Terrorisme et transport ferroviaire de passagers

24 août 2015

À la suite des attentats du 11 septembre 2001, la sécurité du transport aérien a tellement été améliorée qu’un attentat semblable ne s’est répété nulle part ailleurs au monde depuis.

Mais on n’a rien fait quant au transport ferroviaire.

Si bien que le 11 mars 2004, un attentat a eu lieu dans des trains de banlieue de Madrid, tuant près de 191 personnes et en blessant 1 900 autres.

Les terroristes n’avaient pas lésiné sur les moyens : sur les treize bombes utilisées, dix ont explosé.

Qu’a-t-on fait depuis ?

En Espagne, on a instauré contrôle des bagages sur les trains longue distance.

De plus, sur l’Eurostar (le train qui relie la Grande-Bretagne à la France), on demande aux passagers d’arriver plus d’une demi-heure avant le départ et on leur fait passer un contrôle de sécurité comme dans un aéroport.

En 2006, sur le train qui m’amenait de Londres à Glasgow, il était interdit de photographier la partie du train qui servait de cantine. « Pour des raisons de sécurité », m’avait-on dit. Apparemment, c’était la seule mesure de sécurité à bord.

À l’embarquement, n’importe qui pouvait se présenter à la gare dix minutes avant le départ et prendre le train sans qu’aucune vérification des bagages ne soit exercée. La seule véritable mesure sécuritaire était constituée de quelques militaires armés qui arpentaient les gares à l’affût de passagers suspects.

Il suffisait donc d’avoir l’air normal pour pouvoir commettre n’importe quel attentat sur un train européen.

Profitant de ces graves lacunes, un individu armé jusqu’aux dents a tenté de commettre un carnage sur un train à grande vitesse (TGV) en partance d’Amsterdam pour Paris, le 21 aout dernier.

Plusieurs jours après cet incident, il est toutefois navrant de constater que les autorités cherchent encore des prétextes pour ne pas assumer leurs responsabilités.

En France, on compte renforcer le contrôle aléatoire des bagages, une mesure déjà existante. Or un tel contrôle n’a pas empêché le terroriste du TGV de prendre le train avec son arsenal. Tout au plus, le renforcement de cette mesure aurait augmenté les chances qu’on tombe sur lui. Mais pas nécessairement.

Le président de la Société nationale des chemins de fers français croit irréaliste d’étendre le système des aéroports aux gares en raison du nombre trop important de voyageurs dans les gares.

Précisons que le réseau ferroviaire français est constitué de trois mille gares, et que cinq millions de Français empruntent chaque jour quinze mille trains, soit vingt fois plus que ceux qui prennent l’avion.

Citée par le quotidien Le Monde, une source près des autorités règlementaires européennes déclare :  « …si on sécurise à outrance (sic) les trains à grande vitesse, les terroristes se mettront à cibler les trains roulant à moins de 160 km/h. »

Il y a donc des gens en position d’autorité qui n’ont pas encore compris que les terroristes s’attaquent à des êtres humains et non à des modes de transport.

Si les terroristes s’en prennent à des passagers de trains ou d’avions, c’est que les gens s’y entassent. Ailleurs, ils font sauter des mosquées le jour de la prière ou des marchés publics, pour les mêmes raisons.

Que le train soit rapide ou non, que de soit un train de banlieue ou de longue distance, que ce soit un métro souterrain ou un train de surface, cela n’a aucune importance pour le terroriste. Celui-ci veut terroriser et pour ce faire, frapper l’imaginaire par le moyen de la barbarie.

On trouvera ci-dessous des photos qui montrent les mesures de sécurité auxquelles doivent s’astreindre les passagers à toutes les stations du métro de Shanghai. Personne n’entre dans ce métro sans s’y soumettre. Précisons que les passagers n’y subissent pas de fouille corporelle à moins, exceptionnellement, qu’ils aient un comportement suspect.


 
À Paris, le métro a été construit à une époque où la capitale française était beaucoup moins peuplée. De nos jours, la largeur des bouches du métro est à peine suffisante pour accommoder l’achalandage actuel aux heures de pointe. De plus, dans bien des cas, les couloirs entre les bouches et les quais sont trop courts et trop étroits pour qu’on pense y ajouter un véritable contrôle sécuritaire.

Puisqu’on ne peut pas modifier le tracé du métro, il faudra un jour déplacer les bouches du métro parisien pour accommoder son achalandage devenu excessif. Cela sera une nécessité dans un avenir moyennement rapproché. Pourquoi ne pas déclencher un tel chantier dès maintenant et en profiter pour y ajouter des mesures sécuritaires à la Shanghai ?

D’ici là, il suffit d’ajouter des détecteurs de métal connectés à des sirènes d’alarme à l’entrée de toutes les gares pour déceler automatiquement tout individu armé. On ne décèlerait pas les bombes, mais il serait néanmoins impossible prendre le train ou le métro en étant armé comme l’était le terroriste du TGV.

Quant aux métros canadiens, plutôt que de gaspiller un demi-milliard de dollars par année à bombarder futilement l’État islamique, si on avait appliqué cette somme à sécuriser les gares et les métros du pays, le transport de passagers serait déjà parfaitement sécuritaire au pays.

Mais certains politiciens préfèrent parler de sécurité plutôt que de l’instaurer.

Références :
Attaque dans le Thalys : la sécurité dans les gares en question
Attaque du Thalys : Bruxelles veut accélérer son travail sur la sécurité et la sûreté des trains européens
Attentats de Madrid du 11 mars 2004
Attentats du 11 septembre 2001
Sécuriser les trains contre les attentats, débat récurrent depuis le 11-Septembre

Détails techniques des photos :
1re photo : Panasonic GH1, objectif Lumix 14-45 mm — 1/30 sec. — F/4,5 — ISO 125 — 20 mm
2e photo  : Panasonic GH1, objectif Lumix 20 mm — F/1,7 — 1/40 sec. — F/1,7 — ISO 100 — 20 mm

Terrorisme et transport ferroviaire de passagers
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Écrit par Jean-Pierre Martel


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