L’Ornithoptera priamus

24 avril 2018

L’Ornithoptera priamus est un grand papillon dont les ailes possèdent une envergure de 18 à 22 cm. Très différente du mâle, la femelle est sensiblement plus grande que lui.

Originellement, son habitat comprenait l’Australie, la Nouvelle-Guinée, les iles Salomon et l’archipel des Moluques. De nos jours, on le trouve également en Inde et en Indochine.

Mâle, de dos
Mâle butinant

Le mâle est un des plus beaux papillons du monde.

Sur leur face dorsale, les ailes sont noires et turquoise iridescent.

Il a le thorax rouge et noir. L’abdomen jaune est décoré d’une rangée de gros points noirs de chaque côté.

Mâle, de côté

La face ventrale des ailes antérieures est noire, décorée de taches cyan qui prennent une teinte jaunâtre vers l’apex.

Sur la face ventrale des ailes postérieures, disposées en éventail, on trouve successivement des taches cyan, puis noires et enfin jaunes ton sur ton.

Femelle, de dos

Le corps de la femelle est comme celui du mâle sauf que la face dorsale de l’abdomen est brune.

La face dorsale des ailes antérieures est brune, décorée de lancettes blanches. Près du bord des ailes postérieures, les lancettes sont tricolores (blanc, brun et jaune).

Femelle, de côté

On retrouve les mêmes motifs sur la face ventrale des ailes.

Femelle et mâle s’accouplant

Les femelles pondent leurs œufs sur des lianes herbacées appartenant à la famille des Aristolochiacées puisque leurs chenilles se nourrissent exclusivement de ces plantes.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectif M.Zuiko 40-150 mm F/2,8 + multiplicateur de focale MC-14
1re photo : 1/250 sec. — F/7,1 — ISO 4000 — 210 mm
2e  photo : 1/160 sec. — F/4,0 — ISO 500 — 87 mm
3e  photo : 1/320 sec. — F/5,6 — ISO 800 — 210 mm
4e  photo : 1/250 sec. — F/5,6 — ISO 2500 — 150 mm
5e  photo : 1/320 sec. — F/4,0 — ISO 200 — 210 mm
6e  photo : 1/250 sec. — F/4,0 — ISO 400 — 210 mm


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L’Ornithoptera priamus
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L’Agraulis nacré

19 avril 2018
Face dorsale des ailes

L’Agraulis nacré (ou Agraulis vanillae) est un papillon qui habite le centre du continent américain, du sud des États-Unis jusqu’en Amérique du Sud. L’envergure de ses ailes est de 6 à 9,5 cm.

Il est doté d’yeux caramel particulièrement grands et de solides antennes dont le bout arrondi est tourné vers l’extérieur.

La face dorsale de l’abdomen et des ailes est orange vif.

Dans le cas des ailes, celles-ci sont décorées de taches et de cercles noirs. Entre deux et six de ces points noirs — situés en haut des ailes antérieures — ont leur centre habituellement blanc (ce qui n’est pas le cas chez le spécimen ci-dessus).

Face ventrale des ailes

La face ventrale des ailes antérieure ressemble à leur face dorsale, sauf que l’apex est marbré de beige et de marron, décoré de langues blanches irrégulières. C’est une décoration retrouvée sur la face ventrale des ailes postérieures.

De biais
En majesté

Contrairement aux héliconius — auxquels l’Agraulis nacré serait un cousin — ce papillon se nourrit exclusivement de nectar.

La diète de la chenille se compose du feuillage des plantes appartenant à la famille de la passiflore. Résistantes à leur toxicité, les chenilles deviennent indigestes, ce qui les protège des prédateurs. C’est un avantage que la chenille passe au papillon adulte.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectifs M.Zuiko 60 mm F/2,8 Macro (3e photo) et M.Zuiko 40-150 mm F/2,8 + multiplicateur de focale MC-14 (les autres photos)
1re photo : 1/250 sec. — F/8,0 — ISO 800 — 130 mm
2e  photo : 1/250 sec. — F/4,0 — ISO 250 — 210 mm
3e  photo : 1/125 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 60 mm
4e  photo : 1/320 sec. — F/6,3 — ISO 400 — 210 mm


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L’Agraulis nacré
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Héliconius d’Hewitson

18 avril 2018
Face dorsale des ailes
Face ventrale des ailes
En majesté

Découvert en 1875 par le naturaliste britannique William-Chapman Hewitson, l’Héliconius d’Hewitson (ou Heliconius hewitsoni) est un papillon qui habite l’ouest du Panama et la côte Pacifique du Costa Rica (du niveau de la mer jusqu’à 1 100 m d’altitude).

Il possède de grands yeux, de longues antennes et des ailes qui s’étirent sur 7 à 8 cm d’envergure. En raison de l’atrophie de ses deux pattes antérieures, il n’utilise que quatre pattes pour marcher.

Sur leur face dorsale, les ailes sont noires devenant progressivement bleu foncé vers le thorax et l’abdomen. Chaque aile antérieure est traversée verticalement de deux bandes blanches ou jaunâtres tandis que chaque aile postérieure l’est, horizontalement, d’une seule, plus large, éloignée du bord.

Sur leur face ventrale, les ailes n’ont pas ce dégradé du noir au bleu. Toutefois, elles portent les mêmes bandes pâles, cette fois sur fond presque noir. De plus, les ailes postérieures sont décorées de deux jets rouges et de trois gros points de la même couleur.

Comme les autres héliconius, ce papillon se nourrit de pollen, ce qui lui permet de vivre plusieurs mois.

Les femelles pondent sur les feuilles des plantes de la famille de la passiflore puisque ce sont les seules dont se nourrissent les chenilles (insensibles à la toxicité de ces plantes).

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectif M.Zuiko 60mm F/2,8 Macro
1re photo : 1/125 sec. — F/6,3 — ISO 1600 — 60 mm
2e  photo : 1/125 sec. — F/5,6 — ISO 1250 — 60 mm
3e  photo : 1/125 sec. — F/6,3 — ISO 400 — 60 mm


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Héliconius d’Hewitson
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Le Voilier échiquier

13 avril 2018
Face dorsale du mâle
Papillon de biais

Le Voilier échiquier (ou Papilio demoleus) est un papillon dont la face dorsale est noire, tachetée de blanc, et décorée d’un ocelle anal rouille, noir et bleu bien visible.

Cet ocelle est moins allongé chez la femelle. L’extrémité de l’abdomen du mâle est pointue alors qu’elle est arrondie chez la femelle non fécondée.

Le haut de chaque aile postérieure est décoré d’un autre ocelle, celui-là rond, qui est habituellement recouvert (donc caché) par l’aile antérieure.

La taille et la silhouette de ce papillon sont très semblables à celles du Voilier mormon mâle.

Son envergure est lui aussi de 7 à 10 cm et tous les deux possèdent de grands yeux et de belles antennes retroussées (un peu plus fortes chez le Voilier échiquier).

Femelle, vue de côté
En majesté

Sur la face ventrale des ailes, le noir occupe une place moins importante en raison du fait que les mêmes taches pâles observées sur la face dorsale sont ici plus grandes et qu’une partie du noir a été remplacé par des rectangles ou des ocelles caramel bordés de bleu poudre.

Près des épaules, sur la face dorsale, les écailles blanches qui dessinent un motif tigré sont remplacées sur la face ventrale par une série de lignes courbes en éventail (qu’on entrevoit sur la photo ci-dessus).

Noir moucheté de blanc sur la face dorsale, l’abdomen dodu est crème (rayé de trois lignes noires) sur sa face ventrale.

Mâle et femelle

La face ventrale des ailes postérieures permet de distinguer facilement le mâle de la femelle puisque chez celle-ci, les taches pâles sont jaunes au lieu de blanches ou crème.

Les chenilles de ce papillon se nourrissent de feuilles des plantes appartenant au genre citrus (orangers, citronniers, limettiers, etc.).

Originellement, ce papillon vivait dans les régions tropicales et subtropicales du Sud-est asiatique.

Avec l’extension des cultures d’agrumes à travers le monde, l’aire de répartition de ce papillon migrateur s’est accrue d’autant.

On le trouve donc sur tous les continents, sauf en Afrique. Son arrivée en Amérique remonte à 2004. En Europe, il est au Portugal depuis 2012.

La femelle pond ses œufs sur la partie supérieure des feuilles. Ceux-ci éclosent après cinq à neuf jours.

Selon la température, la chenille se développe pendant 15 à 26 jours en causant des dommages importants aux plantations d’agrumes. Souvent parasitée par des guêpes, la chrysalide mettra de 8 à 19 jours avant d’éclore.

Se nourrissant exclusivement de nectar, le papillon vit environ une semaine.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectif M.Zuiko 40-150mm F/2,8 + multiplicateur de focale MC-14
1re photo : 1/250 sec. — F/7,1 — ISO 250 — 210 mm
2e  photo : 1/320 sec. — F/5,6 — ISO 800 — 150 mm
3e  photo : 1/320 sec. — F/5,6 — ISO 640 — 140 mm
4e  photo : 1/320 sec. — F/7,1 — ISO 1000 — 150 mm
5e  photo : 1/250 sec. — F/9,0 — ISO 200 — 210 mm


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Le Voilier échiquier
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L’Héliconius cydno galanthus

14 mars 2018

Introduction

Ce papillon bleu foncé possède des ailes antérieures qui semblent étirées, de grands yeux, de longues antennes droites, et quatre hautes pattes (les deux pattes antérieures étant atrophiées).

Sa chenille se nourrit de passiflore, ce qui la rend indigeste et la protège (elle et le papillon adulte) des prédateurs.

Comme tous les Héliconius, le papillon adulte se nourrit de pollen en plus de nectar, ce qui prolonge son espérance de vie de quelques semaines à quelque mois.

Du bord de mer juqu’à deux-mille mètres d’altitude, il vit dans la forêt tropicale côtière du sud du Mexique à l’Équateur. Il s’y présente sous forme d’une vingtaine de sous-espèces légèrement différentes les unes des autres.

Nous décrivons ici l’une d’elles, l’Héliconius cydno galanthus, originaire de la partie la plus nordique de l’aire de distribution de ce papillon. C’est là que se trouvent les fermes auprès desquelles le Jardin botanique de Montréal s’approvisionne pour son événement Papillons en liberté.

Face dorsale des ailes

Face dorsale

Comme tous les autres Héliconius, lorsque ce papillon déploie ses ailes, il ne les lève jamais très haut. Le résultat est que le bord supérieur des ailes antérieures est à la hauteur des épaules.

Chez ce papillon, toute la surface dorsale des ailes est recouverte d’écailles lustrées de couleur bleu foncé, à l’exclusion d’une large bande verticale blanche qui traverse chaque aile antérieure.

Sur le bord des ailes postérieures, cette bande blanche se prolonge dans une série de points blancs de taille décroissante.

Prenant la forme des doubles cotylédons d’un pois sec, ces points sont au minimum de trois à l’apex ou, au maximum, réparties tout le long du bord des ailes postérieures, comme c’est le cas du paillon ci-dessus.

Sur la face dorsale des ailes, cette série de points est la seule chose qui permet de distinguer ce papillon de l’Héliconius sapho (dont la surface ventrale des ailes est toutefois très différente).

Face ventrale des ailes

Vue de côté

La surface ventrale des ailes antérieures est une copie de leur surface dorsale sauf que les zones blanches blanches se dessinent sur fond noir près du thorax, pâlissant vers l’apex en gris brunâtre.

Vue de côté

La surface ventrale des ailes postérieures est légèrement satinée.

Si on exclu un fin jet d’écailles blanches sur fond orange qui semble jaillir du thorax, à la bordure supérieure des ailes postérieures, celles-ci ont l’aspect d’un œil orange entouré (et traversé) de noir.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectif M.Zuiko 40-150mm F/2,8 + multiplicateur de focale MC-14
1re photo : 1/250 sec. — F/7,1 — ISO 200 — 210 mm
2e  photo : 1/320 sec. — F/5,6 — ISO 1600 — 200 mm
3e  photo : 1/250 sec. — F/5,6 — ISO 2000 — 210 mm


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L’Héliconius cydno galanthus
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La Belle-Dame

25 juillet 2017
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Introduction

La Belle-Dame ou le Vanesse des chardons (Vanessa cardui) est probablement le papillon diurne le plus commun au monde. On le retrouve sur tous les continents sauf l’Amérique du Sud et l’Antarctique. De plus, il est absent d’une bonne partie de l’Océanie.

Après le papillon Monarque, la Belle-Dame est le papillon qui accomplit les plus grandes migrations, parcourant environ 1 200 km, ce qui est remarquable pour sa taille; l’envergure de ses ailes est de 4 à 7 cm.

Puisqu’elle n’hiberne pas au Québec, la Belle-Dame migre vers le sud des États-Unis et le Mexique en automne pour revenir chez nous entre mai et juillet. Elle connait plusieurs cycles reproductifs par année.

Au Québec, une première génération du papillon se rencontre de la dernière semaine de mai à la mi-juillet tandis que la seconde s’observe de la troisième de juillet à la mi-octobre.

Normalement, ce papillon ferme les ailes après s’être posé sur une fleur pour s’y nourrir. Toutefois, si un autre insecte se pose sur la même fleur, la Belle-Dame les déploie afin de protéger sa collation et n’hésitera pas à chasser l’intrus en le frappant de ses ailes puissantes.

Cette espèce doit son abondance à la grande variété de plantes qui font partie de l’alimentation de sa chenille. La femelle disperse donc ses œufs un peu partout, un seul œuf par plante. L’incubation dure une semaine.

Afin d’échapper à ses prédateurs, la chenille tisse une tente dans laquelle elle emprisonne le feuillage qui constituera son garde-manger. Lorsque cette tente s’avère insuffisante, la chenille en crée une plus grande. Au total, elle vivra deux à six semaines, à l’issue desquelles elle forme une chrysalide.

Aux États-Unis, cela cause des dommages considérables aux plantations de soya.

Le papillon émerge de la chrysalide après 7 à 17 jours.

Face dorsale des ailes

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Sur leur face dorsale, les ailes antérieures sont orange brulé. Elles sont décorées de motifs noirs ou brun foncé et d’un apex noir tacheté de blanc.

Ondulé, leur bord externe concave porte un fin ruban de poils blancs.

Le bord externe des ailes postérieures est également ondulé et se termine lui aussi par un ruban de fins poils blancs. Parallèlement à cette bordure, les ailes postérieures sont décorées d’une suite de taches, de losanges et de points brun foncé.

Près du thorax et de l’abdomen, les ailes (autant antérieurs que postérieures) sont partiellement recouvertes de longs poils bruns aux reflets dorés.

Face ventrale des ailes

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La face ventrale des ailes antérieures adopte les mêmes motifs que leur face dorsale avec la différence que l’apex est plus pâle et décoré d’une bordure décorative où alternent le brun, le gris et le beige. Vers le thorax, la couleur orangée devient saumon.

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La face ventrale des ailes postérieures est complètement différente de leur face dorsale. Chamarrées de beige et de blanc, elles portent près de leur bord cinq ocelles de couleurs différentes.

Près du thorax, les ailes postérieures sont recouvertes de courts poils beiges.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectif M.Zuiko 40-150mm F/2,8
1re photo : 1/800 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 150 mm
2e  photo : 1/1250 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 150 mm
3e  photo : 1/320 sec. — F/5,0 — ISO 200 — 150 mm
4e  photo : 1/1250 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 150 mm
5e  photo : 1/250 sec. — F/5,0 — ISO 250 — 150 mm
6e  photo : 1/1000 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 150 mm
7e  photo : 1/640 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 150 mm


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La Belle-Dame
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Les secrets des papillons Héliconius

4 avril 2017

Les chenilles d’Heliconius se nourrissent de feuilles de passiflore. Accumulant les toxines qui s’y trouvent, elles acquièrent une toxicité qui les protège des prédateurs, même parvenues à l’état de papillon.

De tous les papillons, ceux du genre Heliconius ont la particularité d’être les seuls qui se nourrissent de pollen en plus du nectar.

Cet apport richement protéiné leur confère une durée de vie de plusieurs mois, contrairement aux autres papillons qui ne vivent généralement que quelques semaines.

À l’université de Californie, l’équipe de la professeure Adriana Briscoe a entrepris d’étudier spécifiquement les Héliconius et plus particulièrement l’H. érato.

Ses recherches ont révélé d’intéressantes découvertes.

Trompe de l’Héliconius érato

La trompe des Héliconius est plus longue que la moyenne des autres papillons. De plus, cette trompe qui nous semble lisse, ne l’est pas en réalité. Elle est hérissée de poils courts et, à son extrémité effilée, de papilles gustatives.

Ces poils ont pour but de capter les grains de pollen.

En déployant et en enroulant leur trompe, les Héliconius broient ce pollen. De plus, leurs glandes salivaires sont plus développées que celles des autres papillons : elles sécrètent des protéases, c’est-à-dire des enzymes capables de digérer les protéines du pollen.

Mais les recherches du Dr Briscoe ont permis de préciser que les poils de la trompe, ceux qui captent justement le pollen, contiennent également des protéases.

Puisque les Héliconius ne sont pas capables de rétracter leur trompe dans leur bouche, la surface de cette trompe est capable d’absorber les acides aminés libérés par la dégradation des protéines sous l’action des protéases de leurs poils.

En somme, contrairement à celle des éléphants, la trompe de l’Héliconius est un organe digestif.

Certaines de ces protéases se retrouvent également dans le code génétique d’autres papillons, notamment du papillon Isabella, apparenté aux Héliconius.

Chez les papillons qui ne se nourrissent que de nectar, ces enzymes étaient utiles au cours leur période larvaire ou servent des fins métaboliques (plutôt que digestives) chez le papillon adulte.

À titre d’exemple, chez la chenille des papillons de nuit, une protéase sert à dissoudre la soie (protéique) afin de ‘zipper’ le cocon et emprisonner la chrysalide.

Parvenus à l’âge adulte, certains papillons choisissent de réprimer l’expression de gênes devenus inutiles. Tout comme les humains qui cessent de boire du lait à l’âge adulte et qui deviennent intolérants au lactose parce qu’ils répriment leur fabrication de l’enzyme qui dégrade ce sucre.

Heliconius érato

On sait depuis longtemps que les papillons femelles sécrètent des substances volatiles (appelées phéromones) qui attirent les papillons mâles et que ces derniers peuvent, chez certaines espèces, reconnaître à des kilomètres.

Au cours de recherches récentes effectuées sur l’H. érato, on a découvert que les yeux de ce papillon sont dotés de photorécepteurs spécialisés.

L’un d’eux est pour le rouge dont la longueur d’onde est d’environ 600nm. On soupçonne que cela permet à ce papillon de voir les bandes rouges des papillons de son espèce sans remarquer celles, très semblables, d’H. melpomène. Tout comme l’ultraviolet est noir à nos yeux.

Références :
Gene Duplication and Gene Expression Changes Play a Role in the Evolution of Candidate Pollen Feeding Genes in Heliconius Butterflies
Sexual dimorphism in the compound eye of Heliconius erato: a nymphalid butterfly with at least five spectral classes of photoreceptor

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectif M.Zuiko 40-150 mm F/2,8 (2e photo) avec multiplicateur de focale MC-14 (1re photo)
1re photo : 1/250 sec. — F/5,6 — ISO 640 — 150 mm
2e  photo : 1/320 sec. — F/5,6 — ISO 2000 — 150 mm

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Le papillon Petite tache

29 mars 2017

Introduction

La Petite tache (ou Myscelia cyaniris) est un papillon dont l’envergure est de 6cm.

Il habite les régions boisées à moins de 700m d’altitude, du Sud des États-Unis au Pérou. Il s’y nourrit de fruits fermentés, complétés au besoin de déjections animales.

Ses chenilles sont vertes, couvertes d’épines ramifiées tandis que sa chrysalide est verdâtre et difforme. Ce papillon peut vivre jusqu’à une année.

Description

Face dorsale du papillon mâle
En majesté

La Petite tache se caractérise par des antennes droites, légèrement plus amples à leur extrémité, des yeux ovales exorbités et les deux pattes antérieures atrophiées (ce qui ne lui laisse que quatre pattes pour marcher).

Le bord externe des ailes est ondulé et décoré d’une frange de courts poils très pâles. L’apex des ailes antérieures se termine en marteau.

Sur leur face dorsale, la moitié externe des ailes antérieures porte des taches blanches alors que six bandes horizontales colorées alternent sur le reste du papillon.

Papillon mâle, vu de biais

Chez le mâle, ces bandes sont cyan sur fond noir iridescent bleu foncé. Chez certains spécimens, la première de ces bandes est blanche.

Face dorsale du papillon femelle

Chez la femelle, les bandes cyan sont moins vives, devenant rosées aux ailes postérieures, le tout sur fond brun.

Vu de côté

Lorsqu’il se trouve sur l’écorce d’un arbre, ce papillon n’a qu’à joindre les ailes pour se dissimuler et échapper à ses prédateurs.

Toutefois, c’est ce camouflage bariolé de brun qui vaut à la Petite tache son surnom français peu flatteur.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectif M.Zuiko 40-150 mm F/2,8 + multiplicateur de focale MC-14 (les trois premières photos) et M.Zuiko 60 mm F/2,8 Macro (les deux dernières photos)
1re photo : 1/250 sec. — F/4,0 — ISO 500 — 210 mm
2e  photo : 1/250 sec. — F/5,6 — ISO 800 — 180 mm
3e  photo : 1/250 sec. — F/4,0 — ISO 1600 — 210 mm
4e  photo : 1/200 sec. — F/5,6 — ISO 200 — 60 mm
5e  photo : 1/125 sec. — F/5,6 — ISO 800 — 60 mm


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Le papillon Petite tache
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Le Tithorea tarricina

28 mars 2017

Introduction

D’une envergure de sept à huit centimètres, le Tithorea tarricina est un papillon orange et noir tacheté de blanc. Il habite à la lisière des terrains boisés d’Amérique centrale, jusqu’à 1 500 mètres d’altitude.

Sa chenille se nourrit de plantes de la famille des Apocynacées, plus particulièrement du genre Prestonia. À l’issue de sa croissance, la chenille forme une chrysalide dorée.

Le papillon qui en émerge se caractérise par ses antennes tombantes noires, ses longues pattes, son abdomen orange, ses ailes postérieures rondes et ses ailes antérieures noires mouchetées d’environ onze taches blanches.

Le bord extérieur des ailes est décoré de touffes de poils blancs se disposant de part et d’autre à l’extrémité des veines.

Aspect satiné du noir des ailes

Un de ses surnoms anglais est Spotted Tiger Glassywing en raison du fait que le noir des ailes est satiné.

Description comparative

En raison de son polymorphisme, on trouve de multiples variétés de ce papillon. Celles-ci se distinguent par leur distribution géographique et de petites différences anatomiques.

Nous verrons ci-dessous le Tithorea tarricina duenna (qui habite le Mexique et le Honduras) et le Tithorea tarricina pinthias (trouvé plus au sud, au Costa Rica, au Honduras, au Nicaragua et à Panama).

Face dorsale des ailes

Le Tithorea tarricina duenna
Le Tithorea tarricina pinthias

Ce qui distingue le Tithorea tarricina duenna, ce sont deux choses. Premièrement ce jet orange qui, sur l’aile antérieure, semble jaillir du thorax. Et deuxièmement, la bande noire qui traverse la zone orange des ailes postérieures.

Dans un cas comme dans l’autre, près du bord externe des ailes postérieures, on peut entrevoir en gris, une série de petites taches situées en réalité sur la face ventrale des ailes.

Face ventrale des ailes

Le Tithorea tarricina duenna, de côté
Tithorea tarricina pinthias, de côté
Le Tithorea tarricina pinthias, de face

La face ventrale des ailes de ce papillon ressemble à leur face dorsale. Toutefois, près du bord externe, s’ajoute une série de taches blanches (plus petites sur les ailes antérieures). Ce sont elles qu’on entrevoit sur la face dorsale des ailes.

Dans le cas précis de la variété duenna, s’ajoute également une délicate bruine d’écailles blanches qui semble jaillir de la bande noire qui traverse les ailes postérieures.

Pour terminer, certaines variétés de Tithorea tarricina ressemblent à l’Heliconius hecale. On trouvera à la fin du texte consacré à ce dernier, ce qui permet de les distinguer.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectifs M.Zuiko 60 mm F/2,8 Macro (5e photo) et M.Zuiko 40-150mm F/2,8 + multiplicateur de focale MC-14 (les autres photos)
1re photo : 1/320 sec. — F/4,0 — ISO 250 — 210 mm
2e  photo : 1/250 sec. — F/4,0 — ISO 800 — 210 mm
3e  photo : 1/250 sec. — F/4,0 — ISO 500 — 210 mm
4e  photo : 1/320 sec. — F/4,0 — ISO 1000 — 210 mm
5e  photo : 1/125 sec. — F/5,6 — ISO 4000 — 60 mm
6e  photo : 1/250 sec. — F/4,0 — ISO 800 — 210 mm


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Le Tithorea tarricina
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La Saturnie cécropia

27 mars 2017

Introduction

La Saturnie cécropia (ou Hyalophora cecropia) est le plus grand papillon du Québec. Son nom est inspiré de la mythologie.

Dans la mythologie romaine, Saturne était un titan (une divinité géante) qui sommeillait une bonne partie de l’année. Selon la mythologie grecque, Cécrops fut le fondateur d’Athènes.

Biologie

La Saturnie cécropia habite toutes les régions du Québec au sud de la Baie James, plus précisément là où poussent des feuillus (dont sa chenille consomme les feuilles).

Au Canada, on trouve ce papillon dans toutes les provinces sauf en Colombie-Britannique et à Terre-Neuve. On le rencontre également dans les États du centre et de l’Est des États-Unis.

Alors que beaucoup d’espèces de papillons se succèdent à raison de plusieurs générations par année, celle-ci est univoline, c’est-à-dire que son cycle de vie (de la ponte de l’œuf au papillon adulte) peut s’étendre sur toute une année.

La femelle pond ses œufs sur le feuillage d’un grand nombre d’arbres et de plantes; aulnes, bouleaux, érables, frênes, peupliers et arbres fruitiers.

Les œufs éclosent dix à quinze jours après la ponte.

À l’éclosion, la chenille mesure environ 5 mm. Elle se nourrit des feuilles de la plante sur laquelle elle est née.

Au cours de son existence, la chenille revêtira plusieurs aspects et atteindra finalement la taille respectable de 8 à 10 cm.

Contrairement aux chenilles qui se nourrissent de plantes toxiques, les chenilles de la Saturnie cécropia sont comestibles et conséquemment, sont victimes de nombreux prédateurs, notamment des chauvesouris et les écureuils.

Cette chenille peut également être parasitée par d’autres insectes plus petits qui viennent pondre leurs œufs dans la chenille ou à sa surface.

Seule une minorité d’entre elles vivront assez longtemps pour se transformer en chrysalide et passer l’hiver dans leur cocon de soie.

En mai et juin, le papillon en émerge. Son envergure est comprise entre 15 et 16 centimètres.

Le papillon adulte ne se nourrit pas en raison de l’atrophie de sa trompe. Il vit donc moins de deux semaines, grâce aux réserves accumulées pendant qu’il était une chenille.

La vie du mâle adulte se résume à la recherche nocturne d’une partenaire, attiré par les phéromones émises par la femelle et que le mâle peut détecter à plusieurs kilomètres.

Description du papillon adulte

Puisque la Saturnie cécropia est un papillon de nuit, la distinction entre les sexes est extrêmement facile; les antennes en râteau de ce papillon ont des dents beaucoup plus longues chez le mâle que chez la femelle.

Face dorsale du papillon femelle

De chaque côté du papillon, sur sa face dorsale, les ailes sont décorées d’un croissant de couleur orange brulé sur fond moucheté de brun et de noir.

De plus, un ruban orange brulé suit parallèlement le bord extérieur des ailes.

Un collier blanc sépare la tête et le thorax recouverts de poils orange brulé. Cette couleur se retrouve également sur les solides pattes et, sur l’abdomen, en alternance avec des couches horizontales de blanc.

Papillon mâle de biais
Papillon femelle de biais
Papillon femelle de côté

La face ventrale des ailes est semblable à leur face dorsale, mais dans des teintes légèrement atténuées.

Je vous invite à cliquer sur la photo ci-dessous pour accéder à sa version à haute définition et juger par vous-mêmes de la beauté extraordinaire de ce papillon.

Détail de la face ventrale des ailes

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectif M.Zuiko 40-150mm F/2,8 (5e photo) avec multiplicateur de focale MC-14 (les autres photos)
1re photo : 1/250 sec. — F/4,0 — ISO 1000 — 135 mm
2e  photo : 1/250 sec. — F/4,0 — ISO 250 — 135 mm
3e  photo : 1/320 sec. — F/4,0 — ISO 800 — 160 mm
4e  photo : 1/250 sec. — F/4,0 — ISO 400 — 150 mm
5e  photo : 1/200 sec. — F/5,6 — ISO 640 — 95 mm


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La Saturnie cécropia
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7 commentaires

| Entomologie, Nature | Mots-clés : , , | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


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