La retraite du prince Phillip

5 mai 2017

L’Agence France-Presse nous apprenait hier que le prince Phillip — l’époux de la reine d’Angleterre — avait décidé de prendre sa retraite.

Mais il prend sa retraite de quoi au juste ? Il n’a jamais travaillé de sa vie !

Il a couru le gibier à cheval. Il a coupé des rubans à des inaugurations. Il s’est penché plusieurs fois pour déposer des fleurs sur les tombes de soldats morts pour assurer la gloire de la race anglaise. Il a fumé le cigare en faisant la promotion du scotch écossais. Et, noblesse oblige, il a fait quelques enfants à la reine.

Cela est évidemment très méritoire. Mais est-ce cela travailler ?

S’il pense que oui, je l’invite à rencontrer n’importe quelle cheffe de famille monoparentale qui doit concilier travail et famille, servir le déjeuner des enfants, les porter à la garderie, se présenter au travail, faire l’épicerie en vitesse en fin d’après-midi, aider aux devoirs, assurer la discipline, préparer le souper, demander aux enfants de ramasser leurs traineries, se battre pour qu’ils aient au lit, préparer le lunch des enfants pour le lendemain, etc.

Au contraire, ce gars-là est l’ultime exemple du bon à rien. Sait-il seulement comment faire cuire un œuf ?

Référence :
Le prince Philip, 95 ans, prend sa retraite cet automne

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Rater la perfection

1 mai 2017
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Au secondaire, dès qu’on m’enseigna la chimie, ce fut le coup de foudre.

Dans les vitrines de Noël de Beaudry Sports, parmi les lumières scintillantes et les couleurs criardes des objets en vitrine, rien n’avait autant attiré mon attention que ce nécessaire de chimie Kay, importé d’Angleterre.

Le manuel d’instruction donnait la recette de 162 expériences permettant de découvrir quelques-uns des plus extraordinaires secrets de la composition de l’univers.

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Pouvais-je imaginer qu’un an ou deux plus tard, mes parents m’offriraient le triptyque métallique Chemistry Lab No. 510. Avec un nom pareil, il ne pouvait s’agir que d’un produit américain. Plus moderne et plus complet, cet outil fit reculer davantage les frontières de l’inconnu.

Adolescent, j’adorais la chimie. C’était simple, logique et parfaitement prévisible. Bref, le contraire des filles. Au cours d’une démonstration, combien de fois ai-je vu des professeurs de physique perdre la face ? Jamais ceux de chimie.

Dans la cuisine abandonnée du premier étage de la maison familiale, le comptoir émaillé faisait office de table de laboratoire. Son lavabo servait à faire disparaitre discrètement les traces des innombrables échecs de mes premières expériences.

Que de liquides nauséabonds, que d’écumes dangereusement envahissantes ont disparu dans les profondeurs des égouts de la ville…

En pré-universitaire, j’étudiais au collège Roussin. À l’époque, le ministère de l’Éducation n’attachait aucune importance aux notes attribuées par cette institution privée en cours d’année; seul son examen à lui, en fin d’année, comptait.

Nous étions tous réunis dans l’aréna du collège, transformé pour l’occasion en grande salle d’examen.

Chacun d’entre nous était attablé derrière son pupitre. Celui-ci était parfaitement aligné au sein d’une des six rangées qui s’étendaient jusqu’au fond de l’ancienne patinoire.

Dans les estrades, des surveillants marchaient de long en large, prêts à débusquer les tricheurs.

Au départ de l’examen, un messager apportait au surveillant principal une mystérieuse enveloppe scellée renfermant les questionnaires ministériels. Ceux-ci étaient immédiatement distribués.

Il s’agissait de cinquante questions à deux points.

Les deux heures de ce sprint se déroulèrent au son feutré du papier labouré par des crayons à mine ou frotté nerveusement par des effaces. Parfois, un crayon échappé sur le ciment faisait résonner au loin la voute métallique de l’aréna.

Après les quelques semaines nécessaires à la compilation des résultats, je pris connaissance de ma note; 99,8%.

99,8% ? Mais qu’est-ce que c’est que cette histoire ? Comment peut-on avoir un tel score à l’issue d’un examen de cinquante questions à deux points ? Ce peut être 98% ou 100% mais rien entre les deux.

Ma première hypothèse fut que la moyenne québécoise avait été trop basse et qu’on aurait majoré tous les résultats par un certain pourcentage. Une chose impensable de nos jours…

Ou – seconde hypothèse – que les fonctionnaires du ministère ont réalisé que certaines questions avaient été mal rédigées et conséquemment mal comprises : on aurait donc compilé les notes en ne tenant compte que des ‘bonnes’ questions et reporté le tout en pourcentage.

Cela donnerait 99,8%. Bon.

Si cela peut être frustrant d’ignorer la note qu’on méritait vraiment, on se console très vite avec 99,8%.

Mais imaginons une troisième hypothèse.

Supposons que le ministère de l’Éducation n’ait pas prévu que quelqu’un puisse obtenir une note parfaite. Incapable d’accorder 100%, on aurait mis le maximum prévu soit 99,8%.

Alors là, ce n’est plus pareil.

Imaginez. Obtenir 60%, cela n’est pas trop forçant.

En étudiant quelques heures de plus, on peut atteindre 70%.

Pour avoir 80%, c’est déjà plus difficile.

Mais passer à 90% et même à chaque pourcentage supplémentaire, la somme de travail devient exponentielle.

Voilà pourquoi, par exemple, passer de 98% à 100%, cela exige un travail colossal.

Évidemment, je n’ai pas passé mes nuits à préparer cet examen. Mais si le hasard a fait que j’ai bien répondu à toutes les questions, cette chance inouïe ne s’était jamais produite avant et ne s’est jamais reproduite depuis.

C’est comme la différence entre avoir tous les chiffres à la loterie ou en manquer un. Qu’est-ce qui est préférable ? Gagner cinquante-millions$ ou une belle participation gratuite ?

Le plus triste dans cette histoire, c’est que même sur mon lit de mort, il y aura toujours un doute dans mon esprit; ai-je bénéficié de la majoration d’une note insignifiante ou avais-je, pour une fois dans ma vie, touché à la perfection…

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectif M.Zuiko 12-40mm F/2,8
1re photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 640 — 17 mm
2e  photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 500 — 17 mm

Rater la perfection
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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le totalitarisme de la United Airlines

11 avril 2017

Coutumière au sein des compagnies aériennes, la surréservation est la réservation d’un nombre de places supérieur au nombre réel.

C’est un moyen d’augmenter la profitabilité de l’entreprise puisqu’en cas d’une annulation de dernière minute, non seulement le passager qui renonce à voyager n’a habituellement pas le droit à un remboursement, mais sa place ne restera pas vide, déjà vendue à un passager surnuméraire.

Ce qui pose le problème des voyageurs en trop quand les annulations n’ont pas été aussi nombreuses qu’espéré.

La solution consiste à offrir une compensation à tout passager qui renoncerait à partir sur ce vol jusqu’à ce que cette offre ait été acceptée par suffisamment de gens.

Mais qu’arrive-t-il quand l’offre de la compagnie est jugée insuffisante ? Celle-ci peut augmenter son offre.

Mais United Airlines a choisi une solution plus économique; cette solution consiste à tirer au sort les passagers qui seront ‘priés’ de quitter l’avion.

Mais priés est un bien grand mot. Il serait plus juste de dire sommés puisqu’en cas de refus, ils sont expulsés manu militari.

C’est ce qui est arrivé il y a deux jours sur un vol reliant Chicago à Louisville (au Kentucky). Un des passagers tirés au sort avait des engagements qu’il devait respecter.

Devant son refus obstiné, le passager récalcitrant a été jugé perturbateur et ‘belligérant’.

United Airlines s’est donc prévalue des procédures prévues par les lois antiterroristes américaines en pareil cas.

Appelés en renfort, des agents de sécurité ont donc arraché ce passager de son siège.

Au cours de cette expulsion particulièrement violente, le visage du passager a percuté l’accoudoir du siège situé de l’autre côté de l’allée.

Avertissement : cette vidéo est déconseillée aux personnes sensibles

À la fermeture de la bourse lundi, l’action d’United Continental Holdings, qui opère United Airlines, était en hausse de 1%.

Toutefois, ce passager ayant des traits asiatiques, la vidéo de son expulsion musclée a causé un scandale en Chine. Sur le site de microblogage Sina Weibo, hybride entre Twitter et Facebook, la vidéo a été vu 130 millions de fois en une seule journée.

Or United Airlines tire le septième de ses revenus de ses vols asiatiques.

Aujourd’hui, l’action de la compagnie a chuté de deux pour cent à la bourse de New York, ce qui correspond à une diminution de sa valeur capitalisée d’un milliard de dollars américains.

Références :
Thanks to United Airlines, is flying while Asian something to fear?
United Airlines CEO calls dragged passenger ‘disruptive and belligerent’
United Airlines : l’évacuation forcée d’un passager d’un vol fait scandale aux Etats-Unis
United Airlines shares fall 4% as Chinese react to passenger dragged off plane

Paru depuis :
Le passager expulsé va poursuivre United Airlines (2017-04-13)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Exploiter une usine en temps de guerre

2 mars 2017

C’est finalement aujourd’hui que le fabricant de matériaux de construction LafargeHolcim a admis avoir contribué en 2013 et en 2014 au financement de l’État islamique (ÉI) afin de poursuivre ses opérations à sa cimenterie syrienne de Jalabiya, en plein territoire contrôlé à l’époque par cette organisation terroriste.

L’accusation avait été portée par le quotidien Le Monde le 21 juin dernier. La compagnie avait nié catégoriquement.

Convoqué à ce sujet, un groupe parlementaire avait conclu deux mois plus tard à l’absence totale de fondement dans ces accusations.

Selon les parlementaires, rien ne permettait d’établir que le cimentier ait participé, directement ou indirectement, ni même de façon passive à ce financement.

Les preuves s’étant accumulées, l’entreprise a finalement avoué sa culpabilité, à la grande honte des parlementaires complaisants qui ont fait semblant de n’avoir rien vu.

Retour en arrière.

Acquise en 2007, la cimenterie de Jalabiya était le plus important investissement étranger en Syrie (hors du secteur pétrolier). Rénovée à grands frais, celle-ci avait rouvert ses portes en 2010.

Mais voilà qu’éclate la guerre en Syrie l’année suivante.

En décembre 2011, alors qu’un grand nombre d’entreprises européennes cessent leurs opérations en Syrie afin de se conformer aux sanctions européennes interdisant, entre autres, l’achat de brut syrien, la cimenterie poursuit ses opérations normalement.

Au début, diverses factions djihadistes s’affrontent dans la région où est située l’usine. Grâce aux versements mensuels d’un partenaire minoritaire de l’entreprise, la cimenterie soudoie tout le monde afin de poursuivre ses opérations.

Les accusations du Monde concernent notamment la période qui débute par la conquête de la région par l’ÉI en 2013, jusqu’au 19 septembre 2014, date au cours de laquelle l’ÉI s’empare de l’usine, qui cesse alors de fonctionner.

Que s’est-il passé au cours de cette période ?

La Syrie est située à la périphérie d’un immense champ pétrolier au Moyen-Orient. En raison de cette situation, ce n’est pas un important producteur de pétrole.

Avant la guerre, la production nationale servait principalement à assurer les besoins du pays.

La conquête des champs pétroliers syriens par l’ÉI faisait en sorte que toute consommation — que ce soit par des particuliers, des combattants ou des entreprises — provenait directement ou indirectement des installations contrôlées par l’ÉI.

En somme, toute consommation d’hydrocarbures — ce qui comprenait celle de la cimenterie — servait au financement de l’ÉI.

De plus, les employés de l’usine ne pouvaient pas traverser les divers points de contrôle de l’ÉI sans que la compagnie fournisse la liste de ses travailleurs et qu’elle ait acquitté les droits de passage des employés et des camions qui approvisionnaient l’usine et acheminaient sa production en traversant tout le territoire contrôlé par l’ÉI.

Bref, il était impossible que la cimenterie ait pu poursuivre ses opérations sans contribuer au financement de l’ÉI, ce que finalement la compagnie a admis.

Références :
Comment le cimentier Lafarge a travaillé avec l’Etat islamique en Syrie
Financement de Daech : Lafarge blanchi par un rapport parlementaire
Le jeu dangereux de Lafarge en Syrie
Syrie : LafargeHolcim reconnaît que son usine a financé des groupes armés
Vidéo : le cimentier Lafarge aurait-il dû suspendre ses activités en Syrie ?

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Funérailles montréalaises de trois des victimes de l’attentat de Québec

5 février 2017

Le jeudi 2 février 2017, c’est à l’aréna Maurice-Richard que plus de cinq-mille personnes se sont réunies pour célébrer les funérailles religieuses de trois des victimes de l’attentat terroriste antimusulman de Québec.

Selon les peuples, les rites funéraires varient. Au Québec, l’exposition des dépouilles se fait plusieurs jours après le décès afin de permettre aux parents et amis venant de loin d’assister aux funérailles. Pour cette raison, les corps qui ne sont pas incinérés doivent être embaumés (ce qui consiste à retirer les viscères).

Le rituel funéraire musulman a été établi dans des pays dont le climat est désertique, à une époque où la climatisation n’existait pas.

Selon le rite musulman, les corps sont simplement lavés trois fois et enveloppés dans un linceul avant l’enterrement. Ce linceul est composé d’un nombre impair (généralement trois) pièces de tissu blanc. Quant à lui, l’enterrement doit avoir lieu dans les 24 heures qui suivent le décès.

En France, les démarches administratives font en sorte que les délais pour l’enterrement sont un peu plus longs. Conséquemment, les cercueils y sont obligatoires pour des raisons sanitaires.

Au Québec, seuls l’incinération ou l’enterrement après embaumement sont permis. Ce qui oblige les Québécois musulmans qui en ont les moyens de rapatrier les corps à l’Étranger pour que l’enterrement se fasse selon les rites de leur religion.

De plus, peu de cimetières québécois sont multiconfessionnels ou réservés aux Musulmans. Dans la Vieille capitale, il n’y en a aucun.

Dans le cas de trois des victimes, les frais de transport — environ 10 000$ — ont été assumés par les consulats de deux pays, d’où la présence de représentants diplomatiques à cette cérémonie.

Deux des trois victimes à qui on rendait hommage — Khaled Belkacemi et Abdelkrim Hassane — sont originaires du même village algérien. Le fait que tous les discours furent prononcés en français, en anglais ou en arabe, mais aucun en berbère (la langue maternelle de ces deux victimes), n’a pas échappé à l’attention de certains spectateurs.

Au bénéfice des internautes à la recherche de photos des personnalités qui y ont pris la parole, voici celles que j’en ai rapportées.

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M. Justin Trudeau, premier ministre du Canada
M. Philippe Couillard, premier ministre du Québec
M. Régis Lebeaume, maire de Québec
M. Denis Coderre, maire de Montréal
M. Saïd Fawaz, président du Conseil des imams du Québec
M. Mohamed Yangui, président du Centre culturel islamique de Québec
Mme Aziza Blili, de la Fédération des Canadiens musulmans
M. Abdelghani Cheriaf, consul général d’Algérie à Montréal
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Mme Habiba Zemmouri, consule générale du Royaume du Maroc à Montréal
M. Saramady Touré, ambassadeur de la Guinée au Canada
M. Moujib Arrahman, imam
M. Mehdi Tirkawi, imam de la mosquée Al Rawdah de Cartierville
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M. Zine Al Abidine Balafrej, imam

Références :
Des funérailles à Montréal pour trois des victimes de la tuerie de Québec
Enterrement musulman : déroulement des obsèques et rites funéraires

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Écrit par Jean-Pierre Martel


La fable des amours du singe et de la biche

17 janvier 2017

 

 
La semaine dernière, la nouvelle de l’accouplement d’un macaque et d’une biche sika a fait le tour du monde.

L’incident est survenu en novembre dernier sur l’ile romantique d’Yakusshima, en pleine saison de reproduction des macaques japonais.

Publiée dans la revue scientifique Primates, l’étude à ce sujet est signée par de sérieux chercheurs de l’université de Strasbourg et de l’université japonaise de Teikyo, témoins de la scène.

Selon les chercheurs, cette liaison d’une dizaine de secondes n’assurera pas de descendance ni à l’un ni à l’autre parce que les anatomies respectives des deux animaux ne permettent pas de pénétration.

Selon Radio-Canada, il s’agirait du quatrième exemple enregistré de relations sexuelles entre deux espèces différentes; dans les années 1990, un éléphant avait été vu tentant de s’accoupler avec un rhinocéros; en 2008, un chimpanzé avec une grenouille; et en 2014, un phoque avec un manchot empereur.

S’il m’est permis de passer sous silence le rôle des poupées gonflables, on me permettra de m’attarder sur le cas des chiots qui ‘zignent’.

Depuis des millénaires, tous les propriétaires de chiens savent qu’à l’adolescence, beaucoup de chiots ‘zignent’; ils se dressent sur leurs pattes d’en arrière pour frotter leurs organes génitaux sur la jambe d’un être humain, par exemple. Cela fait partie de la découverte normale de la sexualité chez les canins.

Cela m’est déjà arrivé lors d’un souper de famille où, malheureusement, aucun chercheur universitaire n’était invité.

Si cela avait été le cas, nos rapports sexuels auraient fait la couverture du Monde et j’en serais peut-être à conseiller les scénaristes d’un film de Walt Disney intitulé Le Bel et la Bête, dont la chanson-thème serait évidemment chantée par Céline Dion…

Références :
Interspecies sexual behaviour between a male Japanese macaque and female sika deer
Quand un singe tente de s’accoupler avec une biche
Un rapport sexuel entre un singe et une biche observé au Japon

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Décès de l’archevêque terroriste

2 janvier 2017

Quel enfant n’a pas été terrorisé à l’idée de bruler éternellement en Enfer s’il commettait de graves péchés, notamment ceux qui font le plus plaisir.

Le terrorisme de Monseigneur Capucci allait au-delà de son devoir de nous motiver à résister aux tentations du diable.

Le 18 aout 1974, alors qu’il était archevêque catholique de Jérusalem, Monseigneur Capucci a été arrêté par la police israélienne alors qu’il transportait des armes à feu.

Le prélat utilisait son statut diplomatique pour effectuer la contrebande d’armement pour le compte de l’OLP, une organisation terroriste.

Condamné à douze ans de prison, le prélat catholique revient dans l’actualité deux ans plus tard lors de la prise d’otages d’Entebbe, en Ouganda.

À cette occasion, des pirates aériens affiliés à l’OLP réclamaient sa libération (entre autres) en échange de la libération de leurs otages. Mais l’opération échouera.

Le prélat sera libéré en 1978 grâce à la Miséricorde divine… et des négociations secrètes du Vatican.

Son militantisme en faveur des Palestiniens a fait de lui un héros dans de nombreux pays arabes. Des timbres ont donc été émis à son effigie en Égypte, en Irak, au Koweït, en Libye, au Soudan et dans son pays natal, la Syrie.

C’est finalement hier qu’est décédé à Rome Hilarion Capucci, à l’âge de 94 ans.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le révolver de Paul Verlaine

30 novembre 2016

C’est plus tôt aujourd’hui qu’a été vendu aux enchères le révolver le plus célèbre de la littérature française.

L’arme doit sa renommée à un fait divers survenu le 10 juillet 1873.

Ce soir là, vers 20h, l’agent Michel de la police bruxelloise fait l’arrestation de Paul Verlaine sur la rue du Midi, près de la Place Rouppe.

Âgé de 29 ans, l’écrivain français est accusé d’avoir tenté d’assassiner le poète Arthur Rimbaud, de dix ans son cadet, avec lequel il partage depuis quelques jours un appartement situé à quelques rues de l’endroit où il est arrêté.

Paul Verlaine est un homme violent.

Sa mère a fait trois fausses couches. Elle parlait à ses fœtus, conservés précieusement dans des bocaux. Avec son front proéminent, Paul Verlaine leur ressemble. Il se trouve laid. Mal aimé, il saisit l’affection quand celle-ci passe sur son chemin; il a couru les bordels et couché avec des hommes.

En janvier 1872, il était tombé amoureux d’un adolescent, Arthur Rimbaud. De toute sa vie, ce dernier n’aura qu’une seule passion homosexuelle, celle avec Verlaine, brulante et toxique.

Après des séjours à Londres, Verlaine et Rimbaud sont dans la capitale belge en juillet 1873 au 1 rue des Brasseurs, près de la Grande Place.

En instance de séparation, Verlaine a écrit à sa femme à Paris pour lui dire que si elle ne venait pas le rejoindre à Bruxelles dans les trois jours, il se ferait sauter la cervelle.


 
À cette fin, ce matin-là, il a acheté aux Galeries St-Hubert un Lefaucheux de calibre 7mm à crosse de bois, fabriqué à Liège trois ans plus tôt.

Mais celle qu’il a violée un soir de beuverie, celle qu’il a trompée avec la bonne, ne viendra pas.

À l’appartement, Verlaine a montré son nouveau révolver à Rimbaud. Puis ils sont sortis. En raison de l’abondance des débits de boissons aux environs de la Grande Place, ils passent la matinée à boire.

De retour à l’appartement vers 14h, l’adolescent annonce à Verlaine son intention de le quitter. Fou de rage, Verlaine verrouille la porte, se retourne vers Rimbaud (à trois mètres de lui) et tire deux balles dans sa direction. L’une atteignant le jeune poète au poignet gauche et l’autre se loge au sol.

Le bruit de la détonation et la vue du sang ont calmé les belligérants. Pris de remords, Verlaine accompagne l’adolescent blessé à l’hôpital St-Jean où ce dernier sera pansé en attente d’une extraction de la balle sept jours plus tard. Mais le jeune poète en a assez; il veut partir sur-le-champ.

Ce soir-là, à mi-chemin vers la gare du Midi, plus précisément sur la Place Rouppe, Verlaine devance Rimbaud et se retourne vers lui en glissant la main dans sa poche. Rimbaud présume que c’est pour en sortir son arme.

Encore sur le choc de leur dispute, l’adolescent appelle à l’aide le premier policier qu’il voit.

Paul Verlaine est arrêté. Moins de dix jours plus tard, Rimbaud retire sa plainte imputant à l’ivresse le geste de son ami.

En dépit de cette renonciation, les pouvoirs publics accusent Verlaine de voie de fait et le condamnent à la peine maximale, soit deux ans de prison.

Le révolver, confisqué par la police, est retourné à l’armurier Montigny, du 11 Galerie de la Reine. À la fermeture de cette boutique, en 1981, l’arme a été vendue à Jacques Ruth, huissier de justice belge et amateur d’armes à feu. Celui-ci l’a conservé jusqu’à sa mise aux enchères aujourd’hui.

Achetée pour trente francs belges par Verlaine en 1873, l’arme a été vendue 434 500 euros cet après-midi.


 
Références :
L’arme avec laquelle Verlaine a tiré sur Rimbaud vendue aux enchères 435 000 euros
Le pistolet avec lequel Verlaine a tiré sur Rimbaud est mis aux enchères à Paris
Le révolver avec lequel Verlaine a failli tuer Rimbaud
Le revolver avec lequel Verlaine tenta de tuer Rimbaud aux enchères
L’incident de Bruxelles
Sodomie, alcool et revolver à six coups

Le révolver de Paul Verlaine
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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le tailleur syrien

29 septembre 2016

Sur le site du très sérieux quotidien britannique The Guardian, la nouvelle la plus populaire aujourd’hui raconte l’histoire suivante qui s’est déroulée à Guelph, en Ontario, dimanche dernier.

Au moment précis où une demoiselle d’honneur zippe l’arrière de sa robe, une future mariée apprend que sa fermeture arrière vient de se briser.

Après plusieurs essais, on doit se rendre à l’évidence; c’est foutu.

Mais où trouver un tailleur ou une modiste dont la boutique serait ouverte un dimanche, à quelques heures de la cérémonie ?

Puisqu’on sait que le voisin le plus près est en train de travailler dans son garage, on mandate une fille d’honneur d’aller lui emprunter une paire de ciseaux.

Ce qu’on ignore, c’est que ce voisin héberge depuis quatre jours une famille syrienne dont le chef de famille, Ibrahim Halil Dudu, a été maitre tailleur à Alep pendant 28 ans.

Aussitôt, la porte sonne chez la future mariée. C’est ce voisin, le tailleur et son fils qui arrivent en renfort.

Père et fils ne parlent pas encore anglais. Ils communiquent avec leur hôte par l’intermédiaire de l’utilitaire de traduction de Google.

Parmi les rares souvenirs que ce réfugié a amenés avec lui, il y avait un petit nécessaire de couture.

Puisque le temps presse, la mariée n’ôte même pas sa robe. C’est donc à l’aide de sa trousse que le tailleur syrien répare à la main la fermeture à glissière pendant qu’autour de lui, la coiffeuse et son assistante s’affairent avec fébrilité à apporter les dernières retouches à la coiffure de la mariée.

Le tout ne prend que quelques minutes, à l’émerveillement des témoins de la scène et au grand soulagement de la future mariée.

Le lendemain de la cérémonie, les mariés réalisent qu’ils ont oublié de remercier M. Dudu.

Heureux de la tournure des évènements, celui-ci leur répond que lui et son épouse souhaitent que cette histoire aide à donner une image positive des réfugiés syriens et rappelle aux Canadiens que c’est leur générosité qui contribue, entre autres, à rendre leur pays si extraordinaire.

Références :
Syrian refugee comes to the rescue of Canadian bride’s wedding dress
Syrian tailor living in Canada for just 4 days saves wedding

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le signe de Rabia

9 août 2016


 
Le symbole des supporteurs d’Erdoğan est le salut fait avec les quatre doigts d’une main (le pouce étant replié vers la paume). On l’appelle signe de Rabia (ce qui signifie quatrième en arabe).

Ce signe fait allusion au massacre de la place Rabia-El-Adaouïa, en aout 2013 au Caire, où plusieurs centaines de personnes (entre 638 et 2 600) ont été tuées par l’armée égyptienne. Il s’agit du plus important massacre de l’histoire moderne d’Égypte.

Les personnes abattues manifestaient leur opposition au renversement militaire du président élu Mohamed Morsi (soutenu par les Frères musulmans).

Utilisé fréquemment par Erdoğan, ce signe symbolise l’appui à la cause des Frères musulmans, soit la promotion de l’Islam politique.

Références :
De la politisation des doigts : jeux de mains, jeux de vilains
Massacre de la place Rabia-El-Adaouïa
Signe de rabia

Capture d’Écran : © 2016 — TRT Haber
Signe de Ragia : © R4BIA.com

Le signe de Rabia
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