L’ammolite : le gemme canadien

Introduction

Ammolite

Tout comme le corail et la nacre, l’ammolite est une pierre précieuse d’origine animale. C’est seulement en 1981 que la Confédération internationale de Bijouterie, Joaillerie, Orfèvrerie des diamants, perles et pierres (CIBJO) l’a reconnue comme telle.

Certaines législations nationales relatives à la bijouterie refusent ce titre à l’ammolite, la considérant plutôt comme une pierre fine ou semi-précieuse.

Au Canada, l’ammolite est la gemme officielle de l’Alberta. Dans cette province, une multitude de bijoutiers l’offre à des prix très variables selon la taille et la couleur.

De plus, au Salon des métiers d’arts de Montréal, un nombre croissant de bijoutiers réalisent des créations à partir de cette pierre, en raison de son aspect unique.

Origine

L’ammolite est né de la minéralisation du fossile de certains mollusques disparus il y a 66 millions d’années.

À l’époque, ils étaient communs. On retrouve donc leurs fossiles un peu partout sur terre. Toutefois, de manière générale, leur couleur ne se distingue pas de celle des autres fossiles.

Dans le cas particulier de l’Est des montagnes Rocheuses, ces coquillages se sont fossilisés sous des conditions particulières de température et de pression qui leur ont conféré une multitude de couleurs irisées.

Plus précisément, c’est dans la région albertaine des Badlands que ces fossiles adoptent les couleurs les plus vives et où, conséquemment, l’ammolite est la plus précieuse.

Badlands albertaines

Les Badlands sont des formations géologiques sujettes à l’érosion de l’eau en raison de leur composition calcaire ou argileuse.

Les rivières qui y coulent ont gravé un paysage raviné qui, à vol d’oiseau, ressemble aux racines d’un arbre. Impropres à l’agriculture, ces terres ont donc été nommées Badlands, ce qui veut dire mauvaises terres.

Composition

Ammolite, vue de près

L’ammolite contient de l’aragonite (de la famille des carbonates), soit le composant principal de la nacre. Cela n’est pas étonnant puisque la nacre est un minerai bio-synthétisé lors de la fabrication du squelette des mollusques.

C’est la contamination superficielle de cette nacre par des sels minéraux lors de la fossilisation du mollusque qui donne à l’ammolite ses différentes couleurs.

L’ammolite représente une couche très mince (de l’ordre des 0,5 à 0,8mm d’épaisseur) à la surface du coquillage fossilisé. Sa dureté n’est pas très élevée, ce qui la disqualifie au titre de pierre précieuse.

Pour ces deux raisons, les joailliers ne tentent jamais d’isoler complètement l’ammolite de son support coquillier.

De plus, les bijoux en ammolite sont habituellement protégés par une couche de quartz transparent. Voilà pourquoi les bijoutiers les achètent des grossistes selon leur apparence et leur taille, mais jamais en fonction de leur poids (puisque celui-ci comprend celui du quartz).

Mollusques concernés

Le nom ammolite ressemble à Ammonite (avec un ‘n’). Cela n’est pas une coïncidence.

Les Ammonites sont une variété de mollusques éteints dont la carapace ressemblait à celle des escargots d’aujourd’hui. Leur coquillage était donc replié sur lui même et seule la dernière chambre était occupée par l’animal.

En Alberta, l’ammolite est extraite commercialement du fossile de trois Ammonites : Placenticeras costatum, Placenticeras intercalare et Placenticeras meeki.

Le processus géologique qui a produit de l’ammolite à la surface de ces fossiles a affecté la fossilisation d’autres mollusques albertains.

Mais les fossiles microscopiques iridescents n’ont pour l’instant aucune application commerciale. Seuls les mollusques qui ont atteint des tailles importantes peuvent aujourd’hui être façonnés de manière à libérer des plaques d’ammolite suffisamment grandes pour servir à la bijouterie, notamment Placenticeras intercalare, dont la surface arrondie est plus lisse que celle de Placenticeras meeki.

On trouve de l’ammolite non seulement à la surface extérieure de ces fossiles mais également aux surfaces internes du coquillage (dont les cloisons). Toutefois, chez les Ammonites, ces cloisons étaient généralement irrégulières, ce qui réduit d’autant leurs débouchés commerciaux.

Quant aux surfaces extérieures, elles portent souvent les marques des morsures des prédateurs de ces mollusques — notamment les reptiles marins de la famille des Mosasauridae — qui ont exterminés ces mollusques il y a 66 millions d’années avant de disparaitre eux-mêmes peu de temps après, tout comme les autres dinosaures. On peut avoir un exemple de ces morsures au centre de la dernière photo.

Préciosité

Le prix de l’ammolite dépend non seulement de sa taille, mais surtout de sa couleur et des motifs à sa surface.

Si le brun et l’orange sont des couleurs caractéristiques de l’ammolite, c’est aussi ce qui la rend moins précieuse.

Un bijou en ammolite bleue aura davantage de prix car il est rare de retrouver de grandes surfaces d’ammolite de cette couleur.

De plus, sous une surface lisse et transparente, lorsqu’un couche sous-jacente opaque est l’objet de fissures, la finesse du grain apparent augmente la valeur de la pièce. Tout comme lorsque cette couche colorée sous-jacente semble être tridimensionnelle.

Références :
Ammolite
Ammonite Factory
Pierre fine
Pierre précieuse

L’ammolite : le gemme canadien
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Un commentaire à L’ammolite : le gemme canadien

  1. sandy39 dit :

    Devant ces pierres précieuses, je n’ai su que dire mais, vous m’avez inspiré ceci :

    AU FIL DU TEMPS…

    Sur les traces du Passé qui a modelé l’Avenir à sa façon, avec ses jolies pierres précieuses qui se sont polies avec le Temps, Vous, J.Pierre (Nous le sommes tous), coincé entre le Passé et cet Avenir, vous offrez du Temps aux autres avec des mots que vous choisissez où il faut les trier, les assembler pour mieux construire un Avenir incertain mais certainement plus stable.

    Et, voilà ce que l’on fait avec les mots : on les taille, on les lime, on les habille, on les déshabille, on les aiguise, on les pare, on les orne, on les enguirlande (un mot à Moi).

    Du bout des doigts, on les sculpte, on leur invente tout un style, tout un style de vie, pour trouver le nôtre, peut-être ? Il y a mille et une façons de les aimer, seuls ou accompagnés.

    Finalement, on les épouse, on se marie avec… peut-être en cherchant à se protéger de l’Inconnu, de cet Avenir incertain ? Et puis, on se laisse prendre au jeu parce que les mots, ils sont élégants, ils séduisent. On se laisse embobiner d’années en années.

    … LES PAYSAGES SE DESSINENT !

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