Grèves étudiantes : l’ABC de l’émeute

13 mai 2012

Une émeute se définit comme une manifestation spontanée, généralement violente, résultant d’une émotion collective.

Évidemment, c’est un peu vague. Pour être considérée comme telle, l’émeute doit répondre à un ou à plusieurs parmi les critères suivants :
• incendies violentes faisant parfois des victimes,
• destruction ou dommage à des biens publics (voitures de police, mobilier urbain comme des lampadaires, des cabines téléphoniques, etc.),
• vandalisme contre la propriété privée,
• agression physique, éventuellement avec armes.

Ceux-ci peuvent être localisés ou non, et être difficile à réprimer de manière sélective.

Que faire lorsque débute la casse ?

Dans certains pays, ceux qui organisent des manifestations sur la voie publique avisent les participants que lorsque des individus tentent d’agresser les forces de l’ordre ou commencent à endommager la propriété publique ou privée, on doit s’assoir par terre de manière à permettre aux forces de l’ordre d’épingler les malfaiteurs qui discréditent les manifestants pacifiques. Il serait bon qu’on prenne cette habitude au Québec.

Idéalement, l’autorisation officielle à tenir une manifestation devrait être assortie de l’obligation pour les organisateurs d’aviser les participants à ce sujet.

Lorsqu’il y a de la casse, ce n’est pas le temps de s’approcher des malfaiteurs par curiosité. Si vous désirez utiliser votre téléphone multifonctionnel pour photographier la scène, faites-le de l’endroit où vous êtes déjà — même si ce n’est pas le point de vue idéal — afin de ne pas nuire au travail des policiers, sinon vous risqueriez une accusation d’entrave à leur travail ou pire, d’être associés aux malfaiteurs : avec un bon avocat, vous devriez vous en tirer mais il serait plutôt préférable de prévenir les complications juridiques.

Que doit-on faire lorsque le tout devient anarchique ?

Légalement, une émeute débute lorsque les forces de l’ordre décrètent que c’en est une. Ils n’ont pas à justifier leur décision : si vous ne partagez pas leur avis, votre opinion ne compte pas. Les forces policières ont l’obligation d’aviser la foule de leur décision et de sommer les manifestants de se disperser.

Toutefois, il faut comprendre que parmi les cris et les bruits ambients, vous pourriez ne pas entendre cet avertissement. Mais vous êtres tenu d’y obéir quand même.

Un vieux dicton veut que lorsque que quelque chose a l’air d’un poisson, lorsqu’il sent le poisson et qu’il goûte le poisson, c’est qu’il s’agit probablement d’un poisson. C’est la même chose pour une émeute.

Donc, en pratique, dès que ça ressemble à une émeute, prenez pour acquis que c’en est une et quittez les lieux.

La manifestation masquée

Lorsque des organisateurs invitent des manifestants à se présenter masqués sur les lieux d’une manifestation, c’est qu’ils invitent les casseurs à se joindre à eux.

En acceptant d’y participer pacifiquement, même à visage découvert, vous acceptez implicitement de servir de bouclier humain à ces malfaiteurs. Cela peut très bien ne pas être votre intention mais cela n’a pas d’importance; si vous avez la naïveté de ne pas vous en rendre compte, c’est votre problème et non celui des forces de l’ordre.

Au cours d’un repas de famille, j’entendais un de mes cousins affirmer que des policiers masqués se seraient glissés parmi les manifestants afin de susciter la violence et discréditer le mouvement étudiant. Selon ce parent, on pouvait reconnaître ces policiers masqués à leurs bottes.

Que cela soit vrai ou non, lorsque les organisateurs d’une manifestation invitent des gens masqués, ils invitent tous les casseurs (même ceux de la police) : ils portent la responsabilité morale de ce font ces gens, quel qu’ils soient.

L’insensibilité de la police

En effectuant ma recherche de vidéos afin de comprendre ce qui a dérapé à Victoriaville, je suis tombé sur une vidéo qui “prouve” l’insensibilité policière : le vidéaste informait des policiers en rangée qu’un manifestant était gravement blessé et filmait leur absence de réaction.

Si des lecteurs sont impressionnés par ce genre de propagande, précisons que les policiers anti-émeute n’ont qu’une seule mission : c’est de faire régner l’ordre. Ils ne doivent jamais se laisser distraire de leur mission.

Par contre, on peut présumer que les adolescents ou les jeunes adultes d’aujourd’hui savent comment utiliser un téléphone portable. À moins d’être des déficients intellectuels, ils n’ont pas besoin de la police pour appeler qui que ce soit : ils peuvent très bien le faire eux-mêmes.

Conclusion

On a tous vu des enfants froncer les sourcis et dire à leurs parents : “T’as pas le droit”. Essayer cela sur des policiers lors d’une émeute, cela ne donnera pas grand chose parce que dans une telle circonstance, les policiers ont à peu près tous les droits. Et ils le savent.

On peut trouver cela juste ou non, mais cela ne change rien : tous les manifestants ont l’obligation stricte de quitter les lieux lorsque la police juge, à tort ou à raison, qu’un attroupement vire à l’émeute.

Référence :
Émeute

Sur le même sujet :
Crise étudiante : le gouvernement doit donner l’exemple
Grèves étudiantes : l’échéance du Grand Prix de Montréal
L’augmentation des frais de scolarité
Tirs de balles de caoutchouc : attend-on de tuer quelqu’un ?

Grèves étudiantes : l’ABC de l’émeute
Votre évaluation :

Laissez un commentaire »

| Opinion | Mots-clés : , | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


%d blogueurs aiment cette page :