Des traces de Roundup™ de Monsanto dans le tiers des aliments

16 avril 2017
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Le glyphosate est un herbicide total mieux connu sous le nom de Roundup™ de Monsanto.

Puisque cet herbicide tue les plantes cultivées autant que les mauvaises herbes, le semencier Monsanto a mis au point des plantes modifiées génétiquement qui ont la propriété d’être résistantes à cet herbicide. On les dit ‘Roundup Ready’.

Il suffit alors d’arroser périodiquement du Roundup™ dans les champs où on a semé des plantes ‘Roundup Ready’ pour que celles-ci résistent à l’herbicide alors qu’on extermine toutes les autres qui tenteraient d’y pousser également.

Chez l’animal, la DL50 — c’est-à-dire la dose nécessaire à tuer 50% des sujets d’expérience — est de 4 320 ppm chez le rat et à peu près la même chose chez les oiseaux.

La DL50 est toutefois beaucoup plus faible chez les poissons (de l’ordre de 38 à 78 ppm).

Il est à noter que les études de la toxicité de la glyphosate tiennent rarement compte de celle de ses adjuvants dans le produit Roundup™.

Dans le sol, le glyphosate est sujet à la dégradation microbienne. Selon la flore bactérienne variable du sol, environ 50% du glyphosate qui s’y trouve peut être détruit en 49 jours.

Les particules du sol adsorbent fermement ce produit chimique à leur surface. Théoriquement, cela fait que cet herbicide devrait être faiblement entrainé par les eaux de pluie, en dépit de sa grande solubilité dans l’eau.

C’était la conclusion des premières études environnementales à son sujet. Mais depuis, son utilisation massive a fait qu’on en a découvert des traces dans de nombreux cours d’eau et nappes phréatiques.

L’agence américaine de Protection de l’environnement a fixé la limite sécuritaire du glyphosate dans l’eau potable à 0,8 ppm.

Dans le cas des aliments, la limite maximale canadienne des résidus varie en fonction du produit; elle est de 20 ppm pour le soya, 10 ppm pour l’orge, 5 ppm pour les pois, et 4 ppm pour les haricots et les lentilles.

Cette semaine, l’Agence canadienne d’inspection des aliments a publié les résultats de son étude sur la présence de glyphosate dans nos aliments.

L’étude a porté sur 482 échantillons de fruits et légumes (frais et transformés), 2 497 échantillons de légumineuses et de céréales, de même que 209 échantillons de nourriture pour enfants, pour un total de 3 188 produits testés.

À l’état de traces, le glyphosate est présent dans 29,7% des produits alimentaires. Toutefois, il ne dépasse les limites règlementaires que dans 1,3% des cas.

Les produits fautifs étaient essentiellement des produits céréaliers (3,9% des cas), des légumineuses (0,6%) et des jus et autres boissons (0,2%, dont le lait de soya fait partie).

On n’a rien trouvé d’excédentaire dans les autres catégories d’aliments.

À titre d’exemple, dans le cas précis des aliments pour bébés, la présence de glyphosate a été en dessous du seuil de détection dans 69% des cas. Et dans le reste, soit 31% des cas, il s’agissait de traces jugées acceptables.

Précisons qu’il n’existe pas d’étude sur les effets à très long terme des traces de glyphosate dans l’alimentation.

Références :
Environment Fate of Glyphosate
Glyphosate
L’herbicide glyphosate décelé dans le tiers des produits alimentaires testés par l’ACIA
Sauvegarder grâce à la science — dépistage du glyphosate en 2015-2016

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectif M.Zuiko 12-40mm F/2,8 — 1/4000 sec. — F/2,8 — ISO 125 — 40 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


L’odorat — Le gin St-Laurent

12 avril 2017
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Avec son étiquette qui rappelle celle de l’eau de Cologne No 4711, le gin artisanal St-Laurent ressemble à un gros flacon de parfum. Cela n’est pas une coïncidence.

La meilleure manière de l’apprécier, c’est d’en verser une petite quantité — 50 ml suffisent — dans un ballon ou dans n’importe quel verre qui permet à sa fragrance de s’accumuler.

Ne vous pressez pas de le boire; il faut d’abord le humer à petites doses répétées.

La première chose qui monte au nez est une intense odeur de conifère. Ce n’est pas du sapin. Ce n’est pas de l’épinette, C’est l’odeur résineuse des baies de genévrier qui donnent aux gins leur appellation.

Cette odeur s’impose comme une évidence. À la manière d’un mur contre lequel une voiture se serait précipitée.

Pour s’excuser de ce manque exquis de délicatesse, la boisson révèle ensuite un parfum caressant d’agrume. On est alors simultanément dans la forêt boréale et sous les tropiques.

Puis à la toute fin, une odeur salée d’algues s’offre subtilement à votre nez. Comme un souvenir lointain de marée basse.

Et dans les émanations les plus indistinctes, entre la prémonition et l’intuition, plane le spectre des lichens et de la tourbe qui nous amène dans la toundra québécoise.

En bouche, l’alcool monte soudainement jusqu’au nez. Un goût d’oranges amères précise la nature du parfum d’agrume remarqué plus tôt.

Puis la boisson taquine les papilles gustatives de l’amer, du salé et de l’acide, soit une bonne partie des saveurs primaires décelables par le gout.

Contrairement à toutes ces boissons qu’on cale en faisant cul sec — comme pour écourter une pénitence ou s’enivrer le plus tôt possible — le gin St-Laurent est de ces breuvages qui vous obligent à faire une pause. De ces breuvages qui vous proposent une étonnante odyssée sensorielle, de la montagne à la mer, du dégel printanier à l’été, sans quitter les rives de votre verre de gin.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectif M.Zuiko 25mm F/1,2 — 1/80 sec. — F/1,2 — ISO 400 — 25 mm

L’odorat — Le gin St-Laurent
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Les repères nutritionnels français

25 janvier 2017

Introduction

Depuis 1942, le gouvernement du Canada élabore une série de recommandations nutritionnelles appelée Guide alimentaire canadien. Sa dernière mise à jour date de 2007.

À l’origine, ce guide était élaboré exclusivement par des experts. La dernière version, née sous le gouvernement Harper, a été élaborée par un comité de douze personnes dont le quart étaient des employés de l’industrie alimentaire.

En France, le guide alimentaire porte le nom de Repères de consommations alimentaires (ou Repères nutritionnels). Ces repères sont spécifiquement adaptés pour chacune des catégories suivantes : les adultes, les enfants, les femmes enceintes, et les personnes âgées.

La plus récente mouture relative à l’alimentation des adultes a été remise aux autorités françaises le 12 décembre dernier et rendue publique hier. Près d’une centaine d’experts ont participé à son élaboration.

Elle tient compte des plus récentes connaissances scientifiques dans le domaine.

À privilégier : les céréales

La consommation de produits céréaliers complets diminue probablement les risques de diabète de type 2, de maladies cardiovasculaires et de cancer colorectal.

On encourage donc la consommation de produits céréaliers complets sans fixer de quantité minimale quotidienne. Toutefois, la consommation de féculents raffinés est trop élevée et devrait être diminuée (pp. 29 et 52).

À privilégier : les poissons

La consommation de poissons diminue probablement le risque de maladies cardiovasculaires; un repas hebdomadaire diminuerait leur mortalité de 6% et chaque repas supplémentaire ajouterait un autre 4% de protection.

De plus, un tel aliment protègerait probablement contre la démence sénile.

Par contre, la consommation de poisson cuit à forte température, salé ou fumé, pourrait être associée à une augmentation du risque de cancer de la prostate.

Bref, on suggère la consommation hebdomadaire de deux repas de poissons, dont un de poisson gras (p. 52).

À privilégier : les légumineuses

Les experts jugent que la consommation moyenne actuelle de légumineuses est insuffisante et devrait être considérablement augmentée. Elle devrait être plurihebdomadaire (p. 52).

À privilégier : les fruits et légumes

La consommation de fruits et légumes diminue le risque de maladie cardiovasculaire. Sans être concluantes, les études suggèrent un effet favorable contre l’obésité, le cancer colorectal, le cancer du sein et le diabète de type 2.

Contre les maladies cardiovasculaires, les bénéfices sont observés dès la consommation d’une portion quotidienne (80g). Toute portion supplémentaire diminue le risque d’environ 4%.

On préconise la consommation quotidienne d’au moins 400g de fruits et de légumes, en privilégiant les légumes et les fruits frais (pp. 29 et 52).

À privilégier : les huiles riches en omégas-3

La consommation moyenne actuelle d’huiles végétales et de margarines pauvres en omégas-3 est trop élevée. Elle devrait être diminuée.

Au contraire, la consommation d’huiles végétales riches en omégas-3 — huile de canola (ou colza) et huiles de noix — devrait être considérablement augmentée, ce qui entrainerait une augmentation de la consommation totale d’huiles végétales.

Il est à noter que la ‘diète méditerranéenne’ (basée sur l’huile d’olive) est plutôt riche en omégas-6. Depuis des années, le Dr Richard Béliveau décrit les oméga-6 comme des substances inflammatoires, et les omégas-3 comme antiinflammatoires. Pour cette raison, l’expert canadien recommandait les huiles riches en omégas-3, une suggestion cautionnée par les experts français.

Pas de recommandation : les produits laitiers

La consommation totale de produits laitiers (dont le lait) diminue probablement le risque de diabète de type 2, avec une diminution du risque de l’ordre de cinq à dix pour cent pour chaque augmentation de 400g de produits laitiers par jour.

En ce qui concerne les différents produits laitiers, la relation semble mieux démontrée pour les yogourts, le fromage et les produits laitiers à teneur réduite en matière grasse.

La consommation totale de produits laitiers semble être associée à une diminution du risque de maladies cardiovasculaires mais à une augmentation du risque de cancer de la prostate.

Les experts européens évitent donc de faire des recommandations au sujet des produits laitiers, ce qui contraste avec les recommandations du Guide alimentaire canadien (pp. 30-1 et 53).

À limiter : toutes les viandes sauf la volaille

Sauf la volaille, toutes les viandes augmentent les risques de cancer colorectal. De plus, elles augmentent probablement les risques de maladies cardiovasculaires et de diabète de type 2. On les soupçonne d’augmenter les risques de cancer du sein et de la prostate.

On distingue les viandes transformées de celles qui ne le sont pas puisque les limites de consommation sont différentes.

Viandes transformées

Les viandes transformées sont les viandes qui ont subi une transformation — par le séchage, la salaison, la fermentation ou le fumage — dans le but d’améliorer leur conservation et/ou d’en développer les arômes.

Les viandes transformées comprennent le jambon, les saucisses, le bacon, les charcuteries, les pâtés, le bœuf séché, et les viandes en conserve.

Pour les viandes transformées, les études rapportent une augmentation statistiquement significative des risques au-delà d’une consommation quotidienne de 25g. Cette quantité devient donc la limite maximale recommandée (p. 28).

Viandes non transformées, sauf la volaille

On appelle ‘viande hors volaille’, les viandes rouges (bœuf, mouton, agneau, chèvre, cheval, bison, etc.), le porc et le veau. On suggère de limiter leur consommation à 70g par jour (p. 27).

Il est à noter qu’il est recommandé de limiter la consommation de viandes cuites à haute température (sur le gril, friture, etc.) et de varier les modes de cuisson. De manière générale, plus une viande est cuite à basse température, moins elle est nocive.

À limiter : les boissons sucrées

Les boissons sucrées comprennent les sodas sucrés (non édulcorés artificiellement) et les véritables jus de fruits, en passant par les nectars et les cocktails à base de jus.

Leur consommation augmente le risque d’obésité; chaque verre de boisson sucrée par jour est associé à une prise de poids de l’ordre de 200g par année.

Un verre par jour est associé à une augmentation des risques de maladies cardiovasculaires et de diabète de l’ordre de 20% par rapport à une consommation nulle.

La limite supérieure de consommation des boissons sucrées est fixée à 263 ml pour les hommes et 216 ml pour les femmes (p. 29).

Il s’agit d’une limite fixée sans grande conviction puisqu’il semble que le remplacement de toute boisson sucrée par de l’eau serait préférable.

À limiter : le sel

Les experts jugent insuffisante la baisse des teneurs en sel de certains produits alimentaires, en dépit des recommandations officielles adoptées depuis des années. On suggère l’adoption de mesures règlementaires afin d’obtenir une diminution de sel dans les aliments offerts aux consommateurs (p. 55).

Références :
Actualisation des repères du PNNS : révision de consommations alimentaires
Canada’s Food Guide is broken – and no one wants to fix it
Guide alimentaire canadien critiqué
Les guides alimentaires canadiens, de 1942 à 1992
Moins de viande, de sel, de sucre… les recommandations de l’agence sanitaire

Les repères nutritionnels français
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Écrit par Jean-Pierre Martel


Innocuité du maïs transgénique : les doutes

21 décembre 2016


 
Introduction

En 2010, ce blogue se faisait l’écho d’une nouvelle publiée par le Shanghai Daily rapportant des cas de toxicité animale (chez le rat, le porc, le mouton et le chien) causés par un maïs transgénique développé par Pioneer Hi-Bred International Inc.

Afin d’en avoir le cœur net, j’ai écrit à Monsanto en septembre 2013 pour leur demander les hyperliens ou une copie des études de toxicité (ou d’innocuité) de leurs maïs transgéniques chez les mammifères.

La réponse du fabricant fut la suivante :

Dear Jean-Peirre,

Thank you for contacting Monsanto regarding Genetically Modified Organisms (GMO’s).

I’d like to direct you to GMOAnswers.com, an excellent, comprehensive, web resource for consumers with questions about biotechnology in agriculture.

I’ve also included a link to a question and answer about Bt proteins, which I think may be what you are asking about when you say “toxicity of GMO corn”?
Ask Us Anything About GMOs!

The following document may be helpful as well:
Mammalian Toxicity Assessment Guidance for Protein Plant-Pesticides

The Center for Environmental Risk Assessment has a GM crop database that you can query:
GM Crop Database

Regards,

Nancy MacKinnon
Marketing Services Representative

Monsanto Canada Inc.
900-ONE Research Rd.
Winnipeg   MB   R3T 6E3
www.monsanto.ca

Les tests d’innocuité

En Europe comme dans beaucoup d’autres pays, on estime que si un organisme génétiquement modifié (OGM) ne se distingue que par la présence d’un gène, toute évaluation de la toxicité de l’OGM doit se limiter à l’évaluation de la toxicité du gène responsable de cette différence.

Il existe deux sortes de maïs transgénique; le maïs insecticide et le maïs résistant aux herbicides.

Le maïs insecticide ne se distingue du maïs ordinaire que par l’ajout d’un gène qui fabrique une série de protéines toxiques pour les insectes. Quant au maïs résistant aux herbicides, le mécanisme de cette résistance est plus complexe comme nous verrons plus loin.

Tests du maïs insecticide

L’Agence américaine de protection de l’environnement (EPA) exige des fabricants qu’ils soumettent les toxines de ces OGM à des tests de digestion en éprouvette. Si ces protéines sont bien dégradées, cela est considéré comme un indice rassurant par l’EPA.

Le mécanisme d’action de la toxine est également pris en considération. Toujours en éprouvette, si elle se fixe à un enzyme ou à un récepteur extrait de l’insecte sans se fixer sur l’enzyme ou le récepteur équivalent extrait de l’humain, cela est un autre indice rassurant.

L’étude de toxicité aigüe consiste à observer les effets d’une dose unique de 2 à 5 grammes de la toxine pure administrée à des rongeurs en observation pendant les quatorze jours qui suivent.

Si des effets secondaires sont observés, les animaux atteints sont soumis à une autopsie. Pas les autres. Si tout semble normal, on considère que la toxine est inoffensive.

La toxine utilisée dans ce test n’a pas besoin d’être extraite de l’OGM. On permet l’utilisation à la place de la toxine extraite de la bactérie dont le code génétique a été transposé dans la plante ou même, dans certains cas, extraite d’une autre bactérie complètement différente dans laquelle ce même code génétique a été implanté. Le fabricant doit alors simplement prouver l’équivalence de la toxine alternative employée.

Lorsque la toxine de l’OGM a bien passé le test de toxicité aigüe, on ne la soumet pas à des tests de toxicité chronique. Dans le cas contraire — si j’ai bien compris le texte règlementaire nébuleux que j’ai du relire trois fois — elle serait soumise à un test de toxicité qualifié de ‘subchronique’ s’étendant sur 30 jours.

Tests du maïs résistant aux herbicides

Dans le cas précis du maïs NK630, l’autorisation de la commercialisation a été obtenue après la réussite d’un test d’exposition chronique limité à 90 jours chez le rat.

Aucun gouvernement au monde n’exige des tests chroniques plus longs.

Quant à l’herbicide lui-même, les tests de toxicité aigüe s’effectuent sur le principe actif (le glyphosate) et non sur la solution commerciale de Roundup™.

Le maïs insecticide

Lorsque nous mangeons du maïs insecticide, nos sucs digestifs brisent ce gène et les protéines toxiques qu’il produit en leurs constituants plus petits, inoffensifs, communs à tous nos gènes et toutes nos protéines.

Conséquemment, il est impossible que ce maïs soit toxique pour nous, contrairement aux insectes dont la digestion n’est pas aussi complète que la nôtre et qui seront donc tués en mangeant l’insecticide contenu dans cette plante.

Essentiellement, voilà ce que dit Monsanto et l’EPA.

Pourtant…

Dans les faits, certaines études (contredites par d’autres) ont démontré la présence de protéines provenant du lait de vache dans le lait de femmes qui allaitent. En d’autres mots, lorsque ces femmes boivent du lait de vache, il arrive que les protéines bovines ne soient pas digérées et qu’elles passent intactes dans leur lait.

De nombreux témoignages de nourrices allaitant des enfants allergiques au lait de vache appuient anecdotiquement la thèse soutenue par ces études.

Est-ce que la même chose pour ce qui est des protéines insecticides de Monsanto ?

Tout en reconnaissant que les venins d’araignée et de serpent, de même que la toxine du botulisme, du tétanos, et de la diphtérie sont des protéines toxiques, l’EPA les considère comme des cas exceptionnels parmi la multitude de protéines étrangères inoffensives auxquelles les humains sont exposés. Conséquemment, elle ne voit pas de raison de se méfier à priori des toxines du maïs insecticide.

Le maïs tolérant au glyphosate (Roundup™)

Contrairement aux plantes, l’Homme ne peut pas produire certains acides aminés et doit donc les trouver dans son alimentation s’il veut fabriquer des protéines.

Les plantes créent elles-mêmes tous les acides aminés dont elles ont besoin.

À cette fin, elles ont notamment un enzyme — l’énolpyruvylshikimate-5 phosphate-3 synthase — responsable de la fabrication de trois acides aminés. Cet enzyme est absent chez l’être humain.

Le glyphosate est un herbicide qui agit en bloquant cet enzyme que nous n’avons pas et qui, normalement, devrait tuer le maïs comme n’importe quelle autre plante.

Pour créer une variété de maïs résistante à cet insecticide, Monsanto lui a implanté les gènes d’une bactérie qui possède une version différente de cet enzyme, une version très peu affectée par le glyphosate.

Une étude publiée le 19 décembre 2016 dans la revue Scientific Reports suggère que les tests d’innocuité exigés par les agences règlementaires seraient insuffisants.

Dans cette étude, on a vérifié la composition chimique du maïs NK603. On y a mesuré la teneur de 840 protéines et de 314 petites molécules chez trois groupes de grains de maïs :
• des grains de maïs NK603 cultivé sans glyphosate
• ceux provenant de maïs NK603 arrosé de glyphosate et
• des grains de maïs récoltés à partir d’une variété naturelle jugée ‘équivalente’ par Monsanto lors des études d’approbation règlementaire de son maïs NK603.

Les chercheurs ont découvert qu’entre la composition chimique du maïs NK603 et de celle du maïs naturel, les différences sont beaucoup plus grandes que prévu.

Le code génétique ajouté à la plante ne fait pas que provoquer l’apparition de l’enzyme bactérien mais affecterait l’ensemble du métabolisme de la plante, dont une augmentation de 28 fois de la teneur en cadavérine.

En comparaison avec le maïs naturel, l’inhibition du cycle de Krebs manque de peu la signification statistique chez le maïs transgénique arrosé de glyphosate (p = 0.0532). Il en est de même des taux d’acides aminés à chaine ramifiée (p = 0.0536).

Entre le maïs naturel et le maïs transgénique, les différences significatives concernent :
• les taux d’amines et de polyamines (p = 0,037)
• le métabolisme de l’acide nicotinique et de la nicotinamide (p = 0,037).

Entre le maïs naturel et le maïs transgénique arrosé de glyphosate, les différences significatives sont :
• les taux d’osamines et de nucléotides (p = 0,0007)
• le métabolisme de la sérine (p = 0,0062)
• les taux de dipeptides (p = 0,0096).

Entre le maïs transgénique arrosé ou non de glyphosate :
• le métabolisme des phénylpropanoïdes (p = 0,018)
• les taux d’osamines et de nucléotides (p = 0,0271).

À l’origine, cette étude visait à trouver la cause des perturbations métaboliques observées dans une étude antérieure des mêmes auteurs.

Cette étude antérieure, publiée en 2012, a fait l’objet d’une controverse. Rétractée à la demande de ses auteurs, l’étude a été publiée de nouveau en 2014 dans une version presque identique.

Réalisée chez l’animal, l’étude controversée avait trouvé que des rats nourris pendant deux ans avec une diète contenant 11%, 22% ou 33% de maïs NK603 présentaient des modifications biochimiques (sanguines et urinaires) indiquant des dommages rénaux et hépatiques.

Plus précisément, les chercheurs ont observé de 1,3 à 2,3 fois plus de néphropathies chez le mâle. Chez les femelles, le taux de mortalité a augmenté de deux à trois fois et les tumeurs mammaires étaient plus fréquentes.

Conclusion

Le catabolisme est la partie du métabolisme responsable des réactions de dégradations moléculaires de l’organisme. Ainsi, c’est le catabolisme qui brise les déchets cellulaires et les cellules mortes en petites molécules qui pourront être éliminés par le foie, les reins ou les poumons.

Lorsqu’on bloque un enzyme ou qu’on force la fabrication d’une substance étrangère au sein d’un être vivant, cette modification biochimique se répercute dans l’ensemble du métabolisme de cet être vivant.

S’agit-il d’une répercussion anodine ou importante ? Les exigences règlementaires actuelles ne nous permettent pas de répondre à cette question.

Dans le cas des médicaments, on les soumet à des tests de toxicité chroniques chez l’animal parce qu’il est impossible de prévoir en éprouvette les perturbations et les dommages qui pourraient être causés dans l’animal entier, alors que des millions de réactions chimiques différentes se produisent chaque seconde.

Actuellement, il n’existe pas de preuve irréfutable de la toxicité des OGM; il n’y a que des indices inquiétants. Malheureusement, à l’inverse, leur innocuité ne peut pas être garantie à partir des tests extrêmement primitifs exigés par les organismes règlementaires.

Les doutes à sujet sont tels que la prudence la plus élémentaire exige que les OGM soient soumis à de véritables tests de toxicité chronique, ce qui n’est pas le cas actuellement.

Cela est d’autant plus inquiétant que nos gouvernements permettent à l’industrie de cacher la présence d’OGM dans nos aliments. Si jamais il s’avère que des OGM possèdent une toxicité chronique chez l’humain, les citoyens auront été dans l’impossibilité de s’en prémunir.

D’où l’importance d’appuyer les initiatives citoyennes en vue de l’affichage obligatoire des OGM, une mesure soutenue par 78% des Canadiens.

Références :
An integrated multi-omics analysis of the NK603 Roundup-tolerant GM maize reveals metabolism disturbances caused by the transformation process
Énolpyruvylshikimate-5-phosphate-3 synthase
Le maïs transgénique est-il inoffensif ?
Les Canadiens veulent l’étiquetage des aliments OGM
L’évaluation de la toxicité des OGM remise en cause
Long-term toxicity of a Roundup herbicide and a Roundup-tolerantgenetically modified maize
Maïs génétiquement modifié
Mammalian Toxicity Assessment Guidance for Protein Plant-Pesticides
Review of GMO safety assessment studies: glyphosate residues in Roundup Ready crops is an ignored issue

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Les noirs secrets de Tim Hortons

20 janvier 2016
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Les dirigeants d’entreprise se divisent en deux groupes; les créateurs qui anticipent l’avenir et préparent leur entreprise à en tirer profit, et la multitude des amovibles, qui voient aux affaires courantes de leur entreprise et qu’on pourrait remplacer par n’importe qui d’autre sans y voir de différence.

Steve Jobs d’Apple appartenait au premier groupe : les dirigeants de la chaine de restauration rapide Tim Hortons appartiennent, semble-t-il, à la seconde.

Le quotidien Le Devoir nous apprenait lundi dernier que Tim Hortons avait payé pour que soient effectuées des représentations destinées à s’opposer à l’adoption d’une loi sur l’affichage nutritionnel obligatoire au Québec.

Cette démarcheuse dispose d’un budget maximal annuel de 10 000$.

Au Canada, tout aliment préemballé doit être accompagné de la liste de ses ingrédients et d’un tableau résumant sa teneur en divers nutriments (protéines, lipides, féculents, sucres simples et valeur calorique).

Toutefois, les aliments servis en restauration ne sont pas préemballés et sont donc exclus de la loi.

Puisqu’on mange de plus en plus souvent au restaurant, une proportion croissante de personnes soucieuses de leur alimentation aimeraient que les restaurants soient également assujettis à cette obligation.

En 2013, un sondage réalisé auprès de 1 020 Canadiens révélait que 92% d’entre eux souhaitent en savoir plus sur la teneur totale en matières grasses, en sodium, en gras trans, en calories et en sucre des aliments consommés au restaurant.

Pour faire suite à cette préoccupation, l’Ontario, province voisine du Québec, a adopté une loi qui obligera dès 2017 l’affichage nutritionnel obligatoire relatif aux repas et aux aliments vendus dans les chaines de restaurants, les épiceries et les dépanneurs (appelés supérettes en France).

Craignant l’adoption d’une loi similaire au Québec, Tim Hortons a donc décidé de payer annuellement jusqu’à 10 000$ pour y faire obstacle.

La nouvelle du Devoir s’est répandue comme une trainée de poudre. Toutefois, ni la firme de relations publiques ni Tim Hortons, n’ont voulu émettre de commentaire.

Sur le site Web de l’entreprise — que j’ai consulté avant d’écrire ce texte — on ne trouve aucun démenti ni aucune justification.

Mais que veut cacher Tim Hortons à ses clients ? Dans les aliments servis chez Tim Hortons, y a-t-il des ingrédients à ce point néfastes à la santé que leur divulgation porterait un préjudice grave à l’entreprise ?

À chaque fois qu’on achète un café chez Tim Hortons, une partie de cette somme sert donc à tenter de cacher la valeur nutritionnelle des aliments qu’on y sert. En somme, les clients de Tim Hortons financent ses noirs secrets.

Plutôt que de dépenser pour des analyses nutritionnelles (ce qui serait fait une fois pour toutes), Tim Hortons préfère dépenser pour un combat d’arrière-garde.

Chez Tim Hortons, on est donc loin de l’exemple de Steve Jobs…

Références :
L’affichage nutrionnel au menu : un défi… de taille
Tim Hortons embauche un lobbyiste

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L’exercice, un moyen médiocre de maigrir

17 août 2015

L’exercice physique est un excellent moyen d’améliorer la tolérance à l’effort. De plus, la libération d’endorphines par le corps contribue à un sentiment de bienêtre.

Mais est-ce un bon moyen de maigrir ?

C’est ce que pensent ceux qui proposent des diètes amaigrissantes traditionnelles, basées sur un bilan calorique négatif, c’est-à-dire qui veulent que l’obèse réduise sa consommation de calories et/ou augmente sa dépense énergétique.

De telles diètes donnent de bons résultats à court et à moyen terme mais sont généralement inefficaces à instaurer une perte de poids définitive; le sujet se révolte éventuellement contre le sadomasochisme qu’il s’est imposé volontairement et finit par reprendre tout le poids perdu.

Dire à un obèse : « Tu devrais faire de l’exercice », c’est l’équivalent d’une gifle. Dans l’esprit de nombreux obèses, cela revient à dire : « Tu es gros parce que tu es paresseux. »

Le Dr Dominique Garrel — endocrinologue au Centre universitaire de l’université de Montréal et spécialiste de l’obésité — précise que l’activité physique volontaire représente à peine 10% de la dépense d’énergie. En d’autres mots, 90% de notre dépense énergétique sert à l’accomplissement de nos fonctions vitales.

Selon ce spécialiste, l’état de la science indique qu’il n’y a pas de lien entre l’activité physique et la capacité de perdre du poids quand on fait une diète.

Il estime surtout qu’il est faux de penser qu’on peut maigrir sans changer ses habitudes alimentaires.

D’après le Dr Yoni Freedhoff — professeur adjoint à la faculté de médecine de l’université d’Ottawa — vingt ans d’études sur l’activité physique ont démontré que son effet était négligeable sur la perte de poids.

Celui-ci résume : « Dans une étude très rigoureuse, on a suivi des gens qui s’étaient mis à faire cinq à six heures d’activité physique par semaine, pendant un an. Mais à qui on avait demandé de ne pas changer leur diète. Résultat ? Ils ont perdu à peine 1kg pour les femmes, et 1,5kg pour les hommes. »

Pour revenir au Dr Garrel, celui-ci estime que la lutte contre l’obésité passe par une réduction de la consommation d’aliments sucrés.

Les personnes intéressées par ce sujet, sont invitées à lire Le fructose fait grossir, un texte que j’ai écrit en 2011.

Référence : Quand des spécialistes de l’obésité prennent la défense de Coca-Cola

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Écrit par Jean-Pierre Martel


La cuisine de rue à Montréal

9 juillet 2015

Longtemps bannie en raison de la réputation de salubrité douteuse qui pesait contre elle, la cuisine de rue est permise par la ville depuis 2013. Cette année, 35 permis ont été délivrés.

Pour éviter que les cantines mobiles s’agglutinent aux endroits les plus achalandés — et donc les plus payants — les places limitées sont attribuées alternativement aux divers entrepreneurs. Cela évite également les accusations de favoritisme qui auraient pu, autrement, être adressées à la ville.

Puisque la clientèle des cantines mobiles est principalement constituée des personnes qui travaillent à proximité, cette rotation évite également la monotonie puisque le menu de chaque cantine varie peu (ou pas du tout) au cours d’une saison.

Pour les entrepreneurs, l’exploitation d’une cantine mobile signifie l’achat d’un camion, le percement d’un guichet, l’aménagement d’une cuisine répondant aux critères exigeants de la ville, et l’utilisation de cette cantine seulement quelques mois par année. C’est donc un investissement risqué.

Cantine mobile Ô soeurs volantes

Ma première expérience fut à l’occasion d’un concert gratuit donné à la Place Phillips dans le cadre du Festival Montréal baroque.

Autour de la cantine des Soeurs volantes se pressaient ouvriers, secrétaires et hommes d’affaires.

Boulettes de porc et salade

J’ai donc essayé ces boulettes de porc (12$, soit environ 8,75 euros). C’était plutôt bien (quoiqu’une partie des frites étaient calcinées).

Cantine mobile Le Super truck

Hier, au menu du Super Truck stationné au parc Dorchester, bâtonnet (sic) de macaroni frits (sic), flanc de porc croustillant, super sandwich (au poulet de grain), et cornet de salade.

Cantine mobile Cuisine polonaise authentique

Pendant ce temps, à la Place d’Armes, Les aliments Pyza opéraient la cantine Cuisine polonaise authentique.

Assiette polonaise

J’ai donc essayé l’assiette polonaise à $12 (soit environ 8,75 euros). Les pierogis — c’est-à-dire les raviolis polonais — étaient bons et la saucisse, délicieuse.

Paru depuis : Bonne note pour la cuisine de rue à Montréal (2015-09-27)

Sur le même sujet : Paris roule désormais pour les “food trucks”

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectif M.Zuiko 12-40 mm F/2,8 (les deux premières photos) et hypergone M.Zuiko 8 mm F/1,8 (les autres photos)
1re photo : 1/1250 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 16 mm
2e  photo : 1/1000 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 15 mm
3e  photo : 1/3200 sec. — F/1,8 — ISO 200 — 8 mm
4e  photo : 1/4000 sec. — F/1,8 — ISO 100 — 8 mm
5e  photo : 1/4000 sec. — F/1,8 — ISO 200 — 8 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le thé juste pour soi

15 avril 2015
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La compagnie japonaise Kinto fabrique un modèle de tasse unidose appelé Unimug, au prix de 17,50$ (soit environ 13 euros).

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La tasse proprement dite est en verre (capable de supporter un choc thermique de 120 degrés Celsius), tandis que l’infuseur et le couvercle sont en plastique (plus précisément en copolyester).

Si la tasse est toujours transparente, l’infuseur et le couvercle peuvent être incolores (le modèle ci-dessus), ou teintés bourgogne, miel, gris bleuté, ou gris.

Il est à noter qu’à l’usage, le thé finit par ternir et tacher l’infuseur (comme on peut le voir sur l’image ci-dessus).

En principe, la tasse Unimug a une capacité de 350ml. Toutefois, lorsqu’on tient compte du volume occupé par l’infuseur et les feuilles de thé, la capacité réelle de l’ensemble est de 250ml. L’avantage de ce produit est donc de permettre d’infuser exactement une seule tasse de thé.

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On commence donc par mesurer 250ml d’eau, qu’on porte à l’ébullition.

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Pendant que l’eau chauffe, on mesure 5g de feuilles de thé.

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Selon le type de thé, on laisse infuser entre trois et cinq minutes.

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Puis, on retire l’infuseur et on le laisse égoutter sur la face interne du couvercle.

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L’étape la plus longue et la plus agréable est évidemment la dégustation…

Détails techniques : Appareil Olympus OM-D e-m5, objectif M.Zuiko 12-40mm F/2,8
1re photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 640 — 32 mm
2e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 1250 — 40 mm
3e  photo : 1/100 sec. — F/2,8 — ISO 2000 — 40 mm
4e  photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 800 — 17 mm
5e  photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 1000 — 17 mm
6e  photo : 1/100 sec. — F/2,8 — ISO 1250 — 40 mm
7e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 2500 — 26 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Les OGM au Canada, en 2015

30 mars 2015

Superficie_OGM
 
C’est plus tôt ce mois-ci que le Réseau canadien d’action sur les biotechnologies a remis son rapport au sujet des OGM (organismes génétiquement modifiés). En voici les grandes lignes.

Il y a quatre grandes cultures GM dans le monde : le maïs, le soja, le coton et le canola. Ensemble, ces quatre cultures représentent 99 % des superficies de cultures GM dans le monde.

Les trois quarts des superficies mondiales consacrées aux OGM le sont aux États-Unis (40% des surfaces), au Brésil (23%) et en Argentine (13%). Dans chacun de ces trois pays, le pourcentage des terres arables utilisées à la culture des GM est de 47% aux États-Unis, 58% au Brésil et 61% en Argentine.

Au Canada, on trouve quatre cultures GM. Elles représentent 6% des surfaces mondiales consacrées aux OGM. Les cultures GM occupent 25% des terres arables du pays. Ces cultures sont le canola, le maïs, le soja et la betterave à sucre. Presque tout le canola et la betterave à sucre cultivés au Canada sont GM, ainsi qu’une grande partie du maïs et moins des deux tiers du soja.

Le gouvernement canadien étudie actuellement la possibilité d’approuver la toute première pomme GM (qui serait le premier fruit GM cultivé au pays) et le premier animal GM destiné à la consommation humaine dans le monde (un saumon GM).

Sur les tablettes de nos épiceries, en plus d’y offrir les OGM produits au Canada (ou les mêmes produits provenant de l’étranger), on trouve quatre autres OGM, tous importés des États-Unis : l’huile de coton, la papaye, les courges et les produits laitiers.

Dans le cas précis du maïs, celui destiné à l’alimentation du bétail et à la production d’huile de cuisson est à plus de 80% GM. Par opposition, les variétés de maïs sucré GM — les épis de maïs pour consommation humaine — ne sont pas très populaires.

En 2014, le Réseau canadien d’action sur les biotechnologies et Vigilance OGM ont testé des échantillons de maïs sucré frais; sur les 137 échantillons provenant de neuf provinces, il n’y avait qu’un seul échantillon GM.

Référence : Mais où sont donc les OGM?

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le sirop d’érable pur comme boisson énergétique

26 mars 2015


 
Avant-propos : Trois mois après la publication en mars 2015 du présent texte — qui mettait en vedette un produit énergétique américain à base de sirop d’érable, soit UnTapped, ci-dessus — un produit analogue apparaissait sur le marché québécois sous le nom de ReKarb (ci-dessous).

Le texte originel paru en mars 2015 a donc été modifié pour tenir compte de cet ajout.


 

 
Terminologie

Une boisson énergisante stimule la concentration mentale. Exemples : café, thé, Red Bull™.

Une boisson énergétique — le sujet d’aujourd’hui — en est une qui vise à aider les sportifs à remplacer l’eau, les électrolytes et les calories perdus lors de l’exercice physique intense. Exemple : Gatorade™.

Historique

En 2012, la Fédération des producteurs de sirop d’érable du Québec avait tenté de promouvoir un cocktail à base de sirop d’érable en tant que boisson énergétique.

Toutefois, cette campagne fut un échec, probablement parce que ce n’est pas tous les sportifs qui ont le gout de s’adonner à la préparation de leur boisson énergétique.

On attendait donc qu’un entrepreneur prenne l’initiative de créer des pochettes unidoses de sirop d’érable, prêtes à l’emploi.

UnTapped vs ReKarb

C’est au printemps de 2015 qu’un acériculteur du Vermont décida de combler ce besoin en offrant sous la marque UnTapped, des pochettes de 41g de sirop d’érable pur.

Peu de temps après, l’entreprise québécoise Carbure à l’érable lançait un produit similaire sous le nom de ReKarb.

Chaque pochette de ReKarb contient 36g de sirop d’érable auquel on a ajouté 100mg de sel de mer. Toutefois l’entreprise offre également des pochettes auxquelles s’ajoute un troisième ingrédient, soit une certaine quantité de cacao ‘pur’.

Vendu à l’unité (2,75$) par les marchands autorisés, ReKarb est également offert sur l’internet en boites de 24 pochettes, directement du fabricant.

Dans le cas précis d’une boisson énergétique, l’ajout d’une petite quantité de sel est préférable puisqu’il permet de compenser en partie ou en totalité les pertes sodiques causées par la transpiration. Voilà pourquoi ReKarb est préférable à Untapped. Et puisqu’il s’agit ici de sel de mer et non de sel ordinaire, ReKarb apporte aussi un grand nombre de sels minéraux, en faible quantité.

Contrairement à ce qu’on pourrait croire, le sirop d’érable n’a pas le gout hypersucré d’autres édulcorants comme le miel. Et pour avoir testé le gout du sirop d’érable auquel j’avais ajouté trois fois plus de sel que ReKarb, je suis en mesure d’affirmer que cela n’est pas désagréable.

Sirop d’érable vs Gatorade™

Le sirop d’érable est composé principalement de deux ingrédients : 67,9% de sucrose (le sucre de table) et 32,4% d’eau.

Le fabricant d’UnTapped prétend que son produit possède un faible indice glycémique. Cela est très douteux puisque le sucrose est un disaccharide (glucose + fructose), rapidement métabolisé par l’organisme.

Il semble que la composition du Gatorade™ varie selon les pays. Elle varie même selon les époques. Dans les épiceries situées près de chez moi, on trouve de ces temps-ci essentiellement le Gatorade™ ‘Perform’.

Si ReKarb contient 100mg de sel, le format de 710ml de Gatorade™ ‘Perform’ en contient trois fois plus.

De plus, ReKarb contient 70mg de potassium (vs 80mg pour le Gatorade™), 33mg de calcium (aucun pour le Gatorade™), 7mg de magnésium (ce qui est peu – le Gatorade™ n’en contient pas du tout), 0,5mg de zinc (aucun pour le Gatorade™) et surtout, possède un pH d’environ 7,4 (alors que celui du Gatorade™ est presque aussi acide que le jus d’orange, avec un pH de 2,95).

Il est étrange que le Gatorade™ soit si acide. Au cours d’un exercice intense, les muscles qui fonctionnent en anaérobie dégradent le glucose en acide lactique. La chute de pH qui en résulte nuit à la synthèse d’ATP et conséquemment, à la contraction musculaire. Boire un liquide acide s’oppose aux moyens du corps de neutraliser l’acide lactique et prolonge donc la fatigue.

Au contraire du Gatorade™, le sirop d’érable contient 54 antioxydants dont 2mg de polyphénols. La valeur ORAC (Oxygen Radical Absorbance Capacity) du sirop d’érable est comparable à celle de fruits et légumes courants de notre alimentation, comme le brocoli.

La pochette ReKarb représente un apport calorique de 86kcal (vs 180kcal pour son concurrent). Pour cette raison, ces produits ne sont probablement pas appropriés pour le sportif diabétique.

Les avantages des boissons énergétiques sont probablement faibles pour les exercices modérés qui durent moins de 45 minutes. Pour les exercices violents ou prolongés, elles permettent de reconstituer rapidement les réserves de carburants du corps.

Références :
Boisson énergétique
Boisson énergisante
Caractéristiques chimiques et nutritives du sirop d’érable
Is maple syrup the new athletic superfuel?
L’origine des boissons énergisantes
Fueled by Nature
The Gourmet-O-Matic™ pH of Common Beverages Guide
Sirop d’érable
UnTapped: Pure Maple Syrup

Paru depuis :
Anti-inflammatory properties of quebecol and its derivatives (2015-11-27)
L’aliment sous la loupe: sirop énergétique à l’érable (2016-03-10)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


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