Le clip musical « College Boy »

 

Le court-métrage réalisé par Xavier Dolan afin d’accompagner la chanson College Boy du groupe français Indochine fait présentement l’objet d’une controverse en France en raison de sa violence. J’ai vu cette vidéo hier, après avoir pris connaissance des protestations que cette œuvre a suscitées.

Le début est mystérieux. Que se passe-t-il ? Pourquoi ce sourire ou ce papier froissé ? Puis, lorsqu’embarque la musique d’Indochine, ce qui a attiré mon attention, ce sont les paroles de cette chanson. Dès les toutes premières phrases, tout prend son sens.

Si le texte d’Indochine est du domaine de la poésie et de l’ellipse, le clip de Dolan est une charge percutante et efficace contre l’intimidation et le harcèlement homophobe. Tous deux critiquent l’intolérance en se complétant parfaitement.

Je ne veux pas critiquer ceux qui se sont élevés contre la violence du film. Toutefois, je veux simplement souligner que nous, adultes, ne devrions pas nous priver de voir ce clip dont l’importance se mesure à son efficacité à faire réfléchir et à modifier des comportements répréhensibles.

Or justement — on le voit en Inde au sujet du viol des femmes — on ne change pas des comportements séculaires par des vœux pieux. Dans ce sens, Dolan a raison : il arrive parfois que la fin justifie les moyens.

À mon avis, cette vidéo devrait être accessible aux jeunes, dès qu’ils ont l’âge d’harceler les autres en raison de leur orientation sexuelle.

Si on en juge par le taux élevé de suicide des adolescents homosexuels, on doit réaliser que le harcèlement est aussi une forme de violence.

Il serait donc dommage de se priver d’un moyen de combattre une violence sournoise qui mène au suicide, en refusant d’utiliser un moyen percutant dont le défaut le plus important est de provoquer un inconfort passager.

Parus depuis :
Qui s’offusque vraiment du clip de Xavier Dolan? (2013-05-08)
Personnalité de la semaine : Xavier Dolan (2013-05-14)

Le clip musical « College Boy »
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11 commentaires à Le clip musical « College Boy »

  1. Jacques Ouellette dit :

    La vérité fait mal aux bien-pensants. Rien de nouveau. Les conformistes sont offusqués. Cela fait partie de leurs traditions. Mais ce ne sont pas les personnes homosexuelles qui les engendrent, ces bombes à retardement qui explosent comme des marmites sous pression, remplies de mépris, cette fois, au milieu des marathoniens que nous sommes tous, courant après le temps qui, effets technologiques garantis, nous manque beaucoup par ce temps qui courre…

    Quand je pense au chemin parcouru depuis la fin des années 60 et début 70 jusqu’à aujourd’hui – temps de grandes révolutions individuelles et sociales dont faisait partie le Front de libération homosexuelle (Montréal), je me demande : combien de décennies faudra-t-il encore pour qu’enfin les personnes qui se sentent différentes et qui vivent autrement que d’autres (leurs voisins, leurs compagnons de classe, de collège, etc.) puissent être elles-mêmes et vivre, individuellement, comme elles se sentent et, socialement, comme elles le désirent ?

    Ce clip d’Indochine est, pour les uns, frondeur, pendant que, pour d’autres, il est effronté. Quant aux « intimideurs » eux, ils sont les deux. Mais pas pour la bonne cause…

    Alors, pourquoi un groupe de garçons chanteurs devrait-il se censurer devant des filles ou des garçons maîtres-chanteurs méchants, impitoyables et sans-cœurs ? Pourquoi ne pas employer le même « modèle » dégradant pour mieux leur faire comprendre leur ignoble, leur abjecte, leur infâme imbécilité ? Le clip de Xavier Dolan ne fait pourtant que leur présenter le miroir de leurs abominables actions. C’est leur propre « vérité » qu’il leur expose, ainsi qu’à la face du monde, un agissement que, d’autant plus, Dolan connaît bien, ayant avoué publiquement l’avoir pratiqué lui-même dans sa jeunesse, et le regrettant encore aujourd’hui.

    Je suis en accord avec Jean-Pierre pour dire que les « jeunes [en] âge de harceler les autres […] » devraient pouvoir regarder cette vidéo qui, je le souhaite, les ferait réfléchir avant de poser des gestes qui, d’ailleurs, avilissent autant l’intimidant que l’intimidé, des gestes méprisables, intolérables, inacceptables. Des manigances inhumaines envers des humains qui, tout comme eux, cherchent simplement à faire leur place dans ce monde discriminant et sans dignité où le respect se perd dans le miroir insouciant et indifférent de Narcisse qu’est devenu, pour certains, le téléphone dit intelligent.

    Merci, Jean-Pierre, pour cette prise de conscience que tu me donnes l’occasion de réaliser, et pour ta prise de position qui me touche sensiblement.

    • Le vidéo-clip de Dolan me fait penser au Cuirassé Potemkine d’Eisenstein (un film muet de 1925). L’un et l’autre sont excessifs, violents, et abondent en clichés (utilisés comme raccourcis narratifs). Mais les deux prouvent l’importance de la création artistique.

      Tous deux prouvent que l’Art ne doit pas se confiner à un rôle décoratif; il peut aussi être le témoin de notre temps et même, frapper les esprits.

      C’est dans ce sens que le film de Dolan est hautement significatif et d’une brûlante pertinence. Impensable il y a quelques décennies et encore impensable aujourd’hui pour certains.

      Quant à sa violence du vidéoclip, sans risquer de blasphémer, ne pourrait-on pas dire la même chose d’un crucifix ?

      À mon avis, ni le crucifix (pour le Chrétien), ni le film de Dolan ne sont de la violence gratuite : ce sont des rappels nécessaires que la barbarie sommeille dans chacun de nous.

  2. sandy39 dit :

    Une controverse sur un groupe de musique !

    Je ne vais pas me prononcer sur la chose. Je n’ai pas osé regarder le clip et ai conseillé à mes enfants de ne pas le regarder.

    Si il y a “Images pouvant choquer” : je m’abstiens, fidèle au proverbe “Dans le doute, abstiens-toi !”

    Dans le doute, c’est tout ce qu’il reste à faire quand les élans du cœur ne sont pas assez forts…

    Savez-vous, J.Pierre que vous me faîtes peur en évoquant la barbarie qui sommeille dans chacun de nous ?

    Je simplifierais avec LE PIRE.

    L’Art, pour Moi, représente bien plus : A la fois, témoin de notre Temps, il fait passer des messages et fait, sans doute, du Bien à tous les créateurs qui donnent le Meilleur d’eux-mêmes tout en oubliant leur côté sombre… Et ceci, en s’inscrivant dans le Temps tout en marquant l’Histoire !

    Quel beau sujet à traiter ! La place de l’Art dans nos Vies ou dans la Société !

    PETITE PARENTHESE : Je crois qu’avec les années et à travers de nombreux articles, nous avons, ensemble, donné quelques pistes.

    • Ce vidéoclip n’est pas destiné aux enfants. Toutefois, si on demandait à certains d’entre eux, à l’issue d’une projection, quel est le sujet du court-métrage, tous décriraient des scènes individuelles mais aucun ne serait en mesure d’en faire la synthèse.

      Ce serait probablement le cas de la très grande majorité des clips musicaux, du moins ceux dont les chorégraphies langoureuses et les poses suggestives échappent totalement aux tout-petits, qui souvent les imitent sans savoir ce qu’ils font.

      Ceci étant dit, une fois vos petits au lit, je vous invite à regarder ce brillant court-métrage : faites-moi confiance, il mérite d’être vu.

  3. sandy39 dit :

    On verra si un jour, je suis décidée. Que c’est mignon : mes petits au lit ! Les petits qui sont déjà bien grands… C’est très bien si je fais si jeune…

    Ne croyez-vous pas que c’est beaucoup, ce que vous me demandez ! Vous faire confiance !

  4. sandy39 dit :

    Je vous ai encore écouté ! Alors, voilà le résultat. (Au conditionnel, je ne suis sûre de rien !)

    Je me demande si cette violence démontrée dans ce clip, ne serait-ce pas un “service” que la bande de jeunes rende à celui qui dit “Merci” à la fin ?

    Cette violence, ne serait-elle pas une expression de la “Solidarité entre jeunes” ?

    Je m’explique : Si celui sur lequel on s’acharne avait des idées suicidaires ou signes, sans être capable, peut-être, de passer à l’acte, les Autres en seraient capables pour Lui et le tueraient.

    Mais, justement, il est là le problème, il y a un problème de ressenti : Ce sont les jeunes qui ont deviné, peut-être, un certain mal-être (comportement…), le côtoyant quotidiennement, contrairement aux parents.

    Donc, les jeunes agiraient suivant leur instinct au lieu d’aller rencontrer les Parents ou une quelconque personne susceptibles de pouvoir les écouter.

    Alors, voilà nos jeunes qui nous montrent qu’ils sont les plus forts et qu’ils sont dans le TROP ! Avant de pouvoir dire ASSEZ !

    ET, nous voilà rejoints d’un beau titre : “QUAND TROP, EST ASSEZ !”…

    SUJET A DEBATTRE : Si notre conscience aide à gérer nos pulsions, celles-ci ne redeviendraient-elles pas primitives ?

    • Je ne partage pas votre interprétation.

      À force d’être insultée et dépréciée par son entourage, la victime finit par penser que ses bourreaux ont raison et qu’elle n’est qu’un déchet, qu’elle vaut moins que rien, qu’elle mérite d’être battue.

      Elle remercie ses bourreaux dans l’espoir futile d’être gentille, d’être pardonnée pour une faute dont elle se sent coupable (mais dont elle ignore la nature), et qui justifierait l’agressivité dont elle est l’objet.

      Le harcèlement d’un groupe n’est jamais l’expression d’une solidarité envers la victime, bien au contraire, mais plutôt l’expression d’une intolérance partagée, d’un désir commun de détruire l’autre, de l’abaisser et de l’humilier. C’est un trip de pouvoir.

      Comme l’ivrogne batteur de son épouse qui prétend que c’est de sa faute à elle, qu’elle a provoqué sa colère, quand les policiers arrivent sur les lieux dans le clip, le bourreau principal se justifie en disant que ce n’est pas de sa faute, que c’est de la faute de sa victime, que c’est l’autre qui a commencé : on voit alors les policiers hésiter, pour finalement décharger leur pistolet électrique contre le crucifié.

  5. sandy39 dit :

    Comment ça, vous n’êtes pas d’accord avec moi !

    Je me suis lancée sur ma première impression. Mais puisque nous sommes ici pour partager des opinions, pour tenter de comprendre les choses, alors, allons-y, continuons la Réflexion !

    Vous devez avoir raison.

    Qui dit papier chiffonné, dit mauvaise note. Donc, l’élève finit par être convaincu qu’il est nul. Alors, naît un cycle infernal de violence. Tout à fait plausible !

    Parce que celui qui obtient de bonnes notes, se croit le plus fort donc aurait plus de droits que celui qui a de moins bonnes notes.

    Justement, j’ai des choses à vous dire sur le sujet, évidemment !

    Récemment, un élève d’un lycée de Bayonne, toujours moyen en notes et répondant parfois à côté de la plaque, a écrit un livre ! Un livre, sur quoi ? Sur la VIE ! L’Ado, mal dans sa peau, nous exprime comment il voit la VIE ! Et, d’après lui, c’est quoi la VIE ? Une énorme CATASTROPHE faite d’un innombrable petites catastrophes !

    Donc, même sans note, l’élève est capable de réaliser certaines choses…

    Et, maintenant, si nous parlions des notes ? En France, à l’Ecole Primaire, les enfants possèdent un livret de compétences où est noté chaque objectif de la façon suivante : Acquis, Non Acquis ou en Cours d’Acquisition !

    Au Collège, de la 6e à la 3e, les élèves sont notés. Mais, cette année, les Profs — ceux qui le voulaient —avaient le double de boulot : les notes et le livret de compétences à remplir !

    Tous n’acceptent pas ! Car ils le prennent où le Temps pour tout faire ?, Pour se pencher sur “chaque cas”?

    Alors, débat, il y a lieu : soit on garde les notes, soit on ne garde que le livret de compétences. Et dans ce cas, les notes colleraient moins à la peau des Elèves et peut-être situerions-nous mieux l’Elève ? Car beaucoup disent qu’une note ne veut rien dire parce qu’elle représente trop peu de choses par rapport à la compétence de l’Elève sur un sujet précis.

    En fin de 3e, pour l’obtention du Brevet des Collèges, l’Elève passe l’examen : Français, Maths, Histoire-Géo et un oral sur l’Histoire des Arts parmi 10 sujets. Un stage d’observation en entreprise de 3 jours est réalisé en fonction de son projet professionnel, bien qu’encore tôt à 14-16 ans !

    On est à l’Ere des appareils photos numériques avec diaporamas notés…

    Le contrôle continu compte aussi énormément.

    Mais, l’Elève qui a déjà son projet professionnel avec une orientation en Lycée Professionnel, se retrouve bien démuni. Seulement, les notes comptent et les appréciations des Profs sont éliminées. Il paraît qu’on rentre toutes les notes suivant chiffres et coefficients et on prend les meilleurs, vu le nombre de places. Alors voilà comme quoi les ordinateurs déshumanisent l’Etre Humain. Tout le contraire de ce que l’on fait, Nous !

    Voilà, ai-je, cette fois, bien répondu ? Et Vous, comment me notez-vous ?

    Et revenons au clip d’Indochine, Interdit au moins de 16 ans ou au moins de 18 ans ?

    • J’ai senti le besoin de manifester mon désaccord avec votre texte du 9 mai parce que vous nous avez habitués à mieux. Et parce que je voulais vous inciter à approfondir votre réflexion au sujet du harcèlement en milieu scolaire.

      Ce texte-ci est beaucoup mieux. Il nous informe d’une réalité qui est celle de la société dans laquelle vous vivez.

      Je l’ai trouvé très intéressant et je vous en félicite.

      Pour ce qui est du vidéoclip d’Indochine, la censure dont il a été l’objet nous assure qu’à peu-près tous les jeunes français le verront éventuellement, attirés par le désir de transgresser les interdits.

      Lorsque Et Dieu créa la femme du réalisateur Roger Vadim — mettant en vedette Brigitte Bardot — sortit en salle dans les années 1950, tous les curés du Québec montèrent en chaire pour interdire à leurs fidèles d’aller voir ce film. Dès la fin de semaine suivante, les gens attendaient en ligne pour entrer au cinéma.

  6. M.Martins dit :

    J’ai vécu dans un pais riche , dans un milieu très pauvre ou j’ai vu toutes sortes de violences ,mais une chose que m’a sauté aux yeux
    c’’étais la complaisance de l’église.J’ai côtoyée toutes sortes de phobies… toutes sortes de violences ,verbales et physiques ou ma sortie étais la lecture et une semi-solitude,a l’age de aller dans l’armée parce que obligatoire nous étions en guerre pareil a du Vietnam,j’ai vécu le suicide de deux camarades un étant officier l’outre un simple soldat,deux jeunes comme moi j’ai me promis
    que jamais j’ serais père, je montrerais a mon fils a critiquer des compagnons avec outres tendances sexuels.Heureusement ce n’est jamais arrivées !!

    Mais c’est quand même les religions que fomentant cette sorte de phobie,sachant que la majorités des populations sur la terre,n’ont pas la préparation psychologique pour discerner le bien du mal.L’homme sapiens sapiens n’a pas développé tous ces neurones ,manquent encore des milliers d’années… juste regarder comment façonnent nos politiciens nos avoirs !!

    Une vrais honte!!

  7. sandy39 dit :

    A J.Pierre,

    Donc, avouez-le, vous l’avez fait exprès !

    Etre en désaccord avec Moi, dans l’espoir d’avoir de mes nouvelles !

    Si, déjà, le Monde s’est habitué à Moi ! Pardon ! Allo le Monde ? Est-il déjà habitué à mes mots ?

    Si les mots s’agrippent au-delà des Hémisphères, avec la Blogosphère, on donne un peu de Soi par delà les frontières car Nous, petits Terriens, cherchons à grandir de l’Intérieur ou à s’élever avec notre Arc-En-Ciel. Et réussirons-nous à faire tourner le Monde dans le bon sens ?

    Entre Nous, J.Pierre, j’ai l’impression “d’aller au-delà” de ma propre vie : peut-être, est-ce, finalement le Chemin pour rester fidèle à Soi-même lorsque nous sommes meilleurs à l’Ecrit qu’à l’Oral…, quand je me jette sur mes pages blanches, parée de mes si beaux atouts…?

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