Au Québec, hydroélectricité ou énergie solaire ?

9 août 2017

Introduction

À l’émission Y’a du monde à ’messe du 14 juillet 2017, deux invités (Yves Desgagné et Yann Perreau) ont reproché à François Legault (chef de la CAQ) de défendre l’hydroélectricité de préférence à l’énergie solaire.

Loin de moi l’idée de m’attaquer à l’énergie solaire. Toutefois, on doit comprendre que si le Québec a autant investi dans l’hydroélectricité, ce n’est pas parce que cette forme d’énergie était plus propre mais plutôt en raison de son abondance sur place. Ce qui donnait un avantage compétitif à l’économie québécoise.

En d’autres mots, le Québec a développé l’hydroélectricité chez lui pour les mêmes raisons que l’Arabie saoudite a développé son pétrole, le Qatar ses réserves gazières et le Dakota du Nord son pétrole de schiste.

Remplacer au Québec l’hydroélectricité par l’énergie solaire

Idéalement, la terre reçoit du soleil un kW d’énergie par m². Après une heure, ce mètre carré a reçu un kW-heure (kWh). Après cent heures, 100 kWh. Après mille heures, 1 000 kWh. Et ainsi de suite.

Toutefois, selon les techniques actuelles, les panneaux solaires captent au maximum le quart de l’énergie qu’elles reçoivent.

Selon Wikipédia, une surface de 100 000 km², recouverte de panneaux solaires, suffirait à assurer les besoins mondiaux en électricité. En 2010, ces besoins étaient de 18 806 TWh.

En 1989, la production hydroélectrique du Québec était de 191,5 TWh. Par règle de trois, pour produire la même quantité d’électricité, il faudrait couvrir 1 018 km² de territoire québécois de panneaux solaires. Cela correspond à deux fois la superficie de l’ile de Montréal.

Il faudrait donc qu’à Montréal, tous les toits, cours arrière, voies de circulation, et espaces verts, soient recouverts de panneaux solaires. Multipliez cela par deux. Et ça, dans des conditions idéales d’ensoleillement… ce qui n’est pas le cas de ces temps-ci.

Pourquoi faut-il autant de surface ? Imaginez l’impact d’une colonne d’eau d’un mètre carré de coupe en chute libre sur des turbines installées à 150 mètres plus bas. C’est comme cela qu’est produite l’électricité au barrage Daniel-Johnson.

L’impact est tel que n’importe quel humain serait tué en une fraction de seconde. Par contre, l’exposition au soleil peut être mortelle, mais cela prend beaucoup plus de temps.

Bref, l’énergie cinétique de l’eau d’un barrage est considérablement plus puissante que celle d’un rayonnement électromagnétique capté par des panneaux solaires.

Le solaire au Québec et dans le monde

On peut installer des panneaux solaires partout.

L’Ontario a adopté des politiques fiscales qui ont encouragé les citoyens à devenir des producteurs privés d’énergie solaire. Conséquemment, on a installé des panneaux solaires sur les toits des maisons et des bâtisses agricoles. Ceci est bien.

Mais on a aussi créé des fermes solaires — c’est à dire des champs couverts de panneaux solaires — sur des exploitations agricoles à faible rendement, les détournant de leur vocation agricole, moins payante. Est-ce cela que nous voulons ?

Ferme de panneaux solaires et d’éoliennes près de Lisbonne

L’an dernier, en survolant le Portugal, je me suis rendu compte que ce pays avait installé ses fermes solaires sur des sols rocailleux impropres à l’agriculture.

Dans des pays très ensoleillés, le développement de l’énergie solaire correspond à une mise en valeur d’une partie du territoire inexploité.

Au Québec, je ne connais pas de vastes étendues de sol rocailleux et désertique. Même dans la toundra québécoise, on trouve des lichens et des plantes rares qu’il serait inapproprié de condamner à disparaitre en les recouvrant de panneaux solaires.

Bref, la place du solaire dans l’économie québécoise est celle d’une source énergétique d’appoint pour alimenter du matériel urbain (des parcomètres, par exemple), ou des maisons (comme en Allemagne), mais certainement pas comme remplacement à l’énergie hydroélectrique.

Conclusion

M. François Legault avait raison.

Je pense que vous l’aviez deviné avant que je le dise…

Références :
Énergie au Québec
Énergie solaire photovoltaïque
Production d’électricité

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectif M.Zuiko 12-40mm F/2,8 — 1/2000 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 23 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


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