Technique de développement des photos infrarouges

La lumière visible est un spectre presque continu compris entre l’ultraviolet et l’infrarouge. Malgré cela, les ingénieurs des compagnies d’appareils photographiques ont réussi à créer l’illusion que tout le spectre solaire pouvait se résumer en trois couleurs additives primaires : le rouge, le vert et le bleu. Ce qu’ils ont fait est extraordinaire.

Toutefois quand leurs appareils spécialisés doivent enregistrer du rayonnement infrarouge, le capteur de ces appareils est déboussolé et répartit maladroitement cette lumière en canaux rouge, vert ou bleu. Au niveau de l’intensité lumineuse, l’image obtenue est vraisemblable mais sa coloration, c’est vraiment n’importe quoi.

Sous Photoshop, l’aperçu du fichier à ouvrir — en d’autres mots, la boite de dialogue qui permet à l’utilisateur de choisir la photo à traiter — est un module emprunté au système d’exploitation (d’Apple, dans ce cas-ci). L’image est rougeâtre, ce qui est conforme au fait que le filtre de cet appareil ne bloque pas complètement la lumière visible et laisse passer un peu de rouge.

Image originelle

Une fois la photo choisie par l’utilisateur, Photoshop a recours à un module externe (commun à plusieurs logiciels d’Adobe) pour ouvrir cette image et décoder les différents formats propriétaires de fichiers bruts (c’est-à-dire RAW). Ce module commun s’appelle Camera RAW (ci-dessous).

À l’ouverture sous le module Camara RAW

Mais les algorithmes créés par les ingénieurs d’Adobe sont différents de ceux faits par d’Apple, si bien que l’image passe du rouge au violet dans ce module d’importation.

La première étape est de corriger la fausse couleur créée maladroitement par l’appareil photo. On peut simplement transformer l’image en teintes de gris. Cela donne habituellement d’assez bons résultats.

Correction de l’histogramme et diminution de l’exposition

J’utilise une technique plus compliqué qui consiste dans un premier temps de normaliser l’histogramme situé en haut à droite de l’interface du module Camera RAW. Le pousse complètement le curseur de la température de l’image à son extrémité gauche. Puis j’ajuste le curseur « Teinte » aussi vers la gauche de manière à ce que la courbe rouge, la verte et la bleue coïncident le mieux possible. Normalement, l’image devrait avoir perdu presque toute sa coloration.

J’en profite également pour foncer l’image puisque le soleil émet plus de rayonnement infrarouge que de lumière visible, ce qui trompe encore une fois le capteur des appareils photographiques et donne souvent des images trop pâles.

Certains des fournisseurs qui transforment les appareils numériques en appareils infrarouges se donnent la peine de calibrer l’appareil après la transformation, ce qui rend cette étape superflue.

Puis j’élimine toute couleur résiduelle en transformant la photo en teintes de gris, puis en la ramenant immédiatement en mode RGB.

Mais l’image est terne. Pour lui donner plus de contraste, j’utilise un module externe facultatif — dont je me sers quotidiennement — soit la collection de filtres Adjust 4 de l’éditeur Topaz Lab. On peut acheter cette collection de filtres pour le prix ridiculement bas de 50$.

Leurs résultats sont souvent excessifs et conséquemment, il est préférable de les utiliser de manière parcimonieuse sur des photos en couleur. Sur des photos infrarouges, c’est autre chose; leurs excès sont ici des vertus et j’utilise couramment le filtre « Dramatic » ou « Detailed » tels quels.

Sous le module Adjust 4 de Topaz

Petit caprice de ma part; j’ai senti le besoin de foncer le bas de l’image pour lui ajouter de l’intérêt.

Vignettage du bas de l’image

Puis, dernier caprice, j’ai voulu sculpter la lumière en creusant les ombres du feuillage du côté droit de la photo et en atténuant légèrement l’éclat du gazon à la gauche du sentier.

J’ai utilisé le module externe Viveza2 de l’éditeur Nix (coût : 230$). Au lieu de changement globaux, ce logiciel permet la retouche sélective, c’est-à-dire appliquée à une partie de la photo seulement.

À l’aide de ce module, on ajoute des points de contrôle, puis on détermine le diamètre de la zone circulaire qu’ils contrôlent.

Dans le panneau de droite, j’utilise les curseurs horizontaux pour diminuer la luminosité (Brightness) de 10 à 20% et pour augmenter le relief (Structure) de cette partie d’image de 50 à 60%. Tout cela se fait au pif. Donc il ne faut pas hésiter. D’autant plus que Viveza propose ses changements sur un calque qui lui est propre et dont on peut atténuer l’effet au besoin.

Retouches sous le module Viveza 2

Voici enfin l’image terminée.

Version finale (cliquez sur l’image pour l’agrandir)

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