Occupons Montréal au chaud

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Jeudi dernier, la chef de l’opposition à l’hôtel de ville de Montréal accusait l’administration municipale de permettre à plusieurs employés d’une firme privée de gestion de projets, de travailler en permanence dans les bureaux de la Ville, d’avoir accès aux ordinateurs de la municipalité et de rédiger des sommaires décisionnels, c’est-à-dire les documents sur lesquels les élus se basent pour prendre des décisions et approuver l’octroi de contrats.

Cette accusation de copinage me semblait tellement invraisemblable que j’avais décidé de ne pas en parler, convaincu qu’un démenti officiel rétablirait les faits.

Mais depuis, un des dirigeants de cette firme a confirmé qu’au cours des derniers mois, de trois à cinq de ses employés travaillaient dans les locaux de la Ville — à la demande de la municipalité, a-t-il précisé — à des fins de « coordination ».

L’information a été confirmée également par le Président du comité exécutif, M. Michael Applebaum. Ce dernier juge tout à fait normal que des firmes externes s’installent dans les locaux de la Ville et que leurs employés préparent et rédigent les dossiers destinés à aider les élus à prendre leurs décisions.

En conférence de presse, M. Applebaum s’est livré à une attaque en règle contre la chef de l’opposition, accusant celle-ci de ne rien comprendre au fonctionnement de la ville.

Cette dernière n’est pas la seule : moi non plus, je ne comprends pas.

De nos jours, les télécopieurs, les logiciels de messagerie électronique ou de vidéo-conférence, permettent aux gens de travailler de concert sans proximité physique. Quelle est cette idée de permettre à une entreprise avec laquelle on entretient une relation contractuelle de venir camper en permanence dans ses locaux de l’Hôtel de ville ?

Le salaire des employés municipaux sont déterminés par des conventions collectives rigides. Lorsqu’une firme de gestion possède des antennes dans les bureaux mêmes de l’Hôtel de ville, elle est en mesure d’écrémer la municipalité de ses employés les plus brillants en leur offrant de meilleurs salaires. Elle peut prendre connaissance des arguments de ceux qui contestent à l’interne ses rapports. Elle peut même connaitre les noms de ceux qui sont réticents au renouvellement de son contrat avec la ville. En somme, elle pousse à la clandestinité les employés municipaux qui sont en désaccord avec elle.

Plutôt que d’abattre une pluie d’injures contre la chef de l’opposition, j’inviterais les dirigeants municipaux à nous expliquer les mesures qu’ils ont entreprises afin d’éviter qu’au nom de la coordination, l’hospitalité ne se transforme en copinage suspect ou que tout ne dérive vers la relation incestueuse.

Références :
Mainmise du privé sur des projets de Montréal?
Montréal juge «mensongères» les allégations de Louise Harel
Montréal trouve normal que le privé s’installe dans ses locaux
Prête-noms: Applebaum demande à Harel de démissionner
Vision Montréal exige une enquête sur les liens entre la Ville et une firme privée

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Un commentaire à Occupons Montréal au chaud

  1. Vous avez raison, l’administration actuelle de Montréal entretient la confusion des genres et n’admet pas qu’il y ait conflit d’intérêt. Étant donné les traditions municipales de copinage entre édiles et entrepreneurs, lesquelles semblent avoir pris une ampleur nationale, les Montréalais devraient exiger la plus stricte probité de la part de leurs gestionnaires. Il faudrait toutefois qu’ils exigent d’eux-mêmes un exercice plus soutenu du droit de vote. En 2009, seuls 38 % des citoyens ont voté (DGEQ)…

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