Deuxième voyage à Paris : jour 10

Les hôtels particuliers de Paris sont des palais urbains.

Depuis plus d’une décennie, je cherche un moyen de visiter l’hôtel de Lauzun. À chacune de mes visites antérieures, il était fermé aux visiteurs.

L’an dernier, j’avais appris qu’on n’y accédait qu’à l’occasion de visites guidées par petits groupes de 14 à 20 personnes. Mais c’était complet pour chacune des visites prévues durant mon séjour.

Cette année, je me suis pris à l’avance. À chaque semaine depuis des mois, je surveillais sur l’internet le moment où on offrirait une visite en octobre 2015.

Le 11 aout dernier, l’occasion se présente pour le 10 octobre. Sans hésiter, je réserve, en espérant que la visite ne sera pas annulée d’ici là.

Donc aujourd’hui 10 octobre, je me hâte d’écrire et de publier mon compte-rendu d’hier et me présente devant l’hôtel à l’heure dite.

Qu’est-ce que cet hôtel a de si particulier ? Trois choses.

Premièrement, c’est le seul palais de Paris qui ait conservé grosso modo son décor d’origine. Parce que les modes changent. Et ailleurs, lorsqu’un style passait de mode, les propriétaires renouvelaient le décor de leurs pièces d’apparat, conçues pour impressionner. En effet, ce qui est passé n’impressionne plus personne.

À l’hôtel de Lauzun, les modifications apportées depuis l’ont été avec un tel souci de respecter le caractère unique du lieu qu’il est à peu près impossible de savoir quels sont les détails qui ne datent pas du XVIIe siècle.

Intérieur de l’hôtel de Lauzun
Intérieur de l’hôtel de Lauzun
Intérieur de l’hôtel de Lauzun

Deuxièmement, c’est un endroit d’une beauté stupéfiante. Les boiseries qui ne sont pas décorées à la feuille d’or le sont par des motifs peints de manière exquise.

Troisièmement, l’histoire de cet hôtel est très spéciale.

En 1670, Anne-Marie-Louise d’Orléans a 43 ans. Elle est célibataire et vierge. De plus, elle n’est pas très jolie. Mais en raison des domaines dont elle a hérité, celle qu’on appelle La Grande Demoiselle est la princesse la plus riche d’Europe.

Elle tombe follement amoureuse d’un coureur de jupons, qui, plein d’esprit et d’audace, décide de gravir rapidement les échelons de la société du XVIIe siècle.

La cousine du roi obtient du monarque la permission de l’épouser. Mais cette nouvelle fait scandale. Le roi revient sur sa décision. Furieux, le prétendant commet un impair qui lui vaut la prison pour dix ans.

Grâce à ses relations, il est libéré à la condition de se tenir à plus de quatre kilomètres de tout endroit où se trouverait la cour (ce qui lui permet de revoir sa dulcinée à Paris quand la cour est à Versailles).

À cette fin, il acquiert cet hôtel (qu’il ne possèdera que de 1682 à 1685).

À la fin de la visite guidée par Nathalie Gallois (une archéologue et historienne d’art très intéressante), j’achète le livre au sujet de l’hôtel écrit par le coauteur Raymond Boulhares (qui, présent sur place, me dédicace l’exemplaire).

Intérieur de l’église Saint-Louis-en-l’Île

Je me rends ensuite à l’église Saint-Louis-en-l’Île toute proche, construite de 1624 à 1726.

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Puis, en sortant, je me rends à La Charlotte de l’Isle acheter du chocolat chaud à l’ancienne. À Montréal, je n’ai jamais rencontré de restaurant qui offre une tasse de chocolat qui soit autre chose que du Nestlé Quick dispersé dans du lait.

À Barcelone, à La Havane, tout comme à Paris, on sait comment offrir une bonne tasse de chocolat velouté. J’ai toutefois été surpris par le prix (7 euros, soit environ 10$).

Je bois ce chocolat à la paille en me dirigeant vers le métro.

Je retourne à l’hôtel me changer en prévision d’un concert prévu ce soir à Versailles.

En me rendant au RER, j’achète un sandwich de 30cm chez Subway, sandwich que je me propose de manger en route.

Sur le train, plutôt que de donner de l’argent à un mendiant, je lui offre la moitié de mon sandwich, ce qu’il accepte.

À mon arrivée, je n’ai jamais vu autant de gens qui attendent pour entrer au château.

Je vais donc d’abord à la Salle du Jeu de Paume, située près du château. Cette salle est restée célèbre pour le serment de ne pas se séparer avant l’élaboration d’une Constitution, serment qu’y firent les députés du Tiers état le 20 juin 1789.

Galerie des glaces
Jardins, vus du château

Je visite ensuite le château.

Je prends ensuite le repas du soir à la Brasserie du Musée. C’est le restaurant situé le plus près du château.

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Pour 16,3 euros (environ 24$), j’y prends des œufs mayonnaise en entrée, des pennes all’arrabbiata (c’est-à-dire aux tomates parfumées à l’ail et au basilic) comme mets principal et un expresso.

C-Curve d’Anish Kapoor

Après 18h30, l’accès aux jardins du château est gratuit. J’y vais prendre quelques photos en attendant mon concert, dont une de C-Curve d’Anish Kapoor.

Intérieur de la Chapelle Royale
Plafond de la Chapelle Royale

Ce concert commence à la Chapelle Royale à 20h. On y présente les Funérailles de la reine Marie-Thérèse de Charpentier. L’orchestre et les solistes adultes sont biens. Les chœurs sont excellents. Et deux sopranos-enfants, entendus en première moitié du concert, sont remarquables.

Après le concert, j’achète deux coffrets d’opéra en CD; Tancrède de Campra (dirigé par Olivier Schneebeli) et Les Danaïdes d’Antonio Salieri (dirigé par Christophe Rousset).

Intérieur de la Chapelle Royale

Ce chérubin au bas d’un escalier qui mène au premier étage fut la dernière chose que je vis en quittant la Chapelle Royale lors de mon premier voyage à Paris en 2003 (qui devait être le seul puisque je ne savais pas que j’y reviendrais). Ce regard triste — qui correspondait parfaitement à mon état d’âme en quittant les lieux — m’avait ému.

Je prends ensuite le RER pour Paris. À mon arrivée à mon hôtel, je relis le texte que j’ai publié à la hâte ce matin pour y découvrir avec horreur les nombreuses fautes que j’y ai commises et que je m’empresse de corriger.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, hypergone 8 mm F/1,8 (10e photo), objectifs PanLeica 25 mm F/1,4 (1re, 8e, 9e et 12e photos), M.Zuiko 7-14 mm F/2,8 (2e, 3e, 6e et 11e photos), et M.Zuiko 12-40 mm F/2,8 (4e, 5e et 7e photos)
  1re photo : 1/100 sec. — F/1,4 — ISO 200 — 25 mm
  2e  photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 500 — 7 mm
  3e  photo : 1/60 sec. — F/3,5 — ISO 640 — 7 mm
  4e  photo : 1/60 sec. — F/3,5 — ISO 2500 — 12 mm
  5e  photo : 1/160 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 12 mm
  6e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 14 mm
  7e  photo : 1/4000 sec. — F/2,8 — ISO 125 — 13 mm
  8e  photo : 1/80 sec. — F/5,0 — ISO 1600 — 25 mm
  9e  photo : 1/400 sec. — F/1,4 — ISO 200 — 25 mm
10e  photo : 1/60 sec. — F/1,8 — ISO 640 — 8 mm
11e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 2500 — 7 mm
12e  photo : 1/60 sec. — F/1,4 — ISO 2000 — 25 mm


Pour lire les comptes-rendus du premier ou du deuxième voyage à Paris, veuillez cliquer sur l’hyperlien approprié.

Deuxième voyage à Paris : jour 10
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8 commentaires à Deuxième voyage à Paris : jour 10

  1. Pierre Pinsonnault dit :

    Toute une journée, Monsieur Martel ! Avec tous ces trésors que vous visitez, voyez et entendez dans ce bout de pays de la France, les Parisiens et Parisiennes ont quasiment le droit sinon le devoir de se prendre pour d’autres. Que de sujets d’intérêt !

  2. Monique dit :

    Comme tous voyages précédents, merci de nous faire partager tes aventures quotidiennes. Moi, j’aimerais bien voir la façade du magasin où tu achètes tes patisseries. J’aimerais exposer tes photos dans ma nouvelles maison…au moins trois façades que je pourrais agrandir 8×10…ta petite sœur 😘

  3. Regnier dit :

    Bonjour Jean-Pierre, j’aimerai savoir en quel mode prenez vous vos clichés?

    • Je n’utilise que le mode ‘Aperture’, c’est-à-dire priorité à l’ouverture du diaphragme.

      De manière générale, j’utilise mes objectifs à leur ouverture maximale. Ceci afin de maximiser la vitesse d’obturation puisque je ne me sers jamais de flash et presque jamais de trépied. En vacance, tout se fait à main levée.

      J’apporte donc mes objectifs les plus lumineux, de manière à être libre de photographier dans n’importe quel contexte d’éclairage.

      Je vais réduire l’ouverture du diaphragme seulement afin d’augmenter la profondeur de champ. Par exemple, lorsque je photographie des objets en montre dans une vitrine ou la nourriture qu’on me sert au restaurant.

      Et lorsque je change d’objectif, la première chose que je vérifie, c’est de m’assurer que l’appareil a bien choisi l’ouverture maximale de l’objectif que je viens de visser.

  4. sandy39 dit :

    POUR UNE VISITE TANT DESIREE…

    Au cours d’une journée largement occupée, vous donnez de nombreux détails sur l’histoire de ce palais… Ce qui m’intéresse le plus, ce sont les boiseries, particulièrement les parquets.

    Et, vous prenez le temps de siroter, à la paille, un chocolat chaud… comme le ferait n’importe quel enfant. Je ne sais pas sous quelle forme, ni où, on peut se procurer du chocolat à cuire, spécial chocolat chaud. Sept euros, c’est, vachement (langage parlé) cher, la moitié du prix d’un repas !

    Et, vous faites preuve de générosité, en partageant vos 30 cm de sandwich… Il y avait bien pour deux !

    La Salle du Jeu de Paume : on l’a eu, l’an dernier. Les plafonds font combien de haut ?

    Les pennes parfumées à l’ail et au basilic : elles devaient être bonnes mais on n’a pas la photo… trop pressé, sans doute, pour le concert !

    Le plafond de la Chapelle Royale m’intrigue : vous l’avez pris d’en bas ou du 1er étage ?

    Un chérubin, avec toute sa tristesse ne peut veiller sur les visiteurs…

    Je vois que cette année, cela se passe bien… pour les transports…

    Ah ça, c’est super important de corriger ses fautes -il devait être bien tard, déjà !- avant de s’enfiler dans son lit !

    … PLEINE DE CONSCIENCE !

    • Règle générale, je demande le prix avant de commander un aliment qui doit être préparé.

      Mais la dernière fois que j’ai pris une tasse de chocolat chaud, c’était à La Havane et cela coutait environ un peso convertible (0,8 euro ou 1,30$).

      Je ne me suis pas douté que cela me couterait dix fois plus cher à Paris.

      Et comme il était très sucré (un peu trop à mon goût), je n’avais pas très faim lorsqu’est venu le temps de prendre mon repas du midi. J’ai donc partagé mon sandwich en sachant que c’était trop pour moi.

      Je ne connais pas la hauteur de la Salle du Jeu de Paume. Jugez-en par vous-mêmes :

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      Pour ce qui est des pennes all’arrabbiata, les voici :

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      Le plafond de la Chapelle Royale a été photographié du rez-de-chaussée. Celui-ci est distant de plus d’une trentaine de mètres du plafond.

  5. sandy39 dit :

    Merci pour les pennes en photo : elles paraissent aussi belles que bonnes !

    Je les verrais bien, aussi, comme des macaronis, en gratin, avec une béchamel, au four (position grill pulsé !), gratinés avec du comté !

    C’est miam miam tout ça… et ça fait le bonheur de tous, petits et grands !

    Au fait, on mange quoi à midi ?

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