Coup de pouce contre Apple

8 novembre 2017

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Il y eut une époque où le mari infidèle devait absolument éviter que son téléphone portable tombe entre les mains de son épouse.

Mais cette époque est bien révolue.

De nos jours, même le FBI peine à briser le code à quatre chiffres qui protège la confidentialité des téléphones d’Apple.

Or cette compagnie offre maintenant un code à six chiffres et, sophistication suprême, le déverrouillage par empreinte digitale.

Rien n’est plus distinctif qu’une empreinte digitale. Conséquemment, de nos jours, les maris infidèles peuvent dormir sur leurs deux oreilles.

C’est du moins ce qu’a cru un passager de Qatar Airways en partance hier de la capitale qatari en direction de l’Indonésie.

Durant son sommeil, son épouse soupçonneuse a d’abord allumé le téléphone de son mari en appuyant sur le bouton principal.

À l’écran de déverrouillage, l’épouse a délicatement placé le téléphone sous le pouce de son mari endormi. Et bingo ! le téléphone était prêt à livrer ses secrets; courriels expédiés à sa maitresse, factures électroniques des cadeaux somptueux offerts à celle-ci, etc.

Réveillé brutalement par les coups de son épouse, le mari n’a pu contenir la colère déchainée de son épouse. Même les agentes de bord en furent incapables. Les gardiens de sécurité ont bien maitrisé l’épouse, sans réussir à faire taire ses cris et le scandale qu’elle provoquait.

Si bien que l’avion dût atterrir d’urgence au port de Madras, en Inde.

Toute cette histoire prouve que si Apple est assez puissante pour se dresser contre le FBI, ses téléphones ne peuvent résister à la débrouillardise d’une épouse soupçonneuse…

Référence :
Qatar Airways plane forced to land after wife discovers husband’s affair midflight

Coup de pouce contre Apple
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Écrit par Jean-Pierre Martel


La leçon d’Expo67

22 septembre 2017

Une fois par semaine, j’avais pris l’habitude de passer la journée à l’Expo67.

Pour ce faire, je prenais l’autobus tôt le matin et je revenais le soir à Joliette par le dernier autobus. Quelques fois, l’ayant raté, je faisais de l’autostop et rentrais à la maison un peu avant minuit.

À part ce souvenir pris dans la cabine photographique Expo Service E, je n’ai conservé aucune photo de mes visites à l’expo.

Si la photographie argentique (c’est-à-dire sur film) n’avait pas été si dispendieuse, j’aurais probablement tout photographié tant mon émerveillement était grand.

Aux pavillons de la Russie et de la Tchécoslovaquie, la file d’attente était tellement longue qu’à chaque tentative, je remettais la visite à la prochaine fois dans l’espoir que l’achalandage y diminuerait à la longue. En vain. Si bien que ce furent les deux seuls pavillons que je n’ai pas vus.

Dans tous les autres, j’ai vu tous les films (parfois à plus d’une reprise) et entendu tous les enregistrements. Il n’y a pas une seule ligne de texte en français que je n’ai pas lue.

Au papillon de la France, à toutes les dix minutes, on faisait jouer une œuvre de Xenakis, un compositeur de musique atonale qui me tombait sur les nerfs. J’en étais sorti exaspéré. C’était comme si on voulait éviter que les gens s’éternisent à visiter les lieux.

Aller à l’expo, c’était comme visiter le monde sans décalage horaire, sans transporter de lourds bagages, sans attente dans des aéroports et sans se fatiguer.

Au Québec, l’Expo67 changea radicalement les mentalités. Lointains et étranges, les autres pays devenaient soudainement familiers, beaux et amicaux.

Ce fut la plus grande exposition universelle tenue jusqu’à ce moment-là.

Elle fut l’œuvre de quelques Canadiens anglophones et d’une majorité de Francophones. C’était à l’époque où les femmes n’avaient pas encore pris la place qui est la leur aujourd’hui dans la sphère publique. C’était donc tous des hommes.

Quelques-uns d’entre eux étaient de grande expérience.

Il y a d’abord Pierre Dupuy, commissaire général. En d’autres mots, c’était le patron. Théoriquement.

Dans les faits, son rôle a été d’ordre diplomatique. Profitant de la bonne réputation internationale du Canada, ce diplomate de carrière recueillit l’adhésion d’un nombre record de pays participants, soit une soixantaine.

Il y a surtout le colonel Edward Churchill, directeur de l’aménagement, sans qui Expo67 n’aurait jamais été prêt à temps. En seulement trois ans — plus précisément du 20 juin 1964 au 28 avril 1967 — voici ce qu’il fallait faire :
• l’érection de 847 édifices,
• 82 km de routes ou de chemins piétonniers,
• 27 passerelles et ponts,
• 162 km de canalisations pour l’eau, le gaz, l’électricité et l’éclairage,
• 37 km d’égouts et de tuyaux d’écoulement,
• 84,5 km de conduits de communication,
• 88 500 km de fils et câbles de communication,
• des espaces de stationnement pour près de 25 000 véhicules,
• 14 950 arbres et 89 000 arbustes, plantes et bulbes,
• 0,8 km² de gazon,
• 256 piscines, fontaines et sculptures,
• des bancs pouvant assoir 6 200 personnes,
• 4 330 bacs à déchets et
• 6 150 lampadaires extérieurs.

À pester contre les entrepreneurs qui tentaient d’avoir plus de temps, à botter le derrière des employés qui se trainaient la patte, le colonel a fini par faire un infarctus.

Le téléphone à la main, les yeux rivés sur le schéma du cheminement critique des travaux collé aux murs de sa chambre d’hôpital, le colonel a continué de diriger le chantier. Au grand désespoir de ses médecins qui lui recommandaient le repos.

Parmi les hommes d’expérience, il faut ajouter Édouard Fiset, architecte en chef, responsable de concevoir tous les pavillons thématiques.

À l’opposé, on trouvait Pierre Bourque. À 23 ans, celui-ci commandait une troupe de 700 personnes œuvrant à l’aménagement paysager.

Entre ces deux extrêmes, on trouvait une majorité d’hommes dans la vingtaine, la trentaine ou la quarantaine.

Voici leur âge en 1964, lors de leur entrée en fonction :
• Philippe de Gaspé Beaubien, directeur de l’exploitation (36 ans)
• Pierre de Bellefeuille, directeur des exposants (41 ans)
• Dale Rediker, directeur des finances (âge inconnu)
• Edward Churchill, directeur de l’aménagement (âge inconnu)
• Édouard Fiset, architecte en chef (54 ans)
• Moshe Safdie, étudiant à McGill dessine Habitat 67 (26 ans)
• Yves Jasmin, directeur de l’information (42 ans)
• Julien Hébert, designer du symbole graphique (47 ans)
• Georges Huelm, graphiste en chef (34 ans)
• Paul Arthur, responsable de la signalétique (40 ans)
• Michel Robichaud, styliste, responsable des uniformes (25 ans)
• Pierre Bourque, responsable de l’aménagement paysager (23 ans)
• Stéphane Venne, compositeur de la chanson-thème (23 ans)

De nos jours, il est rare qu’un projet d’une telle envergure soit confié à autant de jeunes dirigeants.

Pourquoi fut-ce le cas à l’Expo67 ?

Le 8 mars 1960, le Bureau international des Expositions accorde à la Russie la permission d’organiser une grande exposition universelle de catégorie A à Moscou.

La Russie voulait ainsi célébrer de manière éclatante le cinquantième anniversaire de la Révolution de 1917.

Mais bientôt on déchanta. Des critiques s’élevèrent contre le danger représenté par ces étrangers qui traverseraient le Rideau de fer, parmi eux de nombreux espions occidentaux, mêlés à des millions de visiteurs occidentaux qui — par leur tenue proprette et leurs accessoires dernier-cri — risqueraient d’exercer une mauvaise influence et corrompre l’esprit du prolétariat soviétique.

En 1962, coup de théâtre; Moscou se désiste.

Mais il est trop tard pour recommencer un nouveau concours. On se tourne aussitôt vers le Canada, qui avait perdu contre la Russie deux ans plus tôt.

Le Canada accepte.

Le premier ministre canadien, John Diefenbaker, offre d’abord au maire de Toronto la possibilité d’organiser l’exposition.

Celui-ci refuse puisque son administration est occupée à réaliser un vaste projet d’amélioration des infrastructures municipales. « Donnez-ça à Drapeau (le maire de Montréal) pour qu’il s’y casse la gueule » dit le maire de Toronto en plaisantant (à moitié).

Mais Drapeau accepte.

Une première administration est nommée. Des conflits avec la ville surgissent au sujet du choix du site.

Malgré son opposition, les contrats sont accordés en vue de la création de l’ile Notre-Dame et la fusion de l’ile Sainte-Hélène et l’ile Ronde (sur laquelle se trouve aujourd’hui le parc d’attractions La Ronde).

Ridiculisée, cette première administration démissionne au début de 1964. Il ne reste plus que trois ans.

Aux yeux de tous, l’exposition universelle de Montréal est en très sérieuse difficulté. Qui voudra prendre la relève ?

Lorsqu’on sollicite des personnalités connues pour prendre en charge l’évènement, ceux-ci hésitent. Leur carrière, jusque-là brillante, pourrait être entachée d’un échec cuisant dont tout le monde se rappellera pendant des années.

Alors les portes se ferment. Poliment.

En désespoir de cause, on se tourne vers des jeunes talentueux qui, moins par ambition que par insouciance, se lancent à l’aventure, totalement inconscients du piège qu’on leur tend.

Et ces jeunes décident de n’écouter personne et de faire les choses à leur manière.

Au lieu d’un long titre (ex.: Exposition universelle de Montréal de 1967), tel qu’attendu, ce sera Expo67.

Au lieu d’un symbole graphique qui rappelle les raisons pour lesquelles le Canada a obtenu cette exposition (le Centenaire du Dominion du Canada), ce sera un cercle formé d’êtres humains stylisés, deux par deux, sans aucune référence au Canada. Des couples d’êtres humains dont on ignore le sexe.

Pour éviter les pressions des pays en faveur d’une signalétique dans leur langue nationale, on crée des symboles graphiques dépourvus de texte descriptif, même pas dans les langues nationales du Canada.

Par leur audace et leurs provocations répétées, ces jeunes suscitent les critiques de toutes parts, particulièrement au Canada anglais. Si bien que leurs adversaires se réjouissent d’avance de leur échec anticipé.

Lorsque s’ouvrent les portes d’Expo67, la foule se presse aux guichets et se rue sur les pavillons. Au cours des six mois que durera l’exposition, quinze-millions de visiteurs et cinquante-millions d’entrées seront enregistrées. Le plus grand succès jusque là et probablement l’évènement le plus important de l’année… après la parution de l’album Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band des Beatles, évidemment.

Mais pourquoi n’a-t-on pas appris la leçon d’Expo67 ? Cette leçon est simple : faites confiance aux jeunes. La prudence étouffe. C’est l’audace qui délivre.

De nos jours, qui oserait confier un projet de 432 millions$ — ce qui vaut 3,1 milliards$ en dollars d’aujourd’hui — à des gens talentueux, mais qui ont si peu d’expérience ?

C’est à croire que la génération des Babyboumeurs — à qui les générations qui ont souffert de la guerre ont tellement fait confiance — a oublié de rendre la pareille à ceux qui l’ont suivie…

Références :
Applied Arts
Exposition universelle de 1967
Expo 67
La construction d’Expo 67
La magie d’expo et son magicien en chef

La leçon d’Expo67
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Écrit par Jean-Pierre Martel


Les petits caractères

14 juillet 2017

Introduction

En 2011, j’écrivais un texte qui critiquait la manie de certains fournisseurs de biens ou de services (nommément Apple), manie qui consiste à obliger leurs utilisateurs à consentir à un contrat d’utilisation abusivement long et rédigé en jargon juridique.

En commentaire, j’ajoutais : «…en obligeant (théoriquement) tout le monde à accepter des contrats que personne ne lit, les compagnies comme Apple créent une habitude irresponsable parmi le public soit celle d’accepter n’importe quoi en faisant confiance.»

La clause Hérode

En 2014, l’entreprise F-Secure réalisa une expérience au cours de laquelle n’importe qui pouvait se connecter gratuitement à une borne wifi installée par elle à Londres. Il suffisait de consentir à un contrat d’utilisation.

Ce contrat contenait une ‘clause Hérode’, du nom d’Hérode Ier, ce roi de Galilée qui fit exterminer tous les enfants de moins de deux ans de la région de Bethléem.

Dans ce cas-ci, cette clause stipulait que pour utiliser cette borne wifi, l’utilisateur consentait à donner à la compagnie le premier-né de ses enfants.

Seulement six personnes y consentirent. Ce tout petit nombre s’explique par le fait que le contrat était court et que cette clause était placée de manière à ce qu’il était difficile de ne pas la voir.

Dans aucun cas, F-Secure n’a tenté de se prévaloir de cette clause.

Mille heures de travail communautaire

Le fournisseur d’Internet Purple offre des bornes wifi dans un grand nombre de restaurants de la région de Manchester, notamment chez Outback Steakhouse et Pizza Express.

Afin de vérifier la proportion de ses utilisateurs qui ne se donnent pas la peine de lire ses contrats d’utilisation, Purple s’est livré à l’expérience suivante.

Pendant deux semaines, cette compagnie a ajouté au texte de son contrat une clause en petits caractères stipulant que l’utilisateur s’engageait à effectuer mille heures de travail communautaire en échange d’un accès gratuit à l’internet dans les restaurants desservis par le réseau de Purple.

En seulement deux semaines, plus de 22 000 personnes se sont engagées légalement à nettoyer les toilettes mobiles de festivals extérieurs, à gratter les gommes à mâcher collées sur la voie publique, à enlever les matières fécales laissées par les animaux de compagnie dans les parcs, etc.

Une seule personne a contacté Purple pour se plaindre du caractère abusif de ce contrat (qu’elle avait refusé de signer).

Heureusement, là non plus, la compagnie n’avait pas l’intention de se prévaloir du pouvoir conféré par cette disposition contractuelle.

Autrement, Manchester serait la ville la plus propre au monde…

Références :
Thousands sign up to clean animal poop after failing to read contract’s fine print
Thousands sign up to clean sewage because they didn’t read the small print

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Écrit par Jean-Pierre Martel


La dernière Dosett™

13 juillet 2017

Un nombre grandissant de personnes âgées reçoivent leurs médicaments à la semaine en se rendant hebdomadairement à leur pharmacie ou en les recevant par livraison.

À l’origine, la délivrance se faisait dans de petites boites de plastique rouge, vendues sous la marque Dosett™. Mais il est maintenant plus hygiénique et plus économique de les fournir en cartes alvéolées dont chaque case possède l’apparence de ces contenants uniservice de mayonnaise ou de confiture.

Chaque case contient tous les médicaments que doit prendre le destinataire à l’un ou l’autre de quatre temps du jour.

La Régie de l’assurance-maladie du Québec ne paie la fourniture en semainier que lorsqu’il existe une raison médicale de le faire. Habituellement cette raison est liée à des problèmes d’observance.

Justement parce que les destinataires ont tendance à oublier de prendre leurs médicaments, les semainiers devraient idéalement être fournis à la semaine en contrepartie de l’obligation de présenter le semainier précédent. Ce qui donne l’occasion au pharmacien de juger du nombre de prises oubliées.

Il n’est pas rare que les patients trouvent fastidieuse l’obligation de se présenter à la pharmacie chaque semaine. Voilà pourquoi, dans des cas légers, un pharmacien peut décider de fournir plus d’un semainier à la fois.

Au-delà de ces cas particuliers, on voit mal les raisons qui justifieraient la fourniture de semainiers en grande quantité, à part un voyage à l’étranger.

À juste titre, l’Ordre des pharmaciens du Québec attache une grande importance à la ‘prise en charge’ (sic) des patients par leur pharmacien et surtout au suivi que ce dernier doit effectuer sur leur consommation de médicaments.

Or le suivi des patients qui reçoivent leurs médicaments en semainiers est beaucoup plus facile que pour la clientèle ordinaire.

Tous les pharmaciens dressent une liste des patients ‘sous semainier’. À la vue exclusive du personnel, cette liste indique, pour chaque jour de la semaine, les noms des patients dont les semainiers devraient être prêts à être fournis ce jour-là (puisque les patients ne débutent pas leurs semainiers le même jour de la semaine).

Et c’est le devoir de tout pharmacien de contacter les retardataires pour leur signaler que leur semainier devrait être renouvelé ou, à défaut, de signaler tout retard prolongé à la personne-ressource indiquée au dossier ou au CLSC le plus près.

Le 20 novembre 2015, une Trifluvienne de 65 ans a été retrouvée morte plus d’un mois après avoir reçu sa dernière Dosett™.

Rendu public récemment, le rapport du coroner est rudimentaire. Dans son analyse de trois paragraphes, il retrace la date probable du décès à la dernière prise dans l’unique Dosett™ trouvée sur place.

Il est étonnant qu’une patiente puisse ne donner aucun signe de vie pendant plus d’un mois sans que son pharmacien s’en inquiète.

Le coroner ne semble pas connaitre les normes professionnelles à ce sujet. C’est sans doute pourquoi son rapport ne fournit aucune recommandation adressée à l’Ordre des pharmaciens.

Ce rapport soulève de nombreuses questions au sujet de la délivrance des médicaments à cette patiente.

Depuis plusieurs années, une minorité des pharmaciens du Québec pratiquent ce qu’on appelle ‘la délégation contenant-contenu’.

En vertu de cette délégation, non seulement les aides techniques préparent les médicaments, mais vérifient entre eux le travail effectué. Particulièrement dans le cas de la préparation routinière des semainiers, tout se fait sans intervention du pharmacien, souvent dans un local indépendant de lui.

Le rôle du pharmacien se limite à structurer le travail au départ et de faire des vérifications aléatoires de temps en temps, à une fréquence laissée à sa discrétion (par exemple, une fois par mois ou quelques fois par année).

Là où cela se fait, on ne juge pas nécessaire d’en informer le public puisque des études ont démontré que cela donne d’excellents résultats.

Mais qu’en est-il dans la vie de tous les jours, hors du cadre formaté de ces études ? On présume que c’est pareil.

Il serait méprisant d’insinuer que seuls des professionnels peuvent agir de manière responsable. Toutefois, on doit avouer que la motivation à agir correctement n’est pas la même pour l’employé renvoyé qui refera sa vie ailleurs et pour le pharmacien qui devra vivre le restant de la sienne en portant les stigmates d’une faute professionnelle grave aux yeux de sa clientèle.

Qu’en est-il dans ce cas-ci ? S’agit-il d’une pharmacie de type industriel où les aides techniques ont cette responsabilité et ont tout simplement négligé d’aviser le pharmacien d’une anomalie, jugeant à tort que cela n’est pas de leurs affaires ?

Encore là, le rapport du coroner est muet, probablement parce que le Dr Raynald Gauthier ignore comment les choses se passent concrètement dans une pharmacie.

Raison de plus pour l’Ordre des pharmaciens de faire enquête à ce sujet.

Référence :
Trouvée un mois après sa mort: un coroner trace un triste portrait d’isolement

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Écrit par Jean-Pierre Martel


La retraite du prince Phillip

5 mai 2017

L’Agence France-Presse nous apprenait hier que le prince Phillip — l’époux de la reine d’Angleterre — avait décidé de prendre sa retraite.

Mais il prend sa retraite de quoi au juste ? Il n’a jamais travaillé de sa vie !

Il a couru le gibier à cheval. Il a coupé des rubans à des inaugurations. Il s’est penché plusieurs fois pour déposer des fleurs sur les tombes de soldats morts pour assurer la gloire de la race anglaise. Il a fumé le cigare en faisant la promotion du scotch écossais. Et, noblesse oblige, il a fait quelques enfants à la reine.

Cela est évidemment très méritoire. Mais est-ce cela travailler ?

S’il pense que oui, je l’invite à rencontrer n’importe quelle cheffe de famille monoparentale qui doit concilier travail et famille, servir le déjeuner des enfants, les porter à la garderie, se présenter au travail, faire l’épicerie en vitesse en fin d’après-midi, aider aux devoirs, assurer la discipline, préparer le souper, demander aux enfants de ramasser leurs traineries, se battre pour qu’ils aient au lit, préparer le lunch des enfants pour le lendemain, etc.

Au contraire, ce gars-là est l’ultime exemple du bon à rien. Sait-il seulement comment faire cuire un œuf ?

Référence :
Le prince Philip, 95 ans, prend sa retraite cet automne

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Rater la perfection

1 mai 2017
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Au secondaire, dès qu’on m’enseigna la chimie, ce fut le coup de foudre.

Dans les vitrines de Noël de Beaudry Sports, parmi les lumières scintillantes et les couleurs criardes des objets en vitrine, rien n’avait autant attiré mon attention que ce nécessaire de chimie Kay, importé d’Angleterre.

Le manuel d’instruction donnait la recette de 162 expériences permettant de découvrir quelques-uns des plus extraordinaires secrets de la composition de l’univers.

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Pouvais-je imaginer qu’un an ou deux plus tard, mes parents m’offriraient le triptyque métallique Chemistry Lab No. 510. Avec un nom pareil, il ne pouvait s’agir que d’un produit américain. Plus moderne et plus complet, cet outil fit reculer davantage les frontières de l’inconnu.

Adolescent, j’adorais la chimie. C’était simple, logique et parfaitement prévisible. Bref, le contraire des filles. Au cours d’une démonstration, combien de fois ai-je vu des professeurs de physique perdre la face ? Jamais ceux de chimie.

Dans la cuisine abandonnée du premier étage de la maison familiale, le comptoir émaillé faisait office de table de laboratoire. Son lavabo servait à faire disparaitre discrètement les traces des innombrables échecs de mes premières expériences.

Que de liquides nauséabonds, que d’écumes dangereusement envahissantes ont disparu dans les profondeurs des égouts de la ville…

En pré-universitaire, j’étudiais au collège Roussin. À l’époque, le ministère de l’Éducation n’attachait aucune importance aux notes attribuées par cette institution privée en cours d’année; seul son examen à lui, en fin d’année, comptait.

Nous étions tous réunis dans l’aréna du collège, transformé pour l’occasion en grande salle d’examen.

Chacun d’entre nous était attablé derrière son pupitre. Celui-ci était parfaitement aligné au sein d’une des six rangées qui s’étendaient jusqu’au fond de l’ancienne patinoire.

Dans les estrades, des surveillants marchaient de long en large, prêts à débusquer les tricheurs.

Au départ de l’examen, un messager apportait au surveillant principal une mystérieuse enveloppe scellée renfermant les questionnaires ministériels. Ceux-ci étaient immédiatement distribués.

Il s’agissait de cinquante questions à deux points.

Les deux heures de ce sprint se déroulèrent au son feutré du papier labouré par des crayons à mine ou frotté nerveusement par des effaces. Parfois, un crayon échappé sur le ciment faisait résonner au loin la voute métallique de l’aréna.

Après les quelques semaines nécessaires à la compilation des résultats, je pris connaissance de ma note; 99,8%.

99,8% ? Mais qu’est-ce que c’est que cette histoire ? Comment peut-on avoir un tel score à l’issue d’un examen de cinquante questions à deux points ? Ce peut être 98% ou 100% mais rien entre les deux.

Ma première hypothèse fut que la moyenne québécoise avait été trop basse et qu’on aurait majoré tous les résultats par un certain pourcentage. Une chose impensable de nos jours…

Ou – seconde hypothèse – que les fonctionnaires du ministère ont réalisé que certaines questions avaient été mal rédigées et conséquemment mal comprises : on aurait donc compilé les notes en ne tenant compte que des ‘bonnes’ questions et reporté le tout en pourcentage.

Cela donnerait 99,8%. Bon.

Si cela peut être frustrant d’ignorer la note qu’on méritait vraiment, on se console très vite avec 99,8%.

Mais imaginons une troisième hypothèse.

Supposons que le ministère de l’Éducation n’ait pas prévu que quelqu’un puisse obtenir une note parfaite. Incapable d’accorder 100%, on aurait mis le maximum prévu soit 99,8%.

Alors là, ce n’est plus pareil.

Imaginez. Obtenir 60%, cela n’est pas trop forçant.

En étudiant quelques heures de plus, on peut atteindre 70%.

Pour avoir 80%, c’est déjà plus difficile.

Mais passer à 90% et même à chaque pourcentage supplémentaire, la somme de travail devient exponentielle.

Voilà pourquoi, par exemple, passer de 98% à 100%, cela exige un travail colossal.

Évidemment, je n’ai pas passé mes nuits à préparer cet examen. Mais si le hasard a fait que j’ai bien répondu à toutes les questions, cette chance inouïe ne s’était jamais produite avant et ne s’est jamais reproduite depuis.

C’est comme la différence entre avoir tous les chiffres à la loterie ou en manquer un. Qu’est-ce qui est préférable ? Gagner cinquante-millions$ ou une belle participation gratuite ?

Le plus triste dans cette histoire, c’est que même sur mon lit de mort, il y aura toujours un doute dans mon esprit; ai-je bénéficié de la majoration d’une note insignifiante ou avais-je, pour une fois dans ma vie, touché à la perfection…

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectif M.Zuiko 12-40mm F/2,8
1re photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 640 — 17 mm
2e  photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 500 — 17 mm

Rater la perfection
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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le totalitarisme de la United Airlines

11 avril 2017

Coutumière au sein des compagnies aériennes, la surréservation est la réservation d’un nombre de places supérieur au nombre réel.

C’est un moyen d’augmenter la profitabilité de l’entreprise puisqu’en cas d’une annulation de dernière minute, non seulement le passager qui renonce à voyager n’a habituellement pas le droit à un remboursement, mais sa place ne restera pas vide, déjà vendue à un passager surnuméraire.

Ce qui pose le problème des voyageurs en trop quand les annulations n’ont pas été aussi nombreuses qu’espéré.

La solution consiste à offrir une compensation à tout passager qui renoncerait à partir sur ce vol jusqu’à ce que cette offre ait été acceptée par suffisamment de gens.

Mais qu’arrive-t-il quand l’offre de la compagnie est jugée insuffisante ? Celle-ci peut augmenter son offre.

Mais United Airlines a choisi une solution plus économique; cette solution consiste à tirer au sort les passagers qui seront ‘priés’ de quitter l’avion.

Mais priés est un bien grand mot. Il serait plus juste de dire sommés puisqu’en cas de refus, ils sont expulsés manu militari.

C’est ce qui est arrivé il y a deux jours sur un vol reliant Chicago à Louisville (au Kentucky). Un des passagers tirés au sort avait des engagements qu’il devait respecter.

Devant son refus obstiné, le passager récalcitrant a été jugé perturbateur et ‘belligérant’.

United Airlines s’est donc prévalue des procédures prévues par les lois antiterroristes américaines en pareil cas.

Appelés en renfort, des agents de sécurité ont donc arraché ce passager de son siège.

Au cours de cette expulsion particulièrement violente, le visage du passager a percuté l’accoudoir du siège situé de l’autre côté de l’allée.

Avertissement : cette vidéo est déconseillée aux personnes sensibles

À la fermeture de la bourse lundi, l’action d’United Continental Holdings, qui opère United Airlines, était en hausse de 1%.

Toutefois, ce passager ayant des traits asiatiques, la vidéo de son expulsion musclée a causé un scandale en Chine. Sur le site de microblogage Sina Weibo, hybride entre Twitter et Facebook, la vidéo a été vu 130 millions de fois en une seule journée.

Or United Airlines tire le septième de ses revenus de ses vols asiatiques.

Aujourd’hui, l’action de la compagnie a chuté de deux pour cent à la bourse de New York, ce qui correspond à une diminution de sa valeur capitalisée d’un milliard de dollars américains.

Références :
Thanks to United Airlines, is flying while Asian something to fear?
United Airlines CEO calls dragged passenger ‘disruptive and belligerent’
United Airlines : l’évacuation forcée d’un passager d’un vol fait scandale aux Etats-Unis
United Airlines shares fall 4% as Chinese react to passenger dragged off plane

Paru depuis :
Le passager expulsé va poursuivre United Airlines (2017-04-13)

Le totalitarisme de la United Airlines
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Écrit par Jean-Pierre Martel


Exploiter une usine en temps de guerre

2 mars 2017

C’est finalement aujourd’hui que le fabricant de matériaux de construction LafargeHolcim a admis avoir contribué en 2013 et en 2014 au financement de l’État islamique (ÉI) afin de poursuivre ses opérations à sa cimenterie syrienne de Jalabiya, en plein territoire contrôlé à l’époque par cette organisation terroriste.

L’accusation avait été portée par le quotidien Le Monde le 21 juin dernier. La compagnie avait nié catégoriquement.

Convoqué à ce sujet, un groupe parlementaire avait conclu deux mois plus tard à l’absence totale de fondement dans ces accusations.

Selon les parlementaires, rien ne permettait d’établir que le cimentier ait participé, directement ou indirectement, ni même de façon passive à ce financement.

Les preuves s’étant accumulées, l’entreprise a finalement avoué sa culpabilité, à la grande honte des parlementaires complaisants qui ont fait semblant de n’avoir rien vu.

Retour en arrière.

Acquise en 2007, la cimenterie de Jalabiya était le plus important investissement étranger en Syrie (hors du secteur pétrolier). Rénovée à grands frais, celle-ci avait rouvert ses portes en 2010.

Mais voilà qu’éclate la guerre en Syrie l’année suivante.

En décembre 2011, alors qu’un grand nombre d’entreprises européennes cessent leurs opérations en Syrie afin de se conformer aux sanctions européennes interdisant, entre autres, l’achat de brut syrien, la cimenterie poursuit ses opérations normalement.

Au début, diverses factions djihadistes s’affrontent dans la région où est située l’usine. Grâce aux versements mensuels d’un partenaire minoritaire de l’entreprise, la cimenterie soudoie tout le monde afin de poursuivre ses opérations.

Les accusations du Monde concernent notamment la période qui débute par la conquête de la région par l’ÉI en 2013, jusqu’au 19 septembre 2014, date au cours de laquelle l’ÉI s’empare de l’usine, qui cesse alors de fonctionner.

Que s’est-il passé au cours de cette période ?

La Syrie est située à la périphérie d’un immense champ pétrolier au Moyen-Orient. En raison de cette situation, ce n’est pas un important producteur de pétrole.

Avant la guerre, la production nationale servait principalement à assurer les besoins du pays.

La conquête des champs pétroliers syriens par l’ÉI faisait en sorte que toute consommation — que ce soit par des particuliers, des combattants ou des entreprises — provenait directement ou indirectement des installations contrôlées par l’ÉI.

En somme, toute consommation d’hydrocarbures — ce qui comprenait celle de la cimenterie — servait au financement de l’ÉI.

De plus, les employés de l’usine ne pouvaient pas traverser les divers points de contrôle de l’ÉI sans que la compagnie fournisse la liste de ses travailleurs et qu’elle ait acquitté les droits de passage des employés et des camions qui approvisionnaient l’usine et acheminaient sa production en traversant tout le territoire contrôlé par l’ÉI.

Bref, il était impossible que la cimenterie ait pu poursuivre ses opérations sans contribuer au financement de l’ÉI, ce que finalement la compagnie a admis.

Références :
Comment le cimentier Lafarge a travaillé avec l’Etat islamique en Syrie
Financement de Daech : Lafarge blanchi par un rapport parlementaire
Le jeu dangereux de Lafarge en Syrie
Syrie : LafargeHolcim reconnaît que son usine a financé des groupes armés
Vidéo : le cimentier Lafarge aurait-il dû suspendre ses activités en Syrie ?

Exploiter une usine en temps de guerre
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Écrit par Jean-Pierre Martel


Funérailles montréalaises de trois des victimes de l’attentat de Québec

5 février 2017

Le jeudi 2 février 2017, c’est à l’aréna Maurice-Richard que plus de cinq-mille personnes se sont réunies pour célébrer les funérailles religieuses de trois des victimes de l’attentat terroriste antimusulman de Québec.

Selon les peuples, les rites funéraires varient. Au Québec, l’exposition des dépouilles se fait plusieurs jours après le décès afin de permettre aux parents et amis venant de loin d’assister aux funérailles. Pour cette raison, les corps qui ne sont pas incinérés doivent être embaumés (ce qui consiste à retirer les viscères).

Le rituel funéraire musulman a été établi dans des pays dont le climat est désertique, à une époque où la climatisation n’existait pas.

Selon le rite musulman, les corps sont simplement lavés trois fois et enveloppés dans un linceul avant l’enterrement. Ce linceul est composé d’un nombre impair (généralement trois) pièces de tissu blanc. Quant à lui, l’enterrement doit avoir lieu dans les 24 heures qui suivent le décès.

En France, les démarches administratives font en sorte que les délais pour l’enterrement sont un peu plus longs. Conséquemment, les cercueils y sont obligatoires pour des raisons sanitaires.

Au Québec, seuls l’incinération ou l’enterrement après embaumement sont permis. Ce qui oblige les Québécois musulmans qui en ont les moyens de rapatrier les corps à l’Étranger pour que l’enterrement se fasse selon les rites de leur religion.

De plus, peu de cimetières québécois sont multiconfessionnels ou réservés aux Musulmans. Dans la Vieille capitale, il n’y en a aucun.

Dans le cas de trois des victimes, les frais de transport — environ 10 000$ — ont été assumés par les consulats de deux pays, d’où la présence de représentants diplomatiques à cette cérémonie.

Deux des trois victimes à qui on rendait hommage — Khaled Belkacemi et Abdelkrim Hassane — sont originaires du même village algérien. Le fait que tous les discours furent prononcés en français, en anglais ou en arabe, mais aucun en berbère (la langue maternelle de ces deux victimes), n’a pas échappé à l’attention de certains spectateurs.

Au bénéfice des internautes à la recherche de photos des personnalités qui y ont pris la parole, voici celles que j’en ai rapportées.

Cliquez sur l’image pour l’agrandir
M. Justin Trudeau, premier ministre du Canada
M. Philippe Couillard, premier ministre du Québec
M. Régis Lebeaume, maire de Québec
M. Denis Coderre, maire de Montréal
M. Saïd Fawaz, président du Conseil des imams du Québec
M. Mohamed Yangui, président du Centre culturel islamique de Québec
Mme Aziza Blili, de la Fédération des Canadiens musulmans
M. Abdelghani Cheriaf, consul général d’Algérie à Montréal
Cliquez sur l’image pour l’agrandir
Mme Habiba Zemmouri, consule générale du Royaume du Maroc à Montréal
M. Saramady Touré, ambassadeur de la Guinée au Canada
M. Moujib Arrahman, imam
M. Mehdi Tirkawi, imam de la mosquée Al Rawdah de Cartierville
Cliquez sur l’image pour l’agrandir
M. Zine Al Abidine Balafrej, imam

Références :
Des funérailles à Montréal pour trois des victimes de la tuerie de Québec
Enterrement musulman : déroulement des obsèques et rites funéraires

Funérailles montréalaises de trois des victimes de l’attentat de Québec
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Écrit par Jean-Pierre Martel


La fable des amours du singe et de la biche

17 janvier 2017

 

 
La semaine dernière, la nouvelle de l’accouplement d’un macaque et d’une biche sika a fait le tour du monde.

L’incident est survenu en novembre dernier sur l’ile romantique d’Yakusshima, en pleine saison de reproduction des macaques japonais.

Publiée dans la revue scientifique Primates, l’étude à ce sujet est signée par de sérieux chercheurs de l’université de Strasbourg et de l’université japonaise de Teikyo, témoins de la scène.

Selon les chercheurs, cette liaison d’une dizaine de secondes n’assurera pas de descendance ni à l’un ni à l’autre parce que les anatomies respectives des deux animaux ne permettent pas de pénétration.

Selon Radio-Canada, il s’agirait du quatrième exemple enregistré de relations sexuelles entre deux espèces différentes; dans les années 1990, un éléphant avait été vu tentant de s’accoupler avec un rhinocéros; en 2008, un chimpanzé avec une grenouille; et en 2014, un phoque avec un manchot empereur.

S’il m’est permis de passer sous silence le rôle des poupées gonflables, on me permettra de m’attarder sur le cas des chiots qui ‘zignent’.

Depuis des millénaires, tous les propriétaires de chiens savent qu’à l’adolescence, beaucoup de chiots ‘zignent’; ils se dressent sur leurs pattes d’en arrière pour frotter leurs organes génitaux sur la jambe d’un être humain, par exemple. Cela fait partie de la découverte normale de la sexualité chez les canins.

Cela m’est déjà arrivé lors d’un souper de famille où, malheureusement, aucun chercheur universitaire n’était invité.

Si cela avait été le cas, nos rapports sexuels auraient fait la couverture du Monde et j’en serais peut-être à conseiller les scénaristes d’un film de Walt Disney intitulé Le Bel et la Bête, dont la chanson-thème serait évidemment chantée par Céline Dion…

Références :
Interspecies sexual behaviour between a male Japanese macaque and female sika deer
Quand un singe tente de s’accoupler avec une biche
Un rapport sexuel entre un singe et une biche observé au Japon

La fable des amours du singe et de la biche
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Écrit par Jean-Pierre Martel


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