L’employabilité des femmes niqabées

Niqab

Introduction

Mardi le 10 mars dernier, à la Chambre des Communes, le premier ministre du Canada a déclaré que le niqab était le produit d’une culture misogyne.

Aurait-il déclaré plutôt que c’était le fruit d’une culture préislamique misogyne, que cela n’aurait pas offensé grand monde. Mais en omettant cette nuance, il a suscité l’irritation des Musulmans du pays (qui se sont sentis visés par sa remarque), et la controverse au sein de la classe politique canadienne.

Dans son propre parti politique, le président du Conseil du Trésor, Tony Clement, a soutenu qu’il ne voyait pas d’inconvénient à ce qu’une fonctionnaire fédérale porte le niqab au travail. Son collègue Jason Kenney, ministre de la Défense, a plutôt déclaré que le port du niqab était incompatible avec l’exercice de certains métiers (en donnant l’exemple de ceux où il faut communiquer à visage découvert).

Au Nouveau Parti démocratique — actuellement le principal parti d’opposition avec 96 sièges — le chef Thomas Mulcair accuse le premier ministre de mener une campagne d’islamophobie et affirme l’intention de son parti de défendre la liberté de la pratique religieuse au pays.

Toutefois, son député québécois Alexandre Boulerice estime que les employés de l’État ne devraient pas être autorisés à couvrir leur visage.

De son côté, Justin Trudeau, chef du Parti libéral du Canada — deuxième parti d’opposition avec 35 sièges — soutient que le niqab est acceptable en tout temps et en tout lieu au Canada.

Droit à l’emploi et employabilité

Le droit au travail est un droit fondamental. Toutefois, à l’époque où les arbres étaient abattus à la hache, qui aurait embauché un manchot comme bucheron ?

La question du niqab se présente donc de manière différente selon qu’on l’envisage sous l’angle théorique du droit au travail, ou sous l’angle pratique de l’employabilité.

Pour tous les emplois où la femme représente physiquement l’entreprise ou l’État — que ce soit à l’accueil ou dans des bureaux où cette employée reçoit le citoyen ou le client, le port d’un masque est inacceptable.

S’il n’y a pas contact physique, ce problème n’existe pas. Toutefois, d’autres préoccupations surgissent.

Lorsque le fonctionnement de l’entreprise repose sur des relations de travail harmonieuses entre les employés, le port d’un masque constitue un obstacle à l’acceptation sociale de cet employé au sein d’équipes de travail.

De plus, le port du niqab n’est qu’une exigence religieuse parmi d’autres. Les imams qui prêchent l’obligation du port du niqab, interdisent généralement la mixité.

Selon eux, non seulement la femme niqabée doit-elle éviter tout contact physique avec des étrangers (donc pas de poignée de main), mais elle doit vivre dans un environnement de travail où hommes et femmes ne se rencontrent pas.

Concrètement, si le gouvernement Harper veut embaucher quelques-unes parmi les dix milles femmes niqabées auxquelles il a accordé la citoyenneté canadienne, il lui faudra aménager des bureaux, des couloirs, des ascenseurs et des aires de repos au sein desquelles jamais hommes et femmes niqabées ne se côtoient.

Ces aménagements coûteux devront évidemment être réalisés aux frais des contribuables.

C’est seulement à ces conditions qu’il pourra garantir le respect des croyances religieuses de ses employées niqabées.

Références :
Le niqab est le produit d’une culture «anti-femmes», dit Harper
Le port du niqab est un droit pour Justin Trudeau
Le port du niqab incompatible avec certains métiers, selon Jason Kenney
NDP’s Mulcair says party isn’t split over niqab controversy

Paru depuis :
La CEDH juge «nécessaire» l’interdiction du voile intégral dans l’espace public (2017-07-12)

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L’employabilité des femmes niqabées
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2 commentaires à L’employabilité des femmes niqabées

  1. Pierre Pinsonnault dit :

    Notre pays = un pays de la diversité !

  2. sandy39 dit :

    AU MASQUE DE L’IDENTITE…

    J.Pierre, je suis d’accord avec votre phrase : “Lorsque le fonctionnement de l’entreprise repose sur des relations de travail harmonieuses entre les employés, le port d’un masque contribue un obstacle à l’acceptation sociale de cet employé au sein d’équipes de travail”. C’est être juste dans le monde du travail.

    J’ai lu : “Le Canada, maison de fous” de Mathieu Bock-côté du lundi 2 mars et j’ai bien aimé.

    A VISAGE DECOUVERT : “… lorsqu’on rejoint un pays, lorsqu’on prête serment fièrement pour en devenir citoyen, on montre son visage”. Je suis tout à fait d’accord.

    SAVOIR S’INTEGRER : “Si l’Islam veut se faire accepter dans les pays occidentaux, il doit s’occidentaliser et multiplier les signes ostentatoires d’intégration en montrant qu’il est prêt à s’acclimater culturellement aux pays qu’il s’installe.” C’est tout à fait logique !

    Et, Vous, J.Pierre, quand vous répondez à Caroline Dorval (Je pense avoir le droit de donner son nom puisque vous citez les articles en référence.). -Car Caroline dit :”… Mais en public, il est normal que les gens puissent voir mon visage et m’identifier.”- de la façon suivante : “Devant un juge canadien, ce qui importe, ce n’est pas l’opinion de l’expert ; c’est ce que la femme devant lui croit.” ; je trouve que c’est très cohérent !

    En conclusion : je dirais que pour savoir partager, il faut, parfois, lever le voile… pour enrichir sa Vie… ou son Identité…

    Et, je saisis l’occasion de vous redonner mon avis : je préfère garder, Ici, mon joli petit nom… pour m’inventer une toute autre Vie, au milieu de tous ces Canadiens qui, je trouve très disciplinés !

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