Le français au Québec : l’exemple chinois

23 décembre 2011

 

Fabrique d’objets en jade à Xi’an

Lors de mon premier séjour en Chine, je faisais partie d’un groupe d’une trentaine de Québécois francophones. Parmi les nombreuses visites organisées par notre agence de voyage, nous avons eu l’occasion d’aller dans une fabrique d’objets précieux en jade.

Ce qui m’avait surpris, c’est qu’au moment de cette visite, tous les employés de cette entreprise parlaient français. Certains le parlaient un peu, d’autre bien d’avantage, mais tous pouvaient se débrouiller dans notre langue.

En fait, les coûts de la main-d’œuvre chinoise étant très bas, cette entreprise possédait plusieurs équipes de vente. Lorsqu’un groupe de touristes allemands débarquaient à l’usine, on mettait à leur disposition une équipe de vendeuses parlant leur langue. Dès leur départ, si l’autobus suivant amenait des touristes italiens, l’équipe de vendeuses germanophones était remplacée par une équipe de vendeuses parlant l’italien. Et ainsi de suite.

Toutefois, tous ces employées étaient chinoises. À l’interne, les directives, les réunions, les rapports, bref toutes les communications entre employés se faisaient en mandarin (c’est-à-dire en chinois). Mais dès qu’on devait traiter avec un client, on faisait tout pour que ce soit dans sa langue à lui.

Ici, ce devrait être pareil.

Au Québec, un employé unilingue anglais — tout comme un employé unilingue français — est une personne handicapée. Il y a tellement d’Anglophones bilingues et de Francophones bilingues au Québec qu’il est injustifiable qu’une entreprise comme la Banque nationale ou Bombardier — dont j’ai parlé dans mon billet d’avant-hier — embauche des dirigeants unilingues anglais.

Parce que le résultat d’une telle embauche, c’est que les Francophones subalternes sont alors obligés de parler en anglais pour accommoder cet officier qui ne parle pas notre langue. C’est le cas de la comptabilité et des services informatiques de la Banque nationale et de milliers de personnes au siège social de Bombardier.

Jusqu’ici, le gouvernement Charest ne s’est pas illustré par la défense du français au Québec. Ses nominations politiques à l’Office de la langue française ont eu pour effet que cet organisme a distribué les dispenses à la loi 101 comme si c’était des bonbons. Il est grand temps que cela change.

Il est anormal qu’on ne puisse pas travailler en français au Québec. Que la charge de travail d’un employé francophone prévoit qu’il doivent parler anglais à la clientèle anglophone, c’est normal. Mais qu’il lui soit interdit de communiquer en français avec un autre employé francophone et, de manière générale, qu’il doive s’exprimer en anglais à l’interne, cela est totalement inacceptable.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


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