ceux qui seraient intéressés.

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À deux pas, on a installé un babillard métallique plutôt bas, au niveau des enfants. Sur celui-ci sont affichés des dessins d’enfants (reproduits sur plaque métallique) illustrant des textes sur le thème de l’enfance.

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Au-dessus de tout cela, sur les vitres de la Maison de la culture, on a cité les cinq poètes québécois suivants : Anne Hébert, Gaston Miron, Marie Uguay et Gérald Godin.

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Entre la Maison de la culture et la Bibliothèque municipale, la rue Desjardins est interdite à la circulation durant l’été.

C’est à cet endroit qu’on a installé des tables, des chaises de jardin et une borne Wifi gratuite de manière à ce que des citoyens puissent y consulter des imprimés ou l’internet pendant que leurs enfants s’amusent dans des carrées de sable. Des séances d’écriture y sont organisées.

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Cet aire de repos se prolonge sur le terrain ombragé de la bibliothèque.

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Entre les rues La Fontaine et Ontario, les arbres de la rue Desjardins affichent des textes sélectionnés par un comité de 25 poètes québécois. J’ai choisi de montrer celui-ci en raison de ces modestes fleurs qu’un citoyen anonyme a ajouté.

Bref, la Maison de la culture Maisonneuve contribue à sa manière à ce plaisir de vivre tout simple qui rend la métropole si conviviale.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectif M.Zuiko 12-40mm F/2,8
1re photo : 1/5000 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 40 mm
2e  photo : 1/1250 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 40 mm
3e  photo : 1/2500 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 18 mm
4e  photo : 1/1000 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 18 mm
5e  photo : 1/4000 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 12 mm
6e  photo : 1/2500 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 25 mm
7e  photo : 1/640 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 12 mm
8e  photo : 1/500 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 22 mm
9e  photo : 1/500 sec. — F/3,2 — ISO 200 — 31 mm

Le Patio culturel de Maisonneuve
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Écrit par Jean-Pierre Martel


La résidence de Charles-Aimé Reeves (1906)

14 août 2017

Né à Pointe-aux-Trembles en 1872, l’architecte Charles-Aimé Reeves fut très actif. Sa réalisation la plus connue est sans doute le marché Jean-Talon.

L’astrophysicien Hubert Reeves est son petit-fils.

Façade sur le boulevard Pie-IX

Après avoir acheté un lot vacant sur le boulevard Pie-IX en 1905, l’architecte y fit construire l’année suivante une résidence selon ses plans.

Il en occupa le rez-de-chaussée jusqu’à sa mort en 1948. De nos jours, cet appartement porte les numéros civiques 1891-A et 1891-B puisqu’il a été scindé en deux depuis.

De gauche à droite, la façade se divise en trois parties séparées par des murs mitoyens. À gauche, les deux premières sont l’image inversée l’une de l’autre. À droite, la troisième est semblable à la première (sauf qu’elle est la moitié moins profonde, comme nous le verrons plus loin).

Le rez-de-chaussée est rayé horizontalement de pierres de taille chamois qui alternent avec d’autres, grises.

Aux deux étages supérieurs, la façade en briques rouges est percée d’ouvertures rehaussées d’un pourtour en pierre chamois (peinte récemment en gris pâle).

Haut de la façade

La fausse mansarde est recouverte d’ardoise en écailles de poisson.

Au-dessus des fenêtres du dernier étage, elle fait place à un couronnement en forme de cloche qui, à l’origine, était surmontée d’une pointe de la même hauteur que les fenêtres et qui contribuait à la majesté de l’ensemble.

De biais

À l’avant, l’édifice abrite neuf logements. Chacun d’eux est traversé par un couloir qui donne accès successivement au salon double, à deux chambres fermées, puis à la cuisine à l’arrière.

Celle-ci s’ouvre sur un balcon situé sur le côté de l’immeuble (sur la photo ci-dessus, caché par des arbres). Ces balcons sont partagés avec des logements situés à l’arrière de l’édifice.

Avant l’invention des sécheuses électriques, la cuisine — la pièce la plus chaude de la maison — servait souvent à faire sécher le linge l’hiver. Et l’été, c’est à partir de cette pièce qu’on allait étendre le linge dans la cour arrière.

De nos jours, condamner les locataires à ne faire sécher leur linge qu’à l’intérieur est acceptable dans de nombreuses capitales européennes. Mais cela était contraire aux coutumes québécoises de l’époque.

En décidant de construire des logements à l’arrière, à la place d’une cour, l’architecte maximisait ses revenus locatifs. Toutefois, cela le forçait à fournir à ses locataires une solution alternative permettant le séchage du linge au vent. D’où les balcons latéraux.

Côté gauche de l’immeuble

On accède aux logements à l’arrière par la ruelle située à gauche de l’immeuble. Leurs portes d’entrée semblent être d’origine, contrairement à toutes les autres portes et fenêtres de la maison qui ont été modernisées depuis la construction.

Et puisque du côté opposé, l’immeuble ne longe pas une ruelle, l’existence de balcons de ce côté n’a été possible qu’en raison du fait que le dernier tiers de l’immeuble est moins profond. Voilà pourquoi il y a neuf logements à l’avant et seulement six à l’arrière.

Murale à l’arrière de l’immeuble

L’arrière de l’immeuble est décoré d’une murale de Gwan (en partie saccagée par des tagueurs).

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectifs M.Zuiko 7-14mm F/2,8 (5e photo) et M.Zuiko 12-40 mm F/2,8 (les autres photos)
1re photo : 1/1000 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 15 mm
2e  photo : 1/800 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 22 mm
3e  photo : 1/1000 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 25 mm
4e  photo : 1/1000 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 12 mm
5e  photo : 1/800 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 7 mm

La résidence de Charles-Aimé Reeves (1906)
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Écrit par Jean-Pierre Martel


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