La yourte mongole

Yourte de type mongol

L’habitat traditionnel des peuples nomades des steppes d’Asie centrale est une tente avec ossature en bois, recouverte de feutre ou de fourrure. Elle est connue sous le nom de yourte, d’origine turque. Les Mongols l’appellent ger, ce qui signifie maison.

Montage

Parce que sans fondation, une yourte est assemblée en deux ou trois heures. À partir d’une porte qui fait face au sud et qui repose au sol, on déplie des treillis qu’on assemble bout à bout de manière à former un cylindre. Ces treillis sont attachés les uns aux autres.

Le cylindre ainsi formé est solidifié par une corde placée horizontalement près du haut, qui sert à éviter que les murs ne soient repoussés vers l’extérieur lorsque l’ossature du toit leur sera fixée.

Au centre de la future habitation, on place deux piliers au sommet desquels est fixée une couronne. Cette dernière est percée de trous destinés à recevoir les tiges radiales qui formeront l’ossature du toit. Lorsque celles-ci sont disposées correctement, on les attache solidement au haut des treillis.

Le revêtement du toit est composé d’une toile fine de tissu préalablement taillé en cercle, puis de plusieurs peaux retenues par un savant réseau de cordage, et enfin d’une toile grossière, préalablement taillée, et enduite de graisse animale pour l’imperméabiliser.

Note : Située en moyenne à 1 580 mètres d’altitude, la Mongolie est un pays remarquablement ensoleillé, avec plus de 250 jours d’ensoleillement par an.

Le tout est solidifié par deux ou trois sangles entourant horizontalement l’habitation. Dans les steppes venteuses, on retiendra la yourte par des cordes fixées au sol par des piquets.

Dans les nouveaux quartiers de yourtes des villes minières de Mongolie, celles-ci demeurent sur place à l’année, entourées d’une palissade. On doit leur retirer des couches de feutre l’été et relever les bords pour l’aération. L’hiver, il faut les remettre. Le chauffage s’y fait à la houille (c’est-à-dire au charbon), dont chaque famille consomme cinq tonnes par année.

Ceux qui ont conservé leur mode de vie traditionnelle — et donc démontent et remontent leur yourte plusieurs fois par année — le toit de ces habitations est assemblé différemment selon les saisons. La yourte est alors chauffée au bois ou à la bouse de ruminant.

Ameublement

Reconstitution de l’intérieur d’une yourte

Au centre de cette pièce unique se trouve un poêle destiné à réchauffer l’habitation ou à cuire les aliments.

La couronne de la yourte sert à évacuer les gaz de combustion et à éclairer l’intérieur de l’habitation. En été, la porte est laissée ouverte afin de faciliter l’aération.

De nos jours, les poêles sont équipés d’une cheminée verticale qui évite d’enfumer la pièce. Pour les Mongols — qui forment un peuple très religieux — la couronne représente le lieu des échanges entre les mondes divin et humain, et permet aux esprits de circuler entre la yourte et le monde.

Le lit du chef de famille est placé le long de la partie du mur qui fait face à la porte, c’est-à-dire du côté nord, le plus froid. C’est sur cette partie du mur que les Mongols contemporains affichent les photos des membres de leur famille. Ce lit est également situé à proximité de l’autel des ancêtres et des idoles protectrices.

Tissu liturgique placé devant l’autel bouddhique de la yourte aux jours de fête (coton peint, XIXe siècle)

Le lit des enfants est près de la porte alors que celui de l’épouse est disposé à l’Est, où sont entreposés les ustensiles ménagers et la nourriture. Symboliquement, le jour nait à l’Est comme l’épouse donne la vie. Les femmes n’occupent la place d’honneur (celle de l’époux) que si elles sont veuves ou chamanes.

Durant le jour, les lits servent de sièges. Les hommes se disposent à l’Ouest et les femmes, à l’Est.

La décoration intérieure d’une yourte est dominée par l’orange, le rouge et le bleu, qui sont des couleurs divines.

Pour terminer, signalons que la yourte représentée ici a été réalisée dans le cadre de l’exposition « Marco Polo : Le fabuleux voyage », présentement à l’affiche au Musée de Pointe-à-Callière de Montréal jusqu’au 26 octobre 2014.

Arcs et carquois de Mongolie

Références :
L’habitat traditionnel mongol : la ger
Yourte
Yourtes de banlieue à Oulan-Bator

Détails techniques : Appareil Olympus OM-D e-m5, objectif M.Zuiko 12-40mm F/2,8
1re photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 1250 — 12 mm
2e  photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 3200 — 12 mm
3e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 1250 — 16 mm
4e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 3200 — 20 mm

La yourte mongole
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3 commentaires à La yourte mongole

  1. sandy39 dit :

    POUR DU ROUGE ORANGE QUI PROMET…

    La photo agrandie est très chouette.

    Finalement, je crois qu’avec toutes ces instructions nettes et précises, nous voilà prêts pour construire une habitation de ce genre. Toutefois, il y a une chose qui m’embête : le toit (qui n’en est pas vraiment un !). Résiste t-il à une grosse épaisseur de neige car il me semble qu’en Mongolie, il y fait très froid ?…

    Attention de ne pas oublier le sac de couchage ou duvet garantie moins combien de degrés ? A t-on aussi le droit de chauffer son lit (puisqu’on dort seul !) avec une bouillotte ou avec de la pierre volcanique ?

    Pour des nuits pleines de rêves, mais non, pour des nuits aux couleurs…. DIVINES !

    • L’hiver, en Mongolie, il fait froid mais il ne neige pas beaucoup. Donc les toits n’ont pas à supporter une lourde charge.

      Dans une yourte, le lit du mari est également le lit matrimonial, c’est-à-dire là où les conjoints peuvent, à l’étroit, dormir ensemble.

      En Extrême-Orient, on utilise peu la couette de duvet. La fourrure (très abondante en Mongolie) et la couette de soie (importée de Chine) sont les moyens privilégiés pour s’abriter, les nuits d’hiver.

      Dans une yourte, le seul « système de chauffage » est le poêle central.

      Pour terminer, je signale qu’il existe — en France comme au Québec — des centres de villégiature où on offre aux visiteurs la possibilité de passer la nuit dans une yourte. À l’aide d’un moteur de recherche, on peut trouver ces centres très facilement sur l’internet.

  2. sandy39 dit :

    Je savais qu’il existe des chambres d’hôtes et tant d’autres endroits insolites…

    Des yourtes : on en a pas loin, dans nos campings !

    Quand vous dîtes : le lit matrimonial, moi, j’emploie plus souvent le lit conjugal. Mais, je n’aime pas tous ces qualificatifs !

    C’est surprenant qu’il n’y ait pas beaucoup de neige, en Mongolie. Enfin, tant mieux, on laissera notre duvet à la maison pour, à l’arrivée, se couvrir d’une fourrure… Et, même s’il faut abattre une bête sauvage ou un fauve !

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