Faits divers No 31

27 avril 2017

Avec plus de 250 traductions, Le Petit Prince d’Antoine de Saint-Exupéry est le livre le plus traduit après La Bible.

La traduction anglaise, parue aux États-Unis en 1943, a même précédé la publication de la version originale en France en 1946.

À l’opposé, la version originale de la Bible a paru avant ses traductions. C’est rassurant.

Référence : Mataillet D. Le Petit Prince, encore et toujours. La Revue 2016; no 61-2: 15.


 
Le 21 juillet 2016, on a enregistré une température record de 54° Celsius (129,2° Fahrenheit) dans la ville koweïtienne de Mitribah.

C’est la température la plus élevée jamais enregistrée hors de la Vallée de la mort, en Californie. Dans celle-ci, la température peut s’élever jusqu’à 56,7° Celsius (134,1° Fahrenheit).

Référence : All-Time Temperature Records for the Eastern Hemisphere in Kuwait and Iraq


 
C’est en recevant par la poste un colis contenant les cendres de son fils que la mère de Martin Pinkus a appris son décès en prison, huit mois avant la libération conditionnelle à laquelle il avait droit.

La famille n’ayant pas été consultée, il semble que la crémation soit une décision des Services correctionnels canadiens. Ceux-ci n’ont pas cru bon préciser les circonstances de sa mort si ce n’est qu’il s’agirait d’un suicide.

Référence :
Suicide d’un détenu : il apprend la mort de son frère en recevant ses cendres par la poste


 
Durant sa vie, le bœuf d’élevage aura bu 24 000 litres d’eau en plus des 7 000 litres d’eau nécessaires à son entretien. De plus, il aura mangé en moyenne 1 300 kg de grains (blé, maïs, soja, avoine) et 7 200 kg d’herbes (pâturage, foin sec, ensilage et autres fourrages). Au total, son bilan en eau atteint trois millions de litres.

Pour produire un kilo de viande, il faut 15 000 litres d’eau pour le bœuf, 4 800 litres pour le porc et 3 900 litres pour le poulet.

Référence : 40 litres d’eau dans votre tranche de pain


 
Les comtés de McDowell (en Virginie-Occidentale) et de Fairfax (en Virginie) sont à six heures de voiture l’un de l’autre. Le premier est une des régions les plus pauvres des États-Unis tandis que l’autre, parmi les plus riches.

Dans le premier, l’espérance de vie est de 85 ans pour les femmes et de 82 ans pour les hommes, soit à peu près comme en Suède.

Dans l’autre, l’espérance de vie est de 73 ans pour les femmes et de 64 ans pour les hommes, soit à peu près comme en Irak.

Référence : Income Gap, Meet the Longevity Gap


 
Il y a 28 000 fermes au Québec. Il y a vingt ans, il y en avait 40 000.

L’agriculture et l’industrie agroalimentaire représentent 5,2% des emplois et 7,9% du PIB québécois.

En 2013, les subventions gouvernementales à l’agriculture représentaient 6,6% de la valeur de la production, comparativement à 7,0% aux États-Unis, 11,3% pour la moyenne des pays de l’OCDE et 35,2% en Norvège.

Près de 70% de la production agricole du Québec est transformée ici, contrairement aux autres provinces canadiennes où ce pourcentage n’est que de 27%.

Cette valeur ajoutée avant exportation contribue au solde commercial positif de l’industrie agroalimentaire; le Québec exporte plus d’aliments qu’il en importe.

Référence : Ross CF. Les conditions gagnantes pour une agriculture prospère. L’Action Nationale 2016; vol 56 no 2: 15-27.


 
En dépit de la main-d’œuvre qu’il nécessite, le transport du pétrole par navires-citernes est plus économique sur de longues distances que par pipeline.

Confiné à l’intérieur d’un tuyau, le pétrole ne circule qu’à 5km/h alors qu’il en parcourt 28 par pétrolier.

Référence : Rémillard F et coll. Énergie-Est — Projet inacceptable en raison de ses nombreux facteurs de risque pour le Québec. L’Action Nationale 2016; vol 56 nos 5-6: 110-144.


 
Parce qu’il inclut les Grands Lacs, le bassin de drainage du fleuve Saint-Laurent représente le quart des réserves mondiales d’eau douce.

Au rang des plus longs fleuves du monde, le Saint-Laurent occupe la 27e place. C’est aussi un des plus dangereux. Les deux tiers des accidents maritimes au Canada s’y produisent.

Références :
Fleuve Saint-Laurent
Liste des plus longs cours d’eau
Rémillard F et coll. Énergie-Est — Projet inacceptable en raison de ses nombreux facteurs de risque pour le Québec. L’Action Nationale 2016; vol 56 nos 5-6: 110-144.


 
Depuis 1848, il s’est tenu près de 600 référendums en Suisse. Les référendums dans ce pays représentent près de la moitié des scrutins de ce type sur terre.

Référence : Mataillet D. Au pays des votations. La Revue 2016; no 63-4: 53.


Liste de tous les faits divers (des plus récents aux plus anciens)

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Les petites fleurs bleues du 2663 de l’avenue Jeanne-d’Arc

26 avril 2017
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Plus tôt cet après-midi, en passant sur ma rue, je prends en photo ces mignonnes petites fleurs bleues déjà écloses en ce début de printemps.

Sachant d’avance qu’elles allaient se retrouver sur mon blogue, je sonne à la porte de la propriétaire pour savoir de quelle plante il s’agit.

On m’informe que ce sont des vivaces inconnues, plantées ou semées là par un propriétaire antérieur, et qui fleurissent d’elles-mêmes chaque printemps.

Alors voilà : doit-on tout savoir des choses pour être en mesure de les apprécier ?

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectif M.Zuiko 40-150mm F/2,8 + multiplicateur de focale MC-14 — 1/320 sec. — F/4,0 — ISO 200 — 160 mm

Les petites fleurs bleues du 2663 de l’avenue Jeanne-d’Arc
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Le Treizième arrondissement de Paris

25 avril 2017

 

 
Introduction

En descendant la Seine vers Paris, le premier arrondissement que l’on rencontre à bâbord (à gauche), c’est le treizième.

Sur une superficie de 7,15km² y vivent 183 260 habitants. Contrairement aux arrondissements centraux de Paris qui se dépeuplent pour faire place à des ministères, des musées ou des entreprises, la population du 13e arrondissement s’est accrue continuellement de 1861 à 2006.

On y trouve peu de sites touristiques.

Le diaporama présente 124 photos en trois parties;
• au nord des boulevards Auguste-Blanqui et Vincent-Auriol,
• le sud-ouest de l’arrondissement et
• le quartier de la Gare.

Au nord des boulevards Auguste-Blanqui et Vincent-Auriol

De 0:09 à 0:11, il s’agit de la Chapelle de la congrégation des Augustines du Saint Cœur de Marie, construite entre 1836 et 1840 par l’architecte Antoine-Casimir Chaland.

Cette chapelle fait maintenant partie d’une maison de retraite privée à but non lucratif.

De 0:32 à 1:08, nous visitons la Manufacture des Gobelins.

En 1447, Jehan Gobelin installe un atelier de teinture sur les bords de la Bièvre, un affluent de la Seine aujourd’hui recouvert. Bientôt reconnu comme le meilleur teinturier d’Europe — notamment en raison des rouges à l’écarlate – il attire la venue de tapissiers flamands.

Deux siècles plus tard, Colbert a l’idée de regrouper sous un même toit les plus grands artisans du luxe français (tisserands, menuisiers, doreurs, etc.), chargés notamment de meubler les demeures royales.

De nos jours, les visiteurs peuvent voir à l’œuvre certains artisans de l’entreprise.

De plus, on y présente des expositions temporaires dont celle consacrée au luxe impérial des campagnes napoléoniennes (0:43 à 0:55).

De 1:17 à 1:21, il s’agit de l’Église Saint-Marcel, inaugurée en 1966 et dédiée au neuvième évêque de Paris. C’est l’œuvre de l’architecte Daniel Michelin. Le vitrail de sa façade est du maitre verrier Henri Guérin.

À partir de 1:23, notre attention se porte sur l’hôpital de la Salpêtrière dont nous ne visiterons que l’église Saint-Louis, par respect pour les patients hospitalisés.

Le mot hôpital vient du nom latin hospitalis qui signifie lieu d’accueil (d’où découle également le mot hospitalité). L’hôpital dont Louis XIV ordonna la création en 1654 servait à accueillir — pour ne pas dire enfermer — les mendiants, les marginaux, les prostituées et les vagabonds qui perturbaient l’ordre public.

Pendant plus d’un siècle, ce fut à la fois une crèche, un asile, un hospice, une prison et une maison de redressement. Cela en fit un lieu complet de répression et de détention.

Et comme il fut construit sur le site d’une ancienne fabrique de poudre à canon, l’hôpital porta le nom de ‘Salpêtrière’ puisque le salpêtre sert à fabriquer des explosifs.

Au moment de la Révolution, c’était le plus grand hospice du monde; près de huit-mille personnes s’y entassaient dont un grand nombre de malades mentaux (jugés incurables à l’époque).

En 1795, le Dr Philippe Pinel y est nommé médecin-chef et commence à traiter certains détenus comme des malades et non des criminels. Il fait de La Salpêtrière un centre de recherche sur la folie.

Les pionniers de la psychiatrie et de la neurologie y ont œuvré. C’est ainsi qu’en octobre 1885, un étudiant en médecine d’origine autrichienne, Sigmund Freud, y fut élève.

De nos jours, c’est un hôpital universitaire à vocation généraliste. C’est ainsi qu’en 1968, on y fit la première transplantation cardiaque d’Europe.

L’institution occupe à elle seule près de cinq pour cent du territoire de l’arrondissement.

Œuvre de l’architecte Libéral Bruant — à qui Louis XIV confia ensuite la construction des Invalides — l’église Saint-Louis fut achevée en 1677.

Il a la forme d’une croix grecque entre les bras de laquelle viennent se fixer quatre chapelles rayonnantes reliées à une chapelle centrale sous un dôme octogonal.

Au total neuf chapelles permettaient de séparer les fous, les débauchés, les contagieux et différentes catégories de malades. Son intérieur est presque nu.

Le sud-ouest de l’arrondissement

Cette partie du 13e arrondissement est le quartier administratif de la Maison-Blanche. Sa partie la plus élevée est surnommée Butte-aux-Cailles (de 1:44 à 2:32).

À l’origine, c’était une colline surplombant la Bièvre. Elle doit son nom à Pierre Caille qui en fit l’acquisition en 1543.

En raison de ses 62 mètres de dénivelé, cette colline venteuse était l’emplacement de choix à la fois de moulins à eau (le long de la Bièvre) et de moulins à vent.

Au XVIIe siècle, ce fut un des sites extraction du calcaire coquiller utilisé comme revêtement des maisons parisiennes.

Ce territoire fut annexé à la capitale en 1860.

En raison de l’exploitation minière passée — qui y a fragilisé le sol — cette colline n’est pas propice à la construction en hauteur. Ce qui fait que l’urbanisme s’y est développé indépendamment du reste de Paris.

De nos jours, elle a l’allure d’un village paisible et charmant.

À 1:46, il s’agit d’un aperçu de la Petite Alsace, un ensemble de quarante maisons de ville à colombage organisées autour d’une cour centrale rectangulaire de 500m².

Cette mini-cité-jardin a été conçue par l’architecte Jean Walter en 1912 pour loger les familles ouvrières de la raffinerie de sucre Say et de l’usine automobile Panhard.

Toujours dans la Butte-aux-Cailles, on trouve l’église Sainte-Anne de la Butte-aux-Cailles (de 1:56 à 2:17).

Construite 1894 à 1912 selon les plans de l’architecte Prosper Bobin, elle repose sur 71 pilotis puisqu’elle est bâtie sur le remblai de couverture de la Bièvre.

Au cours de la Première Guerre mondiale, plus précisément le mercredi 20 octobre 1915, une usine de grenades située à deux-cents mètres explose, soufflant les vitraux de l’église.

Au modeste verre transparent utilisé à la suite de l’explosion suivront les superbes vitraux créés dans la seconde moitié des années 1930 par Mauméjean, également responsable de la mosaïque qui décore les autels.

À 2:24, il s’agit de la piscine de la Butte-aux-Cailles. Elle est alimentée par un puits artésien dont l’eau jaillit spontanément à 28°C.

De 2:34 à 2:41, nous voici au nord-est du quartier de la Maison-Blanche, dans le centre commercial Italie Deux, regroupant 120 boutiques.

Le quartier de la Gare

À l’ouest de l’avenue de Choisy et au sud du boulevard Vincent-Auriol, cette partie du 13e arrondissement s’appelle le quartier de la Gare.

Il doit son nom à une gare batelière aménagée le long de la Seine, immédiatement en amont de la Salpêtrière. Commandé par Louis XV, l’aménagement de cette gare fluviale s’avéra être un gouffre financier : on la laissa inachevée à la Révolution.

Sujet aux inondations, ce territoire marécageux fut longtemps laissé en pâturage. Il ne s’urbanisa qu’à la fin du XVIIIe siècle alors que plusieurs établissements industriels s’installent sur ces terrains qu’on pouvait acquérir pour une bouchée de pain.

De style néoroman, l’église Notre-Dame de la gare (de 2:46 à 3:02) fut construite de 1855 à 1864 par l’architecte Claude Naissant.

La voute étoilée du chœur est l’œuvre du peintre Félix Jobbé-Duval, assisté d’Alexandre Denuelle.

À la partie basse de l’abside, sous les arcs romans qui entourent l’autel (à 2:56, Les Noces de Cana), les toiles marouflées ont été peintes à la fin des années 1950 par Anders Osterlind.

Le grand orgue construit en 1864 par Aristide Cavaillé-Coll (à 3:00).

Le quartier de la Gare est le 50e des 80 quartiers administratifs de Paris. Il renferme un certain nombre de ‘quartiers’ au sens commun du terme. Trois d’entre eux sont le quartier des Olympiades, le quartier asiatique (ou quartier chinois) et le quartier de la Bibliothèque nationale de France.

À la fin des années 1950, certaines parties du quartier de la Gare sont parmi les endroits les plus insalubres de la capitale. On décide donc d’y faire table rase et de créer une nouvelle trame urbaine.

Conçu par l’architecte en chef Michel Holley, le quartier des Olympiades (à 3:11) est un ensemble de tours résidentielles construites de 1969 à 1977.

Inspiré des principes de Le Corbusier, il tire son nom de l’intention originelle de ses promoteurs de doter l’ensemble d’un complexe voué à la pratique d’une vingtaine de disciplines sportives. En réalité, ce complexe ne fut jamais construit.

De 3:14 à 3:32, nous voilà dans le quartier chinois. Il occupe principalement un triangle entre les avenues Choisy, d’Ivry, et le boulevard Masséna.

Contrairement aux apparences, il n’est pas habité majoritairement par des Asiatiques, mais leur sert de lieu de rendez-vous.

De 3:24 à 3:30, il s’agit de l’église Saint-Hippolyte, construite de 1909 à 1924 par l’architecte Jules-Godefroy Astruc.

De 3:34 à 4:08, nous quittons le quartier chinois pour la bibliothèque François-Mitterrand, inaugurée en 1996.

Quatre tours semblables à des livres ouverts sont placés aux quatre coins d’une vaste esplanade. À son centre, celle-ci est percée d’un jardin rectangulaire qui sert de puits de lumière aux étages sous-jacents.

En plus des salles de consultation, l’édifice abrite des expositions temporaires, une librairie, et deux globes de Coronelli — un globe terrestre et un globe céleste (à 3:52) — offerts par le cardinal d’Estrées à Louis XIV.

De 2,3 tonnes chacune, ils ont un diamètre de 4m. Avec ses 1 880 étoiles, ses 72 constellations et ses planètes, le globe céleste représente le ciel le jour de la naissance du Roi-Soleil, le 5 septembre 1638.

À eux deux, ces globes résument l’état des connaissances scientifiques dans les domaines de la géographie et de l’astronomie au XVIIe siècle.

À l’extérieur, on trouve une salle de cinéma (à laquelle on peut accéder de l’intérieur de la bibliothèque) et des cantines mobiles.

La passerelle Simone-de-Beauvoir (à 3:36) permet d’atteindre l’autre rive de la Seine. Sur une longueur totale de 270m, elle possède une portée libre de 180m, ce qui constitue une prouesse technique.

Construite en Alsace, on lui fit descendre le Rhin, emprunter la mer du Nord et la Manche, pour finalement remonter la Seine jusqu’à Paris où elle fut montée et installée en une nuit.

Au passage, on peut voir la piscine flottante Joséphine-Backer. Celle-ci dispose d’un toit amovible permettant de se baigner au grand air l’été.


Détails techniques : Le diaporama contient 124 photos prises à l’aide d’un appareil OM-D e-m5.

En ordre décroissant d’utilisation, les objectifs furent le M.Zuiko 12-40 mm F/2,8 (95 photos), le PanLeica 25 mm F/1,4 (19 photos), le M.Zuiko 75 mm F/1,8 (6 photos), le M.Zuiko 7-14 mm F/2,8 (3 photos) et l’hypergone M.Zuiko 8 mm F/1,8 (1 photo).


Liste des diaporamas de Paris :
Le Premier arrondissement de Paris — 1re partie
Le Louvre (ou Premier arrondissement — 2e partie)
Le Premier arrondissement de Paris — 3e partie
Aperçu du deuxième arrondissement de Paris
Aperçu du troisième arrondissement de Paris
Aperçu du quatrième arrondissement de Paris — 1re partie
Aperçu du quatrième arrondissement de Paris — 2e partie
Le Cinquième arrondissement de Paris — 1re partie
Le Cinquième arrondissement de Paris — 2e partie
Le Cinquième arrondissement de Paris — 3e partie
Le Sixième arrondissement de Paris
Le Septième arrondissement de Paris
Le Huitième arrondissement de Paris
Le Neuvième arrondissement de Paris
Le Douzième arrondissement de Paris
• Le Treizième arrondissement de Paris (celui-ci)
Le Quatorzième arrondissement de Paris
Le Quinzième arrondissement de Paris
Le Seizième arrondissement de Paris

Le Treizième arrondissement de Paris
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Écrit par Jean-Pierre Martel


Chagall et la musique — Daphnis et Chloé

22 avril 2017
Aperçu des costumes

Au départ, Daphnis et Chloé est un roman du IIe siècle est attribué au poète grec Longus.

En 1952, à la demande de l’éditeur d’art appelé Tériade (en réalité, Stratis Eleftheriadis), Chagall crée les lithographies d’une édition de ce conte pastoral.

Ce qui donne l’idée à Serge Lifar, maitre de ballet à l’Opéra de Paris, de demander à Chagall de réaliser les décors et costumes d’une nouvelle production du ballet Daphnis et Chloé en 1956. L’œuvre chorégraphique avait été créée à Paris en 1912.

Il est en un acte et trois tableaux. L’argument est du chorégraphe Michel Fokine (d’après Longus), tandis que la musique est de Maurice Ravel.

À cette fin, Chagall réalise une soixantaine de maquettes préparatoires pour les costumes et les toiles de fond, les costumes, un rideau de scène et quatre toiles brossées en fond de décor.

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Maquette de la Danseuse-Soleil (1958)

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, hypergone M.Zuiko 8 mm F/1,8 (1re photo) et objectif M.Zuiko 25 mm F/1,2 (les autres photos)
1re photo : 1/80 sec. — F/1,8 — ISO 1000 — 8 mm
2e  photo : 1/60 sec. — F/1,2 — ISO 250 — 25 mm
3e  photo : 1/80 sec. — F/1,2 — ISO 320 — 25 mm
4e  photo : 1/60 sec. — F/1,2 — ISO 200 — 25 mm
5e  photo : 1/80 sec. — F/1,2 — ISO 320 — 25 mm
6e  photo : 1/100 sec. — F/1,2 — ISO 200 — 25 mm


Pour consulter tous les textes de ce blogue consacrés à l’exposition Chagall et la musique, veuillez cliquer sur ceci

Chagall et la musique — Daphnis et Chloé
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Écrit par Jean-Pierre Martel


L’attentat du 15 avril 2017 à Rachidine, en Syrie

21 avril 2017

Il y a une semaine, on apprenait qu’un attentat avait fait une centaine de morts au sein d’un convoi de Syriens délocalisés.

Voici le fond de l’histoire.

Au cours d’une partie de chasse au faucon dans le sud de l’Irak en décembre 2015, vingt-six membres de la famille royale qatarie sont tombés dans une embuscade et sont faits prisonniers par un groupe d’une centaine de rebelles chiites supportés par l’Iran.

Depuis seize mois, leur libération est négociée par le Qatar et l’Iran. À cela se sont ajoutés les négociateurs de quatre groupes de rebelles : le Hezbollah et deux milices chiites du côté iranien, et une milice d’Al Qaida du côté qatari.

L’entente intervenue prévoit la libération des otages qataris en contrepartie d’un important échange de population dans le cadre de l’épuration ethnique qui prévaut en Syrie.

L’entente prévoit également le versement d’une colossale rançon aux rebelles. Non seulement à ceux qui détiennent les otages royaux, mais également aux différentes milices rebelles et gouvernementales rencontrées sur le trajet de plus de 300km que doivent effectuer les convois de 30 000 à 50 000 Syriens relocalisés.

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D’une part, cette épuration concerne les Musulmans sunnites de deux villages situés près de la capitale (dans le sud-ouest du pays). Ils doivent retrouver les leurs dans deux villages sunnites situés dans le nord-ouest du pays.

En contrepartie, les Musulmans chiites des deux villages dont on vient de parler doivent être transférés dans les deux villages situés près de la capitale.

Le 14 avril, le premier groupe de Chiites (cinq-mille personnes) fut placé à bord de 45 à 75 autobus. En raison du caprice du réseau routier et des droits de passage négociés vers leur destination finale, le début du trajet prévoit un détour par Rachidine, une localité tenue par les rebelles près d’Alep.

Et c’est dans cette ville qu’eut lieu l’attentat. Un véhicule qui distribuait des sachets de croustilles aux enfants a explosé à proximité des autobus transportant les évacués.

L’attentat fit 126 morts et 300 blessés, mettant en péril l’accord intervenu entre l’Iran et le Qatar.

Depuis samedi dernier à Bagdad (lieu choisi pour l’arrivée de la rançon), un jet privé qatari est immobilisé sur le tarmac de l’aéroport en attente de prendre possession des otages royaux qui doivent être libérés.

Puisque l’attentat a tué non seulement des civils loyalistes au régime de Bachar el-Assad mais également une trentaine de combattants rebelles, on présume que ce serait l’œuvre d’une autre milice exclue de l’entente et qui aurait voulu une part du butin.

En raison de l’importance de la rançon, les évacuations ont repris quelques heures plus tard et se poursuivent depuis.

Références :
Attentat de Rachidine
Attentat en Syrie: les auteurs déguisés en humanitaires
Qatari jet sits on tarmac in Baghdad as royal hostages await release

Parus depuis :
Qatari royals released from captivity as part of Syria population swap deal (2017-04-21)
En Syrie, le grand marchandage de Doha (2017-04-24)

L’attentat du 15 avril 2017 à Rachidine, en Syrie
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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le Québec et la légalisation du cannabis

20 avril 2017

Depuis que le gouvernement fédéral a annoncé que la légalisation de la marijuana, certains observateurs s’inquiètent des risques de cette décision.

Au départ, précision que effets néfastes de cette drogue sur la santé sont moindres que ceux de l’alcool. Si tous les alcooliques abandonnaient l’alcool pour le cannabis, on verrait l’apparition de nouveaux problèmes mais la disparition complète des nouveaux cas de cirrhoses du foie, incurables même à l’arrêt de l’éthylisme.

Dans les États où on a légalisé le pot — notamment au Colorado et dans l’État de Washington — on a constaté une augmentation importante à la fois du nombre d’accidents de la route causés par des conducteurs sous l’effet du cannabis et du nombre d’hospitalisations résultant d’une surdose.

Sans nier la possibilité que cela puisse être observé au Québec, ce phénomène ne devrait pas être significatif.

En effet, les États-Unis ont mené pendant des décennies une ruineuse et inefficace lutte contre la drogue caractérisée par la sévérité des sanctions imposées aux contrevenants.

Au contraire, au Québec, la simple possession de cannabis est tolérée depuis des années. Ici, la consommation est entrée dans les mœurs et la très grande majorité de ses utilisateurs ont appris à en faire une consommation ‘responsable’.

De 2002 à 2012, le pourcentage de personnes ayant déjà consommé de la marijuana a diminué chez les 15 à 17 ans et les 18 à 24 ans. Cette consommation est toutefois demeurée stable chez les 25 à 44 ans et a augmenté dans les groupes d’âge plus avancé.

On croit que l’augmentation chez le groupe des 45 à 64 ans pourrait être le reflet du vieillissement de la cohorte de ceux qui se situaient dans le groupe des 25 à 44 ans en 2002.

En somme, chez les jeunes, le cannabis n’a plus l’attrait du fruit défendu.

La décision canadienne de ne pas autoriser les aliments à base de cannabis — permis dans les deux États américains mentionnés — devrait éviter les hospitalisations pour surdose (extrêmement rares chez les fumeurs).

On s’inquiète du fait que les policiers ne seraient pas équipés d’instruments permettant de mesurer l’intoxication au cannabis. Cela est également vrai des psychotropes.

Pourtant, ils font passer des tests simples — toucher le bout de son nez, marcher en ligne droite — qui leur permettent d’appréhender le conducteur intoxiqué par des médicaments. Ce sera pareil avec le cannabis.

Au-delà de la curiosité que susciteront au départ les commerces de cannabis et l’impact touristique de sa légalisation, il est à prévoir que les changements législatifs ne bouleverseront que sa distribution puisque dans les faits, sa consommation est déjà décriminalisée au Québec depuis plus d’une décennie.

Complément de lecture :
Portugal’s radical drugs policy is working. Why hasn’t the world copied it?

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Écrit par Jean-Pierre Martel


L’apport économique des étudiants étrangers

19 avril 2017
Université Humboldt, à Berlin

En Allemagne, les lycées — les équivalents des GÉGEPs au Québec — sont gratuits non seulement pour les étudiants allemands, mais également pour les étudiants étrangers.

Tout au plus, faut-il payer 200$ par année comme frais d’inscription.

Voilà pourquoi environ 4 500 étudiants américains y étudient.

Pourquoi n’y en a-t-il pas davantage ? Parce qu’on doit parler allemand.

Quelles sont les raisons qui poussent les contribuables allemands à subventionner chez eux la formation d’étudiants étrangers ? À cause des retombées économiques.

Pour assurer sa subsistance — logement, nourriture, transport, forfait téléphonique, etc.— chaque étudiant étranger dépense près de 20 000$ par année.

Pour ces seuls étudiants américains, cela représente un investissement de 9 millions$ dans l’économie allemande.

De manière générale, en dépit de la réputation d’excellence des maisons d’enseignement américaines et britanniques, c’est l’Australie qui est la championne mondiale de la formation académique d’étudiants étrangers.

Ils y comptent pour la moitié des inscriptions à ses Business and Management courses et le quart de tous les inscrits aux études supérieures.

Après les mines, c’est le deuxième poste d’exportation dans ce pays, rapportant annuellement quinze-milliards de dollars US.

Les États-Unis occupent le deuxième rang mondial avec un million d’étudiants étrangers, suivis de loin par la Grande-Bretagne et le Canada (avec 300&nbs;000 chacun).

Il est à prévoir que les politiques migratoires de Donald Trump diminueront la position avantageuse de son pays à ce sujet.

Grand amphithéâtre de la Sorbonne, à Paris

En France, sur les 260 000 étudiants étrangers, un peu plus de 110 000 (42%) sont Africains. Ils y dépensent annuellement 1,5 milliard d’euros.

Références :
Ben Yahmed B. Ils façonnent notre avenir. La Revue 2016; no 61-2: 3-4.
Sanders B. Our Revolution: A Future to Believe In. New York: Thomas Dunne Books, 2016.

Détails techniques : Canon Powershot G6 (1re photo) et Olympus OM-D e-m5 + hypergone M.Zuiko 8 mm F/1,8 (2e photo)
1re photo : 1/1250 sec. — F/2,5 — ISO 50 — 12,7 mm
2e  photo : 1/80 sec. — F/1,8 — ISO 800 — 8 mm

L’apport économique des étudiants étrangers
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Écrit par Jean-Pierre Martel


Chagall et la musique — Les sculptures

17 avril 2017
Aperçu de la neuvième salle

À partir des années 1950 et jusque dans les années 1970, Chagall a créé une centaine de sculptures : neuf de celles-ci sont présentées à l’exposition montréalaise.

La Bête fantastique (bronze, 1952)
Maternité ou Vierge à l’enfant (bronze, 1952)

S’inspirant des figurines préhistoriques et des thèmes qui lui sont chers, Chagall explore différentes techniques (taille en haut et en bas-relief, ronde-bosse, fonte à la cire perdue) et utilise divers matériaux (marbre, galets, os, calcaire, pierre de Rognes, pierre de Jérusalem).

Nu mauve (1967)
Détail de Nu mauve (1967)
Profil au coq (1970)

Consacrée aux sculptures de Chagall, la neuvième salle de l’exposition est complétée de quelques œuvres de maturité du peintre.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, hypergone M.Zuiko 8 mm F/1,8 (1re photo) et objectif M.Zuiko 25 mm F/1,2 (les autres photos)
1re photo : 1/60 sec. — F/1,8 — ISO 1250 — 8 mm
2e  photo : 1/80 sec. — F/1,2 — ISO 320 — 25 mm
3e  photo : 1/80 sec. — F/1,2 — ISO 320 — 25 mm
4e  photo : 1/80 sec. — F/1,2 — ISO 400 — 25 mm
5e  photo : 1/60 sec. — F/1,2 — ISO 320 — 25 mm
6e  photo : 1/80 sec. — F/1,2 — ISO 400 — 25 mm


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Chagall et la musique — Les sculptures
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Écrit par Jean-Pierre Martel


Des traces de Roundup™ de Monsanto dans le tiers des aliments

16 avril 2017
Cliquez sur l’image pour l’agrandir

Le glyphosate est un herbicide total mieux connu sous le nom de Roundup™ de Monsanto.

Puisque cet herbicide tue les plantes cultivées autant que les mauvaises herbes, le semencier Monsanto a mis au point des plantes modifiées génétiquement qui ont la propriété d’être résistantes à cet herbicide. On les dit ‘Roundup Ready’.

Il suffit alors d’arroser périodiquement du Roundup™ dans les champs où on a semé des plantes ‘Roundup Ready’ pour que celles-ci résistent à l’herbicide alors qu’on extermine toutes les autres qui tenteraient d’y pousser également.

Chez l’animal, la DL50 — c’est-à-dire la dose nécessaire à tuer 50% des sujets d’expérience — est de 4 320 ppm chez le rat et à peu près la même chose chez les oiseaux.

La DL50 est toutefois beaucoup plus faible chez les poissons (de l’ordre de 38 à 78 ppm).

Il est à noter que les études de la toxicité de la glyphosate tiennent rarement compte de celle de ses adjuvants dans le produit Roundup™.

Dans le sol, le glyphosate est sujet à la dégradation microbienne. Selon la flore bactérienne variable du sol, environ 50% du glyphosate qui s’y trouve peut être détruit en 49 jours.

Les particules du sol adsorbent fermement ce produit chimique à leur surface. Théoriquement, cela fait que cet herbicide devrait être faiblement entrainé par les eaux de pluie, en dépit de sa grande solubilité dans l’eau.

C’était la conclusion des premières études environnementales à son sujet. Mais depuis, son utilisation massive a fait qu’on en a découvert des traces dans de nombreux cours d’eau et nappes phréatiques.

L’agence américaine de Protection de l’environnement a fixé la limite sécuritaire du glyphosate dans l’eau potable à 0,8 ppm.

Dans le cas des aliments, la limite maximale canadienne des résidus varie en fonction du produit; elle est de 20 ppm pour le soya, 10 ppm pour l’orge, 5 ppm pour les pois, et 4 ppm pour les haricots et les lentilles.

Cette semaine, l’Agence canadienne d’inspection des aliments a publié les résultats de son étude sur la présence de glyphosate dans nos aliments.

L’étude a porté sur 482 échantillons de fruits et légumes (frais et transformés), 2 497 échantillons de légumineuses et de céréales, de même que 209 échantillons de nourriture pour enfants, pour un total de 3 188 produits testés.

À l’état de traces, le glyphosate est présent dans 29,7% des produits alimentaires. Toutefois, il ne dépasse les limites règlementaires que dans 1,3% des cas.

Les produits fautifs étaient essentiellement des produits céréaliers (3,9% des cas), des légumineuses (0,6%) et des jus et autres boissons (0,2%, dont le lait de soya fait partie).

On n’a rien trouvé d’excédentaire dans les autres catégories d’aliments.

À titre d’exemple, dans le cas précis des aliments pour bébés, la présence de glyphosate a été en dessous du seuil de détection dans 69% des cas. Et dans le reste, soit 31% des cas, il s’agissait de traces jugées acceptables.

Précisons qu’il n’existe pas d’étude sur les effets à très long terme des traces de glyphosate dans l’alimentation.

Références :
Environment Fate of Glyphosate
Glyphosate
L’herbicide glyphosate décelé dans le tiers des produits alimentaires testés par l’ACIA
Sauvegarder grâce à la science — dépistage du glyphosate en 2015-2016

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectif M.Zuiko 12-40mm F/2,8 — 1/4000 sec. — F/2,8 — ISO 125 — 40 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Plafonner le salaire des grands commis de l’État

13 avril 2017

En France, depuis 2012, le salaire des mandarins de l’administration publique est plafonné à 450 000 euros par an.

Depuis le mois dernier, la loi israélienne plafonne à 862 000$Can le salaire des patrons des banques du pays.

Cette loi stipule également qu’aucun salaire versé dans le secteur financier ne peut excéder 35 fois celui de l’employé le moins bien payé au sein de la même société.

En d’autres mots, le président ne peut gagner plus de 35 fois le salaire du balayeur de plancher.

Dans une entrevue exclusive publiée dans La Presse le 8 avril dernier, le chef du Parti québécois a annoncé que, s’il prenait le pouvoir, aucun employé de l’État ne pourrait toucher une rémunération supérieure à 90% du salaire du premier ministre.

La seule exception serait le président de la Caisse de dépôt et placement. Tous les autres grands serviteurs de l’État seraient assujettis à cette règle.

Selon La Presse, cette mesure affecterait les hauts dirigeants suivants :
• Éric Martel, d’Hydro-Québec (493 000$)
• Louis Morisset, de l’Autorité des marchés financiers (414 000 $)
• Pierre-Gabiel Côté, d’Investissement Québec (391 000$)
• Alain Brunet, de la Société des alcools (390 000$)
• Luc Meunier, de la société québécoise des infrastructures (317 000$)
• Juan-Roberto Iglesias, secrétaire général de l’État (313 000$)
• Patrice Brunet, PDG du CHUM (296 000$)
• Patricia Gauthier, du CIUSS Estrie (293 000$)
• Gertrude Bourdon, du CHU Québec (290 000$)
• Clermont Gignac, directeur du projet du CHUM (280 000$)
• Horacio Arruda, directeur de la santé publique (274 000$)
• Luc Monty, sous-ministre des finances (255 000$)

En réponse à cette annonce, le premier ministre du Québec a jugé que cela était un indice que le PQ se radicalise : « C’est un autre épisode où M. Lisée, clairement, cherche désespérément à se coller à Québec solidaire.»

C’est également l’avis du Devoir. Sous le titre d’Une idée simpliste de Lisée, l’éditorialiste Robert Dutrisac écrit ce matin : « Jean-François Lisée, qui plaide pour un Québec ‘éthique et équitable’, surfe sur la vague de l’indignation populaire soulevée par la rémunération que se sont réservée les hauts dirigeants de Bombardier et par les hausses éhontées accordées aux médecins. Le chef péquiste veut sans doute séduire les sympathisants de Gabriel Nadeau-Dubois, mais il aurait avantage à se rappeler que la compétence importe, même dans le secteur public.»

Voilà, le mot est lâché; la compétence se paie.

Le tiers du 1% des Québécois les plus fortunés sont les médecins. J’ai beaucoup d’estime pour les médecins, notamment les chirurgiens et les urgentologues, dont le métier est de sauver quotidiennement des vies humaines.

Mais, avouons-le franchement, tous les médecins étaient de parfaits incompétents avant d’entreprendre leur cours en médecine. Donc la compétence s’acquiert. Et dans leur cas, à l’occasion d’une formation universitaire très majoritairement financée par les contribuables.

De plus, il faut quand même se rappeler que pendant des années au Québec, le premier critère de l’embauche des grands commis de l’État, ce n’était pas la compétence mais l’allégeance politique, si on en juge par les travaux de la commission Bastarache.

Ceci étant dit, que l’ensemble des hauts salariés de l’État travaillent fort, je suis prêt à le croire. Tout comme c’est le cas de la mère de famille monoparentale qui concilie un petit boulot mal payé et ses obligations familiales.

Toutefois, permettez-moi de douter que le salaire des hauts payés soit la juste reconnaissance de la supériorité de leur race. À la Caisse de dépôt et placement du Québec, Henri-Paul Rousseau et ses acolytes grassement payés ont acheté quarante-milliards de titres financiers toxiques sans avoir la moindre idée que cela ne valait rien. Allo la compétence.

De plus, il faut s’enlever de l’esprit que les hauts salariés de l’État sont des êtres dotés d’une supériorité innée. Ce n’est pas le cas. Au contraire, personne n’est irremplaçable.

Pendant plusieurs années, j’ai siégé à titre d’administrateur d’un ordre professionnel. Les salaires de tous nos employés étaient régis par une échelle salariale imposée par l’employeur (puisque personne n’était syndiqué).

Dans le cas des cadres, cette grille précisait le salaire d’un cadre ordinaire, celui d’un chef de service, et celui du directeur général. Bref, elle régissait les salaires de tous les employés de l’entreprise, sans exception. Quant aux membres du Conseil d’administration dont je faisais partie, nous recevions une rémunération symbolique constituée de jetons de présence.

Dans le cas des cadres supérieurs, cette grille prenait en considération le budget à administrer et le nombre de subalternes.

Nous avions également prévu une modulation qui tenait compte de l’atteinte par l’employé des objectifs fixés par son supérieur hiérarchique.

Et c’est par le biais de cette échelle salariale que nous avons fait disparaitre la discrimination associée au sexe. Pour les dirigeants de cette corporation, il aurait été impensable de prévoir une ‘modulation’ en fonction du sexe.

Dans le cas des grands commis de l’État, leur rémunération est présentement basée sur leur valeur estimée. Arbitrairement, ceux qui en font l’estimation sont très majoritairement des hommes et conséquemment, dans la liste des commis de l’État les mieux rémunérés, très peu sont des femmes.

Bref, on ne compte plus les gouvernements qui ont imposé des gels salariaux à l’ensemble de la fonction publique. De la même manière, l’État a le pouvoir d’imposer un plafond à la rémunération des serviteurs de l’État. Cela n’a rien de simpliste.

En suggérant d’agir ainsi, Jean-François Lisée n’est pas ce vilain démagogue racoleur décrit par Le Devoir. C’est plutôt quelqu’un qui s’inspire judicieusement de l’État français, de l’État israélien, et de toutes les entreprises privées qui se dotent d’une politique salariale cohérente.

À mon avis, ce qui est simple, c’est de répéter comme un perroquet les arguments d’un chef de gouvernement dont la plus grande réussite économique aura été de faire tomber le Québec au dernier rang des provinces canadiennes au chapitre du revenu disponible par personne.

Références :
Israël limite le salaire des banquiers
Le PQ «se radicalise», pense Couillard
Les salaires des patrons du public plafonnés à 450 000 euros par an
Lisée rabattrait les salaires des hauts dirigeants
Réduire les salaires des P.-D.G. de l’État — Une idée simpliste de Lisée

Paru depuis :
La Suisse a réglementé sous la pression des citoyens (2017-04-14)

Plafonner le salaire des grands commis de l’État
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