Caligula, d’Albert Camus, au TNM

21 mars 2017
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Jusqu’au 12 avril 2017, le Théâtre du Nouveau-Monde présente Caligula d’Albert Camus.

Cette production s’ouvre par une scène assourdissante qui représente la réaction de l’empereur Caligula au décès de sa sœur, avec laquelle il entretenait une relation incestueuse.

Après s’être enfui du palais pendant plusieurs jours, Caligula y revient. L’acteur Benoît McGinnis s’avance alors sur le devant de la scène, éclairé de part et d’autre par un éclairage latéral qui lui creuse l’orbite oculaire. Livide, les traits ravagés par la douleur, il dirige son regard sans vie droit devant lui. Sans dire un mot, il nous présente un homme puissant qui se dresse contre un monde qui ne lui offre plus aucun espoir.

Toute la pièce est là.

Si vous voulez assister à un drame cynique et puissant, un texte articulé au point qu’on n’en manque pas une syllabe, une mise en scène efficace, une distribution exemplaire dominée par un acteur exceptionnel, courrez voir cette production remarquable.

Détails techniques : Montage de deux photos prises avec un appareil Olympus OM-D e-m5, + objectif M.Zuiko 12-45mm F/2,8

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le défilé de la Saint-Patrick 2017

20 mars 2017
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Depuis 1824, un défilé de la Saint-Patrick a lieu à Montréal à tous les printemps. Ce défilé est le plus ancien en Amérique.

À l’occasion de sa 194e édition, environ trois-mille figurants ont été acclamés hier par la foule joyeuse amassée le long de la rue Sainte-Catherine.

En plus des parades militaires et des amuseurs publics, de nombreux groupes irlandais du Québec et de l’Ontario y étaient représentés : écoles, pubs, clubs sociaux, fanfares, etc.

Voici quelques-unes des photos que j’en ai rapportées.

Détails techniques : Appareil Olympus OM-D e-M5, objectif M.Zuiko 12-40mm F/2,8.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Chagall et la musique — L’après-guerre (deuxième partie)

18 mars 2017
Aperçu de la septième salle
Le Cirque rouge (1956-1960)

Tout au long de sa vie, Chagall a représenté les artisans du cirque qui, avec peu de moyens, ravissent les spectateurs, comme le peintre le fait à sa manière.

Le Roi David (1951)

Le roi-musicien qu’était David est probablement le personnage biblique auquel Chagall est le plus attaché.

David Chagall est le frère musicien de l’artiste, décédé en 1914.

En 1945, Chagall embauche Virginia Haggard-McNeil comme gouvernante. Veuf, il en devient rapidement amoureux. Un fils, David, naitra de cette liaison illégitime l’année suivante.

L’Apparition de la famille de l’artiste (1935-1947)

L’artiste à son chevalet tourne un regard nostalgique sur sa famille. Son père tient la Torah entre ses bras. Sa nouvelle compagne, Virginia, lui ouvre les bras alors que flotte encore le souvenir de Bella, en robe de mariée.

Au centre, David, son turbulent garçon, réclame son attention.

Les Arlequins, tapisserie d’Yvette Cauquil-Prince (1993), d’après Chagall

Yvette Cauquil-Prince avait ouvert un atelier de tissage en 1959 sur la rue Saint-Denis, à Paris, transféré trois ans plus tard sur la rue des Blancs Manteaux, dans le Marais.

En 1964, elle fait la connaissance de Chagall. Celui-ci est rapidement séduit par sa maitrise à traduire ses compositions en tapisseries.

Quelques années après le décès du peintre, la tisserande créera cette pièce en réinterprétant de manière réussie une toile peinte par Chagall en 1938.

Le Cirque bleu (1950-1952)

De nouveau, Chagall s’intéresse au cirque dans cette grande et magnifique composition commandée pour décorer le foyer du Watergate Theatre de Londres.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, hypergone M.Zuiko 8 mm F/1,8 (1re et 5e photos), objectif M.Zuiko 25 mm F/1,2 (les autres photos)
1re photo : 1/60 sec. — F/1,8 — ISO 2500 — 8 mm
2e  photo : 1/60 sec. — F/1,2 — ISO 320 — 25 mm
3e  photo : 1/80 sec. — F/1,2 — ISO 320 — 25 mm
4e  photo : 1/80 sec. — F/1,2 — ISO 800 — 25 mm
5e  photo : 1/80 sec. — F/1,2 — ISO 800 — 25 mm
6e photo : 1/80 sec. — F/1,2 — ISO 500 — 25 mm


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Écrit par Jean-Pierre Martel


Chagall et la musique — La guerre et l’après-guerre (première partie)

15 mars 2017

Les périls de la guerre

Réfugié dans le sud de la France en raison de l’avancée des troupes allemandes, Chagall est arrêté en 1941 lors d’une rafle contre les Juifs dans un hôtel de Marseille.

Dans cette ville, un an plus tôt, le journaliste américain Varian Fry avait été envoyé secrètement par l’Emergency Rescue Committee avec trois-mille dollars cousus dans ses vêtements et une liste de quelque deux-cents écrivains et artistes en danger.

Aidé du vice-consul américain à Marseille, Fry sauva la vie à près de 2 000 Juifs et militants antinazis en les aidant à fuir l’Europe.

Parmi ceux-ci se trouvait Marc Chagall que Fry fit libérer de prison peu de temps après son arrestation.

Sur l’internet, on présente deux versions complètement différentes de l’odyssée de Marseille à New York que réalisèrent Chagall et son épouse.

Celle qu’on trouve le plus couramment veut que Chagall, avant de traverser l’Atlantique, ait quitté Marseille sur le cargo Nevamare à destination de Séville, puis de Cadix, et finalement de Lisbonne.

J’ai écarté cette version en raison de ses nombreuses invraisemblances dont celle, majeure, du fait que Séville n’est pas un port de mer.

Selon la version que j’ai retenue, Chagall et son épouse quittèrent Marseille le 7 mai 1941 à bord d’un train à destination de Lisbonne avec escale à Madrid.

Le voyage dura quatre jours. Mais ils durent attendre jusqu’à la mi-juin avant de s’embarquer pour New York.

Ces délais s’expliquent parce qu’il fallut plus d’un mois pour recevoir les 600kg de toiles, d’aquarelles et de croquis expédiés de Marseille par lots séparés et dont Chagall ne prit possession au Portugal que le 10 juin 1941.

Ces colis représentaient la majeure partie de ses œuvres récentes, certaines encore inachevées.

En raison d’un embargo exigé par l’Espagne ou l’Allemagne, le couple Chagall navigua vers New York sans les œuvres du peintre.

Ce n’est que le 13 septembre suivant que celles-ci arrivèrent à New York à bord du Nevamare.

Certains des 769 passagers arrivés vivants avaient dû débourser la somme considérable de mille dollars pour prendre place sur ce cargo insalubre.

Les infiltrations d’eau aux étages inférieurs firent en sorte que tous les bagages qui s’y trouvaient moisirent au cours de la traversée et furent jetés à la mer par les autorités sanitaires new-yorkaises à leur arrivée.

Heureusement, les œuvres du peintre avaient été paquetées dans une grosse boite de 183 x 183 x 91 centimètres, solidement fixée sur le pont du navire et gardée presque continuellement par la fille de Chagall.

Torpillé par un sous-marin allemand, le Navemare sombra sur le chemin de son retour vers l’Europe.

L’Exil à New-York

Aperçu de la sixième salle

La sixième salle de l’exposition Chagall et le musique présente des œuvres réalisées au cours de la Deuxième Guerre mondiale ou dans les années qui suivirent, tandis que la salle suivante — que nous verrons la prochaine fois — présente des œuvres réalisée à la même époque mais de taille plus importante.

Le Mariage (1944)

Puisque la production de Chagall s’est interrompue au décès de Bella, cette toile d’esprit baroque a nécessairement été créée avant le 2 septembre 1944.

Elle apparait comme un hommage à l’institution du mariage.

Dans ce cas-ci, deux êtres s’unissent sous la houppa rouge tendue au-dessus d’eux.

Dans le coin inférieur gauche, on peut voir non pas une ménora (comme on aurait pu s’attendre) mais un chandelier dont le nombre de branches est celui des saisons.

Derrière eux, des parents et amis souriants passent du coq à l’âne, bercés par la musique bienveillante de musiciens placés au haut du tableau et qui font office d’allégories du bonheur.

Le Gant noir (1923-1948)

Commencé l’année de l’arrivée à Paris de Chagall accompagné de sa nouvelle épouse (en 1923), ce tableau est terminé dans cette même ville, alors que Chagall y retourne seul après la guerre.

Entre ces deux dates, un gant noir garde ouvert un calepin où le lit une inscription — ‘avril 1942’ — dont Chagall a emporté outre-tombe la mystérieuse signification.

Ce tableau est dominé par l’image centrale de Bella, épouse décédée et muse intemporelle avec qui Chagall (le visage vert et rouge) entretenait une relation fusionnelle.

Triangulaire, son voile nuptial blanc est également un chemin de neige qui unit leurs racines communes à Vitebsk (à gauche) à la force créatrice du peintre (à droite).

Le Pendule à l’aile bleue (1949)

À la suite du décès de Bella, la production de Chagall s’interrompit quelques mois. Ce tableau fut exécuté cinq ans après sa disparition.

L’horloge représentée ici est celle de la maison d’enfance de Chagall à Vitebsk. Ailée, elle illustre le temps qui fuit et qui emporte le souvenir des amoureux enlacés gravés à sa surface.

Dans le coin inférieur gauche se dessine le profil fantomatique de ce Juif condamné à la solitude et à l’errance. Un bouquet de fleurs symbolise l’amour de Chagall pour son épouse. Dans le coin supérieur gauche, un coq jaune — avatar récurrent de l’artiste — survole la scène sur un ciel noir.

Référence : The Madonna of the Village. World War II and the Rescue of Works by Chagall

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, hypergone M.Zuiko 8 mm F/1,8 (1re photo), objectif M.Zuiko 25 mm F/1,2 (les autres photos)
1re photo : 1/60 sec. — F/1,8 — ISO 1600 — 8 mm
2e  photo : 1/60 sec. — F/1,2 — ISO 400 — 25 mm
3e  photo : 1/60 sec. — F/1,2 — ISO 320 — 25 mm
4e  photo : 1/60 sec. — F/1,2 — ISO 400 — 25 mm


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Écrit par Jean-Pierre Martel


La Nuit blanche 2017

6 mars 2017

 

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C’est samedi dernier qu’avait lieu la Nuit blanche dans le cadre du festival Montréal en lumière.

Ce festival d’hiver — le plus important au monde — combine gastronomie, théâtre, cirque, danse, et art contemporain.

La nouveauté de sa 18e édition, c’était l’ajout d’un circuit de 3,6km (appelé Illuminart) le long duquel se répartissaient 25 installations lumineuses réalisées par des créateurs d’ici et d’ailleurs.

Si le volet gastronomique mettait en vedette la ville de Lyon, le festival célébrait également le cinquantième anniversaire de l’exposition universelle qui s’est tenue à Montréal en 1967.

Le diaporama ci-dessus présente quelques photos prises au cours de la Nuit blanche. Il comprend trois volets : l’esplanade du stade olympique, le site du festival, et le long du circuit d’Illuminart.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectifs M.Zuiko 25 mm F/1,2 et M.Zuiko 75 mm F/1,8.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Chagall et la musique — Le ballet Aleko

1 mars 2017
Aperçu de la cinquième salle de l’exposition du MBAM

Au cours de la Deuxième Guerre mondiale, New York accueillit un grand nombre de créateurs européens fuyant le nazisme, dont Chagall. À l’abri du conflit, la métropole américaine devint alors le plus important centre de création d’art moderne.

Après avoir travaillé à Paris en 1932 sur un projet de ballet qui sera finalement abandonné, Chagall est approché en 1941 par le chorégraphe Léonide Massine — lui aussi en exil aux États-Unis — afin de créer les décors et les costumes d’un ballet appelé Aleko.

Celui-ci était inspiré du poème Les Tsiganes (1824) d’Alexandre Pouchkine tandis que sa musique était de Pyotr-Ilich Tchaikovsky, orchestrée par Erno Rapée.

Chagall créa quatre fonds de scène et plus de soixante-dix costumes, dont certains furent peints de la main de Chagall alors que tous furent confectionnés sous la supervision de son épouse.

L’explosion des couts fit en sorte que la production entière fut déplacée au Mexique où la main-d’œuvre qualifiée était moins onéreuse. Si bien que la première mondiale eut lieu dans la capitale mexicaine au Palacio de Bellas Artes le 8 septembre 1942. Puis le tout fut rapatrié à New York pour la première américaine le mois suivant.

Le ballet fut présenté à plusieurs reprises jusqu’en 1968. Mais la vente des décors de Chagall en 1977 — afin de renflouer les coffres dégarnis du Ballet Theatre de New York — marqua le glas de cette production.

Maquettes des fonds de scène d’Arleko
Maquette de la première scène : Aleko et Zemphina au clair de lune (1942)

Chacune des scènes du ballet est caractérisée par un fond de couleur spécifique.

Le bleu baigne la rencontre nocturne d’Aleko et de Zemphina. Le blanc écru occupe une large place du fond pour Le Carnaval des animaux. Le Champ de blé par un après-midi d’été est dominé par le jaune et l’orangé. Quant à la scène finale, Une fantaisie de Saint-Pétersbourg, elle possède les accents dramatiques du noir et du rouge.

Costume de Zemphina à la scène I
Maquette du costume d’une chauvesouris à la scène IV

Selon les segments du ballet, la couleur des costumes s’accordait avec celle des fonds de scène tout en caractérisant les personnages. C’est ainsi que Zemphina portait quatre robes de couleurs différentes.

Les applaudissements du public new-yorkais au dévoilement de chaque scène irritèrent certains critiques qui s’attristèrent de constater que les décors de Chagall volaient la vedette aux danseurs.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, hypergone M.Zuiko 8 mm F/1,8 (1re photo) et objectif M.Zuiko 25 mm F/1,2 (les autres photos)
1re photo : 1/60 sec. — F/1,8 — ISO 1000 — 8 mm
2e  photo : 1/60 sec. — F/1,2 — ISO 200 — 25 mm
3e  photo : 1/80 sec. — F/1,2 — ISO 250 — 25 mm
4e  photo : 1/60 sec. — F/1,2 — ISO 400 — 25 mm
5e  photo : 1/80 sec. — F/1,2 — ISO 200 — 25 mm


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Écrit par Jean-Pierre Martel


Les malheurs artificiels

21 février 2017

Avant-propos : je dédie ce texte à mon père.

C’est en 1860 qu’est publié l’essai Les Paradis artificiels de Charles Beaudelaire. Depuis, l’expression désigne toute drogue consommée dans le but de stimuler la créativité poétique et l’invention d’images inédites.

Mais qu’en est-il de leur exact contraire, soit les malheurs artificiels ?

Il y a bien des années, tous les samedis soirs, j’avais l’habitude de m’installer dans un fauteuil bien confortable dans le but d’écouter un opéra.

J’utilisais alors des écouteurs, ce qui me permettait d’entendre le tout à plein volume sans déranger les voisins.

Pour apprécier pleinement l’œuvre, la lecture concomitante du livret était indispensable. D’une part parce que je ne comprends ni l’italien, ni l’allemand, ni le russe, et d’autre part parce que la diction de ceux qui chantent en français laisse habituellement à désirer.

Et puisque l’histoire consiste généralement en un mélodrame à l’issue duquel, par exemple, la petite soprano tuberculeuse meurt dans les bras de son beau ténor, je prenais soin de placer une boite de mouchoirs de papier à côté de mon siège afin d’éponger les traces de mes épanchements sentimentaux.

À l’issue de cette écoute, j’en ressortais les yeux rougis et le cœur apaisé.

D’où mon impression croissante que le fait de partager les malheurs d’autrui pouvait être bénéfique.

Effectivement, on s’habitue à tout. La personne qui vit continuellement dans le bonheur finit par ne plus le ressentir. C’est seulement lorsqu’elle en est privée qu’elle réalise à quel point elle vivait une situation agréable.

C’est comme pour la douleur. On peut dormir lorsqu’on est soumis à une douleur sourde, c’est-à-dire continue. Mais une douleur pulsative est insupportable.

Et pour revenir au bonheur, certains osent même affirmer que le bonheur anesthésie et conduit à la médiocrité.

On ne compte plus les compositeurs qui ont réalisé leurs belles chansons sous le coup d’une rupture amoureuse et qui ont perdu l’inspiration au retour de leur âme chérie. Ou ces romanciers, architectes ou autres, qui, bourreaux de travail, ont réalisé des œuvres colossales en fuyant une vie conjugale infernale.

En somme, le malheur stimulerait bien davantage la créativité que son contraire.

Mais que peut-on faire si on est heureux ? Comment renouveler le sentiment de bonheur lorsqu’on mène une vie sans problème, sans crise, sans drame, bref, quand on mène une vie paisible et sans histoire comme le font des millions de personnes ?

La solution, ce sont les malheurs artificiels.

Si, au théâtre et au cinéma, le mélodrame est un genre complètement démodé, la télévision nous fournit de nombreux exemples de situations réelles (la série Deuxième chance) ou fictives (le feuilleton Unité 9 ou Feux) qui présentent des situations à forte composante émotive.

Ces émissions, immensément populaires, répondent à un besoin. Non pas le besoin masochiste d’éprouver le malheur des personnages, mais plutôt le besoin de ressentir le bienêtre jouissif du retour à notre petite vie heureuse.

Et c’est alors qu’on réalise que l’empathie ne rend pas seulement les gens bons; elle contribue à les rendre heureux.

À l’opposé, l’indifférence face au malheur des autres régularise l’humeur de celui qui cultive une telle attitude, mais au prix du dessèchement de son âme…

Cela illustre le rôle indispensable des artistes. Ils ne servent pas seulement à créer l’émerveillement par la beauté des œuvres qui peuplent nos vies. Ils ne servent pas seulement à révéler le sens profond de l’époque dans laquelle nous vivons. Ils servent aussi à raviver le bonheur qui tend à s’émousser par l’habitude.

Les malheurs artificiels
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Les soirées Off-Igloo

19 février 2017

Igloofest est un festival extérieur de musique électronique, qui se tient l’hiver depuis 2007 à Montréal.

Cette année, celui-ci avait lieu au Vieux-Port du 12 au 19 février 2017.

En raison du 375e anniversaire de Montréal, les organisateurs lui ont greffé cette année des activités gratuites à l’issue du festival proprement dit.

Cela comprenait, le jour, les Jeux Nordik (le lancer du sapin, les courses à obstacles, etc.) et le soir, les Soirées Off-Igloo dont la dernière se tenait hier.

Au premier plan, le Village Nordik

Devant le site, on pouvait visiter Le Village Nordik. Il s’agissait d’un circuit participatif créé par sept firmes montréalaises de design présentant chacune leur vision d’une habitation hivernale temporaire.

Entrée du festival

L’accès au site était protégé par des fouilles corporelles, les premières dignes de ce nom dans un festival montréalais.

Aperçu de la foule
Atmosphère conviviale du festival

Si la température clémente d’hier soir (+3°C) m’a convaincu d’y faire un tour, pour les autres festivaliers, cela n’a peu d’importance. Même à des températures de -30°C, le festival peut attirer jusqu’à 60 000 personnes.

Ponsolo b2b Ledisko à l’œuvre

Hier soir, les DJ en vedette étaient Hatchmatik, Le Matos, puis Ponsolo b2b Ledisko.

Cliquez pour un aperçu de la musique

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectif M.Zuiko 25mm F/1,2
1re photo : 1/60 sec. — F/1,2 — ISO 500 — 25 mm
2e  photo : 1/80 sec. — F/1,2 — ISO 200 — 25 mm
3e  photo : 1/60 sec. — F/1,2 — ISO 400 — 25 mm
4e  photo : 1/60 sec. — F/1,2 — ISO 1000 — 25 mm
5e  photo : 1/100 sec. — F/1,2 — ISO 200 — 25 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Chagall et la musique — L’œuvre imprimée

18 février 2017
Aperçu de la quatrième salle de l’exposition

C’est en 1923 que l’éditeur et marchand d’art Ambroise Vollard fait connaissance avec Chagall.

Au cours des années qui suivent, il lui commande des eaux-fortes illustrant les Fables de La Fontaine (en 1924-1925), d’autres pour Les Âmes mortes de Nicolas Gogol (en 1925-1931), et d’autres enfin pour l’Ancien Testament (en 1930).

Le choix d’un peintre alors peu connu pour illustrer Gogol pouvait toujours se justifier par le fait que celui-ci était russe.

Mais choisir ce même peintre russe pour illustrer un chef-d’œuvre de la littérature française, les Fables, suscita l’étonnement.

Couverture des Fables de Lafontaine, illustrées par Chagall

À l’exposition montréalaise Chagall et la musique, ce sont des études préparatoires aux Fables qui ont été choisies pour représenter l’œuvre imprimée de Chagall.

Les Grenouilles qui demandent un roi (gouache, vers 1927)
La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le bœuf (gouache, vers 1927)

En préparation pour l’impression en noir et blanc, Chagall réalisa une centaine de gouaches qui seront exposées en 1930 à Paris, à Bruxelles et à Berlin.

Les eaux-fortes réalisées d’après ces gouaches ne seront dévoilées qu’en 1950. Une partie d’entre elles sont exposées à Montréal. Leurs différents états montrent la genèse de la gravure en vue de l’édition finale.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectifs M.Zuiko 7-14 mm F/2,8 (1re photo) et M.Zuiko 25 mm F/1,2 (les autres photos)
1re photo : 1/50 sec. — F/2,8 — ISO 6400 — 7 mm
2e  photo : 1/60 sec. — F/1,2 — ISO 250 — 25 mm
3e  photo : 1/80 sec. — F/1,2 — ISO 250 — 25 mm
4e  photo : 1/60 sec. — F/1,2 — ISO 250 — 25 mm


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Écrit par Jean-Pierre Martel


Starmania, l’opéra prophétique

15 février 2017

 

 

Un télé-crochet se définit comme une émission télévisée conçue comme un concours de chant, où les candidats sont soumis au vote d’un jury.

Le 21 janvier dernier, au télé-crochet Singer 2017 de la chaine chinoise Hunan-TV, un jeune Kazakh appelé Dimash Kudaibergenov, 22 ans, interprétait SOS d’un terrien en détresse.

Disponible sur l’internet, son interprétation a été vue des millions de fois en trois semaines.

Or cette chanson, redoutée par les interprètes en raison de sa difficulté, est tirée d’un opéra rock futuriste appelé Starmania, écrit il y a trois décennies par Michel Berger et Luc Plamondon.

Dans la foulée de ce succès médiatique, on me permettra d’attirer l’attention sur une partie du libretto qui, de nos jours, prend des allures prophétiques.

Du haut de sa Tour Dorée de 121 étages, Zéro Janvier est le maitre de l’Occident unifié. Il s’agit un milliardaire devenu président de l’Occident après avoir fait campagne sur le retour à l’ordre, le saccage nécessaire des richesses naturelles, et sur l’édification d’un nouvel ordre mondial.

Le discours électoral que lui a écrit Luc Plamondon est le suivant :

La foule :

Zéro Janvier,
Président de l’Occident.
(trois fois)

Zéro Janvier :

Pour enrayer la nouvelle vague terroriste,
Nous prendrons des mesures extrémistes.
Nous imposerons le retour à l’ordre
Si on ne peut pas vivre dans la concorde.
Nous mettrons la capitale
Sous la loi martiale.

La foule :

Zéro Janvier,
Président de l’Occident.

Zéro Janvier :

En ce qui concerne la pénurie d’énergie,
Vous connaissez déjà ma stratégie :
Quand nous aurons vidé le fond des mers,
Nous serons prêts à vivre ailleurs que sur terre.
Notre prochaine capitale
Sera une station spatiale.

La foule :

Zéro Janvier,
Président de l’Occident.

Zéro Janvier :

Cessons de nous ruiner pour le tiers monde
Qui nous remerciera bientôt avec des bombes.
Assurons d’abord notre survivance.

Je suis, pour l’Occident, l’homme de la dernière chance.
Je suis, pour l’Occident, l’homme de la dernière chance.

Nous bâtirons le nouveau monde atomique
Où l’homme ne sera plus esclave de la nature
Laissons le passé aux nostalgiques
Vivons l’aventure du futur.

Starmania, l’opéra prophétique
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Écrit par Jean-Pierre Martel


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