La burka au volant : est-on devenu fou ?

Voile_islamique
 
Mardi dernier, lors d’un voyage officiel au Maroc, le premier ministre Couillard s’est dit favorable au port de la burka durant les examens pratiques de la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ).

Devant le tollé de protestations que ses propos ont suscité, M. Couillard s’est finalement rangé le lendemain de l’avis de ses ministres (qui soutenaient le contraire).

Rappelons que la burka est ce voile intégral qui laisse seulement un petit ‘moustiquaire’ à la femme pour voir. Conséquemment, le champ de vision normal de celle-ci s’en trouve sérieusement rétréci.

Quelle n’est pas ma surprise de voir ce matin dans Le Devoir un de ses éditorialistes les plus respectés écrire : «…le port d’une burqa n’empêche pas la communication verbale. Après s’être dûment identifiée, une personne peut très bien passer un examen de conduite le visage voilé

Laissons à cet éditorialiste le bénéfice du doute. Supposons qu’il parlait du hijab ou du tchador. Ou peut-être parlait-il des examens écrits de la SAAQ et non des exercices pratiques (c’est à dire réalisés au volant).

Mais dans le doute, soyons clairs : il ne peut pas y avoir de conduite automobile sécuritaire en portant la burka. Aucun pays au monde ne le permet. Cela est même défendu dans les pays musulmans.

Donc ce n’est pas une question de persécution religieuse : c’est une question de gros bon sang.

Depuis certains jugements, les pouvoirs publics sont tétanisés à l’idée de devoir s’attaquer à certaines manifestations de l’intégrisme religieux.

Pour prendre un exemple absurde, qui oserait prétendre qu’il est nécessaire de traduire en braille les examens écrits de la SAAQ parce que les examens actuels constituent de la discrimination à l’égard des aveugles ?

Il est stupide de décerner un permis de conduire à une personne qui ne peut pas s’en servir. Voilà pourquoi les examens écrits ne sont pas disponibles en braille.

Toutefois, selon la jurisprudence actuelle, il est raisonnable de présumer qu’interdire les examens de la SAAQ aux femmes portant le niqab serait anticonstitutionnel.

Obliger la prestation de service à visage découvert est un choix de société. Or le rôle des constitutions, ce n’est pas seulement de protéger des libertés civiles; c’est également de consacrer des choix de société.

Et dans le cas de la Canadian Constitution, il s’agit d’une loi imposée au Québec par les provinces anglophones à l’issue d’une séance ultime de négociation à laquelle le Québec n’a pas été invité. C’est une loi ethnique, étrangère au Québec, qui heureusement prévoit une clause dérogatoire.

Lorsque ses dispositions vont à l’encontre des caractéristiques fondamentales du modèle de société que nous désirons défendre, il est légitime (et parfaitement légal) de l’invoquer. Je ne vois pas pourquoi nous devrions hésiter à le faire.

Et si le Canada anglais s’en indigne, c’est son problème et non le nôtre.

Références :
La règle de l’exception
Niqab et burqa aux examens de la SAAQ: Couillard se rallie à ses ministres

Parus depuis
Le Maroc interdit la fabrication et la vente de la burqa (2017-01-10)
L’Allemagne interdit le voile intégral dans la fonction publique (2017-04-28)

La burka au volant : est-on devenu fou ?
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