La basilique Saint-Denis

13 décembre 2017

 

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Histoire

La basilique Saint-Denis n’est pas seulement nommée en l’honneur de saint Denis; elle est intimement liée à l’histoire de son patron et plus précisément, à la légende qui l’entoure.

Les faits sont simples : Denis est le premier évêque de Lutèce (c’est-à-dire de Paris), mort décapité vers l’an 250.

Contrairement à ce qu’on affirme souvent, le lieu de son martyr et de sa décapitation n’est pas Montmartre (en latin, monts Martyrum), mais plutôt le monticule de Montjoie, aujourd’hui aplani, situé entre Montmartre et Saint-Denis.

Écrite quatre siècles après sa mort, sa légende veut qu’aussitôt décapité, l’évêque Denis se lève, prenne sa tête, et marche cinq kilomètres vers le nord, pour s’écrouler finalement au lieu précis où il souhaitait être enterré.

Et c’est sur ce lieu qu’on éleva d’abord un monastère doté d’une modeste chapelle.

Reconstruite de 1137 à 1281, la basilique Saint-Denis n’est pas la première église de style gothique. Ce titre revient à la cathédrale Saint-Étienne de Sens.

Toutefois le prestige de la basilique a fait rayonner dans toute l’Europe ce style architectural (appelé originellement art francilien).

Saint-Denis, nécropole des rois de France

Même si on trouve à la basilique des monuments qui honorent divers rois mérovingiens, le seul à y avoir été réellement enterré fut le roi Dagobert (celui qui, selon la chanson, aurait mis sa culotte à l’envers).

La coutume des rois francs de choisir Saint-Denis comme lieu de sépulture débute avec les rois carolingiens. En effet, avant Charlemagne, cette dynastie est en quête de légitimité puisqu’elle est née du fils bâtard d’un prince franc.

La coutume devient à peu près définitive avec les rois capétiens. Se faire ensevelir près de la dépouille de saint Denis devient une manière d’invoquer sa protection éternelle.

Au fil des siècles et des dons royaux, la modeste église de l’abbaye Saint-Denis s’est transformée en une basilique faisant office de nécropole des rois de France.

Aujourd’hui, la basilique présente la plus remarquable collection d’art funéraire en Occident.

On y trouve des dalles, des gisants (sculptures à plat-dos sur des tombes), des transis (sculptures représentant la dépouille nue), les priants agenouillés, des monuments de cœur (vases contenant le cœur d’un décédé, posés généralement au haut d’une colonne), des arcs de triomphe (combinant transis et priants), des monuments prenant l’aspect d’un autel, etc.

Il est à noter qu’il ne suffit pas que le sujet d’une sculpture ait les mains jointes pour être un priant; il doit le faire à genoux.

De nos jours, on pénètre dans la basilique par une porte située à la droite de la nef. Dans le diaporama, les photos sont ordonnées comme si on visitait la basilique en entrant par son portail de droite et en ressortait par le portail de gauche après en avoir fait le tour. On trouvera en annexe la liste des monuments funéraires qui font partie du diaporama.

Les dernières images sont celles de la crypte.

À la Révolution, les sépultures royales ont été profanées. De plus, en 1794, les vitraux originaux ont été détruits afin que leur plomb serve à faire des balles.

C’est Bonaparte qui ordonnera la restauration de l’église dont l’intérieur était soumis aux intempéries.

Au-delà des monuments funéraires

Le portail de droite (à 0:26) représente l’évêque Denis condamné (à droite) puis conduit au supplice (accompagné de Rustique et Éleuthère) après avoir reçu la communion des mains du Christ.

À 1:04, il s’agit des vitraux de l’abside (XIXe siècle).

À 1:38, les stalles du chœur proviennent de la chapelle du château de Gaillon, en Normandie. Elles datent du XVIe siècle et représentent des scènes de la vie de Jésus de Nazareth, de la Vierge et de martyrs.

Construit de 1834 à 1840, l’orgue de la basilique fut le premier fabriqué par Cavaillé-Coll, alors âgé de vingt-trois ans (à 1:48).

Conclusion

Facilement accessible par le métro, la basilique Saint-Denis mérite d’être davantage fréquentée.

Organisées deux fois par jour, les visites guidées sont sous la responsabilité d’experts particulièrement intéressants.

Si les images de ce diaporama vous plaisent, rappelez-vous que rien ne remplace l’émotion de se trouver dans un tel lieu, chargé d’histoire.


Détails techniques : Le diaporama contient 65 photos dont 50 prises à l’aide d’un appareil Olympus OM-D e-m5 équipé d’un objectif M.Zuiko 12-40 mm F/2,8 et 15 photos prises à l’aide d’un Canon Powershot G6


Liste des diaporamas de Paris :

Le Premier arrondissement de Paris — 1re partie
Le Louvre (ou Premier arrondissement — 2e partie)
Le Premier arrondissement de Paris — 3e partie
Aperçu du deuxième arrondissement de Paris
Aperçu du troisième arrondissement de Paris
Aperçu du quatrième arrondissement de Paris — 1re partie
Aperçu du quatrième arrondissement de Paris — 2e partie
Le Cinquième arrondissement de Paris — 1re partie
Le Cinquième arrondissement de Paris — 2e partie
Le Cinquième arrondissement de Paris — 3e partie
Le Sixième arrondissement de Paris
Le Septième arrondissement de Paris
Le Huitième arrondissement de Paris
Le Neuvième arrondissement de Paris
Le Douzième arrondissement de Paris
Le Treizième arrondissement de Paris
Le Quatorzième arrondissement de Paris
Le Quinzième arrondissement de Paris
Le Seizième arrondissement de Paris
La Défense, à Paris
• La basilique Saint-Denis (celui-ci).

Détails techniques des photos ci-dessus : Olympus OM-D e-m5, objectif M.Zuiko 12-40mm F/2,8
à gauche : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 250 — 19 mm
à droite : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 1250 — 21 mm

Toutes deux prises à la cathédrale Notre-Dame de Paris, la photo de gauche est un détail du portail de la Vierge alors que la deuxième a été prise dans le Trésor de cette église.

Liste des monuments funéraires du diaporama :

• Charles, duc d’Orléans (1394-1465), de Louis, duc d’Orléans (1372-1407), de Valentine Visconti (1366-1408) et de Philippe, comte de Vertus (1396-1420). La table de marbre est décorée de vingt-quatre statuettes d’apôtres et de saints (à 0:30).
• François Ier (1494-1547). Monument de cœur à 0:32.
• François Ier (1494-1547) et Claude de France (1499-1524). Arc de triomphe à 0:36. Couple royal transi à l’intérieur (à 0:38) et priant sur la plateforme, accompagnés de trois de leurs enfants.
• Clovis Ier (635-657, au premier plan) et Charles Martel (685-741, à l’arrière-plan). Gisants à 0:42.
• François II (1544-1560). Monument de cœur, à gauche dont le vase a disparu (à 0:44).
• de l’avant vers l’arrière, à 0:46 : Jeanne de Bourbon (1338-1377), Charles V (1364-1380), Bertrand Du Guesclin (1320-1380), Louis de Sancerre (1342-1402), Charles VI dit le Fou (1368-1422) et Isabeau de Bavière (1371-1435). À 0:48, ce sont les deux premiers sous un autre angle.
• Dagobert (603-639), à 0:52.
• Louis XVI (1754-1793) et Marie-Antoinette (1755-1793). Priants à 0:54.
• lionceaux réchauffant les pieds du gisant de Léon VI de Lusignan (1342-1393), roi d’Arménie, à 0:56.
• Robert II d’Artois (1250-1302), gisant à 1:06.
• Frédégonde (545-597) à 1:08. Dalle cloisonnée. À l’origine, le visage, les mains et les pieds de la reine de Soissons et de Neustrie étaient peints.
• Henri II (1519-1559) et Catherine de Médicis (1519-1589), gisants à 1:10.
• Henri II et Catherine de Médicis, de nouveau. Monument en forme de temple antique décoré aux angles de quatre vertus en bronze (à 1:12). Couple royal transi à l’intérieur (à 1:16) et priant sur la plateforme (à 1:18). Devenue régente du royaume, Catherine de Médicis a fait refaire son transi, le jugeant trop réaliste.
• Louis XII (1462-1515) et Anne de Bretagne (1499-1514). Temple à l’antique entouré des douze apôtres et, aux angles, des quatre vertus cardinales. Couple royal transi à l’intérieur et priant sur la plateforme.
• Henri III (1551-1589). Monument de cœur à 1:42.
• Henri IV (1553-1610). Monument dans la crypte, à 2:01.
• Louis XV (1710-1774). Monument dans la crypte, à 2:05.
• ossuaire à 2:08
• saint Denis, dont le sarcophage vide est au premier plan de la crypte archéologique (à 2:12).

La basilique Saint-Denis
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Écrit par Jean-Pierre Martel


La remontée du PQ passe par le discours économique

11 décembre 2017

Introduction

Les résultats d’un sondage publiés le 28 octobre prochain révélaient que l’appui au Parti québécois avait diminué en 2017 de 29% en janvier, à 25% en mars, à 22% en juin puis à 19% en octobre dernier.

Ce qui place aujourd’hui le PQ en troisième position dans les intentions de vote, loin derrière la Coalition Avenir Québec (36%) et le Parti libéral du Québec (32%).

Ce qu’il faut en retenir

L’essentiel à retenir de ce sondage, c’est que l’électorat québécois est à droite.

En effet, lorsqu’on additionne les pourcentages respectifs des deux principales formations politiques du Québec, on obtient un total de 68%, en hausse de huit pour cent depuis le début de l’année.

Pour se gagner la faveur des citoyens, le PQ n’a pas à se transformer en parti politique de droite. L’électorat de droite est très bien défendu au Québec : il n’a pas besoin d’un troisième parti.

Toutefois, il est sage que le PQ tienne compte des préoccupations de la majorité des électeurs.

Concrètement, il doit mettre en avant les mesures économiques qu’il propose et promouvoir ses politiques sociales en utilisant une argumentation de nature économique.

À l’exemple des garderies

Toutes les études scientifiques ont démontré les bienfaits économiques du réseau québécois des garderies. Voilà l’exemple typique d’une mesure sociale réalisée par le PQ tout en étant parfaitement justifiée du point de vue économique.

Deux des principaux volets du programme du PQ concernent l’économie et la promotion du français.

La politique industrielle verte vs Plan Nord (PLQ) vs ? (CAQ)

Ce qu’il faut dire aux Québécois, c’est que la politique industrielle verte du PQ — visant, entre autres, à l’électrification des transports — serait un formidable outil de développement économique.

Son cout : moins que la version originelle du Plan Nord (soixante-milliards$). Donc si on a les moyens de l’un, on a les moyens de l’autre.

Évidemment, ce qui serait mis en évidence, c’est le projet de réseau panquébécois de monorail électrique, un projet avantageux pour la vallée du Saint-Laurent et les régions qui en dépendent.

Plus on critiquera (à tort) ce projet, plus on lui fera de la publicité gratuite.

Cela s’opposera au Plan Nord, ce gigantesque projet de gaspillage des fonds publics qui visait à mettre en valeur la toundra québécoise.

Et cela s’opposera au minable train à grande fréquence de VIA Rail, défendu par la CAQ. Quant à la séduisante politique maritime de la CAQ, elle est impossible à réaliser sans l’indépendance du Québec puisqu’elle concerne un domaine de juridiction exclusivement fédérale.

La promotion du français

Le PQ doit accepter le peuple francoQuébécois tel qu’il est. Cela signifie qu’il doit défendre le droit au travail des francoQuébécois unilingues.

Selon Statistique Canada, il y avait 3,6 millions de Québécois bilingues en 2016. Donc une bonne partie des francoQuébécois ne le sont pas.

Depuis quatorze ans, le PLQ a transformé ceux-ci en citoyens de deuxième classe alors qu’ils sont chez eux, ici, partout au Québec. Or personne ne les défend.

Quels que soient les avantages indéniables de la connaissance de l’anglais, cette discrimination est totalement inacceptable. Au nom du progrès, le PLQ a légitimé le colonialisme angloCanadien comme aucun gouvernement ne l’avait fait avant lui.

Au-delà des principes, le principal avantage économique de l’unilinguisme (quel qu’il soit) est évident; cela coute moins cher. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’au Canada anglais, il y a tant d’opposants au bilinguisme.

La majorité des néoQuébécois choisissent de s’assimiler à l’anglais. Au contraire, ceux qui choisissent de devenir francoQuébécois peinent à trouver du travail. Le taux de chômage de ces derniers est environ deux fois plus élevé que ceux qui choisissent de s’assimiler à l’anglais. Pourquoi ?

Entre autres, parce qu’on oblige trop d’entre eux à devenir non pas bilingues mais plutôt polyglottes.

Au sujet du travailleur qualifié, la politique linguistique du PQ exige du candidat à l’immigration qu’il connaisse le français avant de mettre les pieds au Québec. Cette politique est tellement plus efficace.

De plus, imposer le français comme unique langue du travail au Québec est plus simple et moins couteux, en dépit des énormes difficultés de sa mise en œuvre. Une fois cela implanté, nos problèmes de main-d’œuvre sont un jeu d’enfant.

Il suffit d’organiser un salon de l’emploi à Paris, Kinshasa, Alger, Rabat, Bruxelles, Tunis, ou Genève, pour que nos entrepreneurs reviennent de l’Étranger avec toutes les candidatures dont ils ont besoin.

Il y a des centaines de millions de Francophones à travers le monde. C’est suffisant pour pourvoir tous les postes vacants du Québec. Mais pour cela, il faut une seule langue de travail au Québec.

Quant aux angloQuébécois, ils devront apprendre à travailler généralement en français dans les entreprises de moyenne ou de grande importance. Comme c’est inversement le cas des Francophones hors Québec qui ont appris à travailler généralement en anglais. Il s’agit-là du sort normal de toutes les minorités à travers le monde.

Au sujet de l’immigration, les politiques des différents partis peuvent de résumer ainsi : plus d’immigrants selon le PLQ, moins d’immigrants selon la CAQ, et des immigrants mieux adaptés au marché du travail (et vice versa) selon le PQ.

Effectivement si on fait passer de 40% à 100% le pourcentage d’immigrants qui choisissent de devenir francoQuébécois, cela est l’équivalent de doubler notre quota d’immigration. Sans couter un sou de plus.

Le faible taux de chômage qui prévaut actuellement au Québec fait en sorte que les politiques linguistiques du PQ concordent parfaitement avec les intérêts économiques du Québec. En somme, les astres s’alignent favorablement pour le PQ.

Le boulet de la Charte de la laïcité

À l’occasion d’une rencontre organisée par le PQ dans Mercier-Hochelaga-Maisonneuve le 3 décembre dernier, quelqu’un de l’assistance s’est demandé publiquement comment on pouvait être péquiste de nos jours, après le désastre (sic) du gouvernement Marois.

Cette intervention m’a beaucoup surpris. Et je me suis demandé comment on pouvait penser ainsi.

Le bilan économique positif du gouvernement Marois est indéniable.

En seulement 18 mois, il a fait épargner aux contribuables trois-milliards$ en mettant la clé dans la centrale nucléaire Gentilly-II.

Et il a rétabli la paix sociale au Québec alors que la répression des protestations étudiantes en était rendue à l’utilisation des armes à mortalité réduite par les forces policières.

Avec, comme résultats, des yeux crevés, des mâchoires fracturées, des dents cassées et des commotions cérébrales. Jusqu’où aurions-nous descendu si Jean Charest avait été réélu ?

Mais il y a eu la Charte de la laïcité et des centaines d’interventions publiques — depuis le retour au pouvoir du PLQ — au cours desquelles on a imputé tous les problèmes actuels du Québec, non pas à 14 ans de régime libéral, mais à 18 mois de régime péquiste. Sans réplique du PQ, comme s’il était d’accord.

Rebâtir sa crédibilité

Au pouvoir, le PQ est un excellent gestionnaire des dépenses publiques. Mais presque personne ne le sait.

Pour qu’on prenne au sérieux ses politiques économiques, le PQ doit rebâtir sa crédibilité. Pour ce faire, il devra perdre du temps d’antenne à corriger des années d’un silence interprété comme approbateur.

Au sujet de Mme Marois, il ne doit jamais rater l’occasion de rappeler deux choses : l’économie de trois-milliards$ aux contribuables et le retour de la paix sociale.

Au sujet des administrations Parizeau-Bouchard-Landry, quatre choses : le retour de l’équilibre budgétaire, une balance commerciale positive, une croissance économique au-dessus de la moyenne canadienne, et par-dessus tout, un revenu disponible par personne au 4e rang canadien (tombé au dernier rang sous les Libéraux).

Bref, contrairement à la CAQ, le PQ est un parti qui a fait ses preuves. Mais pour être en mesure d’utiliser un tel argument, il faut que cela soit évident aux yeux des électeurs. Ce qui n’est pas le cas actuellement.

Conclusion

Le résultat du prochain scrutin se jouera au cours des trois semaines qui précèderont le vote. D’ici là, la faible popularité du PQ n’a pas d’importance.

D’ici au scrutin, le PQ devrait passer en revue les principaux éléments de son programme politique et étayer chacun d’eux avec des arguments économiques simples mais indiscutables.

Ces arguments, il les martèlera devant tous les milieux d’affaires du Québec afin de saper la base électorale de la CAQ et du PLQ. L’important n’est pas d’en faire des indépendantistes mais de leur faire réaliser que les politiques économiques du PQ sont les plus efficaces et correspondent aux intérêts de leurs entreprises.

J’ai toujours dit que le PQ avait tort de laisser croire aux Québécois qu’ils pouvaient avoir tous les avantages de l’indépendance sans avoir besoin de la faire.

Eh bien, cela tombe bien au sujet de la charte. Controversée dans l’ensemble de la population, elle est très populaire parmi les membres du PQ.

Ce que le PQ doit dire publiquement, c’est qu’il est déterminé à la mettre en application mais que cela n’est possible qu’après l’indépendance du Québec puisque contraire au droit canadien.

Pour préparer la défense de ses politiques économiques et sociales, le PQ ne devra rater aucune occasion d’établir sa crédibilité auprès de l’opinion publique.

Quant à son slogan (Un plan solide. Zéro slogan), je suggère plutôt celui-ci : Pas de baisse d’impôt (mais plus pour votre argent).

Si les dirigeants péquistes préfèrent ce dernier, je leur suggère de l’adopter vite avant qu’un autre parti indépendantiste ne le fasse…

Références :
La CAQ en avance dans un sondage sur les intentions de vote
La Charte de la laïcité : un mauvais départ
La vision dépassée de François Legault
Le marketing improvisé du Plan nord
Le monorail électrique entre Montréal et Québec
Recensement 2016: le Canada plus bilingue, le Québec plus anglophone
Tirs de balles de caoutchouc : attend-on de tuer quelqu’un ?

La remontée du PQ passe par le discours économique
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Écrit par Jean-Pierre Martel


L’importance des mots

9 décembre 2017

Les êtres humains ont deux modes de pensée.

La pensée suggestive

D’abord un mode très ancien, d’origine animale, qui est celui des songes, des prémonitions et des mythes.

Plus on essaie de décrire la prémonition angoissante d’un malheur, plus on la dénature. Parce que cette pensée est comme une grande fresque imprécise qui occupe tout notre esprit.

La pensée discursive

Dans la vie de tous les jours, le plus important mode de pensée est le second. Celui-ci est lié au langage discursif. Il est constitué de sujets, de verbes et de compléments regroupés en phrases successives.

Sans mots, on ne peut pas exprimer de pensée complexe.

Le nourrisson peut pleurer quand il a faim. Et toute bonne mère apprend à reconnaitre les pleurs de son enfant qui sont différents lorsqu’il a mal, qu’il a faim, qu’il a froid, qu’il est malheureux ou qu’il est simplement fatigué.

Et le doigt pointé de l’enfant permet d’exprimer la préférence pour le biscuit au chocolat dans l’armoire plutôt que le chou de Bruxelles dans son assiette.

Mais le langage corporel est incapable d’exprimer autre chose que des besoins primaires. Pour aller au-delà, il nous faut des mots.

La mémoire

Ce à quoi nous pensons est comme la mémoire vive d’un ordinateur.

Ce que nous écrivons, c’est cette mémoire vive couchée sur papier ou enregistrée dans les fichiers textes de notre ordinateur.

C’est en accumulant, couche par-dessus couche, le contenu variable de cette mémoire vive que se créent les romans, les thèses ou les encyclopédies. Comme une série de mémoires vives sauvegardées cumulativement sur ordinateur et qui occupent une part croissante de l’espace disque.

Aucun auteur ne pourrait apprendre par cœur un de ses romans pour la simple raison que ce roman dépasse la capacité de sa mémoire vive.

Comme tout ordinateur qui peut avoir des téraoctets d’espace disque, mais seulement quelques gigaoctets de mémoire vive.

Le pouvoir des mots

Sœur Pierre-de-Bethsaïde fut ma professeure de cinquième année.

Lorsque mes devoirs étaient à la hauteur de ses attentes, elle me surnommait affectueusement ‘mon petit Prince de Galles’.

Mais lorsque je la décevais, elle fronçait les soucis en me traitant ‘d’espèce de prince de galles’.

C’est donc elle qui m’a appris que les mots n’étaient que de simples conventions, susceptibles de signifier une chose ou son contraire.

Mais ces mots — tellement fragiles qu’ils se dissipent en silence dès qu’on cesse de les prononcer — sont capables du meilleur et du pire.

Si volages dans la bouche du séducteur ou du courtisan, ils peuvent inciter les peuples à la guerre comme à la réconciliation des amants en brouille.

Ce sont eux qui suspendent la foule aux lèvres du chanteur.

Racontées lors de la mise au lit, leurs histoires merveilleuses accompagneront l’enfant au pays enchanté des rêves.

Au contraire, ils pousseront à l’insomnie le lecteur incapable d’abandonner le récit palpitant d’une intrigue policière.

Et ce sont ces mots, tout simples, qui ont su jusqu’ici me valoir l’honneur de retenir votre attention. Merci.

L’importance des mots
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Écrit par Jean-Pierre Martel


La vision dépassée de François Legault

8 décembre 2017

Introduction

À l’occasion d’une entrevue accordée à la chaine anglaise de Radio-Canada, le chef de la Coalition Avenir Québec (CAQ) a déclaré au sujet de l’immigration au Québec :

I think we’ve put too much emphasis into knowing French. That’s why at the CAQ, we say we should give three years to pass a French test.

The first and maybe only criteria must be qualification, and answering the needs of the working market.

Traduction libre :

Je crois qu’on accorde trop d’importance à la connaissance du français. Voilà pourquoi la CAQ propose que les immigrants disposent de trois années pour réussir un examen de français.

Le premier (et peut-être le seul) critère devrait être la compétence, de même que l’aptitude à répondre aux besoins du marché du travail.

La majorité des néoQuébécois échouent à apprendre le français ou n’en font pas l’effort. Que ferait la CAQ après trois ans ? Expulser ceux qui ont commencé à prendre racine au pays ? Veut-elle vraiment expulser plus de 20 000 néoQuébécois par année, soit environ 400 par semaine ? Se peut-il que les policiers du CAQuistan aient mieux à faire ?

Évidemment, on peut présumer que la menace d’expulsion suffira à motiver les immigrants à apprendre le français. Sait-on quel est le pourcentage prévu d’échec de cette politique ?

La solution péquiste est simple : on ne met pas les pieds au Québec sans connaissance préalable du français.

C’est simple, économique et 100% efficace. Et on évite les sanglots de néoQuébécois expulsés devant les caméras du monde entier.

Rappel historique

Reportons-nous à l’époque encore récente où le gouvernement minoritaire de Mme Marois voulait renforcer la Loi 101. Face à l’opposition systématique du parti libéral, la CAQ disposait alors de la balance du pouvoir.

Or la CAQ exigea une série d’assouplissements et d’exemptions destinées au contraire à affaiblir la Loi 101. Son influence parlementaire se résuma à bloquer le PQ.

La tiédeur de la CAQ peut se résumer, dans la bouche de François Legault, par cette question devenue son leitmotiv : « Oui mais ça va couter combien ? »

Cela en dit long sur l’ardeur de la CAQ à défendre le français. On n’est donc pas surpris d’apprendre la teneur de l’entrevue qu’il vient d’accorder.

Diminuer l’immigration

Une des mesures-phares de la CAQ, c’est la diminution de vingt pour cent des quotas d’immigration. Il s’agit d’une mesure populaire chez nous comme dans de nombreux pays.

Malheureusement, cette mesure est nuisible à l’économie du Québec en raison des difficultés actuelles qu’éprouve le patronat à recruter le personnel dont il a besoin.

Le taux de chômage au Québec atteint des creux historiques. Cette situation s’explique principalement par le vieillissement de la population; les babyboumeurs quittent le marché du travail et exigent de manière croissante des soins et des services.

Inévitablement, arrivée au pouvoir, la CAQ fera exactement le contraire sous la pression des chambres de commerce, des clubs Kiwanis, des Chevaliers de Colomb, et de tous ces petits milieux d’affaires dont elle est très proche.

Qu’elle maintienne les quotas actuels (environ 50 000 immigrants par année) ou qu’elle les diminue à 40 000, tout assouplissement des exigences linguistiques provoquera une augmentation de l’anglicisation de Montréal. Une anglicisation déjà très préoccupante.

Le taux de chômage chez les néoQuébécois

Le refus de reconnaitre l’expérience acquise à l’Étranger et les exigences linguistiques sont deux obstacles majeurs à l’intégration des néoQuébécois.

Pour prendre l’exemple des personnes originaires du nord de l’Afrique et plus particulièrement des pays du Maghreb, leur langue maternelle est souvent le bergère ou l’arabe. En plus, ils connaissent le français comme langue seconde ou tierce. Arrivé au Québec, on exige qu’ils parlent également une troisième ou une quatrième langue, soit l’anglais. C’est beaucoup.

La véritable solution, c’est de revenir à l’essence de la Loi 101, le contraire de ce prêche la CAQ.

La Loi 101 et la langue de travail

Les Francophones unilingues sont victimes de discrimination croissante à l’embauche, au fur et à mesure que le bilinguisme se généralise, notamment à Montréal.

Quels que soient les avantages indéniables de la connaissance de l’anglais, cette discrimination est inacceptable. Ces Francophones unilingues sont chez eux au Québec. Comme les Anglophones unilingues sont chez eux au Canada.

La Loi 101 prescrit que la langue de travail au Québec soit le français. Comme en Allemagne, c’est l’allemand. L’italien en Italie. Et ainsi de suite.

Toutefois, dans une économie tournée vers l’exportation comme la nôtre, il est normal que le service à la clientèle de nombreuses entreprises comprenne suffisamment d’employés parlant anglais pour servir adéquatement les locuteurs anglophones.

Mais entre eux, les employés doivent généralement parler français. Je dis ‘généralement’ parce qu’on ne punira pas deux Anglophones d’avoir parlé anglais entre eux. Sauf cette exception, c’est en français que cela doit se passer. C’est ce que prescrit la Loi 101.

Ce n’est pas ce qui arrive.

Beaucoup d’employeurs trouvent commode d’obliger tout le personnel à être bilingue; c’est ce que révèlent les dernières donnés de Statistique Canada.

Mais cette solution de facilité nuit à l’intégration des néoQuébécois en plus d’aggraver les difficultés de recrutement des entreprises.

Il y a des centaines de millions de Francophones à travers le monde. C’est suffisant pour pourvoir tous les postes vacants du Québec. Mais pour cela, il faut une seule langue de travail.

Diminuer les quotas d’immigration tout en diminuant nos exigences linguistiques pour satisfaire ‘la demande’, c’est un autre exemple de politiques anciennes et dépassées de la CAQ.

Ce sont à la fois des entraves au développement économique du Québec et une mesure qui accentue le déclin démographique du peuple francoQuébécois.

Postscriptum : une anecdote

En prenant le taxi en 2013 dans la capitale cubaine, le chauffeur a remarqué mon accent.

Détentrice d’un certificat en français décerné par l’Alliance française de La Havane, son épouse infirmière avait voulu immigrer au Québec.

Mais à l’ambassade canadienne, on l’a découragée de faire application sous le prétexte qu’elle ne parlait pas anglais.

Il y a des régions du Québec où presque personne ne parle anglais. On aurait été heureux d’accueillir cette infirmière.

En dépit du fait que le fédéral a délégué au Québec le pouvoir de sélectionner les travailleurs qualifiés, il y a des candidatures dont le Québec n’entend jamais parler parce que certaines ambassades ‘filtrent’ les demandeurs.

Voilà ce qui explique peut-être pourquoi tant d’immigrants qualifiés arrivés au Québec ne connaissent que l’anglais.

Références :
François Legault on boosting the birth rate, curbing immigration and ‘bonjour/hi’
La francisation des immigrants au Québec est un échec, selon la vérificatrice générale
L’anglais mieux que le français pour les immigrants
L’exigence de l’anglais frustre des immigrants francophones
Recensement 2016: le Canada plus bilingue, le Québec plus anglophone

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Écrit par Jean-Pierre Martel


La Davie et le petit pain fédéraliste

7 décembre 2017
Le Petit pain de Gérard Sénécal (1940)

Introduction

Le 19 octobre 2011, le gouvernement fédéral de Steven Harper accordait une série de contrats de construction navale totalisant 36 milliards$.

À cette occasion, le chantier Irving de Nouvelle-Écosse obtenait deux contrats pour construire six navires de patrouille et quinze navires de combat, ce qui garantissait du travail à ses 1 800 employés jusqu’en 2040.

Le chantier Seaspan de Colombie-Britannique se voyait confier la tâche de construire six navires pour la Garde côtière et la Marine royale canadienne.

Pas un centime n’a été donné à la Davie, située au Québec.

Le chantier de la Davie est le plus important constructeur naval du Canada.

Le 18 février 2015, elle a remporté le prix du chantier naval nord-américain de l’année lors de la cérémonie de la Lloyd’s List North American Maritime Awards 2015.

La ‘juste part’ du Québec

Depuis quelques jours, le gouvernement Couillard estime que le Québec devrait recevoir le quart des sommes dépensées dans le cadre de la stratégie maritime fédérale.

En réalité, dans le cas particulier des contrats de construction navale, cette part est plutôt de l’ordre de 60%.

L’Alberta et la Saskatchewan n’ont pas accès à la mer. D’autres provinces n’ont pas de chantier de construction navale.

Bref, seuls le Québec (population de 8,1 millions), la Nouvelle-Écosse (0,9 million) et la Colombie britannique (4,7 millions) peuvent obtenir des contrats. De ces trois provinces, le Québec représente 60% de la population.

Donc la ‘juste part’ du Québec est de 60% et non du quart. Mais le gouvernement Couillard semble estimer que le Québec ne doit pas présenter des demandes déraisonnables aux yeux du Canada anglais; il est préférable de se contenter de peu.

La passivité du gouvernement libéral

C’est en 2011 que le gouvernement Harper a accordé les contrats en question.

La décision fédérale a été rendue publique le 19 octobre 2011. Cette date est comprise entre un dépôt du budget du Québec qui haussait substantiellement les frais de scolarité (en mars 2011) et le déclenchement du Printemps érable (le 13 février 2012).

À l’époque de l’annonce fédérale, ‘payer sa juste part’ était une expression utilisée couramment pour justifier l’appauvrissement des étudiants universitaires. Mais pas pour défendre l’économie du Québec.

La mise à pied des 800 travailleurs de la Davie est prévue d’ici un mois. Cette fin abrupte n’est que la conséquence de l’absence de contrats fédéraux. Une absence connue depuis des années.

Que faisaient les responsables libéraux du développement économique du Québec alors que le revenu disponible par personne au Québec passait du 4e rang canadien quand M. Charest a pris le pouvoir en 2003 et glissait lentement pour atteindre cette année le plancher, soit le 10e rang, sous Couillard ? À quoi s’affairait-on ?

La leçon

Les partis indépendantistes — le Parti québécois et Québec Solidaire — doivent transformer les 800 futurs chômeurs de la Davie en 800 indépendantistes.

Ils doivent leur dire que si la Davie ne reçoit pas de contrat du fédéral, c’est que le Québec est la colonie interne du Canada.

En effet, contrairement aux autres pays qui ont leurs colonies sous les tropiques, le Canada a les siennes encastrées dans son territoire; ce sont une multitude de réserves indiennes régies par un apartheid juridique qui vise à leur lente extermination, et le Québec. Le Québec dont on soutire 50 milliards$ de taxes et d’impôt en contrepartie de 9 à 12 milliards$ de péréquation s’il se tient tranquille.

Ces deux formations politiques doivent dire aux Québécois qu’avec l’indépendance, le Québec obtient :
• une zone côtière dans la Baie et le Détroit d’Hudson (limitée à la rive actuellement),
• le contrôle de ses ports (d’où la possibilité d’adopter une véritable stratégie maritime, impossible actuellement), et
• les moyens financiers de soutenir son seul chantier naval en se dotant d’une marine nationale, comme il devra le faire en raison de sa géographie.

Conclusion

La mise à pied de 800 des nôtres est un drame humain qui doit servir de leçon.

N’y voir qu’un cas particulier, c’est favoriser notre amnésie collective et notre passivité devant le colonialisme économique du Canada.

Pour les travailleurs de la Davie, le prix du fédéralisme, c’est le chômage. Par contre, l’indépendance du Québec représente pour eux des emplois à perpétuité.

Références :
Chantier Davie, l’unique mégachantier naval au Canada
Construction navale: le gouvernement Harper aurait faussé le jeu et favorisé Seaspan
Davie, le meilleur chantier naval nord-américain ignoré par les conservateurs
Des employés de Davie à Ottawa pour obtenir des réponses
Halifax, B.C. yards win shipbuilding work

La Davie et le petit pain fédéraliste
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Écrit par Jean-Pierre Martel


La Défense, à Paris

5 décembre 2017

 

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Ce qu’on appelle La Défense est un immense complexe d’affaires débuté en 1959 et qui emploie aujourd’hui 30 000 personnes réparties dans 71 tours.

À elle seule, elle offre le septième de tout l’espace à bureau de l’agglomération parisienne.

Mais ce n’est pas seulement cela puis qu’on y trouve également un centre commercial (Les Quatre temps – de 0:37 à 1:04), l’église Note-Dame de Pentecôte (à 1:18), 2 000 chambres d’hôtel, et 950 000 m² de logements.

Techniquement, la Défense n’est pas située dans la ville de Paris, mais dans plusieurs petites municipalités de l’ouest de l’agglomération parisienne.

Le nom du quartier vient de la statue La Défense de Paris, érigée en 1883 à la gloire des soldats ayant défendu la ville durant la guerre franco-allemande de 1870 (à 0:23).

Construite en 1989, sa grande arche carrée (à 1:21), revêtue de marbre blanc, est l’œuvre de l’architecte danois Otto von Spreckelsen.

Parmi sa soixantaine de sculptures d’art contemporain, mentionnons la Cheminée de Raymond Moretti (à 0:07), la fontaine colorée de Yaacov Agam (à 0:20), Les hommes de la cité de F. et H. Siptrott (à 0:32), L’Araignée rouge d’Alexander Calder (à 0:34), et Deux personnages fantastiques de Joan Miró (à 0:38).


Détails techniques : Le diaporama contient 32 photos et trois clips vidéos pris à l’aide d’un appareil Olympus OM-D e-m5. Les objectifs furent M.Zuiko 12-40 mm F/2,8 (31 photos) et le PanLeica 25 mm F/1,4 (1 photo).


Liste des diaporamas de Paris :
Le Premier arrondissement de Paris — 1re partie
Le Louvre (ou Premier arrondissement — 2e partie)
Le Premier arrondissement de Paris — 3e partie
Aperçu du deuxième arrondissement de Paris
Aperçu du troisième arrondissement de Paris
Aperçu du quatrième arrondissement de Paris — 1re partie
Aperçu du quatrième arrondissement de Paris — 2e partie
Le Cinquième arrondissement de Paris — 1re partie
Le Cinquième arrondissement de Paris — 2e partie
Le Cinquième arrondissement de Paris — 3e partie
Le Sixième arrondissement de Paris
Le Septième arrondissement de Paris
Le Huitième arrondissement de Paris
Le Neuvième arrondissement de Paris
Le Douzième arrondissement de Paris
Le Treizième arrondissement de Paris
Le Quatorzième arrondissement de Paris
Le Quinzième arrondissement de Paris
Le Seizième arrondissement de Paris
• La Défense (celui-ci).

La Défense, à Paris
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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le monorail électrique entre Montréal et Québec

4 décembre 2017
Au XVIIe congrès du PQ

Introduction

Au congrès de septembre dernier, les délégués du Parti Québécois se sont prononcés en faveur d’une politique industrielle verte visant, entre autres, à l’électrification des transports.

Et parmi les mesures détaillées, le PQ se prononçait en faveur d’un train ou monorail électrique interurbain menant, à terme, à la création d’un réseau panquébécois.

En dépit de l’ambition de cette décision — ou à cause d’elle — les médias n’en ont pas parlé. Comme s’il s’agissait d’une mesure farfelue, digne d’un roman de science-fiction.

Mais deux mois plus tard, la nouvelle mairesse de Montréal était élue après s’être engagée à promouvoir une nouvelle ligne de métro vers le nord-est de la métropole.

Du jour au lendemain, la promesse de l’amélioration du transport en commun est devenue un moyen de séduire l’électorat.

Le bluff de M. Couillard

Le programme politique du Parti libéral du Québec (PLQ) date de 2012. Pour l’instant, il ne contient aucun engagement au sujet de l’électrification des transports.

Trois semaines après l’élection de Valérie Plante, le PLQ tenait son congrès.

À cette occasion, le premier ministre s’est prononcé en faveur d’une liaison rapide entre Montréal et Québec qui entrerait en vigueur en 2026.

Pendant des années, M. Couillard a butiné les idées dans le programme politique de la Coalition Avenir Québec (CAQ) : on doit donc le féliciter de s’inspirer maintenant des bonnes idées du PQ.

À ses yeux, la nécessité d’un mode de transport rapide et moderne disqualifie le projet de train à grande fréquence (et non à grande vitesse) de VIA Rail, qualifié de projet d’un autre siècle.

Depuis ce temps, à l’Assemblée générale, le ministre des Transports répète à qui veut l’entendre que rien n’est décidé et qu’il s’agit simplement d’un appel aux idées lancé par le premier ministre auprès des Québécois.

L’inquiétude de la CAQ

Depuis longtemps, la compagnie ferroviaire VIA Rail a abandonné tout projet de TGV entre Montréal et Québec.

Mais elle a ce projet de train à grande fréquence de Toronto vers Montréal ou Québec.

Depuis une semaine, la Coalition Avenir Québec (CAQ) accuse le premier ministre de compromettre le projet de VIA Rail en soutenant un projet concurrent.

Selon cette formation politique, le bluff du premier ministre est de nature à faire avorter un projet sur le point d’aboutir, un projet comportant des milliards$ de retombées économiques pour le Québec.

Au contraire de ce qu’insinue la CAQ, le projet de VIA Rail stagne depuis des années. Le fédéral hésite à l’appuyer parce qu’il est conscient que ce projet couteux ne répond pas aux besoins actuels des Canadiens.

Augmenter la fréquence d’un train dont la lenteur demeure la même ne fait que disperser la même clientèle dans un plus grand nombre de trains. Cela diminue donc la rentabilité du transport ferroviaire de passagers.

En somme, la CAQ défend ce qui serait un gaspillage des fonds publics.

Pourquoi un monorail ?

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Autres considérations

Le rétablissement de la balance commerciale


Déficit commercial du Québec, de 1981 à 2012, en milliards de dollars
Balance_commerciale_30_ans

 
Le Québec doit rétablir sa balance commerciale. Celle-ci est devenue très déficitaire depuis Jean Charest (alors qu’elle était excédentaire sous le PQ).

Or l’achat d’hydrocarbures compte pour environ le tiers de cette saignée.

Le domaine de juridiction

Ce train ou ce monorail doit être de juridiction provinciale. Parce qu’il doit être soumis aux lois du Québec (dont la loi de protection des consommateurs).

Si Montréal n’est qu’un arrêt dans une liaison Toronto-Québec, cette liaison (dont le tronçon québécois) devient de juridiction fédérale.

Or si cela tombe sous son autorité, le fédéral pourra bloquer cet outil québécois de développement économique en se trainant les pieds comme il le fait pour le projet de train à grande fréquence de VIA Rail.

Regardez les cas de Bombardier et du chantier maritime de la Davie : dépendre du fédéral porte malheur lorsqu’il s’agit de savoir-faire québécois.

Il faut donc un système coordonné, mais pas intégré. En d’autres mots, il faut que les passagers aient à quitter le wagon de la liaison Québec-Montréal, à marcher, et à prendre le wagon Montréal-Toronto. Comme les passagers le font en changeant de ligne dans le métro de Montréal.

Le développement industriel

Le projet de liaison entre Montréal et Québec doit être un simple volet au sein d’un ambitieux projet de développement industriel. Voilà ce que dit le programme du PQ.

Il s’agit de créer une nouvelle grappe industrielle sur laquelle se grefferont toutes les technologies connexes, de la fabrication des matériaux composites à la conception, à la fabrication, et à l’assemblage des pièces. L’État ne doit pas développer tout cela, mais inviter des entreprises de haute technologie à se joindre à nous.

Au cœur de cette grappe industrielle se trouvera le développement d’une technologie (le moteur-roue) dont le Québec aura la propriété intellectuelle et qui servira à obliger les compagnies à s’installer au Québec si elles veulent en profiter.

La liaison Montréal-Quebec ne sera qu’une étape vers la création d’un réseau de transport rapide panquébécois. Celui-ci deviendra la vitrine de notre expertise technologique. Une technologie exportable en vue de la création d’autres réseaux de monorails à grande vitesse à travers le monde.

Quant au risque d’échouer, c’est une crainte que nous n’avions pas lorsque le Québec s’est lancé dans la construction de barrages hydroélectriques. Nos ingénieurs ont créé la technologie nécessaire.

Autant le Plan Nord était stupide, autant la création d’un réseau de transport panquébécois 100% électrique basée sur une technologie dont le Québec aura la propriété intellectuelle est un projet qui pourrait contribuer à inverser le déclin de l’économie québécoise depuis l’arrivée au pouvoir des Libéraux.

L’occupation du territoire

Au XIXe siècle, le train du Nord, soutenu par le curé Labelle, a favorisé le peuplement des Laurentides.

Des dizaines de municipalités ont vu le jour, grâce à ce train.

Une liaison rapide entre Montréal et Québec transforme la ville de Québec en banlieue de Montréal et la métropole en banlieue de Québec.

Ce qui signifie que tout transfert urgent de document (contrats à être signé) ou d’objets concrets légers (prototypes industriels), peut être assuré. Ce qui favorise l’efficacité de l’économie québécoise.

Cela signifie également que la ‘Grande séduction’ des petites agglomérations (jugées à tort comme ennuyeuses) sera facilitée auprès des travailleurs qualifiés quand celles-ci se rapprocheront au point de n’être plus qu’à quelques heures des grands centres culturels du Québec.

Références :
Le déclin de l’économie québécoise
Pour le Québec : Programme électoral du Parti libéral du Québec
Train à grande fréquence: VIA Rail ouvre la porte à Québec
TrensQuébec : Couts de construction
Un train à grande fréquence vers Québec? Peut-être, mais c’est moins attrayant, dit le président de Via Rail (VIDÉO)

Paru depuis :
Liaison Québec-Montréal: Philippe Couillard revient sur ses positions (2017-12-14)

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectif M.Zuiko 40-150 mm F/2,8 — 1/200 sec. — F/2,8 — ISO 2000 — 95 mm

Le monorail électrique entre Montréal et Québec
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Écrit par Jean-Pierre Martel


Les États-Unis et la Corée du Nord

2 décembre 2017

Introduction

Depuis avril 2017, le président Trump est engagé dans une guerre de mots avec les dirigeants de la Corée du Nord, menaçant ce pays (ou ses dirigeants) d’anéantissement.

Mais après sept mois d’insultes et de menaces réciproques, on peut s’interroger sur l’imminence d’un conflit armé entre leurs deux pays.

Dangerosité de la Corée du Nord

• Les armes nucléaires

En 1980, la Corée du Nord entamait un programme destiné à se doter de l’arme nucléaire. Toutefois, en 1985, ce pays signe le Traité de non-prolifération des armes nucléaires.

Entre l’adhésion de la Corée du Nord et son retrait du traité en 2003, les États-Unis n’ont pas cessé de reprocher à ce pays de ne pas respecter sa parole.

D’autre part, la Corée du Nord blâmait les États-Unis de confondre ses installations nucléaires civiles avec des installations militaires.

Selon la CIA World Factbook, la production électrique en Corée du Nord serait à 55% de l’hydroélectricité; le reste proviendrait d’énergies fossiles (probablement du charbon). Selon l’agence américaine, rien ne serait produit à partir de centrales nucléaires.

En avril 2002, G.W. Bush accuse l’Irak, de même que l’Iran et la Corée du Nord, de faire partie de l’Axe du Mal.

En janvier 2003, alors que les États-Unis sont en train de déployer leur armada en vue de la Guerre d’Irak (qui sera déclenchée officiellement en mars), la Corée du Nord se retire du Traité de non-prolifération des armes nucléaires, convaincue de subir bientôt le même sort.

C’est en octobre 2006 que la Corée du Nord procède à son premier essai nucléaire souterrain. L’expérience fut répétée en 2009, en 2013, en 2016 et en 2017.

En supposant que la Corée du Nord ait effectivement poursuivi secrètement son programme nucléaire de 1985 à 2003, on peut affirmer rétroactivement qu’elle y a mis les bouchées doubles entre 2003 et 2006.

• Les ogives balistiques

Posséder l’arme nucléaire est une chose. Être capable de frapper un pays lointain avec cette arme, c’est autre chose.

Depuis trente ans, la Corée du Nord procède à des tirs balistiques. Mais la fréquence de ces essais — autrefois espacés de plusieurs années — s’est considérablement accélérée depuis 2016.

Jusqu’à maintenant, la plupart des missiles effectuaient une trajectoire en cloche, allongée vers le ciel, puisque tirés presque à la verticale.

L’an dernier, sur neuf tentatives, une seule a réussi. À l’époque, la Corée du Nord propulsait ses missiles à l’aide du moteur 4D10.

En raison de cet échec, le pays s’est tourné vers le moteur Paektusan, utilisé originellement pour lancer des fusées. Et c’est là que tout débloque.

Depuis le début de 2017, la Corée du Nord a procédé à dix-sept tirs dont celui du 29 aout qui, pour la première fois, a survolé le territoire japonais.

Selon les experts, la Corée du Nord aurait développé à ce jour deux modèles de missiles balistiques basés sur le moteur Paektusan.

Un exemplaire du modèle de portée moyenne a survolé le Japon et a atteint une altitude de 550 km.

Mais elle mettrait également au point un missile intercontinental d’une portée de 10 000 km. Celui-ci serait capable d’atteindre une altitude légèrement supérieure à mille kilomètres.

Le missile tiré le 29 novembre 2017 nous en donne un aperçu. Tiré à la verticale, il aurait atteint une altitude de 4 475 km, soit bien au-delà de ce qui est nécessaire pour frapper les États-Unis. Après un vol de 53 minutes, il se serait abimé dans les eaux territoriales du Japon, à 950 km de son site de lancement.

Pour finaliser ses projets, la Corée devrait mettre au point des matériaux composites capables de résister aux températures de 7 000 à 8 000°C, typiques de la rentrée dans l’atmosphère.

Puis la question restera de savoir si les missiles coréens sont capables de transporter sur de longues distances le poids élevé d’ogives nucléaires.

Retour sur la crise des missiles cubains

Missiles russes à La Havane

En 1982, les États-Unis découvrent que l’URSS installe secrètement des missiles à tête nucléaire sur l’ile de Cuba.

Même si Cuba est libre de se doter des moyens défensifs qu’il juge appropriés, le déploiement de missiles à seulement 150 km des côtes américaines est jugé totalement inacceptable par les États-Unis.

Ces missiles sont tellement proches que leurs tirs ne peuvent pas être détectés suffisamment d’avance (par les moyens du temps) pour garantir une riposte.

Le 16 octobre 1962, de son propre chef, le président John-F. Kennedy ordonne un blocus naval autour de l’ile.

Les États-Unis menacent de détruire tout navire soviétique qui tenterait de ravitailler Cuba en armement.

Douze jours plus tard, une troisième guerre mondiale est évitée de peu lorsque les sous-marins et navires soviétiques rebroussent chemin et que l’URSS et les États-Unis s’entendent.

Le laisser-faire américain envers la Corée du Nord

La Corée du Nord n’est pas une ile. Conséquemment, les États-Unis ne peuvent pas lui imposer un blocus maritime et terrestre que si la Chine et la Russie, voisins de la Corée du Nord, y consentent. Ce qui n’est pas le cas.

Mais les États-Unis auraient pu abattre les missiles tirés par la Corée du Nord, l’empêchant de développer son expertise.

Pourquoi ne l’ont-ils pas fait ?

Le droit international

Lorsqu’un missile coréen pénètre dans l’espace aérien japonais, ce missile peut être abattu. Toutefois, si ce missile effectue une trajectoire exclusivement au-dessus de la Corée du Nord, puis au-dessus d’eaux internationales (la mer du Japon), n’y a-t-il pas danger que cela puisse être un Casus belli, c’est-à-dire un motif suffisant pour déclarer la guerre ?

La Corée du Nord ne peut pas déclarer la guerre aux États-Unis. Pourquoi ? Parce que ces deux pays le sont déjà officiellement depuis six décennies.

Déclarée en 1950, la guerre de Corée s’est terminée par un armistice. Mais aucun traité de paix n’a été signé. On a simplement convenu en 1953 de cesser de se battre.

Le risque d’échec

Si les États-Unis échouent à abattre un ou plusieurs missiles coréens, n’y a-t-il pas danger que cela mine la réputation d’excellence de la technologie militaire américaine ?

Oui, en effet.

Mais vaut-il mieux attendre que la Corée du Nord frappe le territoire des États-Unis pour découvrir que les missiles sol-air américains ne sont pas aussi fiables qu’on pense ?

Les missiles coréens sont une occasion en or pour tester et améliorer la fiabilité de l’armement américain dans des conditions réelles de combat.

Les raisons probables de l’inaction américaine

Vendre de l’armement

Avant l’intervention directe de la Russie en Syrie à l’automne 2015, la stratégie américaine dans ce pays était d’arrêter l’expansion territoriale de l’État islamique et, une fois cela fait, de maintenir sa dangerosité afin de susciter l’inquiétude des pays voisins et de les motiver à acheter de l’armement américain.

Voilà pourquoi seulement 2% des frappes américaines visaient les champs pétrolifères de l’ÉI, sa principale source de revenu à l’époque.

Cette fois-ci, Trump provoque le pitbull coréen. Par ses gazouillis, il fait augmenter la tension dans cette partie du monde. Et sa surenchère verbale fait qu’en Corée du Sud comme au Japon, les populations s’inquiètent. Les parlementaires se demandent s’ils sont suffisamment protégés.

Les États-Unis vendent assez librement de l’armement aux pays amis. Mais ils imposent des restrictions sur l’exportation de certains types d’armes sophistiquées.

Le 5 septembre dernier, le président Trump autorisait la Corée du Sud et le Japon à accroître substantiellement leurs achats de matériel militaire sophistiqué.

De plus, au cours de sa tournée asiatique le mois dernier, le président Trump a souligné que la Corée du Sud et le Japon devaient assumer davantage leur propre défense et compter moins sur la protection américaine.

Le bouclier antimissile

Depuis plus d’une décennie, les États-Unis consacrent environ neuf-milliards$ annuellement pour le déploiement d’un système de défense antimissile comprenant des radars et des missiles sol-air.

Le complexe militaro-industriel américain croit qu’un pays aussi riche que les États-Unis pourrait dépenser davantage.

Afin de surmonter les réticences de nombreux membres du Congrès qui croient qu’une augmentation des budgets n’est pas nécessaire, le président américain fait campagne — gratuitement grâce à Twitter — en faveur de l’augmentation des budgets de la défense.

Conclusion

Dans un pays où les industriels maximisent leurs profits en déménageant leur production vers des pays où la main-d’œuvre est moins dispendieuse, le complexe militaro-industriel est le seul dont les entreprises ne procèdent jamais à des délocalisations.

Pour des raisons stratégiques, il est interdit de faire fabriquer à l’Étranger du matériel militaire de pointe.

Puisque tout le reste fout le camp, ce complexe occupe une importance croissance dans l’économie américaine.

Or, justement, ce complexe est un cancer. Afin de maintenir les emplois, il lui faut toujours de nouvelles guerres ou, à défaut, de nouvelles menaces de conflits armés qui stimulent les ventes.

Tout comme leur appui aux Talibans en Afghanistan avant les attentats de New York, les États-Unis ont choisi de laisser la Corée du Nord acquérir des technologies de plus en plus menaçantes.

Ce laisser-faire est un pari. Le pari que les dirigeants américains pourront y mettre fin quand bon leur semblera.

Si le président américain se préparait vraiment à la guerre, les États-Unis déplaceraient une colossale armada vers cette partie du monde.

Mais depuis sept mois, seuls les redoutables gazouillis présidentiels frappent sans relâche la Corée du Nord. Quand, épuisée, finira-t-elle par capituler ?

C’est à suivre…

Références :
Abattre un missile nord-coréen ? Une option risquée pour les Etats-Unis
Armes nucléaires en Corée du Nord
Axe du Mal
Corée du Nord : le dernier tir de missile balistique en six questions
Corée du Nord : jusqu’où peuvent aller les missiles de Pyongyang ?
Crise des missiles de Cuba
Crise des missiles nord-coréens de juillet 2006
Crise des missiles nord-coréens de 2013
Guerre d’Irak
Le coup de bluff de Trump avec la Corée du Nord
National missile defense
North Korea
Politique du rayon de soleil
Programme balistique nord-coréen : «Je suis bluffé par la rapidité avec laquelle ils avancent»
Trump offers to sell ‘sophisticated’ militari gear to Japan and South Korea
Trump prêt à une «guerre» avec la Corée du Nord
Trump promet à la Corée du Nord une riposte «sévère»
Trump says Japan should buy US military equipment to protect against North Korea

Détails techniques : Panasonic GH1, objectif Lumix 12-35mm F/2,8 — 1/500 sec. — F/7,1 — ISO 200 — 35 mm

Les États-Unis et la Corée du Nord
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Écrit par Jean-Pierre Martel


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