Chagall et la musique — Les racines

13 février 2017

Au sortir de la première salle de l’exposition, les visiteurs accèdent à deux salles successives consacrées aux racines culturelles et religieuses de Chagall.

Les origines

Aperçu de la deuxième salle de l’exposition

De forme circulaire, la première salle présente certaines des toiles les plus personnelles de Chagall alors que la suivante, rectangulaire, illustre les thèmes récurrents du peintre.

Dans cette salle, deux œuvres ont attiré mon attention.

David à la mandoline (1914)

Dans cette composition oblique où aucune ligne importante n’est droite, Chagall représente son frère David, décédé plus tôt cette année-là de la tuberculose.

Le musicien est représenté en plongée, entouré de noir, le teint verdâtre, le regard triste tourné vers le sol, donnant l’impression qu’il est sur le point de basculer dans le vide.

Serrant la caisse de résonance de sa mandoline sur le cœur, David pince un médiator triangulaire (forme symbolique divine) comme si la musique pouvait emprunter la voix de Dieu pour le réconforter sur le chemin de la mort.

Homme-coq au-dessus de Vitebsk (1925)

Exilé à Paris, Chagall représente peut-être ici son désir de retourner un jour dans sa ville natale, Vitebsk, y annoncer le renouveau — comme le coq annonce le lever du jour — et l’espoir d’un avenir heureux (comme le suggère son costume de saltimbanque).

Les thèmes

Aperçu de la troisième salle de l’exposition

C’est dans cette salle que le spectateur prend la juste mesure de l’immense talent de Chagall.

La Naissance (1911-1912)
La Mort (1908-1909)
Le Rabbin de Vitebsk (1914-1922)
Le Violoniste vert (1923-1924)
Golgotha (1912)

Chez Chagall, la crucifixion de Jésus de Nazareth symbolise la persécution et la souffrance du peuple juif.

Ici, la nudité de Jésus est cachée par un tissu orné d’étoiles de David : dans d’autres de ses œuvres, Chagall utilisera plutôt un talit, ce châle de prière juif.

Cette grande toile, vendue à Berlin en 1914, sera la première œuvre de Chagall vendue hors de Russie.

Autoportrait aux sept doigts (1912)

Cette toile fait référence à un proverbe yidiche selon lequel celui qui fait les choses de ses sept doigts s’applique de tout son cœur.

C’est l’équivalent de l’expression québécoise ‘donner son 110%’.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, hypergone M.Zuiko 8 mm F/1,8 (1re et 4e photos) et objectif M.Zuiko 25 mm F/1,2 (les autres photos)
 1re photo : 1/60 sec. — F/1,8 — ISO 1600 — 8 mm
 2e  photo : 1/80 sec. — F/1,2 — ISO 320 — 25 mm
 3e  photo : 1/60 sec. — F/1,2 — ISO 250 — 25 mm
 4e  photo : 1/60 sec. — F/1,8 — ISO 1600 — 8 mm
 5e  photo : 1/80 sec. — F/1,2 — ISO 640 — 25 mm
 6e  photo : 1/60 sec. — F/1,2 — ISO 1000 — 25 mm
 7e  photo : 1/60 sec. — F/1,2 — ISO 400 — 25 mm
 8e  photo : 1/80 sec. — F/1,2 — ISO 500 — 25 mm
 9e  photo : 1/60 sec. — F/1,2 — ISO 800 — 25 mm
10e photo : 1/60 sec. — F/1,2 — ISO 320 — 25 mm


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Chagall et la musique — Les racines
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Écrit par Jean-Pierre Martel


Chagall et la musique — L’œuvre pour le théâtre

6 février 2017

Introduction

Moshe Zakharovitch Chagall nait en 1887 en Biélorussie, à l’époque où ce pays faisait partie du territoire russe.

Ayant manifesté des talents pour la peinture, il part en 1907 étudier à Saint-Pétersbourg. Les grandes académies impériales étant fermées aux Juifs, c’est à l’école Zvantseva que son professeur d’art moderne, Léon Bakst, lui fait découvrir la peinture française d’avant-garde.

Après seulement deux ans d’études, un mécène lui offre la possibilité de partir travailler à Paris. Il y séjournera de 1910 à 1914.

À l’époque, Paris est la capitale culturelle de l’Occident. Des artistes y viennent de partout. Marc Chagall y est au contact de toutes les avant-gardes mais n’adhère à aucun mouvement artistique, préférant intégrer l’utilisation de la lumière des uns, la manière d’organiser la surface picturale des autres, etc.

C’est à Paris que le style propre de Chagall nait. Un style qu’il conservera le reste de sa vie.

Mais la guerre éclate alors qu’il était parti à Vitebsk afin d’obtenir la main de Bella Rosenfeld (qu’il épouse en 1915). Il ne peut quitter la Russie.

En 1918, à l’issue de la guerre, on lui offre la direction des Beaux-arts de Vitebsk. Mais deux ans plus tard, il est limogé et s’exile à Moscou.

Le Théâtre juif d’État de Moscou

En 1920, c’est dans cette ville qu’on lui offre la possibilité de travailler au Théâtre juif d’État de Moscou, le premier théâtre au monde qui soit exclusivement consacré au répertoire yidiche.

Lorsque s’amorce la collaboration de Chagall pour ce théâtre, l’artiste a déjà travaillé à diverses productions dans sa ville natale et à Saint-Pétersbourg.

Début de l’exposition

La première partie de l’exposition Chagall et la musique est consacrée à l’œuvre de Chagall pour le théâtre : elle met en vedette le travail du peintre pour le théâtre moscovite.

Au cœur de cette section se trouve donc une petite salle rouge (à droite sur la photo) dont les dimensions sont proches de la salle de spectacle de ce théâtre.

Panneaux de la salle de spectacle du théâtre juif

Une partie seulement des panneaux qui décoraient cette salle sont parvenus jusqu’à nous.

Montréal devait en accueillir les originaux appartenant à la Galerie nationale Tretiakov. Mais, en représailles aux sanctions canadiennes contre la Russie, le ministère des Affaires étrangères russe a interdit que ces œuvres quittent le pays.

Si j’en juge par les photos des originaux publiés par des internautes, cela n’a pas grand importance puisque les facsimilés sont très fidèles aux originaux.

Mais plus grave est le fait que la scénographie montréalaise ne respecte pas la disposition originelle voulue par Chagall.

Schéma de la salle du Théâtre juif d’État de Moscou

Plus particulièrement, la frise Le Repas de noces (le No 3 sur le schéma) a été placée à Montréal au-dessus du panneau L’Introduction au Théâtre juif, ce que Chagall n’a jamais souhaité.

L’Introduction au Théâtre juif

Si par miracle, les originaux russes nous arrivent d’ici la fin de l’exposition, il serait souhaitable que le Musée des Beaux-Arts en profite pour corriger cette anomalie.

Sur ces panneaux, l’utilisation minimale de la couleur est le reflet de l’adaptation de Chagall aux moyens extrêmement limités dont il disposait à l’époque pour réaliser cette œuvre ambitieuse.

Plus tard, quand il reviendra sur ces œuvres — comme Le Violon vert de 1923-1924 — la version ultérieure sera plus ‘peinte’ que la version du Théâtre juif d’État de Moscou.

Les Arlequins (1922-1944)

Dans le cas des Arlequins, le contraste est saisissant entre la version ci-dessus et l’original (qui correspond à la partie gauche du panneau L’Introduction au Théâtre juif, exécuté en 1920).

En 1922, Chagall avait refait, de mémoire, ce panneau en proportions réduites. En 1944, au décès de son épouse, il scinde ce tableau en deux.

La partie de gauche devient alors un hommage à Bella Chagall; elle occupe le centre des Arlequins, dansant au milieu des souvenirs de sa jeunesse à Vitebsk.

En périphérie de la salle rouge

La partie de l’exposition consacrée à l’œuvre de Chagall pour le théâtre ne comprend pas seulement cette petite salle rouge.

Comme les poupées russes, celle-ci est placée en coin dans une salle plus grande, ce qui laisse deux murs gris en ‘L’ disponibles.

Ceux-ci servent à afficher des études préparatoires aux panneaux, des esquisses de décors et de costumes pour diverses productions de ce théâtre, la toile Les Arlequins (dont nous venons de parler), et des marionnettes conçues en 1949 par Simche Schwarz d’après les dessins préparatoires de Chagall (aujourd’hui perdus).

Marionnettes pour la pièce ‘Héritage’ du théâtre Hakl-Bakl de Paris (1949)

Précisons que la pièce Héritage est une adaptation théâtrale des récits Brenendike Licht (ce qui signifie Lumières allumées). Ces écrits posthumes de Bella Chagall ont parus en yidiche en 1945.

Les audaces théâtrales de Chagall

Marc Chagall est revenu de Paris pleinement conscient de son talent. Or, dans les années qui suivent la Révolution russe, toutes les audaces sont permises.

Le peintre crée non seulement les fonds de scène, les décors de la pièce, les costumes et les maquillages; il va jusqu’à montrer aux acteurs comment modeler leur gestuelle sur son œuvre et ainsi animer ses décors en plus de jouer la pièce.

Dans l’effervescence révolutionnaire, l’autorité du metteur en scène est remise en question; tous les artisans du spectacle contribuent, dans la mesure de leur talent, au processus créatif. C’est ce que Chagall fera.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectifs M.Zuiko 7-14 mm F/2,8 (les 3 premières photos) et M.Zuiko 25 mm F/1,2 (les 2 dernières photos)
1re photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 6400 — 7 mm
2e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 3200 — 10 mm
3e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 1600 — 14 mm
4e  photo : 1/80 sec. — F/1,2 — ISO 800 — 25 mm
5e  photo : 1/80 sec. — F/1,2 — ISO 640 — 25 mm


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Écrit par Jean-Pierre Martel


Chagall et la musique — Introduction

30 janvier 2017
Façade du Musée des Beaux-Arts de Montréal

Depuis le 28 janvier jusqu’au 11 juin 2017, le Musée des Beaux-Arts de Montréal présente l’exposition Chagall et la musique.

Ce qui justifie ce thème est non seulement l’abondance de la représentation de musiciens dans les toiles du peintre, mais également le fait que celui-ci ait créé les costumes et les fonds de scène de trois ballets et d’un opéra, en plus d’avoir peint le plafond de l’opéra Garnier.

Le volet musical de l’exposition comprend la musique enregistrée qui sera jouée de manière continue au cours de la visite, de même que douze concerts donnés à la salle Bourgie du musée.

Quatorze salles — dont certaines sont un peu exigües — présenteront plus de 340 œuvres de Marc Chagall de manière plutôt chronologique. Cela comprend des aquarelles, des huiles, des sculptures, des céramiques, des vitraux et une cinquantaine costumes. À cela s’ajoutent des films et des photographies d’époque.

À ce jour, c’est la plus grande rétrospective consacrée à Chagall non seulement au Canada, mais à travers le monde.

Dans les jours qui viennent, nous en aurons un aperçu.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectif M.Zuiko 25mm F/1,2 — 1/3200 sec. — F/1,2 — ISO 200 — 25 mm


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La culture au service de la francisation

14 décembre 2016

Il y a quelques années, l’entreprise pour laquelle je travaillais avait embauché un couple de néoQuébécois d’origine brésilienne.

Ceux-ci parlaient déjà le français assez bien tout en ayant des lacunes importantes quant à la compréhension de l’accent québécois.

J’avais donc décidé de parfaire leur intégration au Québec en leur prêtant mes DVD de nos meilleurs films et téléromans, à raison d’un ou de deux titres par semaine.

Cette initiative a été hautement appréciée. Ces films peuvent être vus à la télévision. L’avantage du DVD, c’est qu’on peut ajouter au besoin des sous-titres et repasser en bouche les phrases jugées difficiles à prononcer ou à comprendre.

Aujourd’hui ce couple comprend parfaitement bien le français tel qu’il est parlé au Québec. Je me plais à croire que mes DVD y sont peut-être pour quelque chose…

L’apprentissage du français est plus difficile pour la majorité des réfugiés syriens puisque souvent ceux-ci ne parlent que quelques mots de français ou rien du tout.

Ma suggestion s’adresse au ministère des Affaires culturelles et à celui de l’Immigration.

Pourquoi ne pas consacrer quelques millions$ pour financer l’ajout de sous-titres arabes aux grands succès de la cinématographie québécoise et assumer tous les couts relatifs à la mise en marché de cette nouvelle version.

Les DVD ou Blu-Ray de ces outils de francisation seraient donc dotés d’une trame sonore en français et de sous-titres en français ou en arabe, si désirés.

Par ce moyen, on donnerait aussi à nos créateurs accès au marché des centaines de millions d’Arabophones à travers le monde et on contribuerait par ce moyen au rayonnement de la culture québécoise.

De plus, par le choix et le traitement des sujets, les films québécois et nos séries télévisuelles témoignent de nos préoccupations et enseignent subtilement nos valeurs.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


La pièce 1984, d’après George Orwell

27 novembre 2016
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Depuis le 9 novembre et ce, jusqu’au 16 décembre 2016, le théâtre Denise-Peletier (TDP) présente une adaptation théâtrale du roman futuriste 1984 de George Orwell.

Cette coproduction du TDP de Montréal et du théâtre du Trident de Québec est remarquable.

Après chaque attentat terroriste, alors nos gouvernements se justifient en prétextant des lacunes sécuritaires qu’ils s’empressent de corriger, les citoyens ne voient pas de fin au resserrement de la surveillance étatique dont ils sont l’objet.

Le sujet de cette pièce est donc d’une brulante actualité.

L’histoire est centrée sur un couple de rebelles au sein d’un régime totalitaire.

Le dispositif scénique comporte un écran géant qui sert non seulement à diffuser les messages de Big Brother, mais surtout à projeter l’enregistrement capté sur le vif des propos et confidences des personnages.

Ces derniers sont filmés en gros plan par une caméra qui les suit et qui capte leurs moindres expressions faciales. Ces longs plans-séquences en faible profondeur de champ donnent au spectacle une saveur cinématographie d’autant plus évidente que les comédiens sont équipés de micros, ce qui leur évite d’avoir à crier leur texte et à grimacer pour être compris des spectateurs au fond de la salle.

À part une longue introduction didactique dont je n’ai pas compris l’intérêt — comme si la pièce n’était pas suffisamment évidente d’elle-même — cette production originale réussit à maintenir l’intérêt des spectateurs du début à la fin dans cette présentation brillante d’un des plus grands chefs-d’œuvre littéraires du XXe siècle.

À voir absolument.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectif M.Zuiko 12-40mm F/2,8 — 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 320 — 24 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


La sculpture ‘Révolutions’

20 septembre 2016
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Né à Montréal en 1970, Michel de Broin est un sculpteur dont la première exposition majeure fut présentée en Allemagne en 2002.

En 2003, il crée la sculpture ‘Révolutions’, installée dans le parc Maisonneuve-Cartier adjacent à la station Papineau du métro de Montréal.

Haute de 8,5 mètres, large et profonde de cinq mètres, cette sculpture en aluminium représente un escalier enroulé sur lui-même pour former un nœud de trèfle tridimensionnel.

Cette sculpture s’inspire des escaliers extérieurs en colimaçon, typiques de la ville. En formant un nœud, l’escalier cesse d’être un symbole d’ascension, et entre dans un cycle infini de révolutions où tout ce qui monte finit par redescendre.

Parti s’installer en Europe en 2005, l’artiste est revenu habiter dans sa ville natale en 2011.

Durant son séjour européen, il a repris ce thème pour la Biennale d’art contemporain de Rennes en 2010.

Sous le titre de ‘Révolution’ (au singulier), Michel de Broin y a créé un escalier sur pilotis qui ferait 40 mètres de long si on le déroulait. C’est l’équivalent d’un escalier de cinq étages.

Il est installé dans le jardin central de l’ancien cloitre du Couvent des Jacobins (devenu centre des congrès).

Pour l’œuvre rennaise, le sculpteur a ajouté une dimension ludique à son escalier puisqu’il peut être emprunté par les visiteurs (ce qui n’est pas le cas à Montréal).

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectif M.Zuiko 12-40mm F/2,8
1re photo : 1/2000 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 20 mm
2e  photo : 1/2500 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 28 mm
3e  photo : 1/3200 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 40 mm
4e  photo : 1/4000 sec. — F/2,8 — ISO 125 — 30 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Toulouse-Lautrec affiche la Belle Époque au MBAM

9 septembre 2016
Affiche de l’exposition, dans le métro

Introduction

Du 18 juin au 30 octobre 2016, le Musée des Beaux-Arts de Montréal présente l’exposition Toulouse-Lautrec affiche la Belle Époque.

À la fin du XIXe siècle, c’est probablement l’artiste qui a le mieux capté l’esprit de la bohème artistique du quartier de Montmartre (où il habitait).

Son œuvre comprend 737 peintures, 275 aquarelles, 369 lithographies (y compris 31 affiches) et environ 5 000 dessins.

Ce peintre fut aussi un remarquable lithographe : il a exercé cette activité pendant une décennie.

Voilà ce que présente cette l’exposition. On y voit plus de quatre-vingt-dix estampes et affiches réparties dans trois salles.

La salle jaune

Aperçu de la première salle
Détail de la première salle
Confetti (1895)

Cette salle met principalement en vedette les affiches commerciales de Toulouse-Lautrec qui ne sont pas reliées au monde du spectacle.

Ce sont, par exemple, des affiches destinées à la promotion d’une revue littéraire, à annoncer la parution d’un livre, ou à faire la réclame d’une boutique de décoration intérieure.

Toulouse-Lautrec utilise souvent la technique du crachis; elle consiste à éclabousser la surface de gouttelettes d’encre afin de créer un effet de tonalité. Dans le cas ci-dessus — la couverture du catalogue d’une exposition de confettis de papier — le crachis est utilisé à des fins expressives.

La salle rouge

Aperçu de la deuxième salle
La Clownesse assise (Mademoiselle Cha-U-Kao), 1896

Cette salle illustre le talent de Toulouse-Lautrec en tant que portraitiste. On y voit les estampes de chanteurs et de comédiens que Toulouse-Lautrec a côtoyés.

Influencé par les estampes japonaises, Toulouse-Lautec reproduit les grimaces des acteurs et la théâtralité de leur langage corporel.

Le rouge de cette salle souligne à contrario l’utilisation parcimonieuse de la couleur dans les œuvres présentées dans celle-ci.

Ajoutant un environnement musical à son offre visuelle, le musée fait jouer dans cette salle des extraits de chansons de l’époque, interprétées par certains des artistes représentés dans l’exposition.

La salle anthracite

Aperçu de la troisième salle
Ambassadeurs : Aristide Bruant (1892)

L’exposition se termine par la présentation de plusieurs affiches de grand format et les estampes les plus célèbres de Toulouse-Lautrec.

Conclusion

Certaines des affiches de l’exposition sont bien connues parce qu’elles sont devenues emblématiques de la Belle Époque. Mais les copies présentées à Montréal le sont pour la première fois. Elles font partie d’une collection privée demeurée confidentielle jusqu’à maintenant.

Les affiches de Toulouse-Lautrec étaient conçues pour être éphémères. Ce qui fait toute la rareté de celles qui nous sont parvenues en bon état.

La réputation de Toulouse-Lautrec en tant que peintre a contribué au respect qui a entouré son activité d’affichiste. Voilà pourquoi, dès le départ, des collectionneurs ont fait l’acquisition de ce d’autres considéraient comme de vulgaires reproductions.

Il a exercé son activité alors que la lithographie (c’est-à-dire la gravure sur pierre) atteignait son apogée et permettait la reproduction en série d’estampes en couleur de grand format. Et c’est lui qui a donné ses lettres de noblesse à l’affiche.

Les grands aplats de couleur, les dégradés créés au crachis, les lignes noires qui délimitent les formes et les rendent identifiables de loin, confèrent aux affiches de Toulouse-Lautrec une modernité dont pourraient se réclamer les grands affichistes du XXe siècle.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectifs M.Zuiko 7-14 mm F/2,8 (2e, 5e et 7e photos) et PanLeica 25 mm F/1,4 (les autres photos)
1re photo : 1/250 sec. — F/1,4 — ISO 2000 — 25 mm
2e  photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 1600 — 7 mm
3e  photo : 1/80 sec. — F/1,4 — ISO 800 — 25 mm
4e  photo : 1/80 sec. — F/1,4 — ISO 250 — 25 mm
5e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 4000 — 7 mm
6e  photo : 1/60 sec. — F/1,4 — ISO 320 — 25 mm
7e  photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 3200 — 7 mm
8e  photo : 1/80 sec. — F/1,4 — ISO 1000 — 25 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le spectacle L’Oasis à la place Desjardins

4 août 2016

 

 
Le Complexe Desjardins est situé dans le Quartier des spectacles, en face de la Place des Arts.

Ses premiers niveaux sont occupés par cent-dix boutiques et restaurants, disposés autour d’une vaste place publique intérieure appelée place Desjardins.

Depuis le 27 juin et ce, jusqu’au 21 septembre 2016, cette place présente le spectacle éphémère L’Oasis constitué de jeux d’eau et de lumière sur fond musical (la pièce Flores En El Desierto, tirée de la trame musicale de Luzia du Cirque du Soleil).

En principe, ce spectacle de moins de cinq minutes est présenté tous les jours à 11h et à 12h, puis toutes les heures de 15h à 23h (inclusivement).

L’horaire est toutefois sujet à de nombreuses exceptions en raison des évènements qui y ont souvent lieu.

C’est en soirée que ce spectacle est le plus séduisant.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Festival Juste pour rire 2016

31 juillet 2016

Depuis mon reportage de 2012, je n’étais pas retourné au festival Juste pour rire. J’y suis allé il y a une semaine, pour la première fois depuis quatre ans.

Sauf quant à prévention d’un attentat par camion-bélier (comme ce fut le cas à Nice), le site était encore moins sécuritaire qu’en 2012.

Par ailleurs, ce festival présentait une programmation extérieure gratuite (du 16 au 30 juillet) et une programmation payante en salle qui se termine ce soir.


 
À l’angle des rues Clark et Sainte-Catherine, le terrain vacant avait été transformé en une aire de restauration. À cela s’ajoutaient des guichets alimentaires le long de la rue Sainte-Catherine jusqu’à la place des Arts.


 
Le boulevard de Maisonneuve était dédié aux jeux de société. Ceux-ci connurent une immense popularité.


 
Le jour, plusieurs manèges occupaient la place des Festivals.


 
Certains soirs, sur la scène Vidéotron, on présentait des spectacles gratuits d’humour. De plus, le long de la place des Festivals, on présenta notamment le spectacle Firebirds ! Expérience immersive (ci-dessus) de la troupe allemande Titanik.


 
Le 24 juillet dernier, en direction du métro pour rentrer chez moi, je croise Mme Essraa Daoui. Cette inconnue m’offre un billet gratuit pour un gala, ce soir-là à la salle Wilfrid-Pelletier.

J’hésite. Mais il faut faire vite; le spectacle débute dans quelques instants. J’accepte donc. Effectivement, nous avons juste le temps de prendre place — dans la première rangée, à gauche — que déjà le spectacle commence.

Sous le thème d’un affrontement politique entre la Gauche et la Droite, Guy Nantel (à l’extrême droite de la photo) et Guillaume Wagner (derrière lui, représentant la Gauche) nous feront passer une excellente soirée.

Ils seront aidés de huit autres humoristes, soit successivement Stéphane Fallu, Adid Alkhalidey, Didier Lambert, Eddy King, Richardson Zéphir, Laurent Paquin, Jean-François Mercier et Julien Tremblay.

À l’issue de la représentation, pour remercier Mme Daoui, je l’invite à prendre un café au restaurant Van Houtte situé près de la sortie de la salle.

Née au Québec, Mme Daoui est de descendance iranienne. Probablement au début de la trentaine, celle-ci est une femme sure d’elle-même, spontanée, voire extravertie.

Nous passons un bon moment (une heure peut-être) à parler notamment de politique, un sujet de discussion inusité entre deux personnes qui se rencontrent pour la première fois. Nous nous quittons à la fermeture du restaurant.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectifs M.Zuiko 12-40 mm F/2,8 (photos 9 à 13) et M.Zuiko 7-14 mm F/2,8 (les autres photos)
  1re photo : 1/1250 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 7 mm
  2e  photo : 1/2000 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 14 mm
  3e  photo : 1/500 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 13 mm
  4e  photo : 1/320 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 14 mm
  5e  photo : 1/2000 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 14 mm
  6e  photo : 1/500 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 14 mm
  7e  photo : 1/2000 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 14 mm
  8e  photo : 1/1000 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 12 mm
  9e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 500 — 15 mm
10e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 1250 — 14 mm
11e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 2000 — 30 mm
12e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 320 — 40 mm
13e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 500 — 40 mm
14e  photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 400 — 10 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Pour l’amour de la salsa cubaine

27 juillet 2016

Parmi les commentateurs qui ont eu l’occasion de s’exprimer sur ce blogue se trouve Marc Dinet. Celui-ci est l’expert mondial en salsa cubaine.

Après avoir vécu une bonne partie de sa vie en Amérique latine, M. Dinet est revenu à Paris en 1996, où il s’est tout naturellement lié au milieu caraïbéen de la capitale, et notamment aux exilés cubains.

C’est au contact de ces derniers que M. Dinet découvre les particularités de la salsa telle qu’on la danse à Cuba.

Plus simple, plus conviviale, plus riche et diversifiée, la salsa cubaine est devenue planétaire et, ajoutant le titre d’auteur à celui de danseur, M. Dinet participe à cet engouement.

Ses nombreux séjours à Cuba — dont celui qu’il effectue au moment où ces lignes sont écrites — lui permettent de s’assurer de l’authenticité de sa pratique et de son enseignement.

En raison peut-être de l’embargo américain, c’est donc tout naturellement à un Européen que revenait l’honneur d’écrire la bible du praticien de la salsa.

Son livre est disponible au Québec entre autres chez Archambault et Renault-Bray au prix de 22$, de même qu’en France à la FNAC et chez Amazon pour 12,5 euros. De plus, une version électronique pour le recteur Kindle se vend à 9,4 euros.

À ce prix-là, quel amateur de danse sociale peut s’en priver ?

Pour terminer, les intéressés qui le souhaitent pourront lui écrire en cliquant sur ceci.

Références :
Critiques des clients d’Amazon.fr

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Écrit par Jean-Pierre Martel


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