Visiter une personne hospitalisée sans attraper de diarrhée à Clostridium difficile

31 janvier 2012
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Introduction

Le texte « C. difficile et les égalisateurs de crasse » a été publié il y a cinq ans.

Ce document avait pour but de faire prendre conscience que les gels alcoolisés sont totalement inefficaces contre cette bactérie et que se badigeonner les mains avec ces « égalisateurs de crasse » n’était pas synonyme de se laver les mains, contrairement à ce que l’affiche ci-dessus (payée par l’industrie) suggère.

Or depuis ce temps, je n’ai jamais trouvé le temps de répondre à une question très simple : Quelles sont les mesures préventives qui permettent aux visiteurs d’éviter d’attraper une diarrhée à C. difficile ?

Comprendre comment prévenir

La diarrhée à C. difficile survient toujours après qu’on ait donné un antibiotique à un porteur asymptomatique, c’est-à-dire à une personne sans symptôme dont l’intestin contenait déjà cette bactérie. En d’autres mots, il est impossible de développer une diarrhée à C. difficile si l’intestin n’héberge pas cette bactérie au préalable.

Les antibiotiques ne créent pas l’apparition miraculeuse de C. difficile dans l’intestin des patients sous antibiothérapie : c’est le manque d’hygiène qui fait que bactéries de C. difficile se retrouvent dans l’intestin des patients après avoir été ingurgitées. Parce que la transmission se fait toujours de manière oro-fécale.

Environ 4% de la population humaine porte le C. difficile parmi sa flore intestinale. Cette proportion est multipliée par cinq après une hospitalisation.

De plus, c’est seulement lorsque des antibiotiques tuent ses ennemis naturels que le C. difficile peut prendre le contrôle de l’intestin et provoquer une diarrhée potentiellement mortelle. Par lui-même, il ne peut rien faire. En fait, il est tellement mal adapté à se développer par ses propres moyens dans l’intestin qu’environ la moitié des porteurs asymptomatiques deviendront libres de cette bactérie six mois plus tard (s’ils ne prennent aucun antibiotique entretemps et s’ils ne sont pas en contact avec des sources extérieures de cette bactérie).

Alors que faire afin d’éviter de devenir porteur asymptomatique ?

Les six mesures

Puisqu’il s’agit ici de la prévention avant de visiter une personne hospitalisée, les mesures débutent avant même votre départ pour l’établissement.

En premier lieu, portez des vêtements que vous pourrez laver dès votre retour.

Deuxièmement, prenez pour acquis que toutes les surfaces que vous pourriez toucher dans l’hôpital (poignées de porte, bouton d’ascenseur, table de chevet, etc.) sont contaminées par cette bactérie et conséquemment, que la contamination est impossible à éviter.

Troisièmement, évitez de consommer un aliment durant votre séjour à l’hôpital. Si cela est impossible, ne mangez que des aliments que vous ne toucherez pas directement avec vos mains après avoir pénétré dans l’établissement. Par exemple, vous pouvez manger un fruit qu’on peut peler facilement (ex.: une banane) mais jamais une pomme. Les sandwichs devront être mangés après les avoir été sortis d’un emballage sans avoir été au contact avec les mains : par exemple en les sortant d’un sac Ziplock en tâtant le bas du sandwich pour l’extraire par le haut.

Quatrièmement, à votre retour, déshabillez-vous complètement en mettant les pieds dans votre demeure. Débutez immédiatement la lessive de tous les vêtements que vous avez portés à l’hôpital et prenez votre douche.

Cinquièmement, si vous vous êtes rendu à l’hôpital en voiture, mettez des gants de plastique et, à l’aide d’une éponge imbibée d’eau de Javel diluée, lavez tout ce que vous avez touché dans votre voiture en revenant de l’hôpital (poignées de porte, volant, etc.).

La sixième mesure est facultative. Si vous ne souffrez pas d’intolérance au lactose, consommez quotidiennement un pot de 625g de yogourt sans saveur pendant cinq jours d’affilée. Je ne recommande pas les marques de yogourt dont les bactéries sont brevetées (sauf Bio-K). Si vous êtes intolérant au lactose, achetez les pots de soya fermenté de marque Bio-K. Sachez que les capsules de lactobacilles entreposées à la température de la pièce (ex.: Probaclac) ne valent probablement rien.

Rappelez-vous que même si vous ne prenez aucune mesure particulière, il y a seulement une chance sur cinq que l’hôpital vous aie contaminé (surtout si vous n’y mangez pas) et même si vous êtes devenu porteur asymptomatique, vous avez une chance sur deux d’être complètement libre de C. difficile six mois après votre visite.

Références :
C. difficile et les égalisateurs de crasse
Le déclin de l’hygiène corporelle
Moins d’antibiotiques ou plus d’hygiène contre C. difficile ?

Sur le même sujet : La transplantation de flore intestinale contre l’infection grave à C. difficile

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Vienne — Le Nord-Est de la Vieille ville

30 janvier 2012

 

 
La vidéo débute (de 0:05 à 0:14) par un édifice situé immédiatement à l’est de la Cathédrale Saint-Étienne, et dont la façade est superbement décorée.

De 0:57 à 1:28, c’est la visite de l’Église orthodoxe grecque de la Sainte-Trinité, construite en 1861 par Theophil von Hansen, dans le style néo-byzantin.

De 1:39 à 1:43, c’est un bref aperçu de l’Église ukrainienne Sainte-Barbe, édifiée de 1652 à 1654 (la façade est de 1852).

Œuvre d’Antonio Canevale, l’Église des Dominicains (de 1:47 à 2:26) est remarquable par les couleurs automnales et sombres du mobilier liturgique, contrastant avec les stucs blancs très en relief.

De 2:39 à 3:11, voilà la Caisse d’épargne de la Poste (1904-1906), une création majeure de l’architecte Otto Wagner. Les 15,000 cabochons d’aluminium qui rythment sa façade servent à cacher les boulons de bronze employés pour fixer les plaques arrondies de marbre qui recouvrent les murs de brique.

Wagner a tout dessiné dans les moindres détails, jusqu’aux colonnes souffleuses d’air chaud. Les murs de toutes les zones publiques sont recouverts de marbre blanc également rivé par des boulons de bronze aux cabochons d’aluminium. Le premier étage renferme un musée payant, peu fréquenté, consacré à l’histoire de ce chef-d’œuvre de la Sécession viennoise.

La Place Ignaz Seipel est bordée à l’est par l’ancienne Salle des fêtes de l’Université de Vienne, édifié par Jean-Nicolas Jadot de Ville-Issey en 1755 (à 3:20), et à l’ouest par l’Académie autrichienne des sciences (à 3:22). C’est dans la grande salle de l’académie que Joseph Haydn vint entendre son oratorio La Création (le dernier concert auquel il assista). Le nord de la place est bordé par l’Église des Jésuites (de 3:24 à 4:16) aux marbres polychromes et aux dorures ostentatoires, œuvre d’Andrea Pozzo vers 1700.

De 4:19 à 4:28, c’est l’entrée de la cour du Monastère de la Sainte-Croix, dont la chapelle — consacrée à Saint Bernard et visible à 4:28 — a été construite en 1622, puis remaniée vers 1730.

On enchaine à 4:30 avec une partie de la façade de la Maison du Basilic (située à droite, juste avant l’entrée que nous venons de voir). Ici, il ne s’agit pas de l’épice culinaire mais d’un monstre fabuleux né d’un œuf de serpent couvé par un crapaud.

De 4:44 à 4:48, on voit la porte cochère et la cour extérieure de la Maison Schwanenfeld, la seule cour Renaissance de Vienne. Puis nous visitons la Maison de thé Schönbichler, peut-être la plus belle de la capitale.

À 5:27, on a l’entrée du Mozarthaus. Ce musée donne accès au seul appartement de Mozart qui soit aujourd’hui conservé. Le Mozarthaus s’étend sur les six étages de l’édifice (incluant le sous-sol et les combles). Il est situé à deux pas de la cathédrale Saint-Étienne. On y présente la vie et l’œuvre du compositeur.

L’appartement proprement dit de Mozart était situé au premier étage. Le compositeur, son épouse Constance et leur fils Carl-Thomas (âgé de neuf jours) y aménagent le 29 septembre 1784 : ils y resteront deux ans et demi. C’est ici que Mozart composa Les Noces de Figaro.

Cet appartement est le plus grand, le plus cher et le plus beau que Mozart ait loué. Les pièces sont sobres, à l’exclusion de l’une d’entre elles décorée de stuc gris rose et d’un plafond en relief qui représente la déesse Flore parmi des amours entourés de guirlandes. Tout cela est l’œuvre d’un propriétaire antérieur, Albert Camesina, stucateur officiel de la Cour impériale. Cette décoration est similaire à celle de la salle de concert qu’on peut voir à la fin de la vidéo.

De 5:40 à 5:43, c’est de portail de l’Église de l’Ordre des chevaliers teutoniques. En entrant, à droite, c’est l’église proprement dite. Puis, toujours à droite mais un peu plus loin (avant d’entrer dans la cour extérieure), c’est la salle de concert du Mozarthaus — appelée Sala Terrena — où se produit le Mozart ensemble, un des meilleurs orchestres de musique de chambre de la capitale autrichienne.


Voir aussi : Liste des diaporamas de Vienne

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Les réductions d’impôts consenties aux riches, stimulent-elles l’économie ?

28 janvier 2012

Les candidats à l’investiture républicaine aux États-Unis sont en désaccord sur de nombreux points mais ils sont unanimes sur la nécessité de maintenir ou d’accroitre les exemptions fiscales au profit des riches afin de stimuler l’économie de ce pays.

« Plus on donne de l’argent aux riches » disent-ils, « plus ceux-ci sont en mesure de démarrer de nouvelles entreprises et conséquemment, de fabriquer de nouveaux produits et d’embaucher du personnel. En somme, cela crée des emplois et tout le monde finit par en profiter. »

Cela est très logique. Mais cela ne résiste pas aux faits.

Les exemptions fiscales consenties aux riches sous G.W. Bush n’ont pas freiné le déclin économique des États-Unis. Et ce, en dépit d’une dévaluation d’environ du tiers du dollar américain.

Lorsqu’une monnaie perd de sa valeur, tout le pays est en vente aux yeux des étrangers. Normalement, cela stimule les exportations et, de manière générale, toute l’économie du pays dont la devise a été dévaluée.

Cela ne s’est pas produit parce que l’écart entre les salaires versés aux États-Unis et ceux versés dans les pays avec lesquels les USA sont en concurrence, est beaucoup plus grand que le pourcentage de la dévaluation de la devise américaine : les entreprises ont donc continué de délocaliser leur production en dépit de la dévaluation du dollar.

Au lieu d’acheter plus de biens produits aux États-Unis, les étrangers se sont contentés d’acheter à rabais les moyens de production ou les moyens d’échange détenus par les Américains. C’est ainsi que des investisseurs étrangers ont acheté des hôtels, des usines, des salles de cinéma, des centres commerciaux, etc.

Et qu’ont fait les anciens propriétaires de cet argent reçu pour la vente de leurs actifs ? Ils ont acheté des biens de luxe produits à l’étranger, se sont payés des résidences secondaires en Europe ou sous les tropiques, et principalement se sont mis à spéculer à la bourse.

Or la spéculation, c’est du vent : on peut tripler la capitalisation boursière d’une entreprise, cela ne donne pas un sous de plus dans les coffres de l’entreprise et dans les poches de ceux qui y travaillent (à moins qu’ils ne soient eux-mêmes des spéculateurs).

Bref, le peuple américain n’a vu aucune différence; le revenu familial moyen aux États-Unis a continué de stagner comme il le faisait déjà depuis plus de quinze ans.

Nous visons dans une société de consommation. Si les consommateurs n’ont pas plus d’argent qu’avant, la seule façon de les amener à dépenser d’avantage, c’est de les inciter à acheter maintenant ce qu’ils auraient acheté plus tard. En d’autres mots, il faut qu’ils s’endettent.

Malheureusement c’est déjà fait : les ménages américains sont surendettés. Si bien que les taux d’intérêts actuels, extrêmement bas, ne réussissent pas à stimuler la consommation.

Contrairement à ce que dit la Droite américaine, le problème fondamental de l’économie américaine n’est pas la paperasserie administrative de l’État — le fameux Red tape — qui étouffe l’esprit d’entreprise, ce n’est pas que les entrepreneurs manquent d’argent pour financer leurs projets d’investissement, c’est plutôt que l’économie américaine est saignée à blanc par un déficit commercial record (liée à l’achat d’énergie fossile) et que l’augmentation faible de la richesse dans ce pays n’atteint jamais le consommateur (celui qui est en mesure de stimuler l’économie par des dépenses) mais est accaparée par une petite minorité de possédants voraces qui contrôlent les médias et le pouvoir politique américains.

Puisque l’offre de produits industriels américains est supérieure à la demande, on peut gonfler l’offre et creuser cet écart en incitant les investisseurs à créer de nouvelles entreprises, cela ne produira aucun effet : les nouvelles entreprises feront faillite ou, si elles sont plus dynamiques que les anciennes, elles pousseront leurs concurrents à disparaitre. Bref, c’est du pareil au même

Puisque les États-Unis produisent essentiellement des produits de masse et non des produits de luxe, la seule façon de stimuler leur consommation interne, c’est d’augmenter le pouvoir d’achat des classes moyennes et non celui des riches.

Il n’y a probablement pas de solution miracle au déclin de l’économie américaine. Toutefois parmi la multitude de mesures envisageables, il est clair que l’exemption fiscale des millionnaires américains est un coup d’épée dans l’eau.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


L’argument secret du président

26 janvier 2012

La Somalie est un nid de guêpes. Ce pays de la corne de l’Afrique un des pays les plus pauvres et les plus instables au monde. Légalement, le pays est dirigé par un gouvernement en exil dépourvu d’autorité. Dans les faits, ce pays est aux mains de seigneurs de la guerre qui s’y affrontent depuis deux décennies. Le taux de mortalité y est le 11e plus élevé au monde, en raison de la violence qui y règne.

Jessica Buchanan est une missionnaire américaine qui travaillait en Somalie comme conseillère pour une organisation danoise dédiée à l’élimination des mines antipersonnel. Le 25 octobre 2011, Mme Buchanan et son collègue danois Poul Hagen Thisted étaient pris en otage par des ravisseurs qui exigeaient une rançon en contrepartie de leur libération.

Évidemment, le plus simple aurait été de payer. Mais c’est mal connaître les États-Unis. Humiliés par les attentats du 11 septembre, ce pays s’est aventuré depuis ce temps dans deux guerres qui, selon toute probabilité, se termineront en queue de poisson. Les États-Unis sont donc à la recherche d’occasions qui leur permettraient de prouver leur puissance et d’inspirer la crainte parmi ceux qui osent leur tenir tête.

De manière secondaire, le paiement de la rançon aurait récompensé l’audace des ravisseurs et leur aurait permis de mieux s’équiper en armement.

La Maison blanche a donc choisi une stratégie beaucoup plus audacieuse. Se rappelant du professionnalisme du commando qui a éliminé Osama Ben Laden, le président américain a confié de nouveau aux Navy SEALs la mission extrêmement périlleuse de libérer les deux otages.

Ces derniers étaient détenus à Galkacyo, une capitale régionale de 250,000 habitants située à 165 km des côtes somaliennes. À la faveur de la nuit, profitant de la noirceur d’une nouvelle lune — c’était aussi le cas la nuit au cours de laquelle Ben Laden a été tué — le commando américain a frappé les ravisseurs, tuant neuf d’entre eux et faisant trois prisonniers.

La libération des otages s’est effectuée sans aucune perte de vie du côté américain. Après ce succès, les militaires et les deux otages libérés ont été transportés par hélicoptère plus au nord, à la base américaine de Camp Lemonnier à Djibouti.

Le succès de cette mission a été maintenue secret toute la journée de mardi. Ce soir-là, en entrant dans la Chambre des représentants pour y livrer son discours sur l’état de l’Union, le président américain avait une carte secrète dans sa manche.

Se rappelant de l’impolitesse des congressistes républicains qui l’avaient invectivé alors qu’il y prononçait un discours précédant sur l’état de l’Union, Barack Obama se proposait de faire cette révélation-choc si ses adversaires avaient tenté de l’humilier de nouveau, en direct, devant la nation américaine. Cela ne fut pas nécessaire.

Quelques minutes après avoir livré son discours, le président américain téléphonait au père de Mme Buchanan pour lui apprendre la bonne nouvelle. Le lendemain (soit mercredi) la Maison blanche en faisait l’annonce officielle.

Références :
Buchanan Sold Her Belongings to Become Missionary
Danish Demining Group
L’élimination d’Osama Ben Laden
Navy SEALs who killed Osama bin Laden rescue of 2 hostages in Somalia
Somalie
US commando team that killed Bin Laden swoop on Somali pirates

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le « scandale » Duceppe : une manipulation grossière de l’opinion publique

24 janvier 2012

Par définition, tout ce que fait un parti politique est partisan. Une levée de fonds pour un parti, c’est une activité partisane puisque l’argent est le nerf de la guerre. Une conférence du chef du parti est une activité partisane puisqu’elle sert à promouvoir l’idéologie de son parti. Les interventions à l’Assemblée nationale ou à la Chambre des communes, sont des activités partisanes puisqu’elles visent à dénoncer les adversaires politiques ou servent à suggérer des améliorations législatives qui sont de nature à convaincre l’électorat du sérieux de la formation politique.

Aussi ai-je été très surpris d’entendre les reproches adressés à M. Duceppe d’avoir rémunéré le Directeur général du Bloc Québécois à partir des sommes versées par l’État fédéral à des fins parlementaires alors que — entre deux élections — la totalité des activités de cette formation politique est orientée vers sa vie parlementaire ou à la présence de ses députés dans leurs circonscriptions respectives (ce qui nourrit leur activité parlementaire).

Chaque chef de parti reconnu à la Chambre des communes se voit attribué un budget supplémentaire pour remplir des fonctions parlementaires « additionnelles ». Selon les documents de la Chambre des communes, les activités parlementaires sont définies comme étant « les obligations et activités qui se rattachent à la fonction de député, où qu’elles soient exécutées, y compris les affaires publiques ou officielles et les questions partisanes. »

Seules les « activités relatives aux intérêts commerciaux privés du député ou de sa proche famille » sont spécifiquement interdites de financement par les budgets de la Chambre des communes.

On comprendra donc que la campagne de dénigrement de Radio-Canada et de La Presse, sont des coups montés pour saboter les ambitions de M. Duceppe de devenir chef du Parti Québécois.

Hier soir, j’ai été estomaqué d’entendre l’ex-ministre Maxime Bernier s’indigner moralement face à cette affaire, lui pourtant rendu célèbre pour sa liaison avec une guidoune associée aux motards criminalisés.

Il suffit de se rappeler des sommes destinées à la tenue d’un sommet du G8 au Canada que le ministre conservateur Clement à détourné à la réfection des trottoirs de sa circonscription située à 30 km de l’événement pour juger de l’hypocrisie de ceux qui aujourd’hui font tout un drame de l’affaire Duceppe.

En attribuant un ordinateur portable à chaque député de sa formation politique, en lui fournissant papier, crayons, en payant ses frais de photocopieur, en négociant le loyer de son local de comté, le directeur général est un soutien à l’activité parlementaire du député.

On peut couper les cheveux en quatre et considérer son salaire comme une dépense administrative, mais cela m’apparait aussi tatillon que de refuser payer le salaire de la secrétaire du député à partir des fonds public sous le prétexte que ce n’est pas elle qui se lève en Chambre pour parler.

M. Duceppe n’a pas mis cet argent dans ses poches. Il s’en est servi pour rendre sa formation politique plus efficace : dans une démocratie comme la nôtre, nous avons tous intérêt à ce que les partis d’opposition soient performants.

De plus, la question n’est pas de savoir si on est d’accord ou non avec le fait que des fonds publics servent à rémunérer le DG d’un parti fédéral, mais plutôt de savoir si cela est interdit, ce qui n’est pas le cas. Alors où est le problème ?

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Vienne — Le Staatsoper (l’Opéra de Vienne)

21 janvier 2012

 

 
Historique

L’Opéra de Vienne — ou Staatsoper, ce qui signifie littéralement Opéra national — est un édifice néo-renaissance construit entre 1861 et 1869 par August Siccard von Siccardsburg (qui réalisa l’extérieur) et Eduard van der Nüll (responsable de l’aménagement intérieur). Ces deux architectes étaient les plus demandés par la haute société viennoise.

Alors que l’édifice était encore en construction, il fut l’objet de vives critiques du public viennois qui trouvait que son extérieur n’était pas suffisamment somptueux.

Les propos également défavorables de l’empereur Joseph Ier d’Autriche contribuèrent au suicide (par pendaison) de l’architecte van der Nüll, le 4 avril 1868.

Deux mois plus tard, son collèque von Siccardsburg fut emporté par la tuberculose. Si bien qu’aucun des deux ne purent assister à l’inauguration de leur chef-d’œuvre, le 25 mai de l’année suivante.

En raison des graves dommages subis lors de la Deuxième guerre mondiale, dix années de travaux furent nécessaires pour reconstruire l’Opéra. Les bombardements alliés avaient endommagé essentiellement la moitié arrière de l’édifice, là où on entreposait les décors, les costumes et les accessoires de 120 opéras.

Le 5 novembre 1955, soit onze jours après le départ des Alliés, le Staatsoper fut à nouveau inauguré. Les parties les moins endommagées furent simplement restaurées à l’identique (escalier d’honneur, vestibule, foyer et salon de thé) alors que les parties anéanties furent complètement refaites dans un style plus contemporain.

Présentation de la vidéo

La vidéo débute par un apperçu des toilettes de la station de métro qui dessert l’opéra. Comme il se doit, leurs usagers peuvent y assouvir leurs besoins au son de valses viennoises.

La façade de l’opéra s’ouvre sur le Ring, c’est-à-dire sur le boulevard circulaire qui entoure le quartier de la Vieille ville (Innerstadt). Au rez-de-chaussée, le long de la façade, une galerie couverte à arcades supporte une loggia à deux étages surmontée d’une terrasse.

À 0:23, c’est le vestibule qui donne accès à l’escalier d’apparat qu’on doit emprunter pour accéder à la salle de concert.

Les peintures murales et celles des plafonds ont été exécutées par Moritz von Schwind de 1864 à 1867.

À 0:54 dans la vidéo, c’est la salle de concert, dont la décoration intérieure fait très « années 1950 ». On peut y assoir environ 2 200 personnes.

Chaque spectateur dispose d’un appareil (d’environ 20 cm de long par 4 cm de hauteur) sur lequel s’affiche la traduction allemande ou anglaise (au choix de l’utilisateur) de ce qui est chanté. Le texte n’est visible que dans un angle de visionnement restreint, ce qui évite d’être distrait par l’éblouissement de l’écran d’un voisin.

À l’entracte, les spectateurs se dispersent dans la Salle de marbre (à 1:15), dans le foyer (de 1:17 à 1:45) ou sur la loggia (de 1:46 à 1:52). Chaque porte du foyer est surmontée du buste d’un compositeur lyrique parmi ceux qui ont contribué à la gloire de l’Opéra de Vienne.

À 1:55, nous voici du côté droit de l’Opéra. Celui-ci donne sur la petite Place Herbert von Karajan. Un écran géant y a été installé : durant une partie de l’année, cet écran sert à retransmettre gratuitement l’œuvre jouée simultanément en salle. Les mélomanes n’ont qu’à s’apporter une petit coussin ou un siège pliant — les places assises sont limitées — pour pouvoir assister gratuitement aux opéras à l’affiche.

Cela n’est pas sans quelques inconvénients; l’image est un peu sombre, trop bleutée, et on peut entendre les bruits de la circulation automobile à proximité. Mais c’est gratuit.

Le 26 septembre 2011, l’œuvre lyrique à l’affiche était Falstaff de Verdi dans laquelle la contre-alto québécoise Marie-Nicole Lemieux chantait le rôle de Mme Quickly (de 1:58 à 2:01).


Voir aussi : Liste des diaporamas de Vienne

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le concert privé de Gustav Leonhardt

20 janvier 2012

Le claveciniste, chef d’orchestre et musicologue Gustav Leonhardt s’est éteint lundi dernier à l’âge de 83 ans.

Il y a bien des années, à la sortie de l’église St-Jean-Baptiste de Montréal, on distribuait un dépliant qui incitait le public à s’abonner à une série de concerts appelés « Concerts au salon » parce qu’ils étaient donnés dans le salon de la résidence de la gambiste Susie Napper (membre du duo Les Voix humaines et qui organise depuis le Festival de musique baroque de Montréal).

Le programme de cette année-là débutait par un récital de Gustav Leonhardt. L’idée que ce dernier, un des deux plus grands clavecinistes du XXe siècle puisse se produire devant une assistance de seulement cinquante mélomanes, au coût d’environ 20$ par personne, m’apparaissait tout à fait ridicule. Dans mon esprit, il n’y avait pas une chance sur un million qu’un tel concert ait lieu.

Mais l’ensemble du programme était intéressant; conséquemment, je m’y étais abonné, en dépit de l’improbabilité de ce concert inaugural.

Le soir fatidique, je m’attendais à une annonce du genre : « Nous sommes désolés. Monsieur Leonhardt a été retenu en Europe et ne peut donc pas être parmi nous ce soir. Toutefois… »

Au cas où M. Leonhardt serait présent — sait-on jamais — j’avais acheté une enregistreuse spécialement pour l’occasion (et qui n’a jamais servi depuis). J’avais mis l’appareil dans la poche intérieure de mon complet : le micro était épinglé à ma cravate. L’enregistrement traine encore quelque par chez moi. Je ne l’ai jamais écouté.

Non seulement nous pouvions entendre le claveciniste dans les conditions acoustiques exactes des salons pour lesquels les œuvres au programme avaient été conçues et étaient jouées à l’époque, mais ce concert inouï nous réservait bien d’autres surprises.

D’abord M. Leonhardt parlait français. La présentation des œuvres qu’il s’apprêtait à nous jouer était empreinte d’humour alors que la pochette de tous ses disques le présente comme un personnage sérieux, voire taciturne. Au contraire, il était charmant.

Évidemment l’interprétation était impeccable. Je ne me rappelle plus de la liste des œuvres au programme. Je sais qu’il n’avait rien d’Haendel.

Donc si un jour, vous entendez parler de la parution d’un enregistrement inédit intitulé « Gustav Leonhardt live in Montréal », pensez à moi…

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Écrit par Jean-Pierre Martel


La stupidité aveugle d’un fêtard

19 janvier 2012


 
Patrick Mondoux mène une double existence. Le jour, ce jeune lavallois gagne sa vie comme vendeur. Mais cet emploi lui déplait. L’obligation d’être gentil, de sourire aux clients — bref, de bien se comporter — le frustre au plus haut point. « Je deviens fou quand je sors. » admet-il. Aussi, dès la fin de ses heures de travail, monsieur Mondoux redevient le vrai Pat, le jeune fêtard insouciant.

Sur le chemin de la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ) en vue du renouvellement de son permis, le Lavallois s’est filmé au volant de sa voiture à l’aide de son téléphone portable. « Sacrament qu’y a du trafic » dit-il sur le boulevard des Laurentides.

Dans cette vidéo, il conduit sans boucler sa ceinture de sécurité. De plus, il est tout fier de se filmer en train de griller un feu rouge.

Après avoir subi la révocation de son permis de conduire à plusieurs reprises, Pat n’a pas encore compris que le port de la ceinture de sécurité sauve des vies. L’interdiction d’utiliser un téléphone au volant — pour appeler ou pour se filmer — vise à diminuer les distractions qui mettent en danger sa vie et celle des autres, surtout aux heures de grand trafic.

Pour lui, ce ne sont que des mesures utilisées par la « fucking police » pour brimer sa liberté. Sa liberté de faire la fête dès qu’il en a l’occasion.

Publiés sur l’internet, ses exploits ont été signalés aux autorités policières. Deux agents se sont rendus à la SAAQ pour découvrir ses coordonnées et lui signifier hier trois constats d’infraction : 146$ et trois points d’inaptitude pour avoir brulé le feu rouge, 105$ et trois autres points pour avoir roulé sans ceinture de sécurité, et 105$ et trois derniers points pour avoir conduit son véhicule en utilisant son téléphone portable.

Même si M. Mondoux a fermé son compte sur YouTube depuis ce temps, des copies de sa vidéo circulent toujours sur l’internet.

Références :
Showoff video scofflaw gets slammed with fines
356$ d’amende et 9 points d’inaptitude pour avoir nargué la police
Vidéo de Pat Mondoux

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Vienne — Le Palais impérial (sauf le Neue Burg)

16 janvier 2012

 

 
Le Palais impérial est un ensemble hétéroclite d’édifices construits à différentes époques et juxtaposés sans ordre apparent. Nous avons vu précédemment la plus récente et la plus imposante de ses annexes, soit le Nouveau palais impérial (ou Neue Burg) : le diaporama ci-dessus présente les autres bâtisses de ce complexe palatial.

L’Albertina


 
Notre visite débute par la partie sud, en forme de « V ». Cette pointe loge un musée appelé Albertina en l’honneur du duc Albert de Saxe-Teschen, qui y a habité. On peut y voir quelques centaines de photos parmi les 70,000 que possède le musée. On y trouve également une cinémathèque.

Les étages supérieurs sont occupés par des expositions temporaires et par sa collection de toiles figuratives du XIXe et XXe siècles. Au moment de ma visite, on y présentait l’exposition « De Monet à Picasso ».

L’Albertina possède également la plus importante collection au monde d’estampes (près d’un million), et de croquis (60,000). Quelques fac-similés de cette collection servent à décorer les murs des salles, comme ces deux dessins d’Albrecht Dürer (Le Lièvre et Mains jointes d’un apôtre). Le musée possède 145 esquisses et desseins de Dürer (la plus grande collection jamais réunie), 43 de Raphaël, 70 de Rembrandt et 150 de Schiele, entre autres.

Les appartements du duc Albert sont de remarquables exemples de décoration intérieure néo-classique, néo-rococo (de 1:01 à 1:08) et néo-renaissance (de 1:09 à 1:39). De 2:03 à 2:06, on remarquera ce cabinet dont les murs et les plafonds sont entièrement recouverts de feuilles d’or. Les murs de presque toutes les autres pièces sont tapissés de brocart.

L’église des Augustins


 
Plus au nord, adjacent à l’Albertina, on trouve l’église des Augustins (de 2:42 à 3:08), bâtie en 1339. En entrant, à droite, on peut voir (à 2:48) le cénotaphe poussiéreux de forme triangulaire, en marbre blanc, de l’archiduchesse Marie-Christine, épouse d’Albert de Saxe-Teschen.

Certains dimanches, le culte religieux s’accompagne d’une messe de Haydn ou de Schubert. À 3:01, on voit les Chevaliers et Dames de l’ordre du Saint-Sépulcre qui assistaient à une de ces messes solennelles.

La sortie de l’église donne sur la Place Joseph, au centre de laquelle est située une statue de Joseph II habillé en empereur romain (3:10). Cette statue date de 1806.

La Prunksaal


 
Au fond de cette place, se trouve l’entrée de la grandiose Prunksaal, ou Salle d’apparat de la Bibliothèque nationale (de 3:24 à 4:16). Longue de 77 mètres, cette salle a été conçue par J.B. Fischer von Erlach et complétée par son fils après le décès de l’architecte.

Elle possède 2,6 millions de livres, 35 000 manuscrits et 100 000 papyrus. Les fresques en trompe-l’œil qui la décorent sont l’œuvre de Daniel Gran (en 1730) : elles furent restaurées en 1769 par Franz-Anton Maulbertsch.

La statue située en plein centre est celle de l’empereur Charles-VI, commanditaire de la bibliothèque.

L’École d’équitation espagnole


 
Un passage vers le nord permet d’apercevoir, à droite, la cour carrée des Écuries impériales (4:26). Construit en 1558, cet édifice était originellement une résidence royale. De nos jours, c’est là que sont logés et nourris les chevaux blancs de l’École d’équitation espagnole dont les spectacles se déroulent dans une ancienne salle de bal (ci-dessus) située à proximité.

C’est dans cette dernière qu’eut lieu en 1810 le dîner de noce (par procuration) de Marie-Louise (la fille ainée de l’empereur d’Autriche) et de Napoléon Bonaparte. En France, ce mariage fit scandale parmi les plus ardents révolutionnaires.

De 4:41 à 4:45, c’est l’ancienne pharmacie impériale. Attenante aux écuries, elle est devenue un magasin de souvenirs et un casse-croute.

La Porte Saint-Michel


 
De tous les endroits qui permettent d’entrer dans le Palais impérial, la Porte Saint-Michel constitue l’entrée officielle du palais. Ses extrémités sont décorées de fontaines (de 4:50 à 4:53) qui représentent la gloire maritime et terrestre de l’Autriche. Son dôme en cuivre orné d’or surplombe un vestibule en rotonde qui mène aux appartements impériaux (5:00).

Après avoir franchi ce vestibule vers l’ouest, on entre dans la plus grande des cours intérieures du palais (5:09) : c’est la Cour d’honneur. Au milieu de celle-ci se dresse la statue de François 1er d’Autriche. Au nord, cette cour est bordée par le palais de l’impératrice Amélie, bâti en 1575 mais remanié au XVIIe et XVIIIe siècle.

Les appartements impériaux


 
Au milieu du côté oriental de la cour se trouve une autre entrée des appartements impériaux. La collection de porcelaine et d’argenterie du palais est présentée au rez-de-chaussée (à partir de 5:32). Précisons que de 6:09 à 6:13, il s’agit d’un centre de table (ou plus exactement un « surtout ») en bronze doré, créé en 1838, et dont les diverses sections totalisent une longueur de 33 mètres.

Des appartements impériaux proprement dits (soit ceux habités privément par François-Joseph 1er et son épouse), la vidéo ne montre (de 6:44 à 6:53) qu’un très bref aperçu de l’exposition consacrée à l’impératrice Sissi.

Le trésor impérial


 
De 6:58 à 7:43, c’est la visite du trésor des Habsbourg, réparti dans vingt-et-une salles. On y trouve la couronne impériale actuelle (ci-dessus) et celle (à 7:22) créée pour le couronnement d’Othon le Grand en 962 et qui fut utilisée au Moyen-âge pour le couronnement des empereurs germaniques qui suivirent.

La chapelle impériale


 
Le côté sud de la Cour d’honneur est percé de la porte des Suisses (à 7:50), créée en 1522. De style renaissance, cette ouverture permet d’accéder à une autre cour intérieure (appelée Cour des Suisses) par laquelle on doit passer pour aller à la très sobre chapelle impériale (de 8:07 à 8:26). C’est dans cette église qu’a lieu la messe chantée par les Petits chanteurs de Vienne à 9h15, les dimanches de mi-septembre à la fin juin.

Puis une ouverture percée dans le coin sud-ouest de la Cour d’honneur permet d’aller au Nouveau palais impérial (dont nous voyons une partie de l’arrière à 8:45).

L’Orangerie


 
Nous terminons cette visite par l’orangerie Art nouveau du Jardin de la ville. La partie gauche de l’édifice est une serre à papillons alors que le reste est un restaurant. L’orangerie longe le côté ouest de l’Albertina, bouclant ainsi notre visite du Palais impérial.


Voir aussi : Liste des diaporamas de Vienne

Vienne — Le Palais impérial (sauf le Neue Burg)
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Écrit par Jean-Pierre Martel


Guantánamo : dix ans de honte

13 janvier 2012

Des 779 prisonniers de la base américaine de Guantánamo, sur l’île de Cuba, 171 y sont encore détenus dont 89 en attente de transfert vers d’autres pays. On y compte maintenant dix-sept fois plus de gardiens que de détenus. Cette détention coûte aux contribuables américains la somme annuelle de 800,000$ par prisonnier.

Les tortures infligés aux détenus allaient de l’anodin (le Coran jeté sous leurs yeux dans un seau d’urine) à la noyade simulée (à laquelle le cerveau des attentats du 11 Septembre 2001 et numéro 3 d’Al-Qaida, Khaled Cheikh Mohammed, a été soumis 183 fois).

Vingt-neuf d’entre eux y ont fait 41 tentatives de suicide. Cinq de ces tentatives, toutes survenues depuis 2006, ont été réussies.

Toutefois, trois de ces « suicides » sont en réalité des tortures à mort survenues le 9 juin 2006. Les détails entourant leur décès sont tellement accablants qu’ils ont été maintenus confidentiels jusqu’ici. Toutefois, environ 1,700 pages du rapport d’enquête de l’U.S. Naval Criminal Investigative Service, ont été déchiffrées est reconstituées par une armée d’étudiants de la faculté de droit de l’Université Seton Hall du New Jersey, à partir des copies abondamment censurées publiées par le Pentagone.

Seulement six des prisonniers de Guantánamo ont été condamnés par des tribunaux militaires à l’issue de procès qui ont été un total déni de justice.

Un de ces six condamnés est Omar Ahmed Khadr. Même si sa famille était voisine et amie de celle d’Osama Ben Laden en Afghanistan, les militaires américains n’ont jamais réussi à prouver l’implication terroriste du jeune Kahdr, encore adolescent au moment des actes reprochés.

Celui-ci a été retrouvé évanoui sous des débris, le visage contre le sol, une balle tirée dans le dos : il fut condamné pour le meurtre d’un soldat tué lors de l’assaut du lieu où il se trouvait, comme si s’opposer par les armes à des envahisseurs constituait un acte terroriste.

Au cours des années, cinq des procureurs chargés d’obtenir la condamnation des prisonniers ont démissionné pour protester contre le déni de justice des procédures.

Bref, cette prison est le symbole de la faillite morale de l’administration républicaine de G.W. Bush; parmi une multitude de miliciens simplement hostiles aux États-Unis, elle renferme une quinzaine de terroristes contre lesquels dix ans de torture n’ont pas suffi à recueillir les preuves indiscutables de leur culpabilité.

Elle a compromis un grand nombre de gardiens, d’officiers, de professionnels de la santé, d’avocats et de dirigeants politiques américains qui partagent aujourd’hui la responsabilité des crimes de guerre qu’on y a commis.

Références :
Guantanamo Bay detention camp suicide attempts
Guantánamo: still a part of America’s conscience, a decade on
The Guantánamo “Suicides”: A Camp Delta sergeant blows the whistle

Guantánamo : dix ans de honte
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Écrit par Jean-Pierre Martel


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