Voyage à Paris : jour 19

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Dans le petit parc adjacent à l’église Saint-Germain-des-Prés, la ville de Sèvres (reconnue pour sa porcelaine fine) s’est invitée en créant une charmante murale Art nouveau. D’une certaine manière, c’est l’équivalent d’une affiche publicitaire.

L’église Saint-Germain-des-Prés combine des éléments d’époques très différentes. Tel qu’il apparait aujourd’hui, son intérieur est le fruit d’une expérience réalisée au XIXe siècle. À cette époque, on a découvert que les églises médiévales étaient peintes, à l’extérieur comme à l’intérieur.

De manière éphémère, de nos jours, on peut utiliser du Light Painting pour avoir une idée de ce à quoi cela ressemblerait. Mais au XIXe siècle, le seul moyen de le savoir, c’était d’essayer. L’essai a eu lieu à Saint-Germain-des-Prés.

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Si on possédait une machine à remonter le temps, je ne suis pas convaincu que cette église ressemblait à cela au Moyen-Âge. Mais le résultat est intéressant dans la mesure où il reflète une époque médiévale telle que fantasmée par les artistes du XIXe siècle.

Orgue, chaire, statues et bas-reliefs de différents styles se mêlent ici de manière fascinante.

Le 8 décembre 1658, c’est dans cette église que François de Montmorency-Laval est nommé vicaire apostolique de la Nouvelle-France et sacré évêque.

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Je me promène ensuite dans les rues au nord de cette église, où se trouvent de très nombreuses galeries d’Art. Chez Lupicia, on procède à la cérémonie du thé dans un salon (au fond, à gauche de l’image) pendant qu’au premier plan, on voit la boite de 50g de thé que je finirai par acheter pour sept euros.

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Fouineur, comme toujours, je me rends au Palais des Études situé à l’École nationale des Beaux-Arts. Sa mezzanine est décorée de fresques néo-renaissance et de statues antiques. C’est sur les marches de ce palais, il y a dix ans, que j’avais savouré le Baiser, une pâtisserie aujourd’hui discontinuée que je m’étais procurée chez Ladurée, dont la boutique est également située sur la rue Bonaparte.

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À deux pas, plus précisément au 6 rue Bonaparte, on trouve la parfumerie Buly. La marque actuelle a perdu un de ses eux “L” pour ne pas effrayer une clientèle anglophone (bully signifiant brute). Signalons que l’officine du parfumeur et apothicaire Jean-Vincent Bully servit de modèle à Balzac pour son roman César Birotteau.

Je prends le métro jusqu’à la station Cardinal-Lemoine pour atteindre le but ultime de la journée; visiter l’église Saint-Étienne-du-Mont. En 2003, j’avais été soufflé par la beauté de cette église.

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Construite de 1494 à 1624, son extérieur combine harmonieusement des éléments de différents styles. Mais son intérieur vaut pour son immense jubé — le seul qui subsiste à Paris — véritable dentelle de pierre de style Renaissance.

Tout dans cette église est un enchantement; les clés de voûte, les vitraux de style Renaissance, les confessionnaux, la chaire, etc.

Après avoir visité l’église Saint-Médard (construite du XVe au XIIIe sièecle), je remonte la rue piétonnière Mouffletard. C’est une des plus anciennes rues de la ville; elle remonte au néolithique, parait-il (je n’y étais pas). Son marché s’y tient depuis des siècles. On y trouve de tout.

Après avoir acheté une autre boite de thé d’Assam, cette fois de 100g chez Dammann pour 12,5 euros, je prends le repas du soir aux Saveurs de Savoie : entrée de saumon fumé, côtelettes d’agneau, verre de rouge de Cahors, glace aux framboises et café allongé pour 24,6 euros. Tout était bon.

Je file me changer à l’hôtel et j’arrive juste au Théâtre des Champs-Élysées pour le concert de l’orchestre Les Violons du Roy accompagné, en deuxième partie, du pianiste Alexandre Tharaud. Au programme, Mozart et Haydn.

Je suis placé dans une baignoire. Alors, c’est quoi, une baignoire ? C’est une loge ronde située au parterre, de part et d’autre de la scène. Au premier rang de ma baignoire, la visibilité est parfaite. Me trouvant en diagonale par rapport à la scène, je vois très bien les indications du chef (qui dirige de mémoire, sans baguette).

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Les Violons du Roy est un orchestre qui joue sur des instruments modernes mais à la manière des groupes qui utilisent des instruments d’époque. Leur interprétation de Mozart (notamment) est d’une virtuosité et d’une cohésion parfaite. Je ne vois pas comment on pourrait mieux interpréter ce compositeur. Dans Haydn, le groupe ose une dynamique (l’écart entre les notes les plus fortes et les plus faibles) aux limites du possible.

Bref, un concert impeccable.

Je rentre ensuite à l’hôtel pour la nuit.

Détails techniques : Appareil Olympus OM-D e-m5, objectif M.Zuiko 12-40mm F/2,8
  1re photo : 1/640 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 16 mm
  2e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 5000 — 21 mm
  3e  photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 1600 — 20 mm
  4e  photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 12 mm
  5e  photo : 1/60 sec. — F/7,1 — ISO 200 — 14 mm
  6e  photo : 1/60 sec. — F/7,1 — ISO 6400 — 12 mm
  7e  photo : 1/200 sec. — F/7,1 — ISO 200 — 14 mm
  8e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 2500 — 15 mm
  9e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 3200 — 31 mm
10e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 640 — 23 mm


Pour lire les comptes-rendus du premier ou du deuxième voyage à Paris, veuillez cliquer sur l’hyperlien approprié.

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4 commentaires à Voyage à Paris : jour 19

  1. Pierre Pinsonnault dit :

    M. Martel, à chaque fois que je vois vos photos d’églises, je n’en reviens tout simplement pas à l’idée de la somme d’habilités requises pour créer de tels chefs-d’oeuvre. Et ce, sans oublier le nombre de personnes, de la plus humble à la plus favorisée par la nature, qui ont dû mettre la main à la pâte.

    En passant, quant au nombre de personnes ayant participé à l’achèvement de ces ouvrages, je viens de lire de façon plus générale que, en France au XVIIe siècle, la population était relativement considérable : 19 millions d’après des estimations courantes, contre 5 à 8 en Espagne et 6 millions en Angleterre.

    • Avant le XIXe siècle, l’athéisme n’existait pratiquement pas en Europe.

      Pour n’importe quel artisan, travailler au chantier d’une église était un moyen exceptionnel de remercier Dieu pour les talents qu’Il lui avait confiés. Il ne serait venu à l’esprit de personne de bâcler son travail à cette occasion.

      Voilà pourquoi les experts modernes sont étonnés de la perfection de ces ouvrages, exécutés avec des moyens extrêmement rudimentaires.

      Des ingénieurs allemands ont trouvé à la Basilique St-Denis que la variation de l’écart entre les colonnes d’une rangée est de moins d’un millimètre.

  2. sandy39 dit :

    A L’ART DU PLUS BEAU BAISER…

    C’était au moins du gâteau, ce baiser ?

    Et une boîte à thé ! Bien joué pour la théière abandonnée : elle va être rempli de joie !

    Aux Beaux Arts, avec un tel décor, on a déjà le Cœur dans les Etoiles.

    En 2003, vous aviez été soufflé… pourtant ce fut une drôle d’année avec une canicule si étouffante !

    Eglise Saint-Etienne-du-Mont : elle ressemble à de la dentelle tissée tout autour des piliers.

    Avec les boîtes à thé, je constate que la framboise se fait reine au milieu de l’assiette…, sans laisser de miettes !

    En résumé, une belle journée concluante, d’époque, sur de bonnes notes accordées, sur des accords et une interprétation de Mozart joués impeccablement. Bref, une journée parfaite où toutes les conditions étaient réunies pour être en accord avec soi-même !

    • — C’était au moins du gâteau, ce baiser ?

      Oui, absolument. Enrobé de chocolat blanc et de chocolat blanc coloré rouge (pour les lèvres), et fourré d’une garniture à la fraise ou à la framboise (je ne m’en rappelle plus bien). Le tout était tellement bon que c’en était presque aphrodisiaque…

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