Le Premier arrondissement de Paris (1re partie)

 

 
C’est sur l’Île de la Cité qu’est construite la Cathédrale Notre-Dame de Paris. De nos jours, l’île est traversée par plusieurs rues Nord-Sud dont la principale est le boulevard du Palais.

La portion de l’île à l’Ouest de ce boulevard fait partie du premier arrondissement, alors que ce qui est à l’Est appartient au quatrième arrondissement.

Cette séparation remonte à loin. Au Moyen-âge, le pouvoir ecclésiastique était symbolisé à l’Est de l’île par Notre-Dame de Paris (1163-1354).

Peu avant le début de cette construction, à l’Ouest de l’île, le roi, sa cour et le parlement avaient élu domicile au Palais de la Cité.

Pendant des siècles, ces deux grands édifices se faisaient face, séparés par des centaines de maisons étroites, d’ateliers d’artisans et d’échoppes de commerçants, construits le long d’un dédale d’une quarantaine de ruelles boueuses et nauséabondes.

Ce voisinage entre le pouvoir religieux et le pouvoir politique — souvent harmonieux, mais parfois conflictuel — est une caractéristique fondamentale de l’île, que la séparation administrative en deux arrondissements reflète aujourd’hui.

Le premier arrondissement de Paris fera l’objet de plusieurs diaporamas. Celui-ci se limite à une visite de la partie occidentale de l’île de la Cité.

Cette visite débute (de 0:05 à 0:08) par une vue de l’édifice du Tribunal correctionnel, construit de 1904 à 1914.

En remontant le boulevard de la Cité, on rencontre le Palais de Justice. Celui-ci occupe à lui seul presque le cinquième de l’île. Il est construit sur le site de l’ancien Palais de la Cité — victime de plusieurs incendies aux XVIIe et XVIIIe siècles — dont les vestiges les mieux conservés sont la Conciergerie et la Sainte-Chapelle.

L’architecture hétéroclite du Palais de Justice reflète son histoire mouvementée. À 0:012, c’est la façade (construite de 1783 à 1786) qui domine la cour du Mai. Au Moyen-Âge, l’entrée principale du Palais de la Cité était situé exactement à cet endroit, devant cette même cour.

Sous l’ancien régime, les membres de la profession juridique (juges, avocats et procureurs) avaient coutume d’y planter annuellement un arbre de quinze mètres chargé de fleurs et d’écussons. Cette cérémonie — destinée à célébrer les bienfaits de la nouvelle saison — se déroulait le 3e dimanche de mai (d’où le nom de cette cour). Celle-ci est clôturée par une grille en fer forgé réalisée en 1787 (restaurée en 1877).

C’est par cette cour qu’on accède à la Sainte-Chapelle (de 0:14 à 1:14). Sa flèche noire actuelle, haute de 33 m, date des années 1850. Elle est la cinquième à lui être attribuée : la précédente a été détruite à la Révolution.

En 1239, à la suite de deux années de négociations, le roi Louis IX (qui deviendra Saint-Louis) achète de son cousin, l’empereur Beaudoin II de Constantinople, vingt-deux reliques dont la couronne d’épines du Christ. Le prix déboursé pour ces reliques atteint une somme colossale qui représente plus de six mois de revenus pour le royaume de France.

Afin d’entreposer ces précieuses reliques, le roi fait construire un reliquaire monumental : la Sainte-Chapelle. Construite en seulement quatre à six ans, elle est consacrée le 26 avril 1248.

Elle se divise en deux parties : une Chapelle haute (dédiée à la Sainte-Croix), et une Chapelle basse (dédiée à la Vierge).

Cette église est adjacente au palais; la famille royale et leurs invités de marque accèdent de plain-pied à la Chapelle haute, alors que les serviteurs du roi peuvent assister aux offices donnés dans la Chapelle basse, au rez-de-chaussée.

Les deux motifs héraldiques qu’on trouve partout dans l’édifice sont les Fleurs de lys sur fond azuré (qui représentent le royaume de France) et ces châteaux à trois tours sur fond rouge (qui symbolisent la Maison royale de Castille). Ces derniers font allusion à Blanche de Castille, la mère du roi, qui assure la régence du royaume au cours de la première croisade de son fils (de 1248 à 1254).

La Chapelle basse mesure 33 m de long, 10,5 m de large et seulement 6,6 m de haut. Tout y est peint ou sculpté. Le décor d’origine a été presque complètement détruit lors d’une inondation en 1690. Ce qu’on y voit date du XIXe siècle.

Les douze médaillons le long des murs (de 0:33 à 0:43) représentent les apôtres. Les vitraux y racontent la vie de la Vierge et la statue du fond (à 0:45) est celle de Saint-Louis.

À l’origine, les reliques étaient exposées à la Chapelle haute. De nos jours, ils se trouvent dans le Trésor de Notre-Dame de Paris.

À l’époque, les 22 reliques prenaient place dans une chasse de trois mètres de haut (en or, en argent et en pierres précieuses) pouvant pivoter sur elle-même. En ouvrant deux fenêtres basses derrière le choeur, la foule des fidèles assemblés dans la cour du palais pouvait apercevoir les reliques. On ignore à quelle fréquence cette exposition publique avait lieu.

Dans la Chapelle haute, les vitraux représentent 700 mètres carrés de surface, sur 15 mètres de hauteur, et représentent 1113 scènes tirées des Évangiles.

Cinq différents oxydes sont responsables de la coloration du verre; le cobalt le colore en bleu, deux oxydes de cuivre donnent naissance au rouge et au vert, le manganèse teint en violet tandis que l’antimoine est responsable du jaune. Afin d’ajouter des détails — comme les plis des vêtements ou les traits des visages — on peint en grisaille de l’oxyde de fer qui est fixé à la surface du verre au cours d’une deuxième cuisson.

Environ les deux tiers des vitraux sont d’origine (c’est-à-dire qu’ils datent du XIIIe siècle).

À 1:02, il s’agit d’une des douze statues d’apôtres, considérés comme des piliers de l’église chrétienne, adossées symboliquement aux piliers de la chapelle.

À partir de 1:15, il s’agit de la Conciergerie, dont on voit (de 1:19 à 1:22) la Tour de l’horloge. Celle-ci tire son nom du fait qu’elle est ornée de la première horloge publique de Paris. Plusieurs fois restaurée, elle fut originellement commandée en 1372 par Charles V.

Avec la Sainte-Chapelle, la Conciergerie est le pavillon le mieux conservé de l’ancien Palais de la Cité. Il date donc du XIIIe siècle.

D’abord palais, il est devenu prison et lieu de torture quelques siècles plus tard. À 1:36, on voit la cellule reconstituée de Marie-Antoinette, qui y fut emprisonnée.

De 1:42 à 2:07, nous visitons l’exposition à la Conciergerie célébrant le 800e anniversaire de naissance de Saint-Louis.

De 2:09 à 2:12, ce sont les façades Nord et Ouest du Palais de Justice.

Plus à l’Ouest sur l’île, nous voyons successivement la Place Dauphine (en forme de ‘V’ pointant vers l’Ouest), le Pont-Neuf (un des plus beaux ponts de Paris) et le Parc du Vert-Galant. Ce lieu paisible est apprécié des amoureux. Il rend hommage au roi Henri IV, qui doit ce surnom à son ardeur envers ses 73 maitresses officielles recensées.


Liste des diaporamas de Paris :
• Le Premier arrondissement de Paris — 1re partie (celui-ci)
Le Louvre (ou Premier arrondissement — 2e partie)
Le Premier arrondissement de Paris — 3e partie
Aperçu du deuxième arrondissement de Paris
Aperçu du troisième arrondissement de Paris
Aperçu du quatrième arrondissement de Paris — 1re partie
Aperçu du quatrième arrondissement de Paris — 2e partie
Le Cinquième arrondissement de Paris — 1re partie
Le Cinquième arrondissement de Paris — 2e partie
Le Cinquième arrondissement de Paris — 3e partie
Le Sixième arrondissement de Paris
Le Septième arrondissement de Paris
Le Huitième arrondissement de Paris
Le Neuvième arrondissement de Paris
Le Douzième arrondissement de Paris
Le Treizième arrondissement de Paris
Le Quatorzième arrondissement de Paris

Le Premier arrondissement de Paris (1re partie)
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