Le monopole monétaire des banques


 
Depuis le 1er septembre 2015, le paiement en argent liquide est interdit en France pour toute transaction supérieure à 1 000 euros.

Cette limite vise à lutter contre la fraude, le blanchiment d’argent ou le financement du terrorisme. En effet, cela permet de suivre les transferts importants d’argent.

De plus, le gouvernement français a demandé aux banques de réduire la commission qu’elles prennent sur toute transaction, de manière à supprimer les montants minimums imposés par certains commerçants pour les paiements par cartes de crédit.

De nombreux commerçants acceptent déjà les paiements électroniques à partir d’un euro.

En Norvège, les espèces sonnantes ne sont plus utilisées que dans 5% des transactions. En France, c’est 15%.

Les partisans de l’abandon du paiement comptant donnent l’exemple des sans-abris qui, à l’automne 2013, vendaient le magazine Situation Stockholm dans les rues de la capitale suédoise dotés de lecteurs de cartes.

Mais la Suède est la Suède. Est-ce que les banques d’ici sont prêtes à fournir gratuitement des ordinateurs et des lecteurs de cartes à chaque mendiant afin qu’il puisse gérer son compte de banque ?

On devrait plutôt s’attendre à ce qu’elles leur imposent des frais bancaires sur chaque aumône électronique. En somme, elles s’enrichiront en ôtant le pain de la bouche des pauvres.

Afin d’aider les banques à étendre leur monopole sur toutes les transactions monétaires, l’État pourrait se charger de fournir aux mendiants ordinateurs et lecteurs de cartes. Mais j’entends déjà le milieu des affaires s’indigner contre les excès de l’État-providence, symbolisés par cette générosité jugée excessive à l’égard des démunis.

À la dernière assemblée générale des actionnaires de la Banque Nationale (une banque privée canadienne), le président de l’institution a prédit la disparition du paiement par chèque.

Conséquemment, si on ne peut plus donner de monnaie aux mendiants ni même leur émettre un chèque, nous serons ainsi soulagés de la culpabilité de leur refuser l’aumône.

Voilà ce qui complèterait le dispositif du milieu financier pour lutter contre la pauvreté; faire en sorte que les démunis crèvent de faim.

On peut imaginer que si chaque banquier était tenu de passer une semaine à vivre à la belle étoile au centre-ville de Montréal en hiver, sa perception du monde s’élargirait considérablement…

Références :
En Suède, les espèces en voie de disparition
La Banque Nationale évoque la fin des chèques
La monnaie, une espèce en voie de disparition ?
Une société sans cash est-elle possible ?

Parus depuis :
« Bientôt la fin de l’argent liquide ? », dans Le Monde (2016—04-25)
La fin du papier n’est pas pour demain, dit Desjardins (2016—05-03)

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectif M.Zuiko 12mm F/2,0 — 1/320 sec. — F/4,5 — ISO 200 — 12 mm

Le monopole monétaire des banques
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4 commentaires à Le monopole monétaire des banques

  1. Pierre Pinsonnault dit :

    «… On peut imaginer que si chaque banquier était tenu de passer une semaine à vivre à la belle étoile au centre-ville de Montréal en hiver, sa perception du monde s’élargirait considérablement…»

    Encore une fois nous apprenons bien des choses de votre article, M. Martel, ainsi que des textes auxquels vous nous référez.

    Notre perception du monde, en tous les cas la mienne au moins, s’élargit. Générant à la fois des pensées sombres (la misère dans le monde, les crimes économiques, nos incompréhensions, le chaos dans certaines régions et/ou dans certains domaines, …) et éclairées (les efforts et réussites de certaines personnes, groupements, États pour supprimer les causes de ces sombres pensées )..

    Élargissement de notre perception du monde ? Mais à quel prix ? Voilà, le défi est posé tel qu’exposé dans ce texte de Platon auquel on réfère sous le nom de «Allégorie de la caverne». Je l’ai connu vraiment en profondeur que cette année en écoutant sa présentation à

    https://www.youtube.com/watch?v=ZqCQBOBbabQ

    ou encore, pour comparaison, à

    https://www.youtube.com/watch?v=2yfePu67xoI.

    Quant au vif du sujet, l’utilisation de la monnaie, je peux témoigner qu’ici au village, je me promène quasiment tout le temps sans argent dans mes poches, seulement avec ma carte de crédit et ma carte de débit. J’ai de la monnaie dans le compartiment de ma porte d’auto (jusqu’à 15$ en 25 sous, 1$ et 2$), monnaie à laquelle je recours rarement. Et il n’y a que très peu de mendiants au village, qu’on voit rarement d’ailleurs. Et j’ai recours très rarement à ma carte de débit.

    Il n’y a qu’un endroit qui n’accepte aucune carte (un des quatre restos du coin), un endroit qui nous mentionne préférer l’argent comptant (magasin d’aliments naturels), un dépanneur qui n’accepte plus de carte après une certaine heure ou pour un montant de moins de 5$. À part cela la carte de crédit est reine et j’apprécie ce fait. Ne serait-ce que je n’ai plus de trous dans mes poches.

    Bonne journée !

  2. sandy39 dit :

    En attendant que je vous délivre toute ma perception du Monde et de sa Monnaie… ainsi que toute ma Pensée éblouissante qui vous éclaire…, je reviendrai me promener, bientôt, avec encore beaucoup d’arguments, plein mes poches… ceux qui n’ont pas de prix !…

    Et, sur n’importe quel prix et même si Pierre n’a plus de trous dans ses poches… et, même s’il n’a pas un dollar, en poche, pour me payer à boire un coup !

    Bon Dimanche !

  3. sandy39 dit :

    QUEL AVENIR POUR UNE MONNAIE ?…

    Cette fois, c’est bon : j’ai rempli mes poches, pour changer la Monnaie (tiré de « Un jour en France » de Noir désir) comme je remplissais ma tirelire quand j’étais petite.

    A l’Epoque, ce n’était pas : « Money for nothing » chanté par DIRE STRAITS, l’argent allait servir quand je serais devenue grande à me payer le fameux permis de conduire, pour ensuite acheter ma première voiture. Non, il n’y avait pas de carte de retrait pour les mineurs (moins de 18 ans) pour tout dépenser avant l’âge ! Les petites économies prévoyaient l’Avenir de conduire…

    Toucher à l’époque des billets de 500 francs -que GAINSBOURG brûlait sur les plateaux de télé !- et en avoir plusieurs, c’était ça, ça réjouissait, à condition de s’acheter juste une fringue…, à condition de ne pas tout dépenser et de le joindre sur un livret d’épargne disponible à 18 ans. Et oui, j’étais comme ça à cet âge-là…, plus Fourmi que Cigale… La monnaie : elle était faite pour se payer des choses utiles !

    Si, dans Libération, on lit, aujourd’hui : « L’argent est littéralement sale, grouillant de bactéries », à l’époque (30 ans en arrière : j’arrondis car vous n’allez pas calculer mon âge !), il promettait bien des choses. Ah, un petit détail : chez Libération, ils ne connaissent pas le subjonctif présent car Moi, à propos du fils à BORG, j’aurais écrit : « Après que son fils ait été victime d’un cambriolage » !

    Et, en Suède, je suppose qu’il faut se la payer l’appli « Swich » pour pouvoir payer. Et Moi qui sait juste qu’avec des applis, on peut fermer, à distance lorsqu’on part en vacances, les volets de sa maison… comme le font les Voisins pour protéger la Fusée de Tintin…

    C’est une fois devenue étudiante qu’il fallait avoir une carte de retrait pour s’acheter des tickets pour le restaurant universitaire : ils n’acceptaient que les espèces !

    Depuis, si je tiens mes comptes : oui, mieux que jamais…, aussi dans des cahiers…, parce qu’il faut que tu payes entre chèques, carte bancaire, espèces… parce qu’il faut que tu comptes !

    Les chèques : il paraît qu’en France, on en use pas mal par rapport au reste de l’Europe et pas question de faire des prélèvements pour tout ! Ils restent gratuits mais payants pour leur envoi à domicile. Vont-ils disparaître un jour ?

    La carte bancaire : elle est valable deux ans. On en reçoit une nouvelle courant du mois d’expiration et, la cotisation se paie, environ 40 euros par an, pour les plus simples. Avant, certains commerces ne l’acceptaient pas en dessous de 15 euros ; aujourd’hui, tu peux.

    Non, mais, franchement les Gars, les espèces sont les meilleures venues, sont les meilleures alliées pour certains achats sur les marchés et au cours de certaines ventes !

    Il y a des manifestations où il faut des sous dans sa poche (tant pis pour Pierre !) pour pouvoir marchander. Les vide-grenier, les Puces, vos ventes-garage- j’y vais avec des sous pour dénicher de la vieille vaisselle ou des vieux draps (que j’appelle des pattes) et, c’est bien plus marrant de sortir une liasse de billets ou simplement quelques pièces… Une petite phrase qui n’est pas sur mon brouillon : « Je sais faire des affaires, y’en a qui peuvent payer ! » de l’Homme Pressé de ND !

    Pareil en vacances : il faut toujours du liquide même si aux péages d’autoroute, il faut la carte bancaire car il n’y a pas souvent quelqu’un dans les cabines ! Et, si l’appareil à cartes vous coince votre carte, vous faites quoi, pour éviter de faire un chèque en bois ?

    Là, où l’on peut, encore, mesurer la valeur des choses, on peut mesurer, encore, la valeur de l’argent. Et, je termine sur un air de Rock, écrit par TELEPHONE : « L’ARGENT, IL EST TROP CHER… MAIS IL N’A PAS DE PRIX !

  4. sandy39 dit :

    DEUX EUROS… SEULEMENT…

    Si, aujourd’hui, en France, le pouvoir d’achat des familles baisse ; si, aujourd’hui, on ne peut plus dépenser sans compter ; si, aujourd’hui, beaucoup croient que l’argent contribue au Bonheur… il demeure, toutefois, des aventures humaines -enfin, des épisodes de la Vie- qui méritent d’être dans l’ordi…

    Un jour, un dimanche, aux Puces, j’ai trouvé, comme ça, au hasard, le long de mon chemin -enfin, ils m’ont attiré l’œil- la couleur d’une antiquité ! Ils étaient là, réunis, au bord de la table, même pas usés, ni rayés, dans leur boîtier… des CD de Noir Désir.

    Disons que c’en est un, en particulier qui m’a fait arrêter : le Live de 2005 (très bon récapitulatif pour Moi), enfin, la couverture. Mais, c’est qu’il n’était pas tout seul ! Je ne sais même pas s’ils étaient tous au Rendez-Vous… alignés les uns contre les autres… tous vieux !

    Possédant des Best off et ce fameux 2005 et n’étant pas passée au distributeur -le pognon file trop entre les doigts !-, Moi, devant tout ça, je ne me suis pas lancée à dire : « Je les veux tous ! ». Je commence à les retourner et, je vois les 17 euros sur tous : « C’est trop cher ! ». Trop cher pour une antiquité ! Mais non, un euro l’unité ! Mais à quoi cela allait-il me servir de les avoir tous ?… quand on voit tout ce qu’on a dans l’ordi… Alors, voilà la fille que je suis, cherchant une chanson que je n’aurais pas… et puis, c’était obligé que je choisisse : « Veuillez rendre l’âme à qui elle appartient » de 1989 contenant le fameux « A l’arrière des taxis », « le Fleuve » : que je préfère en rallongé pour l’harmonica et le « 666 667 Club » de 1996 pour « Un jour en France » et « l’Homme pressé ».

    Les autres, je les ai laissé même si Certains d’entre Nous arrivent à raconter leur vie sur des paroles de chansons où ils puisent tant d’inspiration.

    Voilà la fille que je suis : j’ai résisté devant la tentation, même si mes filles n’y croyaient pas : « Tu ne les as pas tous acheté ? ». Et bien non !

    Et, c’est comme ça qu’ils ont rejoint une autre antiquité : mon poste radio-cd-cassettes acheté en 1992, avec, déjà, mes propres sous.

    Et même si on pourra toujours s’inventer d’autres besoins ; et même si on aurait besoin de posséder, d’acquérir pour prouver qu’on existe ; et même si certains seraient tenter de croire qu’ils se créent une personnalité dans l’acte d’achat… d’autres ont trouvé tout un tas d’autres choses pour se distinguer des autres…

    LA MONNAIE : elle permet, peut-être, à certains de faire ce qui leur plaît, mais elle n’est pas toujours un moyen de conserver de bonnes relations humaines, hélas !

    L’ARGENT a pris tellement d’importance, aujourd’hui, que j’aie bien peur qu’il désunisse voire même détruise certaines Valeurs…

    Alors, tous en chœur, QUEL TINTAMARRE, CE POGNON !

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