L’aveuglement partisan d’un imbécile

Funérailles de Denis Blanchette

Il y a des jours où je me rends compte que je ne devrais pas consulter les journaux.

Je suis furieux. Je viens de lire les commentaires de l’ex-ministre libéral Serge Simard relativement à la tuerie au Métropolis.

L’ex-ministre, qui s’est déjà fait remarqué pour avoir félicité le maire de la ville de Saguenay pour ses propos xénophobes, a accusé le Parti Québécois d’être responsable de la mort cette semaine de Denis Blanchette au Métropolis.

Sa déclaration exacte est : « Les derniers mois, on a cultivé la violence et certains partis à l’Assemblée nationale ont favorisé la violence. Ça, c’est regrettable parce que, regardez qu’est-ce que ça fait; ça amène des individus qui ont des difficultés mentales à poser des gestes semblables à ceux qui ont été posés.»

Si nous avions affaire ici à un partisan péquiste qui avait tenté de faire bruler vif des centaines de partisans libéraux, je comprendrais la réaction de l’ex-ministre. Mais ce n’est pas le cas. Pas plus que la tuerie à l’Assemblée nationale en 1984 n’était causée par un Indépendantiste.

Puisque l’ex-ministre y fait allusion, parlons de la violence de la crise étudiante. Ce conflit social est né d’une hausse substantielle des frais de scolarité décrétée dans le dernier budget du gouvernement Charest.

Cette mesure ne découle pas d’une promesse électorale explicite. Il ne s’agit donc pas d’un choix de société — c’est-à-dire d’un mandat que le peuple a confié au Parti libéral, réélu sur la base de cette promesse — mais simplement d’un choix budgétaire.

Peu importe la valeur et la pertinence de cette décision, un choix budgétaire n’est qu’un choix budgétaire. Rien ne justifie que l’État s’entête et provoque un chaos social à moins que la survie de la Nation passe absolument par la mise en œuvre de cette mesure, ce qui n’est pas le cas ici.

Le Parti libéral a été élu en 2008 par 42% des votes exprimés lors d’un scrutin dont le taux de participation n’était que de 57%; conséquemment, seulement 24,6% des citoyens adultes ont donc voté pour cette formation politique (comme 23,8% de ces derniers ont voté pour le PQ mardi dernier).

Aveuglé le succès de sa stratégie électorale et heureux d’être enfin majoritaire à l’Assemblée nationale, le gouvernement Charest a oublié l’essentiel : la faible caution populaire qui le privait de l’autorité morale de chambarder quoi que ce soit.

Plutôt que de reculer — comme il l’a fait dans le dossier aujourd’hui oublié de la privatisation du Mont-Orford — le gouvernement s’est entêté et à répondu à la bruyante désobéissance civile des étudiants en déchaînant les pouvoirs répressifs de l’État.

Loin de moi l’idée d’excuser les méfaits commis à l’occasion des protestations étudiantes. Mais le gouvernement Charest porte une lourde part de responsabilité dans le climat social qui s’est installé au Québec depuis quelques temps.

Même le port symbolique d’un petit carré de tissus coloré représentait à ses yeux un geste subversif et un acte violent. Et dans sa rhétorique belliqueuse, l’État s’en prenait verbalement — non pas aux Témoins de Jéhovah et aux Communistes, comme sous le gouvernement de Maurice Duplessis — mais aux « Carrés rouges » et aux anarchistes. Sans le pouvoir rassurant des tribunaux, le Québec aurait reculé 60 ans en matière de droits civiques.

C’est donc pour moi un sujet de scandale qu’un ex-ministre xénophobe, répudié par ses électeurs, ait l’audace de tenter d’excuser un acte terroriste commis une fois de plus par un défenseur armé de l’unité canadienne, et tente de récupérer cet attentat à des fins politiques par un raisonnement aussi tortueux que faux.

Références :
Affaire de la privatisation du Mont-Orford
Attentat au Métropolis : la SSJBM met en cause la presse anglophone
Denis Lortie
Serge Simard salue le courage du maire Jean Tremblay

Sur le même sujet : La responsabilité de l’attentat terroriste au Métropolis

Détails techniques de la photo : Olympus OM-D e-m5, objectif M.Zuiko 40-150mm R — 1/320 sec. — F/5,6 — ISO 200 — 108 mm

L’aveuglement partisan d’un imbécile
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