Près de mille interruptions de service en 2011 dans le métro de Montréal

Station Place-des-Arts
 
Dans mon billet du 24 novembre dernier, je m’interrogeais sur la fiabilité du métro de Montréal, qui me semblait beaucoup plus sujet à des pannes que ceux de Barcelone, Berlin, Bruxelles, Paris, Prague, Shanghai et Vienne (que j’ai empruntés depuis une décennie).

Voilà qu’aujourd’hui, Radio-Canada nous apprend qu’il y a eu 980 interruptions de services en 2011. C’est 23,4% de plus que les 794 interruptions répertoriées en 2006.

Selon le Directeur du métro à la Société de transport de Montréal, M. Dominique Lemay, les trains du métro parcourent une distance totale 29% plus grande depuis 2006. Par conséquent, les arrêts plus élevés de seulement 23% représentent donc une amélioration de la fiabilité du métro.

Imaginez que le président de Microsoft vienne vous dire qu’il est normal que votre ordinateur plante 23% plus souvent parce Windows contient 29% de plus de code informatique. Seriez-vous satisfait de sa réponse ?

La question fondamentale est de savoir s’il est normal que des usagers du métro aient à subir près de mille pannes par année.

Si on veut que les Québécois délaissent l’automobile pour le transport en commun, il va falloir qu’on améliore de manière substantielle la fiabilité du réseau. Or à Montréal, le métro est la clé du système.

L’autobus est plus lent que l’automobile en raison de ses arrêts fréquents. Durant la saison froide, on attend généralement plus longtemps à attendre l’autobus au grand vent qu’on attendrait à réchauffer sa voiture. De plus, sur certaines lignes (ex.: Hochelaga vers l’Est), le respect des horaires laisse à désirer.

Donc l’argument-clé pour convaincre l’automobiliste à abandonner sa voiture, c’est le plaisir d’emprunter le métro. Il est au chauffé l’hiver, il est peu bruyant, il est confortable, on peut y téléphoner sans danger (puisqu’on y conduit pas), on peut y lire, et on peut même y courtiser une personne inconnue. Bref, le bonheur total… en théorie.

Toutefois, dans une société orientée vers la performance, sa fiabilité douteuse est totalement inacceptable. Et on est en droit d’exiger des dirigeants du métro plus de remèdes et moins d’excuses à leur laxisme navrant.

Le métro est beaucoup plus qu’un simple moyen de transport à Montréal : c’est une vitrine de l’expertise québécoise en matière de transport en commun. Près d’un million de touristes visitent la métropole du Canada chaque année. Parmi eux, il y a des décideurs publics qui pourraient un jour avoir à adopter un devis de Bombardier pour la construction d’un métro dans leur ville. Quel intérêt verront-ils à lui accorder le contrat quand notre métro est si loin de susciter l’admiration et l’envie ?

Références :
Augmentation du nombre d’arrêts de service dans le métro de Montréal
Peut-on se fier au métro de Montréal ?

Parus depuis :
Pannes dans le métro : la STM en mode solutions (2013-02-06)
Une autre panne majeure dans le métro (2013-05-21)
Le métro n’a «pas de problèmes de fiabilité», dit la STM (2013-05-31)
Système informatique du métro – La STM et Alstom ont été dépassés (2013-08-13)
Autobus, métro : « On est entassés comme des bêtes » (2016-02-19)

Près de mille interruptions de service en 2011 dans le métro de Montréal
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8 commentaires à Près de mille interruptions de service en 2011 dans le métro de Montréal

  1. sandy39 dit :

    Vous, vous trouvez le bonheur dans le métro. Je trouve ça marrant.

    COURTISER : c’est tellement romantique, de la part d’un Homme.

    Quand vous dîtes “la saison froide”, c’est l’hiver et cette saison dure combien de temps chez vous ? Et, la durée de la nuit ? Car vous êtes plus près du Pôle que nous !

    Petite parenthèse : le froid s’abat cette semaine, sur l’Europe. En France, chez nous, moi, je suis en altitude, il fait -15°C, la nuit et ce week-end, ils prévoient -20°C.

    Petite plaisanterie : Heureusement que le métro est chauffé, dans l’action de séduire…

    Question : S’il fait -40°C, comment les autos arrivent-elles à démarrer ? Peut-on laisser des autos coucher dehors à des températures pareilles ?

    Vous devez avoir des combines et même jusque dans la façon de vous habiller. J’ai du mal à imaginer. L’hiver, vous ne ressemblez quand même pas à des cosmonautes, inviolables… Une petite chose me revient : les violeuses du Zimbabwe se décourageraient sans doute et seraient obligées de se reconvertir !

    J’attends quelques explications…

    Conlusion : J’ai fait hors-sujet (comme d’habitude). Ce ne sont pas les pannes du Métro qui m’ont inspirées mais tout le reste…

    • Pour une ville au climat tempéré, Montréal est une ville très ensoleillée. En comparaison avec Paris, nos hivers sont très froids et nos été sont chauds et humides.

      Les Québécois aiment se répéter à la blague que nos hivers durent onze mois par année. Il est vrai qu’ils durent plus longtemps qu’à Paris.

      Cette saison m’apparaît trop longue, non pas à cause de sa durée objective, mais plutôt à cause de l’heure avancée qui nous prive d’ensoleillement le matin — on se lève et il fait déjà clair depuis un certain temps — tout en nous confrontant à la nuit dès 16h30 (comparativement à approximativement 21h l’été).

      Les automobilistes qui stationnent leur véhicule sur leur propre terrain possèdent souvent des appareils électriques (reliés à leur domicile par une prise extérieure) qui permettent de réchauffer minimalement le bloc d’alimentation et facilitent le démarrage au grand froid. Des tentes de plastique translucides (appelées « Abris Tempo »), extrêmement populaires dans les banlieues, permettent de protéger les autos des averses de neige et évitent le déneigement matinal.

      J’ai des combines mais je ne les porte que rarement. Ils sont indispensables aux skieurs et à ceux qui travaillent à l’extérieur.

      Nos printemps sont tardifs mais explosifs; les feuilles passent de bourgeons à leur taille définitive en moins de deux semaines. Pendant des mois, les arbres ont semblés morts : ils se réveillent et se couvrent soudainement de verdure. Cette saison illustre la puissance de la vie.

      Ma saison préférée est l’été : la ville est alors le site d’une série de festivals qui se succèdent presque sans interruption. Montréal devient alors une ville de plaisir. Sur le balcon de leur domicile, plusieurs personnes prennent le repas du soir (qu’on appelle ici « souper », comme sous l’Ancien régime). Dans le centre-ville, les terrasses des cafés se remplissent de jeunes ou d’hommes d’affaires à partir du repas du midi — qu’on appelle « dîner » — jusqu’à tard en après-midi.

      Nos automnes ressemblent à celui que j’ai connu à Berlin en 2005 : les immenses forêts de feuillus dans les Laurentides (à 30 km au nord de Montréal) se décorent alors de couleurs incandescentes. Cette saison est la plus spectaculaire.

      Nos saisons contrastées nous font prendre conscience du passage du temps.

  2. sandy39 dit :

    Je suis super contente que vous m’appreniez des choses. (J’ai fait exprès de vous faire causer…)

    Le Monde est si terrible. Cela devient vraiment compliqué de discuter avec les gens. Tiens, par exemple, on a rendu service plusieurs fois à des voisins sans aucun retour. Ingrats !

    J’ai vu qu’un Gugus vous a insulté en faisant en plus des fautes ! Alors, autant s’abstenir !

    • J’ai hésité à publier le message du « gugus » dont vous parlez parce que je ne veux pas que mon blogue se transforme en foire d’empoigne.

      Il n’avait signé son message que de son prénom. Sur l’internet, les gens sont toujours plus braves lorsqu’ils peuvent se cacher derrière le masque d’un surnom ou d’un simple prénom.

      Mais comme j’ai réussi à trouver son nom de famille, son âge, son adresse et son numéro de téléphone, j’ai décidé de publier son message sous son nom au complet et de m’autoriser une réplique cinglante. Cela m’a fait beaucoup de bien. 😉

      La répression policière à Montréal a entrainé un déplacement de la sollicitation des prostituées vers certains quartiers ouvriers de la ville, dont le mien. J’en rencontre parfois au retour de mon épicerie.

      Il est facile de mépriser ces filles et de ne voir en elles que des droguées qui méritent leur sort brutal qui leur est souvent fait. Moi je trouve qu’elles font pitié. Et je n’ai jamais honte à être vu en plein jour à leur offrir des fruits ou quelques tranches de pain à partir de mes emplettes.

  3. sandy39 dit :

    Mon Dieu, vous me faîtes peur : avoir réussi à trouver son nom… jusqu’à son âge !

    Moi, je m’étais dit : Pseudo oblige pour exister d’une autre façon.

    Pourriez-vous trouver toutes les coordonnées de TOUS vos bloggueurs ?

    Vous me laissez songeuse. Vous n’avez tout de même pas des INDICS chez les Flics ?

    L’expression “Foire à l’Empoigne “, je ne connaissais pas.

    • Tout finir toujours par se savoir.

      L’avantage d’avoir un blogue hébergé par WordPress, c’est que je dois approuver chacun des commentaires qui y sont publiés et que je connais l’adresse électronique de chacun des participants. Donc si je recevrais des menaces de mort, l’auteur anonyme serait recherché par la police en moins de 24 heures.

      Jusqu’à maintenant, je n‘ai censuré qu’un seul message et c’était un des vôtres. J’imagine que vous ne vous en êtes pas rendue compte. Le texte contenait une question qui m’aurait demandé trop de temps afin d’y répondre intelligemment. Or mes priorités étaient ailleurs. De plus, le style d’écriture ne vous ressemblait pas : j’ai même cru que quelqu’un usurpait votre identité. C’est pourquoi je ne l’ai pas publié. 😉

  4. sandy39 dit :

    Commencer la journée avec de telles phrases contribue pour Moi à me poser indéfiniment des questions…

    Alors comme ça, j’ai un style. Je pense que vous voulez dire que dès que vous lisez mes premières lignes, vous savez que c’est Moi ?

    Si, si, je m’en suis rendu compte de mon commentaire non publié. J’ai bien pensé que ce n’était pas ce que vous attendiez. Je me souviens à peu près de la question. Oui, je sais, je pousse toujours trop loin mes rélexions… Donc, il vaut mieux pour Moi être et de rester dans l’Amour, la Paix, l’Art…

    Je ne m’étais jamais posé autant de questions sur le rôle de l’Art dans nos vies, depuis 2011,… Mon Dieu, que j’en ai à dire…

    Pendant que j’y suis, je vous demande un truc : “Avez-vous, chez vous, dans votre Blog, un sujet qui regrouperait : Le Temps, l’Amour, la Justice et l’Art ?” Car, j’ai écrit (déjà pour Moi) sur le Temps, nos souffrances, l’Art… mais je ne sais pas où le mettre. Si je le mets suite à mon tout premier chez vous et qui est d’ailleurs le tout premier de ma vie, j’ai peur qu’il gâche celui-ci.

    Et oui, il y a toujours un rapport avec Cantat (Il m’emmènera loin celui-là !) car on y trouve plein de sujets de réflexion sur nos existences. C’est un article du Devoir du 7-04-2011 qui m’a inspirée.

    A vous de me dire si vous le voulez.

    Finalement, on a parcouru plus de kilomètres avec les mots que d’avoir pris le Métro, ensemble…

    • Non, je n’ai jamais écrit de texte sur le thème du Temps, de l’Amour, de la Justice et de l’Art.

      Ceci était dit, je vous inviterais à ne pas vous disperser. Si vous remarquez, dès le départ, notre conversation n’avait plus aucun rapport avec le transport en commun.

      Nous avons parlé du climat à Montréal, nous avons fait allusion à un échange de propos relatifs à un billet sans rapport avec celui-ci, nous parlons maintenant d’Amour et d’Art. Tout est très intéressant, mais pour les gens qui nous lisent et qui s’attendent à une discussion relativement au sujet en rubrique, c’est passer du coq à l’âne.

      Il y a bien des occasions dans la vie pour s’exprimer. Mais si vous voulez que les autres apprécient votre talent, mettez-le en valeur en publiant votre prose là où ils correspondent à une attente de la part de ceux qui vous lisent.

      Si ce blogue a été l’objet de plus de 60,000 requêtes jusqu’ici, c’est parce des milliers de personnes l’ont trouvé intéressant. En tant que principale intervenante, vous y avez sans doute contribué et je vous en remercie. Toutefois, nous devons garder à l’esprit qu’il ne s’agit pas d’un échange épistolaire privé mais public, ce qui nous oblige à plus de rigueur.

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