L’argument secret du président

La Somalie est un nid de guêpes. Ce pays de la corne de l’Afrique un des pays les plus pauvres et les plus instables au monde. Légalement, le pays est dirigé par un gouvernement en exil dépourvu d’autorité. Dans les faits, ce pays est aux mains de seigneurs de la guerre qui s’y affrontent depuis deux décennies. Le taux de mortalité y est le 11e plus élevé au monde, en raison de la violence qui y règne.

Jessica Buchanan est une missionnaire américaine qui travaillait en Somalie comme conseillère pour une organisation danoise dédiée à l’élimination des mines antipersonnel. Le 25 octobre 2011, Mme Buchanan et son collègue danois Poul Hagen Thisted étaient pris en otage par des ravisseurs qui exigeaient une rançon en contrepartie de leur libération.

Évidemment, le plus simple aurait été de payer. Mais c’est mal connaître les États-Unis. Humiliés par les attentats du 11 septembre, ce pays s’est aventuré depuis ce temps dans deux guerres qui, selon toute probabilité, se termineront en queue de poisson. Les États-Unis sont donc à la recherche d’occasions qui leur permettraient de prouver leur puissance et d’inspirer la crainte parmi ceux qui osent leur tenir tête.

De manière secondaire, le paiement de la rançon aurait récompensé l’audace des ravisseurs et leur aurait permis de mieux s’équiper en armement.

La Maison blanche a donc choisi une stratégie beaucoup plus audacieuse. Se rappelant du professionnalisme du commando qui a éliminé Osama Ben Laden, le président américain a confié de nouveau aux Navy SEALs la mission extrêmement périlleuse de libérer les deux otages.

Ces derniers étaient détenus à Galkacyo, une capitale régionale de 250,000 habitants située à 165 km des côtes somaliennes. À la faveur de la nuit, profitant de la noirceur d’une nouvelle lune — c’était aussi le cas la nuit au cours de laquelle Ben Laden a été tué — le commando américain a frappé les ravisseurs, tuant neuf d’entre eux et faisant trois prisonniers.

La libération des otages s’est effectuée sans aucune perte de vie du côté américain. Après ce succès, les militaires et les deux otages libérés ont été transportés par hélicoptère plus au nord, à la base américaine de Camp Lemonnier à Djibouti.

Le succès de cette mission a été maintenue secret toute la journée de mardi. Ce soir-là, en entrant dans la Chambre des représentants pour y livrer son discours sur l’état de l’Union, le président américain avait une carte secrète dans sa manche.

Se rappelant de l’impolitesse des congressistes républicains qui l’avaient invectivé alors qu’il y prononçait un discours précédant sur l’état de l’Union, Barack Obama se proposait de faire cette révélation-choc si ses adversaires avaient tenté de l’humilier de nouveau, en direct, devant la nation américaine. Cela ne fut pas nécessaire.

Quelques minutes après avoir livré son discours, le président américain téléphonait au père de Mme Buchanan pour lui apprendre la bonne nouvelle. Le lendemain (soit mercredi) la Maison blanche en faisait l’annonce officielle.

Références :
Buchanan Sold Her Belongings to Become Missionary
Danish Demining Group
L’élimination d’Osama Ben Laden
Navy SEALs who killed Osama bin Laden rescue of 2 hostages in Somalia
Somalie
US commando team that killed Bin Laden swoop on Somali pirates

L’argument secret du président
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